Cohésion dans le climat des affaires : La chambre de commerce se dote d’un conseil de sages

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La Chambre du commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) a installé officiellement son conseil des sages, le 13 décembre 2018, à Ouagadougou. La cérémonie  a été présidée par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba.

Pour le président de la CCI-BF, Mahamady Savadogo, le conseil des sages est un important outil de prévention, de veilles et de gestion des éventuelles crises entre acteurs économiques.

La création d’un climat social propice au développement des activités économiques fait partie des missions assignées à la Chambre du commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF). Pour remplir pleinement ce rôle, l’institution consulaire burkinabè, sous l’instigation de son président, s’est dotée d’un conseil de sages devant contribuer à la régulation des relations entre les acteurs économiques. L’installation officielle des membres de ce collège, s’est effectuée le 13 décembre 2018, à Ouagadougou.

Selon le premier responsable de la CCI-BF, Mahamady Savadogo, le conseil des sages a, entre autres, pour missions de faciliter le développement harmonieux du secteur privé, de donner des conseils avisés sur des sujets stratégiques, de connaitre des conflits et des tensions dans le monde des affaires et de concilier les parties pour la sauvegarde de la concorde entre opérateurs économiques. Composé d’une quarantaine de membres, dont d’anciens présidents de la chambre et de personnalités avisées du milieu des affaires, l’importance de cet organe n’est plus à démontrer, a souligné M. Savadogo.

«L’installation officielle du Conseil des sages du secteur privé est un acte majeur qui montre notre attachement commun à la cohésion du milieu des affaires et à la bonne marche de notre économie », a-t-il soutenu. Pour lui, cette instance consultative  a un important  rôle à jouer dans l’apaisement du climat social dans le monde économique burkinabè, à travers la prévention, la veille et la gestion des éventuelles crises  entre acteurs économiques et qui peuvent fragiliser les relations d’affaires.

Remplir la mission avec discernement

C’est pourquoi, le président a reconnu que la mission assignée aux sages est à la fois noble et délicate et exige l’engagement de tous. «Bâtir cet esprit de concorde demande donc la contribution de toutes les personnes, physiques et morales soucieuses de la préservation de la bonne entente entre les fils  du Burkina Faso », a rappelé  le représentant institutionnel du secteur privé burkinabè.

Celui des sages, Benoît Ouattara, a laissé entendre que le conseil mesure l’ampleur de la tâche qui lui est dévolue.  Pour lui, cet organe est un cadre de réflexion, d’actions, de propositions et d’évaluation des besoins des acteurs économiques pour un développent harmonieux du secteur privé national. « Réussir la mission qui leur incombe, exige de ses membres de l’intelligence, du bon sens, de la prudence, du respect d’un certain nombre de vertus, en somme, de la sagesse », a-t-ilsouligné.

Et c’est dans une démarche participative que le collège des sages compte remplir ses obligations, a soutenu M. Ouattara. Au nom de ces collègues, il a loué cette volonté des premiers responsables de la chambre de faire appel au savoir-faire des ainés.

Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a salué la clairvoyance du bureau de la CCI-BF qui a inscrit le renouveau consulaire et la réconciliation des acteurs privés comme priorité de sa mandature.

Le Premier ministre,Paul Kaba Thiéba, qui a officiellement installé les sages de la CCI-BF dans leurs fonctions, a salué la clairvoyance et le sens de l’anticipation qui sont à l’origine de cette initiative fédératrice des énergies et des intelligences pour le développement du secteur privé, véritable moteur de croissance.

« La mise en œuvre réussie  de la transformation  structurelle de l’économie nationale qui est inscrite dans le PNDES ne peut se faire sans une synergie d’actions  des acteurs privés », a-t-il relevé. Conscient de la place déterminante de la CCI-BF dans la préservation du climat social dans le monde des affaires, le chef du gouvernement, a invité ses membres à assumer leur rôle avec tolérance, discernement, intelligence, impartialité et confidentialité.

La cérémonie a également été une occasion  pour la chambre du commerce d’installer ses chargés de missions.

Mahamadi SEBOGO
sebogo@yahoo.fr

Lutte contre le Sida : 10 338 personnes sous traitement dans les Hauts-Bassins

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Dans le cadre la commémoration de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’Antenne régionale du Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (SP/CNLS-IST) des Hauts-Bassins a organisé, le vendredi 7 décembre 2018 à Bobo-Dioulasso, une conférence de presse. L’objectif était d’informer les journalistes de la situation épidémiologique du VIH, du sida et des IST et renforcer le plaidoyer pour la mobilisation sociale et la sensibilisation de masse.

Selon le rapport 2018 de l’ONUSIDA, le Burkina Faso comptait environ 94 000 personnes vivantes avec le VIH dont 61 447 sous traitement anti rétroviraux en 2017. En 2017, le Burkina Faso a détecté 4 300 nouvelles infections soit une moyenne de 12 personnes infectées par jour. Toujours, selon le même rapport, 3 100 personnes sont mortes du VIH l’année dernière. Le taux d’épidémie du VIH est estimé de 0,8% au Burkina Faso depuis l’année 2015.

Dans la région des Hauts-Bassins, 12 943 personnes en ont été victimes avec 10 338 sous traitement. La cheffe de l’Antenne régionale du Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (SP/CNLS-IST) des Hauts-Bassins, Susanne Sidibé a livré ces informations, le vendredi 7 décembre 2018 à Bobo-Dioulasso, au cours d’une conférence de presse. En effet, la rencontre avec les journalistes s’est tenue dans le cadre de  la commémoration de la Journée mondiale de lutte contre le Sida, célébrée chaque 1er décembre.

L’antenne SP/CNLS-IST des Hauts-Bassins a invité les journalistes à toujours jouer le rôle de sensibilisation.

La Journée mondiale a été placée cette année sous le thème : « Connais ton statut…sérologique ».  L’objectif à travers ce thème, selon Mme Sidibé,  est d’atteindre d’ici à 2020 les trois 90 afin de mettre fin à l’épidémie en 2030. En effet, les trois 90 stipulent qu’à l’horizon 2020, 90% des personnes vivant avec le VIH doivent connaitre leur statut sérologique, 90% des personnes dépistées doivent  recevoir  un traitement anti rétroviral, 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral doivent avoir une charge virale supprimée. C’est pourquoi, elle a invité les populations à se faire dépister davantage afin de  relever le défi du premier 90.

Car, à en croire Suzanne Sidibé, les deux autres 90 dépendent du premier. Pour le chargé de programme du SP/CNLS-IST des Hauts-Bassins, Emmanuel Zabsonré, il est nécessaire de rester sur le qui-vive. Et de rappeler à la population que le virus est présent avec la même virulence et le même péril qu’au début des années 1980. Citant le rapport de l’ONUSIDA 2018, il  a fait savoir que de 2010 à 2017, le niveau de prévalence reste élevé dans les régions du Centre, du Centre-Ouest, des Hauts-Bassins, du Nord, du Sud-Ouest.

Boudayinga J-M THIENON

Flash: le Gouvernement adopte un plan de riposte à une éventuelle épidémie de méningite

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En conseil des ministres le mercredi 12 décembre dernier, le gouvernement a adopté le plan 2019 de préparation et de riposte à une éventuelle épidémie de méningite. Cette anticipation de l’Exécutif est à saluer à plus d’un titre.

En effet, presque chaque année, le pays se trouve parfois confronté aux manques de médicaments et de vaccins, avec à la clé, des campagnes de vaccination tardive. En plus de renforcer la surveillance épidémiologique, ce plan de 2,078 milliards de francs CFA permettra donc la mise en œuvre de campagnes de vaccination réactive contre une éventuelle épidémie de méningite en 2019.

Jean-Marie TOE

Dossier Norbert Zongo: « Malgré les baptêmes de rue et d’université en ton nom, nous restons vigilants », AJB

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Message de l’Association des journalistes du Burkina (AJB) à l’occasion de la commémoration du 20ème anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo

Hommage à Norbert Zongo et à ses compagnons d’infortune, Blaise Ilboudo, Ernest Zongo, Abdoulaye Nikiéma

Peuple du pays réel !

13 décembre 1998 – 13 décembre 2018 ! Voilà 20 ans que le pays réel est resté déterminé pour exiger vérité et justice suite à l’assassinat de Norbert Zongo et de ses compagnons d’infortune.

En 20 ans, il y a eu des victoires d’étapes comme l’insurrection populaire, la réouverture du dossier et l’inculpation de trois des suspects sérieux identifiés par la commission d’enquête indépendante, l’avis favorable de la justice française à l’extradition de Paul François Compaoré. Malgré ses victoires d’étapes et les baptêmes de rue et d’université en ton nom, nous restons vigilants. La vérité et la justice sont toujours attendues. Mais nous sommes convaincus que tôt ou tard, Paul François Compaoré, le « petit président », le frère de « diarrassouba », ce petit nom que Norbert Zongo et son caricaturiste Tympous donnaient à Blaise Compaoré, viendra tôt ou tard répondre de ses actes devant la justice burkinabè.

Norbert Zongo !

Cette année, à la faveur des 20 ans de ton assassinat, le Collectif et la CCVC organisent une exposition photos sur le drame de Sapouy. C’est avant tout, un devoir de mémoire. Les images sont crues, mais c’est cela la réalité de ce crime odieux. Nous ne voulons pas que la vérité disparaisse sous les coups de boutoir des petits mensonges des bourreaux d’hier ou de leurs parrains, au moment où ils sont de plus en plus rattrapés par leurs crimes.

Norbert Zongo !

Après une insurrection populaire, des élections « saluées par la communauté internationale », le peuple vit aujourd’hui dans l’incertitude, l’insécurité et la vie chère. Pendant ce temps, le gouvernement de Roch Marc Christian Kaboré demande au peuple du pays réel encore et toujours des sacrifices.
Tu aurais certainement observé que malgré les appels à se saigner pour sauver la patrie, les gouvernants n’ont rien abandonné des flonflons que tu as connu depuis Blaise Compaoré.

Tu aurais aussi relevé le lourd tribut payé par les forces de défense et de sécurité, les élèves et les populations dans cette guerre contre le terrorisme. Tu te serais surtout inquiété des discours qui se multiplient autour de cette guerre sans que le peuple ne voie les résultats.

Tu aurais observé qu’en dépit des appels à l’unité, les gouvernants œuvrent à diviser le peuple, en opposant agents publics aux travailleurs du privé et aux populations laborieuses des villes et campagnes.

Nous avons une pensée particulière et hautement respectueuse pour toutes les victimes du terrorisme, en ce triste anniversaire de ton assassinat.

Tu aurais dénoncé la lâcheté de ces généraux, colonels, commandants, lieutenants, adjudants, sergents qui défilent devant le tribunal militaire de Ouagadougou, sans qu’aucun d’entre eux n’ose assumer la responsabilité des victimes du coup d’Etat de septembre 2015, ni même le putsch. Que dirais-tu en plus ? Qu’« ils ne sont hommes que sous la chaleur des pagnes de leurs femmes ».

Norbert Zongo !

Après 20 ans de lutte, de sueurs, de larmes et de sang, le peuple du pays réel est encore debout et te renouvelle son engagement à poursuivre la lutte afin que vérité et justice soient rendues :
– à toi et à tes compagnons d’infortune ;
– à Flavien Nebié, ce jeune élève fauché à la fleur de l’âge dans cette lutte pour la vérité et la justice pour toi et tes compagnons ;
– aux Martyrs de l’Insurrection populaire d’octobre 2014 et de la Résistance héroïque au putsch de septembre 2015, tombés pour la liberté et la démocratie.

Norbert Zongo, tes confrères ici présents te réitèrent, leur détermination à se battre sans relâche jusqu’à ce que justice te soit rendue à toi et à tes compagnons d’infortune !

Vérité et justice pour toi Norbert Zongo et tes compagnons !
Vérité et justice pour les victimes de l’Insurrection et du putsch !
Vérité et justice pour toutes les victimes de crimes de sang !
Pain et liberté pour le peuple !
N’an laara ! An saara !

Ouagadougou, le 13 décembre 2018

Pour l’AJB
Le Président
Guézouma SANOGO

Compte rendu du Conseil des ministres du 12 décembre 2018

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 12 décembre 2018, en séance ordinaire, de 09H 30 mn à 13H 30 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

I. DELIBERATIONS

I.1. AU TITRE DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE DEUX (02) RAPPORTS.

I.1.1. Pour le compte du Premier ministère :
– deux (02) décrets portant respectivement nomination et renouvellement de mandats de membres du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP).
L’adoption de ces décrets permet la nomination de deux (02) membres au Conseil de régulation de l’ARCOP pour un premier mandat de trois (03) ans et le renouvellement du mandat de quatre (04) membres pour une dernière période de trois (03) ans.

I.1.2. Pour le compte du ministère de l’Energie :

– un rapport relatif aux mesures d’urgence pour la fourniture et la gestion d’une centrale électrique temporaire fonctionnant au fuel-oil d’une puissance de 50 Mégawatts (Mw) à Ouagadougou.
La production de cette capacité additionnelle sera injectée au niveau de la centrale SONABEL de Ouaga 2 (sise à Gounghin) et permettra au réseau national de faire face à la période de pointe de 2019, en attendant l’achèvement des différents projets en cours pour l’augmentation définitive de l’offre énergétique.
Le Conseil a marqué son accord pour la finalisation des discussions entre la SONABEL et la société Aggreko, retenue par un appel d’offres international restreint pour la fourniture et la gestion de cette centrale électrique temporaire au fuel-oil de 50 Mw.

I.2. AU TITRE DU DEVELOPPEMENT DU CAPITAL HUMAIN, LE CONSEIL A ADOPTE DEUX (02) RAPPORTS
I.2.1. Pour le compte du ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation :

– un rapport relatif à l’approbation des résultats de l’appel d’offres international pour la construction d’un lycée scientifique à Ouagadougou et d’un lycée scientifique à Bobo-Dioulasso dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accès et de la qualité de l’éducation (PAAQE).
Le Conseil a marqué son accord pour l’attribution des marchés aux entreprises suivantes :
– Lot 1 : composé de la construction du bloc pédagogique (RDC et R+1), du bloc administratif (RDC) et du bloc restaurant/cuisine (RDC), de la salle polyvalente et de deux (02) logements (RDC), de la clôture extérieure pleine de la parcelle et de la clôture intérieure ajourée des dortoirs-clôtures décoratives-guérite et du portique d’entrée, des parkings-VRD aménagement, a été attribué comme suit : e9 attribué comme suit :
• LOT 1A : TSR/GTI pour un montant de un milliard cent soixante-deux millions quatre cent quatre-vingt-quatre mille soixante-huit (1 162 484 068) F CFA TTC avec un délai d’exécution de six (06) mois ;
• LOT 1B : Groupement ECOBAA/TMC pour un montant de un milliard cinquante-sept millions cinq cent quatre-vingt-quatorze mille trois cent cinquante-sept (1 057 594 357) F CFA TTC avec un délai d’exécution de six (06) mois.
– Lot 2 : composé de la construction des dortoirs filles (RDC et R+1), des dortoirs garçons (RDC et R+1), de la salle d’études, d’une infirmerie, de deux (02) buanderies (tous en RDC), d’un local transformateur-local groupe-local gardien-toilettes extérieures-local surpresseur (tous en RDC), a été attribué comme suit :
• LOT 2A : ECW pour un montant de six cent cinquante-trois millions soixante mille cinq cent six (653 060 506) F CFA TTC avec un délai d’exécution de six (06) mois ;
• LOT 2B : EKS/SOGEDIM BTP pour un montant de six cent quatre-vingt-douze millions deux cent soixante-neuf mille neuf cent trente-deux (692 269 932) F CFA TTC avec un délai d’exécution de six (06) mois.
– Lot 3 : composé des travaux d’électricité (sources d’énergie et du réseau de distribution BT-éclairage extérieur-sonorisation-réseaux téléphoniques-réseau informatique-équipement groupe électrogène-équipement transformateur-équipement vidéo-projecteur-détection incendie), a été attribué comme suit :
• LOT 3A : TOTAL ACCES/TOTAL ACCES RCI pour un montant de quatre cent quatre-vingt-dix-huit millions huit cent quatre-vingt-cinq mille sept cent dix (498 885 710) F CFA TTC avec un délai d’exécution de six (06) mois ;
• LOT 3B : SATEL pour un montant de quatre cent quatre-vingt-seize millions huit cent quatre-vingt-dix mille cent (496 890 100) F CFA TTC avec un délai d’exécution de six (06) mois.
– Lot 4 : relatif à la plomberie (assainissement-plomberie sanitaire-protection incendie), a été attribué comme suit :
• LOT 4A : SEGNA BTP/BGR pour un montant de deux cent quatre-vingt-seize millions cent quinze mille sept cent soixante-huit (296 115 768) F CFA TTC avec un délai d’exécution de six (06) mois ;
• LOT 4B : GERBATP SARL pour un montant de quatre cent trente-quatre millions cent dix mille trois cent soixante-cinq (434 110 365) F CFA TTC avec un délai d’exécution de six (06) mois.
Le montant total des attributions s’élève à cinq milliards deux cent quatre-vingt-onze millions quatre cent dix mille huit cent six (5 291 410 806) F CFA TTC.
Le financement est assuré par le don IDA n°D33-BF du 13 mai 2015.

I.2.2. Pour le compte du ministère de la Santé :

– un rapport relatif au Plan de préparation et de riposte à une éventuelle épidémie de méningite en 2019 au Burkina Faso.
Ce plan permettra de détecter précocement et de riposter efficacement à toute survenue d’épidémie de méningite en 2019 au mie de méningite en 2019 au Burkina Faso.
Les stratégies prévues pour sa mise en œuvre sont entre autres, le renforcement de la surveillance épidémiologique à tous les niveaux, la constitution d’un stock de sécurité en vaccins et consommables, la vaccination réactive de masse en cas d’épidémie et la coordination de la lutte contre l’épidémie.

II. COMMUNICATIONS ORALES

II.1. Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération a informé le Conseil de la visite de Son Excellence Monsieur Idriss DEBY ITNO, Président de la république du Tchad, les 13 et 14 décembre 2018 au Burkina Faso, dans le cadre du 50ème anniversaire de l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE).

II.2. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation a fait au Conseil une communication relative à la tenue de la première édition de « la Nuit de l’Excellence Scientifique », prévue pour se tenir le 14 décembre 2018 à Ouagadougou.

Les prix d’excellence et spéciaux de la recherche scientifique visent à susciter l’émulation au sein de la jeunesse dans le métier de la recherche, à travers la reconnaissance du mérite des chercheurs par les autorités.
II.3. Le ministre de la Culture, des arts et du tourisme a informé le Conseil que l’Algérie a décerné le Prix Myriam Makéba au FESPACO pour avoir été un modèle de réussite culturelle en Afrique.
Le prix sera décerné lors de la 26ème édition correspondant au cinquantenaire du FESPACO.

III. NOMINATIONS

III.1. NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A. AU TITRE DU PREMIER MINISTERE

Sont nommées membres du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), les personnes ci-après pour un premier mandat de trois (03) ans :

Au titre de l’Administration publique :
– Monsieur B. Olivier SAWADOGO, représentant le ministère de l’Economie, des finances et du développement.
ances et du développement.

Au titre de la Société civile :
– Madame Marie Eugénie MALGOUBRI/KYENDREBEOGO, représentant le Centre d’information et d’étude sur le budget (CIFOEB).

Sont nommées membres du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), les personnes ci-après pour un dernier mandat de trois (03) ans :

Au titre du secteur privé :
– Monsieur Aladji DORO, représentant les organisations professionnelles des secteurs du bâtiment et des travaux publics ;
– Monsieur Dieu-Donné Hubert MILLOGO, représentant les organisations professionnelles des secteurs du commerce et des services ;
– Monsieur Téné Boukari ZAMPOU, représentant les organisations professionnelles des cabinets de consultants.

Au titre de la Société civile :
– Madame Agnès Kiswendsida KABORE, représentant le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD).
B. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION

– Monsieur Benjamin NANA, Mle 25 789 M, Ministre plénipotentiaire, 1ère classe, 8ème échelon, est nommé Consul général du Burkina Faso à Abidjan, République de Côte d’Ivoire ;
– Monsieur Bourèma KI, Mle 97 439 D, Conseiller des Affaires étrangères, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Consul général du Burkina Faso à Bouaké, République de Côte d’Ivoire ;
– Monsieur Hervé BAZIE, Mle 68 633 F, Conseiller des Affaires étrangères, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Consul général du Burkina Faso à Soubré, République de Côte d’Ivoire ;
de Côte d’Ivoire ;
– Monsieur Mohamadi KABORE, Mle 32 000 H, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 11ème échelon, est nommé Conseiller technique ;
– Monsieur Ouinibani KONATE, Mle 105 159 R, Conseiller des Affaires étrangères, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Responsable du « Programme Défense des intérêts du Burkina Faso dans le monde », cumulativement avec ses fonctions de Directeur général des Affaires politiques et stratégiques ;
– Monsieur Sylvain Yamtiguimda YAMEOGO, Mle 104 400 P, Conseiller des Affaires étrangères, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Responsable du « Programme pilotage et soutien », cumulativement avec ses fonctions de Directeur général des Etudes et des statistiques sectorielles.

C. AU TITRE DU MINISTERE DE L’INTEGRATION AFRICAINE ET DES BURKINABE DE L’EXTERIEUR

– Monsieur Souleymane HEBIE, Mle 59 734 N, Conseiller des Affaires étrangères, 1ère classe, 8ème échelon, est nommé Inspecteur technique des services ;
– Monsieur Souleymane OUATTARA, Mle 104 824 M, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur des marchés publics ;
– Monsieur Ousmane TRAORE, Mle 25 787 X, Ministre plénipotentiaire, 1ère classe, 8ème échelon, est nommé Chargé d’études.

D. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE

– Madame Cyrille Priscille KABORET/OUEDRAOGO, Mle 36 510 H, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, 1ère classe, 9ème échelon, est nommée Directrice générale du Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles De Gaulle de Ouagadougou ;
– Monsieur Siaka OUATTARA, Mle 95 853 R, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Directeur de l’administration et des finances de l’Institut national de santé publique (INSP) ;
– Monsieur Dar Francis Albert SOME, Mle 80 524 M, Médecin de santé publique, catégorie P, échelle A, grade 1, 7ème échelon, est nommé Directeur général du Centre hospitalier régional (CHR) de Gaoua ;
– Monsieur Sidzabda Christian Bernard KOMPAORE, Mle 111 398 U, Médecin de santé publique, catégorie P, échelle C, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Directeur régional de la santé de la Boucle du Mouhoun ;
– Monsieur Ferdinand TIENDREBEOGO, Mle 53 722 G, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, 1ère classe, 10ème échelon, est nommé Secrétaire général de l’Institut national de santé publique (INSP).

E. AU TITRE DU MINISTERE DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES
RCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES

– Monsieur Ibrahima SANGARE, Mle 202 646 E, Conseiller d’élevage, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur provincial des Ressources animales et halieutiques de la Komondjari ;
– Monsieur Rahmani YOUGBARE, Mle 217 493 S, Conseiller d’élevage, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur provincial des Ressources animales et halieutiques du Loroum.

F. AU TITRE DU MINISTERE DU DEVELOPPEMENT DE L’ECONOMIE NUMERIQUE ET DES POSTES

– Monsieur Sana David COMPAORE, Mle 455, Administrateur des postes et des services financiers, 3ème catégorie, 3ème échelle, 3ème échelon, est nommé Directeur des politiques et de la règlementation du secteur des postes.

G. AU TITRE DU MINISTERE DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT

– Monsieur Larba OUEDRAOGO, Mle 237 135 Z, Ingénieur géomètre, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Chargé d’études ;
– Madame Wend-panga Augustine DIBENDE, Mle 304 104 N, Administrateur civil, 1ère classe, 1er échelon, est nommée Chargée d’études ;
– Monsieur Kuilbi Jacob ZOMA, Mle 307 811 X, Administrateur civil, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur de la règlementation et du contrôle à la Direction générale du contrôle.

III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs et de Présidents aux Conseils d’administration :
– de l’Institut des sciences (IDS) au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation ;
– de l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) et de l’Office national de sécurité routière (ONASER) au titre du ministère des Transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière ;
– de l’Ecole nationale des eaux et forêts (ENEF) au titre du ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique.
et du changement climatique.

La liste de ces nominations sera publiée dans le Journal Officiel du Faso.

Le Ministre de la Communication et des Relations avec
le Parlement, Porte-parole
du gouvernement,

Rémis Fulgance DANDJINOU
Officier de l’ordre national

Affaire Norbert Zongo: En attendant la vérité…

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Ce 13 décembre 2018 marque, jour pour jour, les 20 ans de l’assassinat du célèbre journaliste d’investigation, Norbert Zongo, à Sapouy, dans le Sud du Burkina. En deux décennies, le dossier a connu diverses évolutions sur le plan judiciaire. Retour sur une affaire aux multiples rebondissements…

Dans l’après-midi du 13 décembre 1998, un véhicule enflammé est retrouvé sur la route nationale N°6, à Sapouy, au Sud du Burkina Faso. Une horrible découverte, qui va ébranler le « pays des Hommes intègres ». A bord d’un 4×4 dont la carcasse est encore fumante, trois corps sans vie, calcinés sont découverts. Un quatrième cadavre git non loin du véhicule, deux douilles sont retrouvées près de lui. L’autopsie confirmera que ni la fumée ni les flammes ne sont à l’origine des décès des infortunés : Blaise Ilboudo, Ablassé Nikiéma, Ernest et Norbert Zongo. Les quatre hommes ont d’abord été abattus par balles, avant que leurs corps ne soient brûlés.

Norbert Zongo et ses compagnons ont été assassinés sur la route de Sapouy.

L’annonce de la nouvelle secoue la nation. Car, l’un des corps est celui du célèbre journaliste d’investigation, Norbert Zongo. Des voix se sont tout de suite levées, qui ont lié l’assassinat du directeur de publication du journal «L’Indépendant » et de ses compagnons à l’enquête, qu’il menait sur l’incarcération de David Ouédraogo au Conseil de l’entente. Ce dernier, chauffeur personnel de François Compaoré, frère cadet du président du Faso, avait été accusé d’avoir volé une somme d’argent à l’épouse de son patron, Salah. Le 18 janvier 1997, l’infortuné décède dans les locaux de l’infirmerie de la présidence de la république, officiellement des suites « de maladie ».

Pour le journaliste Norbert Zongo, l’affaire est trop trouble pour qu’il s’agisse d’une mort naturelle. A travers ses investigations, il découvre que le chauffeur du frère du chef de l’État ne serait pas décédé des suites d’une maladie, mais plutôt à cause de tortures infligées par des hommes de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Il entame alors une enquête sur la mort mystérieuse de David Ouédraogo. Ce qui va susciter, à en croire certaines sources, son assassinat le 13 décembre 1998, soulevant de vives émotions à Ouagadougou et dans d’autres villes. En réaction, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans tout le pays. Une certaine pression populaire s’est ensuite installée, faisant vaciller le régime craint de Blaise Compaoré. Cédant au mécontentement populaire, l’ex-chef d’Etat autorise l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Une Commission d’enquête indépendante (CEI), censée faire la lumière sur le quadruple assassinat, est créée. En sept ans d’instruction, un seul suspect, Marcel Kafando, un adjudant de la sécurité présidentielle, a été inculpé. Mais celui qui l’accuse d’avoir trempé dans l’affaire s’est, par la suite, rétracté, au cours d’une confrontation judiciaire. En août 2000, ce fut au tour de cinq autres membres de l’ancienne garde présidentielle d’être inculpés dans le meurtre de David Ouédraogo. Parmi eux, Marcel Kafando, Edmond Koama et Ousseini Yaro, également suspectées dans l’affaire, qui ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de prison.

Edmond Koama, lui, est décédé le 4 janvier 2001. Alors que les Burkinabè réclamant justice pour le journaliste nourrissaient le secret espoir de connaître la vérité, le procès Zongo va se conclure par un non-lieu, le 19 juillet 2006, qui a provoqué un tollé international. Le temps passe et le dossier sombre peu à peu dans l’oubli. En décembre 2012, la famille du journaliste, les avocats de la partie civile et le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) saisissent la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples à Arusha en Tanzanie. Cette juridiction se déclare compétente, le 21 juin 2013, pour connaître du dossier.

Le 28 novembre, de la même année, les juges passent au jugement de l’affaire, qui est délibérée le 28 mars 2014. Dans son arrêt, la Cour a condamné l’État burkinabè pour avoir « violé les droits des requérants à ce que leur cause soit entendue par la justice nationale ». Cette décision sonne comme une réouverture du dossier Norbert Zongo. Mais un évènement inattendu va donner un véritable coup d’accélérateur au dossier : l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, qui a entrainé la chute de Blaise Compaoré. Un mandat d’arrêt international est lancé contre François Compaoré, accusé d’« incitation à assassinat » dans l’affaire Norbert Zongo. Le frère cadet de l’ancien président, est interpellé à la surprise générale, le dimanche 29 octobre 2017, par la Police française à son arrivée à l’aéroport Roissy Charles- de- Gaulle en provenance d’Abidjan. Faisant régulièrement le voyage entre la France et la Côte d’Ivoire, il affirmait dans une interview ne pas craindre le mandat d’arrêt international, circulant « librement » entre Paris, où résident son épouse et ses enfants, et Abidjan, où est exilé son frère aîné Blaise Compaoré. Une bataille judiciaire visant son extradition vers son pays à la demande des autorités est ensuite engagée.

Cette procédure va déboucher sur une décision favorable pour les requérants, puisque la justice française a donné, le mercredi 5 décembre 2018, son feu vert pour l’extradition de François Compaoré vers le Burkina. Le parquet général s’était déclaré favorable à cette démarche qui, pour être effective, devra également faire l’objet d’un décret du gouvernement français. La décision de la Cour d’appel de Paris a déjà fait l’objet d’un pourvoi en cassation de la part des avocats de l’incriminé. « Bori Bana » (ndlr : la course est terminée en langué malinké) pour François Compaoré ? L’avenir nous le dira….

Abdel Aziz NABALOUM

Affaire Norbert Zongo: 20 ans après, Koudougou garde espoir

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Aujourd’hui, 13 décembre 2018 marque le 20e anniversaire de l’assassinat du journaliste d’investigation, Norbert Zongo alias «Henry Sebgo» et ses trois compagnons d’infortune. Dans sa ville natale, Koudougou, parents, défenseurs des droits humains et autres acteurs sont toujours mobilisés pour que justice lui soit rendue. Reportage !

L’ambiance est morose dans la Cité du cavalier rouge, en cet après-midi du lundi 10 décembre 2018. A la veille de la fête nationale, les Koudougoulais ne semblent pas avoir la tête à la cérémonie commémorative. La circulation est moins dense. Notre véhicule de reportage se fraie facilement le passage. A moindre allure, nous traversons les ruelles du secteur n°6, sous escorte de Robert Zongo, le frère cadet du journaliste d’investigation feu Norbert Zongo. Nous marquons un arrêt devant la cour familiale. Il est 15h 42mn. La grosse porte métallique s’ouvre. Un grand poster de la Vierge Marie, placé à l’arrière de la cour, nous accueille. « Je l’ai construite lorsque notre mère ne pouvait plus se déplacer pour lui permettre de venir prier », lance le frère cadet du défunt directeur de publication de « L’indépendant ».

« Vous voyez cette maison, c’est Norbert qui l’a construite pour maman », dit-il en indexant l’un des vieilles bâtisses de la cour familiale. 20 ans après l’assassinat de son frère aîné, ses souvenirs sont encore vifs, mais aussi douloureux. Emu, il nous replonge dans ce jour sombre du 13 décembre 1998, où son frère a été assassiné et carbonisé avec ses trois compagnons d’infortune. « La date du 13 décembre 1998, c’est comme si c’était hier. Lorsqu’on m’a appelé pour m’informer que Norbert a eu un accident, j’ai demandé si on l’a éliminé ou si c’est un accident », se rappelle-t-il. Arrivé sur les lieux du drame, à Sapouy (province du Ziro), c’était la désolation, raconte-t-il. « J’ai vu le véhicule tout fumant. Je ne savais pas que la chair humaine pouvait puer de la sorte, même à plus de 200 ou 300 mètres…», dit le frère cadet de Norbert Zongo. Il poursuit : «A mon arrivée, j’ai ouvert la portière.

Norbert n’était reconnaissable qu’à travers son colt et son crâne. Ablassé, l’un de ses compagnons avait le postérieur brûlé. Ernest et Blaise étaient carbonisés…Tout ceux qui étaient dans le véhicule étaient brûlés ». Très choqué par ce crime atroce, il lâche : «Lorsque, je suis allé sur les lieux, c’était pour ramener mon frère à la maison. Mais si je le ramenais ainsi, j’allais avoir deux cadavres sous la main. Parce que ma mère n’aurait pas voulu voir son enfant dans cet état. Ce fut une situation très difficile à gérer». Ce fut une journée de tristesse pour les militants des droits de l’Homme également, ajoute-t-il. Deux décennies après son assassinat, la mobilisation pour la manifestation de la vérité n’a pas faibli. Aux premières heures du drame de Sapouy, affirme Robert Zongo, toutes les personnes éprises de justice ont exprimé leur colère et indignation pour que la justice soit faite pour Norbert Zongo. Ce qui s’est manifesté par des marches, des meetings et autres actions pour faire comprendre que la justice doit être rendue au journaliste.

« François Compaoré doit venir répondre »

« Après l’enterrement de Norbert, les gens ont commencé à manifester. D’autres personnes ont été instrumentalisées pour gâcher nos manifestations et pour attaquer le siège du MBDHP, son président et d’autres défenseurs des droits de l’Homme», relate le secrétaire permanent de la boutique du droit du MBDHP section Boulkiemdé, François Sondo. La population, relève-t-il, s’est toujours mobilisée pour montrer sa soif de justice pour Norbert et ses camarades. « A chaque commémoration, la population et toute la famille sortent pour prendre la parole.

La famille Zongo garde toujours espoir que justice sera rendue à leur frère », témoigne le défenseur des droits humains. Les 13 décembre sont des souvenirs difficiles, parce des Burkinabè ont brûlé leurs semblables, déplore le président du comité exécutif de l’ANEB-Koudougou, Moumouni Zoungrana. Sa structure, a-t-il indiqué, a toujours pris l’engagement de se battre aux côtés du peuple burkinabè pour la manifestation de la vérité dans l’affaire Norbert Zongo. «Chaque année, l’ANEB sort pour réclamer la vérité et la justice. Nous étions ridicules pour certains, parce que les années s’écoulaient, mais il n’y avait pas de justice pour Norbert Zongo et ses compagnons. Les gens étaient déçus », affirme M. Zoungrana. Mais, dans cette lutte pour la justice, soutient-il, l’ANEB a toujours ravivé les flammes au sein des universités.

Et, le non-lieu de 2006, renchérit-il, n’a pas calmé les ardeurs. Pour lui, si la mobilisation avait faibli, le dossier serait rangé dans les oubliettes. «C’est notre mobilisation qui a fait que le dossier vit toujours. Sinon, l’on dira que c’est un grand homme et c’est tout », s’est-il convaincu. D’abord, la réouverture du dossier pendant la transition est un bon signe, selon Robert Zongo. Aussi, le 5 décembre 2018, la justice française a émis un avis favorable pour l’extradition de François Compaoré, le présumé commanditaire du crime de Sapouy. « François doit venir répondre, le juge veut l’entendre. Depuis 20 ans, une veillée est organisée chaque 12 décembre, pour que la vérité puisse jaillir.

Tant qu’on ne saura pas ce qui est arrivé à Norbert, son âme se baladera », confie le frère du journaliste. Avec cette décision de la justice française, il pense que le dossier va connaître une célérité. Car, quel que soit le temps, François Compaoré, le principal accusé va venir au Burkina Faso. « Il n’y a pas d’inquiétudes dans ce sens », rassure-t-il. Dans la province du Boulkiemdé, ville natale du journaliste, les militants des droits de l’Homme gardent aussi l’espoir que François Compaoré sera extradé vers le Burkina Faso.

Rester vigilant

C’est une victoire partielle pour le moment, atteste François Sondo. « Mais, j’ai la foi qu’il va venir, parce que les Français ont compris que les arguments que le Burkina Faso a fournis nécessitent qu’il vienne répondre de ses actes», insiste le secrétaire permanent de la boutique du droit du MBDHP, section du Boulkiemdé. La pression ne doit pas baisser, à entendre M. Sondo. Pour y parvenir, il faut organiser des activités pour que les populations n’oublient pas ce qui s’est passé et que sa famille sache que les Burkinabè tiennent à la vérité.

« Sa maman souhaitait voir le jugement avant de mourir. Mais avant de quitter ce monde, elle m’a dit que même si, elle n’a pas vu le procès, elle dira à Norbert qu’elle a vu la fuite de Blaise Compaoré », rapporte François Sondo. Pour ce 20e anniversaire, la population doit sortir massivement, pour que le pouvoir actuel sache que les personnes éprises de justice tiennent à la vérité, déclare le défenseur des droits humains. « Nous ne devons pas être fatigués dans notre lutte pour que la lumière soit faite dans l’affaire Norbert Zongo.

Je souhaite que le processus aille à son terme », signifie-t-il. Mais, avant que François Compaoré ne soit extradé au « pays des Hommes intègres », M. Sondo souhaite que les suspects sérieux, identifiés par la commission d’enquête, et récemment arrêtés disent le rôle qu’ils ont joué dans l’assassinat de Norbert Zongo et de ses compagnons. L’objectif final, souligne le président du comité exécutif de l’ANEB-Koudougou, Moumouni Zoungrana, c’est la vérité et la justice pour Norbert Zongo.

Donc, tous les Burkinabè doivent rester vigilants, à son avis, comme ils l’ont « toujours » été pendant tous ces 20 ans. Ceci, afin d’obtenir la justice pour les victimes du drame de Sapouy et tous ceux qui sont tombés injustement dans le combat pour l’instauration d’un Etat de droit au Burkina.

Abdel Aziz NABALOUM

Ministère de l’Eau et de l’Assainissement: la stratégie nationale de l’eau validée

Le ministère de l’Eau et de l’Assainissement a organisé un atelier de validation de la Stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2030, le jeudi 6 décembre 2018, à Ouagadougou.

«En 2030, la ressource en eau au Burkina Faso sera connue, gérée efficacement et le droit d’accès universel à l’eau et à l’assainissement sera effectif et contribueront au développement durable du pays ». Telle est la vision de la Stratégie nationale de l’eau (SNE) validée au cours de l’atelier tenu le jeudi 6 décembre 2018 à Ouagadougou. Une stratégie dont le coût global s’élève à 4 533 milliards F CFA.

Il ressort du document, trois principales priorités dans la gestion de l’eau dans le contexte du Burkina Faso. Le premier défi est l’amélioration de la connaissance et la gestion des ressources en eau qui doivent déboucher sur la formulation d’actions concrètes en vue de la résolution des problèmes qui entravent la gestion durable des ressources en eau. Lesquels problèmes sont la pollution résultant des activités agricoles et minières, la surexploitation des ressources en eau, la dégradation des berges, l’ensablement des plans et cours d’eau, la dégradation des ouvrages hydrauliques et les difficultés liées à la mobilisation des ressources financières.

La deuxième priorité est relative au droit d’accès universel à l’eau et à l’assainissement. A ce niveau, la SNE propose de développer et de mettre en œuvre des stratégies innovantes intégrant les actions d’adaptation au changement climatique. Ces actions consistent à prioriser l’approche ‘’multi-villages’’ pour résoudre la problématique du service de l’eau en milieu rural. Concernant l’assainissement, les innovations sont la vulgarisation des approches participatives dont l’Assainissement total piloté par les communautés (ATPC), la Promotion de l’hygiène et de l’assainissement (PHA) en milieu scolaire et dans les centres de santé, la gestion de la filière de l’assainissement des eaux usées et excréta et surtout l’intermédiation sociale et la mise en place des indicateurs de qualité.

Contribuer au développement durable

La troisième priorité est la promotion du développement durable. Sur ce dernier point, la SNE a défini les conditions pour atteindre cet objectif. Il s’agira de mettre à profit le secteur privé à travers l’approche Partenariat public-privé, de prioriser les réhabilitations compte tenu du nombre important d’ouvrages hydrauliques dégradés et promouvoir la coopération régionale et internationale dans la gestion des ressources en eaux partagées. Pour le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Niouga Ambroise Ouédraogo, la SNE est un outil qui servira à la mise en œuvre de l’Objectif du développement durable 6 (ODD 6) qui consiste à garantir l’accès de tous les citoyens à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

« La stratégie ambitionne de contribuer au développement durable du pays en apportant des solutions appropriées aux problèmes liés à l’eau dans un environnement particulièrement affecté par le changement climatique », a-t-il dit. Toutefois, le Coordonnateur des programmes du cadre de concertation des ONG et associations dans l’eau potable et l’assainissement, Etienne Poda, a suggéré un allègement dans les passations des marchés afin d’assurer une bonne construction des ouvrages.

Les partenaires techniques et financiers, eux, ont traduit leur satisfaction à l’issue des travaux de l’atelier. Le représentant de la délégation de l’Union européenne, Briac Deffobis, a fait comprendre que la stratégie permettra de mieux accompagner et organiser les discussions avec le gouvernement et les équipes du ministère de l’Eau.

Gaspard BAYALA