Ministère des Sports et des Loisirs : Daouda Azoupiou félicite la Fédération Burkinabè de Karaté-do

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Le ministre des Sports et des Loisirs Daouda Azoupiou a reçu en audience le jeudi 13 décembre 2018 le président de la Fédération Burkinabè de Karaté-do Oumarou Yugo. Il était accompagné de l’expert formateur de la Fédération Française de Karaté-do Joseph Gofin.

A Ouagadougou dans le cadre d’un stage de formation et de passation de grade de karaté-do, l’expert formateur de la fédération française de karaté-do Joseph Gofin accompagné du président de la Fédération Burkinabè de Karaté-do (FBK) Oumarou Yugo ont été reçus en audience le jeudi 13 décembre dernier par le ministre des Sports et des Loisirs Daouda Azoupiou.

A leur sortie d’audience le président Yugo s’est dit satisfait de cette « visite de courtoisie » qui leur a permis de rendre compte au ministre des activités en cours de sa structure notamment le stage de formation et la passation de grade. Activités qui ont pris fin le dimanche 16 décembre dernier à l’Institut des Sciences du Sport et du Développement Humain (ISSDH).

Pour maitre Gofin, animateur du stage, il y a du potentiel pour la Fédération Burkinabè de Karaté-do et des perspectives de médailles sont envisageables pour les Jeux Olympiques Paris 2024. Il a salué la discipline caractérisée au cours de l’activité. Saluant le travail « colossal » abattu par la FBK, le ministre Azoupiou a promis que son département ne ménagera ses efforts pour l’accompagner dans l’atteinte de ses objectifs.

Yves OUEDRAOGO

Journée de salubrité: Un cadre pour sensibiliser la jeunesse africaine

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Planned parenthood global (PP global) à travers son programme Billi (billion) now now a organisé une journée de salubrité le jeudi 6 décembre 2018 à Ouagadougou, dans le but de responsabiliser la jeunesse.  

Planned parenthood Global, appelé couramment PPGlobal, souhaite à travers son programme Billi now now, attirer la jeunesse, afin de la sensibiliser sur le maintien de sa santé sexuelle, reproductive et environnementale. Pour cela, PP Global et les membres du programme Billi now now, ont porté leur choix sur le plateau du quartier Kalgodin, qui selon le charger du programme plaidoyer du PPGlobal au Burkina Faso, Fatimata Ouilma Sinaré, est un cadre idéal de rencontre pour jeunes. Ainsi, ils ont procédé à un assainissement du lieu, dans la matinée du jeudi 6 décembre 2018 à Ouagadougou.

A l’entendre, cette initiative permettra à la jeunesse de prendre conscience sur la nécessité d’une prise en charge de la santé personnelle, surtout reproductive, pour bâtir un meilleur avenir. « Au Burkina Faso, il y’a beaucoup de grossesse non désirée qui sont la cause d’abandon des  études, surtout par les filles. Ainsi, certains jeunes ne sont plus en mesure de réaliser leur rêve », a-t-elle soutenue.

Aussi, Madame Sinaré a poursuivi que cette activité a contribué à changer de fusil d’épaule. Car, pour elle, cette fois les autorités et les adultes  ont été invités à écouter les jeunes, qui à travers un récit, ont partagé leurs expériences avec eux. En effet, les membres du programme Billi now now, composés essentiellement de jeunes, ont profité de la présence de quelques chefs coutumiers du quartier et du représentant du ministère de la santé, pour faire entendre leurs voix, a-t-elle dit.

En outre, la représentante de PPGlobal au Burkina Faso, Aminata Rabo, a expliqué que l’Organisation non gouvernementale PPGlobal, est une division internationale de la fédération américaine du planning familial qui intervient au Pays des hommes intègres depuis 2015 à travers des programmes qui visent à attirer l’attention des autorités publiques, sur la mise en œuvre effective des politiques sur la santé reproductive en faveur des jeunes.

Et, Billi now now qui en français, veut dire, 1 milliard de jeune qui se prend en charge maintenant, est un projet pilote purement jeune de PPGlobal qui consiste à responsabiliser les jeunes à prendre en charge leurs santé reproductive, a conclu Aminata Rabo.

Delphine SIDBEGA

(Stagiaire)

 

2e compact du MCC: «Rien n’est gagné d’avance », Samuel Kaboré

Sidwaya a reçu le mercredi 14 novembre 2018, le coordonnateur national de l’Unité de coordination de la formulation du second compact du Burkina (UCF-Burkina) du Millenium challenge corporation (MCC), Samuel Tambi Kaboré.  Avec l’économiste, les échanges ont porté sur tous les aspects de ce second compact, dont la signature pourrait intervenir en fin 2019. 

 Sidwaya (S.) : Le 13 décembre 2016, le Burkina Faso a été sélectionné par le Conseil d’administration du Millennium challenge corporation (MCC) pour la formulation d’un deuxième compact. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement?

Samuel Tambi Kaboré (S.T.K.) : La sélection est basée sur un certain nombre de critères qui font partie d’un document intitulé tableau de bord. Et dans ce tableau de bord, il y a des indicateurs en rouge et en vert, produits par plusieurs institutions et annuellement suivis par le MCC. Il y en a qui viennent de l’UNESCO, d’autres de l’UNICEF, de la Banque mondiale, etc. Ainsi, parmi la vingtaine d’indicateurs, la vie économique et sociale de chaque pays est suivie. On émet sur cette base, des critères d’appréciation. Et selon que ces indicateurs ont évolué favorablement, on peut décider qu’un pays soit bénéficiaire ou pas du compact.

S. : Pouvez-vous citer quelques facteurs ?

 S.T.K. : Il y a par exemple la politique fiscale, l’inflation, la politique commerciale et le genre dans le domaine économique. Dans le domaine de la justice, vous avez le droit politique, la liberté civile et la lutte contre la corruption. Le Burkina Faso a enregistré une majorité d’indicateurs qui ont évolué favorablement. Ce qui a justifié la décision de lui accorder un compact.

S. : Quels sont les facteurs qui ont précisément joué en faveur du Burkina Faso ?

 S.T.K. : Le Burkina Faso a 13 indicateurs sur 20, qui sont au-dessus de la moyenne. Le MCC produit un rapport chaque année. Ce n’est pas parce que vous avez acquis le compact que vous pouvez le conserver définitivement. Si les conditions se dégradent, le MCC peut arrêter le processus.

Le coordonnateur national de l’UCF-Burkina du Millennium challenge corporation, Samuel Tambi Kaboré : « Ce n’est pas parce que vous avez acquis le compact que vous pouvez le conserver définitivement ».

S. : En termes de budget, quelle est la différence entre le premier compact dont le Burkina a déjà bénéficié et l’actuel ?

S.T.K. : Le premier compact a été clôturé en 2014. Depuis lors, on regarde les indicateurs. Au Burkina Faso, il y a eu des évolutions au niveau politique. En termes de budget,  d’emblée ce n’est pas la première étape. Il faut que le pays fasse une analyse qui permette sa sélection dans un domaine d’intervention. Et c’est sur cette base, qu’on élabore des projets. La décision est prise après évaluation de ces projets et de ce qui est nécessaire comme ressources pour les exécuter. Donc, on ne connaît pas le budget à l’avance. C’est la qualité de vos propositions et de leurs contraintes budgétaires qui déterminent le montant.

S. : Finalement, à quel niveau du processus êtes-vous?

S.T.K. : Pour l’instant, nous sommes à la phase IV, qui est la dernière. A ce stade, il faut démontrer que les projets proposés satisfont les critères d’investissement du MCC, parmi lesquels leurs impacts sur la réduction de la pauvreté. Le niveau de rentabilité doit atteindre, en effet, le seuil minimal de 10% exigé par le MCC. Et il faut démontrer qu’on peut l’exécuter strictement en cinq ans et que les risques sont gérables. S’il y a des risques mortels, la réalisation peut être interrompue ou suspendue à l’image de ce qui s’est passé au Mali, avant le déclenchement des troubles dans le pays. Le document qui a été établi est celui d’analyse des  contraintes. Nous l’avons finalisé en août 2017 et nous avons identifié deux principales contraintes. La première, le secteur de l’électricité, dans sa dimension faible accès, faible qualité et coût élevé. La 2e, c’est la  faible qualification de la main-d’œuvre. Les gens n’ont pas les capacités dans les différents domaines d’activités socioéconomiques. Les deux contraintes constituent la première phase. Dans la deuxième, qui a commencé en septembre 2017 jusqu’en janvier 2018, il a fallu faire l’analyse causale, c’est-à-dire faire des notes techniques sur chacune des contraintes, de telle sorte qu’on puisse donner les causes du problème d’électricité, de son faible accès et de son coût élevé. Sur la base de cette analyse, comment intervenir pour atténuer ces problèmes ? Ensuite, en ce qui concerne la 3e phase, à partir de la bonne connaissance des causes profondes des problèmes, il faut proposer des projets pour pouvoir s’y attaquer. Ces projets ont été proposés et validés en juin 2018. A partir de là, nous avons entamé la quatrième et dernière phase, à savoir le développement du projet dans sa globalité. Et un élément-clé de ce développement, ce sont les études de faisabilité. Il faut prendre les projets un à un et démontrer que les avantages qu’ils vont générer compensent les coûts de leur réalisation, de telle sorte qu’on ait un taux de rentabilité minimale de 10%. Sinon, le projet ne passera pas. Pour établir que nous avons effectivement des projets rentables, il faut qu’on aille chercher les données sur les effets socioéconomiques de l’électrification, pour savoir, qu’est-ce-qui change au niveau du ménage et de l’entreprise lorsqu’il y a l’électricité ? Qu’est-ce qui change quand un quartier, un village ou une communauté est électrifié? Parce qu’on a besoin de ces changements pour démontrer qu’il y a des avantages qui sont, soient des revenus supplémentaires que l’électricité va générer, l’amélioration des conditions de vie des ménages, la scolarisation, soient les meilleures conditions d’études pour les enfants… Il faut pouvoir documenter ces changements qui vont intervenir dans la communauté et réaliser toutes les études dans toutes les zones d’intervention. Nous sommes censés les terminer en juin 2019. Entre juin et septembre, il faut écrire le compact. Entre septembre et décembre, nous espérons pouvoir mener des négociations avec le MCC et la signature entre le gouvernement et le MCC est attendue en fin 2019.

S. : Pour ce 2e compact, l’accent est mis sur le secteur de l’électricité. Qu’est-ce qui explique ce choix ?

 S.T.K. : Le choix de ce secteur provient d’abord de l’analyse des contraintes et ensuite, la question de l’électricité et celle de la faible qualification de la main- d’œuvre. Maintenant, sur quoi nous mettons l’accent ? Les domaines de l’électricité et de la qualification sont vastes. Avec le gouvernement, il a été décidé que l’accent soit mis sur l’électricité, parce que la question de la qualification est très étendue. Elle touche tous les domaines et il sera difficile de pouvoir s’attaquer efficacement à ces deux secteurs simultanément. Donc la décision a été prise, que nous mettions l’accent sur le secteur de l’électricité et à l’intérieur, nous développions la qualification de la main-d’œuvre. Ce qui fait que nous aurons une dimension formation des techniciens, d’ingénieurs, etc. Il y aura aussi une formation continue pour que les jeunes soient davantage qualifiés pour le travail. C’est un choix dicté en réalité par l’identification des facteurs, qui bloquent l’investissement privé et la croissance économique.

S. : Comment comptez-vous faire pour jouer conséquemment sur le coût de l’électricité au Burkina Faso ?

Toutes les questions ont été abordées lors de l’entretien entre les journalistes.

S.T.K. : La question du prix de l’électricité est centrale. Il est élevé actuellement, parce que la production est essentiellement thermique. Il faut importer du fioul avec les générateurs de la SONABEL pour produire l’électricité. Mais comme il faut acheter ce produit à l’extérieur, nous ne contrôlons pas le prix. Le coût est cher, puisqu’il faut acheminer le produit au niveau du port et le transporter jusqu’au Burkina. Mais il y a des solutions alternatives, c’est-à-dire des sources d’électricité qui coûtent moins cher, notamment l’énergie solaire, dont le coût de revient est plus faible que celui du thermique. Ensuite, l’on a les importations qui constituent aussi une source  moins chère par rapport à la production que nous faisons sur place. La logique, que nous soutenons est de faire en sorte, que le poids de ces énergies moins coûteuses augmente dans la production globale du pays. Le coût de revient du kWh va baisser si nous arrivons à produire plus d’énergie moins coûteuse. Nous allons contribuer à cela. Mais il est difficile de dire aujourd’hui que notre apport va baisser automatiquement le prix du kWh.

S. : Qu’est-ce que le projet prévoit pour les petites et moyennes entreprises qui peinent à avoir accès à l’électricité ?

 S.T.K. : Nous avons le souci d’augmenter l’investissement privé et la croissance économique. Le secteur privé est au cœur de l’analyse. Comment faire pour que ce secteur puisse disposer de conditions favorables pour mieux produire, créer de la valeur ajoutée, créer des emplois, etc. ? Partout ailleurs, c’est le secteur privé qui est le plus gros employeur. Il a besoin d’un minimum de conditions et l’électricité fait partie de ces conditions nécessaires.

on devrait avoir des lignes qui permettent de fournir alternativement l’énergie

L’idée est d’apporter effectivement l’électricité à toutes ces entreprises. Dans toutes les zones d’intervention, en milieu urbain ou rural, le souci majeur est de faire en sorte que le secteur privé ait de l’électricité et conduise les activités créatrices de valeurs et de revenus. En milieu rural, il y a des interventions le long des lignes et en milieu urbain, beaucoup de travaux vont être faits dans le sens de stabiliser d’abord la puissance, pour permettre d’alimenter adéquatement les entreprises, c’est-à-dire réduire les interruptions.

S. : Quel sera l’impact sur les coupures d’électricité ?

 S.T.K. : Revenons sur les origines des interruptions. Si vous prenez par exemple Sidwaya qui est alimenté à partir d’une source. Si c’est une source unique, une coupure à l’origine touche l’entreprise. Ce qu’on souhaiterait faire, c’est avoir un autre choix pour alimenter Sidwaya plutôt que d’en avoir qu’un seul. C’est ce que nous appelons bouclage des lignes. C’est de faire en sorte, que lorsqu’il  y a un problème sur une des lignes, l’autre prenne la relève pour continuer à assurer l’électricité. L’idéal serait qu’on puisse ajouter une troisième  possibilité. C’est ce qui se passe en Europe. Les bouclages devraient diminuer les interruptions, mais ne peuvent pas les supprimer intégralement dans la mesure où les deux sources que nous cherchons à établir peuvent faillir en même temps.

S. : A quel niveau allez-vous agir pour augmenter la fourniture en électricité?

S.T. K. : En réalité, les sources d’énergie sont celles de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Ici, nous avons les productions thermiques, c’est-à-dire les centrales habituelles. Le souhait est de les renforcer avec l’énergie solaire pour disposer de plusieurs sources. A un point donné, on devrait avoir des lignes qui permettent de fournir alternativement l’énergie.

S. : Sur quels principes allez-vous baser votre travail ?

S.T.K. : La logique que nous avons suivie, c’est d’abord apporter l’électricité dans les zones à fortes potentialités, puisque nous devons avoir un taux de rentabilité minimum de 10%. Si vous amenez une ligne là où il n’y a pas de potentialités, vous risquez fort de ne pas atteindre ce seuil minimal et votre projet va être rejeté. Nous n’avons pas intérêt à être dans cette situation. Nous devons choisir des zones à fortes potentialités, de manière à ce que les retombées puissent justifier les coûts des investissements. Ça, c’est un critère assez important. Pour dire que les choix se sont fondés sur des critères objectifs. Evidemment, les différentes zones n’ayant pas les mêmes potentialités, il va de soi que toutes les localités ne soient pas concernées. Ensuite, nous avons la limitation budgétaire. Ce sont les études de faisabilité qui vont venir confirmer cela. Ce que nous avons jusqu’à présent, ce sont des propositions. S’il y a problème, il va falloir forcément s’attendre à des changements et à des ajustements pour que nous puissions remplir les critères d’investissement et bénéficier de l’appui du compact.

S. : Quels sont les projets formulés dans le cadre du second compact ?

A l’issue de l’entretien, le coordonnateur de l’UCF-Burkina, a visité quelques services des Editions Sidwaya.

S.T.K. : Il y a trois projets. Le premier est le renforcement de l’efficacité du domaine de l’électricité. Il concerne tout ce qui est renforcement institutionnel, organisationnel, réglementaire et les formations. Le second projet veut augmenter la quantité de l’électricité moins coûteuse. Il s’inscrit dans la logique de réduction à terme du coût du kWh. Il faut que l’électricité qu’on produit  soit moins chère par rapport à ce que l’on produisait auparavant. Le 3e projet concerne les réseaux d’accès. Là, ce sont d’abord les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso qui sont concernées. La logique est d’améliorer le réseau de transport de l’électricité. Il y a le transport d’un côté,  la distribution  de l’autre. Le réseau a besoin d’être examiné et les investissements vont intervenir dans le sens de mettre à niveau et faire en sorte qu’il y ait plus de bouclage. C’est cet effort d’investissement, qui doit être fait dans les villages également. Pour cela, on va construire à Bobo-Dioulasso ce que l’on appelle les postes de transformation. C’est une haute tension qui y arrive. On ne peut pas l’amener au niveau des entreprises et des ménages. Il faut la baisser pour passer à des basses tensions ou moyennes tensions. Maintenant, il y a le réseau intérieur où on envisage une ligne de Bobo-Dioulasso à Ouahigouya en passant par Dédougou et Tougan. Ce sera une bande de 20 km de large, pour plus de distribution dans ce couloir. Dans les grandes agglomérations, les critères seront définis. Si vous avez un petit village de 5 ou 10 ménages, il sera difficile de justifier tous les investissements que l’on va faire à l’intérieur. Ce qui peut être envisagé, c’est un système isolé pour alimenter ces zones. Nous avons démarré les enquêtes pour identifier toutes les opportunités économiques que l’on peut avoir afin de faciliter l’accès à l’électricité de ces unités.

S. : Est-ce que les populations qui n’ont pas de potentialités pourront vous comprendre ?

S.T.K. : On espère fortement être compris. C’est d’abord les critères de choix des investissements qui nous guident. Pour que le projet puisse être justifié, il faut des éléments tangibles. Vous pouvez retenir une zone, mais tant que vous ne dites pas, nous avons telle initiative, tel projet en cours, voici ce que ça peut donner, vous n’allez pas pouvoir convaincre de la rentabilité de l’investissement prévu. Dans ces conditions, on a dit stratégiquement de commencer là où il y a de la potentialité, parce qu’il y a aussi des interrelations.

 S. : Le projet semble autonome. Y a-t-il un partenariat ou des contrats avec la SONABEL ?

S.T.K. : Nous travaillons en partenariat avec tous les acteurs impliqués. Lorsqu’il s’agira de la mise en œuvre, les plus aptes seront associés. Par exemple, si  la SONABEL a un avantage comparatif à réaliser une infrastructure, c’est avec elle que cela  se fera. Nous n’excluons pas d’emblée quelqu’un.

Ce serait contre-productif de payer des centaines de millions pour compenser des risques et ne pas recevoir en contrepartie un retour positif, en l’occurrence l’aboutissement du projet.

Pour ce qui concerne les réformes par exemple, c’est l’administration publique qui va plus ou moins piloter.  Pour les formations, il  y a des institutions privées comme l’Institut du génie électrique qui a été identifié comme une structure qui peut contribuer à la formation des électriciens. Il y a aussi le centre de formation de la SONABEL. On va contractualiser. Lorsqu’il s’agira de construire des lignes, il y aura des appels d’offres, les entreprises vont soumissionner. Celles qui obtiendront les marchés vont les exécuter sous notre contrôle.

S. : Quels sont les indicateurs identifiés pour suivre les changements dans le secteur de l’électricité du fait de ce projet ?

 S.T.K. : Il y a beaucoup d’indicateurs. Nous œuvrons pour que les entreprises puissent créer plus de valeurs ajoutées, de revenus. Il y aura donc un indicateur revenu pour le suivi des entreprises qui vont se connecter au réseau. On va  s’assurer que les entreprises qui ont accès à l’électricité génèrent plus de valeur et contribuent plus à la croissance, créent des emplois. Nous allons aussi  voir comment des gens sont sortis de la pauvreté du fait des emplois et des revenus générés par l’électricité. Voilà quelques exemples d’indicateurs que nous allons suivre.

S. : Est-ce que la bonne gestion du premier compact a contribué à l’obtention du deuxième ?

 S.T.K. : Oui, car le premier compact a été exécuté à un fort taux de réalisation d’environ 99%. Cela est un atout du Burkina Faso à exécuter de grands projets.

S.: Une enquête a révélé qu’en 2014, seulement 24,4% des ménages burkinabè avaient accès à l’électricité. Peut-on espérer voir ce taux évoluer d’ici à la fin de la mise en œuvre du deuxième compact ?

 S.T.K. : Nous allons intervenir en faveur de l’accès à l’électricité. Dans le troisième projet, on a, à côté des réseaux, l’accès et l’utilisation productive de l’électricité. En ville, l’étude qui est en cours va déterminer au niveau de Bobo-Dioulasso et de Ouagadougou les zones qui peuvent être électrifiées. En zone rurale, il y a les couloirs des lignes, la bande des 20 kilomètres. Là-dedans, il y aura l’accès à l’électricité.  Nous sommes en train de voir si nous allons faciliter le branchement qui coûte environ 210 000 francs CFA. A côté de notre contribution, il y a celle d’autres partenaires notamment l’Agence burkinabè d’électrification rurale (ABER), ex- Fonds burkinabè pour l’électrification (FDE)). Le taux global dépendra de l’apport de tous ces intervenants. Nous pourrons  être plus précis sur le nombre de ménages, qui seront touchés lorsqu’on aura fini les études de faisabilité. Mais pour l’instant, il nous est difficile de donner des chiffres sur les taux d’électrification.

S. : En termes d’objectifs, vous n’avez pas fixé un taux ?

 S.T. K.: L’électrification est conditionnée par la rentabilité. Si nous pouvons permettre à tout le monde d’avoir l’électricité, nous serons heureux mais le problème est que nous ne pourrons pas entrer dans le créneau. On reste donc prudent. Nous allons intervenir dans les zones choisies en fonction des critères. En ce moment, nous pourrons donner le niveau de contribution atteint dans l’amélioration du taux d’accès à l’électricité.

S. : Est-ce qu’au stade où vous êtes, vous avez les marges de manœuvre pour décider que le courant passe dans telle localité et non dans telle autre ?

 S.T.K. : Il y a un certain nombre de critères de sélection. Si on trouve que le potentiel d’abonnés est à un seuil acceptable, il n’y a pas de raison qu’on n’investisse pas. Mais si les ménages sont éparpillés, on ne peut pas investir un milliard pour juste électrifier les cours de quelques notabilités, car ce n’est pas rentable.

S. : Le compact II est-il déjà un acquis ?

 S. T. K.: Il y a deux éléments à prendre en compte. Le tableau des indicateurs ayant prévalu à l’éligibilité du Burkina Faso au second compact doit être maintenu. Nous ne devons pas dégringoler. Pour le deuxième aspect, je vais prendre l’exemple du Mali. Le pays avait eu un compact. Avec le coup d’Etat de Sanogo et les autres évolutions, il a d’abord été suspendu, ensuite résilié. Rien n’est gagné d’avance. On doit être conscient des efforts permanents à fournir et travailler dans ce sens. Ce serait contre-productif de payer des centaines de millions pour compenser des risques et ne pas recevoir en contrepartie un retour positif, en l’occurrence l’aboutissement du projet.

S. : Qui finance les études commanditées?

 S.T.K. : Les études sont payées par deux sources. Au niveau national, toutes les études entamées seront payées. Le budget est disponible. Et dès que ces études seront bouclées, et le rapport validé, la facture sera réglée. Quant aux autres études de faisabilité, il y a un budget MCC. En avril 2018, un accord a été signé sur une subvention pour les études de faisabilité d’un montant d’environ 8 millions de dollars. Et les cabinets internationaux qui vont être recrutés sont financés directement à partir de ce budget MCC. Ceux-là par exemple peuvent être bloqués ou suspendus.

S. : Quelles sont les réformes que l’Etat burkinabè doit entreprendre pour assurer une mise en œuvre réussie du projet de renforcement l’efficacité dans le domaine de l’électricité (PREDEL) ?

 S.T.K. : Au niveau du projet I, c’est-à-dire tout ce qui est en rapport avec les réformes, il y a des changements qui sont attendus. Pour être concret, je prendrai par exemple la viabilité financière des acteurs de l’électricité. On souhaiterait que ces acteurs puissent être viables financièrement, notamment la SONABEL. Et nous devons nous assurer que toutes les mesures sont prises pour assurer cette viabilité. Des changements interviendront certainement, afin de garantir cette viabilité.

S. : N’y a-t-il pas de concurrence entre votre projet et la SONABEL ?

S.T.K. : Non. Lorsqu’on fait construire les lignes, c’est la SONABEL qui fait passer son énergie et qui récupère les frais des factures. Je pense qu’elle a plutôt intérêt à ce que nous remplissions notre part de contrat. Je rappelle que c’est une subvention et non un crédit. Avoir des subventions qui vous donnent plus d’opportunités, c’est aussi une situation attendue au niveau de la nationale d’électricité. Il n’y a pas de concurrence entre la SONABEL et notre projet.

 S. : Avez-vous des contraintes quant à l’aboutissement du futur compact ?

La visite s’est achevée par une photo de souvenir avec les responsables et les journalistes de Sidwaya.

S.T.K. : Les difficultés ne manquent pas. J’évoquais tout à l’heure les cas de ruptures de contrats dues à des changements institutionnels inattendus et  aux problèmes sécuritaires. Tout ceci constitue des éléments de risque qui peuvent entacher la mise en œuvre du projet. Ce sont des éléments concrets qu’on peut évoquer.

 S. : Quel est le message que vous souhaitez adresser aux différents acteurs impliqués dans le projet?

S.T.K. : Je voudrais vraiment souhaiter une participation active de l’ensemble des acteurs. Le projet est participatif et inclusif. C’est l’ambition que nous voulons maintenir dans l’exercice. Ce que nous avons déjà fait l’a été sur la base d’un consensus avec les acteurs concernés. Mais, l’œuvre humaine n’étant jamais parfaite, on peut toujours parfaire  certaines propositions. Toute proposition est la bienvenue. C’est ce que je peux dire à l’endroit de l’ensemble des acteurs, notamment les entreprises qui souhaiteraient avoir des marchés. Elles doivent se préparer à pouvoir les prendre. Il y a des conditions pour soumissionner. Si les entreprises prennent le soin de regarder comment les passations de marchés se font dans certains pays (Bénin, Ghana, Côte d’Ivoire, Sénégal), elles peuvent se préparer en conséquence. Il ne faut pas attendre à la dernière minute pour se rendre compte qu’on ne remplit pas les conditions. Il est donc important de connaître ces conditions bien avant et se préparer à pouvoir les remplir. Mais, si l’on ne dispose pas de ressources suffisantes pour prétendre à ces gros marchés de plusieurs milliards de francs CFA, il faut envisager des partenariats avec d’autres entreprises ou d’autres groupements. Ce qui augmente les chances de ces entreprises de pouvoir accéder aux marchés. Malheureusement,  cette culture de partenariat ou de groupement n’est pas répandue sous nos cieux. On préfère faire cavalier seul.

S. : La transparence sera-t-elle au rendez-vous dans l’attribution des marchés ?

 S.T.K. : Les Américains sont très regardants sur cette question. Il y aura des appels d’offres. Toutes les propositions seront étudiées sur un pied d’égalité. Cependant, il y a des exigences de capacités financières et d’expériences. Si vous n’avez pas cette capacité et n’optez pas non plus pour un  partenariat ou un groupement avec une entreprise qui a plus de capacités, vous perdrez. Or, c’est ce qu’il faut éviter.

 La Rédaction

Ministère des Ressources animales : 379 microprojets cofinancés

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Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sommanogo Koutou, a lancé officiellement la 1re phase de cofinancement de 379 microprojets, le vendredi 14 décembre 2018 à Ouagadougou.

Le secteur de l’élevage connaît un regain de vivacité. C’est du moins, la conviction du ministre des Ressources animales et halieutiques, Sommanogo Koutou. Il en veut pour preuve, la mise en œuvre de 379 microprojets à travers le pays. Le 14 décembre 2018, le ministre a lancé officiellement le cofinancement de ces projets. A l’occasion, il a remis des chèques à 45 promoteurs.

D’un montant d’environ 600 000 000 F CFA avec une part prévisionnelle de subvention de 388 000 000 F CFA à des promoteurs. Ces programmes vont contribuer à rehausser la production animale au Burkina Faso, selon le ministre Sommanogo Koutou. Ce cofinancement s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’appui au développement du secteur de l’élevage Burkina (PADEL-B).

Il concerne les filières bétail-viande, lait, volaille, porc, miel et poissons qui seront développées à travers ces projets. Pour la coordinatrice du PADEL-B, Jocelyne Rolande Bountoulougou, cela va permettre à ces domaines d’activités d’être plus prospères et de contribuer à la création d’emplois et la lutte contre la pauvreté. « C’est un acte très important pour le ministère et nous nous en réjouissons», a souligné Sommanogo Koutou.

En effet, ce sont plus de 4 000 dossiers qui ont été enregistrés dans les provinces sous la responsabilité des services techniques déconcentrés. « Le choix s’est fait sur la base de la pertinence du projet dans trois maillons que sont la production, la transformation et la commercialisation et chaque bénéficiaire apporte une part contributive », a indiqué la coordonnatrice.

Un chèque de plus de 2 000 000 F CFA Pour la bénéficiaire, Ariane Michelle Zaba, c’est avec joie qu’elle a reçu son chèque de plus de 2 000 000 F CFA. « Evoluant dans le secteur de la production laitière dans les Hauts-bassins, cet apport financier va me permettre d’acheter des vaches laitières. Après des mois d’élevage, je pourrai les revendre», a-t-elle expliqué. Le 1re responsable de l’élevage a, par ailleurs, exhorté l’ensemble des bénéficiaires à utiliser de manière rationnelle les ressources financières à eux accordées. Le PADEL-B est financé par la Banque mondiale.

Par cet acte, le ministre Koutou ( gauche) dote les différentes structures de son département de matériels roulants et de bureau.

Il a été lancé le 17 mars 2018 à Dédougou avec pour objectif, l’amélioration de la productivité et la commercialisation de la production animale et le renforcement des capacités du pays à répondre aux crises affectant le secteur de l’élevage.

D’une valeur de 45 762 000 000FCFA, (soit 34 800 000 000 F CFA de la part de la Banque mondiale, 1 740 000 000FCFA pour la contrepartie de l’Etat et 9 022 000 000FCFA de l’apport des bénéficiaires), le projet couvre l’ensemble du territoire national. « Il intervient dans trois composantes que sont l’amélioration de l’accès aux services et aux intrants d’élevage, le développement des chaînes de valeur et la gestion de crise et la coordination du projet », a précisé la coordonnatrice.

Le PADEL-B a une durée de cinq ans. Au cours de la cérémonie, le ministre des Ressources animales a remis 144 motos et deux véhicules aux structures régionales, 31 motos, un véhicule et du matériel informatique d’une valeur de 63 429 900 F CFA aux directions du ministère.

Fleur BIRBA

fleurbirba@gmail.com

Festival Ciné Droit: Libre Débats autour de l’insécurité au Sahel

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A la faveur du festival Ciné Droit Libre, un panel sur le terrorisme dans le Sahel a eu lieu le lundi 10 décembre 2018 à Ouagadougou. Les causes et les solutions à l’insécurité ont été au menu des débats.

Les causes du terrorisme au Sahel sont à rechercher dans les affres de l’histoire, lorsque les Africains étaient considérés comme des sous-hommes et les plus valides déportés en Occident. C’est ce qui est ressorti de la soirée spéciale Sahel organisée le lundi 10 décembre 2018 à Ouagadougou dans le cadre du festival Ciné Droit Libre, avec pour principaux animateurs le Dr Rasablga Seydou Ouédraogo, l’ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne (UE) au Burkina Faso, Jean Lamy, et la directrice Afrique de l’Ouest et du Centre d’Amnesty international, Petrus Barry.

Pour les trois panélistes, il n’y a ni sécurité ni développement sans respect des droits humains (vie, droits économique, sociaux et culturels, etc.). Selon le directeur exécutif de l’Institut Free Afrik, Dr Ouédraogo, la situation sécuritaire actuelle au Sahel trouve son fondement dans les constructions étatiques inachevées en raison des Programmes d’ajustement structurel (PAS) mis en place dans les années 90.

L’assistance a eu droit à des témoignages sur le manque d’opportunités économiques pour les populations du Sahel en raison du terrorisme.

Cette situation dénote également, à ses dires, d’une absence d’ambition collective pour reprendre la main sur lesdits territoires. A son avis, le contrôle de la région sahélienne revêt plusieurs enjeux (lutte contre le trafic de drogue et d’êtres humains vers l’Europe, accaparement des ressources naturelles, velléités expansionnistes de certains Etats et organisations, etc.). S’agissant de l’UE, M. Lamy a indiqué qu’elle intervient au Sahel en appui aux pays concernés, avec une approche « modeste » et non des solutions venues d’ailleurs.

« L’action de l’UE est faite de 18 stratégies alignées sur celles de la CEDEAO, qui concernent la jeunesse, l’emploi, les perspectives de développement et la coopération frontalière en matière de services publics au profit des populations », a ajouté le chef de délégation. Pour sa part, Petrus Barry s’est dit perplexe quant aux solutions actuellement avancées pour contrer le terrorisme. Dénonçant les intérêts géostratégiques qui alimentent les conflits au Sahel, elle a dit « croire plutôt aux droits humains », sources de développement profitable à chaque individu.

Des interventions ont suivi l’exposé des panélistes, dont celle du président de la CENI, Newton Ahmed Barry. Reprenant les propos d’un ancien patron de la force Barkhane, il a déclaré que dans la riposte au terrorisme dans le Sahel, « ce n’est pas la guerre qu’il faut gagner mais plutôt les populations ».

Jean Philibert SOME

Musique burkinabè: Identifier de meilleurs canaux de diffusion

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Le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme, a organisé un atelier national de réflexion sur la diffusion et la promotion de la musique burkinabè, les 13 et 14 décembre 2018 à Ouagadougou.

Le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme souhaite parvenir à un plan d’action par l’identification des mécanismes de diffusion de la musique burkinabè, à travers un partage d’expériences entre artistes, experts, diffuseurs, promoteurs de spectacles et médias locaux. Ledit département ministériel a organisé à cet effet, les 13 et 14 décembre 2018 à Ouagadougou, un atelier de réflexion sur la diffusion et la promotion de la musique « made in Burkina Faso ».

La rencontre a réuni près de 40 participants venus du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Mali. Selon le coordonnateur de cet atelier, Dr Dramane Konaté, la diffusion et la promotion de toute œuvre artistique vont de pair avec la création et de production. « Créer, innover, se positionner sur l’échiquier national et international, tel devrait être le leitmotiv de nos artistes », a-t-il soutenu.

Pour le ministre en charge de la culture, Abdoul Karim Sango, la musique burkinabè dispose d’un potentiel important, mais elle est faiblement diffusée, et distribuée. « Et le fait que cette musique ne soit pas être mise en avant est incompréhensible. Or, pour que les artistes continuent de créer et puissent vivre véritablement de leurs arts, il faut que leurs musiques soient distribuées et diffusées», a-t-il estimé. Cette rencontre a été initiée, à son avis, pour que les acteurs et le gouvernement puissent œuvrer à un changement positif de cette situation.

Emilienne COMPAORE (Stagiaire) ­­­­­

Procès du putsch: Les pièces de Diendéré sèment la confusion

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A l’audience du vendredi 14 décembre 2018 au tribunal militaire de Ouagadougou, le général de brigade, Gilbert Diendéré, a versé au dossier, des pièces qui ont suscité une vive polémique. Ces documents sensés justifier l’origine de l’argent qu’il aurait distribué aux éléments de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) lors du coup d’Etat, n’ont pas convaincu ni le parquet militaire ni la partie civile.

Le ministère public a poursuivi l’interrogatoire du général Gilbert Diendéré, le vendredi 14 décembre 2018, en lui imputant des faits de trahison et d’incitation à commettre des actes contraires à la discipline militaire. Selon le parquet, l’accusé a été en intelligence avec des forces étrangères pour déstabiliser le régime de la Transition. Il a surtout avancé que le général a eu une communication avec une personne étrangère dans laquelle cette dernière lui donnait des instructions dans ce sens.

Mais le prévenu a rétorqué n’avoir jamais prononcé la moindre phrase lors de ladite communication tout en se demandant comment certaines personnes ont pu avoir son numéro de téléphone. Et son conseil, Me Jean Degli, de mentionner que dès le 18 septembre 2015, le numéro du général s’est retrouvé sur les réseaux sociaux et que n’importe qui pouvait l’appeler ou lui envoyer un message.

Le parquet a également noté que du matériel militaire et de l’argent sont venus de pays étrangers en vue de soutenir les putschistes. « C’est l’armée qui avait besoin de ce matériel pour le maintien d’ordre », a répliqué l’accusé. Selon ses dires, c’est la gendarmerie et la police qui ont bénéficié de ce matériel et leurs responsables devraient aussi être entendus. Concernant la somme d’argent que le prévenu aurait remis à ses « hommes » lors des événements, il a expliqué que ce fonds provient d’un prêt bancaire en 2013, pour acheter des produits céréaliers, notamment du sésame.

Il aurait hypothéqué sa maison à cet effet. Ayant eu des difficultés à un moment donné, le général aurait récupéré cet argent qu’il a utilisé à des fins personnelles. « Comme on n’a pas pu rembourser la banque, elle m’a convoqué en justice et j’ai été condamné à le faire », a détaillé le prévenu. Pour s’assurer de la véracité de ses propos, la partie civile avait demandé au général d’apporter une convention de prêt entre lui et ladite banque.

Mais les pièces fournies par Diendéré n’ont pas été convaincantes aux yeux du parquet et des conseils des parties civiles. « Le général nous a produit une condamnation d’une société à payer à une banque la somme de 93 millions F CFA. Il ressort de cette pièce que la société a pris un prêt auprès d’une banque et que le Gal s’était porté caution personnelle pour payer au cas où elle serait défaillante.

La société n’ayant pas pu honorer ses engagements, la banque a poursuivi en 2016 et en 2018 le Gal Diendéré pour le remboursement », a relevé Me Pierre Yanogo.

Le contrat de prêt toujours attendu

Et de poursuivre : «De l’origine des 160 millions F CFA, le Gal donne trois versions. D’abord, il dit qu’ils viennent de la Côte d’Ivoire, ensuite de ses amis et enfin d’un prêt bancaire ». Quant à Me Prosper Farama, il s’est demandé si l’accusé ne s’est pas trompé de pièce car celle produite n’est nullement un prêt personnel.

« Vous avez dit clairement que vous avez contracté un prêt pour distribuer une partie aux militaires et aujourd’hui, vous dites que vous avez aidé des proches à contracter un prêt. C’est à ne rien comprendre », s’est étonné l’avocat. Au final, la partie civile a réitéré son souhait de voir le contrat de prêt en question et le prévenu a promis de s’exécuter prochainement. Par rapport à l’incitation à la commission d’actes contraires à la discipline militaire, le parquet a laissé entendre que la plupart des accusés ont soutenu que le général leur a demandé d’accompagner le mouvement.

Cet acte, de l’avis du procureur militaire, viole l’article 30 du statut du personnel des forces armées. Le Gal Diendéré dit être surpris de cette accusation portée contre lui. « Je ne sais pas ce qu’on me reproche au juste. J’ai eu une sanction du président Kafando pour avoir incité les hommes à résister. Dans l’arrêt du juge d’instruction, on dit que j’aurais instruit des éléments d’aller arrêter les autorités.

Aujourd’hui, on me dit que j’ai demandé aux officiers d’accompagner le mouvement », a relevé l’accusé avant de soutenir qu’il n’a demandé à personne d’accompagner quoi que ce soit. Il a aussi estimé que les parquetiers n’utilisent que les éléments à charge, en omettant ceux à décharge. «Jusqu’à demain, le CEMGA donne des instructions au parquet militaire», s’est-il convaincu. Pour Me Mathieu Somé, un autre conseil du prévenu, le procureur n’a apporté jusque-là, aucune preuve que son client a commis un coup d’Etat, alors qu’à son avis, il appartient à la partie poursuivante de prouver les accusations. L’audition du général Diendéré se poursuit le lundi 17 décembre à 9h.

Mady KABRE


Diendéré invité à la courtoisie

Dans ses observations, le parquet a indiqué que le rattachement du Gal Diendéré au RSP n’était pas une position statutaire et que cela créait une confusion au commandement. «Comment commander si vous avez des éléments plus gradés que vous au sein de votre équipe ?», s’est-il interrogé. Il n’en fallait pas plus pour que le mis en cause monte sur ses grands chevaux pour rappeler au procureur qu’en tant que militaire, son nom devrait figurer quelque part. «Le parquet aurait mieux fait de se taire que de dire certaines choses (…) J’étais plus ancien que le CEMGA mais je suis toujours dans l’armée. Autant me faire quitter l’armée. Donc le rattachement a un sens et le procureur militaire doit comprendre cela», a clamé le général. Mais il a été invité par le président du tribunal à être modéré et courtois dans sa défense.

Les admirateurs du général se font remarquer

Avant de se présenter à la barre, le Gal Gilbert Diendéré a pris le temps de saluer l’assistance. Assis en groupe, ses partisans ont répondu, les mains en l’air, en mimant des signes de victoire. Parfois on entendait des murmures d’approbation dès que leur « idole » prend la parole. A la fin de l’audience, les mêmes individus se sont rapprochés pour saluer longuement le général qui en faisait autant. La scène a commandé que quelques agents de sécurité se positionnent entre eux.

L’espoir de Me Mathieu Somé

«Je vous informe que Laurent Gbagbo et Blé Goudé ont eu leur liberté provisoire aujourd’hui, alors qu’ils ont fait pire (plus de 3 000 morts)». C’est en ces termes que Me Mathieu Somé s’est adressé au parquet pour dire qu’il garde espoir que son client, Gilbert Diendéré, sera relaxé à l’issue du procès. Il convient toutefois de préciser que la libération de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé n’était qu’une rumeur, la Cour pénale internationale ne s’étant pas encore prononcée sur cette demande. M.K.

2iE: 50 ans au service des ingénieurs africains

L’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE) a célébré son jubilé d’or, le vendredi 14 décembre 2018 à Ouagadougou, sous le patronage du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré et le parrainage de son homologue tchadien, Idriss Déby Itno.

1968-2018. L’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE) a 50 ans. Des années au cours desquelles, l’institut est au service de l’Afrique en matière de formation d’ingénieurs, à travers divers domaines de développement. Pour marquer d’une pierre blanche ce parcours, l’école de formation des ingénieurs a organisé une cérémonie de célébration de jubilé d’or, le vendredi 14 décembre 2018 à Ouagadougou, sous le patronage du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

Celui-ci avait à ses côtés, son homologue tchadien, Idriss Déby Itno, comme parrain. Pour le Directeur général (DG) de 2iE, Mady Koanda, ce cinquantenaire constitue l’âge de ‘’sagesse’’ et de résilience de l’institut. Au cours de ces 50 ans, a-t-il indiqué, 2iE a formé 8100 ingénieurs et techniciens supérieurs. De 1977 à nos jours, a-t-il précisé, l’institut d’ingénierie a formé 442 diplômés tchadiens.

En dépit des résultats satisfaisants, a reconnu M. Koanda, 2iE doit relever un grand défi, celui des finances. « Cette journée est l’occasion pour nous de faire un plaidoyer auprès des Etats et partenaires pour qu’ils soutiennent l’institut afin qu’il continue de jouer son rôle d’outils de développement et d’intégration africaine », a plaidé M. Koanda.

Une photo de famille pour matérialiser le souvenir du cinquantenaire de 2iE.

Le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Niouga Ambroise Ouédraogo a rappelé qu’au départ, 14 pays de l’Afrique de l’Ouest et centrale avaient décidé de créer l’Ecole inter-Etats d’ingénieurs et de l’équipement rural (EIER) et deux ans plus tard soit 1970, ils ont créé l’Ecole de techniciens supérieurs de l’hydraulique et de l’équipement rural (ETSHER). En 2002 ces deux écoles ont fusionné en Groupe EIER-ETSHER qui devient par la suite 2iE en 2006, a-t-il fait savoir.

«Depuis quelques années, l’institut connaît une crise de gouvernance. Mais avec la volonté des autorités, dont le chef de l’Etat burkinabè qui s’est investi pleinement dans la résolution de ladite crise, 2iE a pu reprendre sa marche vers un avenir meilleur», a souligné le ministre Ambroise Ouédraogo. Au cours de la cérémonie, le président de la République du Tchad, Idriss Deby Itno ,a été élevé au grade de Dr honoris causa de l’école doctorale internationale et interuniversitaire de l’eau et de l’environnement (2iE).

Le président tchadien a dédié la distinction au peuple tchadien et à la jeunesse africaine en général. Il s’est dit être honoré de parrainer cette manifestation de cinquantenaire. Idriss Déby Itno s’est engagé à renforcer davantage cette relation fructueuse et à soutenir l’institut dans sa mission noble de formation des compétences pour le continent africain. Il a invité les étudiants de l’institut à redoubler d’efforts dans le sens de son renouveau pour plus de performance et d’excellence au bénéfice de l’Afrique. La cérémonie a pris fin par l’inauguration du monument du cinquantenaire de 2iE et le baptême du complexe scolaire scientifique ‘’Idriss Déby Itno’’.

Kowoma Marc DOH

kowomadoh@gmail.com


Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, à l’issue de la cérémonie

« En ce qui concerne 2iE, l’on sait qu’il traverse des difficultés. Mais, cet âge de maturité qu’il a atteint est un moment de faire une vision rétrospective pour voir comment nous pouvons nous réorganiser pour envisager l’avenir. Plus de 8000 personnes formées pendant 50 ans, c’est donc un potentiel.

L’on met toujours l’accent sur le développement du capital humain comme étant un facteur important de développement de nos Etats. Donc, les secteurs dans lesquels 2iE fonctionne, portent sur les questions d’eau, de l’électricité, de l’environnement qui sont des préoccupations primordiales pour nos différents pays.

De ce point de vue, je voudrais dire qu’obligatoirement les pays africains qui sont concernés par l’institution et qui ne payent pas leurs cotisations doivent se ressaisir pour que nous puissions avancer ensemble. Le travail sera fait dans ce sens et nous pourrons sortir progressivement de cette zone de turbulence  afin de faire de 2iE, un pôle d’excellence et de formation pour nos différents pays».

K.M.D.

Recherche scientifique: Martine Diallo/Koné sur la plus haute marche

La communauté scientifique du Burkina Faso a célébré la nuit du prix de l’excellence de la recherche scientifique et de l’innovation, le vendredi 14 décembre 2018 à Ouagadougou. Au cours de la cérémonie, le prix d’excellence a été décerné à Martine Diallo/Koné, pour ses travaux dans les domaines agricole et environnemental.

Martine Diallo/Koné de l’université Nazi- Boni de Bobo-Dioulasso est la lauréate de la 1re édition du prix d’excellence de la recherche scientifique et de l’innovation dans le domaine agricole et de l’environnement. En plus du trophée, elle a reçu un certificat et un chèque de dix millions F CFA. Ses mérites ont également été reconnus par la mairie de Bobo-Dioulasso qui lui a décerné un prix spécial composé d’un trophée, d’un certificat et d’un chèque d’un million F CFA.

La cérémonie de récompense a eu lieu le vendredi 14 décembre 2018 à Ouagadougou. Au total, quatre prix officiels et quatre prix spéciaux ont été décernés aux différents lauréats. Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, patron de la cérémonie, a reçu un trophée de reconnaissance. Selon les organisateurs, dans la perspective de stimuler une recherche scientifique de qualité au Burkina Faso, le gouvernement burkinabè a institué en 2017, un prix d’excellence de la recherche scientifique prévue pour se tenir tous les deux ans.

Huit prix dont quatre prix officiels et quatre prix spéciaux ont été décernés aux lauréats.

L’objectif de ce prix est de récompenser les travaux de recherche scientifique d’un individu ou d’une équipe pouvant contribuer de manière significative au progrès de la science ainsi qu’au développement économique, social et culturel du Burkina Faso. Selon Jean Noël Poda, l’un des parrains, l’économie est de plus en plus tributaire de la diffusion et la vulgarisation de la science dans la société.

A cet effet, il est impérieux, pense-t-il, d’investir dans le capital humain afin qu’il joue un rôle déterminant dans le développement de l’économie. Pour le patron de la cérémonie, le Premier ministre Paul Kaba Thièba, désormais, la science et la technologie doivent être au cœur de la bataille de l’émergence du pays des Hommes intègres. « Le défi du développement, c’est le défi de la recherche.

Le gouvernement entend œuvrer pour octroyer des bourses dans le but de permettre aux jeunes de pouvoir obtenir une formation scientifique de qualité», a lancé le Premier ministre. Par ailleurs, le chef du gouvernement a insisté qu’il faut créer une masse critique de scientifiques de techniciens qui feront des miracles à l’image du Japon et des Etats-Unis.

Dans ce sens, il a recommandé aux différents acteurs de redoubler d’efforts dans la valorisation des travaux de la recherche avec une ouverture à la communication et au public. Avant la cérémonie de récompense du prix d’excellence, les membres du Haut conseil national de la recherche scientifique et de l’innovation (HCNRSI) ont été officiellement présentés aux autorités et à la communauté scientifique.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO


Liste des lauréats

Prix d’excellence – Prix d’excellence (2018) dans le domaine agricole et environnemental ; Diallo /Koné Martine : un trophée, un certificat et 10 000 000 F CFA ;

Prix d’excellence en sciences de l’éducation et de la formation ; Jean Claude Bationo : un trophée, un certificat et 10 000 000 FCFA.

Prix d’excellence en science de l’homme et de la santé ; Roger Zerbo : un trophée, un certificat et 10 000 000 FCFA ;

Prix de l’excellence en sciences de la santé ; Rock K. Dabiré : un trophée, un certificat et 10 000 000 F CFA.

Prix spéciaux

Prix spécial de la recherche dans le domaine de l’urbanisme ; Diallo /Koné Martine : 1 trophée, un certificat et un million FCFA ;

Prix spécial femme ; Pr Sanata Bamba, un trophée, un certificat et un million F CFA. – Prix spécial du meilleur chercheur de moins de 40 ans ; Issa Wonni : 1 trophée, un certificat et un million F CFA ;

Prix spécial du plus jeune chercheur dans le domaine de la santé ; Shérif Kaba Mariam Kombasséré : 1 trophée, un certificat et un million F CFA.

P. O. O