11-Décembre 2018: Mettre en avant les productions locales

La grande foire du 11-Décembre 2018 a ouvert ses portes, le jeudi 6 décembre 2018 à Manga. La cérémonie de lancement a été présidée par le Président de l’Assemblée nationale, Bala Alassane Sakandé.

Une des activités phares de la célébration de l’indépendance à Manga, chef-lieu de la région du Centre-Sud, est la grande foire du 11-Décembre. Elle a été officiellement ouverte, le jeudi 6 décembre 2018 à Manga. 300 stands ont été dressés avec une participation effective de 29 partenaires, 30 restaurants, et 25 tenanciers de boissons. Plus de 300 exposants sont présents à cette édition.

Selon la promotrice de la foire, la directrice générale de Loyal Communication, Mariam Doumbia, l’édition 2018 connaît des innovations majeures. Parmi lesquelles la participation de pays de la sous-région tels que le Ghana, le Niger, le Togo et le Mali. A l’entendre également, cette année la participation a battu un record.

« L’espace gastronomique est occupé par 30 restaurateurs et 25 maquis, c’est du jamais vu », s’est-elle exclamée. Une autre innovation, a poursuivi Mariam Doumbia, est l’aménagement d’un espace enfants sur le site de la foire, afin de permettre à cette frange de la population de participer. La présente édition a été coparrainée par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, et le gouverneur de la région du Centre-Sud, Casimir Seguéda.

Selon la promotrice de la foire, Mariam Doumbia, la manifestation a connu des innovations majeures.

Mettre l’accent sur les productions locales

La cérémonie de lancement a été présidée par le Président de l’Assemblée nationale (PAN), Bala Alassane Sakandé. Le président Sakandé a invité les organisateurs de la foire à mettre l’accent sur les productions locales. « Ce genre de foire doit être l’occasion pour les artisans locaux de pouvoir exposer ce qu’ils savent faire », a estimé le PAN.

Le ministère en charge de l’environnement s’est déjà inscrit dans cette dynamique, à travers la direction des produits forestiers non ligneux. Minata Kinda, issue de cette direction, a indiqué que 22 stands ont été loués pour 37 exposants spécialisés dans la transformation des produits forestiers non ligneux. Les co-parrains ont voulu aussi accompagner les acteurs nationaux dans la valorisation des produits locaux en leur offrant gracieusement plus de 50 stands d’exposition.

Alassane Bala Sakandé a félicité tous ceux qui ont œuvré pour que cet évènement puisse se tenir. Pour une célébration réussie, il a invité toute la population de Manga et des environs à s’approprier les activités du 11-Décembre, en prenant soin des investissements réalisés dans la région à l’occasion de la fête de l’indépendance.

Et en dénonçant tout acte ou individu malveillant, qui pourrait entacher l’organisation des festivités. L’affluence de la clientèle n’est pas au rendez-vous à ce premier jour, mais les exposants se veulent optimistes. Yahaya Ouédraogo est un exposant d’objets d’art en cuir, venu de Kaya. Le maroquinier qui est un habitué de l’évènement a dit espérer que les prochains jours seront meilleurs.

Alpha Sékou BARRY

11-Décembre 2018 : Bassirou Monea grand vainqueur

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La course cycliste nationale du 11-Décembre, longue de 127, 900 kilomètres courue, hier dimanche 9 décembre 2018, de Ouagadougou à Manga a été remportée par Bassirou Monea en 3 heures 17 minutes et 34 secondes.

Le vainqueur de la course cycliste nationale du 11-Décembre, pour l’année 2018, est connu. Sur 100 coureurs issus de 38 clubs au départ de Ouagadougou, Bassirou Monea du club AJCK, grâce à une échappée, a été, en effet, le premier à franchir la ligne d’arrivée, avec une vitesse moyenne de 38, 842 km/heures. Il a reçu la somme de 300 000 FCFA, un trophée et le maillot jaune.

Il a été suivi de Abdoulaye Rouamba de l’AJCK et de Bachirou Nikiema de l’USFA. Ces derniers ont respectivement remporté les sommes de 200 000 FCFA et 150 000 FCFA. Le premier point chaud de cette course cycliste du 11-Décembre 2018, Kombissiri, a été remporté par Bachirou Nikiema suivi de Rouamba Abdoulaye et de Bassirou Monea. La seconde phase décisive à Toécé a, elle, vu la victoire de Souleymane Koné suivi de Bachirou Nikiema et de Abdoulaye Rouamba.

L’épouse du président du Faso, Sika Kaboré ( gauche), a salué la combativité du maillot jaune de la course cycliste du 11-Décembre.

L’épouse du président du Faso, Sika Kaboré, qui a assisté à l’arrivée des coureurs à Manga, a vivement félicité le vainqueur pour les efforts fournis. Pour le ministre des Sports et des Loisirs, Daouda Azoupiou, c’est une belle victoire de Bassirou Monea. « Nous avons aujourd’hui des compétiteurs de haut niveau qui ont bénéficié de nombreux stages et formations . Ils ont remporté les maillots jaunes dans la sous-région et ailleurs », a-t-il affirmé.

Selon lui, le Burkina Faso étant reconnu comme un pays de vélo, ce triomphe ne fait que confirmer davantage collectivement et individuellement les cyclistes burkinabè. A son avis, les cyclistes burkinabè sont aujourd’hui parmi les meilleurs. Il a, par ailleurs, félicité l’ensemble des coureurs et la fédération. « Le cyclisme a permis de rehausser l’image du 58e anniversaire de l’indépendance de notre pays, je suis heureux et fier d’eux », s’est-il réjoui.

Wurotèda Ibrahima SANOU

Lutte contre le terrorisme : Chefs traditionnels et religieux en première ligne

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La Fondation Konrad Adenauer (FKA) a organisé une conférence régionale, les 7 et 8 décembre 2018 à Ouagadougou sur le thème : «Le rôle des chefs traditionnels et religieux dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent».

Dans le souci de créer un espace de dialogue à travers lequel la cohésion sociale et le lien entre la société et l’Etat se renforcent, la Fondation Konrad Adenauer (FKA) a organisé une conférence régionale, les vendredi 7 et samedi 8 décembre 2018 à Ouagadougou. Ayant réuni les chefs traditionnels et religieux des pays membres de la Force conjointe G5 Sahel, la rencontre s’est penchée sur leur rôle dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

L’objectif de la conférence, selon la Fondation, est de mettre en exergue quelques-uns des facteurs locaux de l’extrémisme violent dans les pays du G5 Sahel, de dresser une liste des initiatives concrètes et mécanismes de lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation par les leaders traditionnels et religieux de la région. La rencontre visait également  à dresser une liste d’initiatives locales de prévention et de lutte contre l’extrémisme et la radicalisation dans la région et à faire des recommandations pertinentes à l’attention des décideurs politiques de la région et de la communauté internationale.

Selon les analyses de la FKA, certaines zones sont plus exposées aux menaces et plus touchées que d’autres. C’est le cas par exemple de la région du Liptako-Gourma, du bassin du Lac Tchad et, dans une moindre mesure, de la zone Est de la Mauritanie. Pour le directeur général du programme régional de la FKA, Thomas Schiller, la présence de l’Etat étant quasi inexistante dans ces zones, les populations sont animées d’un sentiment d’exclusion et de marginalisation et font face à de la violence qu’elles tentent de gérer à l’aide de mécanismes traditionnels de régulation des tensions.

Le DG du programme Sahel de la Fondation Konrad Adenauer, Thomas Schiller : « les chefs religieux et traditionnels des différents pays du G5 Sahel montrent leurs intérêts pour les problèmes auxquels ces pays sont confrontés ».

Il est donc urgent, a-t-il souligné, de renforcer la résilience de ces communautés elles-mêmes afin qu’elles s’approprient leur propre sortie de crise et parce qu’étant les mieux placées pour identifier les besoins et comprendre les mécanismes de stabilisation de leurs régions. D’où l’importance de l’appui des chefs traditionnels et religieux. Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentration, Siméon Sawadogo, a salué l’initiative de la FKA.

«Vu le nombre d’adeptes des différents chefs religieux et traditionnels, leurs voix sont plus porteuses que la nôtre», a-t-il affirmé. L’extrémisme, d’après ses dires, se nourrit du manque d’information. En étant bien informés, a-t-il précisé, les leaders traditionnels et religieux permettront à leurs adhérents et à leurs adeptes d’être des personnes capables d’avoir un langage de paix et aux communautés de vivre ensemble dans la quiétude.

Aminata Cheick TALL
(Stagiaire)

Industrialisation du Burkina Faso : «La transformation des matières premières locales est la voie royale», ministre Harouna Kaboré

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Sous la houlette de Harouna Kaboré, le ministère du Commerce de l’Industrie et du Commerce, a entrepris de développer le secteur de l’industrie au Burkina Faso. Dans l’interview accordée à Sidwaya, le ministre aborde la stratégie mise en œuvre pour révolutionner le secteur de l’industrie.

Sidwaya(S) : Quelle appréciation faites-vous du niveau de l’industrialisation au Burkina Faso ?

Harouna Kaboré (H.K.) : au Burkina Faso le secteur de l’industrie est peu développé. En effet, depuis les indépendances, il existe des entreprises industrielles évoluant dans le domaine de la transformation de nos matières premières locales ou importées. Au fil des années, l’on a assisté à la naissance d’une nouvelle génération d’entreprises industrielles, portées par des jeunes entrepreneurs, intéressés à la transformation des matières premières locales.

Certaines connaissent des succès mais d’autres ont beaucoup de difficultés. Pour accompagner cette dynamique, l’on a adopté différentes politiques, qui, par manque de constance, ne sont pas inscrites dans la durée et la continuité, si bien que l’industrie burkinabè est toujours à un stade où nous sommes encore loin d’un pays industrialisé. Toutefois, il faut souligner que tous les ingrédients sont réunis pour le devenir.

La question du développement de l’industrie nationale doit s’affranchir des débats théoriques pour savoir si notre pays doit être un pays de services ou un pays industriel ? Pour nous, les questions essentielles qu’il convient de se poser sont : existe-il un potentiel de développement des Petites et moyennes industries (PMI) ? Y a-t-il un potentiel de transformation de nos matières premières ?

Est-il possible de mettre en place un accompagnement des acteurs pour la structuration, la modernisation des équipements de production afin d’augmenter au fur et à mesure leurs capacités de production ? Existe-t-il des consommateurs qui sont intéressés par les produits locaux ? A toutes ces questions, la réponse est oui. Est-ce que le Burkina Faso peut se développer en faisant de l’import/export et en étant le déversoir des produits manufacturés étrangers.

La réponse est assurément non. Il est donc clair que le Burkina Faso doit partir de ses réalités et développer son potentiel. C’est pour toutes ces raisons que notre département a élaboré une nouvelle stratégie nationale d’industrialisation et pris des initiatives dans le but d’impulser un développement de l’industrie au Burkina Faso.

S: Quels sont les grands axes de la stratégie nationale d’industrialisation ?

H.K. : La stratégie nationale d’industrialisation a été le résultat d’une démarche ayant impliqué tous les acteurs du secteur. Elle l’a été après un diagnostic aussi exhaustif que possible de l’ensemble des politiques et stratégies de promotion de l’industrie qui ont été appliquées au Burkina. Un diagnostic qui a également porté sur l’environnement institutionnel et règlementaire et sur le vécu des unités industrielles.

Cette démarche participative et inclusive avec le secteur privé, a permis d’élaborer une stratégie, construite autour de cinq axes : l’amélioration du cadre juridique, institutionnel, et organisationnel d’appui à l’industrie ; l’appui à l’élaboration de nouveaux projets industriels. L’axe 3 traite de la consolidation du tissu industriel existant par la modernisation des installations et la promotion de l’industrie verte.

L’axe 4 traite de l’appui à l’amélioration de l’offre de financement du secteur industriel et l’axe 5 concerne le développement des infrastructures industrielles et la promotion de la durabilité des unités industrielles. La stratégie nationale d’industrialisation est conforme à l’axe 3 du principal référentiel de développement du Burkina qu’est le PNDES. L’idée de base est de partir des potentialités du pays en termes de matières premières pour développer l’industrie à travers des actions précises.

S: Justement, quelles sont les actions prévues pour opérationnaliser cette stratégie ?

H.K.: Qui dit stratégie, dit nécessité d’une implémentation. A cet effet, le plan d’actions qui accompagne cette stratégie va de 2019 à 2023. Il prévoit que l’on s’attaque à des sujets urgents que sont la question des infrastructures, le soutien à l’industrie avec d’importants projets d’investissements dans la création, l’aménagement et la viabilisation des zones industrielles et des parcs industriels, l’accompagnement à la réalisation d’importants projets structurants dans le secteur du coton textile avec la construction d’unités à Ouagadougou, Koudougou et Bobo-Dioulasso afin de porter le taux de transformation du coton de 2% environ à 10 à 15 % au moins.

Dans le secteur de la transformation de l’anacarde, il est prévu la construction d’une unité de référence à Bobo-Dioulasso. Pour la transformation de la tomate, il est prévu l’achèvement et la mise en service de l’unité de Loumbila et la construction de trois centres de prétraitement à Ouahigouya, Gourcy et Yako, qui permettront la création sur chaque site d’environ 200 emplois.

La formulation en cours du programme « one district, one factory » (une région, une usine) ambitionne de développer des parcs industriels dans les régions en fonction de l’abondance des matières premières de la zone. En somme, la démarche consiste à traiter les questions urgentes (entreprises en difficulté ou à relancer) et accompagner les nouveaux projets industriels des acteurs du secteur privé. Le plan va en outre permettre la mise en œuvre des réformes institutionnelles et réglementaires pour faciliter l’approvisionnement en matières premières des unités de transformation, la commercialisation et la consommation des produits manufacturés nationaux, entre autres.

S : Avez-vous identifié les conditions pour réussir ce plan d’actions
ambitieux ?

Ce sont les ruisseaux qui convergent pour créer les fleuves.

H.K. : De la même manière que l’ensemble des acteurs ont été associés à l’élaboration de la stratégie, nous allons continuer à les mobiliser afin d’obtenir leur engagement dans la mise en œuvre de la stratégie. Notre pays ne peut pas continuer à être un exportateur de ses matières premières, au détriment de la transformation locale, créatrice d’emplois et de plus-value pour l’économie nationale. Les outils connexes à la stratégie que sont par exemple le code des investissements, dont la nouvelle version vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale en octobre 2018, permettront d’accompagner au mieux la transformation industrielle et artisanale.

Le code des investissements contient de nombreuses dispositions qui favorisent les PMI nationales, parce que les conditions à remplir pour bénéficier de ses avantages sont réduites au quart pour les PMI, impliquées dans la transformation des matières premières locales. A titre illustratif, le régime A du code nouveau des investissements prévoit qu’il faut un investissement de 100 millions et créer 20 emplois permanents pour bénéficier des avantages tandis que les entreprises intervenant dans la transformation de nos matières premières ne devraient investir que 25 millions et créer quatre emplois pour bénéficier des mêmes avantages.

L’intégration du secteur de l’énergie comme bénéficiaire des avantages du code des investissements, nous assure par ailleurs une meilleure opérationnalisation de la loi sur la libéralisation de la production de l’énergie, à l’effet de réduire le coût des facteurs de production.

S : Qu’est-ce qui justifie la mise en place d’un plan d’industrialisation accéléré concomitamment avec le plan d’actions de la stratégie nationale d’industrialisation ?

H.K. : Le plan d’industrialisation accéléré est en fait le premier moteur pour amorcer le décollage du secteur secondaire au Burkina Faso. A cet effet, une dizaine de filières ont été identifiées à travers un travail collégial avec les différents départements ministériels, afin de les accompagner dans le but d’avoir des produits de qualité mais aussi de mettre en place la stratégie nationale d’exportation. Parmi ces filières, trois ont été classées prioritaires pour lancer une industrialisation accélérée.

Ce sont la filière coton textile ; bétail-viande et celle couvrant les carrières et matériaux de construction. La floraison d’entreprises dans le domaine de la cimenterie au cours des dernières années nous laisse penser qu’il y a une vraie opportunité de création d’emplois et de richesses avec l’exploitation de la dolomite, matière première entrant dans la fabrication du ciment.

Avec le boom des sociétés immobilières, la briqueterie, valorisant nos matériaux locaux, est un secteur porteur, d’où le choix de la filière carrières et matériaux de construction. Il est reconnu que le Burkina Faso dispose d’un vrai cheptel. Malheureusement celui-ci est exporté essentiellement sur pieds. La transformation devrait donc nous permettre d’avoir une valeur ajoutée avec des abattoirs frigorifiques de renom et une chaine de froid opérationnelle.

Quant au coton, il est le 1er produit agricole d’exportation de notre pays, avec en moyenne 600 000 tonnes de production annuelle. Nous n’en transformons que 2%. Les trois sociétés d’égrenage ne créent pas annuellement plus de 100 emplois nouveaux chaque année alors que si l’on s’intéresse aux autres mallions de la chaine de valeur que sont la filature, le tricotage et tout le reste, l’on peut créer des milliers d’emplois. Déjà le projet A STAR, sur lequel le gouvernement travaille avec l’implication du secteur privé, devrait générer 12 000 emplois directs.

Le passage à l’échelle ne se fera pas au détriment du « fait main ou hand made ». En effet, le ministère a initié un projet pour accompagner les artisans qui va se concrétiser le 12 décembre 2018 par la remise de 1000 métiers à tisser à des groupements féminins, en vue d’augmenter l’offre de pagne traditionnel. Pour les filières prioritaires, il y a de la matière première, un savoir-faire certain, et un marché. Il ne reste qu’un passage à l’échelle pour la création de plus-value pour notre économie. Il importe de préciser que les autres filières ne sont pas pour autant délaissées.

S : Le ministère met en œuvre depuis le 20 septembre 2018 l’Initiative pour le renforcement du capital productif des PME-PMI (IRCP-PME-PMI). Quels sont ses objectifs ?

H.K: Nous partons du principe que ce sont les ruisseaux qui convergent pour créer les fleuves. Pour nous, si nous avons suffisamment de PME-PMI, les ruisseaux, nous allons finir par créer les champions de l’industrie, c’est-à-dire les fleuves. Autant nous accompagnons ceux qui ont de gros projets, autant nous sommes convaincus que la transformation des matières premières locales va se faire par les petites et moyennes industries nationales, aux solides performances.

C’est la raison pour laquelle tous les instruments institutionnels en tiennent compte, à savoir le code des investissements, l’agence pour le financement des PME qui fait de la méso finance entre 5 et 60 millions FCFA. L’initiative pour le renforcement du capital productif des PME-PMI s’inscrit dans cette dynamique. Il vise à subventionner les équipements de production à hauteur de 4 millions FCFA par entreprise. Il va concerner 130 PME sur le plan national, dont dix par région.

Les entreprises sont sélectionnées à l’issue d’un processus transparent en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso. Les équipements que nous installons sont opérationnels ; il ne reste plus à l’entrepreneur qu’à investir dans l’achat de matières premières pour commencer la production. Le quota de dix entreprises par région permet de créer une bonne base de l’industrialisation.

Ce projet, d’un coût d’environ un milliard, est financé par des chefs d’entreprises et des sociétés. Il précède un projet de plus grande envergure, d’un coût de 10 milliards FCFA qui va faire du crédit revolving, pour permettre de pérenniser le fonds. Ce qui est vraiment innovant avec lIRCP/PME-PMI, c’est son mode de financement.

Et pour cause, les opérateurs économiques qui ont réussi, apportent leur concours pour accompagner les plus petits. Des entreprises ont ainsi accepté de mettre qui, 10 millions FCFA, qui 20 millions FCFA, dans les deux comptes bancaires ouverts par la Chambre de commerce et d’industrie. D’ici 6 mois, on aura bouclé la mise en œuvre de cette initiative dans les 13 régions.

S : Qu’est-ce qui a convaincu les opérateurs économiques d’adhérer à cette initiative ?

H.K. : Les financements innovants sont développés de par le monde et nous avons expliqué au secteur privé, la nécessité, à côté de leur disponibilité à mettre souvent 2 ou 3 millions dans la coupe du maire ou du député par exemple, de mettre de l’argent pour développer les PME/PMI. Nous leur avons expliqué qu’ils font œuvre utile en accompagnant cette initiative de développement des entreprises. On les a rassurés également sur l’utilisation des ressources.

Contrairement à un certain type de projets ou 30% des ressources sont consommées en frais de fonctionnement, l’initiative ne prévoit pratiquement pas de frais de fonctionnement. C’est un point focal, au sein de la direction générale du développement industriel du ministère en charge du commerce, qui travaille avec la chambre de commerce avec des mécanismes allégés.

Aujourd’hui sur le montant attendu pour lIRCP PME PME, on a mobilisé les 2/3 du budget. Ce qui risque de retarder les choses, c’est la commande des équipements aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur au regard de la longueur des délais de fabrication et de livraison. Mais nous sommes confiants. Quoi qu’il en soit chacun des bénéficiaires détient un bon de dotation des équipements souhaités à hauteur de 4 millions, ce qui donne la garantie qu’ils les recevront
effectivement.

S : Comment comptez-vous faire barrage à la concurrence déloyale aux produits made in Burkina Faso sur le marché ?

H.K. : Il y a deux (2) choses à considérer à ce niveau. D’abord, l’accompagnement des entrepreneurs offre le choix aux consommateurs. Dès lors, le ministère va s’intéresser aux produits qui arrivent sur le marché et qui font une concurrence déloyale aux produits nationaux ou avec ce qui est importé de manière normale. On produit dans des secteurs comme les huiles alimentaires, 50 000 tonnes alors que la consommation nationale est autour de 100 000 tonnes. Pour le sucre, c’est environ 30 000 tonnes, pour un besoin de 120 000 tonnes.

Il faut donc une importation pour compléter le gap. Les commerçants importent légalement et les unités de production font face à une concurrence déloyale, du fait des fraudeurs et la non régulation des quantités pour combler le gap. Le ministère a donc décidé de lutter contre ces deux phénomènes. Pour la régulation, nous avons fait adopter un décret sur la liste des produits soumis à autorisation spéciale d’importation. Désormais, le ministère a un droit de regard sur les quantités à importer. Cette méthode a déjà permis d’enlever la quasi-totalité du sucre de la SN SOSUCO.

C’est la même méthode qui a permis d’enlever en l’espace d’un mois, 200 000 bidons de 20 litres sur un stock de 265 000 bidons produits à la SN-CITEC. C’est également le cas pour les pneus de Sap Olympic. Le but ultime est de garantir des prix stables pour les consommateurs en s’assurant à la fois de la disponibilité des matières premières et des produits.
L’autre action concerne ceux qui ne veulent pas respecter la réglementation. Nous avons créé le 21 mai 2018 des Brigades mobiles de contrôle (BMC).

Les agents assermentés des BMC, avec l’appui de la gendarmerie, vont traquer les fraudeurs et ceux qui ne respectent pas la réglementation. Par exemple, dans le domaine des huileries, nous avons déjà contrôlé et fermé une quinzaine d’unités clandestines à Ouagadougou et une trentaine à Bobo-Dioulasso. Nous travaillons aussi en collaboration avec la douane pour contrôler l’entrée des produits en amont.

Nos autorisations spéciales d’importer sont de ce fait diffusées dans les bureaux de douanes. Ainsi tant qu’un importateur ne présente pas ce document avec les quantités déterminées, il ne peut pas importer son produit.
Il y a par ailleurs de nouvelles dispositions adoptées par le conseil des ministres du 5 décembre 2018 sur la concurrence, l’organisation du commerce de gros et de détail qui vont nous permettre de contrôler les importations, protéger les productions nationales et accompagner les petits commerçants agissant dans le segment de la vente en détail. Les opérations coup de poing n’ont jamais réglé un problème durablement surtout pas en matière de développement économique d’un pays.

Entretien réalisé par

Joseph HARO et Nadège YE

Enrôlement biométrique des permis de conduire : La DGTTM étend son action à Manga

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En marge aux festivités commémoratives de l’indépendance, la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM) a lancé une opération spéciale d’enrôlement biométrique de permis de conduire, le mardi 4 décembre 2018 à Manga dans la région du Centre-Sud, pour une durée de cinq jours.

Le ministère en charge des transports continue sa mission de modernisation et de sécurisation des titres de transport à travers les services techniques de la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM).
Le mardi 4 décembre 2018, une équipe de la direction a séjourné à Manga, ville-hôte des festivités du 11-Décembre prochain, pour une opération d’enrôlement pour le permis de conduire.

L’opération a également été une occasion de sensibiliser le plus grand nombre d’usagers à la sécurité routière et au respect du code de la route. Pour le directeur de cabinet du ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, Emmanuel Kouéla, cette activité s’inscrit en droite ligne des réformes du gouvernement dans le secteur des transports, en vue d’une modernisation et d’une sécurisation numérique des titres de transport au Burkina Faso. L’opération, selon lui, est prévue pour cinq jours et vise à produire 400 titres sécurisés.

Pour M. Kouéla, cette démarche permettra aux populations de la région de connaître davantage les activités de la DGTTM en plus de la sensibilisation à la sécurité routière. Selon le maire de Manga, Jérôme Rouamba, il s’agit d’une initiative voulue par le conseil municipal.
Il a indiqué que c’est une opportunité pour les populations de sa commune pour se « mettre à jour » en ce qui concerne la modernisation des titres de transport. « A la lumière de la célébration du 11-Décembre, nous avons souhaité que les populations profitent de certains avantages administratifs du fait de la forte présence des institutions de l’Etat dans notre ville», a expliqué le maire.

Les populations, pour marquer leur intérêt à l’opération, sont sorties massivement.

Dans la même veine, le gouverneur de la région, Casimir Segda, a ajouté qu’il s’agit d’une belle initiative de proximité. Selon lui, lorsque les services de l’Etat se déplacent vers les populations à la base, cela raccourcit considérablement les dépenses des citoyens. « Nous nous sommes enrôlés et jusque-là tout se passe bien. Les populations sont sorties massivement et elles respectent les consignes qui sont données pour un bon déroulement de l’opération », a fait savoir le gouverneur.

Il a encouragé le ministère des Transports dans cette dynamique et a souhaité que la population s’approprie convenablement les journées d’enrôlement biométrique des permis de conduire. En rappel, le ministère envisage délivrer 3,300 millions de titres sécurisés en cinq ans sur le plan national.

Wanlé Gérard COULIBALY

Procès du putsch : Echanges houleux autour de la paternité du coup d’Etat

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Le général de brigade Gilbert Diendéré était toujours à la barre du tribunal militaire de Ouagadougou, le vendredi 7 décembre 2018 pour répondre, entre autres, des faits d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, trahison, incitation
à la commission d’actes contraires à la discipline, coups et blessures volontaires.

Le vendredi 7 décembre 2018, le général de brigade Gilbert Diendéré totalisait 9 jours consécutifs d’audience à la barre du tribunal militaire de Ouagadougou. Jusque-là, les différentes parties n’ont pas encore épuisé la phase préliminaire d’instruction du dossier du putsch de septembre 2015. Et encore, ce vendredi, Me Pierre Yanogo de la partie civile était encore à se demander qui est le véritable «père» du putsch de septembre 2015 au Burkina Faso. «Personne n’a revendiqué avoir fait le coup.

Même ceux qui ont agi ont dit l’avoir fait sous ordre. Mais dites-nous, vous qui êtes un général de cette armée et qu’on dit super renseigné, qui a fait le coup», a-t-il demandé à l’accusé. Le général de brigade de rétorquer : «Ce n’est pas à moi de le dire. Une instruction a été faite depuis trois ans, c’est à elle de dire qui l’a fait». Me Yanogo a questionné le général pendant plus de deux heures de temps, donnant souvent l’impression d’insister sur des aspects apparemment insignifiants.

Le président du tribunal a dû par exemple intervenir pour demander à l’avocat et à l’accusé de ne pas parler tous à la fois. «Quel regard avez-vous des hommes qui ont posé cet acte ?», a questionné l’avocat. «Ce sont des hommes comme tous les autres, qui ont agi dans une situation déterminée et qui se retrouvent avec moi dans le box des accusés», a répondu le général Diendéré. Les deux acteurs se sont livrés à un jeu de questions-réponses.

L’avocat est revenu sur plusieurs points des déclarations de l’accusé pour, soit poser des questions, soit demander des précisions. Et à chaque fois, le général n’a pas fait dans la langue de bois comme avec les précédents avocats de la partie civile. «Vous dites avoir accepté de prendre la direction du pays parce que le pouvoir était vacant…», a rappelé Me Yanogo. Et l’accusé de rectifier immédiatement ces propos : «Ce sont les médiateurs qui l’ont dit, donc je considère que ça l’était».

Me Yanogo lui a signifié que c’est l’ex-RSP qui avait arrêté les autorités et refusait de les libérer, alors pourquoi parler de vacance du pouvoir. Gilbert Diendéré l’a de nouveau renvoyé aux médiateurs qui ont prononcé ce terme, notamment le président Jean-Baptiste Ouédraogo et Mgr Paul Ouédraogo. «Mais ceux qui ont employé ce terme vous ont d’abord demandé de libérer les autorités et vous avez refusé», a ajouté l’avocat. Le général lui demandera de nuancer l’utilisation du terme «vous», en précisant que «ce sont les hommes» qui avaient arrêté les autorités.

«On était dans un Etat d’exception»

L’avocat a poursuivi dans sa dynamique pour faire remarquer à l’accusé que le président du CNT, Chériff Sy, avait déjà fait une déclaration dans laquelle il disait assumer l’intérim du président Kafando. «Pourquoi malgré la déclaration du président du CNT, vous faites lire le communiqué qui vous désigne chef de l’Etat», a insisté Me Yanogo. Gilbert Diendéré a soutenu que la situation était particulière. Au demeurant, a-t-il signifié, la constitution du pays n’était pas respectée depuis octobre 2014. «On était dans un Etat d’exception», a-t-il lancé.

Non content des réponses du général, Me Pierre Yanogo va finir son intervention par une observation d’ordre général. L’avocat a évoqué la situation «inconfortable» de certains accusés, embarqués dans ce dossier pour avoir joué une partition peut-être minime. «Beaucoup d’accusés n’étaient au courant de rien. Présentement, ils encourent de lourdes peines.

Certains ont été radiés de l’armée, d’autres n’ont plus de revenus. Mais personne ne reconnaît la paternité du coup d’Etat. On retient que c’est ceux qui ont arrêté les autorités qui l’ont fait. Ils ont obéi, peut-être à tort, mais ils risquent gros. Pourtant, quand ce fut fait, c’est le général qu’on a vu à la tête, faisant des concertations pour un gouvernement. C’est à eux que ça allait profiter. Ça me dérange», a déclaré l’avocat de la partie civile. Le président du tribunal a ensuite donné la parole aux conseils du général Diendéré.

Les citations du président Roch et du Mogho Naaba

A tour de rôle, les avocats, Latif Dabo, Maria Kanyili, Olivier Yelkouni, Bartelé Mathieu Somé et Jean Yaovi Degli sont intervenus, répondant à des points soulevés par le parquet et la partie civile.
Face à ses avocats, le général Diendéré était bien moins tendu pour répondre aux questions. Me Latif Dabo lui a demandé d’expliquer pourquoi il avait voulu citer le président Roch Marc Christian Kaboré et le Mogho Naaba, tout en sachant que ces personnes ne pouvaient pas comparaître devant le tribunal militaire.

«Au moment des évènements, le Mogho Naaba a reçu les officiers à son palais où il y a eu signature de l’accord. L’original du document se trouve à son niveau. Son Excellence le président Roch Marc Christian Kaboré a été plus ou moins informé du contexte qui prévalait. Je savais qu’ils ne pouvaient pas comparaître devant le tribunal militaire, mais j’avais espéré qu’on puisse aller les écouter ou prendre leurs témoignages», a-t-il répondu.

Me Dabo lui a ensuite demandé de répondre aux allégations qui voudraient qu’en complicité avec sa co-accusée Fatoumata Thérèse Diawara et l’Ivoirien Zakaria Koné, il ait envisagé de faire rentrer environ 2 000 commandos sur le sol burkinabè. «Trouver 1 000 personnes c’est un problème, n’en parlons pas de les faire entrer sur un territoire.

Je n’ai jamais eu l’idée de faire rentrer ne serait-ce qu’une seule personne pour nous aider à faire quoi que ce soit», a assuré Gilbert Diendéré. Me Kanyili a, pour sa part, déclaré que si jusque-là, la paternité du coup d’Etat n’est pas encore établie, «c’est tout simplement parce qu’il n’a pas été planifié». Me Olivier Yelkouni et Me Bartelé Mathieu Somé sont revenus sur les vices qui ont entaché l’instruction du dossier et qui leur font dire que les juges instructeurs ont instruit uniquement à charge contre leur client.

Me Somé a notamment relevé les «atteintes graves» aux droits de son client, privé pendant la phase d’instruction de l’assistance de ses avocats étrangers. L’avocat togolais, Me Degli a, lui, dénoncé la promiscuité entre la partie civile et le parquet, relevant qu’il n’est pas du rôle des premiers de soutenir le parquet dans l’instruction. L’interrogatoire du général Gilbert Diendéré se poursuit ce lundi 10 décembre 2018.

Fabé Mamadou OUATTARA

Plateforme revendicative de la CCVC : «Le Premier ministre s’est engagé à répondre point par point», Remis Fulgance Dandjinou

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L’hebdomadaire Conseil des ministres présidé, hier jeudi 29 novembre 2018 par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a adopté plusieurs décrets, dont celui rebaptisant la SONAPOST en «La poste du Burkina Faso».

La Société nationale des Postes (SONAPOST) devient «La Poste du Burkina Faso». Ainsi en a décidé le Conseil des ministres par décret adopté à sa séance du jeudi 29 novembre 2018, d’après le ministre en charge de la communication, porte-parole du gouvernement, Remis Fulgance Dandjinou.

En plus de ce changement de dénomination, il y a une réorientation des activités de la société, afin de renforcer le côté banque postale et de développer de nouveaux produits innovants. Le deuxième acte réglementaire pris porte organisation de l’enseignement supérieur. Il permettra une meilleure organisation du secteur, une mobilité des agents et d’avoir des normes plus strictes en matière de cahier des charges, selon le porte-parole.

Celui-ci a, du reste, indiqué que l’acte prend en compte des innovations concernant les classes préparatoires aux grandes écoles, domaine dans lequel des acteurs privés se sont lancés. Le troisième décret évoqué par le ministre Dandjinou est relatif au programme d’alphabétisation-formation aux métiers en faveur des adolescents, des jeunes et des adultes. Ledit programme qui commence cette année prendra fin en 2023 et bénéficiera à 900 000 adultes et à 30 000 adolescents.

A terme, ces derniers seront réinsérés dans le système formel. Aux dires de Remis Fulgance Dandjinou, le conseil a aussi entendu des communications orales, dont celle du ministre de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille, annonçant la tenue de la 7e session de la conférence des ministres en charge du genre de l’OCI. L’événement commence aujourd’hui vendredi 30 novembre avec les travaux des experts et sera clôturé demain 1er décembre dans l’après-midi.

Interrogé sur la marche de la Coalition nationale contre la vie chère (CCVC) dénonçant l’augmentation du prix du carburant, le porte-parole du gouvernement a signifié que le Premier ministre a reçu au cours du conseil la plateforme revendicative de la CCVC et s’est engagé à y répondre point par point. Il a ajouté : «Les libertés d’expression existent dans notre pays.

Nous comprenons que, quand il y a augmentation du prix du carburant de 75 francs, quelles qu’en puissent être les raisons, certaines personnes ne se sentent pas satisfaites. La marche est une démarche normale, républicaine». Au sujet du bilan des attaques terroristes qu’a connues le Burkina au cours de la semaine, le ministre a confié qu’un recoupement d’informations est nécessaire en vue d’une communication plus saine.

«Au stade où nous sommes, nous ne sommes plus dans une course à l’information, mais dans la réponse appropriée à une situation qui dure un peu trop et empêche le gouvernement et les populations de travailler quotidiennement». Concernant la fête du 11-Décemebre à Manga, M.

Dandjinou a fait savoir qu’elle aura lieu et que seuls les travaux de certaines infrastructures, notamment la voirie et les places, seront achevés. Il a déclaré que la réflexion est lancée au niveau du gouvernement pour qu’il y ait une anticipation les années à venir.

Jean Philibert SOME

11-Décembre 2018 : Le président du Faso accueilli en grande pompe

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A l’occasion du 58e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso, le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, est arrivé, hier dimanche 9 décembre 2018, en début de matinée, à Manga, la ville-hôte des festivités.

En attendant le jour J pour les festivités du 11-Décembre à Manga, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a foulé, hier dimanche 9 décembre 2018, le sol de la cité de l’épervier. Une heure plus tôt, le chef de l’Etat et sa délégation ont marqué une halte à Koubri, commune située à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Le chef de l’Etat y a eu droit à un accueil chaleureux des populations de la localité, massées le long de la voie.

Après un bain de foule, le cortège présidentiel s’est ébranlé vers Kombissiri, puis Toécé, où le même exercice a été répété, avec en toile de fond une ambiance des grands jours. A toutes ces étapes, le premier des Burkinabè y a serré des mains et reçu des cadeaux et des vivres (grappes de bananes, panier de patates, etc.).

A son arrivée dans la ville hôte des festivités du 58e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso, l’illustre invité a été accueilli en grandes pompes (fanfares, danses traditionnelles, etc.), par un parterre de personnalités administratives, politiques, coutumières et religieuses, dont le Manga Naaba.

Comme cela est de coutume, les deux hommes, après les accolades, ont échangé quelques civilités sous les crépitements des flashs des journalistes et les cris de joie de la population de la cité de l’épervier. Le président Kaboré a, à nouveau, pris la température de la ferveur populaire durant plusieurs minutes.

L’acte fort de cette ultime étape a été la remise symbolique de la clé de la ville de Manga au chef de l’Etat, par le gouverneur de la région du Centre-Sud, Casimir Ségueda. «Je salue la mobilisation des populations autour de ce grand rendez-vous national. Le visage de Manga a changé avec les nombreux travaux qui y ont été effectués.

Et c’est cela l’un des objectifs de la célébration tournante du 11-Décembre», s’est félicité Roch Marc Christian Kaboré. La longue file de véhicules a ensuite pris la direction du pied-à-terre de l’hôte de marque. Le traditionnel message du chef de l’Etat à la Nation, la grande parade civile et militaire et un déjeuner officiel sont, selon le programme officiel, les principales activités inscrites à l’agenda de 48 heures du président du Faso à Manga.

Aubin W. NANA

Résister aux obstacles

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La «résilience» est en psychologie, la capacité à vivre, à réussir, à rebondir, à vaincre les traumatismes ou à se développer en dépit de l’adversité. Cette notion peut renvoyer à une autre réalité plus imagée : résister aux pressions et reprendre sa structure initiale après avoir été déformé. C’est ni plus ni moins ce qui est demandé aux Burkinabè en ce 58e anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale.

Une bien curieuse posture pour un événement d’ordinaire plutôt festif. Mais le contexte national marqué par des attaques quasi-quotidiennes ne leur laisse pas d’autres choix que de faire appel au résilient qui sommeille en eux. Les Hommes intègres ont-ils vraiment le choix quand on sait que les forces du mal, comme si elles tenaient à marquer la fête de leur triste et lugubre empreinte, ont fait deux victimes à la veille du 11-Décembre. Deux victimes de trop, en date, de cette barbarie innommable.

Les ennemis du peuple ont ôté la vie, comme s’ils pouvaient la donner, à deux vaillants policiers de la commune de Kiembara (province du Sourou) en mission de sécurisation, à quelques encablures de la frontière nord-ouest du pays avec le Mali. Malgré ces multiples agressions, le pays tient debout et entend poursuivre sa marche radieuse vers le développement.

C’est fort de cette résistance digne de la révolte bwa en 1916, mais avant, des Toussian, Marka et Sana, contre les excès et les abus de l’entreprise coloniale, que le Burkina tout entier s’est arraché à ce climat de terreur pour procéder à une analyse sereine et profonde de sa destinée. Ce, à travers un thème ô combien interpellateur : «Bonne gouvernance et équité sociale pour une nation forte et prospère».

Comme un pied de nez, à tous les prophètes du chaos, le Burkina Faso avance, imperturbable, vers une amélioration continue de la gouvernance. Bien mieux qu’un concept, la thématique de la “Bonne gouvernance” est d’actualité, eu égard aux défis de gouvernance et d’équité que notre pays doit nécessairement relever pour s’inscrire durablement dans l’objectif de transformation structurelle de l’économie.

La notion de bonne gouvernance est indissociable d’une gestion saine et participative des affaires publiques concourant au renforcement de l’Etat de droit. Elle exige cependant quelques prérequis, à savoir, entre autres, la primauté du droit, le respect des engagements sous-régionaux et internationaux, la transparence, la participation, la responsabilité, l’équité, la lutte contre la corruption, l’efficacité et l’efficience.

Cette réflexion est, du reste, en phase avec la vision du programme présidentiel décliné dans le premier axe du Plan national de développement économique et social (PNDES) : la promotion de la bonne gouvernance politique, administrative, économique et locale, ainsi que le renforcement de la décentralisation. Le thème du 11-Décembre 2018 est, d’un côté, une invite à chaque citoyen et à l’ensemble de la nation à œuvrer au quotidien à l’ancrage de la bonne gouvernance par des actes et des gestes exemplaires.

De l’autre, l’équité sociale implique, de la part des gouvernants, une politique de redistribution des richesses visant la satisfaction des besoins essentiels, l’amélioration de la qualité de vie des communautés les plus vulnérables principalement. La combinaison harmonieuse de la bonne gouvernance et de l’équité sociale sont les ferments d’une nation forte et transparente bâtie sur le dialogue social, les valeurs traditionnelles et religieuses… C’est la quintessence du message du chef de l’Etat à ses concitoyens à l’occasion de la traditionnelle adresse à la Nation ce soir, à la veille du 11-Décembre 2018 depuis Manga, la cité de l’épervier.

Par Mahamadi TIEGNA