Après un mois de ferveur, de discipline, de privation et de solidarité, les fidèles musulmans du Burkina Faso ont célébré, le vendredi 20 mars 2026, l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du Ramadan. Durant ce mois, les croyants ont observé le jeûne, multiplié les prières et renforcé les gestes de partage envers les plus démunis.
Ce moment de spiritualité intense a la particularité d’avoir coïncidé cette année avec le carême chrétien. En effet, les chrétiens, eux aussi, sont engagés dans une période de quarante jours de prière, de pénitence et de partage, qui connaîtra son épilogue le 5 avril prochain avec Pâques. Cette concomitance entre Ramadan et carême illustre à souhait qu’au-delà des différences de rites, ces deux chemins de foi convergent vers des valeurs universelles d’humilité, de partage et d’amour du prochain. C’est donc en vertu de cette foi en la force de la prière que les autres confessions religieuses se sont jointes aux musulmans sur les lieux de prière à travers le pays pour ensemble implorer Dieu pour la paix.
Dans un pays qui amorce progressivement sa sortie d’une crise sécuritaire ayant mis à rude épreuve la paix et la cohésion sociale, cette convergence spirituelle revêt une portée particulière. Elle rappelle que les fondements du vivre-ensemble résident dans la capacité des Burkinabè à s’unir autour de l’essentiel : la solidarité et l’unité. Les prières dans les mosquées comme dans les églises, les actes de générosité posés au quotidien, les sacrifices consentis dans le silence des consciences constituent autant de piliers sur lesquels peut se reconstruire une nation forte et résiliente.
De Banfora à Dori, de Dédougou à Fada N’Gourma, de Ouahigouya à Gaoua, les voix se sont unies dans une même imploration pour la paix. Ces élans de foi, portés par des millions de Burkinabè, témoignent d’une volonté collective de tourner la page de l’adversité pour ouvrir celle d’une Nation réconciliée avec elle-même et résolument tournée vers un avenir de paix durable. Ils traduisent également un soutien moral indéfectible aux Forces combattantes engagées sur le terrain pour la reconquête de l’intégrité territoriale et la sécurisation des populations.
Cette coïncidence entre Ramadan et carême doit être perçue comme un signe, une opportunité offerte à la Nation de raffermir ses liens et de consolider son socle social. Elle invite les Burkinabè à inscrire durablement dans leur quotidien les valeurs de tolérance et d’entraide vécues durant ces périodes de jeûne. A un moment où certains Burkinabè, du fait de l’insécurité, ont tout abandonné pour chercher gîte et couvert dans des zones plus sûres, cette solidarité doit se poursuivre envers eux, mais aussi envers les plus démunis dans nos familles, nos quartiers, nos villes et nos villages.
Comme l’a si justement souhaité le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, toutes ces valeurs observées durant le mois de Ramadan doivent rythmer la vie au quotidien et renforcer la détermination commune des Burkinabè à bâtir une Nation inclusive, de paix et de fraternité. Cet appel est une invite à ne pas reléguer ces vertus au seul cadre religieux, mais à en faire le socle de notre engagement citoyen et quotidien. Que cette double période de recueillement et de foi inspire donc chaque Burkinabè à œuvrer, avec constance et conviction, pour un Burkina Faso de paix.
Par Assetou BADOH





La gouverneure du Nazinon, Yvette Nacoulma, à la tête d’une délégation régionale, a dit être venue communier avec l’ensemble de la communauté musulmane de sa circonscription administrative qui célèbre la fête du Ramadan. Selon elle, après 30 jours de pénitence, de prières et d’invocations pour la paix, la sécurité et le développement du pays, il était de bon ton que l’on puisse marquer une solidarité aux côtés des fidèles musulmans. « Que toutes ces prières, durant ces 30 jours, nous apportent paix, sécurité, abondance, bien-être et développement dans la région et partout ailleurs au Burkina Faso », a formulé la gouverneure Nacoulma qui a aussi exprimé toute sa reconnaissance à la communauté musulmane pour sa grande contribution à l’accalmie observée au plan sécuritaire dans le Nazinon. « Nous leur demandons de rester en alerte pour mener toujours les sensibilisations et contribuer à l’effort de paix », a-t-elle désiré. La première responsable du Nazinon a invité les fidèles musulmans à continuer à soutenir les actions du gouvernement et les initiatives présidentielles qui ont pour objectifs d’accélérer le développement du pays et de contribuer au bonheur des burkinabè. « Je souhaite une très bonne fête de Ramadan à tous les musulmans de la région et du Burkina Faso », a-t-elle exprimé.
El Hadj Sana a appelé ses coreligionnaires à éviter les excès, l’euphorie démesurée ainsi que les comportements dangereux notamment chez les jeunes, pendant cette fête. « Les acrobaties et les imprudences sur la voie publique ne sont pas conformes aux enseignements d’Allah », a-t-il lancé. Faisant allusion à la crise sécuritaire au Burkina Faso et à la guerre au Moyen Orient, le guide religieux a reconnu que la situation est certes difficile, mais selon lui, rien n’est impossible à Dieu. Il a invité tout le monde à parler le même langage, à regarder dans la même direction et à soutenir les autorités burkinabè. « Ce n’est pas seulement le pouvoir exécutif qui peut résoudre la situation, c’est l’engagement de tous qui permettra de sortir de la crise », a-t-il déclaré.

L’Imam Sanogo a également fait des invocations au bénéfice de la région et du pays tout entier. Il a par ailleurs prié pour qu’Allah accorde la sagesse et l’énergie nécessaires aux premières autorités du pays afin qu’elles viennent à bout de l’insécurité. La prière a connu la présence du gouverneur des Tannounyan, Patrice Yéyé, avec à ses côtés, quelques autorités administratives. Cette présence est une façon pour le gouverneur et sa suite de, non seulement souhaiter une bonne fête à la communauté musulmane, mais également traduire la reconnaissance de l’autorité à la communauté musulmane pour ses prières et invocations consenties au cours de ce mois de pénitence, pour la paix la sécurité et le vivre-ensemble.

