Compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 19 décembre 2018

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 19 décembre 2018, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 15 H 30 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Paul Kaba THIEBA, Premier ministre, Chef du Gouvernement. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

  1. DELIBERATIONS

I.1. AU TITRE DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE  SEPT (07) RAPPORTS.

I.1.1. Pour le compte du ministère de l’Economie, des finances et du développement :

– un rapport relatif à sept (07) décrets concernant les Etablissements publics locaux (EPL). Il s’agit de :

  • un décret fixant les conditions et modalités de création, de gestion et de suppression des Etablissements publics locaux (EPL) ;
  • un décret portant statut général des Etablissements publics locaux (EPL) à caractère administratif ;
  • un décret portant statut général des Etablissements publics locaux (EPL) de santé ;
  • un décret portant statut général des Etablissements publics locaux (EPL) à caractère économique ;
  • un décret portant statut général des Fonds locaux de financement ;
  • un décret portant Régime financier et comptable des Etablissements publics locaux (EPL) ;
  • un décret portant nomenclature budgétaire des Etablissements publics locaux (EPL).

L’adoption de ces décrets permet de doter les Etablissements publics locaux (EPL) d’un cadre juridique garantissant leur bonne gestion administrative, financière et comptable conformément aux dispositions de la loi n°010-2013/AN du 30 avril 2013 portant règles de création des catégories d’établissements publics.

– une ordonnance portant autorisation de ratification de l’accord de don n°D374-BF, conclu le 26 octobre 2018 à Ouagadougou entre le Burkina Faso et l’Association internationale de développement (IDA), pour le financement du projet de renforcement de la résilience climatique au Burkina Faso.

D’un montant global de 4,675 milliards de francs CFA, ce projet vise à améliorer les services hydrométéorologiques, climatiques et d’alertes précoces du pays et à renforcer l’accès à ces services en ciblant des secteurs et des communautés.

– une ordonnance portant autorisation de ratification de l’accord de prêt n°119/AP/LA/BIDC/EBID/10/2018 conclu le 19 octobre 2018 à Ouagadougou entre le Burkina Faso et la Banque d’investissement de la CEDEAO (BIDC), pour le financement complémentaire du Projet d’implantation d’une usine de transformation de tomates et de mangues au Burkina Faso.

D’un montant de 8,12 millions de dollars US, soit environ 4,060 milliards de FCFA, ce financement permettra de poursuivre les travaux de construction de l’usine et de la rendre opérationnelle.

I.1.2. Pour le compte du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation :

– un décret portant révocation de Monsieur IDO Bouladeyoi Dieudonné, maire de la commune de Pouni.

L’adoption de ce décret consacre la révocation de Monsieur IDO Bouladeyoi Dieudonné de ses fonctions de maire de la commune de Pouni, province du Sanguié, région du Centre-Ouest, pour « absence du Président du conseil municipal  depuis plus de six (06) mois pour des raisons autres que celles relatives à l’intérêt de la collectivité territoriale ou de santé » et pour « poursuite devant un tribunal répressif ou condamnation pour des faits et actes punis par la loi, à l’exception des contraventions de simple police ou des délits d’imprudence, hormis les cas de délit de fuite concomitant », en application des articles 271 et 272 de la loi n°055-2004/AN du 21 décembre 2004 portant Code général des collectivités territoriales (CGCT) au Burkina Faso, ensemble ses modificatifs.

I.1.3. Pour le compte du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale :

– un rapport relatif aux tableaux de réponses du gouvernement en vue de la tenue de la rencontre annuelle Gouvernement/Organisations syndicales de travailleurs.

Au titre de l’année 2017, le cahier de doléances de travailleurs contenait quarante-un (41) points dont un (01) point relatif à la mise en œuvre des vingt-deux (22) engagements de 2015 et 2016.

Le Conseil a examiné ces différents points et instruit les ministres en charge du dossier de prendre les dispositions nécessaires en vue de la tenue prochaine de la rencontre annuelle gouvernement/Organisations syndicales de travailleurs.

I.1.4. Pour le compte du ministère des Mines et des carrières :

– un décret modificatif du décret n°2017-0104/PRES/PM/MEMC/MINEFID/MEEVCC du 13 mars 2017 portant octroi d’un permis d’exploitation industrielle de grande mine d’or à la Société des mines de Sanbrado (SOMISA) SA dans la commune de Boundry, province du Ganzourgou, région du Plateau-Central.

L’adoption de ce décret permet de définir de nouvelles coordonnées du permis d’exploitation industrielle de la grande mine d’or de Sanbrado (SOMISA) SA située dans la commune de Boudry, province du Ganzourgou.

– un rapport relatif à une autorisation de signature d’une convention minière entre la société OREZONE BOMBORE SA et l’Etat du Burkina Faso.

La signature de cette convention vise à se conformer à la réglementation minière notamment l’article 96, alinéa 3 de la loi n°036-2015/CNT du              26 juin 2015 portant Code minier du Burkina Faso.

Le Conseil a marqué son accord pour la signature de la convention minière entre la société OREZONE BOMBORE SA et l’Etat du Burkina Faso.

I.2. AU TITRE DU DEVELOPPEMENT DU CAPITAL HUMAIN, LE CONSEIL A ADOPTE TROIS (03) RAPPORTS

I.2.1. Pour le compte du  ministère de l’Agriculture et des aménagements hydrauliques :

– un rapport relatif à la conclusion d’un marché par la procédure d’entente directe avec le Groupement Opérateur CA17 International/CACG/ARP Développement/ODEC.

L’adoption de ce rapport permet la mise en œuvre efficace du Projet de sécurité alimentaire dans l’Est du Burkina (PSAE) et de son volet Initiative Tiwara.

Le Conseil a marqué son accord pour l’attribution du marché au Groupement Opérateur CA17 International/CACG/ARP Développement/ODEC pour un montant de un milliard cinq cent neuf millions trois cent vingt-huit mille cent quatre-vingt-quinze (1 509 328 195) F CFA HT-HD.

Le financement est assuré par l’Agence française de développement (AFD) à travers la Convention de subvention n°CBF 1309 01C et 02D du 29 mars 2018 et le budget de l’Etat, gestion 2018.

I.2.2. Pour le compte du ministère de l’Energie :

– un rapport relatif aux résultats de l’appel d’offres ouvert n°2018-007/ME/SG/DMP du 12 juillet 2018 pour la construction de mini-centrales solaires avec stockage dans trente-quatre (34) Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA).

Le Conseil a marqué son accord pour l’attribution des marchés aux entreprises suivantes, avec un délai d’exécution de cent vingt (120) jours:

– Lot 1 :PPS SARL pour la construction de mini-centrales solaires avec stockage dans des Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) des régions du Centre (CMA de Saaba, maternité de Gounghin, CMU de Koubri, DS de Tampouy) et du Plateau-Central (CMA de Boussé, CMA de Ziniaré), pour un montant de cinq cent cinquante-un millions soixante-quinze mille (551 075 000) F CFA TTC ;

– Lot 2 :GROUPEMENT PLANETE TECHNOLOGY/GESEB SA pour la construction de mini-centrales solaires avec stockage dans des Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) des régions du Sahel (CMA de Sebba, CMA de Djibo), du Centre-Nord (CMA de Boulsa, CMA de Kongoussi, CMA de Bourzanga, CMA de Barsalogo) et du Nord (CMA de Titao, CMA de Seguenega), pour un montant de neuf cent cinquante-six millions huit mille trois cent quatre-vingt (956 008 380) F CFA TTC ;

– Lot 3 :GROUPEMENT YANDALUX/SIFA SA pour la construction de mini-centrales solaires avec stockage dans des Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) des régions de la Boucle du Mouhoun (CMA de Boromo, CMA de Solenzo, CMA de Nouna) et des Hauts-Bassins (CMA de Dafra, CMA de Dandé, CMA de Do), pour un montant de six cent quatre-vingt-dix-sept millions trois cent cinquante-quatre mille deux cents (697 354 200) F CFA TTC;

– Lot 4 : GROUPEMENT BELMAX BURKINA SARL/SDA pour la construction de mini-centrales solaires avec stockage dans des Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) des régions des Cascades (HD RGNL de Banfora, CMU de Niangoloko), du Centre-Ouest (CMA de Réo, CMA de Léo), du Sud-Ouest (CMA de Batié, CMA de Dano) et du Centre-Sud (CMA de Kombissiri, CMA de Saponé), pour un montant de huit cent soixante-six millions neuf cent quarante-huit mille (866 948 000) F CFA TTC ;

– Lot 5 :NEWTECH ENERGY pour la construction de mini-centrales solaires avec stockage dans des Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) des régions de l’Est (CMA de Gayeri, CMA de Mani, CMA de Pama) et du Centre-Est (CMA de Bittou, CMA de Ouargaye, CMA de Zabré), pour un montant de cinq cent quarante-un millions huit cent trente-huit mille (541 838 000) F CFA TTC.

Le montant total des attributions s’élève à trois milliards six cent treize millions deux cent vingt-trois mille cinq cent quatre-vingt (3 613 223 580) F CFA TTC.

Le financement est assuré par le budget de l’Etat.

– un rapport relatif aux résultats de l’appel d’offres ouvert n°2018-008/ME/SG/DMP du 12 juillet 2018 pour l’acquisition et l’installation d’équipements solaires dans les bâtiments publics.

Le Conseil a marqué son accord pour l’attribution des marchés aux entreprises suivantes, avec un délai d’exécution de cent vingt (120) jours:

– LOT 1 : Groupement Yandalux Solar GmbH/IIdobusiness pour l’acquisition et l’installation d’équipements solaires au profit des bâtiments publics dans les régions des Hauts-Bassins, des Cascades, du Sud-Ouest, du Centre-Ouest, du Centre-Sud et de la Boucle du Mouhoun, pour un montant de cinq cent quatre-vingt-quatorze millions quatre cent mille (594 400 000) F CFA TTC ;

– LOT 2 : COGE-OK pour l’acquisition et l’installation d’équipements solaires au profit des bâtiments publics dans les régions du Centre, du Plateau-Central, du Centre-Est, de l’Est, du Centre-Nord, du Sahel et du Nord, pour un montant de trois cent soixante-treize millions huit cent soixante-neuf mille huit cent trente-sept (373 869 837) F CFA TTC;

– LOT 3 : PPS Sarl pour l’acquisition et l’installation d’équipements solaires au profit des bâtiments publics dans la région du Centre, pour un montant de six cent treize millions huit cent dix-sept mille (613 817 000) F CFA TTC;

– LOT 4 : SIDAF Sarl pour l’acquisition et l’installation d’équipements solaires au profit des bâtiments publics dans la région du Centre, pour un montant de quatre cent quatre-vingt-treize millions cent trente-huit mille sept cent quarante-neuf (493 138 749) F CFA TTC;

– LOT 5 : Groupement Belmax Burkina Sarl/Société de Distribution Africaine pour l’acquisition et l’installation d’équipements solaires au profit des bâtiments publics dans les régions des Hauts-Bassins, des Cascades et du Sud-Ouest, pour un montant de six cent quatre-vingt millions cinq cent quatre-vingt-onze mille (680 591 000) F CFA TTC;

– LOT 6 : Groupement INDMOVE/POLY SOLAR Technologies pour l’acquisition et l’installation d’équipements solaires au profit des bâtiments publics dans les régions du Centre-Est, de l’Est et du Plateau-Central, pour un montant de huit cent trente-deux millions cent neuf mille trois cent quatre-vingt-deux (832 109 382) F CFA TTC;

– LOT 7 : PPS Sarl pour l’acquisition et l’installation d’équipements solaires au profit des bâtiments publics dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Ouest et du Centre-Sud, pour un montant de six cent soixante-quinze millions neuf cent vingt-cinq mille cinq cent cinquante-huit (675 925 558) F CFA TTC;

– LOT 8 : Groupement INDMOVE/POLY SOLAR Technologies pour l’acquisition et l’installation d’équipements solaires au profit des bâtiments publics dans les régions du Nord, du Centre-Nord et du Sahel, pour un montant de sept cent trente-six millions cent dix-huit mille neuf cent trente-huit (736 118 938) F CFA TTC.

Le montant total de ces attributions s’élève à quatre milliards neuf cent quatre-vingt-dix-neuf millions neuf cent soixante-dix mille quatre cent soixante-quatre (4 999 970 464) F CFA TTC.

Le financement est assuré par le Budget de l’Etat, gestions 2018, 2019, 2020.

  1. COMMUNICATIONS ORALES

II.1. Le Secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres a informé le Conseil de la réunion du Conseil d’Administration du Millenium Challenge Corporation (MCC) à l’issue de laquelle le Burkina Faso a été déclaré éligible à l’initiative du Compact Régional aux côtés de quatre pays de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, outre le Compact bilatéral déjà conclu avec le MCC, cette décision permettra à notre pays d’avoir un ou deux Compacts régionaux avec deux autres pays voisins éligibles.

Les projets régionaux potentiels concerneront l’énergie, les transports (chemin de fer et routes) et l’économie numérique.

Le Gouvernement se félicite de cette éligibilité et de l’accompagnement dont bénéficie le Burkina Faso dans le cadre de cette coopération avec les Etats unis d’Amérique.

II.2. Le ministre de l’Agriculture et des aménagements hydrauliques a fait au Conseil une communication relative aux résultats prévisionnels de la campagne agropastorale 2018-2019.

La campagne céréalière prévisionnelle nationale 2018-2019 est estimée à 4 953 257 tonnes. Comparée à la production totale définitive de la campagne agricole 2017-2018 et à la moyenne des cinq (05) dernières campagnes, elle est en hausse respective de 21,91% et 11,77%.

La production des autres cultures vivrières est estimée à 937 448 tonnes, soit une augmentation respective de 30,67% et 25,10% par rapport à la campagne passée et à la moyenne quinquennale.

La production des cultures de rente est estimée à 1 180 150 tonnes, soit une baisse de 13, 29% par rapport à la campagne précédente et de 16,74% par rapport à la moyenne quinquennale.

La situation pastorale est assez satisfaisante et est marquée par la disponibilité de fourrages et le bon niveau de remplissage des points d’eau. Le bilan prévisionnel fourrager fait ressortir vingt-deux(22) provinces excédentaires, six (06) équilibrées et dix-sept (17) provinces déficitaires.

II.3. Le ministre des Transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière a informé le Conseil de la tenue de la « Semaine des transports » du 20 au 22 décembre 2018 à  Bobo-Dioulasso.

Cette semaine connaîtra entre autres activités les lancements officiels des vols quotidiens de Air Burkina de la ligne aller-retour Ouagadougou Bobo-Dioulasso et de l’exploitation des lignes de bus de la SOTRACO à Bobo-Dioulasso.

II.4. Le ministre de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique a fait au Conseil une communication relative à la participation du Burkina Faso à la 24ème Conférence des parties (COP24) de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui s’est déroulée du 02 au 14 décembre 2018 dans la ville de Katowice, en Pologne.

Lors de cette conférence, le Burkina Faso a été désigné pour assurer la vice-présidence de la Conférence des ministres africains de l’Environnement (CMAE) pour l’année 2019.

III. NOMINATIONS

III. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

A.PREMIER MINISTERE

Le Conseil a adopté trois (03) décrets.

Le premier décret nomme Madame Amélie Josseline Gisèle BELEM/ZAGRE, Mle 39 697 J, Administrateur des services financiers, Administrateur représentant l’Etat au titre du ministère de l’Economie, des finances et du développement au Conseil d’administration du Service national pour le développement (SND), pour un premier mandat de trois (03) ans.

Le deuxième décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs représentant l’Etat au Conseil d’administration du Service national pour le développement (SND), pour un dernier mandat de trois (03) ans :

Au titre du Premier ministère :

– Madame Adama VIGNIGBE/OUEDRAOGO, Mle 77 749 M, Conseiller en Gestion des ressources humaines.

Au titre du ministère de la Défense nationale et des anciens combattants :  

– Monsieur Soyo Ardiouma PALE, Officier.

Le troisième décret nomme Madame Adama VIGNIGBE/OUEDRAOGO, Mle 77 749 M, Conseiller en Gestion des ressources humaines, Présidente du Conseil d’administration du Service national pour le développement (SND), pour un mandat de trois (03) ans.

  1. MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DU DEVELOPPEMENT 

Le Conseil a adopté deux (02) décrets.

Le premier décret nomme Monsieur Célestin Santéré SANON, Mle 47 667 T, Inspecteur du trésor, Administrateur représentant l’Etat au titre du ministère de l’Economie, des finances et du développement au Conseil d’administration du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES), pour un premier mandat de trois (03) ans.

Le second décret nomme Monsieur Célestin Santéré SANON, Mle 47 667 T, Inspecteur du trésor, Président du Conseil d’administration du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES), pour un premier mandat de trois (03) ans.

  1. MINISTERE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE ET DE L’ARTISANAT

Le Conseil a adopté deux (02) décrets.

Le premier décret nomme Madame Aïssata DIALLO/DIALLO, Mle 56 693 J, Administrateur des services financiers, Administrateur représentant l’Etat au titre du Premier ministère au Conseil d’administration de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX), pour un premier mandat de trois (03) ans.

Le second décret porte renouvellement de mandat d’Administrateurs au Conseil d’administration de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX), pour une dernière période de trois (03) ans.

Au titre du ministère de l’Economie, des finances et du développement :

– Monsieur Wendkouny Blaise Parfait KEMDE, Mle 59 671 P, Inspecteur du trésor ;

– Monsieur Adama BAMBARA, Mle 56 714 V, Inspecteur du trésor.

  1. MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT, DE L’ECONOMIE VERTE ET DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le Conseil a adopté trois (03) décrets.

Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration du Fonds d’intervention pour l’environnement (FIE), pour un premier mandat de trois (03) ans.

Au titre du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation :  

– Monsieur Boukaré LINKONE, Mle 23 556 B, Administrateur civil.

Au titre de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) :

– Monsieur Alidou BAGAYOGO, Elu consulaire de la délégation régionale de la Boucle du Mouhoun.

Le deuxième décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration du Fonds d’intervention pour l’environnement (FIE), pour un dernier mandat de trois (03) ans.

Au titre du ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique

– Monsieur Gontran Yanbèfar SOME, Mle 215 332 G, Conseiller en études et analyses.

Au titre du ministère de l’Economie, des finances et du développement :

– Monsieur Issa YONABA, Mle 46 226 T, Inspecteur du trésor.

Au titre de la Confédération paysanne du Faso (CPF) :

– Monsieur Bassiaka

Au titre du Secrétariat permanent des Organisations non gouvernementales (ONG) :

– Monsieur Oumarou Boureima CISSE.

Le troisième décret nomme Monsieur Issa YONABA, Mle 46 226 T, Inspecteur du Trésor, Président du Conseil administration du Fonds d’intervention pour l’environnement (FIE), pour un dernier mandat de trois (03) ans.

Le Ministre de la Communication et
des Relations avec le Parlement,
Porte-parole du gouvernement,
Rémis Fulgance DANDJINOU

Lâchage de moustiques transgéniques : Target malaria, un « remède » redouté

Les méthodes de lutte contre le paludisme se multiplient, mais la maladie persiste. Cela s’explique surtout par la résistance du germe et de l’agent vecteur aux différentes méthodes employées. Face à cette situation, des chercheurs burkinabè de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) ont décidé de changer leur fusible d’épaule. Ainsi, ils ont intégré un projet de lutte contre la maladie, à travers la modification génétique du moustique mâle sauvage. Ce projet dénommé « Target malaria » se veut ambitieux, mais ne fait pas l’unanimité.

Au plus 10 000 moustiques transgéniques seront lâchés par « Target Malaria ».

Une porte hermétiquement fermée, et sur le mur de la devanture, un insigne sécuritaire bien visible. Nous sommes devant l’insectarium du projet « Target Malaria », situé dans l’enceinte de la direction régionale de l’Ouest de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS), sise à l’ex-école Jamot, au secteur n°2 de Bobo-Dioulasso. Le responsable des lieux, le Dr Moussa Namoutougou en tête, nous franchissons la  première porte. Nous nous inscrivons, dans le cahier de visite. Nous

Dr Moussa Namoutougou coordonne les activités de l’insectarium.

enfilons ensuite, les blouses blanches, pour se plier aux mesures sécuritaires d’hygiène.

C’était le vendredi 25 mai 2018, aux environs de 11 heures. Des ventilateurs installés  dans le couloir principal menant aux différents compartiments du laboratoire repoussent tous les insectes qui tentent de quitter leurs geôles. « Toutes les mesures sont prises pour qu’aucun insecte ne puisse s’échapper du laboratoire », nous informe notre guide. Nous entrons dans une première chambre : celle de la reproduction des moustiques locaux.

Là, nous constatons des larves de moustiques nageant dans des bacs à eau, et des cages blanches renfermant des moustiques plus adultes. Dans une chambre intermédiaire jouxtant la première, se passe le tri des moustiques mâles. La dernière étape nous conduira dans la chambre où s’opère l’implantation du gène spécifique sur les moustiques mâles locaux. Deux jeunes chercheurs munis de microscopes sophistiqués nous invitent à jeter un coup d’œil au produit final. On parle maintenant de moustiques transgéniques.

Cet insectarium constitue, en effet, le cœur scientifique du projet « Target Malaria », du moins au Burkina Faso. « Target Malaria », est ce projet de recherche sur le paludisme qui fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis ses débuts en 2012. D’un côté, il y a les meneurs du projet, et de l’autre  les sceptiques.

Des marches et des sorties médiatiques ont même été organisées à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou pour protester contre sa mise en œuvre. La dernière grande manifestation en date du samedi 2 juin 2018 a été la  marche organisée par des Organisations de la société civile (OSC) et des acteurs « anti-OGM ». Une marche au cours de laquelle ils ont remis un mémorandum au gouvernement.

Le Collectif citoyen pour l’agro-écologie (CCAE), une OSC, fait partie des « anti-Target ». Quelques leaders de ce groupe étaient à Bobo-Dioulasso, le 20 juillet 2018,  dans le cadre de  leurs « prêches » contre le projet. Ali Tapsoba, le porte-parole du collectif,  et deux de ses camarades nous ont reçu.  Que reprochez-vous au projet Target Malaria ? « Nous avons plutôt des interrogations, des inquiétudes  qui, jusque-là, n’ont pas eu de réponses », réplique M. Tapsoba. Néanmoins, les « sceptiques » reconnaissent la qualité des chercheurs burkinabè, et particulièrement ceux engagés dans ce projet.

Et d’avouer qu’ils ont été impliqués dans le processus de concertation, dès les débuts du projet.  Mais Ali Tapsoba et ses camarades de lutte sont inquiets de la non-maîtrise de la technologie par la recherche burkinabè, le manque d’études d’impacts préalablement pour écarter d’éventuelles résistances des moustiques transgéniques aux traitements de molécules.

A ces deux premiers points, viennent se greffer les doutes sur des éventuelles conséquences écologiques, et le problème « d’éthique ».  « Il pourrait arriver aussi que ces moustiques OGM,  dans la nature, puissent héberger d’autres virus pires que le germe du paludisme », lâche-t-il, l’air serein, sans oublier le bouleversement de la chaîne écologique que peut entraîner une éventuelle suppression de l’espèce de moustique concernée.

« La suppression brusque des espèces de moustiques est susceptible de laisser  un vide écologique  qui sera occupé par d’autres espèces peut-être plus dangereuses», s’inquiète Ali Tapsoba. Les activistes auraient préféré que l’on mise sur les méthodes déjà existantes et une bonne politique nationale d’hygiène et d’assainissement, que « d’embarquer dans un bateau à destination inconnue ». « Notre souhait aurait été que l’on finisse totalement le transfert de compétences avant que nos chercheurs ne se jettent dans cette science à issue inconnue », renchérit-il.

Et d’aller plus loin, en se questionnant sur la motivation réelle du financement du projet, vue sa provenance. « Bill Gates, qui est le bras financier de ce projet, est un capitaliste à fond. On sait qu’il ne fait jamais un investissement sans retour attendu », fait remarquer  le militant « anti-OGM ». Qu’à cela ne tienne, la position des sceptiques reste tenace, du moins jusqu’à ce que leurs inquiétudes trouvent réponses. « Nous demandons de stopper purement et simplement le projet de lâcher de moustiques, le temps que nous comprenions les tenants et aboutissants », martèle M. Tapsoba.

Chaque camp défend sa  position. Le Dr Abdoulaye Diabaté est le chercheur principal du projet. Il bat en brèche les arguments avancés par le camp adverse. « Target Malaria », rappelle-t-il, est un consortium à but non lucratif composé de chercheurs  d’Afrique (Ouganda, Mali, Burkina Faso, Ghana) et d’autres contrées du monde.  Et l’objectif de ce consortium, selon lui, est de développer un outil innovant de lutte anti-vectorielle basé essentiellement sur le génie génétique.

Le volet scientifique du projet, à suivre le chercheur, est prévu pour se dérouler en trois étapes. La première consiste à obtenir des mâles stériles au laboratoire, portant un gène spécifique auto-limitatif. La deuxième quant à elle, conduit au moustique  « mâle biaisé ». D’un point de vue économique, les deux premières étapes ne sont pas viables, vue l’obligation de procéder fréquemment  à des lâchers. D’où une  troisième étape qui viendra compenser l’insuffisance des deux premières.

On parlera alors de « mâle biaisé autonome ». La particularité de cette dernière version de moustique mâle est  qu’il est capable de propager le gène d’intérêt spécifique à travers les populations sauvages, au-delà des localités de lâchage. En plus de cette autonomie, ce mâle, lorsqu’il s’accouple avec une femelle sauvage, produira une progéniture uniquement mâle. De la première à la troisième étape du projet, il reste encore du temps. Un temps que M. Diabaté évalue approximativement entre huit et dix ans.

Des exemples d’essais qui n’ont pas prospéré

Sur le côté sécuritaire, le chercheur sénior qu’il est ne semble pas douter de la technologie. Preuves scientifiques à l’appui, il ne craint pas que ces moustiques aient des prédispositions à véhiculer d’autres pathologies. Premièrement, justifie-t-il, « le caractère auto-limitatif du gène spécifique est tel que la première version de moustiques transgéniques n’a pas la capacité de propager le gène d’intérêt spécifique en question dans les populations de moustiques sauvages ».

Cela permet à l’équipe de contenir dans un premier temps le gène, uniquement dans l’environnement expérimental. Au-delà, le caractère stérile de cette première version de moustique, ajoute-t-il, leur hôte toute possibilité d’avoir une progéniture avec des femelles sauvages.

Des marches ont été organisées pour protester contre la poursuite du projet.

Quant à une éventuelle prédisposition du moustique « OGM » à transmettre d’autres pathologies, Abdoulaye Diabaté se veut objectif: « La transformation génétique s’opérant sur les mâles, il n’y a aucun risque de transmission de maladie car le moustique mâle ne pique pas ». Une autre hypothèse à faible probabilité, vue la rigueur dans la séparation des moustiques au laboratoire,  évoque le Dr Diabaté, c’est que l’on associe  « par inadvertance » des femelles dans la transformation.

Même si cela  advenait, à l’entendre, le pire est à écarter. « Toutes les analyses que nous avons effectuées au laboratoire n’ont montré en aucun cas, que les femelles transgéniques étaient plus dangereuses que les femelles sauvages », affirme-t-il. La biologie du moustique, indique en outre celui dont la thèse a exclusivement porté sur la résistance aux insecticides des moustiques, est telle que toute transmission passe forcément par les glandes salivaires.

Le gène en question se manifestant uniquement sexuellement, se conforte Dr Diabaté avant d’ajouter qu’il n’y a aucun risque d’interférence de ce gène avec les piqures de moustique. « Les questions sécuritaires sont extrêmement importantes pour nous dans toutes ces étapes.

C’est la raison pour laquelle, nous avons décidé de ne pas directement commencer par le produit final », avance-t-il. Des experts nationaux et internationaux, après maints audits,  donné leur feu vert pour la poursuite du projet. L’Agence nationale de biosécurité (ANB) a donné aussi son quitus le 10 août 2018. Les premiers lâchers devraient normalement intervenir dans les prochains jours.

Mais le délai de lâchage, à écouter Abdoulaye Diabaté, est fonction de deux facteurs, les conditions météorologiques  et le niveau de production des moustiques. Pour les activistes, poursuivre ce projet frise simplement l’entêtement. Car, des essais du genre qui n’ont pas prospéré sous d’autres cieux. Ils en veulent pour preuves, des cas d’échecs enregistrés sur le continent américain. « Ils ont expérimenté des lâchers au Brésil en 2013 dans le cadre de la lutte contre la dingue, et vous pouvez le vérifier, il y a eu plutôt de la résistance », soutient Ali Tapsoba.

Et de poursuivre : « En Californie, on a essayé également les moustiques OGM, à travers des lâchers à petite échelle et les Californiens ont fait une pétition pour demander l’arrêt du processus ». Plus près, il évoque l’échec récent du « coton BT» qui, selon lui, devrait servir de cas d’école. A partir de l’expérience du « coton Bt», Ali Tapsoba reste convaincu qu’un profane devait se méfier désormais de la technologie du « génétiquement modifié ».

« Que vous alliez au Brésil, aux Îles Caïmans, avec Oxitec (Ndlr : société de biotechnologie britannique), les moustiques génétiquement modifiés ont été utilisés dans le cadre de la lutte contre la dingue », rétorque le Dr Diabaté. « Si un jour le projet venait à avoir raison, nous applaudirons, mais si par malheur, il venait à avoir tort, on ne pourra pas nous reprocher de n’avoir pas joué notre rôle de veille », prévient Tapsoba.

« L’ANB n’a pas suffisamment joué son rôle (…) »

La présence  de l’ANB devrait pourtant  suffire à éviter  ce scepticisme. Mais il n’en n’est pas question pour les protestataires, vu certains antécédents que trimballe le garant de la biosécurité burkinabè. « Dans l’histoire du coton BT, nous avons vu que l’ANB n’a pas suffisamment joué son rôle de régulateur, mais a plutôt pris fait et cause pour le Bt », se rappelle Ali Tapsoba.

Le porte-parole du Collectif citoyen pour l’agro-écologie (CCAE), Ali Tapsoba: « Nous sommes pour la science, mais pour la science éthique, au service de l’humanité».

Une occasion pour lui d’interpeller l’instance afin qu’elle ne retombe pas dans les mêmes « travers ». Et Ousmane Tiendrébéogo, Secrétaire général (SG) du Syndicat national des travailleurs de l’agropastoral (SYNTAP), un de la protestation, d’enfoncer le clou. Le leader du monde rural se dit écœurer de la prestation de l’ANB.

Se prononçant sur le coton transgénique, l’agence, selon lui, est jusqu’à présent « une farce ». Quant au  processus de « Target Malaria », il le qualifie  de tâtonnement. L’équipe du projet, par mesure de transparence, dit avoir impliqué tous les acteurs dès les débuts du processus. C’est en cela que le deuxième volet, dénommé « engagement avec les parties prenantes », trouve toute sa signification.

Dr Léa Paré, socio-anthropologue et chercheure en sciences sociales à l’IRSS, est la responsable de cette composante du projet. Les  communautés de base, souligne-t-elle,  sont au centre de leur recherche. Dr Paré regrette que très  souvent « lorsqu’on parle du projet Target Malaria, la perception se limite immédiatement à celle du moustique génétiquement modifié».

Toutes leurs activités, à l’écouter, se font avec l’accord des populations locales. « Lorsque nous arrivons dans un village, nous commençons par les responsables traditionnels et coutumiers. Suivis des chefs de concessions, et après nous tenons des réunions publiques avec toute la population », explique-t-elle.

Les méthodes les plus adaptées, poursuit Léa Paré, sont ainsi utilisées pour expliquer le contenu de la recherche aux communautés de base. Comme un autre gage de la bonne foi du projet, indique-t-elle,  des comités de plaintes ont été initiés sur les sites pour recueillir et résoudre les éventuelles incompréhensions entre l’équipe de recherche et la population.

Dépassionner le débat

Les activistes affirment avoir croisé des sceptiques dans ces mêmes communautés. Chose que réfute Dr Léa Paré. « De mon expérience de chercheur en sciences sociales, je dirai plutôt que les populations sont en mesure de comprendre la science. Il suffit seulement de trouver les bonnes manières de la leur expliquer », rétorque la spécialiste en analyse socio-anthropologique des problèmes de santé en Afrique.

Pour elle, les scientifiques ne doivent pas travailler en vase clos et mettre les populations devant le fait accomplis. « La science se fait dans les laboratoires et non dans la rue. Lorsque nous rentrons dans des spéculations qui n’ont aucun fondement solide, cela peut créer la psychose», lance Abdoulaye Diabaté. Le projet, assure Léa Paré, est toujours dans la dynamique de dialogue et d’information, avec ceux qui protestent.

Les propos des chercheurs sont corroborés par les représentants des populations rencontrés sur les sites de lâchage. Soungalo Traoré est le président du Comité villageois de développement (CVD) de Sourkoudingan, un village situé à une trentaine de km de Bobo-Dioulasso sur l’axe menant à Karangasso Sambla. Le CVD reconnait qu’au début, les populations avaient des inquiétudes sur le projet.

« A chaque fois qu’ils veulent mener une activité, ils viennent nous informer et demander notre accord», relate-t-il. N’étant pas scientifique, M. Traoré dit être mal placé pour prévoir des conséquences éventuelles de cette recherche. « Si les autorités compétentes ont autorisé l’importation des œufs de moustiques, elles sont censées avoir évalué tous les risques », affirme-t-il. Une chose dont il est sûr: « D’autres localités ont servi de cadres d’essais  scientifiques dont les résultats profitent aujourd’hui à tous ».

Kessira Sanou, lui, est un notable du village de Bana, situé sur le même axe. « Avant de lancer le projet, ils nous ont appelés au laboratoire pour voir les moustiques. Nous avons donné notre accord parce que ces moustiques ne sont pas dangereux», résume le notable.

Alpha Sékou BARRY

L’autre Regard- Guillaume Soro : le retour dans l’opposition pour 2020 ?

En Côte d’Ivoire, les cartes politiques sont en cours de redistribution en vue de l’élection présidentielle de 2020. Entre Alassane Ouattara et son allié d’une décennie, Henri Konan Bédié, la crise est désormais ouverte et chacun a clairement « pris sa route » avec le refus du Sphinx de Daoukro d’intégrer les rangs du parti unifié RHDP qui a fait voler aux éclats leur union.

L’autre donne et pas des moindres, c’est la position de l’actuel Président de l’Assemblée nationale (PAN) ivoirienne, Kigbafori Guillaume Soro. Théoriquement dans le camp Ouattara, les derniers développements de ses activités politiques le rapprochent davantage de l’opposition, camp Bédié.

En effet, c’est main dans la main avec le dinosaure de la politique ivoirienne que Soro a été aperçu, esquissant des pas de danse à Daoukro, dans le fief de Bédié, le tout accompagné de fanfare, haie d’honneur et un public en liesse. Cet accueil inédit en dit long sur les dessous de la rencontre de Daoukro avec l’ancien président ivoirien. Face au président Ouattara et à ses partisans, mais surtout à l’offensive du parti unifié, l’ancien chef de l’Etat et l’actuel président de l’Assemblée nationale semblaient avoir à cœur d’afficher leur idylle comme une réponse au camp présidentiel.

Un signal fort de ce que les deux personnalités sont en train de préparer pour la suite des débats politiques à venir. Membre de la haute direction du Rassemblement des républicains (RDR) dont il est le vice-président dans le Tchologo et le député élu, Guillaume Soro doit encore se déterminer sur son appartenance au parti unifié RHDP, projet cher au président Ouattara, qui en est le président.

D’ici la fin de ce mois, le président de l’Assemblée nationale devra clairement afficher sa position en s’inscrivant ou non sur la liste du groupe parlementaire RHDP qui va être mis sur pied. Mais, au regard de l’ambiance qui a prévalu à Daoukro, on peut parier que le chef du Parlement ivoirien vient d’amorcer son départ de la grande famille politique au pouvoir pour rejoindre la nouvelle opposition en constitution avec la plateforme annoncée par Henri Konan Bédié.

Une plateforme dont il pourrait être l’une des figures de proue. Ce départ est d’autant plus plausible que le Réseau des amis de la Côte d’Ivoire (RACI), le principal mouvement de soutien à Guillaume Soro refait parler de lui. Jusque-là, flou dans sa position vis-à-vis du RHDP, le mouvement appelle cette fois-ci le président de l’Assemblée nationale à se présenter à la présidentielle de 2020.

Et ce, en même temps que de voix au sein de la majorité qui, de plus en plus, s’élèvent pour demander que Guillaume Soro quitte son perchoir s’il ne se positionne pas clairement en faveur du RHDP unifié. Du coup, les membres du Réseau ont répété qu’ils n’excluaient pas de transformer leur mouvement en parti politique.

Pendant ce temps, le PAN se rapproche davantage de l’opposition et ne participe plus aux réunions de son parti. Pour qui connaît le parcours de cet acteur omniprésent dans la scène politico-militaire du pays de Houphouët-Boigny, il est évident que passer par l’opposition pour arriver à la présidence de la Côte d’Ivoire n’est qu’un jeu d’enfant pour lui, tant, il est constant et déterminé dans son engagement.

D’abord à la tête de la toute puissante Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), ensuite rebelle (Forces nouvelles) et opposant, ministre d’Etat chargé de la Communication et Premier ministre, le natif de Ferkessédougou, dans le Nord de la Côte d’Ivoire, est rompu à la résistance, avec jusque-là une force de nuisance insoupçonnée. C’est dire donc que le PAN ivoirien sait où il met les pieds. Pourvu que cela ne ramène pas le pays aux pages sombres de son histoire !

Jean-Marie TOE

Processus de décentralisation : Des EPE locaux dans les collectivités territoriales

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Le Conseil des ministres s’est tenu le mercredi 19 décembre 2018 à Kosyam sous la présidence du Premier ministre Paul Kaba Thiéba. Il a délibéré sur plusieurs dossiers inscrits à son ordre du jour. 

En l’absence du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, en visite officielle à Paris en France, le Conseil des ministres d’hier 19 décembre 2018 a été présidé par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. Plusieurs dossiers ont été examinés. Ainsi, au ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID), le Conseil a adopté deux ordonnances portant autorisation de ratification de dons et de prêt.

D’un montant de 4 675 000 000 de F CFA, le don, selon le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Remis Fulgance Dandjinou, a été conclu le 26 octobre 2018 avec l’Association international pour le développement en vue du financement d’un projet de renforcement de la résilience climatique au Burkina Faso. Sept décrets relatifs aux établissements publics locaux ont également adopté lors de cette rencontre.

A écouter le Porte-parole du gouvernement, la loi 010 AN adopté en avril 2013 qui définit le statut juridique des Etablissements publics de l’Etat, (EPE) ne prenait pas en compte les collectivités territoriales. « Ces décrets visent donc à encadrer la création des EPE locaux envisagée par les collectivités pour une meilleure gestion administrative », a fait savoir Remis Dandjinou. Au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD), le Conseil a décidé de la révocation de Ido B. Dieudonné, maire de la commune rurale de Pouni dans la province du Sanguié.

Cette décision a été prise conformément aux dispositions en vigueur dans le code général des collectivités territoriales à en croire le ministre Dandjinou. « Le code dispose en effet, qu’un maire ne peut être absent de son poste pendant plus de six mois pour des raisons autres que celles relatives à l’intérêt de la commune ou de santé alors que le maire de Pouni poursuivi par un tribunal répressif et condamné à plus de 36 mois de prison ferme en mars 2018 n’est plus à son poste depuis plus de six mois », a-t-il fait observer.

Concernant le ministère de l’Energie, l’Exécutif a entériné les résultats de deux appels d’offres dont l’un est relatif à l’acquisition et à l’installation d’équipements solaires dans les bâtiments publics. Avec cette mesure, ce sont environs 1045 lampadaires qui seront bientôt installés dans les universités et hôpitaux publics ainsi que dans les maisons d’arrêt et de correction grâce à des mini-centrales solaires pour un coût total de près de 5 milliards de F CFA, a fait savoir le ministre de la Communication.

Le second appel, lui, se rapporte à la construction de centrales solaires dans 34 Centres médicaux avec antennes chirurgicale (CMA). Cela permettra de résoudre les problèmes liés aux coupures d’électricité dans ces établissements sensibles, notamment les maternités et les blocs opératoires, foi du ministre Dandjinou.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

Procès du putsch : Bassolet à la barre, les débats procéduraux de retour

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Poursuivi pour 4 chefs d’accusation à savoir la complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, meurtres sur 13 personnes, les coups et blessures sur 42 personnes et haute trahison, le général de brigade, Djibrill Yipènè Bassolet, a comparu pour la première fois devant le tribunal militaire, le mercredi 19 décembre 2018. Il n’a pas encore livré sa version des faits en raison de débats procéduraux.

A l’entame de l’audience du procès du putsch du mercredi 19 décembre 2018, la défense de l’accusé Djibrill Yipènè Bassolet a introduit une demande visant le renvoi de l’interrogatoire de leur client en janvier 2019.

« Nous sommes à quelques jours des fêtes de fin d’année. Nous devons être auprès de nos familles respectives. Ce qui pose un problème de calendrier. De plus, certains avocats de la défense de l’accusé sont des étrangers et sont confrontés au problème de déplacement car les vols actuellement sont chargés. C’est pourquoi nous demandons un renvoi de l’instruction du général », a expliqué un des avocats du prévenu, Me Dieudonné Bonkoungou.

Mais pour le parquet et la partie civile, cette requête ne saurait être acceptée car tous les prévenus doivent être traités sur un pied d’égalité. Suspendre l’interrogatoire de Bassolet, selon ces parties, violerait les principes d’égalité entre accusés. Face aux débats houleux, la défense a finalement retiré sa demande de renvoi. Place a été ensuite faite au prévenu pour qu’il réponde des quatre chefs d’accusation à son encontre. En effet, il est poursuivi pour des faits de complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, de meurtres, de coups et blessures et de haute trahison. A la barre, il a réfuté les faits et a plaidé non coupable.

A peine l’accusé a annoncé sa ligne de défense (non coupable) que son avocat, Me Bonkoungou, a pris la parole pour interpeler, une fois de plus la juridiction sur l’existence d’une plainte en faux contre certains actes du dossier. A ses dires, il s’agit de deux pièces provenant du rapport d’expertise sur les écoutes téléphoniques, réalisée le 29 octobre 2016 et d’un acte de la prestation de serment. Il a, par conséquent, invité le président du tribunal à tirer la conséquence de cette plainte en sursoyant à statuer. « Je demande au président du tribunal d’examiner cette demande de sursis.

Car selon l’article 629 du code de procédure pénale, si l’authenticité de ces actes n’est pas prouvée, il faut sursoir à l’audition », a soutenu l’avocat. Mais selon le procureur militaire, Alioun Zanré, cette nouvelle requête vise encore le renvoi du dossier. « Sinon, l’article 629 n’oblige en rien la juridiction à sursoir. Du reste, pourquoi avoir attendu la veille de l’audition du client pour introduire la demande de sursis ?

Cela montre que des gens ne veulent pas que leur client soit interrogé », a-t-il indiqué. A écouter le procureur militaire, le même problème a déjà été posé devant la chambre de contrôle de l’instruction qui a rejeté les arguments qui sont à nouveau brandis. « Même un recours en cassation a été fait. Pourquoi alors revenir avec ces pièces ? », a interrogé le parquet militaire.

Un abus de procédure

Et M. Bonkoungou de rétorquer que le dossier a fait l’objet de manipulations, de malversations et d’irrégularités. « Nous avions engagé un huissier, Me Hamidou Conombo, de faire un constat sur toutes ces irrégularités. Il n’a jamais pu le faire parce que le ministère public n’a pas jugé cela utile. Que le parquet arrête de tromper le peuple en disant que tout est propre alors que c’est un dossier souillé. Nous allons démontrer cette souillure.

Si vous le voulez, passez outre mais il n’en demeure pas moins que le faux est constant », a-t-il insisté. Les avocats des parties civiles ont abondé dans le même sens que le parquet militaire. Me Prosper Farama a fait remarquer que les conseils de l’accusé n’ont pas demandé d’expertise complémentaire ou de contre-expertise tels que la loi l’indiquait quand les rapports d’expertises leur ont été notifiés.

Du reste, a-t-il poursuivi, ils ont attaqué l’expertise en nullité et n’ont pas obtenu gain de cause. L’avocat a ensuite renchéri que le sursis à statuer relève d’un pouvoir discrétionnaire du juge et non d’une obligation. Par conséquent et estimant qu’il s’agit d’un sujet déjà débattu dans cette affaire, Me Farama a estimé qu’il n’y avait pas lieu de surseoir. Me Guy Hervé Kam a renchéri :

« La demande de sursis et les moyens invoqués sont très graves ».

Il est revenu sur les raisons pour lesquelles une pièce peut être déclarée fausse en droit pénal. Seulement, a-t-il relevé, la plainte de la défense n’évoque aucun de ces éléments. Pour Me Kam, il s’agit là d’un abus de procédure. Ces mots vont susciter une levée de bouclier des autres avocats de la défense.

Me Silvère Kiemtarboumbou va notamment lui faire remarquer que le tribunal militaire n’est pas le lieu de discuter des éléments constitutifs du faux. Il y a juste lieu, selon lui, de constater qu’une procédure a été régulièrement initiée.

Son confrère, Latif Dabo va, quant à lui, attirer l’attention du tribunal sur le risque de continuer le procès et de motiver sa décision sur un acte qui serait déclaré faux. Les avocats du général sont restés campés sur leurs prétentions. Me Mireille Barry a souligné que le sujet (plainte en faux) n’a jamais été préalablement discuté devant la chambre de contrôle.

Et Me Dieudonné d’indiquer qu’ils sont disposés à aller plus loin, à poser des actes au fur et à mesure de la procédure. Le président du tribunal a annoncé que le tribunal donnera sa réponse le vendredi 21 décembre 2018. Il se prononcera aussi sur la demande de liberté provisoire pour raison de santé introduite par l’accusée Minata Guelwaré. Une suspension sera ensuite observée, à compter de l’audience du vendredi, jusqu’au 7 janvier 2019.

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com
Fabé Mamadou OUATTARA

Visite du chef de l’Etat en France

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En visite de travail en France, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a échangé avec les autorités françaises sur les questions de sécurité et de coopération militaire notamment la lutte contre le terrorisme.

Le Président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a, au cours d’un déjeuner offert par le gouvernement français, échangé avec la ministre française des Armées, Florence Parly, avant le tête-à-tête avec son homologue français, Emmanuel Macron. A l’occasion, les deux chefs d’Etat ont longuement évoqué les questions de sécurité. La France et le Burkina Faso ont de nouveau convenu d’un accord intergouvernemental de défense pour améliorer le cadre juridique de la coopération militaire entre les deux pays.

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré(droite), a été fait docteur honoris causa à l’Université de Dijon pour son parcours politique exceptionnel.

A l’origine, ces derniers mois, la force Barkhane est venue prêter main forte à plusieurs reprises à l’armée burkinabè dans sa lutte contre les groupes djihadistes opérant dans la zone sahélienne et à l’intérieur de certaines localités du Burkina Faso. Une situation nouvelle que les deux pays ont voulu encadrer en signant une nouvelle version de l’accord intergouvernemental de défense de 2015. « Il était important que ce type d’activité qui peut se mener sur le territoire, soit couvert juridiquement, et ne soit pas improvisé par simple appel. Même si cela a été fait par amitié ou solidarité, il n’en demeure pas moins qu’il faut un cadre juridique qui permette d’établir le rôle, les missions, et les fonctions de chacun dans ce combat contre les terroristes que nous menons», a expliqué Roch Marc Christian Kaboré.

Même si Paris n’entend pas renforcer sa présence militaire en Afrique, la France s’est dit prête à aider le Burkina Faso en termes de formation, de conseil et d’équipement. « La France continuera de soutenir, à la demande des autorités burkinabè, l’effort en cours de modernisation du dispositif sécuritaire et judiciaire », a souligné le président Emmanuel Macron lors des échanges.

Le ministère français des Armées a ainsi annoncé la livraison au Burkina Faso, du matériel militaire courant 2019. Satisfait de la main forte française, le chef de l’Etat a indiqué que la lutte contre le terrorisme est urgente. Car, dit-il, à ce jour, près de 600 écoles sont fermées dans les régions de l’Est, du Sahel et du Nord. Au 3e jour de sa visite officielle en France, le Président du Faso Roch Marc Christian Kaboré a été fait Docteur Honoris Causa de l’Université de Bourgogne, hier mardi 18 décembre 2018. Ancien étudiant de la Faculté de sciences éco de l’Université de Dijon (1975-1980), le Président du Faso a été distingué « pour son parcours politique exceptionnel et ses qualités d’homme d’Etat ».

Synthèse de Wanlé Gérard COULIBALY

Millennium challenge corporation: le Burkina Faso sélectionné pour un Compact régional

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Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a successivement reçu en audience, le mardi 18 décembre 2018 à Ouagadougou, les ambassadeurs de la République populaire de Chine, Li Jian, de l’Egypte, Chérif Mokhtar et des Etats Unis, Andrew Young.

En plus du travail en cours entre les parties burkinabè et américain en vue de la mise en place du second Compact (bilatéral) du Millennium challenge corporation (MCC), le Burkina Faso vient d’être sélectionné pour poursuivre une autre opportunité avec le MCC. « C’est d’explorer une possibilité d’un Compact régional qui peut lier le Burkina Faso et ses voisins, notamment la Côte d’Ivoire et le Ghana », a fait savoir l’ambassadeur des Etats-Unis (USA) au Burkina Faso, Andrew Young, à sa sortie d’audience, le mardi 18 décembre 2018 avec le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. Parlant d’une « formidable nouvelle », le diplomate américain a expliqué que cette sélection consistera pour le Burkina Faso, à murir des projets intégrateurs dans les secteurs de l’énergie ou des transports par exemple, avec ses voisins, afin de les soumettre au MCC qui décidera de leur pertinence et de leur financement.

 

L’ambassadeur de la Chine, Li Jian, a également signifié que du matériel de bureau d’une valeur de 10 millions de F CFA a été remis au Premier ministère.

« Il s’agit de projets qui vont lier la sous-région pour aborder les défis et contraintes au développement, et injecter des ressources et expertises pour augmenter les capacités de la sous-région », a-t-il ajouté. Dans la matinée du mardi 18 décembre, le chef du gouvernement, Paul Kaba Thiéba, a aussi reçu l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Burkina Faso, Li Jian. Au terme de leurs échanges, le diplomate chinois a confié qu’un mois après la présentation de ses lettres de créances au président du Faso (16 novembre dernier), il a jugé nécessaire de venir faire au Premier ministre, le point de la coopération bilatérale, depuis la reprise des relations entre les deux pays. « J’ai fait au Premier ministre le tour de tous les domaines notamment ceux de la santé, de l’agriculture, du commerce, de la sécurité et de la culture », a-t-il soutenu. Pour M. Li, le chef du gouvernement burkinabè a exprimé sa satisfaction du développement actuel de ces relations bilatérales. A sa suite, c’est le nouvel ambassadeur d’Egypte, Chérif Mokhtar, qui a été reçu par Paul Kaba Thiéba.

L’ambassadeur égyptien a confié qu’il s’agit d’une visite de courtoisie au cours de laquelle il a évoqué avec le Premier ministre, les relations entre son pays et le Burkina Faso. L’Egypte, a dit Chérif Mokhtar, entretient de nombreuses relations avec le Pays des hommes intègres dont la question sécuritaire axée sur la lutte contre le terrorisme. A cela, il ajouté les programmes de formation qu’offre son pays, dans les domaines de la sécurité, de l’agriculture, de la santé …

Jean-Marie TOE

Saaba : des élèves blessent leur enseignant

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Saaba : des élèves blessent leur enseignant

Chaque fois, c’est avec consternation que Kantigui se voit obligé de rapporter cette déconcertante situation qui prévaut dans nos écoles. En effet, après Tenkodogo, c’est Saaba qui a enregistré le comble de l’incivisme dans les temples du savoir. La semaine dernière, dans un établissement de la commune dénommé Gabriel Taborin, des élèves pour des faits de grève, se seraient pris à un enseignant allant jusqu’à le blesser. Un de ses collègues de l’établissement qui a voulu s’interposer, aurait lui aussi été violenté. Selon la source de Kantigui, une situation similaire se serait produite dans la même semaine au Groupe scolaire Vennem waya à Goudri, où des élèves grévistes ont engagé une bagarre avec un enseignant, au point de déchirer ses vêtements. Kantigui ne comprend pas le déchaînement de la violence qui accompagne les grèves notamment sur les enseignants et surveillants. Kantigui attire l’attention des autorités en charge de l’éducation, afin qu’elles garantissent la sécurité dans les établissements et surtout le droit aussi de ne pas aller en grève.

Village artisanal de Kaya : introuvable modèle de gestion

Au détour d’un bref séjour dans la ville de Kaya, Kantigui est tombé sur un édifice dénommé « Village artisanal de Kaya » avec le logo de la Loterie nationale burkinabè (LONAB). Ce qui fait croire à Kantigui que ce joyau a été offert par la Nationale des jeux de hasard, lors des festivités du 11-Décembre 2016. Passionné de l’art, votre informateur a tenté de découvrir les savoir-faire de la « Cité du cuir et peaux » dans ce joyau. Malheureusement, a-t-il appris, la porte du Village est restée fermée depuis la remise des clés. Poussant sa curiosité pour en comprendre les motifs réels, il lui est revenu que toutes les parties prenantes (autorités administratives, locales et artisans) peinent à trouver le modèle de gestion de ce patrimoine. Kantigui regrette ce grand retard de deux ans qui, non seulement décourage les donateurs, mais aussi les bénéficiaires. De ce fait, il exhorte tous les acteurs à trouver la solution idoine pouvant permettre d’éviter au joyau, une dégradation précoce.

L’incivisme routier a endeuillé

Kantigui a été révolté par un accident de la circulation dans l’après-midi du lundi 17 décembre 2018 sur l’axe Ouaga-Ziniaré. La scène qu’il a observée à son arrivée sur les lieux était horrible. En effet, il s’agit d’un usager étalé en plein milieu de la route, la moto fracassée contre un tricycle en panne et abandonné sur la route sans balise ni signalisation. Selon les témoignages recueillis sur place par Kantigui, la victime serait un membre de l’Association des amis des élus du Plateau central (AAEPC). Après avoir fini sa journée de travail, l’infortuné repartait à Ouagadougou aux environs de 21 heures. C’est alors à 2 km de Ziniaré que l’irréparable s’est produit. Selon les témoins, le tricycle rempli de sable, en crevaison, a été simplement abandonné par son conducteur. La victime est donc « rentrée en plein dans cet engin ». Après les constatations d’usage, le tricycle a été convoyé à la gendarmerie de même que la moto de la victime. Kantigui pense qu’il faut dépasser la sensibilisation et passer aux sanctions pour éviter que des inciviques continuent d’endeuiller des familles.

Brimade à l’aéroport de Ouagadougou ?

Kantigui, qui est entre deux avions ces derniers temps pour des raisons professionnelles, a eu vent d’une situation aussi rocambolesque qu’intrigante à l’aéroport international de Ouagadougou. En effet, un agent d’une entreprise de sécurité aéroportuaire lui a rapporté une «injustice » qu’il dit vivre, eu égard à sa lutte syndicale au sein de l’entreprise. « Comme tout employeur, il déteste les revendications », a soufflé l’agent à Kantigui, parlant de son patron. Selon ce qui lui est revenu, la rupture de contrat est intervenue le 30 septembre 2018. En effet, d’après le récit, le personnel a observé un premier arrêt de travail les 23 et 24 septembre et un deuxième le 30 septembre et le 1er octobre. Le 29 septembre, le DRH de l’entreprise a convoqué certains agents dans son bureau pour les intimider afin qu’ils ne prennent pas part à la grève du lendemain 30 septembre. Au cours de la rencontre, a poursuivi la même source, il reçoit un appel et dit ceci à son interlocuteur : leur délégué X-non !! (en prononçant le nom de l’agent incriminé), il a eu un concours, mais ce qu’il oublie, c’est que je connais des gens et je vais faire supprimer son nom. L’agent a confié à Kantigui qu’il a été vraiment surpris de voir que ce qui a été dit au téléphone s’est « concrétisé 30 jours plus tard soit le 29 octobre ». Il explique qu’en effet, il était admissible au concours direct des contrôleurs de travail. « Cette année les listes sont publiées en 2 phases. Une 1ère phase où les candidats sont classés par ordre alphabétique et ensuite, une 2e phase où le classement est fait par ordre de mérite. Nous étions 10 admissibles dans la première liste pour 6 places. Dans la seconde liste (liste définitive), ils ont classé les 6 premiers et 3 sur la liste d’attente et mon seul nom n’y figure plus. L’affaire est actuellement à la gendarmerie et j’attends la suite », lui a-t-il détaillé. Kantigui s’est demandé si le candidat n’a pas bien travaillé lors de la 2e phase du test ou réellement le DRH a activé son réseau pour faire gommer le nom de l’agent de la liste ? En tous les cas, il y a de bonnes raisons de le soupçonner.

Kantigui
kantigui2000@gmail.com
(00226) 25 31 22 89