Le printemps du made in Burkina
Cross trophée femme et sport 2017: Ramener les filles à la pratique du demi-fond
Le cross trophée femme et sport 2017 s’est couru le dimanche 16 décembre 2018 sur les artères de la ville de Ouagadougou. Disputé sur une distance de 5 km, il a pour objectif de ramener la gent féminine à la pratique de cette épreuve qui ne fait plus des émules au Burkina.
Sous l’impulsion du trophée femme et sport CIO pour l’Afrique remporté par Mme Anne-Marie Ouoba en novembre 2017, ce cross qui a été organisé vise à intéresser les athlètes féminines à l’épreuve du demi-fond. C’est ainsi qu’elles ont été nombreuses à s’inscrire pour cette compétition qui a bien catégorisé les athlètes confirmées des néophytes. Elles étaient au total 45 athlètes de 14-17 ans pour les inexpérimentées et 16 athlètes confirmées venues de 12 régions du Burkina pour exceller et se disputer les places de choix au cours de cette épreuve. Dès le coup de pistolet annonçant le top de départ, les concurrentes sont allées à un rythme effréné et rapidement le tamis s’est opéré séparant le bon grain du mauvais. Au final, c’est Samatou Tindé (Hauts-Bassins) chez les expérimentées avec un temps de 16’55’’3 qui s’est emparée de la première place.
Chez les néophytes, c’est Julie Kaboré (Plateau central) qui s’est pointée en première sur la ligne avec une performance de 17’01’’2. Le geste ponctuel du président du Comité national olympique et des sports burkinabè (CNOSB), Jean Yaméogo, a permis de primer toutes les participantes. Le podium chez les athlètes confirmées se compose de Samatou Tindé 1ère qui remporte un vélo, une enveloppe et un t-shirt. Elle est suivie de Florence Kinda (Plateau central) et de Odette Yaméogo (Centre-Ouest) qui ont toutes reçu des enveloppes. Chez les inexpérimentées, Julie Kaboré a reçu une enveloppe, un t-shirt et un vélo. Idem pour Diane Tondé (2e) du Centre-Sud et de Kadiguétou Yaogo (3e) également du Centre-Sud. “L’objectif de cette compétition était de relever un défi dans une épreuve.
J’ai vu que le demi-fond est mort carrément sur la piste au Burkina car il n’y a pas de filles qui s’y intéressent. J’ai donc monté le dossier qui m’a permis de recevoir le trophée femme et sport du Comité international olympique (CIO) et qui s’est accompagné d’un appui pour me permettre de réaliser cette compétition. C’est donc pour inciter les filles à revenir sur la piste pour le demi-fond car moi-même je suis une ancienne spécialiste de cette épreuve”, a mentionné la donatrice Anne-Marie Ouoba, lauréate Afrique du prix CIO 2017. Acteur-clé du projet, le président du CNOSB, Jean Yaméogo, a dit toute sa joie de voir se matérialiser ce cross. “La lauréate a sillonné toutes les régions pour sélectionner les athlètes afin de les former pour qu’elles soient à son image.
C’est donc logique pour nous de la soutenir”, a glissé le premier responsable des fédérations sportives burkinabè. Après Béog-biiga, ce cross femme et sport est la seconde activité que pilote de main de maître Anne-Marie Ouoba. Notons que cette activité était placée sous le patronage du ministre des Sports, Daouda Azoupiou et avait pour parrain, Jean Yaméogo et comme co-parrain, Frédéric Sidibé, président de la Fédération burkinabè d’athlétisme.
Béranger ILBOUDO
Coupe du maire de l’arrondissement n°11 Le secteur n° 51 sacré pour la deuxième année consécutive
La finale de la coupe du maire de l’arrondissement n°11 de Ouagadougou s’est disputée, le dimanche 2 décembre 2018 sur le terrain King de Karpala. Elle a opposé le secteur n° 51 au secteur n°49. C’est le premier cité qui a remporté le trophée, et ce pour la deuxième fois consécutive.
Débutée le 17 novembre 2018, la coupe du maire de l’arrondissement n°11 de la ville de Ouagadougou a connu la participation des six secteurs. Et ce sont les secteurs n°51 et n°49 qui ont obtenu le ticket pour la finale jouée le 2 décembre dernier. Une finale qui a mis les spectateurs en haleine tant les gestes techniques, la parfaite mobilité sur l’aire de jeu étaient au rendez-vous.
Mais l’on a déploré l’absence de buts au cours de la première période de jeu. Pourtant les occasions de but n’en manquaient pas. Après la pause, c’était le même scénario de la première période. Mais à cette manche de la partie, Abdou Guélilou Kabré a ouvert le score pour le secteur n°51. C’était la joie dans le camp des “Bleu et blanc’’. Après ce but marqué, plus rien ne s’est produit jusqu’au coup de sifflet final de l’arbitre. Le secteur n°51 se succède ainsi après son sacre de l’année dernière. Il a été récompensé avec une somme de 100 000 F CFA, 2 ballons, 1 jeu de maillots et 1 trophée. Le finaliste malheureux, le secteur n°49, a été consolé avec une somme de 75 000 F CFA, 2 ballon et 1 jeu de maillots. Des prix spéciaux ont été remis aux acteurs qui se sont mieux distingués lors de la compétition. “ C’est une très grande satisfaction parce qu’il y a eu de la mobilisation, la présence des chefs coutumiers, les chefs de service, toutes les couches de la société au niveau de l’arrondissement pour nous soutenir à l’occasion de cette finale.

Nous avons deux belles équipes qui ont fait une finale très enlevée, une finale de haute facture. Et nous avons foi en l’avenir de notre jeunesse en matière de football’’, a déclaré Ibrahim Maré, maire de l’arrondissement n°11 de la ville de Ouagadougou. Le député Joël Ahoué, patron de la finale, a exprimé sa gratitude au Conseil municipal, à travers d’abord le maire, qui lui a fait l’honneur en le désignant pour être à ses côtés pour patronner la finale. “ J’ai accepté d’abord parce que c’est mon arrondissement de résidence à Ouagadougou mais aussi parce que le football est facteur d’union, de cohésion sociale. Et je ne pouvais pas rester en marge d’une telle activité’’, a-t-il fait savoir. L’esprit de la compétition est de promouvoir le sport à la base. C’est également une occasion d’animer l’arrondissement à travers les différents secteurs.
Fernand KOUDA
Projet «Backups solaires» Autonomiser la consommation en énergie des ménages et PME/PMI
Le gouvernement du Burkina Faso veut porter à 50%, la part des énergies renouvelables dans le parc énergétique, d’ici 2025. Dans cette optique, le Conseil des ministres, en sa séance du mercredi 18 juillet 2018, a adopté, pour le compte du ministère de l’Energie, un rapport relatif au projet d’acquisition et d’installation de «Backups solaires». Ce projet vise à doter les ménages, les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et les Petites et Moyennes Industries (PMI) d’armoires énergétiques mobiles et fiables.
L’accès à l’énergie est une des priorités inscrites dans le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES). Il s’agit, dans la politique du gouvernement, de faire du secteur de l’énergie, un des piliers du développement économique et social. Les réflexions pour trouver des solutions durables à la problématique de la demande toujours croissante en énergie dans les zones urbaines et rurales ont démontré que les investissements en capacité de production doivent nécessairement être accompagnés d’une politique de consommation rationnelle de l’énergie et de soutien à tous les secteurs d’activités socioéconomiques (administrations, ménages, PME/PMI, industries, transport, agriculture …). La nouvelle politique du secteur de l’énergie, basée sur le mix énergétique, ambitionne accroître la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique et la promotion de l’efficacité énergétique. Ce projet porter par le Ministère de l’Energie vise à compléter l’approche de «constructions de grandes centrales photovoltaïques raccordées au réseau national interconnecté et des projets d’électrification solaire décentralisée par des systèmes in/off Grid en milieu rural». A terme, il s’agit de décrocher les ménages et les PMI/PME du réseau électrique national pour la production industrielle.
Les « Backups solaires, une solution à l’accès à l’énergie
Le projet «Backups solaires» vise à rendre autonome les ménages et les PME/PMI en consommation d’énergie. Ce sont des armoires énergétiques hybrides, mobiles, prêts à l’emploi et faciles à installer. A l’opposé des simples kits solaires qui ont de faibles puissances et utilisées uniquement pour les besoins d’éclairage et de recharge de téléphones portables entre autres, les Backups solaires, elles contiennent, outre, un onduleur hybride (pouvant prendre plusieurs sources d’énergie différentes), des batteries solaires de stockage, des éléments de protections et des modules automatiques d’inverseur de sources, de gestion des charges et de télégestion.
Ces armoires sont conçues pour délivrer des puissances de 1kVA, 3kVA, 5kVA ou plus en fonction de la consommation des bénéficiaires. Cet équipement est également muni de système de stockage intégré permettant des autonomies pour l’utilisation des équipements classiques. C’est dire que les Backups solaires sont parfaitement adaptés aux ménages et à la petite industrie. Cette approche innovatrice du gouvernement à travers le Ministère de l’Energie est d’un intérêt certain pour les populations. A titre d’exemple, pour un ménage, ou une PMI/PME qui paie le kWh à 130 FCFA en moyenne, l’installation d’un tel système permet d’obtenir le kWh à environ 50 F CFA. Toute chose qui lui permettra de réduire sa consommation de 40 à 70%.
Des efforts du gouvernement pour soutenir la production des PME/PMI
Le projet «backups solaires» souscrit dans la vision du gouvernement du Burkina Faso en matière de promouvoir des énergies renouvelables et l’accès des populations à l’énergie. Sa mise en œuvre prévu pour février 2019 permettra à l’Etat de faire des économies substantielles sur la subvention en hydrocarbure au profit de la SONABEL estimée à plus de vingt (20) milliards de FCFA par an.
On estime également à plus de 20milliards de nos francs, les pertes subies par les entreprises pendant les périodes de délestage. A travers ce projet, le gouvernement entend appuyer les PME et PMI pour leur autonomisation en énergie. Toute chose qui leur permettrait de continuer à produire même pendant ces périodes. Le « Backups solaires » est aussi une aubaine pour les populations. Par la mise en œuvre de ce projet, le gouvernement veut également améliorer le cadre de vie des populations des villes et des campagnes à travers l’accès à l’électricité. Au regard des innombrables avantages liés à ce projet, il est sans conteste qu’il contribuera à l’atteinte des objectifs du Programme présidentiel à l’horizon 2020 pour le secteur de l’énergie, à savoir augmenter le taux d’accès de l’énergie et le porter à 45%. Il permettra aussi de générer environ 181 emplois directs pour l’installation, l’exploitation et la maintenance des équipements.
Les ménages et les PME/PMI, cibles privilégiées du projet
Le projet backups solaires sera exécuté en collaboration avec la Coopération Suédoise qui ambitionne, à travers son accompagnement, créer un marché pour le secteur privé. Ce projet est aussi en phase avec le projet « Regional off Grid Electrification Project » (ROGEP), conduit par la CEDEAO et qui vise à promouvoir des applications telles que les backups solaires et les kits solaires. Il est prévu dans le cadre d’autres projets de développement, de vulgariser les «backups solaires».
L’objectif est de disposer de 100 000 unités autonomes à l’horizon 2025, ce qui va engendrer au total 150 Mwc. Les backups solaires seront disponibles à travers un système de prêt dit «Prêt solaire à taux zéro». Les bénéficiaires sont les ménages et les PME/PMI ayant un bilan financier positif, en capacité de rembourser mensuellement le crédit et possédant un compte bancaire au Burkina Faso.
Les équipements seront livrés par des sociétés répondant aux normes et certifications internationales. Ils seront installés et garanties durant le remboursement du prêt par des sociétés agréées par le Ministère de l’Energie. Les modalités de remboursements du prêt seront proches des factures qu’honorent mensuellement les bénéficiaires à la SONABEL. Le « prêt solaire à taux zéro » aura une durée de trois (03) ans maximum avec un différé de paiement de trois (03) mois après la mise en service de l’installation solaire. Le projet «backups solaires» est un moyen de sensibilisation et d’information sur les énergies renouvelables. Il sera exécuté en collaboration avec la Coopération Suédoise qui ambitionne, à travers son accompagnement, créer un marché pour le secteur privé.
La Coopération Suédoise veut montrer ainsi aux privés, que le marché des « backups solaires » peut être une alternative viable et constitue une opportunité de business. L’objectif visé est également de prouver au secteur privé que le modèle est très rentable et qu’il doit prendre le relais après cette première phase pilote initiée par l’Etat.
Ministère de l’Energie
Produits forestiers non ligneux:L’ «or» des femmes du Nord
Dans les zones rurales du Burkina Faso, la pauvreté a un visage féminin. Pour changer leurs conditions de vie, les femmes multiplient les initiatives. Dans la région du Nord, elles font de la transformation et de la commercialisation des produits forestiers non ligneux, une activité majeure pour leur autonomisation économique.
A Loungo, village situé à 10 Kilomètres de la commune rurale de La-Todin, province du Passoré, les femmes ont décidé de vaincre la pauvreté. Réunies au sein du groupement féminin Kiswensida, elles comptent sur la générosité de Dame nature pour transformer leur vie. Elles ont ainsi fait de la transformation des ressources naturelles leur gagne-pain. Kiswensida est spécialisée dans la production de miel et la transformation de l’amande de karité. Rencontrée dans son unité de transformation, la vingtaine de femmes s’active à transformer l’amande en beurre de karité. Les vrombissements des moteurs ne les perturbent guère.

Cette unité équipée de machines modernes leur procure des revenus importants, affirment-elles. La transformation de ce Produit forestier non ligneux (PFNL) a changé leur vie, selon Zoénabou Ouédraogo, la présidente de Kiswensida. Jadis ménagère, la vieille Zoenabou et ses « sœurs » ne pouvaient palper 1000 francs CFA. Mais aujourd’hui, elles soutiennent financièrement leurs époux, assurent les frais de scolarité de leurs enfants, approvisionnent leurs foyers en vivres, etc. « Le reste de l’argent est déposé sur notre compte bancaire, pour permettre aux membres et au groupement de disposer de ressources financières importantes », explique la sexagénaire Ouédraogo, entre deux éclats de rire. Au Nord, la transformation et la commercialisation des PFNL est l’apanage des femmes.
Des variétés de produits
Cette activité génère des revenus importants, qui leur permettent de vaincre la pauvreté. Couscous de maïs, jus et confiture de zanban, «wèda» en mooré, granulé de wèda, le zamnè, thé de moringa…C’est une panoplie de produits, qui s’offrent aux Burkinabè. Dans son unité de transformation Song-Taaba, sis au secteur n°13 de Ouahigouya, Joséphine Sawadogo, transforme, depuis 2006, le graines de néré en soumbala et divers produits dérivés : de la moutarde de soumbala, des grumeaux, de la poudre assaisonnée de soumbala… Des biscuits de baobab, des jus de pulpe de baobab, des sirops et la confiture de baobab sont également transformés dans son «industrie ». La bouteille de sirop coûte 2 000 francs CFA. Pour 250 g de soumbala, il faut débourser 1000 F CFA. 33 cl de jus de pulpe de baobab est revendu à 300 F CFA. « Le soumbala et le jus s’achètent bien. Par mois, nous vendons environ 25 à 30 cartons de 24 bouteilles de jus qui coûte 6 000 à 7 000 F CFA le carton. Pour le soumbala, ce sont environ 10 sacs de 100 kg par mois qui sont revendus entre 60 000 et 70 000 F CFA», explique l’ex-institutrice. Employeuse d’une quinzaine de femmes, sa vie a véritablement changé, se réjouit-elle.
Avec un chiffre d’affaires d’environ 900 000 F CFA par mois, c’est une fierté pour dame Sawadogo d’aider d’autres femmes à sortir des « griffes » de la pauvreté. Pour accroître leurs revenus, les femmes rurales explorent de plus en plus, la solution de la transformation des PFNL. Souadou Ouédraogo tire sa pitance du neem. Savon de toilette à base de neem, de balanitès, de miel, de beurre de karité sont, entre autres produits qu’elle fabrique. Elle écoule 500 à 600 boules de savon par mois. Son chiffre d’affaires mensuel: 300 000 F CFA. Dans son « Groupement féminin solidaire », les 18 membres tirent satisfaction de l’activité. « En fonction de leurs efforts, chaque femme qui nous aide dans la fabrication peut s’en sortir avec 15 000, 20 000 F CFA voire plus par mois», susurre l’ex- ménagère.
360 000 ménages touchés
Les PFNL sont les fruits des arbres de la forêt, tels que le miel, les dattes sauvages, les lianes, le baobab, le néré, le tamarinier, le karité, etc. Ils constituent des filières importantes, sources de revenus et de création d’emplois, qui occupent environ 80% des femmes rurales. En 2017, les activités de collecte et de transformation des PFNL ont généré environ 566 353 emplois, dont 387 694 emplois féminins. Dans les Hauts-Bassins, elles ont créé 89 316 emplois dont 67 659 emplois féminins. Au Sud-Ouest, 78 000 emplois dont 59718 féminins, au Centre-Ouest 68 894 emplois dont 53 697 féminins… L’importance des PFNL dans les moyens d’existence des ménages vulnérables au Burkina est indéniable, atteste le directeur de la promotion et de la valorisation des PFNL, Saïdou Soro. Chantal Bougouma a 29 ans. Elle est chef de l’entreprise artisanale de transformation artisanale « Avenir ».
Depuis une décennie, elle s’est spécialisée dans la transformation des pains de singe en biscuits. Lucrative, son activité lui a permis de financer ses études et sa formation d’enseignante. Désormais, élève en classe de Terminale en cours du soir, elle ne cache pas sa joie de faire un chiffre d’affaires mensuel de 50 000 F CFA. « Après les dépenses liées aux charges, j’arrive à payer mes 3 employés et à épargner. Cette activité est vraiment lucrative», affirme-t-elle. Granulé de citron, biscuits de pomme de terre, bouillie et farine infantile, pain de singe, couscous de pomme de terre, ont fait la renommée de la présidente de Faso Risongo et de la coopérative Nerwaya, Binta Sawadogo. La coopérative, qu’elle dirige, regroupe 18 unités de transformation de la région du Nord. Avec une vingtaine d’années d’expérience, grâce à ses sociétés au secteur n°13 et 15 de Ouahigouya, elle se frotte les mains. Elle confirme : « Mon activité a vraiment grandi. J’ai débuté avec 200 000 F CFA. Aujourd’hui, mon chiffre d’affaires s’élève à des millions F CFA. J’ai pu financer les études de mes trois enfants. La première est attachée de santé en service dans une société internationale et la dernière est aux USA». Au secteur n°15, son unité de fabrication de farine infantile a une capacité de 30 tonnes par an. Au secteur n°13, 14 tonnes de farine sont transformées annuellement en couscous, grumeaux, des jus des PNFL, poudre de baobab, etc. Cette femme d’affaires ajoute : « L’équipement et la construction s’élèvent à plus de 27 millions de F CFA ».
Grâce à son « succès », elle emploie 29 femmes. De nombreuses dames, employées dans les unités, sont devenues autonomes et contribuent aux charges de leurs familles respectives, foi de Binta Sawadogo. « Près de 360 000 ménages interviennent dans le domaine. Or, le ménage, c’est la femme », explique le directeur de la promotion et de la valorisation des PFNL.
114 milliards de F CFA pour l’économie nationale
Fatoumata Ouédraogo a fait de la transformation du baobab en poudre son gagne-pain. « Si le marché est bon, je peux vendre une tonne de poudre de baobab. Cette année, j’ai déjà écoulé plus d’une demie tonne», se réjouie-t-elle. Mais bien que les PFNL s’avèrent être des sources importantes de protéines, de fibres et de vitamines, riches en oligoéléments, ils sont peu valorisés dans les systèmes d’alimentation, déplore la présidente de la coopérative Nerwaya.
Selon le secrétaire exécutif du Comité permanent inter Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), Djimé Adoum, 40% de la population de l’espace couvert par l’organisation souffre encore d’une malnutrition chronique, malgré la croissance de la production agricole de la région ouest-africaine. D’où la nécessité pour lui, d’impulser une dynamique régionale à la transformation des PFNL et leur consommation en vue d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et les moyens d’existence des communautés rurales. Daouda Ouédraogo est friand des PFNL (pain de singe, Zamnin, jus de wèda..). Pour lui, ils doivent être dans les habitudes alimentaires des Burkinabè qui y accordent peu d’importance. Malgré le peu d’engouement des populations pour leur consommation, leur apport à l’essor économique est considérable. Selon le rapport sur l’étude des aspects socioéconomiques des PFNL, leur contribution au PIB a été de 3,85% en 2016. En 2017 également, les 9 filières de PFNL, dont le karité, le baobab et le néré, ont contribué à hauteur de 271 850 000 de F CFA à l’économie nationale. La filière karité, à elle seule, y a contribué à 114 milliards F CFA, précise M. Soro. Ce qui prouve non seulement que ces produits contribuent à générer et à accroître les revenus pour les femmes rurales et à créer des emplois au Burkina, insiste-t-il.
Soutenir l’entreprenariat féminin
Malgré les efforts des femmes rurales pour la valorisation des PFLN, leur consommation est limitée par des pesanteurs d’ordres socioéconomique, matériel et culturel. Mais, en milieu rural, toutes les activités génératrices de revenus sont basées sur les PFNL, foi de M. Soro. Selon la présidente de l’association Relwendé, Mariam Ouédraogo, le circuit d’écoulement demeure aussi un casse-tête chinois. « Il y a des produits comme le zamnin qui ne s’exporte pas. L’exportation du soumbala et du pain de singe est infime, contrairement au beurre de karité, au miel et au moringa », confie Saïdou Soro. Pour lui, les Burkinabè sont en train de comprendre que ces produits contribuent à la santé. « Les Burkinabè doivent consommer ces produits naturels que nous transformons. Ils sont dépourvus de toutes substances chimiques», plaide la présidente de la coopérative Nerwaya. A ces difficultés, s’ajoute le manque de magasins pour stocker les produits, le manque de matériels (séchoirs, tables de séchage, presse pour les jus…), de fonds, et l’accès aux microcrédits pour passer de la production artisanale à industrielle. La réponse à ses préoccupations, selon Binta Sawadogo, permettra à des milliers de femmes de se doter d’unités modernes pour se conformer aux exigences de la qualité.
« J’ai monté l’an dernier pour financement d’un projet de transformation de la poudre de baobab, mais jusqu’à présent j’attends toujours la suite », lance pour sa part, Fatoumata Ouédraogo. Pour la cheffe de service protection, promotion et autonomisation économique de la femme de la région du Nord, Carine Sorgho, leur rôle consiste à soutenir l’entreprenariat féminin. Il s’agit de leur permettre de bénéficier du sous-projet « Entreprendre au féminin », qui consiste à les former dans la transformation et la commercialisation des produits et à leur octroyer des technologies adaptées, telles que les décortiqueuses et les concasseuses. En 2014, révèle-t-elle, près de 60 groupements ont reçu des moulins pour la transformation, 20 décortiqueuses, 155 fûts pour le stockage des matières premières et 190 marmites. L’objectif est de contribuer à la croissance économique des femmes rurales, insiste-t-elle.
« Mieux, nous les avons accompagnées à formaliser leurs entreprises. En 2014, on dénombrait 23 femmes chefs d’entreprises, 29 en 2015, 30 pour l’année 2016, 2017-2018, 45 femmes ont formalisé leurs sociétés», soutient Carine Sorgho. En attendant des appuis multiformes, les femmes rurales disent être satisfaites de leur participation à la vie de leurs familles. A la direction de promotion et de valorisation des PFLN, d’autres stratégies sont adoptées pour développer la filière, la professionnalisation des acteurs, la promotion et l’accès aux marchés. «Certaines personnes viennent prendre nos matières premières pour les transformer ailleurs, car nous n’avons pas suffisamment d’industries pour absorber nos productions», déplore Saïdou Soro. Il convient, selon lui, d’aller à l’industrialisation pour «sécuriser notre matière première». Toute chose qui permettra d’accroître davantage le revenu des transformatrices.
Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr
Appui aux ménages vulnérables : L’AMR soutient des femmes de Bassi pour des AGR
L’Association Monde Rural (AMR-Burkina) à travers ses activités de renforcement économique des ménages vulnérables a procédé à la remise de subventions à une centaine de femmes des villages de Sorogo et Ouéttigué dans la commune de Bassi au Zondoma. La remise des dons aux bénéficiaires a eu lieu ce vendredi 15 décembre 2018.
Le gouvernement burkinabè a fait de la protection des groupes vulnérables une de ses priorités en élaborant un cadre référentiel spécifique qu’est la politique nationale de protection sociale (PNPS) et qui décline les axes prioritaires de développement des groupes vulnérables. l’AMR, structure associative dont l’ambition est de contribuer à promouvoir et à défendre les droits humains surtout ceux des couches marginalisées, ne peut rester indifférente dans un contexte de décentralisation, propice du reste à l’expression citoyenne à la base.
Dans le cadre de la mise en œuvre de son projet « accroissement de la participation citoyenne », l’Association Monde Rural a bénéficié de l’accompagnement financier de l’ONG Broederlijk-Delen (B.D) pour aider les femmes du Zondoma. Organisées en groupements, se sont au total 100 femmes qui ont été retenues pour promouvoir des activités génératrices de revenus (AGR).
Afin d’assurer le développement socio-économique des femmes éligibles, c’est un transfert direct de fonds d’un cout total de cinq millions CFA pour ces femmes qui ont reçues chacune 50000Fcfa. Cette stratégie de l’AMR consiste à soutenir les personnes les plus pauvres et les couches les plus vulnérables à développer les moyens d’existence durables et à faire leurs premiers pas hors de l’extrême précarité. Pour éradiquer cette versatilité, AMR mène son combat entre autre autour d’un certain nombre d’axes comme l’autonomisation des femmes.
Dans les villages de Sorogo et Ouéttigué les femmes mèneront des activités génératrices de revenus telles que la vente des beignets, de produits forestiers non ligneux, initieront le petit élevage et de revente de volaille dans un esprit de solidarité et de partage. C’est dans une réelle satisfaction que les femmes ont promis avec l’accompagnement et le suivi de l’AMR de bien gérer les fonds, à fructifier leurs gains et à redistribuer entre elles l’épargne arretée de commun accord dans six mois.
Philibert NIKIEMA
Procès du putsch : «J’accuse le juge d’instruction», Diendéré
L’audition du général de brigade, Gilbert Diendéré, s’est poursuivie, le lundi 17 décembre 2018 à Ouagadougou, avec les observations des avocats de la partie civile et celles du parquet militaire sur l’authenticité des deux pièces fournies par l’accusé.
Cela fait maintenant trois semaines, que le général de brigade, Gilbert Diendéré, le présumé auteur du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015, passe à la barre du tribunal militaire délocalisé à Ouaga 2000. Comme à l’accoutumée, ce 17 décembre 2018, il est resté toujours sur sa position, celle de n’être pas l’auteur du putsch qu’il a pourtant assumé. Pour éclairer la lanterne sur sa défense, il a ajouté deux pièces, qui selon lui, pourraient le « disculper ».
Il s’agit de l’attestation du prêt de 160 000 000 F CFA distribués aux soldats de l’ex-RSP et la liste des personnes du Comité de résistance populaire. Celles-ci auraient assisté à des réunions, tenues le 18 et le 20 septembre 2015 et dont le but était de mobiliser la jeunesse à faire front aux soldats. Les avocats de la partie civile et le parquet militaire ont remis en cause l’authenticité de ces documents et refusé qu’ils soient reversés au dossier. En ce qui concerne l’attestation du prêt, après plusieurs versions, le général a affirmé avoir reçu l’argent de ses proches qu’il aurait aidés. « Il s’agit en effet de la société C.K.I. Tech SARL, dont les 70% des actions sont détenues par son fils Ismaël Diendéré et sa belle-fille Fatoumata Diawara. En sus, en 2015, ladite société était déjà redevable de 93 000 000 F CFA à sa banque, des procédures avaient même été engagées contre elle. Ce qui permet d’établir que l’argent n’est pas venu de ses proches mais plutôt de la Côte-D’ivoire », a expliqué Me Hervé Kam. Me Séraphin Somé a dénoncé la mauvaise foi du prévenu, qui, à chaque audience, livre une nouvelle version.
« Tantôt, il aurait servi d’aval pour le prêt, tantôt, il aurait aidé des proches à contracter un prêt … Il ne fait que nous torturer moralement », a-t-il relevé. De l’avis de l’avocat de Diendéré , Olivier Yelkouni, il n’est pas interdit d’avoir plusieurs versions. C’est pour cela que l’enquête préliminaire, l’instruction et l’audience existent, a-t-il précisé. « Les nouvelles pièces vont permettre de déterminer la vérité », a-t-il mentionné. A ce propos, Me Kam a précisé que la vérité ne varie pas, sinon, c’est qu’il y a un mensonge quelque part. Concernant la seconde pièce, la liste des résistants, l’accusé a refusé de livrer sa source, d’autant plus que Me Yelkouni a fait noter que c’est une prise de note d’une personne ayant assisté aux réunions. Selon le parquet, le document n’est pas recevable en l’absence du sceau d’authenticité.
Les victimes, boucliers des OSC ?
« D’ailleurs, il est chargé, illisible et raturé. Qu’est-ce qui prouve qu’il n’a pas été produit par le général lui-même. C’est un document à prendre avec des pincettes », a-t-il suggéré. Et l’accusé de rétorquer qu’il ne faut pas chercher à cacher la vérité. Pour le parquet, M. Diendéré veut faire de la manipulation. « Vous donnez l’impression de défendre la vérité, mais quand on essaie de comprendre, vous refusez de répondre et vous épiloguez sur d’autres aspects qui n’ont pas de lien direct avec le dossier », a affirmé le procureur militaire, Alioun Zanré.
Par ailleurs, la partie civile pense que les nouvelles pièces sont irrecevables, parce que lesdites réunions ont eu lieu après que ces meurtres et blessures aient été commis. Mais pour le général, la liste serait une preuve que la société civile a utilisé les victimes comme des boucliers humains pendant le putsch. « C’est pourquoi, j’ai remis personnellement ce document au juge d’instruction. C’était son rôle d’investiguer afin de situer les responsabilités sur les victimes. En plus de soutenir n’avoir pas commandité, organisé et planifié le putsch manqué, j’accuse le juge d’instruction de n’avoir pas bien fait son travail », a-t-il souligné. Me. Yelkouni a soutenu que le refus de prendre en compte cette pièce montre que le dossier a été instruit à charge, sinon elle comporte des informations très graves, qui pourraient situer les responsabilités. « C’est dire que la justice n’est pas équitable dans cette affaire », a renchéri Me Mathieu Somé.
« Les petites mains plus excusables … »
Dans l’après-midi, la partie civile a révélé le contenu de la transcription de certains appels du Gal, au moment du coup d’Etat, qui, selon elle, traduisent la trahison et la collusion avec des forces étrangères. Dans l’une d’elles, l’interlocuteur de Diendéré a demandé à le rencontrer pour mieux échanger sur « la stratégie à mettre en place », parce que les autorités ne sont pas disposées à lâcher prise. Pour celui dont l’identité n’a pas été dévoilée, la période du coup d’Etat est inappropriée.
« On pouvait le faire en juin avec le PM (Premier ministre Yacouba Zida, ndlr) ou après les élections (…), le Président aurait des difficultés, on pouvait facilement le déposer », a dit l’interlocuteur, selon l’extrait du PV lu. A propos de sa non-résistance, Gilbert Diendéré aurait affirmé à Sidi Lamine, un coaccusé : « On est obligé de faire semblant … ». Pour Me Hervé Kam, le général n’était pas dans une logique d’apaisement. Dans un autre échange téléphonique, le chef djihadiste malien, Djeri, rassure Diendéré qu’il «essaie de mobiliser » ses troupes. « Il faut qu’on mette tout en œuvre à la frontière … On est préparé et posé maintenant », a-t-il déclaré au général.
« Observations et réactions général ? », a interrogé l’avocat. « Je dis à haute et intelligible voix que je n’ai pas d’observations à faire aux propos de Me Kam », a-t-il répondu. Prenant les révélations à son compte, Me Prosper Farama a insisté pour que l’accusé donne son avis. Mais, le général persiste et signe, il ne souhaite pas parler d’écoutes téléphoniques, dont il remet en cause l’authenticité. Aussi, pour l’homme de droit, la demande de soutien financier et matériel (pour le maintien d’ordre) à la Côte d’Ivoire et au Togo, est un acte d’hostilité contre le Burkina Faso, car celle-ci n’entre pas dans le cadre d’une coopération entre Etats. Me Farama a dit partager le désir du prévenu, lorsqu’il demande que la hiérarchie militaire soit inculpée en lieu et place de jeunes soldats.
« Les petites mains qui exécutent sont plus excusables que les grands cerveaux qui donnent des ordres à exécuter », a déclaré Me Farama. Pour lui, c’est un impératif, il faut que toutes les responsabilités soient situées. A cet effet, « on aurait pu et même dû » mener des enquêtes balistiques afin de savoir l’arme de quel soldat a atteint telle victime, comme l’a souhaité l’accusé. Toutefois, a-t-il noté, cela ne décharge pas pour autant Gilbert Diendéré. Il a expliqué qu’en matière d’infraction de masse, on ne recherche pas les soldats sur le terrain, mais plutôt les commanditaires, les cerveaux. Pour lui, plusieurs déclarations du général Diendéré, contenues dans les P.V., prouvent à souhait que le putsch était « prémédité », mais qu’il a été « mal préparé ». Me Yanogo, toujours de la partie civile, ne comprend pas que l’on se retrouve avec « une infraction sans père ni mère ». Diendéré est imperturbable : « Vous ne pouvez pas m’obliger à dire ce que je n’ai pas fait ».
Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com
Djakaridia SIRIBIE
dsiribie15@gmail.com
Prix des hydrocarbures: pas d’accord gouvernement/syndicats
Le gouvernement a repris les pourparlers avec les responsables de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (CCVC) , le lundi 17 décembre 2018 à Ouagadougou. Après sept heures d’échanges , il n’y a pas eu d’accord sur le principal point, de la plateforme revendicative: la baisse du prix des hydrocarbures.
Le vendredi 9 novembre 2018, le prix du carburant à la pompe a connu une hausse de 75 F CFA sur l’ensemble du territoire burkinabè. Conséquence : le litre du Super est passé à 677 F CFA et celui du gazoil à 601 F CFA. Une décision du gouvernement qui a entrainé une marche de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (CCVC), le jeudi 29 novembre dernier. Une manifestation au cours de laquelle, les responsables de la CCVC ont remis une plateforme de sept points au gouvernement.
Il s’agit du retour à l’ancien prix des hydrocarbures, la relecture des structures des prix des hydrocarbures, l’audit indépendant de la SONABHY et de la SONABEL. A cela s’ajoutent, l’identification et la saisie des biens et des fonds détournés par le régime Compaoré, le recouvrement effectif et exhaustif des créances de l’Etat. L’audit du secteur minier et l’arrêt des atteintes aux libertés syndicales figurent également sur la plateforme de la coalition. Pour donner suite à ces revendications, le gouvernement a engagé les pourparlers avec les responsables de la CCVC, le lundi 10 décembre 2018. Après une interruption, les échanges ont repris, hier, lundi 17 décembre 2018 de 8h à 15h. « Après ces deux rounds, nous sortons insatisfaits des échanges dans la mesure où le gouvernement n’a pas accédé au premier point principal de notre plateforme revendicative, qu’est le retour à l’ancien prix des hydrocarbures », a déclaré le vice-président de la CCVC, Chryzogone Zougmoré.
Pour lui, il ne s’agit pas de faire une sommation mécanique des points d’accord et de désaccord. Car, les éléments des points 2 à 6 constituent des rampes pour le gouvernement d’accéder à la baisse des prix des hydrocarbures. Aussi, s’appuyant sur les audits, la CCVC s’est dit convaincue qu’il y a de l’argent à quelque part qu’il faut aller rechercher, mais pas dans la poche du contribuable. A la question de savoir, si la CCVC va-t-elle imiter les gilets jaunes de la France, M. Zougmoré a répondu : « A ce stade, il ne s’agit pas pour nous d’imiter les gilets jaunes, mais nous allons faire le compte- rendu à nos bases. Nous verrons dans quelles mesures envisager d’autres actions ». Il a ajouté que les échanges sont terminés, car tous les sept points de la plateforme ont été abordés.
La SONABHY et la SONABEL seront audités
Sur la question du retour aux anciens tarifs, des hydrocarbures, le ministre de la Communication, des Relations avec le parlement, Porte-parole du gouvernement, Remis Fulgance Dandjinou, a confié que le gouvernement a mis en place un nouveau type de régulation des coûts. Un modèle qui à l’entendre est déjà en action avec l’augmentation et qui devra permettre un ajustement des coûts tous les trimestres. « Si, nous avons connu une augmentation de cette importance, c’est parce que nous avons conservé les prix pendant deux ans. Nous souhaitons que la tendance baissière reste à l’état pour qu’au plus tard en fin janvier, nous ayons les premiers réajustements qui siéent par rapport à ces prix », a soutenu le ministre Dandjinou.
Pour les audits, il a ajouté que le gouvernement a apporté des réponses aux propositions de la coalition. « La SONABEL et la SONABHY ont déjà été audités plusieurs fois, mais nous avons pris l’engagement, si nécessaire avec les propositions faites par la CCVC d’aller faire de nouveaux audits », a déclaré le ministre en charge de la Communication. Sur l’arrêt des atteintes aux libertés démocratiques et syndicales, les échanges vont se poursuivre avec la CCVC afin que les parties s’accordent sur les différents concepts et terminologies, a-t-il dit. «Il est clair que nous ne sommes pas totalement d’accord sur un point, mais nous estimons que les apports de la CCVC vont nous permettre d’avancer sur les autres points annoncés. Je suis satisfait de la rencontre », s’est réjoui le Porte -parole du gouvernement. Il a en outre indiqué que le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a salué l’esprit de dialogue qui a animé les travaux entre les acteurs.
Mariam OUEDRAOGO
mesmira14@gmail.com



