4e édition du festival Ciné droit libre :la justice à la barre

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L’association Semfilms a ouvert officiellement la 14e édition du festival intitulé Ciné droit libre, le samedi 8 décembre 2018 à Ouagadougou. Prévue du 8 au 15 décembre, cette édition est placée sous le thème: « Justice lève-toi ».

Cette année, le festival de films sur les droits humains et la liberté dénommé Ciné droit libre est célébré sous le thème: « Justice lève-toi ». En effet, le samedi 8 décembre 2018 à Ouagadougou l’association semfilms a lancé officiellement la 14e édition dudit festival. Le choix de ce thème, selon le coordonnateur du festival, Abdoulaye Diallo, n’est pas anodin. Car, a-t-il expliqué, l’époque du « si tu fais, on te fait et il n’y a rien », comme le disait feu journaliste Norbert Zongo est révolue. Pour le coordonnateur, depuis l’insurrection populaire d’octobre 2014 un nouveau vent souffl sur le pays des Hommes intègres .

Pour ce faire, de nombreuses institutions ont connu de réelles avancées, mais malheureusement l’institution judiciaire peine à faire son insurrection pour être en phase avec les aspirations profondes du peuple, a-t-il poursuivi. Il a ajouté que le choix de ce thème se justifie par fait que l’année 2018 est chargée sur le plan judiciaire avec des dossiers emblématiques, comme celui du putsch manqué de septembre 2015 dont le procès est en cours. A l’entendre, durant cette 14e édition de nombreux thèmes feront l’objet de débats.

Tous les procès-verbaux seront lus au village du festival par des artistes de renom comme Youssoupha de la France, Adama Dahico et Hamed Faras de la Côte d’Ivoire. En plus de cela, il a souligné que des dialogues démocratiques sur le Sahel et la justice seront animés et une trentaine de films savamment sélectionnés feront l’objet d’une projection. Par ailleurs, comme chaque année, a-t-il signifié, Ciné droit libre essaye d’apporter des innovations pour le plaisir de ses festivaliers et pour maintenir le flambeau des droits humains et la liberté d’expression.

Cette année, le festival prévoit une stimulation du procès de la justice burkinabè qui portera sur la lenteur du traitement du dossier Norbert Zongo, une reprise de la chanson de l’artiste musicien Black So Man intitulé « je vais au procès », a conclu Abdoulaye Diallo. Pour le parrain de la 14e édition, Claudy Siar, le festival Ciné droit libre est une institution qui a mené une lutte pour la liberté d’expression, la dignité humaine et l’estime de soi ; c’est pour cette raison qu’il a accepté parrainer cette édition. Selon lui, ce festival est l’un des canaux importants pour promouvoir les droits humains et « convoquer la justice à la barre à cette édition en lui posant des questions extraordinaires ».

Valentin KABORE
(Stagiaire)

Justice: un schéma informatique pour fluidifier la chaîne pénale

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Le ministère de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique a lancé, le mardi 4 décembre 2018 à Ouagadougou, un Programme d’appui à la politique nationale de justice (PA-PNJ). A cette occasion, le département de René Bagoro a reçu de l’Union européenne, 131 ordinateurs dédiés à l’informatisation de la chaîne pénale.

Le Burkina Faso a mis en place un plan stratégique destiné à piloter le développement de l’information à travers le Schéma-directeur informatique (SDI) en vue de sécuriser et rendre fluide la chaîne pénale et pénitentiaire. Pour accompagner cette dynamique, le représentant de l’Union européenne (UE) au Burkina Faso, Jean Lamy, a remis symboliquement 131 ordinateurs au ministère de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, le mardi 4 décembre 2018 à Ouagadougou.

Les participants ont assisté à une exposition sur le schéma-directeur d’information.

André Lamy a confié que le matériel remis vise à doter les différents acteurs de la chaîne pénale, d’équipements performants pour assurer l’information et faciliter le travail des opérateurs judiciaires. Au cours de cette cérémonie qui marque également le lancement du Programme d’appui à la Politique nationale de justice (PA-PNJ), le Garde des sceaux, René Bagoro, a expliqué que le SDI en tant que document stratégique va aider son ministère à exécuter son plan d’information sur cinq ans et disposera d’une évaluation financière pour la mobilisation de fonds auprès de l’Etat et de ses Partenaires techniques et financiers (PTF). A travers le SDI, le MJDHPC entend moderniser progressivement son système d’information.

« Ceci va contribuer à lutter contre le terrorisme », a ajouté René Bagoro. A cet effet, il a fait état d’un certain nombre de projets du SDI qui ont été par anticipation amorcés. Il s’agit entre autres, de la phase-pilote de la chaîne pénale et du casier judiciaire, de la mise en ligne de la législation et de la jurisprudence …

Trois ans pour élaborer le schéma

Pour l’élaboration du SDI, une démarche méthodique a été entreprise, selon le premier responsable du département en charge de la justice. Ainsi, a-t-il expliqué, une rencontre a d’abord eu lieu en août 2016 avec la mise en place de groupes de travail, représentant chacun un métier du secteur de la justice et des droits humains. Il a poursuivi qu’à la suite des rencontres avec ces différents groupes, un atelier sur l’élaboration des scénarii opérationnels a été organisé en novembre 2017, suivis d’ateliers en décembre 2017 et février 2018 qui ont permis de valider les propositions de solutions informatiques produites répondant aux problématiques soulevées par les différents groupes de travail et de finaliser le document rédigé.

« Les validations successives des différentes phases d’élaboration ont abouti à la rédaction du SDI qui prévoit les évaluations financières, la priorisation et la planification des activités d’information sur une période de 5 ans », a déclaré le ministre Bagoro. Pour lui, le SDI est fondé sur la vision stratégique du ministère traduite à travers la Politique sectorielle Justice et droits humains (PS JDH), validée en décembre 2017 et qui prend en compte les orientations du Plan national de développement économique et social (PNDES).

Delphine SIDBEGA
(Stagiaire)

Procès du putsch: la défense veut une «justice réparatrice»

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La fin de l’interrogatoire de l’accusé Gilbert Diendéré par les avocats de la défense, qui « attendent une justice réparatrice pour le peuple burkinabè » et la réponse du parquet aux observations desdits conseils, ont été la substance de l’audience du procès du putsch du mercredi 12 décembre 2018, devant tribunal militaire.

L’essentiel dans le procès du putsch est, pour les avocats de la défense comme Me Dieudonné Bonkoungou et l’ancien bâtonnier, Me Antoinette Ouédraogo, « une justice réparatrice pour le peuple burkinabè, celle qui ne cause pas davantage de divisions au sein de la société ». A l’audience d’hier mercredi 12 décembre 2018, ils ont défini les conditions de cette justice qui doit être « le sel de la société ».

Selon Me Bonkoungou, les juges ne doivent pas occulter le contexte des faits. Contexte qui, aux dires de Me Ouédraogo, est relatif aux crises au sein de l’ex-RSP, dont les causes étaient connues des autorités civiles et militaires. Ces causes, a-t-il insisté, étaient créées et entretenues par l’ex-Premier ministre, Yacouba Isaac Zida, pour « inciter plus ou moins indirectement les membres de ce corps à agir ». De ce contexte, le bâtonnier a déduit que lesdites autorités n’ont pas eu le courage de mettre fin aux manœuvres de Zida et sont par conséquent « complices du coup d’Etat » ou, à défaut, « ont été négligents, ce qui est une faute en droit ». Me Antoinette Ouédraogo a, du reste, dénoncé le « raccourci » du parquet consistant à prendre des bouts d’éléments factuels pour les mettre ensemble et les criminaliser. Elle a terminé son intervention par nourrir l’espoir qu’à l’issue de leurs auditions à la barre, certains témoins soient mis en accusation par le tribunal, car ils méritent de l’être.

L’autre fait majeur de l’audience d’hier aura été la requête de l’un des conseils du général Gilbert Diendéré à la barre, Me Jean Yaovi Degli. En effet, il a demandé au président du tribunal, d’user de ses pouvoirs discrétionnaires prévus à l’article 118 du Code de justice militaire pour faire comparaitre les témoins de l’officier dans les mêmes conditions (citation à comparaître) que ceux du parquet.

Me Degli s’est ainsi fondé sur l’article 14.3.e. du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui stipule que « Toute personne accusée d’une infraction pénale a droit, en pleine égalité, au moins aux garanties suivantes : à interroger ou faire interroger les témoins à charge et à obtenir la comparution et l’interrogatoire des témoins à décharge dans les mêmes conditions que les témoins à charge…). Il s’est dit convaincu, que permettre que les témoins du général Diendéré comparaissent devant le tribunal est capital pour la manifestation « d’une vérité judiciaire suffisamment proche de la réalité ».

En réponse à cette requête, le président du tribunal, Seydou Ouédraogo, a indiqué que la juridiction a déjà rendu une décision sur la comparution des témoins de l’accusé, décision qui a été attaquée en appel. « Votre requête a été enregistrée. En temps opportun, le tribunal vous répondra », a ajouté le président qui, pour la suite, a donné la parole au parquet. Réagissant point par point aux interventions de la défense, les parquetiers ont dénoncé l’apologie des faits infractionnels par certains avocats. Ils sont aussi revenus sur la supposée implication de la hiérarchie militaire dans le putsch que la défense évoque, notamment à partir du 17 septembre 2015, estimant que la hiérarchie obéissait au général Diendéré, président du CND et chef suprême des armées.

« On a suffisamment entendu parler de l’article 67 »

Sur ce point, les dispositions de l’article 30 du Code de justice militaire ont fait beaucoup jaser, dispositions qui proscrivent l’obéissance à l’ordre d’une autorité issue d’un putsch et rendent responsables le subordonné qui a obéi, autant que le donneur d’ordre. « L’article doit s’appliquer aussi bien à la hiérarchie qu’à mes coaccusés.

Si la hiérarchie qui a exécuté mes ordres n’est pas inquiétée, je ne comprends pas pourquoi mes coaccusés sont là. Ce n’est pas normal … On doit traiter les gens de la même façon, sinon il y a injustice », s’est insurgé l’accusé. Réplique de l’accusation : « Le tribunal n’est saisi que des cas des prévenus ici présents … Je ne me préoccupe pas des personnes qui, à tort ou à raison, n’ont pas été accusées. Même si des gens ne sont pas là, cela ne vous dédouane pas de votre responsabilité et vous ne pouvez pas forcer le juge d’instruction à inculper quelqu’un ». Le général Diendéré a déploré encore une fois que l’instruction n’ait pas été convenablement menée.

« Si on ne veut pas inquiéter les grands, qu’on laisse les petits sortir et je vais rester seul à la MACA », a-t-il lancé, suscitant des applaudissements suivis d’un rappel à l’ordre du président du tribunal dans la salle. Passé ce débat, l’accusation a cuisiné Diendéré sur son influence, dont il se sert pour protéger les militaires de l’ex-RSP dits « indisciplinés ». « Négatif », a clamé l’officier d’un ton ferme, indiquant que depuis 15 ans, il n’avait plus de fonction dans ledit corps. Dans ce second volet de questionnements sur les autres infractions reprochés au général, le parquet militaire a invoqué à nouveau l’article 67 du Code pénal, selon lequel, l’auteur d’une infraction principale est responsable de ses conséquences prévisibles.

«Certains du corps ont dit que les patrouilles sont sorties pour empêcher les gens de se regrouper », a indiqué le procureur militaire. « On a suffisamment entendu parler de cet article 67. C’est un raccourci que le parquet prend parce qu’il n’a pas la moindre preuve de ce qu’il avance », a réagi le général. L’accusé a poursuivi en déplorant que l’instruction ne soit pas allée au bout des investigations, en effectuant les autopsies et les analyses balistiques malgré les moyens mis à sa disposition. « Les éléments du RSP n’étaient pas seuls sur le terrain.

La police et la gendarmerie étaient dehors. Même des civils étaient, semble-t-il, armés. Il aurait fallu creuser tous ces points … Pourtant, on a eu le temps et les moyens pour faire les investigations. Qu’est-ce qu’on a voulu cacher ? », a renchéri le général. Et au parquet de rappeler les expertises effectuées et qui ont donné des conclusions versées dans le dossier. Des expertises que le général a trouvées insuffisantes car ne permettant pas, par exemple, de rattacher les balles trouvées sur les victimes aux armes d’où elles ont été tirées. Pour lui, il y a assurément quelque chose qui cloche. Son audition continue le vendredi 14 décembre 2018.

Jean Philibert SOME
Fabé Mamadou OUATTARA

Dossier Thomas Sankara : bientôt la vérité ?

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La justice burkinabè a reçu des autorités françaises, le 9 novembre 2018, un lot de documents d’archives, dans le cadre de l’enquête sur la mort du président Thomas Sankara, le 15 octobre 1987. Ces documents ont été transmis au juge d’instruction en charge du dossier. Le président français, Emmanuel Macron, a donc tenu sa promesse, faite il y a un an et quelques jours seulement à Ouagadougou, de mettre à la disposition du Burkina Faso, ces archives pouvant contribuer à la manifestation de la vérité. Selon la presse française, il s’agit de documents déclassifiés : des pièces et des auditions de personnes, dans le cadre de la commission rogatoire internationale.

Un deuxième lot de documents devrait être expédié au pays des Hommes intègres dans les semaines à venir. Tout cela ne peut que réjouir la famille de l’illustre disparu, l’Etat et la population qui réclament depuis des années, justice pour le père de la Révolution burkinabè. Pour autant, peut-on dire que l’affaire Thomas Sankara connaîtra bientôt son dénouement ? Il ne faut malheureusement pas être optimiste si vite, car le dossier Sankara est tellement complexe que des documents venus de France seuls ne pourront en être la solution. Néanmoins, le geste de l’Hexagone peut permettre à la justice burkinabè de faire un pas significatif dans l’éclatement de la vérité. Il faut espérer pour cela que les précieux documents regorgent d’informations «utiles» aux différentes parties (juge d’instruction, avocats de la partie civile et de la défense). Il n’est pas exclu, en effet, que les archives de la France contiennent des informations qui vont diriger les enquêteurs vers les commanditaires et les exécutants de l’assassinat du président Thomas Sankara. Même la stratégie mise en place pour «piéger» Thom Sank pourrait y figurer.

Cependant, il faudrait aussi s’attendre à ce que ces documents ne «parlent» pas, parce que l’on pourrait ne rien avoir de neuf, en les exploitant. Dans ce cas, ce serait simplement un retour à la case départ. Par contre, si la justice burkinabè arrive à tirer profit des documents français déclassifiés concernant cet assassinat, ce serait une avancée dans la recherche de la vérité. Malgré tout, cette interrogation demeure : connaîtra-t-on un jour la «vraie» vérité dans l’affaire du président du Conseil national de la révolution ? Il n’est pas superflu de se poser cette question, quand on sait que beaucoup de personnes citées dans le dossier Sankara sont mortes ou se trouvent hors du pays.

C’est le cas de l’adjudant-chef Hyacinthe Kafando présumé pilier de cette opération sur la mort du capitaine Sankara et qui aurait pris la poudre d’escampette à la suite des évènements de fin octobre 2014. C’est également et surtout le cas de Blaise Compaoré, président du Faso déchu, lors de l’insurrection populaire, qui se trouve actuellement en Côte d’Ivoire. En 2015, pendant la Transition, les nouvelles autorités avaient lancé un mandat d’arrêt international contre lui, mais qui, jusque-là, a été improductif.

Pour cause, la nouvelle nationalité de l’ancien chef d’Etat burkinabè aurait fait obstacle à son extradition vers son pays natal. Etant le principal bénéficiaire du putsch militaire qui a coûté la vie à son compagnon d’alors, peut-il y avoir un procès sur cette affaire, en son absence ? Seuls les juges apprécieront. En attendant, tous ceux qui sont épris de justice pour Thomas Sankara peuvent se contenter du fait qu’un autre supposé «gros poisson» de ce dossier se trouve dans les mailles de la justice : le général Gilbert Diendéré, également cité régulièrement dans l’assassinat de Sankara, pourrait être «une clé» pour la manifestation de la vérité.

 

Moustapha SYLLA

Répression de la corruption: Luc Marius Ibriga souhaite l’opérationnalisation de la loi 04

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L’Autorité supérieure de Contrôle d’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC) a animé un panel sur «l’appropriation et la mise en œuvre de la loi 04 portant prévention et répression de la corruption au Burkina Faso », le vendredi 7 décembre 2018, à Ouagadougou.

Trois ans après son adoption par le Conseil national de la Transition (CNT), la loi 04 «portant prévention et répression de la corruption au Burkina Faso» dite loi anti-corruption peine à être appliquée sur le terrain. C’est le cas des dispositions sur le délit d’apparence, des cadeaux, ainsi que de la procédure à suivre pour son application.

Le Contrôleur général d’Etat, Luc Marius Ibriga, a indiqué qu’à la suite
du panel, sortira une feuille de route pour une lutte plus efficiente contre
la corruption au Burkina Faso.

«La loi est complète, efficiente avec des dispositions intéressantes pour prévenir la corruption mais, celles-ci ne trouvent pas d’application dans les faits», a déploré le contrôleur général d’Etat de l’ASCE-LC, Luc Marius Ibriga. C’est pourquoi, à l’occasion de la commémoration de la Journée internationale de lutte contre la corruption, tenue le 9 décembre à Ouagadougou, l’ ASCE-LC en collaboration avec les acteurs de lutte contre le fléau, a organisé un panel, le vendredi 7 décembre 2018.

Il a porté sur «l’appropriation et la mise en œuvre de la loi 04 portant prévention et répression de la corruption au Burkina Faso», thème central de la commémoration 2018 au pays des Hommes intègres. Trois autres sous thèmes ont été au menu des échanges. Il s’agit de : «Quelles actions citoyennes pour prévenir la corruption» ? «les sanctions pénales applicables aux auteurs de corruption et autres infractions assimilées, état des lieux et perspectives » et « la mise en œuvre de la loi anti-corruption au Burkina Faso : enjeux et perspectives ».

Le contrôleur général d’Etat adjoint, Ousmane Jean-Pierre Siribié, a indiqué que la loi anticorruption a, entre autres, institué une obligation de déclaration d’intérêt et de patrimoine pour certaines catégories d’autorités et de personnes publiques et a confié à l’ASCE-LC la gestion de ces déclarations. «Pourtant sur un potentiel de 10 000 assujettis, c’est seulement 3 399 issus de 21 structures qui ont transmis leur liste à l’ASCE-LC. Certaines ont fait l’objet de publications conformément à la loi au Journal officiel et dans la presse. Sur 166 déclarations reçues, 129 ont été publiées contre 37», a précisé M. Siribié.  Par ailleurs, le contrôleur général adjoint a relevé l’absence d’un système sécurisé de gestion et d’archivage des déclarations, pourtant un impératif de confidentialité exigée par la loi instituant la déclaration d’intérêt et de patrimoine,  a conduit l’ASCE-LC à opter pour la télé-déclaration ou déclaration électronique, aujourd’hui en cours d’élaboration.

Mariam OUEDRAOGO
Mesmira14@gmail.com

Bonne gouvernance en Afrique: le Burkina Faso classé 6e sur 38 pays

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La Banque mondiale a rendu publics le vendredi 7 décembre 2018, les résultats de l’évaluation des politiques et institutions nationales ou Policy and institutional assement CPIA 2017 du Burkina Faso. Le pays des Hommes intègres est classé 6e sur 38 pays en Afrique avec la note de 3.6.

Chaque année, les pays éligibles à l’Association internationale de développement (IDA) sont notés sur les progrès réalisés dans le renforcement de la qualité des politiques et institutions publiques. En Afrique, ils sont 38 pays qui subissent cet exercice. Selon le présentateur, Abdoul Ganiou Mijiyawa, pour l’évaluation 2017, le Burkina Faso a obtenu la note de 3.6, identique à celle de 2016. «Ce résultat est le fruit d’un travail acharné», s’est réjoui la ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Rosine Coulibaly. En effet, les pays sont notés sur une échelle de 1 à 6 pour 16 indicateurs de développement regroupés dans quatre catégories.

Après la présentation, les participants ont procédé à la mise à jour des données pour le CPIA 2018.

Il s’agit de la gestion économique, des politiques structurelles, d’insertion sociale et d’équité et la gestion des institutions du secteur public. Ainsi, les notes respectivement conformes aux composantes citées, sont de 3.7, 3.5, 3.7 et 3.4. Ce qui donne un total de 3.6. Pour le présentateur, malgré une performance moins satisfaisante car la note comparée à son niveau en début de décennie 2008, a diminué de 0.1, le Burkina Faso demeure l’un des meilleurs performateurs en Afrique sub-saharienne. En effet, sa note est supérieure à la moyenne du continent qui est de 3.1. Cependant, elle est inférieure à celle du Rwanda (4.0) et du Sénégal (3.8), qui sont des modèles de l’avis de M. Mijiyawa. Pour donc y arriver, «le pays des Hommes intègres devrait corriger certaines faiblesses énumérés.

Il s’agit, entre autres, de la faiblesse de la surveillance budgétaire exercé par le Parlement et les autres corps de contrôle, de la dette publique croissante et des indicateurs défavorables pour les femmes en matière de participation au marché de l’emploi, au titre du foncier», a-t-il souligné. A l’écouter, ces notes du CPIA servent à déterminer l’allocation des financements concessionnels octroyés par la Banque mondiale. Plus le score est élevé, plus les financements sont importants. Dans l’ensemble, 20 pays de l’Afrique sub-saharienne qui empruntent auprès de l’IDA, ont affiché des performances relativement faibles avec des notes inférieures ou égales à 3.2.

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com

Amélioration de la gouvernance 2019: année d’engagement anti-corruption

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L’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), a tenu une conférence de presse à l’occasion de la journée internationale de lutte contre la corruption, le dimanche 9 décembre 2018, à Ouagadougou.

La commémoration de la journée internationale de lutte contre la corruption en 2018 coïncide avec le 15e anniversaire de l’adoption de la convention des Nations unies contre la corruption. Les acteurs de la lutte ont animé un point de presse dimanche 9 décembre 2018. A l’entame de ses propos, le principal conférencier, Ibrahima Djibo, président de l’Observatoire de la justice et de la démocratie (OJD), a déclaré que cette journée est placée sous le thème : «Appropriation et mise en œuvre de la loi portant prévention et répression de la corruption au Burkina Faso».

Les conférenciers ont invité les citoyens à plus d’engagement contre la corruption.

Pour lui, la commémoration a lieu dans un contexte national fortement caractérisé par un développement de la corruption, des pratiques de mal gouvernance et par une effervescence sociale sur fond de revendications de justice sociale et d’équité. «La corruption qui semblait avoir été légèrement infléchie au lendemain de l’insurrection populaire, a repris son envol en 2017 comme l’illustrent les rapports de l’ASCE-LC et du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC)», a-t-il expliqué. Le président de l’OJD a précisé que cette recrudescence du phénomène est doublée d’une impunité toujours perceptible des crimes économiques sur le plan judiciaire, disciplinaire et administratif, en témoignent l’affaire du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et d’autres dossiers qui restent toujours sans perspectives.

«Ce contexte de corruption et de mauvaises pratiques ambiantes, doublé du climat d’impunité s’explique par le faible niveau de la loi anti-corruption et le déficit des moyens d’actions au profit des acteurs», a-t-il poursuivi. M. Djibo a, de ce fait, appelé l’exécutif à impulser une dynamique anti-corruption vigoureuse.

Dans le cadre de la célébration de la journée internationale de refus de la corruption, des activités de sensibilisation aux méfaits de la corruption, des actions de concertations et de réflexions ont été menées par les acteurs de l’application de la loi anti-corruption avec pour finalité de déceler les goulots d’étranglement et envisager des perspectives pour plus d’efficacité. «Ils sont parvenus à la conclusion qu’un plus grand succès sur le front de la corruption passe par une ferme volonté et un engagement soutenu des gouvernants à agir de manière implacable, par un renforcement de l’engagement de tous les acteurs et la mobilisation des citoyens dans cette lutte», a soutenu Ibrahima Djibo. C’est dans ce sens que les conférenciers ont lancé un appel aux gouvernants, au système judiciaire, aux OSC, et aux citoyens pour faire de l’année 2019 une année d’engagement anti-corruption.

Christelle GOMBRE
(Stagiaire)

Semaine de l’inclusion financière dans l’espace UEMOA: satisfecit de la BCEAO

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Le bilan de la semaine de l’inclusion financière, tenue du 26 novembre au 1er décembre 2018 a été livré aux journalistes, à l’issue de la 4e rencontre trimestrielle entre la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF), le 6 décembre 2018 à Ouagadougou.

 

La première Semaine de l’inclusion financière dans l’espace Union économique et monétaire Ouest africaine (UEMOA) placée sous le thème « Inclusion financière : levier du développement économique et social » a été un succès. L’information a été donnée au cours d’une conférence de presse, le 6 décembre 2018, animée par le directeur national de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), Charles Luanga Ki-Zerbo et le vice-président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF), Joël Touré, après la dernière rencontre trimestrielle BCEAO-APBEF. L’inclusion financière est généralement définie comme l’offre de services financiers adaptés aux populations exclues du système financier classique, à des conditions soutenables, à la fois pour les offreurs et les bénéficiaires. Elle constitue un instrument privilégié d’insertion des couches sociales défavorisées dans le tissu économique et social. Lors de la toute première semaine dédiée, plusieurs activités se sont déroulées simultanément dans les pays membres de l’UEMOA afin de vulgariser le concept. Ainsi des panels sur l’état des lieux de l’inclusion financière dans l’UEMOA, le rôle des parties prenantes dans la mise en œuvre de la stratégie régionale d’inclusion financière, la digitalisation des paiements des Etats, le développement des services financiers innovants comme la finance islamique, le mobile banking, entre autres, ont été développés au profit des populations. Pour le directeur national de la BCEAO, la session de sensibilisation des jeunes à l’inclusion financière, a permis de leur enseigner les bonnes pratiques, notamment l’épargne et l’entreprenariat.
Une initiative désormais annuelle

 

Selon le Directeur national de la BCEAO pour le Burkina, Charles Luanga
Ki-Zerbo (1er à gauche) : «aucune banque n’a été fermée parce qu’il
y a eu des réformes».

D’ailleurs, ces sessions ont abouti à plusieurs recommandations. «A l’Etat, il a été demandé de mettre en place des programmes actifs en faveur de l’auto-emploi en direction des jeunes, aux universités de réformer leurs programmes d’études pour fournir des compétences aptes à entreprendre. Les jeunes eux-mêmes doivent réorienter leurs espoirs vers les initiatives privées», a détaillé Charles Luanga Ki-Zerbo.

Le forum de haut niveau sur le thème ‘’Innovation technologique au service de l’inclusion financière’’ a été l’un des évènements majeurs de la semaine de l’inclusion financière. Il a été l’occasion de mener la réflexion autour de questions d’actualité telles que les initiatives de la Banque centrale en matière de développement des services financiers innovants, le rôle des innovations technologiques dans le développement des services numériques et les barrières et opportunités du digital sur l’inclusion financière des jeunes, des femmes, des agriculteurs et des PME. M. Ki-Zerbo a annoncé que la semaine de l’inclusion financière dans l’UEMOA sera une initiative pérenne. «Elle se tiendra chaque année pour permettre de faire un point global de l’évolution de l’inclusion financière dans l’UEMOA et dans chaque pays», a-t-il dit.

L’évolution de l’activité bancaire au Burkina Faso a aussi fait l’objet d’une analyse lors de la dernière rencontre trimestrielle entre la Banque centrale et l’association professionnelle des banques et établissements financiers.

Mahomed OUEDRAOGO

Super coupe du maire de Ouagadougou: c’est parti pour la 2e édition !

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La 2e édition de la coupe du maire de la commune de Ouagadougou a été lancée, le samedi 8 décembre 2018 sur le terrain Espoir 2000 de Ouagadougou. Le match d’ouverture qui a opposé l’arrondissement n°7 à l’arrondissement n°8 s’est soldé par un match nul (1-1).

Le lancement de la super coupe du maire de la commune de Ouagadougou a eu lieu le samedi 8 décembre 2018 sur le terrain Espoir 2000 de l’arrondissement n°7. La 2e édition de cette compétition s’est ouverte avec une rencontre qui a opposé l’arrondissement n°7 à son voisin de l’arrondissement n°8. Un match qui s’est joué en 2 fois 25 minutes. En première période, il y eut une légère domination de l’arrondissement n°7 avec des occasions, mais aucune équipe n’arrivera à trouver le chemin des buts. La seconde période, elle, sera plus animée. Sur un coup franc d’une distance de 30 mètres environ, Soumaila Nikièma ouvre le score en faveur des hôtes.

Mais leur joie fut de courte durée car quelques minutes plus tard, l’arrondissement n°8 obtient un pénalty sur une faute de main d’un défenseur de l’équipe adverse. Un pénalty transformé par Abdoul Kader Tapsoba. Après cette égalisation, l’arrondissement n°7 multiplie les occasions mais n’arrivera pas à prendre l’avantage. Ils se quitteront sur ce score de parité d’un but partout. Pour Armand Roland Pierre Béouindé, maire de la commune de Ouagadougou et promoteur de cette compétition, la coupe vient s’ajouter aux actions sportives déjà menées au profit de la population de Ouagadougou. Il a félicité tous les maires qui ont organisé chacun sa coupe dans son arrondissement pour aboutir à cette super coupe.

Il s’est réjoui de l’engouement qu’a suscité l’activité sportive. «Au regard de l’enthousiasme avec lequel la population se déplace pour venir participer à cette compétition, c’est pour le vivre-ensemble et pour l’unité entre les jeunes afin qu’ils aient une activité saine dans leur quartier», a-t-il souligné. En rappel, la 2e édition de cette super coupe a intégré le handball, le basketball et le volleyball. La finale en football est prévue pour se tenir le 29 décembre prochain au stade Issoufou- Joseph-Conombo.

Roland KABORE
(Collaborateur)

Coupe de la Ligue du Centre :pétanqueWendpanga TP sacré dans les ultimes jeux

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La coupe de la Ligue régionale du Centre de pétanque(LRCP) a connu son épilogue, le 9 décembre dernier sur l’espace du rond-point de la Transition. Après plus de 1h30 mn de compétition, Wendpanga du Théâtre populaire (Wendpanga TP) est venu à bout de Zoodnoma omnisports de Pissy par 13-10.

Le rond-point de la Transition a connu une animation particulière toute la journée du 9 décembre 2018, à la faveur de la 5e édition de la coupe de la Ligue régionale du Centre de pétanque (LRCP). Le nombreux public a suivi avec grand intérêt les quarts de finale qui ont débouché sur la grande finale entre Wendpanga TP (Simon Nana, Djibril Congo, Ibrahim Ouédraogo, Jacques Ilboudo) et Zoodnoma (Koudaogo Kaboré, Moise Ilboudo, Kassoum Ouédraogo, Assane Sanfo).

Wendpanga à la manette, menée 6 fois au score, a su réagir lors des ultimes jeux.

La finale s’est disputée à 13 points gagnants. Zoodnoma annonce les couleurs et remporte les deux premiers mènes, 2-0. Wendpanga TP réagit au 3e et place 3 boules, et prend du même coup les devants. La rivalité est rude, Zoodnoma n’engrange rien en 3 jeux successifs, tandis que Wendpanga est bredouille en 4 jeux. Après 9 jeux, Zoodnoma affiche 10 pts contre 6 à Wendpanga. Va-t-on vers un triomphe de Zoodnoma ? Au 10e jeu, Wendpanga revient de fort belle manière, en marquant 5 pts, inversant ainsi la tendance, avec 11-10.

Le 11e mène s’annonçait donc indécis, l’une ou l’autre équipe pouvant tuer le suspense. Et c’est Wendpanga qui va le faire, en glanant le reliquat de points. Après confirmation de l’arbitre, c’est l’explosion de joie des joueurs et de leurs supporters. Pour son sacre, Wendpanga empoche la somme de 500 000F, plus le trophée, Zoodnoma se console avec 350 000F, le 3e Nebnoma 14 gagne 250 000F, le 4e une autre équipe de Zoodnoma, 150 000F. Les équipes classées de la 5e au 8e rang, reçoivent 50 000F chacune.

Tout s’est bien terminé à la satisfaction «totale» du président de la LRCP, Simon Zongo. Il a souligné que la ligue a voulu mobiliser le maximum de joueurs (312) et s’est réjoui que ces derniers aient joué dans un esprit de «cohésion sociale». Il a ajouté qu’avec les partenaires, la LRCP va toujours accompagner la jeunesse. Le parrain, El hadji Boureima Koanda, s’est félicité du choix porté sur sa modeste personne et a trouvé le jeu « dur mais très plaisant ».

Pour lui, le perdant n’a pas démérité. Il a, en outre, félicité la LRCP pour le travail abattu. Quant au co-parrain, Issa Naby Coulibaly, par ailleurs DG de la Poste Burkina Faso, il a avoué assister pour la première fois à une finale et s’est dit très séduit. Il a félicité les deux équipes et a donné rendez-vous en 2019 pour la coupe du DG de la Poste Burkina Faso.

Barthélemy KABORE