Commune de Ziniaré : 30 élues locales formées au leadership

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L’Association des amis des élus du Plateau central (AAEPC) a organisé, le lundi 3 décembre 2018 à Ziniaré, une session de formation en vue de renforcer les capacités des élues locales et susciter leurs époux à les soutenir à travers le partage des tâches ménagères.

La session de formation/échanges organisée par l’Association des amis des élus du Plateau central (AAEPC), avec l’appui de ses partenaires suédois CIS et Forum Syd, le lundi 3 décembre 2018, entre dans le cadre du programme d’activités 2018 de l’association. Cette initiative de former les femmes élues au leadership, à la prise de parole en public et la confiance est née à l’issue d’une étude menée en 2017, selon les premiers responsables de l’AAEPC.

De cette étude, il est ressorti que même si les conseillères municipales participent à la gestion des affaires locales à travers les conseils municipaux, elles ne participent pas aux débats lors des sessions. Aussi, du fait de la lourdeur des tâches ménagères, certaines femmes élues n’arrivent pas à participer régulièrement aux sessions du conseil municipal. « C’est pour ce faire que l’AAEC a décidé de renforcer les capacités de ces femmes élues afin qu’elles puissent jouer pleinement leur rôle en tant que porte-parole de leurs communautés et en tant qu’élues locales.

Et vu que les charges ménagères constituent également une difficulté, nous avons décidé également d’échanger avec leurs époux et voir comment ils pourront accompagner leurs épouses élues dans l’accomplissement de leur mission », a indiqué Patrice Ki, chef de projet. Cette session de formation, a-t-il précisé, est l’aboutissement d’un projet mené par l’équipe du projet à travers des rencontres préparatoires dans les communes pour expliquer l’approche qui est novatrice, mais aussi pour faire accepter le projet par les responsables des communes, les époux des élues locales et par les élues locales elles-mêmes.

Les élues locales et leurs époux se sont engagés à travailler pour une pleine participation de la femme à la gestion des affaires locales.

« C’est à l’issue de ces rencontres que les élues locales ont volontairement accepté de venir avec leurs époux pour participer à cette rencontre d’échanges et de formation », a précisé M. Ki. Ainsi, après une rencontre d’échanges sur le genre, les deux groupes se sont séparés pour des travaux en atelier. Pour les élues locales, il était question de les former à la prise de parole en public, à la confiance en soi et au leadership. Après une formation théorique, l’accent a été mis sur les exercices de simulation afin de permettre aux élues locales de surmonter leur peur.

Quant aux époux des élues locales, ils ont échangé sur leurs pratiques habituelles dans la gestion de leurs ménages. A l’issue des discussions, ils ont compris que leur mentalité doit évoluer et ils se sont engagés à soutenir leurs épouses dans les tâches ménagères. Au regard du niveau de participation et de la qualité des engagements pris, les responsables de l’AAEPC et la représentante des partenaires, Malena Liedholm Ndounou, se sont dits satisfaits des résultats atteints.

« Dans la démarche projet, nous avons un processus de suivi-évaluation qui va nous permettre d’aller sur le terrain pour vérifier quels sont véritablement les changements qui ont été suscités au sein des différents couples et voir comment améliorer l’approche. C’est une expérience pilote que nous menons dans six communes de la région. Mais si après évaluation, nous constatons que les résultats sont appréciables, c’est une approche que nous allons développer dans les autres communes de la région du Plateau central », a confié M. Ki.

Abdias Cyprien SAWADOGO

La chambre de commerce se dote d’un conseil de sages

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La Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) a installé officiellement son conseil des sages, le 13 décembre 2018, à Ouagadougou. La cérémonie a été présidée par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba.

La création d’un climat social propice au développement des activités économiques fait partie des missions assignées à la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF). Pour remplir pleinement ce rôle, l’institution consulaire burkinabè, sous l’instigation de son président, s’est dotée d’un conseil de sages devant contribuer à la régulation des relations entre les acteurs économiques.

L’installation officielle des membres de ce collège s’est effectuée, le 13 décembre 2018, à Ouagadougou. Selon le premier responsable de la CCI-BF, Mahamady Savadogo, le conseil des sages a, entre autres, pour missions de faciliter le développement harmonieux du secteur privé, de donner des conseils avisés sur des sujets stratégiques, de connaître des conflits et des tensions dans le monde des affaires et de concilier les parties pour la sauvegarde de la concorde entre opérateurs économiques.

Composé d’une quarantaine de membres, dont d’anciens présidents de la chambre et de personnalités avisées du milieu des affaires, l’importance de cet organe n’est plus à démontrer, a souligné M. Savadogo. «L’installation officielle du Conseil des sages du secteur privé est un acte majeur qui montre notre attachement commun à la cohésion du milieu des affaires et à la bonne marche de notre économie », a-t-il soutenu.

Les sages ont pris la pleine mesure de la tâche qui leur est confiée de travailler à la création d’un climat social apaisé dans le milieu des affaires.

Pour lui, cette instance consultative a un important rôle à jouer dans l’apaisement du climat social dans le monde économique burkinabè, à travers la prévention, la veille et la gestion des éventuelles crises entre acteurs économiques et qui peuvent fragiliser les relations d’affaires. Remplir la mission avec discernement C’est pourquoi, le président a reconnu que la mission assignée aux sages est à la fois noble et délicate et exige l’engagement de tous.

«Bâtir cet esprit de concorde demande donc la contribution de toutes les personnes, physiques et morales soucieuses de la préservation de la bonne entente entre les fils du Burkina Faso », a rappelé le représentant institutionnel du secteur privé burkinabè. Celui des sages, Benoît Ouattara, a laissé entendre que le conseil mesure l’ampleur de la tâche qui lui est dévolue. Pour lui, cet organe est un cadre de réflexion, d’actions, de propositions et d’évaluation des besoins des acteurs économiques pour un développent harmonieux du secteur privé national.

« Réussir la mission qui leur incombe, exige de ses membres de l’intelligence, du bon sens, de la prudence, du respect d’un certain nombre de vertus, en somme, de la sagesse »

, a-t-il souligné. Et c’est dans une démarche participative que le collège des sages compte remplir ses obligations, a soutenu M. Ouattara. Au nom de ces collègues, il a loué cette volonté des premiers responsables de la chambre de faire appel au savoir-faire des aînés. Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, qui a officiellement installé les sages de la CCI-BF dans leurs fonctions, a salué la clairvoyance et le sens de l’anticipation qui sont à l’origine de cette initiative fédératrice des énergies et des intelligences pour le développement du secteur privé, véritable moteur de croissance.

«  La mise en œuvre réussie de la transformation structurelle de l’économie nationale qui est inscrite dans le PNDES ne peut se faire sans une synergie d’actions des acteurs privés », a-t-il relevé. Conscient de la place déterminante de la CCI-BF dans la préservation du climat social dans le monde des affaires, le chef du gouvernement, a invité ses membres à assumer leur rôle avec tolérance, discernement, intelligence, impartialité et confidentialité. La cérémonie a également été une occasion pour la chambre de commerce d’installer ses chargés de missions.

Mahamadi SEBOGO

sebogo@yahoo.fr

Burkina-Ghana: Quatre projets pour consolider la coopération

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Les travaux de la 12e session ordinaire de la Commission permanente mixte de coopération entre le Burkina Faso et le Ghana ont été sanctionnés, dans la soirée du vendredi 14 décembre 2018 à Accra, par la signature des projets de coopération, de mémorandum d’entente et d’accords. Sur 18 projets présentés, six ont été finalisés dont quatre signés par les deux parties pour renforcer l’axe Ouagadougou-Accra.

La 12e session ordinaire de la Commission permanente mixte de coopération entre le Burkina Faso et le Ghana a tenu ses promesses, selon les acteurs. La moisson est bonne, ont-ils indiqué, lors de la clôture des travaux de la 12e rencontre ordinaire de la commission, le vendredi 14 décembre 2018 à Accra au Ghana.

En effet, à cette session, plusieurs accords de coopération ont été finalisés dont quatre signés par les autorités des deux pays. Il s’agit notamment de l’accord de coopération entre le Burkina Faso et le Ghana, relatif à la mise en œuvre d’une interconnexion ferroviaire. A cela, s’ajoute le paraphe de trois mémorandums d’entente dans les domaines de la sécurité, des sports et loisirs et dans le secteur de l’éducation.

Pour le chef de la délégation burkinabè, Daouda Diallo, le travail des experts a été bien mené. Et une dizaine de projets étaient ficelés pour la 12e session dont les travaux étaient axés sur les relations diplomatiques, la sécurité, la politique, les questions juridiques, le transport, le commerce l’énergie, l’agriculture, le développement ferroviaire, l’éducation etc.

La mise en œuvre de l’interconnexion ferroviaire est l’une des priorités pour
le Ghana et le Burkina Faso.

Toutefois, il a reconnu que dans les parapheurs, certains projets ou protocoles d’accord n’étaient pas suffisamment étoffés pour faire l’objet d’une signature. Tout compte fait, indique M. Diallo, la partie burkinabè est satisfaite, car ce qui prime, c’est le renforcement de la collaboration entre les deux Etats. Dans le même ordre d’idées, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, a précisé qu’en matière de diplomatie, « un accord signé est une victoire diplomatique ».

Pour lui, les deux pays entretenaient déjà des projets, notamment dans les secteurs de l’énergie avec l’interconnexion, la libre circulation des personnes et des biens, etc. A l’entendre, la session est donc un cadre pour formaliser et encadrer ces projets via des textes règlementaires. Et en la matière, le ministre Barry s’est particulièrement réjoui de la signature du projet d’accord relatif à l’ouverture d’une ligne ferroviaire reliant Ouagadougou à Accra.

Un projet qui, de son point de vue, doit connaître une mise en œuvre « rapide » avec probablement un début des études techniques et de faisabilité en 2019. De son côté, le ministre ghanéen en charge du suivi-évaluation, Anthoni Akoto Osei, a exprimé toute l’attention que son pays accorde à la construction du chemin de fer reliant Accra à Ouagadougou. Il dit espérer que les projets qui n’ont pu être signés, connaîtront une issue heureuse par voie diplomatique, afin de soulager les besoins des populations des deux pays.

Wanlé Gérard COULIBALY De retour d’Accra

Burkina Faso-Ghana: Alpha Barry présente ses projets à Accra

En séjour à Accra dans le cadre de la commission mixte de coopération Burkina Faso-Ghana, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, a échangé avec le vice-président ghanéen, Alhaji Mahamudu Bawumia, sur la vitalité de la collaboration et les projets communs de développement favorables au bien-être des deux populations.

Le gouvernement burkinabè veut rendre plus performante sa politique étrangère. Ainsi, lors de la tenue de la 12e session ordinaire de la commission permanente mixte de coopération Burkina Faso-Ghana, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, qui a présidé les travaux de clôture, a eu une audience avec le vice-président du Ghana, Alhaji Mahamudu Bawumia, au palais présidentiel-Jublee House, le 14 décembre 2018.

De l’entretien, le chef de la diplomatie burkinabè a fait savoir qu’il a été question de rapprocher davantage les deux peuples, via des projets communs de développement, la mutualisation des efforts en matière d’énergie, d’infrastructure, d’échanges commerciaux, de transport terrestre, de sécurité des territoires, etc. Des projets qui, selon Alpha Barry, vont non seulement favoriser l’essor de l’économie des deux pays mais aussi le brassage des peuples.

Il a également réitéré que la question du renforcement de la coopération bilatérale, telle que voulue par les deux chefs d’Etat, vise à promouvoir la coopération Sud-Sud. Pour ce faire, plusieurs projets structurants ont été identifiés au cours de la 12e session de la commission mixte pour rendre l’axe Ouagadougou-Accra plus dynamique. Mais avant tout, le diplomatie burkinabè se réjouit de la bonne santé des relations entre le pays et le Ghana voisin.

A la présidence du Ghana, les deux délégations ont pris la résolution de relever le défi d’une coopération exemplaire en Afrique.

Quant au vice-président du Ghana, Alhaji Mahamudu Bawumia, les projets et programmes qui intéressent le Burkina Faso le sont aussi pour son pays. Il a réitéré son attachement à œuvrer pour plus de résultats lors des prochaines sessions de la commission mixte de coopération. Alhaji Mahamudu Bawumia a indiqué que l’attachement de la partie ghanéenne à la construction de ligne ferroviaire reliant les deux nations. Au plan sécuritaire, il approuve qu’à travers le renseignement et autres mesures sécuritaires, les services compétents pourront se partager des informations ou se rendre service tant bien que possible.

Pour M. Bawumia, les projets communs qui n’ont pas pu être signés devront l’être dans les mois à venir au cours d’autres cadres de rencontre de renforcement de la coopération bilatérale. Pour sa part, l’ambassadeur du Burkina Faso au Ghana, Pingrenoma Zagré, a réitéré l’excellence des relations entre les deux pays qui se traduit par une parfaite intégration des Burkinabè vivant dans ce pays frère.

Gérard COULIBALY De retour d’Accra (Ghana)

Le président du Faso à Paris

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, est arrivé hier dimanche 16 décembre 2018 à Paris en France à 13h30 heure locale (GMT+1) dans le cadre d’une visite officielle.

Sitôt arrivé, le chef de l’Etat entamera son programme par la rencontre avec les Burkinabè vivant en France, à l’ambassade du Burkina Faso à Paris. Aujourd’hui 17 décembre dans la matinée, le président Kaboré sera accueilli officiellement par les autorités françaises à l’Hôtel des Invalides à travers une cérémonie solennelle marquée par les honneurs aux drapeaux, l’exécution des hymnes nationaux et le défilé de la Garde républicaine.

A l’issue de cette cérémonie, le président du Faso et sa délégation auront une séance de travail à l’Hôtel de Brienne avec le ministre français des Armées, Florence Parly. Cette séance sera couronnée par la signature d’un accord intergouvernemental. Dans l’après-midi, le chef de l’Etat aura un entretien en tête-à-tête avec le président français, Emmanuel Macron, au Palais de l’Elysée, à l’issue duquel plusieurs accords de coopération seront signés entre les deux parties.

Les présidents Kaboré et Macron animeront par la suite un point de presse conjoint. Dans la soirée de ce lundi 17 décembre, le chef de l’Etat s’entretiendra respectivement avec le président de l’Assemblée nationale française, Richard Ferrand, à l’Hôtel de Lassay et le président du Sénat, Gérard Larcher au Petit-Luxembourg. Le mardi 18 décembre, le président du Faso se rendra à Dijon, où il recevra à l’université de Bourgogne, la distinction honorifique de Docteur honoris causa.

En marge de cette cérémonie de distinction, où le chef de l’Etat prononcera un discours sur la problématique de l’avenir de la jeunesse, il rencontrera aussi des acteurs de la coopération décentralisée avant de visiter une unité mixte de recherche en agriculture durable.

Direction de la communication de la présidence du Faso

Combattre la corruption dans l’administration publique

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Le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, a organisé, le mardi 4 décembre 2018, à Ouagadougou, un panel sur la vulgarisation du dispositif international et national en matière de lutte contre la corruption au profit des usagers et des agents publics.

La lutte contre la corruption constitue un combat majeur pour le Burkina Faso, un pays en développement. L’ampleur du phénomène est telle qu’elle n’épargne aucun secteur de la vie économique et sociale. C’est dans ce contexte que le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, a organisé un panel pour la vulgarisation du dispositif international et national de lutte contre la corruption à l’endroit des usagers et des agents publics, le mardi 4 décembre 2018 à Ouagadougou.

Selon une estimation de la Banque mondiale, le Burkina Faso perd chaque année, environ 600 milliards de F CFA du fait de la corruption, a relevé le représentant du ministre en charge de la fonction publique, Souleymane Lengané. Selon lui, ce manque à gagner impacte négativement aussi bien les dépenses publiques et les recettes fiscales que les investissements publics dans les services sociaux de base, a-t-il indiqué.

En plus, a-t-il poursuivi en disant que la corruption engendre un effet répulsif des investisseurs publics et privés, elle réduit l’efficacité de l’administration publique et affaiblit les institutions républicaines. C’est pourquoi, M. Lengané l’a qualifiée de redoutable fléau qui met à mal tous les secteurs de l’économie, exacerbant les inégalités et l’injustice et pervertissant l’état de droit. Pour lui, les conséquences de la corruption sur le développement sont reconnues et ont été relevées par les rapports de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption.

Pour faire face à cette situation, a indiqué M. Lengané, le Burkina Faso a ratifié des conventions et adopté des lois et des politiques en vue de lutter efficacement contre le phénomène. On peut retenir à ce titre, la convention des Nations unies contre la corruption ratifiée par le Burkina Faso en 2006, la loi 004-2015/CNT du 03 mars 2015 portant prévention et répression de la corruption au Burkina Faso.

Outre cela, pour le président de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), Luc Marius Ibriga, la lutte contre la corruption n’est pas seulement l’affaire du gouvernement ou d’institution, elle concerne tout le monde. Au regard de ces méfaits, les plus démunis et les plus pauvres sont les grandes victimes de la corruption, a-t-il conclu.

Marthe ZONGO (Stagiaire)

Les chiffres et les réalités du terrain

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Le récent sondage effectué par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) a donné une moyenne peu honorable au Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, crédité, faut-il le rappeler, de la note de 4,91 sur 10. Si l’on en croit donc ces chiffres, en trois ans d’exercice du pouvoir d’Etat, la cote de popularité du chef de d’Etat s’est effritée au point que, si l’on organisait un scrutin en ce mois de décembre, un deuxième tour apparaîtrait comme plausible avec, au bout, une incertitude sur le nom du potentiel gagnant.

Il n’en fallait pas plus pour que les différentes audiences politiques s’en saisissent, chacun pour étayer ses convictions préétablies sur la conduite des affaires de l’Etat. Quoiqu’on fasse des sondages, il convient de saluer le travail du CGD qui a su préserver sa crédibilité auprès de l’opinion publique dans sa quête d’une gouvernance plus démocratique.

Notamment par l’implémentation de repères et d’outils quantitatifs d’appréciation de l’action publique à l’image des sondages d’opinion. Les hypothèses émises par cette enquête d’opinion publiée le 8 décembre 2018 ont, cependant, été malmenées et battues en brèche dès le lendemain, au regard du récent parcours en triomphe vainqueur effectué par le président du Faso pour rallier la ville de Manga où devait se tenir la célébration de la fête de l’indépendance du Burkina.

A toutes les escales effectuées par le chef de l’Etat, à Koubri, Kombissiri et Toécé, ce sont des populations en liesse qui ont accueilli le cortège présidentiel. Bain de foule, cadeaux au symbolisme profond, actes de sympathie et d’encouragements n’ont pas manqué à l’endroit du locataire de Kosyam qui, du coup, a dû être conforté dans ses certitudes et dans sa volonté de faire du Burkina Faso, un pays qui compte davantage parmi ses pairs dans un bref avenir. La preuve, s’il en était encore besoin, qu’entre les réalités du terrain et les savantes démonstrations des cabinets et salons ouagalais, il y a souvent loin, de la coupe aux lèvres.

Bien sûr, certains esprits chagrins pourront disserter sur des mobilisations « forcées », mais, ce serait faire injure à un peuple qui a démontré qu’il savait ce qu’il voulait dès l’aube des indépendances et dans un passé récent. Il y a donc du « bon » dans cette gouvernance Roch, même si beaucoup reste à faire sur le chantier de la construction nationale. C’est dire que les efforts devront être intensifiés pour, comme nous l’écrivions récemment, consolider nos acquis politiques et économiques et poursuivre la marche en avant. En tous les cas, le « pays réel  » est en phase avec ses dirigeants. Et c’est important pour permettre à la nation de progresser en attendant le « vrai sondage » en 2020.

Par Mahamadi TIEGNA

Premier prix presse écrite du PO: Le 2e sacre de Abdel Aziz Nabaloum

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Le premier prix  presse écrite du partenariat de Ouagadougou a livré son verdict dans la nuit du jeudi 13 décembre 2018 à Dakar, la capitale sénégalaise. Notre confrère Abdel Aziz NABALOUM a été sacré vainqueur pour la 2e fois consécutive. Le 1er prix en presse écrite lui a été décerné.

Son article qui l’a hissé sur la plus haute marche du podium a porté sur les avortements clandestins en milieu jeunes au Burkina Faso. Et à titre d’exemple, pour l’année 2012, environ 105 000 avortements ont été pratiqués au Pays des Hommes intègres, estimant le taux d’avortement national de 25 pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans. Le concours était ouvert aux journalistes des 9 pays membres du Partenariat de Ouagadougou (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo).

En rappel, Sidwaya depuis la première édition a été toujours lauréat. Le PO prime deux journalistes en radio, en presse écrite et en blog. Cette édition les 5 autres prix ont été raflés par le Bénin. 

Félicitation au lauréat et à l’équipe de Sidwaya

D. S.

Norbert Zongo : « Mes souvenirs de reporter, 20 ans après… »

« Le 13 décembre 1998, je prenais l’avion lorsque les rumeurs ont commencé à circuler sur la mort du journaliste Henri Sebgo. C’était le nom de plume choisi par Norbert Zongo depuis le journal « La Clef » où il avait commencé son travail d’analyste et de critique, avant de fonder L’Indépendant.

C’est de Dakar, où je m’étais rendu pour une vidéoconférence entre des journalistes économiques et le DGA du FMI, Alassane Ouattara, que j’ai eu la confirmation de la nouvelle et des premières violences qui secouèrent fortement Ouagadougou.

Cette mort m’avait plongé dans une grande tristesse et une vive émotion. Je connaissais Norbert Zongo. On se croisait de temps en temps au cours des reportages. Et à chaque fois, il trouvait le temps d’échanger avec moi. Il ne faisait pas du simple reportage comme moi qui travaillait à RFI et au quotidien « Le Journal du Soir », mais il venait couvrir les événements pour mieux les comprendre afin d’affiner ses analyses. Président de la Société des éditeurs de presse (SEP), il venait régulièrement voir notre directeur de publication et c’était l’occasion pour nous d’échanger avec lui. Il s’arrêtait à la rédaction pour poser quelques questions.

Au moment où nous pensions avoir bouclé et vidé un dossier, c’est en ce moment que Norbert prenait le relais. Il allait plus loin, posait des questions et s’attardait sur des aspects que nous survolons dans nos reportages. C’était ça la différence de la plume de Norbert Zongo. 
Et ce fut le cas dans l’affaire David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré torturé à mort par la garde présidentielle à la suite d’une accusation de vol d’argent. L’affaire avait été révélée dans un confidentiel par Le Journal du Soir. Mais comme à son habitude, Norbert Zongo avait pris le relais pour enquêter et s’interroger sur les circonstances de cette mort intervenue à l’infirmerie de la présidence, après les tortures.

Pantalon et chemise fourrée, Norbert Zongo menait une vie simple. Il se déplaçait à mobylette et ne prenait la voiture que pour se rendre dans son ranch de chasse dans la province de la Sissili, au Sud du pays.

Il m’avait parlé du danger des éléphants dans cette zone du pays. Ces pachydermes détruisaient les champs des paysans. Norbert s’en inquiétait et m’avait demandé de venir faire un reportage pour RFI. J’avais accepté volontiers et lui avais promis ce reportage. Et on avait planifié de nombreuses fois mon déplacement en sa compagnie. À chaque fois, j’avais des empêchements de dernière minute. À tel point que j’en étais gêné.

J’avoue qu’il m’est arrivé quelques fois de l’éviter parce que je ne savais plus quoi lui répondre sur mes multiples reports pour ce reportage qui l’intéressait particulièrement. Mais à chaque fois, quand je le croisais, il avait la même réponse d’un ton habituellement calme et aimable. « Alpha, c’est quand tu peux, on ira ensemble. Tous les week-ends je pars là-bas. Tu me fais signe le jour où tu es prêt », me répétait-il. J’ai programmé ce voyage plusieurs fois et à chaque fois j’ai décommandé.

Lorsque j’ai appris la nouvelle de son assassinat, j’ai naturellement pensé à mon propre sort. J’aurais pu faire partie de ce voyage de la mort le 13 décembre 1998. J’aurais pu être un des compagnons d’infortune de Norbert comme son jeune frère et les deux autres qui ont été brûlés avec lui ce jour-là.

Rentré de Dakar, j’allais m’attaquer au dossier le plus délicat de ma carrière de journaliste-reporter.
Et tout commence pour moi ce dimanche 3 janvier 1999, une date historique pour les Burkinabè.

Le Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques, avec à sa tête Halidou Ouédraogo, avait prévu de manifester. Empêchés d’accéder à la Bourse du travail, les manifestants constitués à majorité d’étudiants se retrouvent sur le parvis de la Cathédrale de Ouagadougou. Après plusieurs tractations avec les autorités sous la médiation de l’archevêque Jean-Marie Untani Compaoré sorti de la messe dominicale, la police charge au gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

C’est le début d’une longue crise avec de nombreuses manifestations dans ce pays qui était calme depuis le début des années 90 marquant le passage au multipartisme. Même à la dévaluation du Franc CFA en janvier 1994, le Burkina était demeuré calme malgré une multiplication presque par deux des prix des produits importés.

Tous les samedis, il y avait des marches et meetings. Et moi j’en rendais compte régulièrement. La pression était énorme sur les épaules du jeune journaliste que j’étais. Alors qu’aucune radio étrangère, hormis RFI, n’émettait en FM à l’époque et qu’aucune radio locale ne traitait ce genre d’informations en ces temps-là, moi j’étais en direct à chaque fois qu’il y avait une manifestation. C’était un fardeau que je portais presque tout seul pour ce qui est de l’audiovisuel.

Petit à petit, le Burkina plongeait dans une crise sans précédent. Le pouvoir était secoué. Blaise Compaoré, qui venait d’être élu confortablement en novembre 1998 et qui était président en exercice de l’OUA, allait faire des concessions énormes avec des réformes majeures. C’est pourquoi il n’est pas exagéré de dire que Norbert Zongo a été le sacrifice pour la démocratisation réelle du Burkina d’aujourd’hui. Un sacrifice qui a fait tomber des mythes et conduit à la liberté et à la démocratie que nous connaissons depuis un certain temps.

Quelques faits…

Le pouvoir fut obligé de mettre en place un Collège de sages pour proposer des réformes institutionnelles afin d’apaiser le climat socio-politique. Il fut obligé également de créer une Commission d’enquête indépendante et internationale (CEI) avec de pleins pouvoirs.

Composé d’anciens chefs d’Etat, de religieux et d’anciens ministres, le Collège de sages fit des propositions courageuses comme la limitation des mandats présidentiels qui avait disparu un an plus tôt de notre loi fondamentale à la faveur d’une révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale. La plupart des réformes proposées sont acceptées par Blaise Compaoré. Et on connaît la suite de l’histoire : il n’a jamais réussi à manœuvrer pour « sauter » cette limitation comme il le souhaitait en 2014.

La CEI avait réussi à mettre en garde à vue l’adjudant Marcel Kafando (à ne pas confondre avec l’adjudant-chef Hyacinthe Kafando, son prédécesseur) alors tout-puissant chef de la sécurité rapprochée du président. Au cours et à la suite du travail de la CEI et du Collège de sages, beaucoup de mythes tombèrent :

 cette garde à vue du chef de la sécurité rapprochée ;
 l’audition devant la CEI de nombreux dignitaires du pays comme Alizeta Ouédraogo ;
 la désignation de six suspects sérieux dans le rapport de la CEI et qui vaudra une expulsion au secrétaire général de Reporters Sans Frontières, Robert Ménard, membre de cette commission ;

 l’inculpation puis le procès et la condamnation des assassins de David Ouédraogo, tous membres de la garde présidentielle ;
 la comparution, en 2000 certes, en tant que témoins, de proches influents de Blaise Compaoré à ce procès comme Gilbert Diendéré et François Compaoré et son épouse ;

 le changement du mode de scrutin aux législatives (proportionnel au plus fort reste) qui permit à l’opposition d’entrer en masse à l’Assemblée nationale en 2002 ;
 la durée du mandat présidentiel qui passe de 7 à 5 ans ;
 le ré-casernement (certes lent) du Régiment de sécurité présidentielle ;
 Etc.

De fin 1998 à 2002, l’environnement institutionnel du Burkina est complètement bouleversé sous la pression du Collectif contre l’impunité qui réclamait vérité et justice pour Norbert Zongo. Il avait à sa tête, outre Halidou Ouédraogo, le professeur Joseph Ki-Zerbo qui eût un jour cette phrase devenue célèbre : « Nan lara, An Sara » (traduit du dioula : si on reste couché, on est mort). Autrement dit : si on ne lutte pas, on n’aura rien.

Je me souviens qu’à l’issue du procès dans l’affaire David Ouédraogo, je concluais, dans un reportage, sur à peu près ceci : « Voir tous ces dignitaires jusque-là intouchables malmenés à la barre par de jeunes avocats impertinents comme Me Prospère Farama était la preuve que quelque chose avait changé dans ce pays ».

Vingt ans après sa mort et quatorze ans après le non-lieu pour le seul inculpé qui était Marcel Kafando, Norbert Zongo continue de faire parler de lui, en attendant un dénouement judiciaire.

En ce jour du 13 décembre commémorant les vingt ans de son assassinat (avec ses trois compagnons), je voudrais m’associer à la douleur de ses proches et saluer la lutte des défenseurs des Droits humains pour faire triompher la vérité et la justice ».


Alpha Barry
Journaliste
Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération