Protection des données à caractère personnel: La CIL sensibilise les jeunes et autorités du Kourittenga

0

La Commission de l’informatique et des libertés (CIL), a organisé un séminaire de sensibilisation au profit des forces vives et des élèves de la province du Kourittenga, le vendredi 30 novembre 2018 à Koupéla. La rencontre a été placée sous le thème : «La protection des données personnelles et la vie privée dans l’administration publique déconcentrée ».

La jeunesse est la frange de la population la plus touchée par l’utilisation des Technologies de l’information et de la communication (TIC) notamment les téléphones portables, l’Internet et les jeux vidéo, qui représentent des risques et dangers en grande partie méconnus de ses utilisateurs. Face à cette situation et dans le cadre de la poursuite de la vulgarisation de la loi n°10-2004/AN portant protection des données à caractère personnel, la Commission de l’informatique et des libertés (CIL) a organisé un séminaire de sensibilisation des différents chefs de services et des élèves de la province du Kourittenga, le vendredi 30 novembre 2018 à Koupéla. Ce séminaire avait pour objectif d’informer la population en général, les acteurs des TIC et les jeunes et chefs de service en particulier sur le côté obscur de ces outils et les sensibiliser à une utilisation sécurisée de ceux-ci afin de les protéger des abus liés à leur identification et sur certains contenus pervers.

A l’ouverture des travaux, le haut-commissaire, Auguste Kinda, a remercié la CIL pour cette initiative, avant d’inviter les participants à suivre les communications avec beaucoup d’intérêt. Pour lui, le choix de ce thème est lié au fait que la société burkinabè est aujourd’hui gouvernée par le numérique. «Nous remercions fortement la CIL pour l’initiative qu’elle a eue pour rencontrer les cadres de l’administration publique pour leur donner les informations nécessaires dans le cadre de la protection des données personnelles et la vie privée.

Aujourd’hui, nous évoluons dans un monde où le numérique est d’actualité. Il est utilisé partout dans les services, à la maison, à l’école et même dans les cabarets », a poursuivi Auguste Kinda.

Pour la suite de la journée de sensibilisation, il a été question avec les élèves, de la protection des données à caractère personnel, de la vie privée et du cadre institutionnel au Burkina Faso, la protection des données personnelles et de la vie privée des jeunes face aux risques et dangers liées à l’utilisation des téléphones portables et d’Internet et face à la cybercriminalité. «De nos jours, nous sommes envahis par l’évolution technologique du numérique qui est transversale quel que soit le métier que nous faisons.

Le but du séminaire c’est de donner l’information que ces données sont collectées et peuvent être utilisées à d’autres fins », a laissé entendre la commissaire à la CIL, Rasmata Compaoré. Il est important et nécessaire que l’ensemble des acteurs du secteur réfléchisse régulièrement à la question car les TIC engendrent de nouvelles générations de risques pour la société et en particulier pour les jeunes, a conclu Mme Compaoré.

Amédée W. SILGA

Festival warba : La troupe Rogomikiéta sacrée lauréate

0

La 5e édition du Festival warba du Ganzourgou a eu lieu du 30 novembre au 2 décembre 2018 à Zorgho. A l’issue du concours artistique de danse, la troupe Rogomikiéta du Kourittenga a été sacrée lauréate le dimanche 2 décembre 2018.

Après une décennie d’interruption, le festival warba du Ganzourgou renaît de ses cendres. Organisée par l’association «Génération montante pour le développement du Ganzourgou», la 5e édition s’est déroulée, du 30 novembre au 2 décembre 2018 à Zorgho.

La compétition de danse warba a mis aux prises 12 troupes de danse warba venues de différentes provinces du Burkina Faso (Bam, Bazèga, Ganzourgou, Kadiogo, Kourittenga, Kourwéogo, Namentenga, Oubritenga, Passoré, Sanmatenga, Zoundwéogo et Boulkiemdé). C’est la troupe Rogomikiéta du Kourittenga qui a été désignée grand vainqueur du concours artistique de danse, après les délibérations du jury. Elle a reçu un trophée, une attestation et une enveloppe de 500 000 F CFA. Elle a été suivie de la troupe warba Naaba Kaanga de Méguet (Ganzourgou). Celle-ci est repartie avec un trophée, une attestation et la somme de 300 000 F CFA. Le troisième prix est revenu à la troupe warba Nambita de Tamissi (Oubritenga). Elle a également obtenu des lots similaires plus la somme de 200 000 F CFA. Par ailleurs, douze prix spéciaux (meilleure danseuse, meilleur flutiste, meilleur costume, etc.) ont été décernés. Selon le secrétaire permanent du festival warba du Ganzorgou, Etienne Mouni Kaboré, l’objectif de cette manifestation est de contribuer à la sauvegarde et au développement des danses traditionnelles populaires comme le warba.

Le festival warba, a-t-il expliqué, créé en 1999, a connu un engouement au fil des ans. «Mais, le festival ne s’est plus tenu après la 4e édition en 2008 à cause de difficultés liées à la mobilisation des ressources financières. Nous comptons sur le soutien de tous les fils et filles de la localité et des partenaires pour la pérennisation de cet événement en vue de la sauvegarde et la promotion de la danse warba qui est l’identité culturelle du Ganzourgou », a soutenu M.Kaboré.

L’importance du warba

Le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango a salué la relance du festival warba du Ganzourgou.

En organisant ce festival, a-t-il poursuivi, notre association souhaite encourager la pratique du warba, susciter les initiatives de recherche et de créativité dans le sens d’une promotion de la culture du warba et faire connaître au plan national et international, des troupes talentueuses dans le domaine du warba.

Le maire de la commune de Zorgho, Toukoumnogo Jacques Kaboré, a fait, pour sa part, une mention spéciale à l’association « Génération montante pour le développement du Ganzourgou » pour la relance du festival warba. A cet effet, il a déclaré que sa circonscription s’engage désormais à inscrire une ligne budgétaire pour aider l’organisation dudit festival.

Quant au ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango, il s’est réjoui de la reprise de cette manifestation culturelle, après 10 ans d’interruption. Il a souligné l’importance du warba dans le paysage culturel du Burkina Faso. Selon lui, le warba est l’une des danses qui a « vendu » énormément le pays des Hommes intègres hors de ses frontières. « Nous devons travailler à pérenniser ce festival. Les organisateurs doivent penser à écrire l’histoire du warba.

Par ailleurs, la création d’un musée et d’un espace dédiés au warba est devenue une nécessité. En tout état de cause, ils peuvent compter sur le soutien de mon département», a promis le ministre Sango. Dans le même ordre d’idée, il a invité la troupe Rogomikiéta à l’ouverture du prochain Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO).

Kowoma Marc DOH

kowomadoh@gmail.com

 

MINEFID : Des résultats satisfaisants engrangés en 2018

0

Le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID) a tenu, le lundi 3 décembre 2018 à Ouagadougou, sa 2e session du Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) de l’année 2018 sous le thème « Les financements innovants comme alternatives au financement des politiques de développement ».

270 administrateurs du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement se sont concertés, le lundi 3 décembre 2018, autour des questions stratégiques liées à la vie de leur département. C’était au cours de la 2e session ordinaire du Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) 2018 qui s’est tenue à Ouagadougou. Pour la ministre déléguée chargée du budget, Edith Clémence Yaka, au cours de l’année 2018, des résultats notables ont été atteints, en dépit du contexte économique, social et sécuritaire difficile. Au nombre des actions réalisées, figurent l’adoption de la loi sur le pilotage et la gestion du développement. « Cette loi vise à asseoir une architecture cohérente du système national de planification en vue d’assurer un meilleur impact de la mise en œuvre des politiques publiques », a-t-elle expliqué. Elle a également cité l’élaboration de 21 plans d’actions ministériels sur 24 et leur mise en cohérence avec les politiques sectorielles  concernées; la mobilisation par l’ensemble des régies de recettes de 1 350,66 milliard FCFA sur une prévision révisée de 1 503,65 milliard, soit un taux de réalisation de 89,83%; la réalisation de différentes publications de statistiques courantes et de rapports d’enquêtes statistiques…

Prospecter d’autres sources de revenus

Cette 2e session du CASEM du MINEFID a été l’occasion pour les administrateurs d’explorer des voies et moyens de mise en œuvre des financements innovants.

Clémence Yaka a fait savoir qu’au niveau interne, l’opérationnalisation des différentes réformes a permis d’enregistrer des résultats significatifs en termes de mobilisation de ressources propres. « Les ressources internes mobilisées au cours des deux premières années de mise en œuvre du PNDES (2016 et 2017) se sont situées à 2 629,6 milliards F CFA, soit un taux de mobilisation d’environ 86% » s’est-elle expliquée. Mais, force est de constater a ajouté la ministre déléguée chargée du Budget, que ces ressources restent toujours insuffisantes pour la mise en œuvre des différentes politiques au regard des ambitions affichées au profit des populations.  Pour elle, l’aide publique au développement ne constitue pas un moyen suffisant permettant de faire face aux multiples enjeux du développement au Burkina Faso, d’où la nécessité de prospecter d’autres sources de financement. Ce qui justifie, a indiqué la ministre Yaka, le choix du thème du CASEM « Les financements innovants comme alternative au financement des politiques de développement ». Au titre des mécanismes de financements innovants, qui pourraient contribuer à la mobilisation des ressources additionnelles, elle a cité entre autres, l’actionnariat populaire, la mise en place de fondations à but spécifique, la recherche des partenariats extérieurs avec des privés pour des investissements dans les secteurs sociaux. Au cours de l’année 2019, un travail sera exécuté selon la ministre afin de consolider les acquis. Il s’agira de renforcer les capacités d’analyse et de prévisions économiques, optimiser la mobilisation des ressources pour le financement du développement, rationaliser les dépenses et assurer la transparence et la reddition des comptes…

Elélé KANTORO

Côte d’Ivoire : L’examen du projet du statut des Délégués consulaires et la mission de la CENI au centre d’une réunion trimestrielle

Le Consulat honoraire du Burkina Faso à Soubré, en République de Côte d’Ivoire, a abrité le 30 novembre 2018, la réunion trimestrielle de concertation entre l’Ambassade et les Consulats généraux du Burkina Faso à Abidjan et à Bouaké. Au centre des débats, l’examen du projet du statut des Délégués consulaires burkinabè et la mission de la CENI en Côte d’Ivoire.

 

Présidée par SEM Mahamadou ZONGO, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Burkina Faso en République de Côte d’Ivoire, cette dernière rencontre l’année 2018 a connu la participation effective de Monsieur Idrissa Nénin SOULAMA, Consul adjoint, Gérant intérimaire du Consulat général du Burkina Faso à Abidjan ; Monsieur Jean de Dieu ZOUNDI, Consul honoraire du Burkina Faso à Soubré ; Monsieur Mamadou ILBOUDO, Ministre Conseiller près l’Ambassade ; Monsieur Rasmané CONGO, Conseiller Juridique près le Consulat général du Burkina Faso à Abidjan ; Madame Justine KABORE née COULIBALY, Consul adjoint près le Consulat général du Burkina Faso à Bouaké ; Monsieur Bekoala NAGALO, Vice consul près le Consulat général du Burkina Faso à Bouaké.

Parmi les points inscrits à l’ordre du jour,  figurent, entre autres, l’examen et l’adoption du compte rendu de la rencontre du 23 mars 2018 ; l’examen du projet de décision portant statut des Délégués consulaires burkinabè en République de Côte d’Ivoire, la mission de la CENI, des communications de l’Ambassade, des Consulats généraux et du Consulat honoraire, et des sujets de divers ordres.

Avant l’entame des travaux, Monsieur Jean de Dieu ZOUNDI, Consul honoraire du Burkina a souhaité la bienvenue aux participants dans la belle cité de Soubré, chef-lieu de la Région de la Nawa.

Après l’adoption de l’ordre du jour et celui du compte rendu de la réunion trimestrielle du 23 mars 2018, la rencontre a connu comme plat de résistance, l’examen, les amendements et les discussions portant sur le statut des Délégués consulaires du Burkina Faso en République de Côte d’Ivoire. En effet, sur initiative de SEM. Mahamadou ZONGO, Ambassadeur du Burkina Faso, un groupe d’experts de l’Ambassade et des Consulats généraux étaient chargés de relire le texte datant de l’année 2007, relatif au statut des Délégués consulaires burkinabè en République de Côte d’Ivoire. Ce sont les conclusions de ces travaux d’experts qui ont été soumis à l’examen de la rencontre de Soubré.

Les participants ont ainsi donc examiné ledit projet par des amendements, des observations et des suggestions sur les points relatifs aux attributions des délégués consulaires ; aux incompatibilités ; à la durée du mandat ; aux conditions pour prétendre aux fonctions de délégué ; au délégué adjoint ; à la fin des fonctions du délégué ; à la non rémunération des fonctions du délégué ; aux sanctions et aux dispositions transitoires. A la suite de l’examen, des discussions et à la prise en compte des différents amendements et observations, le projet de texte a été finalisé et son adoption en cours par les autorités compétentes.

Au titre des communications, l’Ambassadeur Mahamadou ZONGO, a informé les participants à la réunion, de la mission d’information de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) auprès de la communauté sur le vote des Burkinabè de l’extérieur. Cette mission de la CENI est arrivée le 1er décembre 2018 à Abidjan, et elle a déjà rencontré les Burkinabè de la juridiction consulaire de Bouaké, le 2 décembre au Consulat général. Elle se rendra ensuite dans les circonscriptions consulaires de Soubré pour une rencontre le 5 décembre et à Abidjan, le 8 décembre 2018.  La mission de la CENI donne des informations sur le déroulement du processus devant aboutir au vote des Burkinabè de l’extérieur à l’élection présidentielle de 2020.

L’Ambassadeur ZONGO a informé également les participants à la rencontre d’une prochaine mission en Côte d’Ivoire pour l’opération spéciale de délivrance de CNIB et passeports ordinaires burkinabè aux ressortissants. Cette mission est prévue en début 2019. D’ors et déjà, l’Ambassade et les Consulats généraux prendront les dispositions nécessaires pour faciliter cette mission.

Autre sujet d’intérêt, l’Ambassadeur ZONGO a indiqué qu’une assurance maladie a été proposée à la communauté burkinabè par une structure privée. Cette assurance qui est voie d’expérimentation comporte un volet d’assistance juridique avec un pool d’avocats.

Avant de lever la séance aux environs de 15h, l’Ambassadeur et les Consuls ont échangé sur d’autres sujets propres à la communauté burkinabè. Il s’agit des questions relatives à la sécurité des biens et des personnes, de la disparition de sept Burkinabè à Fakobly, de la situation au Mont Péko, des cas de crimes ou de délits commis dans les différentes circonscriptions consulaires et impliquant des ressortissants burkinabè.

Le Consul honoraire a, par ailleurs, évoqué la question du déguerpissement de certains habitants dont des Burkinabè sur un terrain en vue de la construction de l’aéroport de Soubré. Les ressortissants burkinabè refuseraient de quitter les lieux, malgré les propositions de dédommagement. En prévision également des déguerpissements en vue de la construction du deuxième barrage de Soubré, le Consul honoraire a demandé l’intervention de l’Ambassade afin de faire entendre raison à nos ressortissants qui sont, sans doute, manipulés par des associations véreuses.

Du Consulat général d’Abidjan à celui de Bouaké, il a été noté les problèmes de documents à fournir pour l’établissement de la carte consulaire.

Sur toutes les questions soulevées, l’Ambassadeur Mahamadou ZONGO a promis de prendre des mesures adéquates. Il a félicité les Consulats généraux et honoraire pour le formidable travail abattu, et encouragé les uns et les autres à se sacrifier davantage au profit de la communauté burkinabè.

La prochaine rencontre trimestrielle est prévue pour se tenir au Consulat général du Burkina Faso à Bouaké en mars 2019.

 

Issouf  ZABSONRE

Attaché de Presse

Ambassade du Burkina en Côte d’Ivoire

Transformation des produits locaux : Du pain nourricier à base du mil

Dans le cadre du projet « Fermentation appropriée pour la mise au point de produits céréaliers riches en fibres alimentaires : promotion de la consommation des fibres diététiques en Afrique et en Europe (ERAFRICA/FIBREPRO) », les acteurs ont fait des essais pilotes de production de pains à base du mil et du blé le vendredi 30 novembre 2018 à Ouagadougou.

Promouvoir les produits agricoles locaux, encourager la transformation des céréales selon un procédé scientifique approfondi afin de renforcer le niveau de nutrition et préserver les consommateurs de certaines maladies ; tel a été le centre d’intérêt de la réunion des experts scientifiques de l’Institut de recherche en sciences appliquées et technologies (IRSAT) et de leurs partenaires de la Finlande pour produire du pain naturel à base de céréales locales. C’était du 26 au 30 novembre dernier. Une initiative qui entre dans le cadre de l’opérationnalisation du projet «fermentation appropriée pour la mise au point de produits céréaliers riches en fibres alimentaires : promotion de de la consommation des fibres diététiques en Afrique et en Europe (REAFRICA/FIBREPRO)» mise en place via trois structures partenaires de recherche à savoir les universités catholique du Portugal, de Helsinki (Finlande), de Naïrobi (Kenya) et le département des technologies alimentaires de l’IRSAT (Burkina Faso).

Pour la directrice de l’IRSAT, Hagrétou Sawadogo, l’heure est venue de consommer sain.

Les échantillons de pains produits à cette occasion on fait l’objet d’une dégustation par des nutritionnistes et autres grands consommateurs. Au résultat final, ledit pain, fabriqué essentiellement de mil et du mixage de farine de mil et du blé a fait sensation. Les analyses sensorielles et autres tests de qualité réalisés dans les laboratoires de l’IRSAT on conclu que le produit fini était « impeccable » et très riche en vitamines B, en nutriments et en protéines. Pour la directrice de l’IRSAT, Dr Hagrétou Sawadogo/ Lengani, par ailleurs coordonnatrice nationale du projet, les fibres alimentaires jouent un rôle capital dans la prévention de certaines maladies chroniques d’origine alimentaires.

Un gage de bonne santé

Mieux, la coordonnatrice a expliqué, que des études ont démontré que la consommation de grains entiers et de produits céréaliers riches en fibres diététiques protège les consommateurs contre des pathologies comme les maladies chroniques respiratoires, les cancers, la tension, le diabète etc. « Bien de nos maladies se trouvent dans nos assiettes », dira un autre chercheur. Ainsi, c’est en vue de lutter contre la malnutrition et la sous-alimentation que les chercheurs se sont engagés à exécuter le projet de fermentation. « Le projet vise à explorer les avantages des méthodes traditionnelles de fermentation et les connaissances actuelles en matière de bio traitement des céréales pour promouvoir une consommation saine à travers le développement de produits riches en fibres diététiques », a dit Dr Sawadogo.

Selon l’équipe de scientifiques, les analyses sensorielles ont été un succès.

Pour convaincre les consommateurs afin d’intégrer ce «pain bénit» dans les habitudes alimentaires des Burkinabè, la directrice entend miser sur la sensibilisation, l’information et la communication. Le coordonnateur international du projet Ndegwa Maina, quant à lui, a souhaité que les pays membres du projet, s’investissent pour son opérationnalisation. Car a-t-il dit, l’initiative a été bien étudiée scientifiquement et le projet vise a priori à bouter les maladies chroniques en relation avec la nutrition et la sédentarisation hors de l’Afrique et de l’Europe. Un moyen idéal, selon lui, de promouvoir la consommation locale, de protéger les populations surtout celles rurales et contribuer à créer des emplois et améliorer l’assiette fiscale des pays. L’expert pâtissier Heikki Manner, lui, a indiqué que divers types de pains avec plusieurs formes ont été fabriqués avec la collaboration de la boulangerie « Fatim». Les acteurs ont bon espoir pour l’aboutissement du projet et ont salué l’accompagnement des gouvernements, l’appui financier du FONRID en ce qui concerne le Burkina Faso et de la fondation de la culture finlandaise.

Wanlé Gérard COULIBALY

Semaine de solidarité : 200 orphelins du sida bénéficient de kits scolaires

0

Le Conseil national de lutte contre le SIDA et IST (CNLS/IST) a organisé, jeudi 29 novembre 2018, à Ouagadougou, la 2e semaine de solidarité envers les personnes vivant avec un VIH et les orphelins et autres enfa  nts vulnérables.  

A l’initiative du Conseil national de lutte contre le SIDA et IST (CNLS/IST), plus de 200 orphelins du sida et autres enfants vulnérables (OEV) ont reçu de kits scolaires. Aussi, des personnes vivant avec le VIH (PvVIH) ont bénéficié des vivres du CNLS/IST. Ils ont reçu ce don, le jeudi 29 novembre 2018, à Ouagadougou, à l’occasion de la 2e édition de la semaine de solidarité organisée à leur profit.

« Cette semaine a pour objectif de susciter le besoin d’agir et de s’engager pour la cause des PvVIH et des OEV », a dit le Secrétaire permanent du CNLS/IST, Dr Didier Bakouan (à gauche). (Crédit photo: CNLS/IST).

« Cette semaine a pour objectif de susciter le besoin d’agir et de s’engager pour la cause des PvVIH et des OEV », a dit le Secrétaire permanent du CNLS/IST, Dr Didier Bakouan. Il a expliqué que 71 000 enfants sont des orphelins du fait de la pandémie et 9 400 autres de moins de 15 ans vivent avec le virus. L’édition de 2018 se veut être également une opportunité d’interpellation de tous, quant au devoir de chacun de demeurer solidaire vis-à-vis de ses personnes vulnérables. « Elles attendent de notre part un accompagnement pour un accès aux services de préventions, de soins et de traitements et le soutien nécessaire dans le respect de leur dignité », a ajouté Dr Bakouan. A l’occasion de cette 2e édition, plusieurs activités de soutien, d’assistance et de distraction sont prévues au profit des PvVIH et des OEV, afin de promouvoir les valeurs de solidarité et d’offrir une plus grande visibilité des actions et des acteurs de lutte contre le sida.

La marraine de la Semaine de solidarité, Yvette Dembélé, Secrétaire d’Etat chargée des Affaires sociales, des Personnes vivant avec un handicap et de la lutte contre l’exclusion, a salué l’initiative qui vise à réduire les inégalités sociales pour plus d’équité à travers la gestion des effets de l’infection à VIH sur les populations. « Pour l’atteinte de nos objectifs de développement, aucun groupe ne doit être laissé de côté », a-t-elle soutenu. Et de déplorer qu’au moment où les acteurs de la lutte célèbrent des victoires contre la pandémie, de nombreuses personnes sont encore victimes de stigmatisation, de discrimination, de rejet, d’abandon en raison de leur statut sérologique.

Les personnalités présentes.

Pour Mme Dembélé, il s’agit d’une violation de leurs droits fondamentaux. « La semaine de solidarité trouve alors tout son fondement », a ajouté la Secrétaire d’Etat. Selon Yvette Dembélé, elle permettra aussi de mettre en lumière les activités du Fonds de solidarité envers les malades et orphelins du Sida. Ledit fonds a été mis en place pour soutenir la réalisation des projets et programmes en faveur des malades et des orphelins du sida, contribuer à la prise en charge, la réhabilitation et la réinsertion des personnes concernées, susciter et promouvoir l’élan de solidarité et d’entraide. Les bénéficiaires ont loué l’élan de solidarité du CNLS/IST à leur égard. Mariam, 12 ans et orpheline du Sida, a reçu un sac d’écolier, des stylos et des cahiers. « Ce cadeau va me permettre de compléter mes fournitures scolaires », s’est-elle exprimée, tout en traduisant aux donateurs ses sincères gratitudes.

Djakaridia SIRIBIE

Insécurité à l’Est : Six assaillants abattus à Bougui

Au petit matin de ce lundi 3 décembre 2018, une mission de la brigade territoriale de gendarmerie de Fada N’Gourma a abattu six individus qui lui avaient tendu une embuscade dans la forêt de Bougui, à environ dix kilomètres de Fada N’Gourma.
En partance pour le campement de chasse de Sindou, où des assaillants auraient dissimilé des armes, une mission de la brigade territoriale de gendarmerie de Fada N’Gourma est tombée dans une embuscade dans la forêt de Bougui, à dix kilomètres de Fada N’Gourma. Sur leurs gardes, les gendarmes ont réussi, « avec promptitude », à éliminer six assaillants. Les impacts des balles sur le véhicule de tête de la mission et les douilles témoignent de l’intensité des tirs. L’on note un blessé léger dans les rangs des gendarmes. Celui-ci, selon une source sécuritaire, s’est foulé le pied en sautant du véhicule.

Sidgomdé 

Procès du putsch : Diendéré garde sa ligne de défense

L’audition du Gal Gilbert Diendéré, présumé cerveau du coup d’Etat de septembre 2015, s’est poursuivie, vendredi 30 novembre 2018 devant la justice militaire à Ouagadougou.

Au 4e jour de son interrogatoire, le général Diendéré reste toujours droit dans ses bottes : n’eut été le soutien de la hiérarchie militaire, il ne serait jamais question de coup d’Etat en mi-septembre 2015. Le vendredi 30 novembre 2018, le ministère public a fait cas d’un document de la hiérarchie qui exige de « Golf » qu’il remette le pouvoir et reconnaisse l’autorité du Chef d’Etat-major général des armées (CEMGA). Pour les hommes de Alioune Zanré, cette note est la preuve que la hiérarchie militaire était contre le putsch. Aussi, celle-ci, selon le parquet, ne pouvait pas s’opposer à Gilbert Diendéré, au regard des rapports de force. « Je ne sais pas de quelle force je disposais en ce moment. La hiérarchie militaire avait toute l’armée avec elle. Quand un homme n’est pas d’accord, il dit non (…) Dès le 16 septembre, il n’y avait pas une bonne volonté manifeste de la hiérarchie de s’opposer à quoi que se soit », a répondu l’accusé. Diendéré a partagé sa propre expérience de courage en 1983, lorsque Thomas Sankara, alors Premier ministre avait été arrêté par Jean-Baptiste Ouédraogo. « Je me suis retranché au camp Guillaume avec une trentaine d’hommes pour nous opposer tant bien que nous savions qu’on pouvait nous liquider. Nous avons tenu jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée », a  expliqué le général. La réplique du parquet est aussi sanglante : « Mon général, j’espère que vous n’avez pas oublié le cas de Koudougou en 1987 où il y a eu un massacre ». L’ancien Chef d’Etat-major particulier de Blaise Compaoré titube, avant de préciser : « Ce n’est pas la même chose ». En plus du rapport de force en faveur du général, le procureur militaire a estimé que c’est ce dernier qui a fait échouer la médiation de la hiérarchie et des personnalités civiles avec la troupe. En effet, il a expliqué qu’avant la rencontre entre les deux entités au cours de laquelle Jean-Baptiste Ouédraogo et compagnie ont demandé la libération des autorités de la Transition, dans la nuit du 16 au 17 septembre, Gilbert Diendéré et Boureima Kiéré se seraient entretenus avec les soldats. L’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo, mais aussi Mgr Paul Yemboado Ouédraogo et d’autres coaccusés dont le commandant Aziz Korogho font cas de ce conciliabule, dans les PV. « Diendéré et Kiéré se sont retirés pour une réunion de 45 mn avec les soldats. A leur retour, ils ont confié que les soldats refusaient de libérer les otages », selon une déposition de Jean-Baptiste Ouédraogo, lue à l’audience par le parquet. Le général est formel, cette rencontre n’a « jamais » eu lieu. « C’est faux, entièrement faux. Il n’y a pas eu de conciliabule de 45 mn », a déclaré « Golf ». Mais, pour le parquet militaire, tout s’est joué au cours de cette rencontre de 45 mn.

« Les hommes ont reçu l’argent, mais ils ont refusé de rester »

« Il n’appartient aux OSC de demander la dissolution d’un corps », dixit « Golf ».

Cependant, le Général Gilbert Diendéré a reconnu avoir remis la somme de 85 millions de FCFA aux éléments de l’ex-RSP qui étaient retranchés au camp Naaba Kom II, pendant le désarment. Pourquoi a-t-il fait cela ? L’accusé a dit avoir honoré une promesse faite aux hommes. Aussi, la manne devait leur permettre de rejoindre leurs nouveaux postes d’affectation. Le procureur militaire n’est pas de cet avis, dans la mesure où les soldats avaient reçu leur paie dès le 15 septembre et des bons de transport. Aussi, dans son P.V., Diendéré aurait déclaré : « J’ai fait le geste pour ne pas les laisser partir tout simplement ». Pour le parquet, ces propos illustrent à souhait la volonté du général d’empêcher l’exécution des actes d’affectation. L’accusé a dénoncé une « mauvaise compréhension » de ses dires. « La bonne compréhension est de ne pas les laisser partir sans honorer la promesse que je leur avais faite », a soutenu « Golf ». Il a ajouté qu’à la date de 16 septembre, plusieurs banques avaient fermé boutique. Les bons de transport en question sont également individuels et ne couvrent pas les familles et les bagages des soldats. « Ils avaient beaucoup des besoins. On connaît le salaire du soldat, avec toutes les retenues, il ne reste plus grand-chose (…). De nombreux éléments sont restés pour ça (l’argent, ndlr). Il fallait que je le fasse pour les inciter même à partir plutôt qu’à se faire massacrer, parce qu’on s’apprêtait à bombarder le camp », a souligné le présumé auteur du putsch. Outre les P.V., le ministère public a évoqué une retranscription d’un appel téléphonique. Dans celle-ci, le général de brigade a affirmé à son interlocuteur : « Les hommes ont reçu l’argent, ils ont pillé mais ils ont refusé de rester ». Des propos assez troublants pour Gilbert Diendéré.

Vendredi dans l’après-midi, les débats ont encore porté sur la dissolution de l’ex-RSP. Est-ce qu’il appartient aux militaires de s’opposer à la dissolution d’un corps ?, a demandé le parquet. « Il n’appartient pas aussi aux OSC de demander la dissolution d’un corps », a répondu le prévenu. De même, en quoi la non application d’une décision de la CEDEAO intéresse-t-elle le RSP ?, a rétorqué le parquet. « Golf » a indiqué qu’il s’agit d’un problème national que le président Michel Kafando a exposé aux éléments de l’ex-RSP. A en croire le ministère public, la résolution de ce différend ne fait pas partie des attributions de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle. L’accusé s’est inscrit en faux, car l’armée avait 25 représentants au Conseil national de Transition (CNT), une instance politique.

Djakaridia SIRIBIE

dsiribie15@gmail.com

Mohamed Kahloun, ambassadeur de la Tunisie au Burkina Faso: « La Tunisie a repris sa place sur la scène internationale »

0

 Les relations entre la Tunisie et le Burkina Faso ainsi que celles avec les autres pays d’Afrique se portent bien.  Et la Tunisie est en train d’œuvrer pour les parfaire et compter davantage dans le concert des nations. C’est ce qu’affirme, entre autres, l’ambassadeur du pays de Beji Caïd Essebsi au Burkina Faso, Mohamed Kahloun, dans cette interview qu’il a accordée au quotidien Sidwaya.

 Sidwaya (S) : Comment se porte l’axe Tunis-Ouagadougou ?

Mohamed Kahloun (M.K.) : La profondeur des liens bilatéraux est favorisée par l’appartenance au même espace géographique et aux mêmes valeurs de la démocratie et des droits humains. Ouagadougou était et demeure une destination privilégiée pour la Tunisie. Elle vient être renforcée par l’ouverture d’une ambassade résidente en novembre 2016, et c’est un grand honneur pour moi d’être le premier ambassadeur tunisien résident auprès du pays des Hommes intègres. Elle s’explique aussi par la visite d’amitié et de travail du chef du gouvernement, Youssef Chahed, au Burkina Faso les 4 et 5 avril 2017 à la tête d’une grande délégation d’hommes d’affaires et d’opérateurs économiques tunisiens. Occasion au cours de laquelle il a inauguré l’ambassade en présence du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba et du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry.

De son côté, Paul Kaba Thiéba a effectué une visite de travail en Tunisie, où il a pris part aux travaux du forum économique «Rencontres-Afrique 2017» en octobre 2017, dont le Burkina Faso était le pays invité d’honneur. Un autre facteur très important qui a rendu l’axe Tunis-Ouaga important, c’est la desserte de la capitale burkinabè par la compagnie aérienne Tunis air avec une fréquence de trois vols par semaine. Une quatrième fréquence est à l’étude.

En effet, la question des connexions aériennes entre nos deux pays sont l’un des principaux vecteurs de croissance de notre coopération économique efficiente et durable. La suppression par les deux pays, des formalités de visa pour leurs citoyens, dans le cadre de la réciprocité fait également des deux capitales des destinations privilégiées. En outre, les deux pays jouent un rôle actif au niveau continental et dans leurs sphères.

 

: Quels sont les différents axes de la coopération bilatérale entre la Tunisie et le Burkina ?

K.: Je pars toujours d’une base réelle et tangible. La 7ème session de la Grande commission mixte tenue à Tunis en septembre 2016 était très constructive et a tracé les différents axes de la coopération bilatérale entre nos deux pays. Les deux parties se sont mis d’accord sur l’existence de plusieurs opportunités de coopération et de partenariat dans les deux sens et se sont mis d’accord pour leur exploitation réciproque.

Il s’agit notamment : du doublement du quota pour les étudiants burkinabè, de la mise sur pied de relations de coopération et de jumelage entre les centres de formation professionnelle dans les deux pays et dans les secteurs des travaux publics et du tourisme, de la formation des cadres burkinabè des différents secteurs comme le transport, les finances, l’enseignement, le tourisme…, de la formation de médecins spécialistes burkinabè et l’accueil du maximum de patients burkinabè pour des consultations et soins médicaux ainsi que l’étude des possibilités disponibles pour la fabrication de médicaments et la réalisation de laboratoires.

L’on note également la volonté d’encourager l’établissement de relations de partenariat entre les entrepreneurs fonciers dans les deux pays pour la promotion des logements sociaux au Burkina Faso, l’assistance dans la réalisation des études relatives à l’assainissement et l’exploitation des structures spécialisées et sa restauration, l’appui au programme de réhabilitation des entreprises industrielles au Burkina Faso et l’établissement de relations de coopération et de partenariat entre les centres techniques et des structures de soutien aux petites et moyennes entreprises.

: Pouvez-vous citer des domaines précis dans cette coopération ou des résultats concrets ont été enregistrés par les deux parties ?

K.: Je cite le secteur des travaux publics et des bâtiments dont plusieurs sociétés tunisiennes opèrent au Faso depuis longtemps à savoir, SOROUBAT ET BEN CHAABANE… , la formation professionnelle et technique, notant qu’actuellement 165 stagiaires burkinabè reçoivent des formations qui s’étalent sur deux ans et demi en Tunisie en infrastructure et réseaux d’accès, en marketing et multimédia, en photovoltaïque, en industrie d’habillement, en emballage et conditionnement, en production de chaussures, en esthétique, en coiffure, formation en bâtiment…. Il faut aussi noter l’enseignement supérieur, sachant que chaque année la Tunisie accorde plus de 40 inscriptions aux étudiants burkinabè au Premier cycle, Master et Doctorat dont 10 inscriptions avec bourse, l’évacuation sanitaire vers Tunis. Par ailleurs, Tunis Air assure la liaison entre Tunis et Ouaga trois fois par semaine, ce qui a encouragé les opérateurs économiques à se déplacer dans de bonnes conditions. La signature de différents accords de coopération entre les Chambres de commerce des deux pays en marge du forum économique Tuniso-Burkinabè tenu à Ouagadougou lors de la visite d’amitié et de travail du chef de gouvernement tunisien au Faso en avril 2017 s’inscrit aussi dans ce cadre.

 Dans quels autres secteurs la coopération bilatérale entre les deux Etats pourrait être élargie ?

 K.: Bien sûr, le secteur de l’agriculture, du tourisme et de l’artisanat, des mines, des TIC…surtout que la Tunisie dispose d’une large expérience en la matière et des potentiels humains qualifiés capables de booster la coopération bilatérale dans ces secteurs qui comptent parmi les piliers de base de l’économie dans nos deux pays respectifs.

 La Tunisie et le Burkina font face à la menace terroriste. Est-ce qu’une coopération militaire est envisagée dans ce sens pour lutter efficacement contre ce fléau ?

 K: Tout d’abord, je saisis cette occasion pour réitérer notre condamnation avec la plus grande fermeté, les lâches attentats perpétrés sur le sol burkinabè par les terroristes, soit contre les forces de sécurité et de défense, soit contre des civils innocents. Par la même occasion, j’exprime notre solidarité avec le gouvernement et le peuple burkinabè  dans leur combat contre le terrorisme, tout en présentant nos condoléances aux familles des victimes et souhaitant prompt rétablissement aux blessés. La lutte contre le terrorisme et le crime transnational organisés, fléaux dont les deux pays ont été victimes, doivent continuer de manière déterminée au niveau de chaque pays. Le terrorisme représente une menace pour tous les Etats et tous les peuples, il met en danger la sécurité des pays, les valeurs de la société et les droits et libertés des citoyens. Notre pays a été le théâtre de plusieurs attaques terroristes visant les forces sécuritaires et militaires, les personnalités politiques, les touristes et la population civile. Face à la persistance et l’évolution de ces attaques, la Tunisie a réussi, à travers ses forces sécuritaires et militaires, à neutraliser plusieurs terroristes et à démanteler des cellules terroristes mettant en échec de nombreux projets subversifs. Parallèlement, l’Etat n’a cessé de développer ses capacités nationales par le biais de la coopération régionale et internationale qui restent nécessaires et essentielles afin de faire face à cette menace et démanteler les réseaux de financement des groupes terroristes qui restent liés au crime organisé.

Au plan régional, la lutte contre l’extrémisme et le radicalisme religieux nécessite la conjugaison de tous les efforts en vue d’assurer le développement humain et préserver l’identité culturelle des peuples. Consciente de la dangerosité de ce fléau et des menaces qu’il représente quant aux valeurs humaines et des principes des droits de l’Homme consacrés par notre Constitution et les conventions internationales, la Tunisie est déterminée à faire face à ce phénomène dans le cadre d’une stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme qui implique tous les acteurs nationaux.

Afin de réaliser cet objectif, le conseil de sécurité national a décidé lors de sa réunion tenue le 12 février 2015 sous la présidence du président de la République, l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme. Notre pays a mis cette stratégie à la disposition du Burkina Faso, et est disposé pour une coopération étroite dans le domaine sécuritaire et militaire.

S: En tant que premier ambassadeur de la République tunisienne résidant au Burkina Faso, quelle impulsion entendez-vous donner à cette coopération ?

K.: Mon objectif principal est d’œuvrer au renforcement et à la diversification de la coopération bilatérale en vue de l’édification d’un partenariat mutuellement avantageux reflétant les potentialités de coopération qui existent entre les deux pays frères. Dans ce cadre, le programme de l’ambassade s’articule autour de trois axes prioritaires : la participation effective des opérateurs économiques tunisiens au processus de développement du Burkina Faso et notamment à travers une contribution active aux secteurs prioritaires tels que déclinés dans le Plan national de développement économique et social (PNDES), la participation aux foires et manifestations à caractère économique et culturel organisées en Tunisie et au Burkina Faso et la mise sur place de programmes d’actions conjoints visant la multiplication de contrats directs entre les opérateurs économiques et le renforcement de la présence burkinabè en Tunisie notamment à travers l’augmentation du nombre d’étudiants inscrits dans les universités publiques tunisiennes.  La formation professionnelle sera aussi un secteur privilégié.

S: Les attentats de 2015 ont eu un coup dur pour le tourisme en Tunisie. Peut-on dire aujourd’hui que la donne a changé ?

 K.: Tout à fait, la donne a changé et nous avons enregistré en 2018, l’arrivée en Tunisie de plus de sept millions de touristes venus des quatre coins de la planète. La situation sécuritaire est en nette amélioration grâce à la prestation si professionnelle et patriotique de notre armée nationale et républicaine et des forces de sécurité mais grâce, également, à la volonté commune de refus catégorique du peuple tunisien de l’extrémisme violent et de la culture du terrorisme qui reste toujours étrangère à notre histoire qui témoignait une grande tolérance. La Tunisie est devenue de nouveau la destination privilégiée pour jouir de vacances agréables et découvrir les richesses culturelles, historiques et archéologiques de notre pays. Un autre facteur très important qui attire les touristes, c’est le tourisme médical où la Tunisie est classée 2ème dans la région méditerranéenne après la France en ce qui concerne la thalassothérapie. L’accueil chaleureux, l’hospitalisation et la générosité des Tunisiens font de la Tunisie une destination de rêve.

s: Votre pays se tourne ces dernières années vers l’Afrique au Sud du Sahara. Il a même obtenu le statut de membre d’observateur de la CEDEAO. Qu’est-ce qui sous-entend cette option ?

K.: La Tunisie fait partie de l’Afrique et a même donné son nom à notre continent. Elle attache beaucoup d’importance à la coopération avec les pays africains notamment l’Afrique subsaharienne avec lesquels notre pays partage beaucoup de potentialités dans plusieurs secteurs (formation professionnelle, enseignement supérieur, santé…). Et pour faciliter l’intégration, la Tunisie a supprimé le visa d’entrée pour plusieurs pays africains comme le Burkina Faso, le Niger, le Mali, la Cote d’Ivoire, le Sénégal et a ouvert des lignes aériennes pour desservir les capitales de ces pays. La Tunisie , fermement attachée à sa dimension africaine, s’emploie à se positionner en Afrique en tant que hub pour les investissements et plateforme régionale dans le domaine des TIC, en usant de ses ressources humaines, son cadre règlementaire et institutionnel, sa nouvelle loi sur l’investissement et son intégration à l’économie mondiale. Et ce, pour parfaire un partenariat inclusif et multidimensionnel, à travers le renforcement de la présence diplomatique  et commerciale et la consolidation du réseau de connexions aériennes. Dans ce cadre s’inscrit notre option d’intégrer à la CEDEAO, en obtenant le statut d’observateur le 4 juin 2018, ainsi que l’adhésion de la Tunisie, en 2018, au marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA).

S: La dernière conférence annuelle des chefs de postes diplomatiques et consulaires tunisiens qui s’est tenue du 23 au 30 juillet 2018, a eu pour thème « La diplomatie, une action soutenue pour faire réussir les prochaines échéances : sommet arabe de 2019, sommet de la Francophonie en 2020 et accès de la Tunisie à un poste non-permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU pour la période 2020-2021 ». Qu’est-ce qui explique cette offensive diplomatique de votre pays à l’échelle internationale ?

K.: Permettez-moi, tout d’abord, de préciser que ce nouveau dynamisme régional et international de la Tunisie reflète son expérience unique sur la voie de la construction démocratique en se basant sur le consensus national comme moyen pour gérer les divergences politiques, sécuriser le processus de transition et assurer son irréversibilité. Ceci nous a permis de réaliser de grands acquis politiques, à commencer par une nouvelle Constitution moderne, et l’organisation d’élections législatives et présidentielle que le monde entier a témoigné de caractère libre et transparent. L’approche consensuelle a renforcé la confiance des Tunisiens dans leur capacité à surmonter les difficultés et à relever les défis. Elle a valu au Quartet du dialogue national, le prix Nobel de la Paix pour l’année 2015, qui constitue le couronnement d’un effort collectif permettant de réajuster la trajectoire du pays.

La Tunisie est une démocratie naissante, ouverte sur le monde. Grâce à son engagement constant pour le dialogue et l’entente, elle a développé, au niveau national, un savoir-faire propre pour dégager des solutions consensuelles et réconcilier des opinions divergentes. Elle souhaite mettre cette expérience au service de la communauté internationale, et contribuer activement à la résolution globale et durable des conflits, crises et questions à l’ordre du jour du Conseil de sécurité. Le choix de la Tunisie pour abriter, en mars 2019, la prochaine session ordinaire du Sommet arabe et, en 2020, le sommet de la Francophonie atteste que la Tunisie a retrouvé sa position aux plans régional et international et témoigne de la confiance dont elle jouit auprès de ses partenaires. L’adhésion de la Tunisie au Conseil de sécurité des Nations unies en tant que membre non-permanent pour la quatrième fois, sera une occasion idoine pour faire valoir son expérience en matière de dialogue national, et partager son approche consensuelle au sein de cet organe en privilégiant la concertation et le consensus. L’action de la Tunisie au sein du Conseil de sécurité reposera sur les constantes de sa politique étrangère imprégnée des objectifs et principes de la Charte des Nations unies, de la corrélation étroite entre la paix, la sécurité, le développement et la démocratie, et d’une approche globale des relations internationales. La Tunisie entend plaider, en sa qualité de membre du Conseil de sécurité, en faveur du « dialogue pour une sécurité collective et de la coopération pour une prospérité partagée ». La Tunisie a repris sa place sur la scène internationale et l’accueil à Tunis de ces échéances confirme la confiance des Etats et des Organisations internationales et régionales en la Tunisie.

s: Comment la Tunisie compte-t-elle s’y prendre pour réussir le Sommet arabe et celui de la Francophonie ?

 K.: Comme je viens de le dire, notre pays a des traditions en ce qui concerne l’organisation des conférences et des sommets. La Tunisie a accueilli les Sommets de la Ligue arabe plusieurs fois, et a été même le siège temporaire de cette organisation durant plus de 10 ans. Elle représente également un cadre favorable pour l’union et le compromis arabes malgré les circonstances instables dans la région ces dernières années. La Tunisie réitère son fort attachement à la Francophonie qui a une dimension historique particulière en Tunisie et notamment en Afrique, au regard du rôle prédominant qu’a joué le leader Habib Bourguiba dans la création de la Francophonie institutionnelle. Cette dernière célébrera d’ailleurs son 50ème anniversaire en Tunisie, pays-hôte du Sommet des chefs d’Etat et gouvernement en 2020. Dans son allocution, à la séance de clôture duXVIIe Sommet de la Francophonie, organisé les 11 et 12 octobre 2018 à Erevan, en Arménie, le président Caïd Essebsi a insisté sur la détermination de la Tunisie à faire réussir cet important rendez-vous biennal de la Francophonie. La Tunisie, a-t-il dit, s’engage à ne ménager aucun effort pour la réussite de cette importante échéance afin qu’elle soit porteuse du message que la Francophonie d’aujourd’hui voudrait transmettre au monde, en tant que vecteur de paix, de stabilité et de développement mais aussi en tant qu’interprète des aspirations et des espoirs de nos peuples et de notre jeunesse. Je souligne, également, que les préparatifs pour la bonne organisation et la réussite du Sommet de 2020 sont d’ores et déjà lancés, tant au niveau de la substance que des aspects logistiques, avec la mise en place imminente d’un Comité national d’organisation. Rappelons que la Tunisie accueillera le bureau de l’OIF pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient (MENA) à partir de 2019. Cette échéance sera l’occasion, aussi, pour consacrer davantage la dimension africaine de la Francophonie qui sera, également un cadre idoine pour hisser au plus haut niveau la coopération entre les pays africains frères.

Honoré KIRAKOYA

Coopération islamique: Des experts analysent les préoccupations des femmes

0

La 7e conférence ministérielle de l’Organisation de la coopération islamique(OCI) s’est tenue, le vendredi 30 novembre 2018 à Ouagadougou, sous le signe de l’autonomisation de la femme dans les Etats-membres.

Renforcer les capacités, les talents et compétences à travers des mécanismes divers, sont entre autres, les objectifs que se sont fixés les 57 Etats-membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à l’horizon 2025. Des experts venus de 56 pays  ont échangé sur l’état d’avancement des actions précédentes, selon le ministre en charge de la femme, Laurence Ilboudo. « Nous avons élaboré un plan d’actions qui a été mis à la disposition des pays-membres. Nous allons suivre l’avancement dans les différents pays, et faire aussi l’état des lieux de la ratification de la loi de l’Organisation pour le développement de la femme(ODF) dans les Etats-membres de l’OCI », a-t-elle affirmé. Chaque Etat est chargé de présenter ses résultats  et ensemble des  solutions seront proposer pour les améliorer, a-t-elle ajouté. « Il est important de dire que si nous avons eu la confiance des 56 autres Etats membres de l’OCI, c’est qu’il y a une volonté politique du gouvernement de promouvoir la femme comme actrice dynamique dans l’économie de notre pays. Et, pour être une actrice dynamique, il faut un espace et un environnement propice à l’épanouissement. Nous avons le potentiel, la compétence et il nous faut amener plus de femmes à être autonomes, à prendre conscience qu’elles sont actrices du développement de notre pays », a laissé entendre la ministre.

Un plan pour les femmes

« Les femmes burkinabè ont été reconnues par leurs collègues de l’OCI, comme étant des battantes pour la prise en charge de leurs familles», s’est réjouie le ministre Laurence Ilboudo. (Crédit photo : Rémi ZOERINGRE)

Pour le Secrétaire général (SG) de l’organisation, Hesham Youssef, le plan d’actions pour la promotion de la femme, c’est l’une des réalisations majeures de l’OCI. Pour lui, la responsabilité de la mise en œuvre de ce plan d’actions incombe totalement aux Etats-membres. «  En tant que secrétariat général, nous soutenons les Etats-membres dans leurs actions. Nous jouons aussi un rôle de coordonnateur, pour qu’ils puissent bénéficier les uns des autres », a-t-il dit. Selon lui, les retombées doivent être plus bénéfiques  et profitables prioritairement aux pays en voie de développement. « Les données doivent parvenir aux Etats-membres du secrétariat général pour être évaluées. Les organes subsidiaires et spécialisées de l’OCI,  travaillent ensuite, afin d’assurer la montée des informations des Etats-membres vers le secrétariat général. A la suite des évaluations, il détermine ceux qui sont en avance et ceux qui ne le sont pas, pour engager les moyens d’appui  à ces Etats, afin d’atteindre les objectifs qu’ils se sont assignés », a ajouté le SG.

Emilienne COMPAORE

(Stagiaire)