Vote des Burkinabè de l’extérieur : La CENI rassure à Genève.

Les Burkinabè résidant en Suisse vont voter en 2020. Ils en ont eu l’assurance le dimanche 2 novembre 2018, lors d’une rencontre avec une mission de la CENI conduite par le commissaire Benoit Ilboudo et comprenant M. Rasmane Sawadogo et Mme Sabine Tanni.

Devant une assistance comprenant les principaux leaders de la communauté burkinabè en Suisse, la mission de la CENI assistée de l’Ambassadeur Représentant permanent du Burkina à Genève, S.E. M. Dieudonné W. Désiré Sougouri et de ses conseillers, a expliqué les dispositions du Code électoral et levé nombre d’inquiétudes.

Au nombre de ces inquiétudes, le vote des ressortissants burkinabè travaillant à Genève, mais résidant en France voisine. « L’essentiel, a répondu le commissaire Benoit Ilboudo, est d’être immatriculé à l’Ambassade du Burkina à Genève ». Le Code électoral dispose en effet que pour qu’il soit créé un bureau de vote dans une ambassade et/ou un consulat, il faut que sa juridiction diplomatique puisse justifier de 500 Burkinabè dûment immatriculés, ayant 18 ans accomplis à la date du scrutin et munis d’une CNIB ou d’un passeport en cours de validité. « La carte nationale d’identité du Burkina Faso ou le passeport ordinaire en cours de validité tient lieu de carte d’électeur » précise le Code.

Atteindre le seuil de 500 immatriculés

Le commissaire Benoit Ilboudo de la CENI (micro) et l’Ambassadeur Sougouri

L’autre souci de l’assistance a été de savoir comment se procurer ces documents indispensables pour ceux qui n’en disposeraient pas. Tout est mis en œuvre pour trouver une solution à ce problème, ont indiqué les animateurs de la rencontre. L’ONI devrait organiser des missions courant 2019 pour établir ces documents de votation là ou cela est nécessaire. En tous les cas, a insisté l’Ambassadeur Représentant permanent du Burkina à Genève, « il y a des efforts de déconcentration en cours dans la délivrance des documents d’identification et il y a donc de bonnes perspectives que le problème trouve une solution heureuse dans les meilleurs délais ».

Le plus gros défi pour l’ambassade du Burkina à Genève et la communauté burkinabè à l’heure actuelle, est d’atteindre avant juillet 2019, la barre de 500 ressortissants régulièrement immatriculés. Malgré des efforts déployés depuis 2009, nombre de Burkinabè résidant en Suisse rechignent encore à se faire immatriculer à l’ambassade. L’ambassade va poursuivre le travail de communication dans tous les cantons de la Confédération helvétique, avec l’aide du délégué CSBE Tahirou Komi qui s’active à la mise en place d’un comité pour travailler au recensement de tous les Burkinabè résidant en Suisse.

 

Mathieu Bonkoungou

Ambassade Mission permanente du Burkina à Genève

Corruption à l’hôpital : Une « double peine » pour le malade

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Le Réseau de lutte anti-corruption (REN-LAC), a organisé un atelier de lancement de son rapport d’étude sur les présomptions de corruption et de pratiques assimilées dans le système et les services de santé, le 4 décembre 2018, à Ouagadougou. En sus de la présentation des résultats de l’étude, l’atelier a été marqué par un panel sur la corruption dans le domaine sanitaire.

Le Réseau de lutte anti-corruption (REN-LAC) veut combattre la corruption dans le secteur de la santé.  A cet effet, il a organisé, dans le cadre de la 13e  édition des journées nationales de refus de la corruption,  un atelier de lancement de son rapport d’étude sur les présomptions de corruption et de pratiques assimilées dans le système et les services de santé, le 4 décembre 2018, à Ouagadougou. En sus de la présentation des résultats de l’étude, l’atelier a été marqué par un panel sur la corruption dans le domaine sanitaire. Pour le secrétaire exécutif du REN-LAC, le choix de se pencher sur la corruption dans ce secteur tient au fait  que la  santé est un sujet sensible, d’actualité et d’intérêt national. Dans sa présentation des résultats de l’étude, le secrétaire exécutif adjoint du REN-LAC, Nacanabo Sagado, a indiqué que le phénomène de la corruption y est endémique.

La petite et la grande corruption

« Il y a la corruption à tous les niveaux du système de santé. On y trouve  la petite et la grande corruption », a-t-il martelé. Les pratiques de corruption à petite échelle, rapportées par les enquêtés, se traduisent par des rackets, la vente directe de produits par les agents de santé, les surfacturations des médicaments, l’utilisation des réactifs et du matériel du service public à des fins privées, le détournement des malades vers les services sanitaires privés, le détournement des médicaments subventionnés vers les pharmacies privées, le non-paiement à la caisse de certains frais, a précisé M. Nacanabo.

Les différents acteurs sont invités à jouer leur partition dans le combat contre la mal-gouvernance dans le secteur sensible de la santé.

Quant à la grande corruption, a-t-il expliqué, elle se manifeste par une gestion peu transparente des ristournes de la CAMEG, des crédits délégués de l’Etat par les districts, des lignes budgétaires consommées et justifiées sans que les activités n’aient été réalisées sur le terrain. Il y a également la passation des marchés des équipements biomédicaux à la SOGEMAB où 41% de la commande publique entre 2014 et 2016 s’est effectuée de gré à gré.  Pour le secrétaire exécutif du REN-LAC « si le malade et ses accompagnants, qui souffrent déjà, sont encore victimes de corruption, cela constitue une double peine», a-t-il déploré.

Sanctionner les fautifs

Au niveau du ministère de la Santé, des efforts sont faits pour endiguer le phénomène, foi de son représentant, Dr Joseph Sanou. Il s’agit, entre autres, des campagnes de sensibilisation dans les écoles de formation, la réalisation des contrôles internes et la transmission des rapports à l’ASCE-LC. Pour le Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA), Pissyamaba Ouédraogo, l’Etat est responsable de la corruption dans le secteur de la santé. « Nous allons utiliser les résultats de cette étude du RENLAC, pour améliorer notre méthode de lutte contre la corruption dans le secteur de la santé humaine et animale » a laissé entendre, M. Ouédraogo.

Mahamadi SEBOGO

msebogo@yahoo.fr

Accès à l’eau : L’Allemagne offre près de 12 milliards F CFA

Le Burkina Faso et la République fédérale d’Allemagne ont signé deux accords de financement le lundi 3 décembre 2018 à Ouagadougou. D’un montant global de 18,37 milliards de francs CFA, ces subventions non remboursables vont permettre de financer la phase III du Fonds de développement communal (FDC) et le secteur de l’eau et de l’assainissement.

Le SG du ministère de l’Eau et de l’Assainissement, Alassoun Sori : « ce financement va accompagner le gouvernement dans la réalisation d’infrastructures». (Crédit photo: Moussa KOUDOUGOU).

La République fédérale d’Allemagne soutient le Burkina Faso dans ses programmes de développement. En effet, le lundi 3 décembre 2018, le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine Coulibaly et le chef du département Afrique de l’Ouest de la KFW, Michael Wehinger ont signé deux contrats de subvention non remboursable. Le premier, d’un montant de 6,57 milliards de francs CFA est au profit du Fonds de développement communal, phase III (FDC III) et sera rétrocédé au Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT) et à la société Ecobank. Le second contrat de financement concerne une aide budgétaire en faveur du secteur de l’eau et de l’assainissement pour un montant de 11,8 milliards de francs CFA. Selon Michael Wehinger, cet appui vise à soutenir les réformes réalisées par le gouvernement burkinabè dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. « Le gouvernement a une volonté d’améliorer le système budgétaire et a aussi une ambition de lutter contre la corruption », a-t-il dit, pour justifier cette aide budgétaire particulière. Le secrétaire général du ministère de l’Eau et de l’Assainissement, Alassoun Sori, a indiqué que la présente convention sera consacrée à l’exécution de trois programmes  de son département. Il s’agit de l’Approvisionnement en eau potable (AEP), du Programme national assainissement et du Programme national de pilotage du secteur. Au niveau du secteur AEP, a-t-il expliqué, il consiste à offrir de l’eau potable aux populations. « Pour le moment, nous sommes à un taux de 66% d’accès aux sources améliorées d’eau. Quant à l’assainissement, la situation est très critique parce que nous sommes à un taux de 21%, ce qui veut dire qu’une grande partie de la population a une pratique de défécation à l’air libre », a confié Alassoun Sori. A cet effet, il a soutenu que ce financement va accompagner le gouvernement dans la réalisation d’infrastructures en vue d’un accès raisonnable aux services d’eau potable et d’assainissement.

Joseph HARO

Chronique du gouvernement: Construction de centrales solaires en PPP : rendre l’électricité accessible pour tous

L’axe 2 du Plan national de développement économique et social (PNDES) prévoit l’accès des populations aux services énergétiques de qualité et la promotion de l’efficacité énergétique. Cette nouvelle vision du gouvernement du Burkina Faso, vise à rendre l’énergie accessible et disponible à travers le mix énergétique, la promotion de l’efficacité énergétique et le renforcement du parc de production d’énergies conventionnelles. Cette politique du gouvernement, mise en œuvre par le ministère de l’Energie, doit permettre une augmentation de la puissance disponible à au moins 1 000 Mégawatts (MW) et de porter le taux d’électrification national à 45% sur l’ensemble du territoire avec un taux de 19% en milieu rural.

A terme, il est attendu de cette vision du gouvernement, une aliénation de la subvention aux combustibles suivie d’une baisse du coût du kWh par l’utilisation de solutions solaires et alternatives. L’une des stratégies adoptées pour atteindre ce résultat est la libéralisation maîtrisée de la production en prenant en compte la production privée, conformément à la nouvelle loi N0014/AN du 20 avril 2017 qui règlemente le secteur de l’Energie.  Il s’agit de l’impulsion, dans le cadre du Partenariat public-privé (PPP), d’une politique de production d’électricité à partir de centrales solaires portées par des promoteurs privés avec injection dans le réseau interconnecté de la SONABEL. Pour la mise en œuvre concrète de cette ambition, le gouvernement du Burkina Faso a adopté lors du Conseil des Ministres du 14 novembre 2018 un rapport relatif à une autorisation de contractualisation de promoteurs privés, afin de construire des centrales solaires photovoltaïques au Burkina Faso. La réalisation de ces projets va contribuer à garantir la sécurité énergétique par la diversification des sources dans le bouquet énergétique comme le recours aux énergies renouvelables notamment le solaire.

Produire de l’électricité moins cher pour les populations

Ces projets permettront d’injecter 155 MW d’énergie solaire dans le réseau de distribution de la SONABEL. Cinq promoteurs privés ont été choisis à cet effet. Il s’agit du groupement SOLTECH/QUADRAN/SYSCOM qui va construire deux centrales solaires. Une centrale solaire de 20 MW à Zano dans la région du Centre-Nord et une autre de 15 MW à Dédougou dans la Boucle du Mouhoun.  Il est attendu de ces deux centrales, 35Mw pour injecter dans le réseau de la SONABEL. La compagnie financière NAANGE, quant à elle, mettra en œuvre son projet à Kalzi dans la région du Centre avec une production estimée à 30 Mw. La société URBASOLAR va construire une centrale solaire de 30 Mw sur le site de Pâ dans la province des Balé.  AFRICA-REN (GREEN WISH) installera son site à Kodéni dans la province du Houet, avec une offre de 30 Mw. Enfin, pour soutenir la capitale burkinabè qui est le plus grand consommateur d’énergie, la société GREEN YELLOW produira 30 Mw sur le site de Ouagadougou. La production de ces 155 Mw en solaire va permettre à la SONABEL de renforcer sa capacité mais également d’acheter le kilowattheure à 48 Francs CFA en moyenne, un prix nettement en-deçà du coût actuel produit à partir des centrales thermiques qui varie entre 100 et 110 F CFA/kWh. En moyenne, les délais réalistes de « closing financiers » sont de trois (3) à six (6) mois et les délais pour les études et la construction des centrales varient de quatorze (14) à seize (16) mois. La première centrale solaire fonctionnelle issue de ce projet est attendue en 2020.

Rendre les entreprises burkinabè compétitives

Le remboursement des investissements des promoteurs se fera à travers un contrat Built Own Operate and Tranfert (BOOT) c’est-à-dire construction, possession, exploitation et transfert de la centrale sur vingt (20) ans et un contrat de vente d’électricité à la SONABEL qui rachète la production réelle (kWh réelle injectée par la centrale). Sur le plan économique, l’apport de l’énergie produite par ces centrales solaires aura un impact sur le développement durable du pays des Hommes intègres. En effet, la subvention de l’Etat en combustibles est de plus de 20 milliards de francs CFA par an. Avec la fluctuation du cours du baril cette année, cette subvention est estimée à plus de 40 milliards de F CFA. Une situation de plus en plus insoutenable par l’Etat qui doit faire face à de nouveaux défis tels que l’insécurité. Ces projets constituent d’abord des solutions salvatrices pour le gouvernement qui pourra faire des économies notables sur la subvention et la réinjecter dans d’autres secteurs. Ensuite, la production en quantité d’énergie solaire et à moindre coût est également une chance pour les entreprises du Burkina Faso. Ces entreprises, avec de l’électricité à coût réduit, seront plus compétitives sur le marché sous régional.

Au-delà des entreprises, ces projets vont impacter la vie des populations de manière générale. Le taux de couverture du territoire en électricité et l’énergie disponible sera en hausse, notamment, l’accès des foyers les plus pauvres à l’électricité, les zones rurales les infrastructures communautaires telles que les écoles, les centres de santé.

A terme, ce type de projet pourra permettre au Burkina Faso d’atteindre l’objectif « énergie pour tous » et se placer comme un futur exportateur d’énergie solaire dans la zone CEDEAO et dans le cadre du marché régional initié par le West African Power Pool (WAPP) qui prévoit 2 X 150MW de solaire pour le pays.

 Ministère de l’Energie

 

Chirurgie pédiatrique: Les spécialistes veulent mieux prendre en charge les enfants

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Le comité d’organisation du 6e congrès de la Société africaine de chirurgie pédiatrique (SACP) a organisé  un dîner-gala pour clore les activités dudit congrès, le vendredi 30 novembre 2018 à Ouagadougou.

 Les 29 et 30 novembre 2018, la  Société africaine de chirurgie pédiatrique(SACP) a organisé son 6e congrès sous le thème : «  Accès à une chirurgie  pédiatrique de qualité pour une réduction de la mortalité infantile : un défi pour l’Afrique ». Pour clore ses activités, elle a organisé un dîner-gala, dans la nuit du 30 novembre 2018, dans le but de permettre aux différents participants d’éliminer leur stress, se détendre après deux journées de « durs »  échanges. Au cours de cette soirée-gala qui se voulait être un cadre de convivialité, la SACP a mis l’occasion à profit pour récompenser  certains participants et décerner des attestations à ses partenaires techniques.

Pour le président du SACP, Albert Wandaogo, le 6e congrès s’est penché sur un thème principal et des sous-thèmes qui se résumaient à la recherche des voies et moyens pour la mise en œuvre d’une stratégie pour présenter aux enfants d’Afrique, une chirurgie de qualité. Les sous- thèmes ont porté sur plusieurs cas tels que les maladies de l’œsophage, les anomalies avec lesquelles naissent les enfants et toutes sortes de pathologies traumatiques et infectieuses, a expliqué le chirurgien-pédiatre. Selon lui, ce congrès a été d’un niveau exceptionnel, les divers échanges ont pris en compte tout ce qui entrait dans le cadre de la mise en œuvre d’une politique chirurgicale de qualité.

Après deux jours de congrès, les discussions et les partages d’expériences avec les congressistes venus de 13 pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique, ont  permis de trouver un consensus sur la prise en charge de tout ce qui concerne les pathologies émanant de l’œsophage et sur les malformations, a-t-il souligné .

Valentin KABORE

                                                                                              (Stagiaire)

2e CASEM du ministère des Sports et Loisirs: Réflexions autour des stratégies sur la relève sportive

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Le ministère des Sports et des Loisirs a tenu, le vendredi 30 novembre et le samedi 1er décembre 2018, à Manga, son deuxième Conseil d’administration de l’année sous le thème : « Problématique de la relève sportive au Burkina Faso : enjeux et perspectives ».

La préparation et la dynamisation de la petite catégorie des équipes sportives préoccupent énormément le Ministère des sports et loisirs (MSL). De ce fait, les acteurs du département ont choisi de se pencher sur la question  au  cours de leur deuxième Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) de l’année 2018. L’activité qui a eu lieu à Manga dans la région du Centre-Sud, du vendredi 30 novembre et le samedi 1er décembre 2018, s’est tenue sous le thème « Problématique de la relève sportive au Burkina Faso : enjeux et perspectives ».

Il s’est agi spécifiquement pour les participants de réfléchir aux tenants et aux aboutissants  du projet  de la relève sportive initié par le MSL.

Pour le ministre Daouda Azoupiou, penser à la relève est plus que d’actualité. C’est un impératif, a-t-il dit, quand on sait que dans toutes les disciplines, en l’occurrence au football, le rayonnement international de la représentation nationale passe par elle.

En la matière pourtant, le ministre a déploré, la faiblesse des politiques et ce, dans la quasi-totalité des disciplines.

C’est d’ailleurs, a-t-il expliqué, la raison pour laquelle son département a fait de la question, une priorité absolue dans la mise en œuvre de son programme quinquennal d’activités.

Les participants ont souhaité la mise en place d’un mécanisme de veille et d’accompagnement du projet du ministère.

Au terme des échanges, les participants ont été unanimes à reconnaître avec le ministre Azoupiou, que la préparation de la relève est stratégique dans le développement des sports et loisirs. Ils ont, en sus, formulé des recommandations se résumant à la mise en place d’un mécanisme de veille et d’accompagnement du projet du ministère et à l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie de la relève sportive au Burkina Faso.

Daouda Azoupiou a salué l’intérêt et la franchise dont ont fait montre les participants durant les échanges et qui ont permis d’aboutir  à des compréhensions harmonieuses du concept de la relève. « La rencontre a été fructueuse et nous a permis d’avoir un horizon clair par rapport à ce projet que nous sommes en train d’entreprendre », s’est-il réjoui également.

Outre la question de la relève, le deuxième CASEM de 2018 du MSL a servi de cadre pour l’examen et l’adoption du rapport d’activités  du ministère au 30 septembre 2018. Le manuel de procédures des structures déconcentrées a été aussi examiné et validé. A ce sujet, le ministre s’est félicité du travail abattu et des résolutions prises dont l’application va permettre aux différentes entités de son département de fonctionner correctement dans les règles de l’art.

 

Mamady ZANGO

mzango18@gmail.com

 

Coupe du maire de l’arrondissement n°2 Le secteur n°9 enlève le trophée de la 2e édition

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Le secteur n°9 a remporté le samedi 1er décembre 2018, la coupe du maire de l’arrondissement n°2 de Ouagadougou. Sur le terrain de la cité AN 3, il a battu le secteur n°7 par le score de 2 buts à 1.

 Le secteur n°9 est le grand vainqueur de la 2e édition de la coupe du maire de l’arrondissement n°2 de Ouagadougou. A l’issue d’une finale très disputée le samedi dernier sur le terrain de la cité AN 3, elle a disposé du secteur n°7 par le score de 2 buts à 1. Les deux équipes ont offert au public, du spectacle tout au long de la rencontre. La première période s’est soldée par un score nul et vierge. C’est à la reprise que le secteur n°9  exercera sa suprématie sur la rencontre en scorant par deux fois. Malgré la réduction du score, son adversaire du jour ne parviendra pas à égaliser. Toutes les équipes ayant participé au tournoi ont été primées en nature et en espèces. Le secteur n°9, vainqueur de la compétition, a reçu un trophée, un jeu de maillots, des ballons plus la somme de 150.000 FCFA. Le finaliste malheureux, le secteur n°7, s’est consolé avec la somme de 100.000 F CFA, plus des ballons et un jeu de maillots. La troisième place du tournoi est revenue au secteur n°8 qui a empoché 75.000 F CFA. L’équipe du secteur n°11 qui a occupé le 4e rang a reçu 60.000 F CFA de même que le secteur n°10 s’étant classé 5e.

Ce sont au total cinq équipes de l’arrondissement n°2, les secteurs n°7, n°8, n°9, n°10 et n°11 qui ont participé à cette deuxième édition de la coupe du maire, Lassané Pierre Yanogo. Placée sous le thème, ‘’le Sport au service de la cohésion sociale’’, le tournoi a été initié par le conseil municipal de cet arrondissement de la ville de Ouagadougou. Pour le maire, la compétition vise à créer une saine émulation entre les jeunes et aussi, leur permettre de fraterniser avec leurs élus.

Quant au parrain, le Directeur général de la logistique du Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, Roger Ilboudo, il a ajouté que leur ambition est de créer un cadre d’épanouissement pour la jeunesse et de détecter de nouveaux talents. L’occasion faisant le larron, il a profité de l’aubaine pour interpeller les promoteurs des coupes et l’Etat afin qu’ils rendent accessibles  les infrastructures contribuant à la promotion du  sport au Burkina Faso. Tous les acteurs se sont donné rendez-vous pour la 3e édition en 2019.

                                                                               Moustapha Traoré

                                                                              (Collaborateur)

ONG Acting for life : L’heure est au bilan

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L’ONG Acting for life (AFL) a organisé, lundi 3 décembre 2018 à Ouagadougou, un atelier bilan de la première année de mise en œuvre de son renforcement de la formation en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes, dénommé « READY ».

« A l’issue de la 1e année, on peut, d’ores et déjà, se satisfaire des résultats très positifs, bien au-delà de ce qui était escompté », Chargée de Programmes, Johanne Castano.

Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître pour l’ONG Acting for life (AFL). Elle a dressé un bilan satisfaisant de la première année de mise en œuvre de son projet de renforcement de la formation en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes du Burkina Faso, « READY ». C’était le lundi 3 décembre, au cours d’un atelier à Ouagadougou. La rencontre de la capitale qui réunit les acteurs de terrain, les partenaires et les autorités locales vise à présenter le bilan des activités réalisées, révéler les difficultés rencontrées et proposer des solutions pour une synergie d’action. Le READY se veut être un outil de formation de 1300 jeunes dans 4 régions dont le Sahel, les Hauts-bassins, l’Est et les Cascades, pour une durée de 4 ans. Il touche trois secteurs d’activités « stratégiques », pourvoyeurs d’emplois locaux, que sont l’électricité photovoltaïque, la plomberie réseau et l’agriculture durable. « A l’issue de la 1e année, on peut, d’ores et déjà, se satisfaire des résultats très positifs, bien au-delà de ce qui était escompté », s’est réjoui la Chargée de Programmes Formation, Insertion professionnelle de l’AFL, Johanne Castano. Elle a expliqué qu’au cours des 12 premiers mois d’exécution du programme, des centaines de jeunes déscolarisés ont été formés avec succès. Aussi, des modules de formation sur le photovoltaïque et la plomberie réseau ont été introduits dans plusieurs centres de formation partenaires. Les jeunes ont effectué des stages aux côtés de professionnels, sur plusieurs chantiers (d’électrification, des fermes agricoles…) afin de mettre en pratique les connaissances acquises dans les centres de formation. Ce qui leur a permis de renforcer leur sens de l’organisation du travail et de prendre conscience des risques professionnels. « Nous avons également constaté que la grande majorité des apprenants développent déjà des activités en dehors des centres de formation, grâce aux matériels que nous leur avons offert. D’autres ont réussi à trouver un emploi sur des chantiers temporels », a indiqué la chargée de Programmes.

Pour Hamidou Dicko (micro), président du Conseil régional du Sahel, bénéficiaire du projet, toute action qui vise à sortir les jeunes du chômage est la bienvenue.

Pour certaines filières de formation dont la durée initiale est de deux ans, AFL envisage ajouter une 3e, voire 4e année pour mettre en œuvre les chantiers écoles. « Nous allons créer toutes les conditions pour qu’à l’issue de la formation, ils puissent développer leurs activités et avoir des revenus très rapidement », a argué Johanne Castano. Elle a soutenu que l’approche de « READY » vise à améliorer la qualité de la formation professionnelle, à travers le renforcement des capacités des centres d’apprentissage et des formateurs et d’adapter les modules aux réalités et aux besoins de l’économie locale. Pour ce faire, il met l’accent sur les stages pratiques, pour favoriser l’insertion socioprofessionnelle des jeunes. Pour Hamidou Dicko, président du Conseil régional du Sahel, bénéficiaire du projet, toute action qui vise à sortir les jeunes du chômage est la bienvenue. « Le premier fléau aujourd’hui est le manque d’emplois pour les jeunes. Mais là, ils ont une occasion sur un plateau en or pour se doter de compétences et s’auto-employer », a-t-il fait savoir.

Djakaridia SIRIBIE

 

Lutte contre le Sida : Le dépistage pour endiguer le fléau d’ici à 2030

Au Burkina Faso, la prévalence du virus du Sida est de 0,8%. Et, selon le ministère de la Santé, 94 000 personnes vivent avec le virus. Dans ce lot, 12 000 ignorent  leur statut sérologique. D’où l’intérêt de faire le test de dépistage et de poursuivre la sensibilisation pour l’adoption de comportements sains. Un message réitéré au cours de la journée dédiée à cette pandémie, le 1er décembre 2018.

Adjaratou Dango (nom d’emprunt) a environ 50 ans. En 1992, alors qu’elle n’avait que 22 ans, son mari est hospitalisé successivement dans des centres de santé privés puis à l’hôpital Yalgado Ouédraogo. L’on n’arrive pas à soulager son mal. Elle décide d’aller au Ghana pour des soins plus ‘’appropriés’’. Là-bas, elle n’a pas gain de cause. Pourtant, elle déjà enceinte. A la naissance de l’enfant, les maladies à répétition alertent vite les médecins qui font un test du VIH. Elle est dépistée positive. « Les médecins ne m’ont même pas dit. C’est après que ma sœur qui était du secteur de la santé m’en a parlé », raconte-t-elle.

C’est en ce moment qu’elle saura aussi que son mari est séropositif. Quand elle fit son test, elle découvre ‘’naturellement’’ qu’elle porte le virus du Sida. A son retour du Ghana, sans panique, elle informe ses amis, sa famille et ses connaissances de son statut. Malheureusement, par manque de moyens, elle ne peut pas faire un test des CD4 qui coûte 68 000 F CFA. (NDLR : le rôle des cellules CD4 est de coordonner le système immunitaire. En utilisant ces cellules, le VIH diminue le nombre de CD4 et cause donc un affaiblissement du système immunitaire. Une personne ayant un système immunitaire avec un nombre de CD4 de plus de 500 est considérée comme possédant un système immunitaire en bon état. Plus l’infection au VIH avance, plus le nombre de CD4 diminue). Ménagère, elle perd son époux en 1995.

« Lors de sa maladie, la famille refusait de nous assister. J’ai insisté quand la situation s’est dégradée. Ils sont venus. Il est décédé, le 5 janvier 1995 à 5h du matin et a été inhumé le lendemain. Ce même jour, la famille s’est réunie et m’a sommée de quitter la maison. Les enfants qui étaient sous notre charge ont été récupérés et remis à d’autres personnes », se rappelle dame Dango. Pour elle, c’est parce que la belle famille était au courant de son état que ce sort lui a été réservé. Malgré qu’elle soit mariée légalement, les parents de son époux lui retirent la parcelle de son mari sans qu’elle dise mot.  Fort heureusement, sa famille est solidaire de sa situation et lui vient en aide. « Après cet épisode, j’ai connu un homme en 2000 à qui j’ai parlé de ma sérologie. Je l’ai invité à faire son test parce que je refusais d’avoir des rapports non protégés. Il a accepté. Il a découvert qu’il était séropositif. Moralement, il était abattu », confie-t-elle.

La stigmatisation et la discrimination, les obstacles au dépistage

Aujourd’hui, grâce aux avancées de la médecine, le couple a deux enfants séronégatifs nés respectivement en 2003 et 2013. Elle se fait passer pour une ambassadrice de cette pandémie. C’est pourquoi, elle ne cesse d’appeler les populations à faire leur test de dépistage et à adopter des comportements sains et surtout à utiliser le préservatif dans les cas où, les deux conjoints ignorent leur sérologie. Car, de son analyse, même si le virus a régressé, de nouvelles contaminations demeurent. Un point de vue partagé par le Secrétaire permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (SP/CNLS-IST), Dr Didier Romuald Bakouan.

« Actuellement, la prévalence a baissé, nous avons donc opté pour la sensibilisation de proximité pour amener les personnes toujours réticentes à adopter un comportement responsable vis-à-vis du virus », soutient Dr Bakouan. Cependant, la régression de cette prévalence a réduit les partenaires qui finançaient la lutte.  Et le pays ne peut compter que sur le Fonds mondial et le financement de l’Etat, foi du SP/CNLS-IST. « Nous avons opté pour l’élimination du Sida d’ici à 2030 mais à l’étape intermédiaire, nous disons que d’ici à 2020, nous devons faire en sorte que 90% des personnes infectées sachent qu’elles vivent avec le virus et que 90% de celles-ci soient mises sous traitement. Ce qui nous amènera à rendre indétectable le virus pour arriver à une meilleure prévention », souligne le SP/CNLS-IST.

Selon le nouveau rapport de l’Organisation des Nations unies pour le Sida (ONUSIDA), publié le 22 novembre dernier, l’intensification des efforts en matière de dépistage et de traitement du VIH a permis d’atteindre davantage de personnes vivant avec le VIH. En 2017, ¾ des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur sérologie contre 2/3 en 2015. Toutefois, le rapport montre que 9,4 millions de personnes vivant avec le VIH ne savent pas qu’elles ont contracté le virus et doivent bénéficier de toute urgence d’un dépistage et d’un traitement. Le rapport précise les obstacles à la connaissance de sa sérologie.

L’on peut citer la stigmatisation et la discrimination. Comme solution, le rapport propose le dépistage basé sur la communauté et le dépistage à domicile. Une autre étape importante selon l’ONUSIDA est d’intégrer le dépistage du VIH à d’autres services de santé, notamment les services de santé maternelle et infantile, de lutte contre la tuberculose et les services de lutte contre les IST et les hépatites virales.

Gaspard BAYALA

gaspardbayala87@gmail.com

Procès du putsch : Diendéré demande pardon aux victimes

L’audition du général de brigade Gilbert Diendéré devant le tribunal militaire ce mardi 4 décembre 2018 a été marquée par un « acte de contrition » de l’accusé, adressé aux victimes et à leurs parents.

« Le moment tant attendu … » est arrivé hier mardi 4 décembre 2018 pour le général Gilbert Diendéré, qui dit avoir assumé le coup d’Etat de 2015, de demander pardon aux parties civiles. Il a tenu à faire cette adresse avant que leurs avocats ne prennent la parole pour l’interroger. « Je ne revendique pas une certaine innocence. Ma responsabilité juridique et sociologique ne saurait être ignorée », a déclaré le prévenu. Il a dit avoir pensé que s’il n’avait pas assumé le coup de force, il y aurait pu avoir « grabuge ». « Peu importe qui m’a conseillé de le faire (…) J’ai posé l’acte en âme et conscience car, comme en 1983, j’ai pensé que mon peuple était en danger. Je demeure convaincu que si ce qui est arrivé ne l’avait pas été, la Transition n’allait pas aboutir à un pouvoir régulièrement mis en place », a argué le général. Il a affirmé qu’il aurait pu quitter le pays quand il était « wanted)» et que l’histoire aurait retenu de lui un « lâche » qui fuit toutes ses responsabilités. Mais, il n’a pas écouté ses proches et a décliné les offres d’exil. « En décidant de rester, j’étais conscient des humiliations que j’allais subir et aussi de la lourdeur de la peine que je risquais. Ce qui paraissait important pour moi, ce n’était ni ma dignité, ni ma personne. J’ai servi ce pays pendant 40 ans, le plus important, c’est de dire la vérité aux victimes, à leurs parents et au peuple », a affirmé « Golf ».

« Je me dois d’être sincère»

Il a confié qu’il porte la responsabilité du changement de régime et que pour ce qui est de la conception et de l’exécution du putsch, les parties pourraient en débattre devant le tribunal. S’estimant « fils et frère » des parents des victimes, il a signifié avoir, à leur égard, un devoir de vérité. « Je vous dirai avec sincérité tout ce que j’ai fait.

J’espère que chaque partie fera sa part… A vos yeux, j’apparais comme le responsable de tous vos maux … Je vous prie d’accepter mes excuses sincères. Cet acte de contrition vient du profond de mon cœur », a soutenu Gilbert Diendéré. Pour lui, c’est le jugement divin qui importe plus. « Je me dois d’être sincère avec vous », a-t-il ajouté. Et de laisser entendre que depuis fort longtemps, il entend leurs cris, ressent et partage leurs douleurs. Par ailleurs, l’accusé a soulevé une contradiction entre le fait qu’il a initié et fait lire la déclaration du CND et regretté publiquement le coup d’Etat et ses déclarations selon lesquelles il n’en est pas le commanditaire. « Cette contradiction n’est qu’apparente », a-t-il souligné, tout en admettant que cela soit source d’incompréhension des parents des victimes. Et le président du tribunal de lui demander s’il entendait verser cet acte de contrition au dossier. Chose qu’il a accepté sans hésitation. A l’accusé, Me Prosper Farama de la partie civile a fait comprendre qu’il serait prétentieux pour les avocats des parties civiles, même en tant que tels, de répondre à la demande de pardon à la place des victimes. Il a, du reste, signifié au général que s’il répond à trois juges à savoir Dieu, le peuple et sa conscience, eux, conseils des parties civiles obéissent à la justice institutionnelle et tâcheront, « avec le plus grand professionnalisme possible et sans état d’âme », de comprendre le rôle de l’accusé dans cette affaire. Qu’à cela ne tienne, Me Farama a rassuré que la partie civile ne ressentait « aucune animosité » à l’encontre de l’accusé. « A force de tout nier, on se retrouve avec un coup d’Etat sans commanditaire comme s’il était possible pour des fantômes d’en faire », a-t-il relevé. Pour « Golf », nombre de citoyens y compris l’homme de droit, refusent d’admettre qu’il n’est pas l’auteur du putsch.

« Vous n’assumez jamais rien »

Me Prosper Farama a fait un rappel historique des crimes et évènements malheureux qui impliqueraient la sécurité présidentielle de 1987 à 1998. Aussi, il s’est souvenu que lors d’un précédent procès en 1998, le général Diendéré avait décliné toute responsabilité. Et de s’exclamer : « Mon Gal, finalement vous n’assumez jamais rien ». Pour l’ex- « patron » du RSP, il s’agit d’anciens dossiers qui ne concernent pas la jeune génération de soldats du corps, tout comme les évènements du 15 septembre n’impliquent que quelques individus, « pas le corps avec tout son commandement ». Avec le « triste passé » de l’ex-RSP, avait-il encore besoin de s’illustrer de cette façon ?, a interrogé Me Farama.

La gorge de l’accusé se noue, ce dernier prend du temps avant d’y donner une réponse : « Rien ne justifie qu’il y ait encore un coup d’Etat dans ce pays, mais en 2015, il y en a eu … Peut être que si le RSP n’avait rien fait, il y aurait eu autre chose ». Pour l’avocat de la partie civile, l’ex-RSP était une milice, du fait de son dévouement au seul président déchu, Blaise Compaoré, de son rattachement à la Présidence du Faso et de son utilisation au Libéria et en Sierra Leone. « Chaque fois que l’élite de l’armée est vouée à un individu, il y a problème (…) Quand un corps militaire se sent plus loyal à un individu plus qu’à l’armée, c’est une milice », a argué Me Prosper Farama. De quoi outrer celui qui a dirigé ce corps 24 ans durant. Il a dit ne jamais accepter que l’on qualifie le RSP de milice. Il a ajouté qu’après la chute de Blaise Compaoré, il a fait allégeance à Michel Kafando et que c’est plutôt ce dernier qui n’aurait pas respecté ses engagements. Me Farama s’est intéressé à la « supposée préméditation » du général. Etait-il un porte-parole ou un médiateur ?

Le prévenu a eu du mal à se décider. Il a estimé que les soldats lui ont fait appel es qualité de personne morale, qui bénéficie d’une certaine confiance au sein de la troupe. L’avocat a fait observer qu’à chaque croisée des chemins, Diendéré n’a jamais fait un choix. Me Farama est revenu sur la liste des témoins fournie par le général Diendéré au début des audiences. Il a demandé à savoir si la comparution du Moogho Naaba ou du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré pouvait participer à la manifestation de la vérité. « Je suis Mossi, je sais très bien qu’un naaba ne peut pas venir à cette barre. Je sais aussi que le président du Faso ne viendra pas ici », a répondu Gilbert Diendéré. Me Farama a dit ne pas comprendre l’attitude de l’accusé. Me Séraphin Somé, autre avocat de la partie civile, a surtout mis l’accent sur les mobiles du putsch qui, selon lui, visaient uniquement à restaurer le régime déchu de Blaise Compaoré. « Lorsque vous avez fait votre insurrection (…), il vous faut faire mieux que celui que vous avez chassé. Si vous aviez géré correctement, il n’aurait pas eu de soucis », a rétorqué Diendéré. Pour l’avocat, le prévenu est un habitué des coups d’Etat, car c’est à 25 ans qu’il a fait son premier putsch. Comment fait-on un coup d’Etat sans faire de mort ?, a demandé Me Somé. L’ancien chef d’Etat-major particulier de la Présidence du Faso s’est muré dans un silence total.

Jean Philibert SOME
& Djakaridia SIRIBIE