Le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement a tenu, le mercredi 19 décembre 2018 à Ouagadougou, une rencontre avec une délégation de l’Union européenne sur le processus d’élaboration d’un projet dénommé «Compact pour la croissance et l’emploi au Burkina Faso».
L’Union européenne (UE) veut réorienter une partie de ses actions de coopération pour promouvoir davantage le développement au Burkina Faso. A cet effet, elle a conçu un projet dénommé «Compact pour la croissance et l’emploi au Burkina Faso». Afin de permettre une meilleure appropriation des acteurs concernés, le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement a tenu, le mercredi 19 décembre 2018, dans la capitale burkinabè, une rencontre sur le processus d’élaboration dudit compact.
La réunion a connu la participation d’une délégation de l’UE, des membres du gouvernement et des techniciens burkinabè chargés d’examiner le projet. Selon le chef de délégation de l’Union européenne au Burkina Faso, Jean Lamy, cette première rencontre vise à partager la version provisoire du projet avec la partie gouvernementale. De son avis, le document contient une première analyse des enjeux de l’emploi et de la croissance au pays des Hommes intègres. Il met en relief, à l’écouter, les filières de transformation porteuses de plus-value et de croissance.
Pour le Chef de délégation de l’UE au Burkina Faso, Jean Lamy, le projet prend en compte la création d’emplois pour les femmes et les jeunes.
M. Lamy a aussi indiqué que le compact est un outil de travail fondé sur trois principes. Le projet prend en compte les objectifs stratégiques du pays en termes de création d’emplois et de croissance inclusive en particulier pour les femmes et les jeunes, conformément au Plan national de développement économique et social (PNDES). Il consacre aussi les engagements entre les deux continents (Europe et Afrique) lors du sommet d’Abidjan UE-UA en novembre 2017 et les propositions de la Commission européenne pour l’investissement de la croissance et de l’emploi en Afrique, a-t-il relevé.
La ministre en charge du développement, Rosine Coulibaly, s’est réjouie du fait que le compact s’appuie sur le PNDES et implique la partie gouvernementale dès le début de son processus d’élaboration. «La gestion de la coopération est un art à la réussite dont le dialogue et la concertation constituent des éléments sine qua non», a-t-elle déclaré. La ministre a, en outre, exprimé la gratitude du gouvernement à l’Union européenne et ses Etats-membres. «Nous mesurons à sa juste valeur les efforts faits jusque-là car l’institution est présente dans divers secteurs de développement au nombre desquels il y a la gouvernance, la santé, la sécurité alimentaire, les infrastructures, l’eau et l’assainissement», a-t-elle avoué.
Le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID), a tenu la première session du comité de revue des projets et programmes rattachés au programme budgétaire « pilotage et soutien des services du MINEFID », le 20 décembre 2018 à Ouagadougou.
Le Ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID) a, entre autres, pour mission d’améliorer la gestion des finances publiques. Dans cette optique, le département a tenu la première session du comité de revue des projets et programmes rattachés au programme budgétaire « pilotage et soutien des services du MINEFID », le 20 décembre 2018, à Ouagadougou.
Il s’agit notamment du Programme d’appui à la gestion publique et aux statistiques (PAGS). Selon le secrétaire général du MINEFID, Dr Seglaro Abel Somé, cette session a pour objet d’examiner et d’adopter le rapport de mise en œuvre du programme « pilotage et soutien des services du MINEFID » au 31 octobre 2018, ainsi que son plan de travail et le budget annuel de 2019.
S’agissant du bilan du plan annuel du PAGS, principalement consacré à l’installation du programme, il affiche, un taux d’exécution physique de 62,29% et un taux d’exécution financière de 35,42%, a laissé entendre Dr. Somé. Pour la coordonnatrice du PAGS, Aïssata Sané/Congo, la première année a permis la réalisation d’un certain nombre d’activités.
Elles regroupent, entre autres, l’acquisition d’équipements informatiques au profit des structures de production statistique, des licences pour l’utilisation de logiciels statistiques, des formations sur l’utilisation des outils et des méthodes statistiques, l’appui à la mise en place des logiciels de gestion de la comptabilité matière de l’administration publique, l’élaboration de plusieurs guides de gestion de la comptabilité matière et le renforcement des compétences des structures chargées de la gestion des finances publiques.
De l’avis de Mme Congo, le faible taux d’exécution financière s’explique par des contraintes inhérentes au difficile démarrage du programme. Bientôt la phase de croisière « Le programme a commencé en janvier 2018, et les premiers pas sont toujours difficiles. Les difficultés que nous avons rencontrées portent principalement sur le recrutement tardif du personnel et l’insuffisance de statisticiens qualifiés au niveau des structures de production statistique», a-t-elle indiqué.
Les participants ont été invités à apporter des contributions pertinentes devant concourir au renforcement de l’efficacité du programme.
Pour le secrétaire général du ministère en charge des finances, l’année 2019 devrait marquer la phase de croisière de la mise en œuvre du programme et impacter positivement la performance des structures bénéficiaires telles que les régies de recette, les corps de contrôle internes et externes, les structures de production statistique et les organisations de la société civile œuvrant dans le domaine des finances publiques.
Financé par l’Union européenne pour la période 2017-2021, le programme d’appui à la gestion publique et aux statistiques vise à contribuer à améliorer l’efficacité des finances publiques et la gestion du patrimoine de l’Etat. Il s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES), a rappelé Dr Seglaro Abel Somé.
Une délégation parlementaire conduite par le président, Alassane Bala Sakandé a pris part au sommet interparlementaire sur le G5 Sahel à Paris en France, le 13 décembre 2018. Le sommet a permis de préciser le rôle des parlements pour faire réussir les partenariats internationaux du G5 Sahel, et a accouché d’un comité interparlementaire G5 Sahel.
Les travaux du sommet se sont ouverts dans la salle Lamartine au Palais Bourbon sous la présidence de Richard Ferrand, Président de l’Assemblée nationale française, en présence des présidents des Assemblées nationales du Niger (Ousseini Tinni), de la Mauritanie (Cheikh Ould Baya), du Tchad (Haroun Kabadi), du Burkina Faso (Alassane Bala Sakandé), de l’Italie (Roberto Fico), du vice- président de la commission des affaires étrangères (Jacques Maire), des parlementaires invités, des chefs militaires et des représentants des partenaires techniques et financiers du G5 Sahel.
Aux côtés des parlementaires des pays du G5 Sahel et des pays contributeurs de l’Alliance Sahel et du parlement européen, les députés burkinabè ont eu des échanges avec l’ensemble des acteurs du développement et de la sécurité au Sahel. L’ensemble des parlementaires, tout en reconnaissant la nécessité d’une contribution accrue des parlements à la dynamique du G5 Sahel, ont débattu avec les représentants des partenaires techniques et financiers et des forces de sécurité des différents domaines abordés dans la résolution « Renforcer le contrôle parlementaire pour faire réussir le G5 Sahel ».
A l’issue des échanges nourris, ils ont appelé à l’effectivité du droit d’information des parlementaires à l’égard des forces de sécurité nationales, régionales et internationales, à une meilleure association des parlementaires aux politiques de développement et à un renforcement capacitaire des parlements en matière de contrôle et d’évaluation. Les parlementaires ont souhaité voir reconnu le rôle des femmes dans le développement et la sécurité.
Les parlementaires des pays du G5 Sahel et des pays contributeurs de l’Alliance Sahel ont renouvelé leur engagement à renforcer le contrôle parlementaire pour faire réussir le G5 Sahel.
Les forces de sécurité se sont montrées ouvertes à la démarche de transparence engagée par les parlementaires et les partenaires ont accueilli positivement la contribution des parlements dans l’amélioration de la gouvernance. Pour mieux assurer le suivi et la mise en œuvre des différentes recommandations issues de la résolution, les participants ont créé un Comité interparlementaire G5 Sahel, composé de représentants des pays bénéficiaires et contributeurs.
Le président de l’Assemblée nationale de la République du Niger, Ousséini Tinni, a été désigné pour diriger le Comité interparlementaire G5 Sahel. En marge du sommet sur le G5 Sahel et dans le registre de la coopération parlementaire bilatérale, le Président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, Alassane Bala Sakandé, a été reçu en audience par son homologue français, Richard Ferrand, le 13 décembre 2018 à l’hôtel de Lassay. Les deux personnalités ont passé en revue des sujets d’intérêts communs.
La ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine Coulibaly/Sori, a présenté à la presse, le jeudi 20 décembre 2018, les caractéristiques de la loi de finances, exercice 2019.
Le gouvernement entend mettre fin à la polémique suscitée par l’adoption le 18 décembre 2018 du budget de l’Etat, exercice 2019. Ainsi lors d’un point de presse tenu le jeudi 20 décembre 2018, à Ouagadougou, la ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine Coulibaly/Sori, a expliqué que le budget 2019 est transparent, responsable et axé sur les couches les plus vulnérables.
Elle a indiqué que le gouvernement a été clair sur la baisse des investissements. «Lors de ma présentation à l’Assemblée nationale, j’ai reconnu que le niveau des investissements a baissé parce que le budget est absorbé par le fonctionnement de l’administration, de l’ordre de 30% en moyenne ; ce qui représente environ 100 milliards FCFA», a-t-elle déclaré.
Pour elle, le budget peut être qualifié de responsable, en ce sens que l’exécutif a fait le choix de maintenir ses investissements dans les secteurs sociaux susceptibles de toucher tous les citoyens. Ainsi, le programme de développement intégré de la vallée de Samandéni, le programme de mobilisation des ressources en eau (plus de 19 milliards F CFA), les programmes d’infrastructures routières et les aménagements des voiries urbaines (plus de 158 milliards F CFA), le projet d’amélioration de la productivité agricole (plus de 4 milliards FCFA), la dotation aux cantines scolaires (près de 19 milliards FCFA) ont été pris en compte.
«Le gouvernement a par ailleurs opté de poursuivre la politique de la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans en inscrivant une ligne de 26 milliards FCFA. Quant à la mise en œuvre de la politique d’approvisionnement en eau potable et à l’assainissement, nous avons inscrit 64 milliards FCFA», a-t-elle poursuivi.
La ministre en charge de l’économie, Hadizatou Rosine Coulibaly/Sori : «la sensibilisation, le contrôle fiscal et le recouvrement forcé tels que prescrits par la loi vont permettre un recouvrement optimal des nouvelles taxes».
La question du fonds commun sur la table L’une des caractéristiques du budget 2019, une part importante sera allouée au secteur de la défense en vue d’accroître les capacités d’intervention des forces de défense et de sécurité dans un contexte où le Burkina Faso subit des attaques terroristes de manière récurrente. Interrogée sur l’incidence financière des nouvelles taxes instituées en 2019, Mme Coulibaly a affirmé que la taxe sur les plus-values va rapporter 200 millions F CFA, celle sur le secteur des boissons, un peu plus de 4 milliards FCFA, entre autres.
La question de la motivation des agents communément consacrée aux fonds communs a été aussi abordée au cours de cet échange avec les journalistes. La ministre en charge des finances a répondu que le gouvernement veut s’assurer d’une certaine équité dans l’allocation des finances publiques. «Le système de motivation doit être conçu pour toute l’administration, y compris les régies de recettes. En effet à ce niveau, il y avait 2 éléments de motivation.
Il n’y a pas de changement sur la prime de rendement basé sur la performance. Quant à la prime de motivation servie au MINEFID et dans d’autres ministères, elle ne devrait pas dépasser 25% de la rémunération de l’agent », a-t-elle expliqué. Toutefois, le gouvernement a décidé d’accompagner les agents qui avaient pris des engagements sur cette prime en introduisant un article dans le budget. L’objectif étant de répondre aux exigences sans porter trop de préjudices aux agents qui ont des engagements.
Le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, a animé une conférence de presse pour faire le bilan, les acquis et les perspectives de la Brigade mobile de contrôle (BMC), le jeudi 20 décembre 2018 à Ouagadougou.
Créée il y a six mois dans le but de renforcer la lutte contre la fraude et les pratiques illégales de la concurrence, la Brigade mobile de contrôle (BMC) fait le bilan de ses activités. En effet, au cours d’une conférence de presse, le jeudi 20 décembre 2018 à Ouagadougou, le directeur général de la BMC, Sami Ouattara, a confié qu’au total, plus de 11 000 structures ont été contrôlées depuis la création de la structure.
Toute unité de production, ayant été déclarée nuisible à la santé, est saisie après le contrôle.
A la suite de ces contrôles, a affirmé M. Ouattara, les BMC ont scellé une quarantaine d’unités de productions d’huiles alimentaires et d’alcool irrégulièrement installées, démantelé six presses de lait artisanales, opéré des saisies de produits frauduleux dont 1 101 tonnes de graines de coton, cinq tonnes de soja et 8 860 packs de boisson. Implantées dans les treize régions du Burkina Faso, les BMC ont essentiellement pour missions de renforcer par des actions de contrôles plus accrues, voire permanentes, la lutte contre les pratiques illégales en matière de prix, de poids et de qualité des Produits à grande consommation (PGC).
Elle est composée d’agents de l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM), la Direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes (DGCRF), des Directions régionales du commerce de l’industrie et de l’artisanat (DRCIA) et d’éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS). A l’endroit des fautifs, a déclaré Sami Ouattara, trois types de sanctions sont prévues, à savoir : les sanctions administratives, les sanctions correctionnelles et les sanctions civiles.
Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération a tenu, les 6 et 7 décembre 2018 à Loumbila son deuxième Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM), avec pour principaux centres d’intérêt, l’adoption d’un plan d’actions triennal et la modernisation des services.
La diplomatie burkinabè se veut plus rayonnante à travers le monde. Pour y parvenir, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération entend dresser une ossature claire de ses activités, d’une part, et, de l’autre, adapter ses services administratifs aux technologies de l’heure. Lors du deuxième Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) de l’année 2018, tenu les 6 et 7 décembre dernier à Loumbila, les acteurs du département ont affiché leur volonté de renforcer les capacités du ministère.
Le thème de cette rencontre était : « L’importance du plan d’actions dans la réussite des missions du ministère ». Pour donner une dynamique nouvelle à la diplomatie, le conseil a, non seulement, examiné le programme d’activités de l’année 2019, mais, aussi adopté le plan d’actions triennal 2019-2021, estimé à 21 milliards francs CFA. Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry qui a présidé la cérémonie de clôture, le ministère a besoin de convaincre le monde.
Les recommandations des participants au CASEM visent à renforcer le service administratif du département.
La diplomatie étant la vitrine du pays, il pense que des efforts sont nécessaires pour la promotion de la paix et le renforcement des liens de coopération avec les pays amis. Des objectifs, qui font dire au ministre, que les recommandations formulées par les participants au CASEM et qui s’articulent autour de la dotation du ministère d’un logiciel de traitement de courriers, la numérisation des traités et accords, le démarrage effectif en 2019 des travaux de construction du Centre d’excellence de l’Institut national de hautes études internationales (INEHI) sont bien fondées.
La mise en place d’un comité technique chargé de l’élaboration du budget a été également l’une des recommandations. Le directeur des études et de la statistique du ministère, Sylvain Yaméogo, a fait savoir qu’en deux jours de travaux, les participants ont échangé autour de divers points. Il s’agit, entre autres, de l’historique du journal officiel, la définition du concept « plan d’actions», son rôle et son efficacité dans la réalisation des missions du ministère.
Et, au chef de la diplomatie burkinabè, de saluer le « bilan positif » engrangé en 2018 et de réaffirmer l’engagement du gouvernement à œuvrer pour un meilleur rayonnement de l’image du pays dans le concert des nations. En somme, Alpha Barry a rassuré que la diplomatie burkinabè se porte bien. « En témoigne la relance des relations de coopération avec la grande Chine, l’ouverture ou la réouverture en cours des ambassades d’Italie, d’Inde, de Pays-Bas, de la Suède (ce dernier renforce son bureau de coopération) etc. », s’est-il félicité.
Les filles et fils de la province du Sourou ont marché, le samedi 7 décembre 2018 à Tougan, pour soutenir les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans la lutte contre le terrorisme. Un véhicule et du matériel informatique ont été acquis à l’occasion au profit de la brigade territoriale de la gendarmerie de Toéni.
Venus de toutes les contrées de la province du Sourou et des quatre coins du Burkina, les forces vives du Sourou ont marché, le samedi 7 décembre 2018, à Tougan pour dire non au terrorisme et à la tuerie des Forces de défense et de sécurité (FDS). Partis du centre de lecture publique et d’animation culturelle (CELPAC), main dans la main, ils ont ainsi exprimé leur solidarité aux FDS qui font face à la barbarie des forces du mal. « Le Burkina Faso est aujourd’hui attaqué de tous les côtés, et notre province, le Sourou, connaît ces attaques du côté de Toéni, Gomboro, Dî, Lanfiéra et récemment à Kiembara.
Préoccupées par ces attaques barbares et récurrentes, nous, forces vives de la province du Sourou, marchons pour exprimer notre compassion aux familles des victimes, apporter notre soutien aux forces de défense et de sécurité et crier notre ras-le-bol face à ces tueries », s’est indigné le porte-parole des filles et fils du Sourou, Abdoulaye Ouassin. Ainsi, les forces vives du Sourou, qui se joignent à l’ensemble des forces vives de la nation, se dressent contre ces attaques meurtrières et appellent à l’union sacrée et à la solidarité avec les FDS qui font face à ces forces obscurantistes, a poursuivi Abdoulaye Ouassin.
Comme un seul homme, les forces vives du Sourou sont sorties crier leur ras-le-bol contre le terrorisme et manifester leur soutien aux forces armées nationales.
Il a exprimé leur disponibilité à accompagner toute action visant à mettre hors d’état de nuire l’axe du mal au pays des Hommes intègres. Empêché, le Premier ministre, Paul Kaba Tiéba, natif du Sourou, par la voix de son directeur de cabinet, Mamadou Sérémé, s’est joint à ses frères et sœurs pour exprimer sa solidarité et son soutien aux FDS. « Cette marche importante vient à propos, car notre province est de plus en plus attaquée avec la perte de deux policiers tout dernièrement.
Le sang des forces de l’ordre versé doit nous galvaniser à bouter les forces du mal hors de nos frontières. Et le Premier ministre me charge d’exprimer son soutien à cette initiative de ses frères et sœurs », a indiqué Mamadou Sérémé. Pour matérialiser ce soutien aux « hommes de tenue », qui se sacrifient au prix de leur vie dans cette guerre asymétrique, les ressortissants de la province du Sourou ont acquis un véhicule et du matériel informatique pour la brigade territoriale de gendarmerie de Toéni. Au regard de la recrudescence des attaques, les marcheurs ont sollicité l’installation d’une base militaire dans la province du Sourou. Saluant cette marque de soutien aux FDS, le haut-commissaire, Nouzele Kafando, leur a promis de transmettre leur message à qui de droit.
La mise en service du barrage de Ziga pour approvisionner la ville de Ouagadougou et la commune de Zinaré en eau potable n’a pas fait que des heureux. Depuis l’exécution du projet, le quotidien des habitants des villages environnants est devenu un calvaire. Insuffisance de forages, absence d’activités en saison sèche, manque de terres cultivables, sont entre autres difficultés vécues par les populations concernées.
Les populations des villages de Betta, Tandaaga, Gondogo, Kampiga, Sawana, Moackin, Niongo et bien d’autres, toutes riveraines du barrage de Ziga, situé à une quarantaine de kilomètres de Ouagadougou, ne savent plus à quel saint se vouer. Selon les habitants de ces trois communes, à savoir Ziniaré, Absouya et Nagréongo, cette retenue d’eau, loin d’être bénéfique pour eux, est en train de détériorer considérablement le minimum de biens et d’espaces qu’ils avaient avant l’avènement du projet en 1999.
Pour rappel, en vue de faire face aux pénuries à répétition qui caractérisaient le quotidien des populations de Ouagadougou et ses environs, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) a entrepris de stocker des eaux de surface. Le choix s’est porté sur le barrage de Ziga, qui a une capacité interne de stockage de 200 millions de m3 par an.
Pour réinstaller et restaurer les revenus des populations, estimées à 8 000 habitants et réparties dans 26 villages susceptibles d’être inondés par l’eau du barrage, un Plan gouvernemental d’atténuation des impacts sur l’environnement (PGAIE) a été mis en place. L’ONEA a atteint son objectif, en ce sens que le barrage de Ziga alimente aujourd’hui les villes de Ouagadougou et de Ziniaré en eau potable.
Cependant, l’ouvrage est vu par les populations comme l’ombre du rônier, qui profite qu’a ceux qui sont loin. En effet, pour éviter toute forme de pollution de l’eau, il est formellement interdit de pêcher, d’abreuver les animaux dans le barrage et de faire du maraîchage sur les berges. Dès son annonce, le projet avait suscité beaucoup d’espoirs pour les riverains, au regard des promesses (financières, alimentaires, construction de logements, de barrages, d’écoles, de centres de santé, de forages, …) faites par les autorités en charge du projet.
Jean Baptiste Lenguélengué, un natif du village de Betta dans la commune de Ziniaré, rappelle que toutes les promesses n’ont pas été tenues. Il cite en exemple, la mise à disposition d’une pirogue à moteur pour désenclaver les villages, afin d’éviter les noyades lors des traversées en période de crue. « La distance entre Betta et Absouya était de trois kilomètres à vol d’oiseau et les populations se fréquentaient facilement. Il faut contourner désormais l’ouvrage, en parcourant environ 70 kilomètres, pour rejoindre l’autre village», explique-t-il.
Mariam Ouédraogo, une ménagère du village de Tindaga et mère de cinq enfants, ajoute que les populations éprouvent des difficultés à se déplacer par manque de routes, surtout en saison pluvieuse. «Trois femmes étaient obligées d’accoucher à domicile, parce que les voies étaient impraticables», témoigne la ménagère. Selon le conseiller municipal de Gondogo dans la commune rurale de Nagréongo, Emmanuel Lenguélengué, il était prévu la construction de deux infrastructures dans son village. « L’école a été construite, mais nous n’avons pas encore reçu notre centre de santé », confie-t-il.
Des retenues d’eau Le PGAIE prévoyait également la construction de retenues d’eau, afin d’occuper les populations déplacées. Dans la commune rurale d’Absouya, des villages devaient, à en croire le maire Romain Sawadogo, bénéficier de barrages pour la pratique de cultures de contre-saison. « A notre grande surprise, c’est un petit barrage qui a été construit dans le village de Danogho.
Il est exploité par près de 500 jeunes chaque année. A partir du mois de février, le barrage tarit. Les jeunes sont obligés de migrer vers d’autres régions», fait remarquer le maire d’Absouya. Une retenue d’eau devait être construite dans le village de Largo (lire encadré) de ladite commune pour les mêmes raisons. Jusqu’à ce jour, les populations sont toujours en attente, renchérit l’édile d’Absouya. «Nous sommes obligés de partager l’eau des forages, qui ne sont d’ailleurs pas suffisants, avec nos animaux», se morfond le vice-président du Comité villageois de développement (CVD) de Largo, Issaka Compaoré.
Le barrage du village de Gaskaï, dans la commune de Ziniaré, quant à lui, n’existe que de nom. Selon le chef de canton de Ziga, Naaba Tigré, l’ouvrage est hors d’usage depuis quatre ans, parce qu’il a été mal construit. « Nos multiples sollicitations pour sa réparation sont restées sans suite », témoigne-t-il. Se sentant abandonnés à leur triste sort, les villages riverains du barrage de Ziga ont entrepris différentes démarches pour attirer l’attention des autorités.
Dans ce sens, 13 villages des trois communes ont tenu des assemblées générales pour porter leur message d’une seule voix, avec l’aide de certaines organisations. Parmi celles-ci, figure le Centre d’écoute et de documentation sur les droits de l’homme (CEDDH) du ministère de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique.
Après avoir effectué une visite de terrain pour constater les conditions de vie des populations, le CEDDH dans son rapport N°004/2018/MJDHPC/SG/CEDDH du 28 février 2018 « suggère aux villages touchés par le projet Ziga de rentrer en contact avec les autorités du ministère en charge de l’eau et de l’assainissement, afin de porter à leur connaissance les problèmes auxquels ils sont confrontés »
Le maire de la commune d’Absouya, Romain Sawadogo : « Il y a une fuite de bras valides au niveau de la commune ».
A en croire le maire d’Absouya, Romain Sawadogo, la correspondance, qu’il a adressée au ministre de l’Eau, relativement à une audience pour échanger sur la situation des populations riveraines est restée sans suite jusqu’à ce jour. Nos tentatives de rentrer en contact avec le directeur du cabinet dudit département sont aussi restées vaines. La réponse du Médiateur du Faso Dans la réponse du Médiateur du Faso à travers la lettre N°2018- 247/MEDIA-FA/SG/CMR du 9 mai 2018, à la suite d’une requête introduite par les populations riveraines le 13 avril 2018, concernant le règlement du conflit né de la réalisation du barrage de Ziga, l’institution indique que la réclamation est recevable et sera « instruite avec toute l’attention et toute la diligence nécessaires en temps opportun de la suite qu’il aura été possible de réserver à cette affaire ».
Une personnalité impliquée dans la mise en œuvre du projet, que nous avons contactée au téléphone pour comprendre le problème, a confié que les revendications sont légitimes, mais qu’il n’aimerait pas être cité. A l’ONEA, société qui a suscité la création du barrage de Ziga pour résoudre le problème d’alimentation en eau potable, l’on pense que toutes les promesses ont été tenues. L’environnementaliste et spécialiste de la qualité de l’eau à la Nationale des eaux, Dr Augustin Neya, en veut pour preuve, la satisfaction d’un des principaux bailleurs pour la bonne gestion du projet.
« Pour la première fois, la Banque mondiale a reconnu que le projet a été conduit avec professionnalisme. Elle était fière de ce qui a été fait sur le plan social et environnemental, à travers le respect des textes nationaux et internationaux », déclare-t-il. Même si l’expert reconnaît au passage que toutes les préoccupations des populations n’ont pas été prises en compte, il insiste que le projet est allé au-delà de ce qui était prévu. Il s’agit de la construction d’écoles, des centres de santé, de l’octroi de motos au personnel sanitaire et de la distribution de moustiquaires aux populations.
« Elles (les populations) ont demandé des barrages. Nous avons construit deux petites
Pour Jean-Baptiste Lenguélengé du village de Betta, le non-respect de tous les engagements est une violation des droits de l’homme.
retenues à Absouya et à Gaskaï. Nous avons créé entre 12 et 21 points d’eau de forages. Nous avons rehaussé le barrage de Nagréongo qui existait déjà. Cependant la retenue d’eau de Gaskaï a cédé. Il faut reconnaître que c’est un handicap », détaille Dr Néya. En ce qui concerne la promesse de la pirogue à moteur, l’environnementaliste répond que techniquement, ce n’est pas possible pour la simple raison que l’essence contenu dans le moteur dégage de la dioxine, une substance strictement prohibée, parce que l’eau du barrage de Ziga est uniquement réservée à la consommation.
Pour ce qui est de la construction des retenues d’eau tant réclamées par les populations, le secrétaire général de l’ONEA, Moumouni Sawadogo, estime que cette responsabilité relève des structures de l’Etat. « Nous avons une autorisation d’exploitation. Quand on exploite, il faut prendre des précautions pour éviter que l’eau soit contaminée », précise-t-il. En attendant, l’interdiction de pratiquer le maraîchage sur les berges du barrage est en train d’être violée par les populations dans quelques villages. Pour le maire de la commune rurale de Nagréongo, Me Hervé Kaboré, les populations veulent travailler mais n’ont pas de lieu où travailler. « Quelqu’un a failli dans sa mission », conclut-il.
Paténéma Oumar OUEDRAOGO
pathnema@gmail.com
La construction du barrage de Largo, une nécessité
Les travaux de construction du barrage de Ziga ont eu des impacts négatifs sur l’environnement physique, humain et socioéconomique de la zone abritant le projet. En compensation du manque à gagner, le Plan de restauration des revenus (PRR) et le Plan d’atténuation des impacts biophysiques (PAIB) ont préconisé des variantes de substitutions.
Elles portent sur la valorisation des ressources en eau des terroirs villageois riverains, à travers l’aménagement de bas-fonds et/ou la réalisation de petits périmètres hydroagricoles et retenues d’eau au profit des populations touchées. A cet effet, le village de Largo dans la commune rurale d’Absouya devait bénéficier d’une retenue d’eau.
Dans le Mémoire technique élaboré par le Bureau d’études d’ingénierie et de maîtrise d’ouvrage (BEM) de septembre 2006, il est mentionné que le barrage de Largo pourra remplir essentiellement quatre buts visés :
Au plan humain
La population souffre de manque d’eau à cause de l’insuffisance de mobilisation des ressources en eau. La retenue d’eau viendra certainement pallier ce manque.
Au plan pastoral
La retenue d’eau permettra d’accroître la production animale par l’amélioration des conditions de vie des animaux. En effet, il permettra de réduire les distances parcourues par les animaux en saison sèche pour s’abreuver. – Au plan piscicole La retenue d’eau pourra constituer un milieu favorable à l’éclosion des poissons. La pêche pourra être une activité d’avenir pour la population de Largo.
Au plan agricole
Dépourvue d’une réserve d’eau importante, la population de la localité pratiquait jusqu’à présent une culture de saison de pluies soumise aux aléas climatiques. Le futur barrage permettra de pratiquer une culture de contre-saison, surtout le maraîchage.
Une nation, c’est comme le corps de l’homme. Elle fonctionne par organes interposés, interconnectés et interdépendants, dans une alchimie de liens intimes. Tout comme la famille, la nation doit sa survie à la concorde des fils et filles du cocon. La moindre négativité irradie l’espoir des lendemains meilleurs, car il n’y a point de lendemain avec une seule main. Dans nos divergences quotidiennes, nous oublions souvent l’intérêt de la nation. On se contente de se caresser le nombril en pensant à son ventre.
On ne fait plus rien pour rien et tout ce que l’on dit n’a de valeur que pour soi. A force de regarder l’autre dans le prisme de l’idéologie ou de la politique, tout le monde à tort et chacun à raison. On se bouche les oreilles pour mieux s’entendre. On ferme les yeux pour voir au-delà ou en deçà de la réalité. On se ment vertement pour mieux parvenir à la vérité. On plaide non coupable comme dans une fable pour mettre le vrai à l’épreuve l’ivraie. Qui avait dit qu’il était prêt à mourir pour la nation ?
Qui avait juré de conjurer le mal de la nation sans bastion ? Pendant que les uns construisent à mains nues, les autres détruisent sans porter des gants. La droiture que l’on clame pour les autres est une faucille que l’on aiguise en soi. Le discours politique n’a plus de sens, parce qu’il ne donne plus un sens à la pensée. Il est même utilisé comme une panacée pour endormir ceux qui en ont assez. Le pouvoir, rien que le pouvoir est devenu le slogan d’un idéal, une faim sans fin.
La nation peut sombrer sous le regard des pompiers dépourvus d’extincteur ; on portera son scaphandre pour regarder le reste du monde qui s’effondre. La case du voisin peut brûler, on y jettera des bonbonnes d’eau remplies d’huile pour l’éteindre. Drôles de paradoxes ! La nation, c’est aussi le champ de tous et de personne. Chacun cultive son lopin en souhaitant que la pluie ne tombe chez le voisin. La bouche pleine et les mains dans le plat, il empêchera le gueux qui lorgne de picorer les miettes qui tombent.
Désormais, c’est chacun pour soi ; personne ne prendra la croix du supplicié du calvaire ; ils feront à l’unisson des signes de croix cent fois mais sans foi sur le sort du condamné à tort. La vraie bénédiction ne vient plus d’en haut ; elle se trouve dans les comptes en banque et dans l’obsession de la possession. L’essentiel c’est mon fils, ma fille et ma femme ; le plus important, c’est ma mère, mon père, mon frère et ma sœur. Peut-on vraiment être quelqu’un sans personne ? Qui peut soulever seul le toit de chaume de sa case sans compter sur l’inconnue qui passe ?
Entre les cinq doigts de la main, il y a un réflexe de solidarité, sinon l’index seul ne peut avoir du doigté. Le majeur, même le plus grand ne peut esquisser un vrai «V» de la victoire si le pouce ne se joint pas aux deux autres. Le court et gros pouce ne peut rien prendre sans un autre coup de pouce. L’annulaire ne peut seul se vanter de porter l’anneau en or s’il n’est pas en parfaite alliance avec les autres. Et l’auriculaire, le plus petit ne sert à rien s’il se vante d’être le benjamin choyé de la fratrie.
Voilà pourquoi la paume au centre, accepte de s’ouvrir et de se refermer selon l’unanime volonté des cinq phalanges. C’est ensemble que l’on bâtira cette nation ; c’est ensemble que nous la détruirons. Chacun doit accepter de penser honnêtement, d’agir selon le bien de la communauté, loin du fébrile nombril. Parce qu’autant on a besoin d’un plus petit que soi, autant la grandeur ne se trouve pas dans la force mais dans le bon usage de la force. Soyons les doigts d’une main pour bâtir demain, loin de nos égos perso, de nos animosités personnelles, de nos ignorances coupables et de nos incroyances pècheresses.
Entre les cinq doigts de la main, il n’y a pas de jalousie ; il n’y a point de convoitise ; même le doigt accidenté amputé, participe toujours au mouvement qui requiert son geste. Entre les cinq doigts, il n’y a pas un seul qui ne sert à rien dans la dynamique de l’action. C’est pourquoi le colibri ira à la mer pour remplir son gosier d’eau et revenir la verser dans l’incendie de la forêt. Mais à quoi sert la goutte d’eau du gosier d’un colibri sur les flammes d’un feu de brousse ? Le geste du colibri est-il une peine perdue, une aberration ou une contribution ?