Togo : l’onction de la CEDEAO

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La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest CEDEAO a tranché dans le vif dans la crise togolaise en déclarant les législatives du 20 décembre dernier « crédibles,   transparentes et conformes à sa feuille de route » avec une note positive pour les forces de sécurité dont elle a salué « le professionnalisme ». Un verdict qui, s’il réjouit la majorité, ne met pas forcément fin aux tumultes d’après élection, dont le pays des Eyadéma est coutumier.

En donnant un tel avis, la CEDEAO n’a pas rendu service à un pays dont tout le monde sait la cause principale des remous. Seul Etat n’ayant jamais connu une alternance démocratique, le Togo fait exception dans une sous- région où le plus ancien des présidents en termes de durée n’a pas plus de dix ans à la tête de son pays.

C’est dire donc que Faure Eyadéma, fort de ses 52 ans, ne demeure pas moins l’aîné de tous les chefs d’Etat de la CEDEAO avec ses 13 ans, 7 mois et une vingtaine de jours. Cela est perçu comme un crime de lèse majorité par l’opposition togolaise, qui peine à trouver une juste réponse à cet imbroglio politique afin de pouvoir installer une réelle transition pour aboutir à une alternance.

Le verdict de la CEDEAO qui a jugé les élections conformes à sa feuille de route, surtout qu’aucune violence n’a été observée donne du répit à la majorité présidentielle, même si des lendemains houleux sont à craindre à Lomé. Dire que l’opposition a raté le coach en refusant de se présenter aux urnes est une lapalissade. Bientôt 30 ans, que le continent flirte avec des élections « démocratiques » depuis ce sommet France-Afrique de La Baulle en 1990 où le président français de l’époque François Mitterrand avait assujetti l’aide à la démocratisation.

L’opposition togolaise qui a payé un lourd tribut dans la marche vers une démocratie ne laisse pas l’impression d’avoir tiré les vrais enseignements, afin de parvenir à un jeu plus raisonnable dans sa conquête du pouvoir d’Etat. Le fait que la famille Olympio ait rallié la majorité devrait interpeller les « radicaux » afin de pouvoir sceller une stratégie plus gagnante. La rue dans une démocratie peut amener les institutions, le Parlement et le gouvernement à fléchir. Mais toujours au prix de dégâts immenses, voire de morts d’hommes.

Maintenant que le vin est tiré et que dans les faits, le Parlement de 91 députés est élu avec une forte majorité pour le parti présidentiel ? 59 députés, on pourra taxer l’hémicycle de monocolore. Une assemblée à un seul son de cloche qui devra sans coup férir voter les lois qui feront de Faure Eyadéma le président du Togo jusqu’en 2030.

Si cette trajectoire se maintient, le plus grand perdant sera cette opposition. Perdant à l’intérieur, puisqu’elle n’aura que la rue pour protester et en face des forces de sécurité qui ne savent pas faire dans la mesure. A l’extérieur, l’opposition qui a essuyé un camouflet devant la CEDEAO, pourra difficilement payer de crédibilité devant des pays en proie presque tous à des turpitudes internes.

La question majeure à laquelle il faudra désormais répondre est de savoir en politique quelles sont les conséquences de la chaise vide à des élections. Hier, cela était monnaie courante.  Mais combien de temps cela peut durer.

Faut-il craindre pour le Togo en 2019 ? En tout cas, les prises de positions tranchées de la CEDEAO avec celles des différentes confessions religieuses qui n’offrent aucune alternative que de se replier sur les politiciens nationaux or, à ce jeu, l’opposition viendra dans ses petits souliers, même si elle semble avoir la maîtrise de la rue.

Jean Philippe TOUGOUMA

CMA de Batié : un échographe disparu, les coupables introuvables

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Le Centre médical avec antenne chirurgical (CMA) de Batié a été doté d’un échographe en  2008 par le ministère de la Santé. Il a été livré par l’ancienne Direction générale des  infrastructures d’équipements et de la maintenance (DEGIEM). Trois ans plus tard, l’appareil   a disparu dans des circonstances non encore élucidées. Plus de  sept ans après, l’échographe est  toujours  sans trace. Ce qui oblige les usagers, surtout  les femmes à   parcourir  des  centaines de km pour leurs besoins d’examens avec tous les risques possibles sur la mère et le fœtus.

Le responsable du laboratoire du CMA de Batié, Cérile Waogo, a confié que ce spectromètre a été livré en même temps que l’échographe en 2008 par l’ancienne DGIEM.

Yembour Céline Dah est enseignante à l’école  primaire  « B »  de Batié, chef-lieu de la  province du Noumbiel. Avec une fillette de 28 mois dans les bras, Mme Dah est à son 3e accouchement. Mais pour son dernier geste, elle a eu des complications, l’obligeant ainsi  à faire une échographie pour s’assurer de la vitalité de son fœtus. « J’avais beaucoup de saignements et le maïeuticien m’a recommandé une échographie », souligne-t-elle, le 30 septembre 2018.

Le Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Batié ne disposant pas d’échographe, elle s’est vue obligée de se rendre au Centre hospitalier régional (CHR) de Gaoua à 67 km pour le faire. Pour ce voyage, elle s’est fait remorquer par son  époux à motocyclette,  le 27 juillet 2016 à son  7e mois de grossesse, sur une voie non bitumée et impraticable. « Nous avons démarré à 8h et nous sommes arrivés à Gaoua aux environs de 11h. Le voyage a été très  pénible pour moi. Je sentais que mon fœtus bougeait beaucoup et j’avais très mal à la hanche », confie l’institutrice, toute révoltée.

Une fois au CHR, elle a  dû profiter  de la longue file d’attente pour retrouver ses esprits.  Après 4h d’attente, c’est finalement   aux environs  de 15h qu’elle  a pu réaliser son échographie contre 5000F CFA, le coût de la prestation.  Après l’avoir rassurée de la bonne santé de son bébé, le médecin lui fera savoir qu’au regard de son état, il n’est pas prudent d’effectuer ce genre de déplacement.

Une échographie chaque trimestre

Ce calvaire, Ela Somé l’a également vécu en 2016, lorsqu’elle accompagnait sa fille qui portait une grossesse de sept mois pour le même examen.Pour un trajet de quatre heures  à bord d’un  véhicule de transport en commun, les deux passagères ont déboursé  8000 F CFA en aller-retour.« La route était impraticable et ses œdèmes se sont accentués parce qu’elle est restée longtemps assise dans le car », se souvient  toujours dame Somé, ce 2 octobre 2018. Ce même itinéraire, la coordonnatrice communale des femmes de Batié, Dah Kerbou,  l’a emprunté à deux reprises.

D’abord le 30 avril 2015, pour une échographie pelvienne et le 4 décembre 2017 pour une échographie abdominale – pelvienne.Pour le suivi des grossesses, le responsable de la maternité du CMA de Batié, Dr Wendpenga  Antoine Sana,      indique que  pour  vérifier la vitalité  du fœtus, il y a, en plus   des  examens de sang, des examens morphologiques, dont l’échographie obstétricale.

Celle-ci,selon  Dr Sana, permet de suivre le bon déroulement de la grossesse et il en faut au moins trois. «Au  premier trimestre, c’est d’abord  pour confirmer la grossesse  et sa situation afin d’agir à temps en cas de grossesse extra-utérine. A 6 mois, l’échographie permet de suivre le développement du fœtus et de détecter d’éventuelles malformations. Enfin au 3e trimestre, elle permet de voir la présentation du futur bébé», a soutenu Dr Sana qui n’exclut pas d’autres échographies en cas de nécessité. « Si la femme enceinte a une pathologie médicale associée, une échographie abdominale ou pelvienne lui sera demandée pour apprécier l’état gynécologique de l’appareil génital», insiste le responsable de la maternité.

A cela s’ajoutent des échographies abdominales pour apprécier les organes tels que le foie, la vésicule biliaire, le pancréas, les reins et la rate chez l’homme ainsi que chez la femme. «Ici à Batié,  elles ne sont pas nombreuses celles qui arrivent à honorer ces trois rendez-vous, du fait du manque de moyens pour se rendre à Gaoua », déplore le médecin.  Du coup, malgré le besoin,  les spécialistes n’attendent pas toujours  les échographies  avant d’intervenir.

Le ver est dans le fruit

La liste des déplacements  est longue. Elles sont donc nombreuses ces futures mères et  autres usagers du CMA de Batié, dont la prise en charge nécessite  une échographie, à subir le même sort. La raison, ledit centre ne dispose plus d’échographe, et  ce, depuis la disparition de leur premier appareil en 2011.

D’un coût estimé à huit millions francs CFA, il s’agissait d’un portatif de marque L0GIQTM ALPHA 100-V4,   doté par le ministère de la Santé en 2008 et livré par l’ancienne Direction générale des infrastructures d’équipements et de la maintenance (DEGIEM).  Dans la matinée du 11 octobre 2018, à Ouagadougou,  l’ancien Médecin-chef de district (MCD) de Batié, Dr Issaka Compaoré  (2002-2009) se souvenait toujours.  «L’échographe faisait partie de la dotation du CMA, mais il a été livré après les autres équipements. », a-t-il souligné.

Comme lui, le technologiste biomédical du laboratoire du CMA de Batié au moment de la livraison de l’échographe, Cérile Waogo, actuellement surveillante d’unité technique et Secrétaire général (SG) de la section provinciale du  Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA/Batié), se rappelle de la présence du maintenancier de la région, Karim Yamba, dans la délégation qui a installé l’appareil. Mais malgré notre insistance, M. Yamba, présentement en stage à l’hôpital Yalgado, n’a pas souhaité nous rencontrer pour plus de précisions.

Après sa réception, le matériel a été installé dans la salle de consultation des médecins, dans le bâtiment abritant le bloc opératoire. « Il était dans  le bureau de consultation du médecin et à l’époque, j’étais le seul  qualifié à l’utiliser. Il a soulagé la population surtout au niveau de la maternité», a reconnu  Dr Compaoré, premier manipulateur du joyau. Un an après, M. Compaoré a été remplacé en 2009 par Dr Emmanuel Nikiéma comme MCD avec pour adjoint plus tard en 2010, Dr Omar Ouattara.

Tous les deux ont poursuivi leurs consultations dans la même salle et ils étaient les seuls à utiliser l’échographe jusqu’à sa disparition en 2011.Une disparition annoncée par les deux responsables sans autres précisions sur la date, encore moins les circonstances. Le personnel de santé de la province voit dans  cette absence inexpliquée un détournement. « Aucune effraction n’a été constatée sur le bâtiment. Ce qui a le plus étonné le personnel est que la porte était restée fermée après le forfait », argue l’attaché de santé en chirurgie, Poussibi Kaboré, chargé de la formation syndicale du SYNTSHA, au moment des faits.

Pas de plainte  de vol

« La perte de l’appareil est un drame pour la localité et un crime qui doit être sévèrement puni», a soutenu le premier manipulateur de l’échographe, Dr Issaka Compaoré.

Pour le syndicat, Batié étant une petite localité, très peu de gens connaissent l’appareil et son utilité. « Nous soupçonnons fortement le personnel  de santé. Maintenant est-ce les deux utilisateurs ou d’autres  agents du CMA, je ne saurais le dire ? », confie  Cérile Waogo. Son collègue Kaboré est quant à lui formel : « S’il y a des gens à interroger,  c’est d’abord les détenteurs des clés que sont le MCD et son adjoint ». La non-ouverture d’une enquête  juste  après la disparition de la machine conforte la position des Batiélais.  « C’est le silence de l’administration et la pression des rumeurs qui accusaient le personnel du CMA qui nous ont conduits chez le MCD», indique le premier responsable syndical de Batié, M. Waogo.

Il ajoute qu’au sortir de l’une de leurs rencontres, le MCD a fait savoir qu’après le constat de la disparition de l’appareil, il a informé le haut-commissaire de la province, Alhadi Diallo, la police et la gendarmerie. Ce jour-là, a-t-il poursuivi,  Poussibi Kaboré  a reproché au MCD de s’être limité à la simple déclaration de perte. « J’ai saisi la Police et la Gendarmerie pour les informer de la situation. N’étant pas un spécialiste du domaine, il leur appartenait de m’indiquer la conduite à tenir »,  avait rétorqué Dr Nikiéma à ses accusateurs. Contacté à plusieurs reprises pour avoir sa version, Dr Emmanuel  Nikiema, n’a pas voulu se prononcer.

Concernant la déclaration de perte, après plusieurs passages à la police et à la gendarmerie, nous n’avons trouvé aucune trace du dossier dans leurs registres. C’est seulement un bout de papier portant la mention du commissaire de police sous le n°990 du 10 octobre 2011que détenait la secrétaire du MCD. De même que le manuel d’usage de l’échographe et sa fiche technique.«L’affaire peut être toujours d’actualité, mais la simple déclaration de perte ne met pas systématiquement la police judicaire en mouvement », déclare l’actuel chef de brigade de la gendarmerie de Batié, Idrissa Ouoba.

Des populations révoltées

L’absence de l’équipement médical intrigue aussi la population. « Nous avons appris que l’appareil a été volé. Nous nous sommes déportés sur les lieux où nous avons constaté que la  porte n’a pas été forcée alors qu’on ne peut pas faire sortir l’appareil par les fenêtres », s’étonne Sanhowa John Dah, le représentant du chef de terre de Batié.

Nous n’avons pas pu vérifier l’intérieur de ladite  salle parce que l’accès nous a été refusé à deux reprises par l’actuel MCD, Dr Abdoul Azize Traoré. D’abord dans la journée  du 1er octobre, en lieu et place de la salle de consultation, Dr Traoré    s’est contenté de procéder à une visite guidée des autres salles du bloc.  La 2e tentative dans la nuit du 3 octobre, le MCD et ses deux gestionnaires, Dominique Nana et Madi Sawadago, nous ont conduits juste devant la salle ou était logé l’échographe sans nous ouvrir l’entrée. Même les simples prises de vues de la  porte n’ont pas été admises.  Face  au  flou qui entoure la disparition de l’échographe, les femmes, premières victimes  ont voulu marcher avec les  jeunes de la localité. Ils ont vite été dissuadés par des «supposés partisans » du Dr Nikiéma.

La population a  finalement marché sur le haut-commissariat en 2012. Face à cette situation, le chef de terre de Batié avait recommandé aux manifestants une autre démarche. « Il avait voulu faire recours à la foudre pour retrouver le coupable », relate son représentant.Cette option n’avait pas emballé  les marcheurs sous prétexte que  des recherches étaient  en cours.« Si aujourd’hui la population donne le feu vert,  nous invoquerons la foudre. Celle-ci ne ment pas », confie le porte-parole du chef coutumier.

Comme l’institutrice, Yembour Céline Dah, les usagers du CMA de Batié se rendent au CHR de Gaoua pour l’examen d’échographie.

Le 3 octobre 2018, le responsable des jeunes de la province, Sotolo Sié, affirme que c’est au sortir d’une rencontre  en 2011, entre les jeunes et le MCD que celui-ci a notifié que l’appareil se trouve à Léo, dans la province de la Sissili sans plus de détails. Des propos confirmés par  le gestionnaire du CMA, Dominique Nana, en service depuis 2008. Il avoue qu’un jour il a vu  le MCD se rendre  à la police avec un gros document  parce qu’il a appris  que l’appareil se trouvait  à Léo, chef-lieu de la province de la Sissili, à 149 Km de Batié.

Partis sur les traces de l’échographe à Léo, nous avons fait le tour de plusieurs formations sanitaires sur place à Léo. Sur six appareils répertoriés dans les quatre structures sanitaires de la ville, aucun n’avait les mêmes caractéristiques  que celui disparu à Batié(L0GIQTM Alpha 100-V4). D’abord au Centre médico-chirurgical Dr Boukaré Sedogo, trois échographes dont deux portatifs sont tous venus de l’Allemagne, selon le directeur du centre, Omar Ouédraogo. Le 1er acheté en 2014 est de marque Siemens. Le 2e, une livraison de 2015 est Philips et le 3e est de marque Logio DC 2000 arrivé en 2017. Au CMA, l’unique appareil est aussi de marque Siemens, doté en fin 2011 par les mêmes  Allemands intervenant au Centre médico-chirurgical Dr Boukaré Sedogo.

Le Centre de soins Notre- Dame- de- la- Miséricorde, dispose de deux appareils, dont un portatif offerts par des partenaires italiens. Les six échographes sont  tous utilisés par un seul technicien supérieur en radiologie, Dieudonné Tancoano. « S’il y avait un tel appareil dans la zone, à vue d’œil, j’allais le reconnaître », a-t-il dit lorsque nous lui avons présenté la fiche technique et le manuel d’usage de l’échographe de Batié.

Un seul échographe  portatif servant dans la zone lui échappe, celui du cabinet de soins médicaux« Win Malimé ».Selon le représentant du responsable de ce cabinet, l’appareil appartient à un certain Zongo résidant à Ouagadougou et qui intervient occasionnellement en l’absence de M. Tancoano. Nous avons essayé en vain de contacter le sieur Zongo.

Cette disparition de l’échographe a  été portée devant le Tribunal de grande instance (TGI)  de Gaoua depuis le 5 octobre 2012. Selon l’actuel procureur de Gaoua, Yssouf Sanou, que nous avons rencontré le 4 octobre dernier, l’affaire  suit toujours son cours.  Mais pendant combien de temps les batiélais vont-ils continuer à parcourir de longues distances pour de simples échographies ?

Mariam OUEDRAOGO
mesmira14@gmail.com

Climat de terreur dans une institution financière

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Il est parvenu à Kantigui, qu’une jeune institution financière, basée à Ouagadougou, qui a lancé  ses activités en janvier 2015 traverse actuellement des difficultés. En effet, selon la source de Kantigui, le premier responsable de cette jeune banque aurait des comportements aux allures de tyran. Il s’adonnerait, entre autres, à des affectations-sanctions et à des licenciements jugés abusifs.  Sans oublier, le fait qu’il aurait interdit  les assemblées générales  du personnel.  La source de Kantigui affirme que l’atmosphère est tellement délétère au sein de l’institution, filiale d’une banque malienne, que certains employés ont  volontairement démissionné. Ceux qui y «bossent » encore, a-t-on soufflé à Kantigui, se posent des questions quant à leur avenir.   Certains parmi ces agents déboussolés se confieraient même à des clients par rapport à la situation qu’ils vivent.  Aussi, Kantigui a ouïe dire qu’il existerait bon nombre de dossiers concernant l’institution à l’inspection et au tribunal du travail en attente de jugement.

 

Le  bonus  de la discorde

Kantigui, qui a ses tentacules dans les institutions bancaires, a eu vent d’une affaire ahurissante. En effet,  il s’agit d’une répartition de bonus dans une banque de la place, qui a conduit à des licenciements.  De ce qui est revenu à Kantigui, les cadres  gagnent plus que les autres employés. Selon les informations dignes de foi, en 2017, plus d’un demi-milliard de francs CFA a été alloué pour le partage. Mais le hic, selon les  sources de Kantigui, il y a eu des grincements de dents, à cause de clé de répartition jugé inéquitable.  La raison est qu’un document interne faisant pourtant état d’un partage en fonction des catégories aurait fuité, pour se retrouver dans les mails professionnels et les adresses « Whatsapp » de plusieurs travailleurs de la banque en question.  Ce qui aurait étonné et provoqué un mécontentement chez une bonne partie du personnel, a appris Kantigui. Selon les mêmes informateurs, la direction de la banque n’aurait pas digéré le fait que le document soit tombé entre les mains des agents. Pour les dirigeants de la banque, le document est censé être confidentiel, alors que pour les travailleurs, ce n’est pas le cas, puisque la clé de répartition est connue de tous. Pendant que les enquêtes se menaient, la direction de la banque aurait licencié 4 agents sans préavis pour  » faute lourde « , suspendu un autre et fait séquestrer un employé avant de le relaxer. Le bureau des délégués du personnel aurait cessé toute activité, car selon lui, « le fonctionnement du bureau a été jalonné ces derniers temps par des faits de nature à empêcher l’exercice de l’activité minimaliste et normale des représentants du personnel de la banque ». Kantigui note que l’affaire est en justice et promet y revenir avec plus de détails dans les prochaines parutions.

Fête de Noël: Le message humaniste du Pape François

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A la célébration de la messe de la nuit de Noël du 24 au 25 décembre 2018, dans l’enceinte de la basilique Saint-pierre de Rome, au Vatican, le pape François aura convaincu une fois de plus ceux qui l’ont surnommé le « pape des pauvres ». Dans son homélie aux relents profondément humanistes, le souverain pontife a invité les hommes à faire preuve de partage à l’endroit des plus démunis et de sobriété au quotidien. Il a fustigé au passage l’appétit vorace et cupide qui gagne les cœurs à travers le monde. « L’homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie. Une insatiable voracité traverse l’histoire humaine, jusqu’aux paradoxes d’aujourd’hui ; ainsi quelques-uns se livrent à des banquets tandis que beaucoup d’autres n’ont pas de pain pour vivre», a martelé le Pape à l’adresse de l’assemblée réunie. Pour lui, le monde se vide chaque jour de sa dimension spirituelle pour succomber  aux sirènes du matérialisme ambiant et de l’égoïsme effréné. L’homme a sacrifié sur l’autel de l’avoir, sa part d’humanité pour donner libre cours à son énergie prédatrice. Face à cette dégénérescence, le Pape François prie les chrétiens de revoir leurs rapports aux autres. « On doit dépasser le sommet de l’égoïsme, il ne faut pas glisser dans les ravins de la mondanité et du consumérisme », a-t-il conseillé. L’homélie de la nuit de la Nativité a sonné comme une alerte face aux dérives que l’humanité traverse à cause de la frénésie vers le superflu qui semble s’imposer comme une norme. C’est pourquoi, le pape François souhaite que la vie de celui dont on célèbre la naissance, Jésus Christ, soit une boussole pour les chrétiens dans ce monde qui ressemble à un navire qui tangue. «Le petit corps de l’Enfant de Bethléem lance un nouveau modèle de vie : non pas dévorer ni accaparer, mais partager et donner », a convaincu le pape argentin. En clair, le souverain pontife exhorte l’humanité à ne pas

« sombrer dans l’absurde et l’absence de lumière ».

Sombrer dans l’absurde serait le fait de se livrer à un étalage sans vergogne de ses biens à l’occasion des fêtes alors qu’autour de soi c’est la misère qui étreint les autres. Sombrer dans l’absurde serait le fait de rivaliser en beuveries pendant que certains peinent à avoir de l’eau potable. L’absence de lumière serait le fait de s’illustrer dans l’indifférence  et l’arrogance, alors que l’on devrait faire preuve de bienveillance à l’endroit d’autrui.  L’absence de lumière serait le fait de s’enorgueillir dans un radicalisme béat sans faire preuve de réalisme. L’absence de lumière serait le fait de se complaindre dans la médiocrité  en accusant autrui d’être responsable de nos malheurs. En un mot comme en mille, le pape François appelle à marcher vers l’Humanité. Et marcher vers l’Humanité signifie qu’une vie n’a de sens que si elle est au service des autres. Simplicité, spiritualité, et sens du partage, tel est le vœu formulé par le Pape.

Karim BADOLO

 

Médiateur du Faso: Le rapport 2017 transmis au chef de l’Etat

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Le médiateur du Faso, Saran Sérémé, a remis le rapport  d’activités  2017 de son institution au président, Roch Marc Christian  Kaboré, lundi 24 décembre 2018 à Kosyam.  Les rapports des années 2015 et 2016 ont aussi été  communiqués.

En 2017, le médiateur du Faso a instruit  579 dossiers concernant près de 2000 citoyens,  avec un dénouement heureux dans 73% des cas. Le dossier  des 27 agents contractuels  de la direction  de l’assainissement  de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA)  se présente comme l’un des plus emblématiques soumis à l’institution. Ces résultats ainsi que les autres activités  consignées dans le rapport 2017 du médiateur du Faso ont été présentés au chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, lundi 24 décembre 2018. Pour le médiateur du Faso, Saran Sérémé, son institution a traité en 2017, des requêtes habituelles qui sont des questions d’indemnités, de salaires, de carrière, etc.  «  Elle a aussi opéré des auto-saisines  notamment dans la crise opposant le syndicat des pharmaciens aux autorités du ministère en charge de la santé  et lors de la visite officielle  du président de la République française sur fonds de contestations », a-t-elle poursuivi. Le rapport 2017  précise aussi les grands évènements qui ont marqué la vie de l’institution au cours de l’année, notamment la prestation de serment  de Saran Sérémé, le 27 octobre 2017 et sa première sortie à Kaya, chef-lieu de la région du Centre-Nord.  La problématique  du bénévolat au sein de l’administration publique  a fait l’objet d’une réflexion dans le rapport 2017. En effet,  le médiateur du Faso dit avoir été saisi de multiples réclamations de citoyens  qui estiment avoir été abusivement « utilisés » par les services de l’administration publique avant d’être « congédiés ».

« La réflexion engagée sur ce point  vise en définitive  à soumettre à l’autorité  administrative et aux citoyens  quelques  recommandations pour renforcer l’état  de droit et pour que la confiance qui doit régner  entre l’administration et le citoyen ne soit pas compromise », a expliqué Saran Sérémé.

Elle a par ailleurs attiré l’attention du chef de l’Etat sur la nécessité pour l’administration d’accorder toute son importance à l’institution en vue de renforcer la démocratie.

L’administration étant une continuité, Saran Sérémé a  soumis au président du Faso, les rapports d’activités 2015 et 2016 que son prédécesseur n’avait pas pu transmettre, comme le veut les prescriptions légales. Ainsi en 2015, en plus du traitement des dossiers classiques, la participation du Médiateur du Faso au renforcement de la réconciliation nationale  et de la cohésion sociale pour des élections apaisées  a été l’une des activités phares. la rupture d’oxygène  médical  au centre hospitalier Souro  Sanou de Bobo Dioulasso et la médiation  entre les populations  du village de Souri  dans la boucle du Mouhoun  et les responsables de l’université  de Dédougou  à propos  du site de l’université,  ont fait l’objet d’auto saisine en 2015. L’année 2016 aura été marqué par l’organisation des  audiences foraines  et l’intervention spéciale  du Médiateur du Faso dans le domaine du maintien de la paix  entre la population  de Outourou et celle de Néguéni dans la province de la Léraba après un conflit ayant entrainé  mort d’hommes et beaucoup de dégâts matériels.

Nadège YE

Circulation d’armes : Un business qui alimente le grand banditisme

La circulation illicite des armes légères et de petits calibres alimente l’insécurité et la violence au Burkina Faso, particulièrement, dans les régions du Centre et du Centre-est du pays. Enquête sur un business qui alimente le grand banditisme.

Le samedi 27 janvier 2018 au quartier Karpaala à Ouagadougou aux environs de 23 heures, des braqueurs ont fait irruption dans une maison close et ont tenu en respect plus de 150 hommes et  femmes pendant trois heures, avec des kalachnikovs. Clients et personnels de l’établissement ont été dépossédés de leurs biens.

Dans la nuit du 23 au 24 mai  2018, l’assistant de police Stéphane Tiemtoré de l’Unité d’intervention polyvalente de la police nationale (UIP/PN) perdait la vie après avoir reçu trois balles, suite à une agression à main armée à Sanyiri, un quartier de la ville de Ouagadougou. Le policier et son collègue (blessé) s’étaient rendus sur place, après avoir reçu une information sur l’activité suspecte que menaient les agresseurs qui venaient de perpétrer un braquage à Borgo, un autre quartier de la ville.

Deux mois plus tard, une équipe composée d’éléments des brigades d’intervention et de recherches du service régional de la police judiciaire (SRPJ) de Ouagadougou et du commissariat central de police a arrêté les présumés auteurs de ce crime avec des saisies d’armes à feu.

Le port de toute arme à feu comme c’est le cas de David est prohibé, même avec le permis de port d’arme dans un lieu ouvert au public.

Le vendredi 29 juin 2018 aux environs de 19 heures, une agence de transfert d’argent au quartier Tanghin (secteur 17 de Ouagadougou) a été l’objet d’un braquage par deux individus armés venus à moto. Au cours de leur opération, le gérant de l’agence a reçu deux balles dans la tête. Les braqueurs sont repartis avec le butin en tirant en l’air pour dissuader toute tentative d’intervention.

Autant d’agressions qui illustrent la montée en puissance de la violence armée au Ouagadougou.

Selon les statistiques du tribunal de grande instance de Ouagadougou, 14 cas d’infraction en matière d’armes et de munitions ont été enregistrés en 2017. Au premier semestre de l’année 2018, 10 cas avaient déjà été recensés. Selon la Direction régionale de la Police nationale du Centre, la ville de Ouagadougou a enregistré 593 cas en 2017 et 347 jusqu’en octobre 2018. Quoique la tendance soit à la baisse, ces chiffres constituent la manifestation d’une insécurité grandissante alimentée par la circulation illicite d’armes à feu.

David (nom d’emprunt), est un démarcheur de parcelles que nous avons rencontré dans un kiosque à liqueur au quartier Tampouy de Ouagadougou. Il porte sur lui une arme à feu visible même à une certaine distance. Pourtant, porter une arme de façon ostentatoire constitue une infraction et est punissable par la loi n°43/96/ADP du 13 novembre 1996 reprise dans le décret de 2009 portant régime des armes en son article 34. Aux termes des dispositions dudit décret, il est  mentionné que « le port de toute arme à feu est prohibé, même avec le permis de port d’arme, dans un lieu ouvert au public de façon à troubler la paix publique ou d’intimider autrui ».

Le démarcheur dispose-t-il d’un permis de port d’arme? Il répond par l’affirmative sans en fournir la preuve, prétendant avoir acheté son arme par l’intermédiaire d’une personne basée à Pouytenga,  commune située à 138 kilomètres de Ouagadougou, dans la région du Centre-Est. Malgré notre insistance, il a refusé de fournir les contacts de cet intermédiaire.

« Difficile d’identifier ces réseaux »

Nous décidons alors de nous rendre à Pouytenga, dans l’espoir de glaner plus d’informations sur ce trafic qui semble prospérer dans cette partie du Burkina Faso.

Véritable poumon économique de la région, cette localité abrite un marché qui a lieu tous les trois jours où convergent des commerçants venus de la sous sous-région (Togo, Bénin, Ghana, Nigeria, Niger, Côte d’Ivoire, Mali) soit pour acheter, soit pour vendre diverses marchandises. A côté de ce flux d’échanges commerciaux, se pratiquent des trafics d’armes.

Selon le maire de la Pouytenga, Prosper Larba Yaméogo, il y a comme une obligation d’autoprotection chez les habitants vis-à-vis des bandits qui sévissent dans sa cité. Il reste convaincu de l’existence d’un business fructueux d’armes à feu autour de sa commune et de ses ressortissants. « Il y a sûrement des réseaux qui facilitent l’entrée de ces armes vu que la demande existe. Mais, il est encore difficile d’identifier ces réseaux parce que tout se passe dans l’ombre, même si nous voyons des gens qui portent des armes d’une manière ostentatoire», reconnaît-il.

En septembre 2017, la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre (CNLPAL) avait organisé un atelier à l’intention des forces vives de Pouytenga, sur leur « contribution à la lutte contre la circulation des armes légères et la réduction de la violence armée ». Mais les habitudes ne semblent pas changer. Les populations, notamment les commerçants, continuent de se procurer des armes sur le marché noir.

Chaque mois, nous enregistrons au moins un cas d’attaque ou d’agression à main armée

Le maire Yameogo, conscient de la gravité de la situation, a initié une opération de régularisation à l’intention des personnes qui détiennent illégalement des armes à feu. « Je vous avoue qu’il y a eu de la résistance », s’exclame le maire de Pouytenga. Une procédure pourtant pas autorisée par la loi, selon le commissaire divisionnaire de police Gérard Hien, par ailleurs, directeur de la réglementation en la matière. L’article 12 du décret cité plus haut stipule que tout dossier d’autorisation d’achat d’armes doit comprendre une demande sur un formulaire à retirer auprès des services de police compétents.

Le commerçant de bétail Abdoulaye Kaboré a été l’objet d’une attaque à main armée alors qu’il se rendait à Pouytenga.

Ousmane Sawadogo est un commerçant de céréales qui fait partie des résistants. Las d’attendre un avis favorable pour sa demande d’autorisation d’achat d’arme introduite auprès des autorités compétentes, il a fini par se procurer une arme sur place, avec l’aide d’une connaissance dont il préfère taire le nom. « Ce que je sais, c’est que les fournisseurs d’armes se ravitaillent à partir de Mogandé, village de la commune de Bittou, frontalière du Togo et de Bakou, village du Ghana frontalier des communes de Bittou et Zabré, au Burkina », informe-t-il.

Pour lui, le recours au « marché noir » pour s’acheter une arme était la voie la plus facile.

En ce qui concerne les agressions à main armée, les statistiques de l’année 2017 de la Direction régionale de la police nationale du Centre-est indiquent 25 cas pour toute la région, dont 12 cas pour la seule ville de Pouytenga.

Derrière ces chiffres se cachent une réalité. « Chaque mois, nous enregistrons au moins un cas d’attaque ou d’agression à main armée. Il y a des moments où le phénomène atteint un pic. C’est notamment les périodes qui précèdent les fêtes où nous enregistrons de nombreux cas », déclare le commissaire de police du district de Pouytenga, Bienvenu Kamboulé. Pour l’officier, les armes utilisées sont, entre autres, des fusils de fabrication locale, des fusils de chasse à canon scié, des kalachnikovs et des pistolets automatiques à fabrication moderne.

Le dernier braquage en date, avant notre passage dans cette commune le mardi 4 septembre 2018 a eu lieu deux jours auparavant. Abdoulaye Kaboré, un commerçant de bétail résidant dans la commune rurale d’Andemtenga dans la región du Centre-Est, a vécu une amère expérience alors qu’il se rendait à Pouytenga sur sa moto. Aux environs de 2 heures du matin, deux bandits lui ont tendu une embuscade. « Le premier qui tenait une arme a tiré sur mon épaule. Je suis tombé et il a tiré encore sur mon bras droit. Les deux braqueurs se sont mis à me tabasser et ils m’ont pris 1 054 100 F CFA avant de m’abandonner. Un passant m’a vu et m’a conduit à l’hôpital», raconte-t-il, visiblement encore sous le choc.

Le maire de Pouyenga Prosper Larba Yaméogo « Je puis vous dire que durant toute l’année je n’ai pas plus de dix demandes d’autorisation d’achat d’armes. Et pourtant… ! »

Au lendemain de leur forfait, ses bandits ont été appréhendés par les «koglweogo», un groupe d’autodéfense composé de volontaires chargés d’assurer la sécurité des biens et des personnes dans la commune et ses environs.

Abdoulaye Kaboré avait reconnu un des braqueurs lors de son agression et avait alerté les « koglweogo ». Le commerçant de bétail récupérera son argent par la suite auprès de « ses bienfaiteurs ».

Selon le président du groupe d’autodéfense, Raphaël Kaboré, après l’audition des braqueurs, ils se sont aperçus que l’arme de fabrication artisanale qu’ils tenaient proviendrait du Ghana. Selon une source proche des « koglweogo », les vendeurs s’approvisionnent à partir de Bakou. Les armes camouflées dans les motos et les marchandises arriveraient facilement à Pouytenga.

Une filière difficile à remonter

L’officier de police Soumanzié Dabiré, commissaire de police du district de Zabré, ne confirme pas les propos de M. Kaboré  pour ce qui concerne son ressort territorial, il reconnaît toutefois que des personnes, notamment des « dozo » (un regroupement de chasseurs de la commune de Zabré) et des « kolgweogo », se promènent dans la commune avec des armes dont l’acquisition dans les conditions réglementaires n’est pas vérifiée.

Il se rappelle la « belle prise » que lui et ses hommes avaient réalisée en 2017 et qui lui a valu d’ailleurs les félicitations de sa hiérarchie dont il parle, lettre à l’appui.

Dans cette lettre, il recevait les compliments de ses supérieurs pour avoir déterré une kalachnikov avec un chargeur garni au domicile d’un individu à l’issue d’une perquisition.

Où et comment ces « kolgweogo » et « dozo » achètent leurs armes ? Difficile de tirer la moindre information aux membres de ces deux groupes que nous avons approchés plus tard, malgré notre assurance de leur garantir l’anonymat.

Pourtant, renchérit le commissaire Dabiré, des personnes, notamment des « Dozo » désirant se mettre en règle, ont déposé des dossiers de demande d’autorisation d’achat d’armes. Il précise que pour cette année 2018, sur 23 dossiers envoyés au ministère de la Sécurité, seulement 8 ont reçu un avis favorable.

Les trafiquants introduisent des armes à feu dans des marchandises

Pour un enseignant de Zabré qui a témoigné sous anonymat, c’est au Ghana que ces organisations se procurent leurs armes. « Un dozo m’a fait la proposition de m’apporter un pistolet automatique de Bakou afin que je puisse me défendre au cas où je serais intéressé », affirme-t-il.

A Bittou, notre source, un intermédiaire dans le trafic des armes, dit être dans le milieu depuis trois ans. Il nous a d’ailleurs présenté une arme, un pistolet automatique, commandée par un particulier résidant à Ouagadougou. Il avance que l’arme, d’origine russe, provient du Ghana. Sur un des flancs du pistolet, on peut apercevoir des inscriptions « TT33 ».

 

L’intermédiaire révèle qu’il faut débourser la somme de 150 000 F CFA pour l’acquérir. Ces armes partent des villages de Mogandé et de Mogomnonré pour « atterrir » à Pouytenga et dans d’autres contrées du Burkina. La même source indique que c’est surtout Mogandé qui est réputé en la matière.

Quand nous lui demandons de nous y conduire, il oppose un refus catégorique. « Je ne peux pas garantir ta sécurité là-bas. D’ailleurs cela peut hypothéquer mes relations. Ces gens ne travaillent qu’avec les personnes qu’ils connaissent », nous rétorque-t-il.

Les armes cachées dans des marchandises sont acheminées par les trafiquants à moto.

Toutefois, nous arrivons à lui arracher quelques bribes d’informations. L’intermédiaire explique qu’il existe des points de vente d’armes modernes et artisanales dans ce village et que seuls les intermédiaires sont les bienvenus. A l’entendre, tout étranger qui entre dans le village est automatiquement signalé aux commerçants d’armes. Le mécanisme d’acquisition est méthodique. Selon ses propos, l’achat de l’arme débute dans la journée par une visite de courtoisie  à l’intermédiaire et ensuite chez le commerçant d’armes après voir fixé un rendez-vous au téléphone. La conversation se fait dans un langage codé au cours de laquelle le prix, le type et la marque de l’arme sont discutées.

Un second rendez-vous est fixé dans un autre lieu après pour la livraison si le type d’arme demandé est disponible. Une fois le marché conclu, poursuit notre source, le marchand d’armes retrouve l’arme et le camoufle dans un sac en plastique contenant des articles de commerce. Puis, il va déposer le paquetage chez un commerçant d’articles informé à l’avance, dans un site d’orpaillage.

Enfin, l’intermédiaire va chercher la marchandise dans la nuit ou très tôt le matin à l’abri des regards indiscrets.

L’officier de police adjoint et commissaire du district de police de Bittou, Fidèle Tiendrebeogo, préfère par contre relativiser en affirmant que le trafic illicite d’armes a baissé d’un cran pour ce qui concerne sa zone d’intervention.

Selon lui, au cours du conflit liée à la chefferie coutumière en 2017 à Mogandé, les deux camps avaient utilisé des armes de guerre (des kalachnikovs) pour s’affronter.

L’officier de police adjoint et commissaire du district de police de Bittou, Fidèle Tiendrebeogo présentant les douilles de balles ramassées à l’issue du conflit de chefferie l’année dernière à Mogandé.

A la CNLPAL, le phénomène est bien connu. De l’avis du secrétaire permanent de la structure, le colonel Christophe Raoul Tapsoba, la porosité des frontières favorise la circulation des armes d’un pays à l’autre.

« Il arrive souvent que des trafiquants introduisent des armes à feu dans des marchandises », explique-t-il. Il ajoute que les trafiquants empruntent généralement des pistes rurales, et le manque de matériel adéquat pour des forces de défense et de sécurité ne permet pas ni de les suivre ni de détecter ces armes au cas, parfois, où ceux-ci se feraient prendre.

Quant au président de l’Association des armuriers, fabricants revendeurs, réparateurs, importateurs d’armes et de munitions (AFRIMA), Bilari Coulibaly, il dénonce le fait que ses camarades soient les premiers à être accusés lorsqu’il y a braquage.

Il précise que les armes issues des armureries possèdent un traçage et une immatriculation bien distincte. « La façon dont nous traçons nos armes est différente de celle des Ghanéens. Ils sont plus perfectionnistes que nous. Vous pouvez trouver une arme sur laquelle il est inscrit CZ made in Italie alors que CZ est une marque tchèque; ou une Beretta made in France pourtant la Beretta est une marque italienne», explique-t-il.

Mais le directeur de la réglementation en la matière, Gérard Hien, pointe un doigt accusateur sur les armuriers, affirmant qu’il y a des personnes qui achètent des munitions sans présenter un quelconque document d’autorisation d’achat d’arme. Ce qui est interdit par la loi.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO

Fête de la nativité : Le cardinal exhorte au respect de la vie

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Des chrétiens de Ouagadougou ont pris part, le lundi 24 décembre 2018 à la Cathédrale de l’immaculée conception, à la solennité de la nativité du Seigneur.

Bravant le froid et le sommeil, de nombreux fidèles chrétiens ont participé à la célébration de la naissance de Jésus. A travers des chants, ils ont assisté à l’office de cette nuit de Noël présidé par le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou. Pour lui, Noël c’est la contemplation de Jésus, le verbe de Dieu  fait chair qui habite parmi nous. « Noël, c’est un fait historique de grande importance et chaque année, l’Eglise accueille le sauveur promis et donné à toute l’humanité », révèle-t-il. Partant sur les textes du jour tirés de la Bible, il a mis un accent sur le respect de la vie humaine. Rappelant les rôles de Marie, Joseph et les anges à la naissance de Jésus, il a affirmé que notre monde doit accueillir et protéger toute vie.

Les ministres Siméon Sawadogo de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et de la Sécurité Clément Sawadogo, et l’ancien président guinéen Dadis Camara ont assisté à la messe de minuit.

Noël étant la naissance d’un enfant, la vie au monde, il a dénoncé, conformément au cinquième commandement de Dieu ‘’Tu ne tueras pas’’, les avortements, les homicides et les meurtres qui ne correspondent pas à la volonté de Dieu. « Toute vie humaine, dès sa conception jusqu’à son terme doit être respectée », insiste-t-il.

De même, le cardinal est revenu sur quelques comportements déviationnistes au sein de l’Eglise : les groupes et mouvements spirituels dont certains perçoivent les offrandes et dîmes. La création de ces associations, croit-t-il, ne doit pas être guidée par l’idée de se faire de l’argent. Ainsi, à tous ceux qui veulent des messages autres que l’Evangile, il soutient que tout y est dit, Dieu ayant parlé en son fils Jésus. « Le chrétien doit faire de la parole de Dieu le cœur de sa vie », souligne-t-il.

Le dernier point abordé par le cardinal dans son homélie est inspiré  du message du Pape François, à l’occasion de la journée mondiale des missions célébrée le 1er janvier de chaque année. Selon l’archevêque, le Saint père prie pour l’humanité et lui souhaite la paix, le dialogue, la justice cette année. Ramenant cela au contexte burkinabè, il a tout d’abord parlé de l’incivisme, de difficultés socio-économiques,…

Les fidèles ont été invité a condamné toute atteinte à la vie humaine.

Pour vaincre ces maux, il a invité les autorités à une gouvernance vertueuse et à se considérer comme des serviteurs pour mettre tout en œuvre pour promouvoir le bien commun, les droits de tous les citoyens. Aussi, a-t-il fait savoir que chaque citoyen a sa place et son rôle dans l’Eglise et la cité. Pour ceux qui revendiquent, le cardinal a souhaité qu’ils ne perdent pas de vue leurs devoirs, car, pense-t-il, tout homme a quelque chose à recevoir et à apporter. Tout en exprimant ses vœux de bonne fête à tous, il a appelé chacun à avoir l’amour du travail bien fait pour l’avancement de notre pays. Il attend que tous les fidèles s’impliquent, afin de faire du Burkina Faso un havre de paix, un pays réconcilié dans la justice et la paix et dans lequel il fait bon vivre.

 

Tielmè Innocent KAMBIRE

Fête de la nativité: Des fidèles en liesse

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L’église centrale des Assemblées de Dieu de Ouagadougou, a célébré le mardi 25 décembre 2018 l’anniversaire de la naissance de Jésus Christ. Entre louanges et pas de danses bien rythmés, les fidèles de cette assemblée ont adoré le Seigneur dans une belle ambiance et dans la convivialité.

La tradition a été, une fois de plus, respectée à l’église centrale des Assemblées de Dieu de Ouagadougou. Des chants retentissants ici et là, des pas de danses bien rythmés, l’atmosphère a été électrique en cette matinée du mardi 25 décembre 2018, jour anniversaire de la naissance de Jésus Christ. Une célébration qui s’est déroulée en deux phases.

La veille c’était la Noël des enfants et le jour suivant le culte de de célébration. C’est un message d’encouragement que le pasteur principal de cette église, Jean Baptiste Rouamba, a prêché à ses fidèles. Son exhortation a porté sur la promesse de Dieu d’envoyer un Sauveur dans le monde, promesse qui s’est accomplie avec le temps. « Dieu a toujours accompli ses promesses », a soutenu Dr Rouamba.

Il a souhaité que Christ soit au centre de la célébration et que la paix et la stabilité règnent au Burkina Faso. Les fidèles n’en diront pas plus. Sidibéwendé Kientéga, un fidèle de cette église, est venu prier. Après cela, c’est le repas en famille, a-t-il ajouté. Mais ce qui fait sa joie, c’est qu’un Sauveur soit né. Même son de cloche chez Stéphanie Niambékoudougou. Elle affiche sa détermination à s’attacher au seigneur Jésus.

La fête, selon elle, se passe en famille avec parents et amis. « Dieu nous a fait un don précieux qui est le sauveur, venu en chair parmi nous pour sauver l’humanité entière », a souligné M. Kientéga. Il a invité les chrétiens à manifester chaque jour l’amour envers leurs semblables et à semer cette graine dans les cœurs partout où ils se trouvent. Au Burkina Faso, les chrétiens célèbrent de plus en plus Noël en rangs dispersés. D’aucuns estimant qu’elle n’a pas de fondement biblique.

Dr Rouamba ne partage pas du tout ce point de vue. « Je dirais que ne pas fêter Noël, c’est une appréciation qui n’a pas sa place. Si on dit que les premiers disciples n’ont pas fêté l’anniversaire du Christ, c’est parce qu’à l’époque il n’y avait pas de disciple de Jésus au moment de sa naissance », a-t-il signifié. Preuves à l’appui, il a indiqué que les mages, en apprenant la naissance de Jésus sont venus se prosterner devant lui pour l’adorer avec des cadeaux. « C’était un début de célébration », a-t-il relevé. Qu’à cela ne tienne, à l’église centrale des Assemblées de Dieu de Ouagadougou, tout a été mis en œuvre pour que la fête soit belle.

Ouamtinga Michel Ilboudo

Issaka Sawadogo, comédien multi-récompensé: « Je fais la fierté du Burkina »

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Comédien émérite, Issaka Sawadogo est le premier africain à avoir remporté, dans l’histoire de Nederland Film Festival (Pays-Bas), le veau d’or, synonyme des Oscars aux Etats-Unis d’Amérique. Avec ce prix et aussi bien d’autres distinctions à son actif, il se hisse peu à peu au panthéon du 7e art africain et se voit déjà sur l’agenda des réalisateurs et producteurs de Hollywood.

Né le 18 mai 1966 à Ouagadougou, Issaka Sawadogo est attiré, dès sa tendre enfance, par les planches. Par un hasard heureux, Il découvre, à la fin des années 80, l’Atelier Théâtre Burkinabè de Prosper Kompaoré, puis le théâtre de la Fraternité de feu Jean Pierre Guingané. Dramaturge émérite, c’est ce dernier qui donnera une dimension professionnelle à la carrière du jeune Issaka.

En effet, grâce à un projet de co-montage d’une pièce entre l’Institut international de théâtre norvégien et le Théâtre de la Fraternité, il foule pour la première fois, en 1990, le sol de la Norvège.

Par la suite, il fait  la rencontre de l’immense artiste multidisciplinaire belge Nicola Provost et se fait remarquer dans la sphère cinématographique, genre court-métrage. Quelques années après, il est distingué, meilleure interprétation masculine au Festival du film francophone de Namur (Belgique) en 2005, avec le court métrage, Exoticore (sorti en 2004). S’en suivront d’autres courts-métrages, longs-métrages (Si le vent soulève les sables, L’envahisseur, Diego star…) et séries-télés, etc.

En janvier 2017, la chaine de télévision Canal+ diffuse au bonheur de ses millions d’abonnés, en exclusivité, sa toute dernière création originale intitulée « Guyane« . L’acteur burkinabè qui occupe l’un des rôles principaux donne la mesure de son talent dans la première saison de huit (8) épisodes de cette nouvelle série. Dans « Guyane« , créée par Fabien Nury et réalisée par Kim Chapiron, Louis (campé par Issaka Sawadogo), est ce colosse qui impose le respect, la peur voire la psychose chez les habitants de l’île.

Avec ses gros biceps, son impressionnante poitrine et son regard déstabilisateur, ce grand gabarit est toujours prêt à en découdre avec tous ceux qui se mettent en travers de son chemin. Cette fiction originale a valu au film, les prix respectifs, du meilleur film et du meilleur scénario au Nederland Film Festival, au Pays-Bas en 2016.

Dans la foulée, le Burkinabè, toujours avec la même réalisation, s’est vu pour la énième fois primé par une académie de plus de 500 membres, tous professionnels de cinéma, basés au Pays-Bas. De mémoire de cinéphile, c’est la première fois qu’un Africain se retrouve dans le très convoité palmarès du Veau d’or. «Le Burkina était à l’honneur. C’est toute l’Afrique qui, pour la première fois, rentre dans l’histoire du cinéma européen à travers le portail de Nederland. Je faisais la fierté de tout un continent et d’un pays», se souvient-il. Qu’à cela ne tienne, le comédien burkinabè a l’habitude des récompenses. Il a été, auparavant, sacré Best black actor night film au festival Tallinn (Estonie) à travers le Loup d’or (2015), meilleur acteur au Téhéran international Film festival en Iran (2014), etc. Ce rayonnement ne laisse plus indifférents les réalisateurs et producteurs de Hollywood (Etats-Unis), la « capitale » mondiale du Cinéma. « Le New York Times a écrit, à plusieurs reprises, que Issaka Sawadogo est l’acteur hollywoodien hors de l’Amérique.

Pour moi, cela augure de nouvelles perspectives. Et ce d’autant plus que j’ai déjà eu à travailler avec des réalisateurs et acteurs d’Hollywood», confie-t-il. Issaka Sawadogo est désormais à un pas des grands studios américains. L’acteur en est d’ailleurs convaincu: « Mon tour viendra. Je reçois déjà de nombreuses propositions dans ce sens. Ce n’est qu’une question de temps».

Avec près d’une trentaine de films et de pièces théâtrales à son actif couplée à une dizaine de prix internationaux, l’acteur qui joue également en français, anglais et norvégien a littéralement toutes les chances  de son côté pour figurer dans un casting hollywoodien.

Aubin W. NANA

16es de finale de la Coupe CAF Salitas, à un pas de son rêve

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Salimata et Tasséré football club (SALITAS FC) du Burkina Faso s’est qualifié samedi soir au stade du 4- Août de Ouagadougou malgré un match nul enregistré (0-0) face au club égyptien de Al Masry, en match retour des 16es de finale de la Coupe de la Confédération CAF. A l’aller, les Burkinabè avaient gagné le match par le score de 2 buts à 0.

«Nous avons débuté quelque chose qu’il fallait terminer » ! Ce sont en ces termes qu’a résumé le coach de Salitas FC, Ladji Coulibaly, après la qualification de son équipe le samedi 22 décembre au stade du 4- Août, en match retour des seizièmes de finale de la Coupe CAF. L’équipe burkinabè s’est ainsi qualifiée pour le tour suivant, à la faveur de son match nul à domicile face aux Egyptiens de Al Masry. Salitas avait déjà fait une partie du boulot au match aller, à la mi-décembre à Port Saïd, avec une victoire historique (0-2) face à une équipe aguerrie, demi-finaliste la saison dernière dans la même compétition.
Lors de la manche retour, comme il fallait s’y attendre, ce sont les Egyptiens qui ont entamé la rencontre tambour battant en allant chercher haut l’équipe burkinabè. Mais le capitaine Youssouf Barro et ses coéquipiers étaient bien en place sur la pelouse. Il y a beaucoup d’agressivité de la part des deux équipes jusqu’à ce que le défenseur central d’El Masry, le Burkinabè Mohamed Koffi, laisse filer un ballon, malheureusement mal négocié par le buteur de Salitas, Ilasse Sawadogo (24e). La seconde période est plus tendue après la faute d’Islam Attia sur le capitaine de Salitas Youssouf Barro qui fêtait ses 19 ans. Le lutin burkinabè a perdu son sang froid sur l’action, en réagissant à l’agression de son adversaire. Les deux joueurs écopent d’un avertissement et le jeu se stabilise. Le nonchalant milieu défensif de Salitas, Elisée To, qui n’a pas du tout brillé dans l’ensemble de la rencontre, avait la balle de but au bout du soulier à un quart d’heure de la fin du match, sur un caviar justement de Barro. Mission accomplie pour les académiciens de Salitas qui franchissent les 16es de finale d’une campagne africaine, stade où les équipes burkinabè se sont très souvent cassées les dents ces dernières années. Ils ont été disciplinés dans les consignes de l’encadrement même si quelques corrections restent à apporter. Les poulains de Ladji Coulibaly se hissent au tour de cadrage et devront donc attendre le 28 décembre prochain pour connaître leur adversaire. S’ils franchissent cette étape, l’objectif du club de début de saison, qui est de jouer les matchs de groupes de cette compétition, sera atteint.

Adama SALAMBERE


Fiche technique

16e de finale retour de la coupe CAF au stade du 4 août de Ouagadougou
Public : 1200 environ
Arbitres : Quadri Ololadé Adebimpé, assisté de Samuel Pwadutakam et de Isah Usman (Nigeria)

Avertissements : Youssouf Barro (64e) Ismaël Zagré (60e) et Hermann Nikiéma (88e) pour Salitas FC et Farid Shawky (87e), Islam Attia (64e)Haggag Abdelhamid (87e)Ahmed Abdalraof (57e) et Ahmed Mostafa (63e) pour El Masry.

Salitas FC : Daouda Diakité-Oula Abass Traoré, Ismaël Zagré, Hermann Nikiéma, Rachid Coulibaly-Elisée Demankel To, Youssouf Barro (cap), Aboubacar Sawadogo-Cédric Badolo, Elass Dianda (puis Ismaël Karambiri, 75e)-Ilasse Sawadogo (puis Aboubacar Sidiki Traoré, 90+3). Coach : Ladji Coulibaly.

El Masry : Ahmed Abdelwahab – Mohamed Koffi, Farid Shawky, Ahmed Ali, Mohamed Eman (puis Ahmed Mostafa, 55e)-Islam Attia, Mohamed Mohamed, Ahmed Mohamadi (cap)-Haggag Abdelhamid, Mohamed Ahmed, Ahmed Abdalraof. Coach : Galal Ihab.