Une nouvelle dynamique de gouvernance

La lutte contre la fraude a franchi un tournant décisif au Burkina Faso. C’est, d’ailleurs, l’une des ambitions des plus hautes autorités du pays des Hommes intègres, engagés plus que jamais à implémenter une nouvelle dynamique de gouvernance. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les résultats rendus publics par la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) et la diffusion de vidéos du KORAG relatant des faits de corruption, pour s’en convaincre. Très récemment, la CNLF a annoncé avoir recouvré 276 millions F CFA pour le seul mois de janvier 2026. Ces performances, si besoin en est, traduisent l’efficacité accrue des actions menées sur le terrain. Au-delà du chiffre et de ce qui nous a été donné de voir, c’est la prise en main de la problématique de la fraude et la riposte de l’Etat qui mérite d’être salués.

En vérité, la fraude et la corruption sous leurs multiples formes, depuis des lustres, ont la peau dure au pays des Hommes intègres. Elles constituent une véritable hémorragie pour les finances publiques, privant l’Etat de ressources indispensables au financement des services sociaux de base, fragilisant l’économie formelle et créant une concurrence déloyale au détriment des opérateurs respectueux des règles. C’est connu que la corruption reste l’un des principaux obstacles à l’efficacité de l’action publique. Elle affaiblit la confiance des citoyens, ralentit les procédures administratives et compromet l’utilisation des ressources publiques. Or, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et humanitaires, chaque franc recouvré prend une dimension stratégique.

Le tandem CNLF et KORAG devrait donner des résultats encourageants. Il serait désormais difficile pour les délinquants à col blanc de pouvoir passer entre les mailles des filets. En communiquant sur leurs résultats, le gouvernement contribue à restaurer la confiance des citoyens dans la capacité de l’Etat à défendre l’intérêt général. Cette transparence est essentielle. Elle permet non seulement de valoriser le travail des agents sur le terrain, souvent exposés à des pressions et à des risques, mais aussi d’envoyer un message clair : la corruption et la fraude sont des actes préjudiciables à plus d’un titre à la collectivité. Toutefois, la traque contre ces fléaux ne doit pas se reposer uniquement sur la répression. Elle doit s’inscrire aussi dans une approche globale, combinant contrôle, prévention et réforme structurelle. La simplification des procédures administratives, la digitalisation des services, la traçabilité des flux commerciaux et financiers, ainsi que l’éducation fiscale des citoyens s’inscrivent dans cette dynamique qui, tous, sont autant de leviers indispensables.
Par ailleurs, la question de l’équité demeure centrale.

La lutte contre la fraude et la corruption devrait pouvoir frapper à tous les niveaux, sans distinction et résister aux influences de toutes sortes qu’elles soient politiques, économiques ou sociales. Dans le Burkina Faso d’aujourd’hui, engagé dans une quête de souveraineté économique et de résilience, la lutte contre la fraude dépasse le simple cadre financier. Elle est un acte de patriotisme économique, car chaque ressource récupérée renforce la capacité de l’Etat à investir, protéger les plus vulnérables et bâtir une économie plus juste. Les résultats annoncés par le KORAG et la CNLF constituent donc une avancée notable. Ils sonnent comme un point de départ, ce d’autant plus que c’est un combat de longue haleine qui exige constance, rigueur et engagement collectif dans les actions. C’est pourquoi, l’engagement de tous les citoyens est crucial pour permettre au Burkina Faso de vaincre, ad vitam aeternam, ce mal pour accompagner la construction d’un Faso nouveau. A l’Etat, de maintenir la pression, aux institutions de rester exemplaires et aux citoyens de comprendre qu’en combattant la fraude, c’est l’avenir commun du Burkina Faso qui est défendu.

Kamélé FAYAMA

Assemblée législative de Transition: la présidente de Médecins sans frontières Espagne chez Ousmane Bougouma

Le Président de l’Assemblée législative de Transition, Ousmane Bougouma, a reçu, en audience, la présidente de Médecins Sans frontières Espagne, Paula Gil Leyva le mardi 3 février 2026, à Ouagadougou.

Dans le cadre de la poursuite de ses activités et missions au Burkina Faso, la présidente de Médecins Sans frontières Espagne, Paula Gil Leyva, a rendu visite au Président de l’Assemblée législative de Transition, Ousmane Bougouma. C’était le mardi 3 février 2026, à Ouagadougou. A sa sortie d’audience, elle a dévoilé que l’objectif de la visite était de prendre connaissance des préoccupations des autorités burkinabè et des moyens de collaboration. « L’ONG Médecins sans frontières est toujours très ouverte pour écouter et échanger en vue d’une très bonne collaboration avec le Burkina Faso », a-t-elle ajouté.

La présidente de Médecins Sans frontières Espagne a remercié le président de l’ALT pour cet espace de communication offert à sa structure. Elle a également confié que son organisation est indépendante et est financée par la population de l’Espagne et non pas le gouvernement espagnol. « On développe des activités dans les domaines de la santé maternelle, la pédiatrie, la chirurgie, la formation, l’assainissement … », a-t-elle précisé. Médecins Sans Frontières intervient au Burkina Faso depuis près 40 ans.

 

Evariste YODA

Rentrée fiscale 2026 : faire de la facture électronique certifiée un levier de la construction de la Nation

La Direction générale des impôts (DGI) a tenu sa 11e rentrée fiscale sur le thème : « Pour la construction de la Nation, adoptons la Facture électronique certifiée », le mardi 3 décembre 2026, à Ouagadougou.

Face au contexte national marqué par de multiples défis, la Direction générale des impôts (DGI) est plus que jamais engagée à jouer pleinement son rôle dans la mobilisation des ressources pour assurer la souveraineté économique et financière du Burkina Faso. Conformément à cet engagement, elle a mobilisé 1790,38 milliards F CFA de recettes pour le budget de l’Etat, soit une progression de 20,8 %, par rapport à 2024. Sur ce montant recouvré, 1 578,8 milliards F CFA étaient destinés au budget de l’Etat, soit un taux de mobilisation de 100,25% et une progression de 22% par rapport à 2024 ; 51,10 milliards pour les budgets des collectivités, avec un taux de mobilisation de 111,72% et une progression de 6%.

Pour le Fonds de soutien patriotique (FSP), la DGI a mobilisé 132,87 milliards F CFA, correspondant à 156,33% de taux de réalisation et une progression de 18% par rapport à 2024. A cela s’ajoutent 27,55 milliards F CFA pour les autres budgets, en l’occurrence les différents fonds, appuyant ainsi la mise en œuvre des projets d’intérêt national tels que le sport, la presse privée et la culture.

Ces résultats ont été possibles grâce à des efforts consentis en matière de recouvrement et de lutte contre la fraude. A titre illustratif, 88 377 relances ont été adressées aux contribuables défaillants, 34 823 avis de mise en recouvrement et 18 494 avis de mise en demeure émis, 2 974 avis à tiers détenteur transmis et 2 478 sorties de recouvrement réalisées ; 9 475 contribuables ont été géolocalisés, 8 233 enquêtes fiscales menées, 3 631 contrôles fiscaux réalisés, ce qui a permis le reclassement de 436 contribuables dans des segments supérieurs et le recouvrement de 83,27 milliards de francs CFA.

Mobiliser 1 665,18 milliards F CFA en 2026

« Les résultats enregistrés en 2025 sont également le fruit d’un pilotage renforcé et d’actions volontaristes menées tout au long de l’année par toutes les équipes de la DGI … Ces performances sont également le fruit de l’engagement des contribuables civiques qui, en 2025, se sont distingués par leur sens élevé de responsabilité fiscale. Je tiens à leur adresser une mention spéciale, car leur comportement exemplaire constitue un pilier fondamental de la mobilisation de nos ressources internes », a confié la directrice générale des impôts, Eliane Djiguemdé.

Pour 2026, l’administration fiscale entend maintenir le cap et mobiliser 1 665,18 milliards F CFA au profit du budget de l’Etat, ainsi que les autres ressources. Cette conférence de presse a également servi de cadre, pour Mme Djiguemdé et ses proches collaborateurs de présenter aux journalistes les nouvelles lois fiscales issue de la loi de finances 2026, ainsi que la facture électronique certifiée qui entre en vigueur à partir du 1er juillet 2026. Selon la directrice générale des impôts, la rentrée fiscale 2026 se tient dans un contexte particulier, marqué par de fortes attentes sociales, des exigences accrues en matière de mobilisation des ressources internes et une volonté affirmée par les plus hautes autorités, de bâtir une Nation souveraine, solidaire et tournée vers la modernité.

Appel à toutes parties prenantes

« C’est dans cette dynamique que nous avons placé la 11ᵉ rentrée fiscale sur le thème : « Pour la construction de la Nation, adoptons la Facture électronique certifiée ». Ce choix est à la fois stratégique et profondément patriotique. Il traduit notre conviction que la souveraineté financière et le développement durable du Burkina Faso reposent sur une économie mieux organisée, plus transparente et plus équitable », a-t-elle souligné.
Et pour une mise en œuvre réussie de la Facture électronique certifiée (FEC), elle a lancé un appel solennel aux entreprises pour son appropriation effective, aux citoyens pour l’exigence systématique de factures conformes lors de leurs transactions ; ainsi aux partenaires et aux équipes de la DGI, pour une mise en œuvre rigoureuse et intègre de cette réforme décisive.

Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com

 

 

 

 

 

 

Projet de développement du garage de maintenance de Ouagadougou: le Burkina et le Japon signent un accord de don d’environ 5 milliards FCFA

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Le ministère des Affaires étrangères et l’ambassade du Japon au Burkina Faso ont échangé des notes et signé un accord de don, mardi 3 février 2025, à Ouagadougou. Ces documents sont relatifs au projet de développement du garage de maintenance de Ouagadougou pour l’utilisation durable des installations d’irrigation.

Les gouvernements japonais et burkinabè ont réaffirmé l’excellence des relations d’amitié et de coopération entre les deux peuples. En effet, le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré et l’ambassadeur du Japon au Burkina Faso, Nagashima Jun, ont paraphé un échange de notes et un accord de don d’un montant d’environ cinq milliards FCFA. La cérémonie de signature de ces documents destinés au projet de développement du garage de maintenance de Ouagadougou, pour l’utilisation durable des installations d’irrigation, a eu lieu, mardi 3 février 2023, Ouagadougou.

« Les notes que nous venons de signer interviennent dans un contexte particulier où le Burkina Faso a atteint l’autosuffisance alimentaire grâce à la mise en œuvre de programmes innovants et ambitieux. Toutefois, pour maintenir cette tendance favorable, l’acquisition d’équipements lourds pour la réhabilitation, l’aménagement des zones d’irrigation et des bas-fonds revêt un caractère important », a déclaré le diplomate nippon. Selon lui, la sécurité alimentaire contribue à la stabilité et au développement d’un pays d’où la décision du gouvernement japonais d’accorder le financement de ce projet. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, a signifié que ce don du « pays du Soleil levant » vise à renforcer durablement les capacités fonctionnelles des périmètres irrigués, afin de soutenir et d’accélérer la production agricole nationale.

Bâtir une agriculture résiliente

Au-delà, a-t-il poursuivi, le projet répond à une exigence de reprendre le contrôle de la capacité à produire, de bâtir une agriculture résiliente, de rompre avec les vulnérabilités structurelles héritées. « Ce projet s’inscrit pleinement dans les priorités stratégiques du Burkina, telles que définies dans l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire, adoptée le 23 mai 2023 », a fait savoir le ministre Traoré. Il a précisé que cette initiative portée par le chef de l’Etat repose sur une conviction forte. « Il ne peut y avoir de souveraineté politique sans souveraineté alimentaire », s’est-il convaincu. Le diplomate burkinabè a relevé que la production céréalière estimée à plus de 7 millions de tonnes témoigne de la justesse de cette orientation.

« Ces chiffres sont encourageants, mais ils ne nous endorment pas. Car la souveraineté alimentaire est un combat permanent  contre les aléas climatiques, la dépendance structurelle, la dignité des producteurs », a souligné le ministre chargé de la coopération régionale. C’est pourquoi, à son avis, ce don du Japon réaffirme non seulement son soutien au Burkina Faso, mais aussi son engagement constant en faveur d’un développement humain, solidaire et respectueux des choix souverains des peuples. Il a, par ailleurs, assuré que le gouvernement burkinabè à travers les départements techniques concernés, prendra toutes les dispositions nécessaires pour garantir une mise en œuvre rigoureuse, transparente et efficace du projet.

Aly SAWADOGO

 

 

 

 

 

 

Fada N’Gourma : suspecté du meurtre d’une fille, un OPJ écroué

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Kantigui a appris avec amertume que dans la nuit du 28 au 29 octobre 2025, le corps sans vie d’une jeune fille avait été découvert dans un quartier de la ville de Fada N’Gourma. Très vite, a-t-on dit à Kantigui, les services compétents ont ouvert une enquête pour meurtre. Des jours sont passés, puis l’information est tombée : le principal suspect, selon les premiers éléments de l’enquête rapportés à Kantigui, serait un Officier de police judiciaire (OPJ). Il a été placé sous mandat de dépôt pendant que la justice poursuit son travail pour situer les responsabilités. Selon les informations (…)

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Recouvrement des factures d’eau: l’ONEA sonne l’alerte et annonce un durcissement du recouvrement

La direction générale de l’Office national de l’eau et de l’assainissement a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur des impayés liés aux factures d’eau auprès des gros débiteurs estimés à près de 35 milliards FCFA au 31 janvier 2026. C’était au cours d’une conférence de presse, mardi 3 février 2026 à Ouagadougou.

L’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) fait face à un défi de taille au regard des factures impayées des gros débiteurs. Cette ressource manquante compromet directement la capacité à entretenir les infrastructures, étendre le réseau et garantir la qualité du service pour tous. Face à l’ampleur des impayés, l’entreprise publique s’est engagée dans une nouvelle dynamique du recouvrement fondé sur un suivi rigoureux des créances, la responsabilisation accrue des consommateurs et la contribution de la Brigade Laabal. L’information a été donnée lors d’une conférence de presse, mardi 3 février 2026 à Ouagadougou.

En effet, le Directeur général (DG) de l’ONEA, Flandion Idrissa Sourabié a déploré une situation jugée critique avec un manque à gagner estimer à près de 35 milliards de francs CFA d’impayés enregistrés au 31 janvier 2026. Pourtant, pour accomplir sa mission de service public afin de rendre l’eau disponible et de réaliser des infrastructures structurantes, l’entreprise a besoin de ressources financières. C’est pourquoi, a soutenu le DG, l’ONEA, doit renforcer ses dispositifs et mobiliser les ressources nécessaires pour faire de l’accès de l’eau, une réalité pour tous. « Au regard de son caractère social, l’ONEA a toujours privilégié le dialogue et la flexibilité. Mais cette approche ne peut justifier l’accumulation d’arriérés aussi importants. C’est pourquoi, avec les orientations des structures de tutelle, l’ONEA opte désormais pour un changement de posture », a-t-il souligné.,

Par ailleurs, a relevé le DG, des entreprises et des institutions ayant sollicité et obtenu des travaux de l’ONEA n’ont pas honoré leurs engagements financiers, malgré l’exécution effective des prestations. Il a insisté donc sur le caractère citoyen du paiement des factures d’eau. « Payer sa facture permet à l’ONEA d’investir, de réaliser des ouvrages, d’assurer la maintenance du réseau et de garantir la disponibilité de l’eau de façon constante. Le non-paiement fragilise la capacité de l’institution à remplir ses missions de service public », a-t-il souligné.

Une semaine pour régulariser

A l’approche de la période de canicule, a annoncé M. Sourabié, l’ONEA prévoit la mise en œuvre d’un plan d’urgence afin de prévenir les coupures et les pannes d’eau. Ce dispositif nécessite d’importantes ressources financières. A ce titre, il a lancé un appel pressant à ces usagers pour qu’ils s’acquittent de leurs factures.

Cet appel à la responsabilité, selon le commandant de la Brigade Laabal, le lieutenant Wendpanga Frank Octave Kabré s’inscrit dans la dynamique de développement portée par le gouvernement. Les clients concernés, a-t-il prévenu, disposent d’un délai d’une semaine pour régler leurs arriérés. Interrogé sur les mesures à venir, le commandant de la Brigade Laabal a indiqué que la démarche engagée commence par une phase de sensibilisation. Toutefois, après cette étape, des actions plus fermes seront engagées.

« Les personnes et structures en situation d’impayés s’exposeront à des mesures de réquisition jusqu’au paiement intégral des sommes dues. En attendant de solder leurs dettes, elles pourront être amenées à contribuer par un travail au profit de la collectivité, afin de compenser le préjudice causé. La levée de ces mesures interviendra après règlement complet des montants dus et appréciation des autorités compétentes », a-t-il affirmé. Le lieutenant Wendpanga Frank Octave Kabré a par ailleurs dénoncé les stratégies de contournement de certains débiteurs, notamment des entreprises qui cherchent à faire traîner les procédures en multipliant les démarches auprès des institutions. « Le message est passé », a-t-il martelé, tout en rappelant que la phase de sensibilisation vise justement à prévenir toute contestation ultérieure.

 

Oumarou RABO

IVe édition des Assemblées annuelles des services du Budget: un espace pour réfléchir à la réussite de la décentralisation financière

La ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako, a présidé la cérémonie d’ouverture de la IVe édition des Assemblées annuelles des services du Budget, mardi 3 février 2026, à Ouagadougou.

Le ministère de l’Economie et des Finances, à travers sa direction générale du budget (DGB), organise les 3 et 4 février 2026, la IVe édition des assemblées annuelles des services du budget (AASB), autour du thème : « Rôle et place de la direction générale du budget dans le processus de décentralisation : acquis, enjeux et perspectives dans l’accompagnement des collectivités territoriales ». C ’est la ministre déléguée chargée du budget, Fatoumata Bako, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, le mardi 3 février 2026, à Ouagadougou.

La directrice générale du budget, Brigitte Marie Suzanne Compaoré, a indiqué que ces AASB constituent un cadre d’expression de la vision managériale, permettant d’évaluer annuellement et objectivement le chemin parcouru. Elle a indiqué que le choix du thème de l’édition 2026 n’est pas un fruit du hasard. Depuis plusieurs années, a-t-elle expliqué, le Burkina Faso s’est résolument engagé dans une réforme profonde de son système de gouvernance territoriale à travers la mise en œuvre de la décentralisation.

Pour elle, cette politique vise à rapprocher l’administration des citoyens, renforcer la gouvernance locale à travers des organes exécutifs. Dans l’opérationnalisation des missions de la tutelle financière des collectivités territoriales, la DGB, en tant qu’acteur central de la gestion budgétaire, joue un rôle prépondérant dans l’appui technique et financier aux entités décentralisées.

Un taux d’exécution de 98,91%

« C’est pourquoi, au cours de la IVe édition de l’AASB, la DGB entend approfondir la réflexion sur son rôle et sa contribution à la réussite de la décentralisation financière, en mettant en lumière les acquis, les défis et les perspectives », a-t-elle souligné.
Faisant le bilan de l’année écoulée, Mme Compaoré a indiqué que sa direction a enregistré une performance inédite en 2025. « Les activités inscrites dans le partenariat technique et financier 2025 du ministère de l’Economie et des Finances ont été exécutées à 98,91% et la lettre de mission à 100%, grâce à nos efforts conjugués, l’accompagnement et le soutien effectif de la hiérarchie », a-t-elle souligné. Elle a félicité l’ensemble de son personnel pour le dévouement exemplaire et le travail acharné.

La ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako, a rappelé que l’Etat consent chaque année d’importants efforts financiers en faveur des collectivités territoriales, à travers les transferts de ressources. Elle a affirmé que les réflexions qui seront menées au cours de cette assemblée annuelle revêtent une importance capitale. « Il s’agit de retracer l’historique de l’accompagnement de la DGB dans le processus de décentralisation, d’analyser son rôle et sa place dans ce processus, d’identifier les acquis et les obstacles rencontrés », a-t-elle indiqué. A cela, elle a ajouté le partage des expériences réussies en matière de gestion budgétaire locale dans l’espace AES, la proposition des pistes d’amélioration des mécanismes de transfert, de gestion et de suivi des ressources locales, ainsi que la formulation des recommandations pertinentes pour un accompagnement plus efficace des collectivités territoriales.

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE
(Collaborateur)

Centres d’éducation de base non formelle: des acteurs en conclave pour relever des défis

Le ministère de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, organise du 3 au 6 février 2026, à Koudougou, un atelier-bilan et de dynamisation des Centres d’éducation de base non formelle (CEBNF).

Des directeurs provinciaux et régionaux en charge de l’éducation non formelle, chefs de circonscription de base, représentants des ONG, des partenaires techniques et financiers, se réunissent du 3 au 6 février 2026, dans la cité du Cavalier rouge, en vue d’analyser le fonctionnement actuel des Centres d’éducation de base non formelle (CEBNF) d’une part et d’identifier les principaux défis et de formuler des recommandations pour leur amélioration durable d’autre part. Selon le directeur général de l’éducation non formelle, Jean Noël Tagnabou, après 30 ans de mise en œuvre de ces centres, il était de bon ton, que les acteurs de l’éducation revisitent les fondamentaux et questionnent les méthodologies de mise en œuvre et les curricula qui entrent en ligne de compte.

« Le CEBNF de nos jours est une dynamique très importante, pour assurer la continuité éducative au regard du contexte actuel du Burkina », a-t-il soutenu. C’est la raison pour laquelle, les participants se pencheront au cours de cet atelier, sur les contenus de formation, les formateurs, la gouvernance des CEBNF et leur certification. M. Tagnabou a noté que de nombreux défis restent à relever au niveau de ces centres parmi lesquels, le mode de recrutement, l’outillage technique et la couverture du territoire.

« Au niveau du recrutement, ce sont des agents issus des centres de formations privés qui sont réquisitionnés comme formateurs. S’il est vrai que certains sont véritablement formés pour assurer la formation, nous n’avons aucun moyen de contrôle pour nous assurer qu’eux tous sont bien formés et qu’ils assurent correctement le travail », s’est-il inquiété. Il a également signifié que l’emploi du formateur au métier est entré dans une certaine précarité, parce qu’il est payé selon lui, sur un modèle de vacation.

Trois millions d’enfants ont besoin de formation

Le directeur général de l’éducation non formelle a par ailleurs précisé que des bilans de la formation professionnelle sont faits périodiquement par un groupe technique, appelé formation technique et professionnelle et il a souhaité que le MEBAPLN s’approprie ce dossier, pour avoir une situation claire des personnes bénéficiaires de ces formations, afin de pouvoir échanger avec les partenaires techniques et financiers qui les accompagnent.

Pour M. Tagnabou, beaucoup d’acteurs sillonnent les mêmes centres de formations, alors qu’à son avis, trois millions de jeunes au Burkina, ont besoin de formation dans divers métiers. Il a indiqué que l’UNICEF qui a déjà fait un constat sur le terrain a reconnu que certaines situations méritent d’être remédiées. L’administrateur de programme/UNICEF Burkina, Thierry Rouamba, a convenu que l’éducation étant un domaine de souveraineté nationale, le fonds compte accompagner le gouvernement à travers des activités structurantes pour un développement durable au pays des Hommes intègres.

Afsétou SAWADOGO

 

 

Le ministre de l’Enseignement de base aux enseignants: « Le temps où chacun prenait sa part est révolu »

Le ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara, a échangé, le 2 février 2026, à Tenkodogo, avec les acteurs du système éducatif de la région du Nakambé sur les réformes en cours et la rupture à opérer afin d’être en phase avec la Révolution progressiste populaire.

C’est un message de rupture, en phase avec la Révolution progressiste et populaire que le ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MEBAPLN), Jacques Sosthène Dingara, a livré aux acteurs de l’éducation, le 2 février 2026, à Tenkodogo, dans la région du Nakambé. « Le sacrifice est indispensable pour que nous puissions rester debout. La révolution signifie rupture », a-t-il lancé d’entrée de jeu. Pour lui, on ne peut pas continuer à travailler de la même manière et espérer des résultats différents. Pour cela, il a invité le personnel de son département au changement de cap.

La première rupture à opérer est, selon lui, celle du développement de l’enseignement préscolaire. « Il faut faire en sorte que le préscolaire ne soit plus un luxe réservé à une classe sociale donnée », a-t-il dit.

La deuxième rupture est celle de la réforme curriculaire de sorte à ce que celle-ci soit bâtie sur les valeurs endogènes burkinabè. Cela implique, foi de M. Dingara, l’introduction des savoirs endogènes. Dans cette dynamique, il a annoncé le « mois culturel et artistique » qui va se dérouler probablement du 15 juin au 15 juillet 2026. Cette réforme curriculaire prend aussi en compte, a-t-il expliqué, les langues nationales. « L’année prochaine, toutes les écoles du primaire vont faire le bilingue », a-t-il annoncé. Aux enseignants qui attendent, d’après lui, d’être formés en langues nationales et bénéficier de 15 000 F CFA par jour, Jacques Sotshène Dingara s’est voulu clair : « Il n’y a plus de réquisition. Le temps, où chacun prenait sa part est révolu ».

Le financement des réformes est également un point inscrit dans la rupture. « Pendant longtemps, nous avons été le laboratoire des réformes », a-t-il rappelé. Puis d’ajouter : « On ne peut pas être financé par quelqu’un pour faire des réformes ».
La rupture doit aussi être opérée dans la gestion des carrières. Ainsi, le ministre de l’Enseignement de base a appelé les agents et responsables dans les bureaux à procéder à un changement de paradigmes, de sorte à rassurer ceux qui sont sur le terrain qu’ils peuvent travailler sereinement.

Dans le but de motiver le personnel de l’éducation, il a souligné que le nombre de médailles, accordé au secteur de l’éducation, il y a 3 ans, est de passé de 200 à 600 voire 800, si l’on prend en compte l’enseignement secondaire. « C’est une rupture pour motiver le personnel », a-t-il déclaré.

Haro sur les doubles réquisitions

En ce qui concerne l’organisation des examens scolaires de fin d’année, le ministre a invité les responsables des régions de son département à mettre un terme aux doubles réquisitions. « La liste des personnes réquisitionnées doit être affichée dès fin mars », a-t-il instruit.

Le directeur régional de l’Education préscolaire, primaire et non formelle du Nakambé, Bourbila Pierre Silga, a estimé que la mise en œuvre des différentes réformes est satisfaisante dans sa circonscription. Selon lui, 164 structures du préscolaire sont fonctionnelles avec 132 CEEP publics et privés. L’enseignement de l’Anglais est jugé acceptable avec 937 structures et concerne les classes de CE1 jusqu’au CM2, soit un taux de 82%. M. Silga a précisé que 144 structures mettent en œuvre l’enseignement des technologies de l’information et de la communication.

En ce qui concerne les métiers, il a cité, entre autres, le jardinage, le tissage, l’élevage, pratiqués dans 608 structures. Les langues nationales, quant à elles, sont enseignées dans 745 structures, soit 65%. A ceux-là, le directeur régional a ajouté, la cantine scolaire endogène pratiquée dans 1047 entités et le port de tenue traditionnelle en vigueur dans 953 structures éducatives, soit un taux de 83, 37%. Si la mise en œuvre de ces réformes est jugée satisfaisante, Bourbila Pierre Silga a relevé des difficultés qui se résument en l’insuffisance de formation des différents acteurs et l’insuffisance d’équipements.

Un des participants a estimé que, faute d’engagement communautaire, lui et ses collègues se sont vu obligés de se transformer en jardiniers tous les matins avant d’entamer les cours. Il a aussi pointé du doigt l’absence de forages, de grillages et divers autres petits équipements pour que ces jardins et champs scolaires soient une réalité. Un autre a dit ne pas comprendre les notes venues du ministère qui, tantôt, invitent à retenir le Ditanyè à l’examen du certificat, tantôt à avoir plusieurs chants au choix alors qu’un autre encore a plaidé pour la dotation en carburant afin de faciliter le travail aux encadreurs pédagogiques.

Répondant aux préoccupations, le secrétaire général du ministère, Ibrahima Sanou, a invité les enseignants à poursuivre l’encadrement des enfants à condition de ne pas les soumettre à des cours pendant des jours fériés légalement reconnus. Il a précisé que pour l’examen du CEP 2026, seul l’hymne national est retenu en chant.

Anselme KAMBIRE

Lèpre et ulcère de Buruli : à Pobè, un centre de référence au cœur de la lutte contre les MTN

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À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN), célébrée le 30 janvier 2026, le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), présent à Cotonou pour son forum les 29 et 30 janvier 2026,  a effectué une visite de terrain au Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli (CDTLUB) de Pobè, dans le sud-est du Bénin, à environ 80 km de Cotonou.

Cette visite s’inscrivait dans le cadre du forum des médias du REMAPSEN, placé sous le thème : « De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN ». Le Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli (CDTLUB) de Pobè, infrastructure sanitaire de référence, est soutenu par la Fondation Raoul Follereau, organisation reconnue d’utilité publique, et dirigé par Oswald Attolou.

Accueillant les journalistes, le responsable du centre a présenté les missions, les capacités et les résultats de cette structure spécialisée. Le CDTLUB dispose de 86 lits, avec un taux d’occupation de 82 %. En 2025, 298 nouveaux patients y ont été admis, pour une durée moyenne d’hospitalisation de 79 jours, pouvant s’étendre sur plusieurs mois dans les cas les plus graves.

Les prises en charge comprennent les soins locaux des plaies, les transfusions sanguines, l’oxygénothérapie, la psychothérapie, l’administration des traitements et un suivi clinique permanent. Le centre s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire composée, entre autres, d’un chirurgien plasticien spécialisé dans les MTN, de trois médecins, de 14 infirmiers, de 15 aides-soignants, ainsi que d’un psychologue et d’une assistante sociale.

Au-delà des soins, le CDTLUB joue également un rôle dans la recherche clinique. Il participe à plusieurs essais internationaux visant à réduire la durée des traitements de la lèpre et de l’ulcère de Buruli.

Devant une quarantaine de journalistes, Alice Toussaint, représentante de la Fondation Raoul Follereau au Bénin, a rappelé l’engagement de la Fondation aux côtés de l’État béninois depuis plusieurs décennies. D’abord centrée sur la lutte contre la lèpre, cette collaboration s’est élargie à une approche intégrée des MTN à manifestation cutanée, qui touchent principalement des populations vivant loin des structures sanitaires.

La prise en charge ne se limite pas à l’aspect médical. Le centre met un accent particulier sur la réinsertion sociale des patients, la lutte contre la stigmatisation et l’accompagnement des personnes indigentes. Une école non formelle y est également implantée, permettant à 47 enfants du primaire et à 18 élèves du secondaire de poursuivre leur scolarité malgré de longues périodes d’hospitalisation.

B.S