Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré : « Le terrorisme sera un passé »

Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré s’est adressé à la Nation, le mercredi 31 décembre 2025, à l’occasion du nouvel. Dans son message, il a fait le bilan de l’année écoulée et décliner les grands chantiers pour l’année 2026.

Camarades combattants pour la liberté, la souveraineté et l’indépendance réelle, bonsoir. A l’orée de l’année 2026, c’est encore un honneur pour moi de prendre la parole et de vous faire un bilan exhaustif de l’année 2025 et aussi les perspectives pour l’année 2026. Mais avant tout propos, permettez-moi de rendre grâce à Dieu pour tous les bienfaits au cours de l’année 2025 et je continue de prier Dieu que 2026 soit meilleur à 2025.

Permettez-moi également de rendre un vibrant hommage à nos vaillantes forces combattantes, forces armées nationales, volontaires pour la défense de la patrie, forces de sécurité intérieure qui veillent jour et nuit pour que notre patrie reste et demeure debout. Je prie pour le repos des âmes de tous ceux qui ont perdu la vie dans ce combat contre cette barbarie et également je souhaite prompt rétablissement à tous ceux qui ont été blessés physiquement, mentalement dans cette guerre. 2025 fut une année où beaucoup de projets ont débuté.

Parlant du secteur de la défense et de la sécurité, ce secteur qui nous intéresse tant dans ce combat, beaucoup d’effort ont été consentis dans le recrutement de personnel au niveau des différentes forces. Egalement plusieurs formations ont été entamées au sein de nos propres armées de façon endogène. Ce qui a permis de créer beaucoup d’unités spécifiques qui font un travail remarquable sur le champ de bataille. En termes d’équipements, il y a eu l’arrivée au cours de l’année 2025 de beaucoup d’équipements lourds, mais également des équipements stratégiques que nous n’avons pas voulu présenter.

Cet équipement va se poursuivre et le renforcement des effectifs va également se poursuivre au cours de l’année 2026 et la guerre va continuer à s’intensifier et notre armée va continuer de monter en puissance. Plusieurs opérations ont eu lieu sur le théâtre des opérations.

Nous retenons principalement une opération audacieuse qui a été lancée il y a deux mois de cela. L’opération qui a été baptisée l’Almasga, en Français mur de glace. Cette opération audacieuse a permis à nos forces combattantes de se poser dans les sanctuaires de l’ennemi, là où depuis 5-6 ans on croyait impossible d’atteindre. Nos unités ont mis pied et ont reconquis cette zone.

Cette opération a permis la reconquête de plusieurs dizaines de villages en passant par la région de Nakambé, Napadé notamment aux abords du barrage de Kompienga, en remontant par Namungu dans le Goulmou, en passant par Zeguedegin dans les Koulsé. Mais également la zone de Namsiguia autour de Djibo et Toulfé entre Djibo et Titao.
Ces opérations ont été menées avec la plus grande audace et l’ennemi a été écrasé sur le passage de nos forces combattantes qui s’y sont installées et continuent leur progression au fur et à mesure.

Les opérations vont se poursuivre jusqu’aux limites de nos frontières pour vaincre cet hydre terroriste qui trouble la quiétude des Burkinabè. L’armée va continuer à monter en puissance, les forces de sécurité intérieure également.
Il y aura un petit changement qui va permettre aux VDP de se projeter plus en avant pour appuyer les autres forces. Cette situation de conflit a également fait que nous avons malheureusement des personnes déplacées internes qui attendent toujours de rejoindre leurs villages.

La reconquête se poursuit certes, mais au niveau de l’action humanitaire, nous avons entrepris un certain nombre de démarches au cours de l’année 2025, notamment en construisant des abris initialement pour ceux qui sont accueillis dans certains villages. Mais pour ceux qui sont réinstallés, nous avons beaucoup d’efforts que nous avons consentis en reconstruisant des écoles, en faisant des forages, en aménageant des terres pour pouvoir les réinstaller et qu’ils puissent vivre dignement au retour dans leurs villages respectifs.
Nous allons poursuivre cette tendance parce que nous ne voulons pas que nos populations qui retournent dans leur village restent dans l’assistanat. Nous voulons qu’elles puissent contribuer, qu’elles puissent produire et pouvoir vivre dignement.

Voilà pourquoi, le ministère de l’Action humanitaire est basé sur les différents ministères pour pouvoir accompagner toutes ces personnes déplacées internes initiales au retour dans leur village de pouvoir s’installer et avoir donc de quoi travailler dans leur village respectif.
Cette dynamique va se poursuivre d’autant plus que beaucoup de villages sont en train d’être reconquis à l’instant même où je parle. Chaque villageois qui s’y réinstalle doit pouvoir travailler et se nourrir lui-même. Parlant du domaine de la santé, plusieurs efforts ont été consentis.

Il s’agit notamment de la construction de centres médicaux communaux qui ont vu le jour en 2025 et cette dynamique va se poursuivre. Certains sont en phase de finition, mais d’autres sont en début de construction. L’équipement de ces centres va permettre de rehausser le niveau de l’offre de soins au niveau de nos populations. Pour les centres existants, le plateau technique a été amélioré en termes de laboratoire, en termes d’imagerie.

Ces offres de soins vont continuer de s’améliorer au profit de nos populations, mais également au profit des populations de nos pays voisins parce que le nombre de patients venus des pays voisins a connu, un accroissement considérable au cours de l’année 2025 dû principalement à notre politique de revoir à la baisse les coûts de prestations de santé. Nous allons poursuivre dans cette dynamique au cours de l’année 2026 avec la pose aussi des pierres de neuf centres de santé à l’image du centre de santé de Pala. Toutes ces infrastructures connaîtront un début au cours de l’année 2026.

“Beaucoup de lycées techniques et professionnels verront le jour”

Dans le domaine de l’éducation, plusieurs projets ont eu lieu notamment la mutation et la modernisation de nos structures éducatives, des constructions qui, désormais vont aller en hauteur. Il y a un projet pour que 2026 soit le début effectif de l’implémentation de ce type de centre d’éducation tout au long de l’année et partout sur le territoire national. Vous savez bien que nous sommes dans une mutation pour amoindrir un peu l’effet de l’enseignement général et mettre l’accent sur l’enseignement technique et professionnel. Cette mutation est en cours. Beaucoup de lycées techniques et professionnels verront le jour, mais également très bien équipés pour pouvoir répondre aux besoins de développement de notre patrie.

Du côté de nos étudiants, beaucoup de centres universitaires verront le jour au cours de l’année 2026. Mais déjà en 2025, nous avons commencé la construction d’un certain nombre d’amphithéâtres et de bâtiments pédagogiques. Certains sont en phase de finition et d’autres finiront en 2026.

Nous poursuivrons cette dynamique pour permettre à tous les centres d’universités et à toutes les universités de pouvoir étudier de façon digne. Aussi, la modernisation en ce qui concerne l’internet et l’éducation virtuelle va se poursuivre parce que nous venons d’acquérir un certain nombre de serveurs au profit uniquement des universités pour que les étudiants puissent avoir des bibliothèques en ligne et cette dynamique va se poursuivre.
Les laboratoires vont continuer à monter en puissance et nous allons ainsi donner un espace à nos étudiants de faire des cours théoriques, mais également de faire la pratique et de s’exprimer pour que petit à petit leur éducation passe d’une éducation théorique à une éducation pratique pour la production au profit de nos populations.

Dans le domaine des infrastructures, beaucoup d’efforts ont été consentis. Au cours de l’année 2025, comme vous le savez, 4 régions ont bénéficié de leur brigade de construction des routes. D’autres équipements spécifiques de terrassement et également de bitumage sont arrivés et au cours de l’année 2026, 4 autres régions en début d’année seront dotées de brigades de construction de routes et ce sera le début effectif de construction d’un certain nombre de routes nationales et départementales en plus des autoroutes qui sont programmées. Nous voulons aller à un rythme soutenu. Ce qui nécessite que nous équipons toutes les régions avant de pouvoir nous projeter de façon efficace comme cela a été le cas avec le lancement des travaux de l’autoroute. Nous avons opté de changer le modèle d’urbanisme. L’Etat va prendre en compte la construction de nos villes.

“Nous avons atteint l’autosuffisance alimentaire au cours de l’année 2025”

Aujourd’hui, la construction de nos villes est un impératif parce que nous vivons le problème sanitaire qui est dû au fait qu’il n’y a pas d’assainissement dans nos villes. Les espaces sont trop grands et nous avons opté de construire en hauteur. L’année 2026 verra le début de grands projets dans ce domaine d’urbanisation et de concentration des populations pour exploiter l’espace et pouvoir assainir pour que nos populations puissent vivre dignement et en très bonne santé dans des centres assez propres, côté environnement et côté sanitaire.

Dans le secteur minier, 2025 a connu des innovations majeures. Il s’est agi pour nous de faire en sorte de nous approprier nos ressources minières.
Ce qui a conduit l’Etat à d’abord s’approprier un certain nombre de mines en rachetant avec certains partenaires. Mais également en se mettant à l’exploitation des mines tant industrielles que semi-mécanisées à travers la création de la SOPAMIB.

Egalement, les sorties d’or incontrôlées ont connu une baisse significative à travers la création de la SONASP qui a permis d’avoir un contrôle tant sur l’orpaillage traditionnel que sur l’exploitation industrielle de nos ressources minières.
Le secteur de l’énergie va connaître également une mutation en 2026 à travers la création d’une initiative.

Une initiative qui va être axée sur l’eau et l’énergie pour permettre à nos populations de bénéficier d’eau potable partout où elles sont et également de bénéficier de l’électricité pour pouvoir vaquer à leurs occupations.
Dans ce sens, nous avons entamé en 2025, un certain nombre de projets pour accroître l’offre d’énergie et aussi être indépendant pour diminuer les importations d’énergie au Burkina Faso.

Chers frères et sœurs, chers parents, 2025 a été une année riche en termes d’agriculture et d’élevage.
Nous avons assigné des objectifs au ministère de l’Agriculture et par la grâce de Dieu la pluviométrie fut bonne et nous avons dépassé les objectifs pour plusieurs spéculations.
L’autosuffisance alimentaire qui était un combat de tous les jours que nous menons, nous pouvons dire aujourd’hui que nous avons atteint l’autosuffisance alimentaire au cours de l’année 2025.

Nous allons poursuivre les efforts dans le secteur de l’agriculture, notamment
en achetant des machines tant pour les labours que pour les récoltes, en faisant des labours gratuits, fortement subventionnés au profit de nos populations, en subventionnant les intrants et également en fournissant des semences de qualité produites par nos chercheurs. Beaucoup de terres sont en train d’être récupérées par nos forces combattantes.

Nous allons rapidement nous mettre à la tâche dès les débuts d’année dans l’aménagement de ces terres pour permettre à ces populations qui se réinstallent de pouvoir exploiter de façon sereine leurs terres et accroître nos productions.
Dans le même sens, nous encourageons tous ceux qui sont dans la transformation à petite échelle comme à grande échelle de poursuivre les efforts et tous ceux qui comptent venir dans ce secteur de rapidement se ruer parce que la production va continuer à s’accroître.

Une économie prolifique en 2025

Nous avons aussi créé l’ONBAH pour que les retenues d’eau puissent être réalisées dans chaque village. Ainsi, il ne sera plus question de cultiver au bout d’une seule saison, mais nous espérons pouvoir cultiver deux ou trois fois au cours de l’année. L’ONBAH est en train de monter en puissance et d’ici là, dans chaque village, nous espérons avoir une retenue d’eau pour permettre aux jeunes de vivre de l’agriculteur et l’élevage.
Beaucoup de vaccinations ont eu lieu au cours de l’année 2025, pour la plupart gratuites, pour d’autres fortement subventionnées. Ce qui a permis de préserver des millions de têtes de volaille, de bovin, de caprin.

La pisciculture est en train de monter en puissance avec les cages flottantes qui sont installées un peu partout sur nos barrages. Ce qui est une très bonne expérimentation qui a fait accroître la production piscicole du Burkina Faso.Et nous espérons que 2026 puisse être une année au cours de laquelle nous allons être suffisamment outillés pour atteindre l’autosuffisance et arrêter, un tant soit peu, l’importation de poissons d’eau douce au Burkina Faso.

Les efforts vont se poursuivre également dans le secteur de l’élevage, en faisant en sorte qu’en stabulation pure, les éleveurs puissent bénéficier de cultures fourragères et ou également, à travers Faso Guulgo, de bénéficier d’aliments de qualité qui seront produits et contrôlés par nos chercheurs. Tout cela contribue à atteindre l’autosuffisance alimentaire, mais également à participer à la transformation de nos matières premières et en vue d’une exportation vers certains pays amis qui voudront bien s’approvisionner au Burkina Faso.
Camarades, dans le domaine de l’économie, 2025 a été une année prolifique pour le Burkina Faso. Je peux dire, en macro-économie sans me tromper, que notre économie se porte très bien.

En témoigne, lorsque nous faisons le test d’aller sur le marché régional et lever des fonds, nous sommes toujours au-delà de ce que nous espérons. Ce qui prouve la confiance des opérateurs économiques et de certains bailleurs africains au Burkina Faso.
Nous allons poursuivre les efforts, tant dans le domaine des impôts, de la douane, mais également de la digitalisation des opérations pour diminuer le risque de fraude au niveau de notre économie. C’est dans ce sens qu’à partir de janvier, il sera lancé normalement la facture électronique certifiée qui doit permettre aux commerces de pouvoir se faire sans corruption. Et cela permettra encore d’accroître les recettes de l’Etat et de pouvoir mener un commerce sain au profit de nos populations.

Nous allons poursuivre les efforts dans le domaine de l’économie à travers une économie saine qui doit permettre à ce que les investissements soient structurants et continuent à diminuer les dépenses de fonctionnement au niveau de l’administration.
Les efforts consentis au niveau de l’agriculture, au niveau de la défense et dans tous les secteurs des infrastructures, notamment en prenant en compte la construction des infrastructures nous-mêmes, permettent de faire beaucoup d’économies d’échelle.
Dans le domaine de l’énergie et de l’eau, les initiatives qui vont venir doivent permettre également de faire des économies d’échelle et de pouvoir investir dans les secteurs structurants. Tout cela doit permettre à l’économie au Burkina Faso de faire une avancée significative.

En plus de cela, les ressources minières que nous allons exploiter par nous-mêmes maintenant doivent permettre en 2026 de faire un bond considérable en matière de Produit intérieur brut (PIB) pour que le Burkina Faso puisse, dans un laps de temps, devenir une économie émergente à travers le monde.

Dans le domaine de la culture, nous poursuivons les efforts, de sorte que nous revenons petit à petit à nos valeurs, à nos racines. Il n’y a que par cette manière que nous pouvons nous affirmer et développer notre Nation.

Je le dis parce que revenir à l’éducation technique et professionnelle et en combinant cela avec nos valeurs, nos connaissances endogènes, nous pouvons créer et innover à partir de ce qui existe et pouvoir arrêter un tant soit peu les importations d’un certain nombre de produits au Burkina Faso.

Il y a beaucoup de savoirs endogènes qui permettent de transformer déjà nos matières premières. Il suffit d’ajouter de la science pour que cela puisse nous aider. Et, la culture fait partie de tout cela et participe activement au développement de notre Nation.
Sur nos valeurs endogènes, nous allons mettre l’accent au niveau de nos écoles et des tout-petits. Parce que le Burkinabè, l’homme intègre, a des valeurs qui nous ont été léguées par nos ancêtres, des valeurs d’honnêteté, des valeurs d’intégrité, des valeurs de dignité et des valeurs de patriotisme.

Et tout cela pourra s’enseigner à travers la culture aussi au niveau des tout-petits pour que nous construisons des Burkinabè de demain.
Beaucoup d’événements culturels ont eu lieu en 2025.
En 2026 également, beaucoup d’événements culturels auront lieu et il y a des grands projets dans le domaine de la culture. Mais tout cela, comme je l’ai dit, doit être axé sur nos valeurs ancestrales endogènes qui doivent permettre de créer de nouveaux Burkinabè basés sur nos propres valeurs.
Tout cela doit faire la différence avec le Burkinabè que l’impérialisme a voulu bien construire au Burkina Faso.

L’industrialisation en marche

Le président du Faso a annoncé de grands chantiers pour 2026.

Le Burkinabè nouveau doit être quelqu’un qui s’est départi de toute corruption et qui doit mettre la patrie au-devant de tout ce qu’il fait. C’est à ce sens que nous pouvons vaincre ce terrorisme qui nous menace également aujourd’hui, mais également pouvoir développer de façon consistante tout ce que nous produisons ici et pouvoir être une nation puissante et émergente. 2025 a été une année d’industrialisation également.

Beaucoup d’unités industrielles ont vu le jour, notamment dans la transformation de nos matières premières et beaucoup de ces unités ont été accompagnées par l’Etat à travers le Fonds burkinabè de développement économique et social, mais aussi des banques étatiques. 2026 sera aussi une année industrielle beaucoup plus importante parce que nous avons beaucoup d’unités industrielles qui seront prêtes au cours de l’année 2026. Mais également, comme vous pouvez le constater, nous avons accordé des financements à certains privés à travers des institutions étatiques et certains fonds nationaux pour les accompagner à la création d’unités industrielles qui doivent transformer nos matières premières essentiellement.

Nous avons fusionné les fonds en quatre grands fonds qui doivent permettre d’aider tous ceux qui veulent entreprendre et qui ont un minimum dans le domaine principalement de la transformation et aussi de l’agriculture. Ces domaines sont très importants pour nous parce que c’est en produisant et en transformant ce que nous produisons que nous pouvons devenir une nation puissante.
Et donc l’Etat, en transformant ces fonds, va avoir une marge importante pour pouvoir aider tous ceux qui sont du privé mais également les entreprises nationales étatiques qui doivent émerger en 2026 pour que cette transformation de nos matières premières soit une réalité.

Egalement, le domaine du coton qui autrefois était exporté brut, la première unité industrielle sera prête en 2026 et nous allons continuer avec d’autres unités industrielles pour transformer notre coton.
Ceci dit, tout ce qui est matières premières que nous produisons, nous allons essayer autant que possible d’installer des unités industrielles pour la transformation et 2026 sera une année où, nous allons avoir un budget important à injecter au niveau des fonds pour aider tous ceux qui ont des projets structurants dans ce domaine. Dans le domaine du sport, nous avons investi beaucoup à travers le Bureau national des grands projets, également à travers les ministères au cours de l’année 2025.

Un stade est en construction à Bobo-Dioulasso et qui doit finir en début 2026. Mais également, à travers toutes les régions, nous comptons créer des espaces pour permettre aux jeunes, premièrement, de faire du sport pour rester en bonne santé, pour faire en sorte que notre jeunesse ne soit pas oisive. Cela contribue à la santé physique, mentale, mais également à la productivité de la jeunesse dans notre nation.

Nous allons poursuivre les efforts dans ce sens au profit de la jeunesse et développer tous les types de sports qui puissent être développés au Burkina Faso et qui puissent faire en sorte que la jeunesse soit en cohésion parfaite.
A toutes les équipes qui représentent le Burkina Faso à l’extérieur dans les compétitions internationales, nous leur souhaitons plein succès pour 2026 et particulièrement les Etalons qui, aujourd’hui, défendent les couleurs nationalse, nous leur souhaitons plein succès jusqu’à la victoire finale.

Des réformes judiciaires

Camarades combattants, le domaine de la justice est un domaine qui nous tient à cœur. Aucune nation ne peut se développer dans l’injustice. L’injustice crée des tensions, des conflits et des problèmes au sein de la société. Voilà pourquoi, nous nous sommes attaqués à ces phénomènes et nous avons restructuré totalement la justice au cours de l’année 2025.

Cette restructuration va se poursuivre à travers le nouveau format du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui intègre des personnels non magistrats, mais également nous voulons transformer totalement la manière de faire la justice. Et tout cela, je parlais de culture tantôt, nous avons décidé d’incorporer nos valeurs endogènes de gestion des conflits au sein de la justice. C’est ce qui a permis de prendre des textes pour intégrer la justice traditionnelle, c’est-à-dire le mode traditionnel de règlement de nos conflits. Il faut que nous revenions aux sources également dans ce domaine de la justice.

Nous ne pouvons pas importer une justice et l’appliquer et espérer avoir de la cohésion sociale. En intégrant nos valeurs ancestrales et en intégrant les personnes ressources pour le règlement de certains conflits, nous pensons que nous pouvons créer un espace de cohésion sociale fiable. En 2026, nous allons implémenter de façon physique sur le terrain, ces différents tribunaux pour pouvoir régler la plupart des questions à l’amiable. Egalement, nous avons initié en 2025, le fait que les prisonniers puissent sortir, participer à la construction du pays. Ce n’était qu’une initiation. En 2026, nous allons faire en sorte que tous les prisonniers puissent connaître une reconversion.

Au lieu de dormir en prison, nous allons faire en sorte qu’ils puissent participer, apprendre des travaux et se réinsérer dans la société. Cette nouvelle façon de voir la justice permet à ce que personne ne reste en marge. Tous ceux qui voudront construire le pays auront leur mot à dire. Que vous soyez libre ou en détention, nous ferons en sorte que vous puissiez participer à la construction du pays et vous racheter et revenir dans la société.
Les efforts vont se poursuivre au niveau de la justice, dans la digitalisation également de tous les actes, de sorte que les usagers n’aient pas à se déplacer forcément vers les tribunaux qui se retrouvent généralement dans les centres urbains et qu’ils puissent rester là où ils sont pour pouvoir avoir accès à une justice équitable et à tous les documents que la justice peut délivrer.

Parlons de digitalisation, c’est un secteur qui nous tient à cœur parce qu’aucune lutte contre la corruption n’est possible sans digitalisation. Nous avons fait un pas énorme, mais beaucoup reste à faire. Nous avons un programme pour les 5 ans à venir où nous devons quitter une situation précaire pour être un modèle.
Déjà, le Burkina Faso a pu acquérir ses premiers serveurs de data centers et de grands data centers sont en construction, ce qui permettra à nos ingénieurs de concevoir des applications sans crainte et de pouvoir les héberger sur place.

Avant, nous importions des applications que nous ne maîtrisons pas, mais aujourd’hui, la plupart des services au sein de l’administration sont en train d’être dématérialisés. Tout cela, c’est grâce à nos ingénieurs informaticiens qui font un travail remarquable pour que l’usager n’ait plus à se déplacer vers les services pour forcément avoir accès.
De son poste, il peut tranquillement avoir accès à certains services. En plus de tout cela, nous sommes en train de mettre en place des Maisons de citoyens.

Les constructions vont démarrer en 2026. Ces maisons seront installées dans beaucoup de chefs-lieux de province, mais également nous irons jusqu’au département pour faire en sorte que quiconque ne maîtrise pas l’outil informatique puisse aller dans ces Maisons, trouver des Burkinabè qui vont les aider à avoir accès à tous les services à travers les plateformes qui seront installées sur les machines dans ces maisons. Cette digitalisation va se poursuivre et la modernisation de l’administration également va se poursuivre pour nous permettre de lutter efficacement contre la fraude et tous les abus qui puissent exister au sein de l’administration.

Un nouveau mode de gestion administratvie

Chers frères et sœurs, chers parents, vous avez pu constater qu’au cours de l’année 2025, nous avons dû faire les états généraux au niveau de l’administration territoriale. Ces états généraux ont conduit à des conclusions que nous avons exploitées et également à donner une vision. Ce qui a conduit à modifier le code de collectivité territoriale. Ce Code a été modifié pour nous permettre d’avoir une nouvelle architecture. Certes, le redécoupage régional a évolué, mais la fonction de collectivité territoriale doit évoluer également.

Parce que le développement ne se fera pas uniquement dans les villes. Le développement doit partir des villages. Pour cela, il a fallu que nous touchions ce Code. Nous allons installer des Présidents de délégation spéciale(PDS) avec des missions assez claires qui seront évaluées et suivies par les préfets, de sorte que tout ce que nous avons comme vision en matière de développement, comme je l’ai cité tantôt, puisse commencer au niveau des villages, impliquer tous les villageois, et ils seront notés et évalués en fonction de ce qu’ils vont faire dans les différentes collectivités.

C’est ce qui a mené principalement au changement de ce Code. 2026 sera l’année où nous allons implémenter réellement sur le terrain ce nouveau Code des collectivités.
Au niveau de l’administration territoriale, beaucoup de choses ont évolué, en ce sens que l’administration déconcentrée n’était pas administrée de façon efficace pour connaître qui exactement est à son poste.

Le manque de ressources humaines a fait en sorte qu’il y avait un gros manque à gagner. Nous avons fait une évaluation au cours de l’année 2025 et nous nous sommes rendus compte que beaucoup de fonctionnaires fictifs existaient ou des doublons existaient.
Le recrutement récent, au cours de l’année 2025, beaucoup de personnels de ressources humaines doit permettre de les envoyer au niveau régional pour ainsi faire en sorte que tout agent qui est affecté doit pouvoir travailler et contrôler à partir de la région. Et là, au niveau national, nous avons l’assurance que le service pour lequel, il a été envoyé est rendu aux populations au moment donné.

Cette modernisation va se poursuivre parce que ça doit s’accompagner d’une digitalisation. Du côté de la diplomatie, le Burkina Faso rayonne. Le Burkina a allumé une lumière et cette lumière doit rester éclairée pour toujours. Nous rayonnons à travers le monde et notre diplomatie est très active. Des changements auront lieu, certes, pour réorganiser le dispositif diplomatique à travers le monde entier parce que la géopolitique nous l’impose. Et, cette réorganisation a déjà commencé en 2025 avec un certain nombre de réajustements dans le traitement des diplomates, mais la réorganisation spatiale à travers le monde entier aura lieu en 2026.

Nous allons rediriger notre diplomatie en fonction de la géopolitique actuelle qui vient de notre pays. Le Burkina Faso est un pays ouvert pour tous les partenaires sincères respectueux de notre souveraineté, de notre liberté et de notre dignité. Mais, le Burkina Faso ne permettra à qui que ce soit aucune puissance de pouvoir nous imposer ce qu’elle souhaite.

Voilà pourquoi, nous devons continuer, partout où nous sommes, à faire en sorte que le drapeau du Burkina Faso flotte avec dignité. Et ceci pour m’adresser à la diaspora que je félicite pour ses actes patriotiques qui continuent de faire rayonner l’image du Burkina Faso à l’extérieur, de continuer à rester patriote et intègre parce que lorsqu’on parle du Burkinabè, nous devons entendre l’homme intègre, l’homme digne et c’est ce que nous voulons au niveau de la diaspora.
Et les encourager à travers l’organisation au niveau du Haut conseil des Burkinabè de l’extérieur à revenir et investir au Burkina Faso leur patrie. Et nous leur ouvrons la porte et nous allons mettre tous les mécanismes en place pour qu’ils puissent revenir et investir de façon sécurisée.

Conduire la destinée de la Confédération.

Au niveau confédéral, le Burkina Faso poursuit sa contribution au niveau de notre espace commun qu’est l’AES. 2025 a été une année où, on nous a confié une lourde responsabilité de conduire la destinée de la Confédération. Nous avons pris cette responsabilité et nous avons promis de faire en sorte que l’AES rayonne à travers le monde entier. Et, nous allons tenir notre parole et ceci nous demandons à tout les Burkinabè de faire en sorte que cette mission qui nous a été confiée puisse être donc conduite avec succès.

Nous allons poursuivre les efforts de coopération, d’amitié avec tous les Etats, comme je l’ai dit, respectueux de notre souveraineté et faire en sorte que l’intérêt des peuples prime sur les intérêts au niveau politique. Camarades combattants pour la liberté, je tenais à féliciter tous les acteurs, qu’ils soient du monde de l’éducation, de l’agriculture, des infrastructures, du monde de l’économie, les agents de la santé, les vaillantes forces combattantes pour tous les efforts consentis au cours de l’année 2025.

De continuer à mouiller le maillot, comme on aime le dire, à se sacrifier, à se donner corps et âme pour le bonheur de notre population. Car, la seule chose qui importe pour nous, c’est le bonheur de nos populations. Tout acteur de l’administration doit avoir cela en tête et faire en sorte que ses actions quotidiennes contribuent au rayonnement de notre patrie. A tous ceux-là qui communiquent, qui combattent l’impérialisme à travers la communication, je les félicite et je les encourage à redoubler d’efforts. Parce que toutes les guerres de l’impérialisme commencent d’abord par la communication.

Et pendant les guerres, la communication fait la différence dans les batailles. La communication est un maillon essentiel, névralgique pour le succès des opérations. Poursuivez votre effort de communication, poursuivez votre effort à faire en sorte que leur désinformation ne puisse pas toucher nos populations. Je vous félicite parce que vous avez fait beaucoup d’efforts ces derniers temps en prouvant aux yeux de tout le monde que le Burkina Faso est debout. Et quand je parle d’acteurs de la communication, je parle du monde de la presse, qu’elle soit privée ou publique. Et de tous ceux qui oeuvrent à travers les médias sociaux à montrer une image saine du Burkina Faso.

Je remercie également tous ceux qui ont pris de leur temps, qui ont quitté l’extérieur, pour venir au Burkina Faso pour constater les réalités du Burkina Faso et qui ont pu les diffuser à travers leurs canaux, pour faire comprendre à ces médias mensongers que ce qu’ils disent de notre patrie est totalement faux. Continuez dans ce sens parce que je le dis et j’insiste, la communication est un maillon nevralgique dans le succès de notre lutte. Les révolutions passées n’ont pas abouti. Nous connaissons les causes, mais nous ferons en sorte que cette révolution aboutisse pour le bonheur de nos populations. Le Burkina Faso est intrinsèquement révolutionnaire.

Voilà pourquoi, toute la population doit mettre la main à la pate, faire en sorte qu’à travers la communication, l’intoxication et la désinformation de l’impérialisme ne passent pas. Pour tous ceux qui sont encore sceptiques, qui ne croient pas en la dynamique, je les invite à regarder un peu dans le rétroviseur, dans le passé, il y a quelques années, comment a été le Burkina Faso, à faire un meia culpa de pas et voir exactement ce qui a été fait au bout de ces trois années et rejoindre le bateau. Nous ne voulons pas exclure quelqu’un, mais comme nous l’avons dit, si quelqu’un ferme les yeux et refuse de voir le soleil, nous ne pouvons pas faire autrement que de le laisser en marge. Nous allons évoluer. Nous allons continuer. Nous allons poursuivre notre lutte.

Le Burkina Faso vaincra, le terrorisme sera un passé. Nous ferons en sorte que le visage du Burkina Faso qui est connu aujourd’hui, dans 5 ans, nous ne puissions pas le reconnaître. Bien sûr, le changement sera positif et nous devons le faire pour nos enfants, pour les générations à venir. Et ce combat est bien possible et il est déjà gagné. J’invite tout un chacun à redoubler d’efforts pour que 2026 soit meilleur que 2025. Vive le Burkina Faso. Vive notre patrie libre, digne, intègre et prospère. Bonne et heureuse année 2026. La patrie, ou la mort, nous vaincrons.

Propos retranscris par La Rédaction

Nuit de la Saint Sylvestre: le gouverneur du Nakambé encourage le personnel du CHR

Le gouverneur de la région du Nakambé, Yiyé Abraham Somdo, a encouragé, aux premières heures du 1er janvier 2026, le personnel de santé du centre hospitalier régional de Tenkodogo et a offert des présents au nouveau bébé de l’année qui y est né.

La tradition a encore été respectée au Centre hospitalier régional (CHR) de Tenkodogo. Dès les premières minutes de cette année 2026, le gouverneur de la région du Nakambé, Yiyé Abraham Somdo, accompagné de plusieurs responsables régionaux, s’y est rendu pour encourager le personnel de santé et offrir des présents au premier bébé. A 00 heure 05 minutes, est né le bébé Daboné. Son père, Iliassou Daboné, a dit être heureux d’avoir eu ce premier enfant de l’année au CHR de Tenkodogo. Il a remercié le gouverneur et ses collaborateurs pour l’honneur fait à sa famille et les présents offerts au nouveau-né.

Selon le médecin-gynécologue, Saidou Koutou, la parturiente est arrivée d’un centre de santé et de promotion sociale avec un travail avancé et a accouché par voie basse à 00 heure 05 minutes d’un enfant de sexe masculin, de 2,5 kg. Il a rassuré que le bébé et sa mère se portent bien. « Je souhaite le meilleur au nouveau-né afin qu’il soit un enfant béni qui grandisse dans la sagesse et puisse réussir dans ce Burkina d’aujourd’hui, éprouvé par la guerre contre le terrorisme », a déclaré Dr Koutou. Les vœux du gouverneur Somdo ont concerné aussi le nouveau bébé, mais aussi le personnel de santé de la région du Nakambé.

« Dans la nouvelle année 2026, nous avons pensé que nous devons être à l’hôpital pour être solidaire des malades qui se battent pour recouvrer la santé, mais aussi venir à la maternité pour saluer le premier enfant de 2026 », a-t-il indiqué. Pour lui, c’est un sang neuf que le pays vient de recevoir qui va se joindre au combat pour la liberté. Yiyé Abraham Somdo a souhaité au bébé Daboné de grandir dans la paix, d’incarner les valeurs du Burkinabè, notamment l’intégrité, l’honnêteté et la dignité. Il a également émis le vœu de voir ses parents l’éduquer pour qu’il soit à même de se battre pour son pays.

Car, selon le gouverneur du Nakambé, le Burkina Faso a besoin d’hommes et femmes qui se battent nuit et jour pour que le pays puisse retrouver sa souveraineté totale. « Nous avons bon espoir que cet enfant pourrait servir d’exemple pour les générations futures et nous pensons que tous ceux qui accueilleront des nouveau-nés vont travailler dans ce sens pour qu’ils soient des Burkinabè à part entière », a-t-il ajouté.

Le gouverneur Somdo a également adressé un message d’encouragement au personnel de la santé, mobilisé pour l’occasion. « Il n’y a jamais eu des rémunérations à la hauteur des efforts qui sont consentis. Il y a juste de la reconnaissance et celle-ci c’est merci », a-t-il déclaré. Il a remercié le personnel de santé pour son engagement parce qu’à son avis, les nombreuses priorités du Burkina exigent que chacun contribue à combler le gap laissé par les autres. « Pendant que les uns sont au front, d’autres doivent être à la santé et d’autres encore à l’éducation », a-t-il affirmé. Avant de quitter l’hôpital, le gouverneur du Nakambé a souhaité que 2026 soit l’année de la victoire totale du peuple burkinabè sur les forces du mal.

Anselme KAMBIRE

8es de finale CAN 2025: un électrique Côte d’Ivoire – Burkina au menu

Après la phase de poules de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), les différentes nations qualifiées pour les 8es de finale connaissent désormais leur sort. Le tirage offre des rencontres alléchantes comme celle qui va opposer les Eléphants aux Etalons le mardi 6 janvier 2026.

La 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), après deux semaines de compétition et la phase de groupes, n’a pas enregistré de grosses surprises lors de ce premier tour. Les gros favoris et les outsiders pour la victoire finale ont franchi cette première étape sans grosses difficultés. Ce qui va offrir des 8es de finale qui en vaudront le détour dans les six stades de la compétition.

Le moins que l’on puisse dire c’est que le sort a pris du temps avant de se décider pour la rencontre entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso en 8es de finale. Menée 2-0 par le Gabon alors que le Cameroun (qui menait le Mozambique 2-1) était bien parti pour prendre la tête de la poule F et croiser le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire a sorti l’artillerie lourde pour vaincre le Gabon en toute fin de partie. Quelle que soit la position des Etalons, la certitude était qu’ils allaient tomber sur un gros calibre.

Tout compte fait, l’affiche Côte d’Ivoire -Burkina sera l’une des attractions de ces 8es de finale. Ayant pressenti cette opposition et dans l’objectif de mettre toutes les chances de son côté, le coach des Etalons Brama Traoré a fait un turnover face au Soudan en laissant au repos quelques joueurs cadres tels que Bertrand Traoré, Steeve Yago, Ismahila Ouédraogo et autre Dango Ouattara. Ce qui n’est pas rien dans la récupération dans une compétition ou les rencontres s’enchaînent toutes les 72 heures.

Pour cette rencontre du 6 janvier à 19h TU, les Etalons doivent hausser leur niveau de jeu face à l’impressionnant arsenal montré par les Ivoiriens depuis le début de cette CAN. Au-delà de Côte d’Ivoire-Burkina, d’autres affiches nécessitent des déplacements dans les stades. Il s’agit par exemple de ce face-à-face entre l’Algérie et la RD Congo. Invaincue depuis le début de la compétition, l’Algérie doit faire face à une équipe congolaise auréolée
de sa bonne campagne des éliminatoires de la Coupe du monde où elle a réussi
à s’octroyer la place de barragiste du continent devant le Cameroun, le Nigéria et le Gabon.

La Tunisie, elle, aura la ferme intention de vaincre le signe indien face à un Mali (elle n’a jamais battu le Mali) non convaincant jusque-là. Les Lions camerounais qui reviennent de loin après des remous au sein de la tanière doivent se mesurer à une jeune formation des Bafana-Bafana toujours à la recherche de ses repères. Des équipes qui peuvent avoir le sommeil tranquille sont entre autres le pays hôte le Maroc, l’Egypte, le Sénégal et le Nigeria. Ils ne doivent pas, en principe, trop souffrir pour venir à bout respectivement de la Tanzanie, du Bénin, du Soudan et du Mozambique. Mais attention, avec le nivellement des équipes nationales du continent ! Les 8es de finale débutent ce dimanche 3 janvier 2026 par la rencontre Sénégal-Soudan.

Yves OUEDRAOGO
Depuis Casablanca

Kaya/Nuit de la Nativité : La gendarmerie nationale mise sur la prévention  

Dans le cadre de l’opération « Wibga » lancée le 14 décembre 2025, la gendarmerie nationale de Kaya a organisé une patrouille de contrôle et de sécurisation des populations dans la nuit du 31 décembre 2025 afin d’apporter leur appui de protection des citoyens à la police nationale et les volontaires adjoints de sécurité.

 

L’unité de la gendarmerie nationale projetée sur les axes stratégiques de la ville de Kaya dans la nuit du 31 décembre 2025 a eu pour missions de renforcer les équipes de la police nationale et des Volontaires adjoints de sécurité (VADS), de sensibiliser les usagers des engins à deux roues sur la nécessité de porter les casques, de secourir les personnes en cas de besoin et de prévenir les excès de vitesse.

 

La sortie de patrouille avec la presse à consister à visiter plusieurs carrefours de ville  tels que le rond-point de la station OTAM situé à la sortie Sud de la ville, le carrefour de la direction régionale de la Douane des Koulsé, la sortie de la ville sur l’axe Kaya-Pibaoré, la sortie Est de la ville sur l’axe Kaya-Dori en passant par le marché à bétail et le feu tricolore de la Banque commerciale du Burkina (BCB).

 

Avant le départ, un débriefing a été fait par le chef de mission au profit des hommes pour des consignes sur les conduites à tenir pour qu’ils agissent avec humanisme et professionnalisme. « Le gendarmerie doit toujours avoir une dose d’humanisme et d’humilité pour servir sa population dans la droiture », a insisté le lieutenant Ousmane Zerbo.

 

Ainsi, sur le long de la patrouille, des éléments de la gendarmerie ont verifié la conformité des pièces de plusieurs usagers des engins à deux roues et des véhicules, avant de les sensibiliser sur la nécessité de porter le casque ou d’attacher leurs ceintures de sécurité une fois dans leurs véhicules.

 

Yacouba Sawadogo vient d’être contrôler au niveau du carrefour situé à la sortie Est de la ville sur l’axe Kaya-Dori. Il dispose de toutes les pièces de sa moto ainsi que sa carte nationale d’identité burkinabé. Il apprécie positivement cette patrouille qui rassure les populations et dissuade les éventuels cas de cambriolages et vols des populations. Cette patrouille, selon lui, permet aussi d’éviter les excès de vitesse sources de plusieurs cas d’accidents.

Yacouba Sawadogo a donc  invité les populations à respecter le code de route pour entamer la nouvelle année dans la santé et la quiétude. « 2025 vient de s’achever. Que 2026 soit une année de paix, de sécurité et de prospérité », a-t-il  souhaité.

Pour le lieutenant Ousmane Zerbo, commandant de la compagnie de gendarmerie de Kaya, chargé de l’expédition des affaires courantes du groupement de gendarmerie départementale de Kaya, l’objectif de cette sortie de sécurisation s’inscrit dans le cadre de l’opération Wibga qui vise à permettre aux populations de vaguer sereinement à leurs occupations, de les protéger ainsi que leurs biens à travers des patrouilles de sécurisation qui s’étendent du 14 janvier 2025 au 15 janvier 2026.

 

Dans la mise en œuvre de cette opération, plusieurs initiatives ont prises par la gendarmerie nationale des koulsé. Selon le lieutenant Zerbo, il s’agit, entre autres, de la projection des équipes sur le terrain pour la recherche des renseignements, l’organisation des équipes de patrouille dans les différents de Kaya et toute la région des Koulsé.

 

« Concernant la ville, ce qui revient à la gendarmerie, ce sont les secteurs 1, 2 et 6 de concert avec la police nationale avec des patrouilles de jour comme nuit de 6h-18h et 20h-05h. Nous sensibilisons également les populations pour éviter les excès de vitesse et l’importance du casque pour la vie. Nous identifions les zones criminogènes pour renforcer les patrouilles », a détaillé le chef de mission Zerbo.

 

Il a indiqué que sa structure travaille de jour comme de nuit dans la discrétion mais au service de la population. « Nous remercions la population qui nous a toujours soutenue pour que nous puissions mener sereinement nos missions à son profit », a félicité Ousmane Zerbo.

Emil Abdoul Razak SEGDA

Segda9emil@gmail.com

Légende :

  1. Le lieutenant Ousmane Zerbo : « La gendarmerie agit toujours avec humanisme et professionnalisme ».

 

  1. Yacouba Sawadogo s’est dit satisfait des dispositifs sécuritaires mis en place par les forces de l’ordre en cette fin d’année.

 

  1. Tous les points stratégiques de la ville de Kaya ont été investis par les forces combattantes pour assurer la sécurité des populations.

 

  1. Depuis le 14 janvier 2025, la gendarmerie nationale multiple des opérations de patrouille dans la ville de Kaya.

 

  1. Les populations ont été sensibilisées par la gendarmerie sur les dangers d’excès de vitesse et la nécessité de porter un casque.

Région des Koulsé : 2025 a été une année de bons résultats

« Chers camarades, une année s’achève, une autre commence. La région de Koulsé a été éprouvée, mais elle n’a pas courbé l’échine. Au contraire, de bons résultats ont été atteints dans tous les domaines de la lutte pour la liberté, la souveraineté, et pour la dignité. Ces trois grandes aspirations du peuple burkinabè sont, entre autres, la principale finalité de la Révolution progressiste et populaire. En termes de résultats, au cours de l’année 2025, le plus apparent est la reconquête du territoire dans la région des Koulsé.

Sur ce plan, il est constaté que le retour de plusieurs villages précédemment déplacés dans leur localité d’origine est de plus en plus une réalité factuelle. Si ces retours nous confortent quant à la fin de la guerre contre le terrorisme, qui n’est plus loin, il est aussi impératif de demeurer vigilant. En effet, l’ennemi, dans une posture de derniers soubresauts, est toujours capable d’actes macabres, mais il rencontrera toujours de valeureux et dignes FDS, VDP et des filles et fils du Burkina Faso, toujours prêts à lui barrer la route pour l’empêcher de réaliser son plan funeste contre notre pays et contre les pays frères, le Mali et le Niger.

C’est le lieu de témoigner une profonde reconnaissance à tous les Voltaïques et à tous les Burkinabè qui, pour la liberté, la souveraineté et la dignité, ont accepté et acceptent le sacrifice suprême. Pour cela, je rappelle le thème de la commémoration 2025 de l’accession du Burkina Faso à l’indépendance : « Sacrifice de nos martyrs, flamme de notre résistance, ensemble pour une souveraineté totale et assurée. » Les succès sur le plan sécuritaire dans notre région sont une résultante de tous les efforts de tous dans tous les domaines.

Alors, j’exhorte les uns et les autres, acteurs étatiques comme du privé, à maintenir, voire renforcer, l’élan actuel qui contraint l’ennemi à changer de mode d’action. Permettez-moi donc de rendre prioritairement un vibrant hommage à nos FDS et à nos VDP présents sur tous les fronts, malgré l’adversité des batailles. À eux et à leurs braves conjoints et enfants, je leur souhaite un nouvel an de paix et de renforcement des liens de famille. Que 2026 soit la dernière année du terrorisme dans notre région et au Burkina Faso! À tous ceux qui ont payé le prix fort pour la liberté, la souveraineté et la dignité, sachez que votre sang versé n’est pas perdu. Pour les siècles à venir, il nourrit éternellement la conscience des Burkinabè.

J’ai aussi une pensée pour les filles et fils qui ont été blessés, tant physiquement que moralement. En cette période de passage vers l’année 2026, je voudrais particulièrement interpeller la jeunesse de la région de Koulses. Je vous demande de prendre la juste mesure de votre rôle et place, à travers cette affirmation du héros national, le président Thomas Sankara : « Une jeunesse mobilisée est une puissance qui effraie même les bombes atomiques. » Vous êtes un espoir pour la patrie, mais aussi une cible pour l’ennemi. Il vous appartient de vous départir du penchant pour le gain facile et, surtout, de vous former. Soyez toujours à la recherche de la vérité et du savoir, car la vérité et le savoir, parfois sources de pouvoir, vous permettront de résister aux diverses et multiples tentations et embûches.

Jeunes filles et jeunes garçons des Koulsé, soyez toujours unis et solidaires. L’ennemi guette la moindre lézarde en votre sein pour frapper et vous diviser. Si l’avenir repose sur la jeunesse, la jeunesse doit aussi faire preuve de courage. Et rappelez-vous à chaque instant que « le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ». Thomas Sankara. Notre combat permanent pour la liberté et pour la dignité trouve tout son fondement sur ce que nos ancêtres et devanciers ont subi à la rencontre de certaines civilisations. D’ailleurs, nous continuons d’en souffrir.

Alors, le courage est certes nécessaire, mais il restera stérile si la jeunesse de la région des Koulsé ne s’approprie pas particulièrement l’histoire du Burkina Faso. Car, comme disait Karl Marx, celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre. Je suis convaincu qu’aucun Burkinabé ne veut encore revivre l’indignité de l’esclavage, tant par déportation que sur place. La vigilance est recommandée car des tensions ou des conflits sont créés de toutes pièces pour nous distraire et nous éloigner des vrais défis, tels que le développement, la sécurité alimentaire, l’accès à la connaissance.

Bref, le droit au bonheur et au bien-être. Lors du lancement des travaux de l’autoroute Ouaga-Bobo, le camarade président, chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, dans son adresse, a prononcé trois mots qui doivent retenir l’attention de tous : « Sur fond propre. » Que chacun comprenne. Il nous révèle que le peuple Burkinabé est capable de se développer lui-même. Chers camarades des Koulsé, la reconquête qui gagne du terrain est une victoire de tout le peuple Burkinabé qui dit non à la servitude. Le plan de déstabilisation par les armes a échoué. Cependant, l’un des nouveaux défis est la cohésion sociale.

C’est pourquoi, en cet instant, je saisis l’opportunité pour rappeler à chaque fils et fille des Koulsé, particulièrement ceux qui sont des leaders d’opinion, que les crimes les plus abjects contre l’homme ou l’humanité ont toujours eu pour origine le déni de l’humanité de l’autre. Ce déni commence toujours par des simples paroles qui blessent et qui stigmatisent. Ensuite, ce sont des paroles qui incitent au passage à des actes extrêmes et irréparables. J’en appelle à une prise de conscience individuelle et collective pour dire non et pour stopper dès maintenant la dérive langagière avant qu’il ne soit trop tard. Avant de terminer mon adresse, il convient de remarquer la résilience héroïque des populations retournées.

À tous ceux qui soutiennent ces populations dans le retour, notamment les chefs de circonscriptions administratives, les agents de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, et etc, je vous félicite pour votre sens élevé du devoir. Aux humanitaires et associations de développement, votre présence constante au côté de l’État est aussi très appréciée. Je ne saurais m’abstenir de magnifier le rôle et les efforts, souvent discrets et silencieux, de nos chères autorités coutumières et religieuses. Continuez d’être des phares très éclairants et rassurants dans les moments de doute, de turbulence et de brouillard.

Je conclus mon propos en saluant le travail des acteurs des médias qui contribuent de manière significative à l’édification de la paix, tout en concourant à faire du vivre ensemble une possible réalité entre tous les fils et filles de la région, sans distinction de sexe, d’ethnie ou de religion. Je les invite à n’économiser aucun effort qui affine leur sens de la responsabilité sociale du journaliste. Bonne et heureuse année 2026 aux Koulséens et Koulséennes, vive la région des Koulsé, vive le Burkina Faso ! ».

Propos recueillis par Emil Abdoul Razak SEGDA

Segda9emil@gmail.com

Apiculture : une source de revenus pour les femmes rurales

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Longtemps réservée aux hommes, l’apiculture est de plus en plus pratiquée par les femmes rurales. Elle leur procure des revenus et participe à leur autonomisation économique. Cependant, les difficultés d’accès aux crédits, aux technologies de production et de transformation handicapent leur entrée dans cette activité « rentable », à fort impact environnemental.  

« En milieu rural, la pauvreté frappe surtout les femmes. De plus en plus, les maris n’assistent plus financièrement leurs femmes. Pour faire face à nos besoins quotidiens et ceux de nos enfants, nous sommes obligées de nous trouver des activités génératrices de revenus ». Ce témoignage est de Kabouga Neyaga, une femme rurale de Oualem, un village situé dans la commune de Pô, région du Centre-Sud, à environ 180 km de Ouagadougou. Depuis qu’elle vit en couple dans cette bourgade, il y a une dizaine d’années, cette dame de 38 ans, mère de cinq enfants, ne mène autre activité que l’agriculture qu’elle pratique dans le champ de son conjoint. Maïs, coton, soja, sorgo sont les principales spéculations de l’exploitation familiale.

Depuis trois ans, elle s’est engagée à entreprendre une activité pourvoyeuse de revenus. Mais elle refuse de se mettre dans des activités traditionnellement réservées aux femmes rurales : fabrication et commerce de dolo (bière locale), vente de beignets ou de galettes, de produits maraichers. Dame Neyaga opte de s’investir dans un métier traditionnellement masculin : l’apiculture. « Ce que l’homme peut faire, je peux le réaliser aussi. Je n’ai pas peur des abeilles. Depuis que je me suis lancée dans cette activité, je conduis moi-même tout le processus de production :  de la préparation des ruches à la récolte du miel, en passant par le suivi, l’entretien des ruches.  C’est lorsque j’étais enceinte de mon dernier que mon époux a m’aidé à récolter mon miel », raconte-t-elle, l’air fière de ce qu’elle accomplit comme boulot.

.La productrice de miel, Kabouga Neyaga : « pour faire face à nos besoins quotidiens et ceux de nos enfants, nous sommes obligées de nous trouver des activités génératrices de revenus ».

En cette mi-journée d’août, cette apicultrice va au contrôle de sa quinzaine de ruches placées dans les endroits boisés et ombragés, aux alentours du champ familial. Enfilé dans une combinaison anti-abeilles qui a quelque peu perdu de sa blancheur et qui couvre tout son corps, Kabouga Neyaga est à son premier « poste de contrôle ». Là, dans une fourrée, se trouvent trois ruches en bois de forme Parallélépipédique sur des supports ferrés d’environ un mètre de haut, espacés d’environ 10 mètres l’un de l’autre.

« Je peux gérer une cinquantaine de ruches »

« Les gros moellons sur les ruches visent à éviter que le vent ne les décoiffe. Celle-ci n’est pas encore colonisée. Il faudrait que je l’amène à la maison pour la préparer », dit-elle à propos de la ruche qu’elle vient d’ouvrir soigneusement. Ses récoltes varient entre 20kg et 50kg, selon les saisons. « L’année dernière, j’ai eu 30 kg de miel. Cela m’a rapporté cent mille F CFA », confie-t-elle. Ce n’est pas une grosse fortune, mais un revenu qu’elle n’aurait pas engrangé si elle ne menait pas cette activité. « L’apiculture me permet de n’est plus être dépendante financièrement de mon mari, de me prendre en charge, d’améliorer la qualité des repas de la famille. Par exemple l’année écoulée, j’ai pu payer les frais de scolarité de ma fille au collège qui s’élèvent à 20 000 F CFA », rapporte-t-elle, fièrement.

Elle nourrit l’ambition d’augmenter ses capacités de productions afin d’optimiser ses revenus. « Je peux gérer une cinquantaine de ruches. J’ai un environnement propice à l’activité apicole », souligne-t-elle, en montrant du doigt le vaste domaine espace boisé. Tout comme Mme Neyaga, elles sont une quinzaine de femmes dans les villages de Oualem, Bourou et Yaro, dans la commune de Pô, qui ont opté de briser les codes sexistes, pour se lancer dans l’apiculture.

La transformation du miel constitue un moyen d’autonomisation des femmes rurales.

A Yaro, Awa Nayaga est ans la production de miel depuis cinq ans. Elle dispose de 10 ruches. Cette année, elle a pu avoir 70 000 F CFA à sa première récolte. Pour elle, cette activité contribue à améliorer son autonomie financière, d’améliorer les conditions de sa petite famille. « Les revenus issus de la vente du miel m’aident à faire face à mes propres besoins, à assurer la prise en charge sanitaire de mes enfants, mais aussi à améliorer la qualité de l’alimentation de la famille. Car, comme vous le savez, au village les hommes ne donnent pas l’argent des condiments », confie-t-elle, le regard tourné vers son jeune époux, qui se contente de rire sans apporter le moindre démenti.

Institutrice à Bourou, Ouêpia Yacari est la secrétaire générale des producteurs de miel de ladite localité. Elle dit être arrivée à l’apiculture par passion mais aussi à cause de sa rentabilité. « C’est l’amour du métier qui m’y a amenée. En plus, je vois que c’est une activité qui rapporte beaucoup d’argent aux hommes », confie-t-elle, toute souriante. A côte de son salaire d’enseignante du primaire, elle engrange en moyenne 100 mille F CFA par récolte de miel. Son rêve est d’abandonner un jour l’enseignement pour se consacrer entièrement à l’entrepreneuriat apicole qu’elle trouve promoteur.

L’institutrice Ouêpia Yacari rêve d’abandonner l’enseignement pour se consacrer à l’entrepreneuriat apicole.

Source de sécurité alimentaire

A côté de celles qui s’investissent dans la production, d’autres se sont spécialisées dans la transformation. Alimata Zongo est la présidente de la Coopérative des transformatrices de miel de la commune rurale de Bingo. Composée d’une vingtaine de membres, cette Coopérative transforme en moyenne par an 300 Kg de miel brut en miel liquide, en cire, en jus et vin de miel. « Nous avons même reçu une formation pour transformer le miel en pommade, en savon. Mais pour le moment, nous n’avons pas d’équipements pour démarrer cette transformation », confie-t-elle.

Pour Mme Zongo, l’apiculture et la transformation constituent un levier de lutte contre la pauvreté qui a un visage plus féminin, surtout en milieu rural. « Les revenus issus de l’apiculture ont un impact réel sur la réduction de la pauvreté des femmes, sur le bien-être des ménages ruraux. Car, comme vous le savez, en milieu rural, les femmes sont au centre de la scolarisation, de la prise en charge sanitaire des enfants », renchérit l’enseignant chercheur en sociologie à l’Université Joseph Ki-Zerbo, Dr Alexis Kaboré.

En plus, d’être une source de diversification des revenus, elle contribue à assurer la sécurité alimentaire, car les femmes ne sont plus tenues de vendre leurs céréales pour faire à leurs besoins urgents. Et tout en étant un moyen de résilience face au changement climatique, poursuit-t-il, l’activité apicole participe à la préservation des ressources naturelles, à bâtir une conscience environnementale. « Sans arbres, sans forêts, il n’y a pas d’apiculture. Cela nous pousse à davantage protéger l’environnement pour ainsi assurer la durabilité de notre activité », souligne Martine Zibaré, productrice de miel dans le village de Oualem.

3 milliards F CFA de revenus générés

Cependant, les difficultés d’accès au financement constituent le principal frein à l’entrée des femmes dans cette activité. « L’accès aux financements est essentiel pour nous permettre d’acquérir des équipements de production et de transformation, et d’améliorer la productivité et nos revenus », plaide Alimata Zongo. Selon le secrétaire général du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Alassane Ouédraogo, la filière apicole au Burkina Faso compte plus de 16 000 apiculteurs, avec une production nationale de miel qui est passée d’environ 500 tonnes en 2017 à plus de 1 300 tonnes en 2023, générant plus de 3 milliards F CFA de revenus dans l’économie nationale.

La transformatrice de miel, Alimata Zongo : « l’accès aux financements est essentiel… ».

Pour le président de l’interprofession miel, Désiré Yaméogo, au regard de l’important rôle que l’abeille joue dans la préservation de la vie humaine, animale et végétale, l’apiculture devrait bénéficier d’un appui structurel conséquent, car en plus de sa rentabilité économique, elle est une activité à forte valeur ajoutée écologique et environnementale. Il déplore que cet aspect soit encore insuffisamment valorisé dans les politiques publiques. « Malheureusement, cette dimension de l’impact écologique, environnemental et sur la production agricole et alimentaire n’est pas toujours prise en compte dans l’appréciation de notre filière. On résume le plus souvent l’apiculture à la production du miel et des produits dérivés. Alors qu’il ne peut pas y avoir de développement agricole sans l’apiculture », martèle le président Yaméogo.

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

Simone Zoundi : une icône de la transformation locale des produits alimentaires

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Fondatrice de la Société de d’exploitation de produits alimentaires (SODEPAL), spécialisée dans la production des aliments infantiles, Simone Zoundi a passé plus de cinq décennies à défendre le secteur agroalimentaire pour en faire un levier stratégique du développement socioéconomique de son pays. Une vie d’engagement au service d’un patriotisme économie fondé sur la transformation et la consommation locales.

Simone Zoundi ! Un leadership féminin avéré, engagé pour le patriotisme économique. Son nom restera gravé dans la mémoire du secteur privé burkinabè. Elle a passé plus de cinq décennies à mener le combat pour la structuration et la reconnaissance du secteur privé comme acteur clé du développement au côté des pouvoirs publics, surtout à offrir une âme au secteur de la transformation agroalimentaire. « Nous ne pouvons développer nos pays sans la transformation agroalimentaire. La valorisation de nos ressources locales est essentielle », martèle-t-elle. Son intérêt et son engagement pour l’entrepreneuriat date de sa tendre enfance pendant laquelle ses vacances étaient mises à profit pour mener des activités de petit commerce. « Très tôt, ma mère m’a inculquée l’esprit entrepreneurial », confie-t-elle. Très tôt, elle a pris a exercé des responsabilités dans la vie scolaire et dans les mouvements associatifs de jeunesse.

Sa passion pour la transformation agroalimentaire commence sur les bancs de l’Université en France. Après l’obtention de son baccalauréat, c’est à l’Ecole supérieure de commerce de Montpellier où elle est inscrite pour des études en administration d’entreprises, que le déclic va naitre. Et tout est parti d’un commentaire de son professeur de géographie économie. « Il a dit que c’est grâce à l’agro-alimentaire que la France, les pays européens ont développé l’industrie. Il ajoute que même sans être agricole. Cela a fait clic dans ma tête. Mon pays est agricole, il faut faire quelque chose », raconte-t-elle. La jeune demoiselle à l’époque veut se donner les moyens de faire bouger les lignes dans l’agroalimentaire de son pays quand elle y retournera à la fin de ses études. Elle multiplie alors les visites d’entreprises, de laboratoires, à Montpellier, à Marseille, et s’intéresse aux travaux qui s’y mènent. « Tout cela était des opportunités de renforcement des capacités pour avoir une meilleure compréhension de ce qu’est l’agroalimentaire. Car, il y a toute une discipline à respecter », confie-t-elle.

En 1968, le diplôme de commerce et administration d’entreprises en poche, c’est le retour au pays pour le réinvestissement utile des connaissances acquises afin de contribuer au développement socioéconomique de la mère patrie, surtout dans le domaine de l’agroalimentaire. Simone Zoundi ne commencera cependant pas sa carrière dans ce secteur, mais à la Chambre de commerce. « Quand le président a vu son background, il a dit, toi tu ne dois pas aller à la Fonction publique, mais pour le secteur privé », rapporte-t-elle.

« La transformation agroalimentaire locale, un vaste chantier »

Malgré le poids de l’âge, du haut de ces 80 ans, elle refuse de déposer ses armes pour la défense du secteur agroalimentaire. « Les gens me disent Mme Zoundi, vous êtes fatiguées, il faut vous reposer maintenant. Je réponds toujours en disant que quand Dieu voudrais voudra que je me couche, je me coucherai définitivement », rigole, celle qui a célébrer ses 59 ans de mariage en août 2025.

En tant adjointe du directeur général de la Chambre de commerce, elle participe à la création de la Transafricaine, une compagnie de transport reliant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Deux ans plus tard, suite à un appel à candidature, elle appelée à faire valoir ses compétences dans le domaine du cinéma, où elle devrait travailler à restructurer la gestion des salles de ciné après leur rachat par l’Etat. Sa mission, assoir les bases d’une société mixte pour la gestion des salles de ciné Rialé, Oubri, de Ouahigouya, Bobo-Dioulasso et de Banfora. Après cette mission bien réussie, c’est en 1973 que celle qui ne jure que par le développement du secteur de l’agroalimentaire aura à travailler dans ce secteur. Elle est appelée à diriger une chaine d’entreprises agroalimentaires, la bonbonnerie de Gounghin. Une année après, à la suite de la réorganisation de l’entreprise, elle prend la direction de la Boulangerie de Gounghin en gérance libre. Commencent ses premières expériences de transformation locale avec ses biscuits à base de petit mil.

A la question des clients de pourquoi des biscuits à base de petit mil, sa réponse ne pas tarde. « Il faut valoriser nos ressources locales, nos femmes ont besoin de travailler, la transformation agroalimentaire locale est un vaste chantier », assène-t-elle. Parallèlement à cette gestion en gérance libre, Mme Zoundi crée sa propre pâtisserie : la boulangerie du levant, situé au quartier Zognona. Il s’y investit pleinement dans la transformation des produits locaux.

Au-delà du gain, la bonne dame a une vision : se servir de la transformation industrielle locale des produits alimentaires pour lutter contre la malnutrition, surtout infantile. « Je ne supporte pas de voir les enfants affamés, malnutris », confie-t-elle. Elle décide alors dans les années 1980 de créer une unité de produits alimentaires infantiles : la société industrielle de bons et de biscuits de la Haute Volta (SIBB) à Kossodo.  Mais l’entreprise n’aura pas longue vie, ou du moins pas sous la propriété de sa fondatrice, car elle tombe sous le coup de la nationalisation des entreprises privées par la révolution de 1983. « Du regard d’enfants, nous avons subi cette situation très difficile. Mais ce qui nous a touché, c’est son sa capacité de résilience, son refus de baisser les bras. Elle a dit se remobiliser avec l’aide de ses amis pour se reconstruire à partir de la Boulangerie du levant », se souvient sa fille ainée, Yolande Zoundi

La SODEPAL, une référence

Toujours fidèle à son idéal et à sa vision de se liguer contre la malnutrition infantile, Simone Zoudi va mettre créer en 1991, la Société d’exploitation de produits alimentaires (SODEPAL). Mais, elle devrait faire face à un défi de taille : la résistance dans l’imaginaire collectif des Burkinabè vis-à-vis des produits alimentaires made in Faso. « Les gens me disaient, ce que vous faites n’est pas bon, ce n’est pas joli. Un jour, je suis restée pensive : si l’on prend tout son temps pour contribuer à améliorer les conditions de vie des populations, et c’est ainsi, il faudrait peut-être tout abandonner. Mais je ne pouvais pas ! De 1991 à 1997, une préoccupation me taraudait l’esprit : comment faire pour changer cette mauvaise perception des produits alimentaires transformés localement. C’est ainsi qu’une nuit l’idée de créer les journées agroalimentaires (JAAL) est née », relate-t-elle. Aujourd’hui véritable cadre de promotion des produits agroalimentaires, la 13e édition des JAAL s’est tenue du 28 novembre au 5 décembre 2025, à Ouagadougou, sous le thème : « Transformation agroalimentaire et souveraineté alimentaire au Burkina Faso : enjeux, défis et perspectives ».

Un matin de 1991, un appel venu du CILSS dont les agents sont tombés sur ces biscuits sur ses biscuits à base de farine de petit mil, va lui donner du réconfort. Ils demandent à passer visiter l’unité. Séance tenante, la fondatrice de la SODEPAL est invitée à prendre part à une réunion internationale prévue le lendemain au CILSS. Elle est présentée à l’assistance comme qui fabrique les aliments pour enfants à partir de céréales locales.

« Ils m’ont demandé d’expliquer comment je procède. J’ai encore insisté sur la nécessité de valoriser nos ressources locales. Le chef d’appui de la mission française au CILSS, m’a demandé comment j’ai appris tout cela. Je lui ai dit que pendant mes études en France, j’ai visité des entreprises et j’étais convaincu que nous pouvons aussi faire des aliments modernes à partir de nos produis locaux », a soutenu Mme Zoundi. Sur place le coopérant français prend l’engagement de la mettre en contact avec une entreprise française qui livre des aliments infantiles au Burkina Faso. « Si la collaboration marche, nous te confions ce marché, m’a-t-il dit », se rappelle -t-elle. Commence une assistance technique, puis l’entrée du partenaire français dans le capital de la SODEPAL de 23 millions F CFA, à hauteur de 15%. Cinq ans après, elle reprend le plein contrôle de son entreprise. Aujourd’hui, la SODEPAL, avec un capital d’un milliard F CFA, est une référence dans la production de produits alimentaires infantiles.

L’engagement de la fondatrice de la SODEPAL va au-delà de la défense de la cause du secteur de l’agroalimentaire.  Organiser et structurer le secteur privé, contribuer à sa reconnaissance comme acteur de développement socioéconomique à part entière constitue un autre front de son combat. Son patriotisme n’est pas seulement économique. Pendant la guerre Burkina-Mali, elle va mobiliser les acteurs privés pour soutenir l’Etat. « Avant cela, les acteurs du secteur privé était vu comme des voleurs, et c’était facile d’y être. Mais, je dis non, car c’est le secteur privé qui porte la croissance, et il faut le soutenir, le valoriser. Et notre intervention à cette époque a permis de comprendre que ce secteur privé est un acteur qu’il faut soutenir et écouter », rapporte-t-elle. Et c’est pendant cette période que le patronat burkinabè a été créé. Et en tant que membre fondateur, elle a joué un grand rôle dans la mise en place de cette organisation du secteur privé burkinabè, à une époque où le leadership féminin n’était accepté par tous dans un monde d’affaires plein d’hommes.   « Il y a des femmes qui ont eu la grâce de l’éducation, de la formation et qui peuvent être des responsables utiles à la société. Il faudra savoir s’imposer, mais avec délicatesse. Sinon, à l’époque, ce n’était pas aussi simple ! La sensibilité féminine doit être utilisée pour organiser un service aussi important comme le patronat », souligne-t-elle.

Toujours dans le souci d’organiser les acteurs privés, dans les années 1990, Simone Zoundi va porter sur les fonts baptismaux la Fédération Nationale des Industries de l’Agroalimentaire et de la Transformation du Burkina (FIAB). Reconnu aujourd’hui par l’Etat burkinabè comme organisation d’utilité publique, la FIAB est l’interlocuteur du secteur auprès des pouvoirs publics et des partenaires au développement. Elle porte l’organisation des JAAL.

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

Simone Zoundi : une icône de la transformation locale des produits alimentaires

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Fondatrice de la Société de d’exploitation de produits alimentaires (SODEPAL), spécialisée dans la production des aliments infantiles, Simone Zoundi a passé plus de cinq décennies à défendre le secteur agroalimentaire pour en faire un levier stratégique du développement socioéconomique de son pays. Une vie d’engagement au service d’un patriotisme économie fondé sur la transformation et la consommation locales.

Simone Zoundi ! Un leadership féminin avéré, engagé pour le patriotisme économique. Son nom restera gravé dans la mémoire du secteur privé burkinabè. Elle a passé plus de cinq décennies à mener le combat pour la structuration et la reconnaissance du secteur privé comme acteur clé du développement au côté des pouvoirs publics, surtout à offrir une âme au secteur de la transformation agroalimentaire. « Nous ne pouvons développer nos pays sans la transformation agroalimentaire. La valorisation de nos ressources locales est essentielle », martèle-t-elle. Son intérêt et son engagement pour l’entrepreneuriat date de sa tendre enfance pendant laquelle ses vacances étaient mises à profit pour mener des activités de petit commerce. « Très tôt, ma mère m’a inculquée l’esprit entrepreneurial », confie-t-elle. Très tôt, elle a pris a exercé des responsabilités dans la vie scolaire et dans les mouvements associatifs de jeunesse.

Sa passion pour la transformation agroalimentaire commence sur les bancs de l’Université en France. Après l’obtention de son baccalauréat, c’est à l’Ecole supérieure de commerce de Montpellier où elle est inscrite pour des études en administration d’entreprises, que le déclic va naitre. Et tout est parti d’un commentaire de son professeur de géographie économie. « Il a dit que c’est grâce à l’agro-alimentaire que la France, les pays européens ont développé l’industrie. Il ajoute que même sans être agricole. Cela a fait clic dans ma tête. Mon pays est agricole, il faut faire quelque chose », raconte-t-elle. La jeune demoiselle à l’époque veut se donner les moyens de faire bouger les lignes dans l’agroalimentaire de son pays quand elle y retournera à la fin de ses études. Elle multiplie alors les visites d’entreprises, de laboratoires, à Montpellier, à Marseille, et s’intéresse aux travaux qui s’y mènent. « Tout cela était des opportunités de renforcement des capacités pour avoir une meilleure compréhension de ce qu’est l’agroalimentaire. Car, il y a toute une discipline à respecter », confie-t-elle.

En 1968, le diplôme de commerce et administration d’entreprises en poche, c’est le retour au pays pour le réinvestissement utile des connaissances acquises afin de contribuer au développement socioéconomique de la mère patrie, surtout dans le domaine de l’agroalimentaire. Simone Zoundi ne commencera cependant pas sa carrière dans ce secteur, mais à la Chambre de commerce. « Quand le président a vu son background, il a dit, toi tu ne dois pas aller à la Fonction publique, mais pour le secteur privé », rapporte-t-elle.

« La transformation agroalimentaire locale, un vaste chantier »

Malgré le poids de l’âge, du haut de ces 80 ans, elle refuse de déposer ses armes pour la défense du secteur agroalimentaire. « Les gens me disent Mme Zoundi, vous êtes fatiguées, il faut vous reposer maintenant. Je réponds toujours en disant que quand Dieu voudrais voudra que je me couche, je me coucherai définitivement », rigole-t-elle.

En tant adjointe du directeur général de la Chambre de commerce, elle participe à la création de la Transafricaine, une compagnie de transport reliant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Deux ans plus tard, suite à un appel à candidature, elle appelée à faire valoir ses compétences dans le domaine du cinéma, où elle devrait travailler à restructurer la gestion des salles de ciné après leur rachat par l’Etat. Sa mission, assoir les bases d’une société mixte pour la gestion des salles de ciné Rialé, Oubri, de Ouahigouya, Bobo-Dioulasso et de Banfora. Après cette mission bien réussie, c’est en 1973 que celle qui ne jure que par le développement du secteur de l’agroalimentaire aura à travailler dans ce secteur. Elle est appelée à diriger une chaine d’entreprises agroalimentaires, la bonbonnerie de Gounghin. Une année après, à la suite de la réorganisation de l’entreprise, elle prend la direction de la Boulangerie de Gounghin en gérance libre. Commencent ses premières expériences de transformation locale avec ses biscuits à base de petit mil.

A la question des clients de pourquoi des biscuits à base de petit mil, sa réponse ne pas tarde. « Il faut valoriser nos ressources locales, nos femmes ont besoin de travailler, la transformation agroalimentaire locale est un vaste chantier », assène-t-elle. Parallèlement à cette gestion en gérance libre, Mme Zoundi crée sa propre pâtisserie : la boulangerie du levant, situé au quartier Zognona. Il s’y investit pleinement dans la transformation des produits locaux.

Au-delà du gain, la bonne dame a une vision : se servir de la transformation industrielle locale des produits alimentaires pour lutter contre la malnutrition, surtout infantile. « Je ne supporte pas de voir les enfants affamés, malnutris », confie-t-elle. Elle décide alors dans les années 1980 de créer une unité de produits alimentaires infantiles : la société industrielle de bons et de biscuits de la Haute Volta (SIBB) à Kossodo.  Mais l’entreprise n’aura pas longue vie, ou du moins pas sous la propriété de sa fondatrice, car elle tombe sous le coup de la nationalisation des entreprises privées par la révolution de 1983. « Du regard d’enfants, nous avons subi cette situation très difficile. Mais ce qui nous a touché, c’est son sa capacité de résilience, son refus de baisser les bras. Elle a dit se remobiliser avec l’aide de ses amis pour se reconstruire à partir de la Boulangerie du levant », se souvient sa fille ainée, Yolande Zoundi

La SODEPAL, une référence

Toujours fidèle à son idéal et à sa vision de se liguer contre la malnutrition infantile, Simone Zoudi va mettre créer en 1991, la Société d’exploitation de produits alimentaires (SODEPAL). Mais, elle devrait faire face à un défi de taille : la résistance dans l’imaginaire collectif des Burkinabè vis-à-vis des produits alimentaires made in Faso. « Les gens me disaient, ce que vous faites n’est pas bon, ce n’est pas joli. Un jour, je suis restée pensive : si l’on prend tout son temps pour contribuer à améliorer les conditions de vie des populations, et c’est ainsi, il faudrait peut-être tout abandonner. Mais je ne pouvais pas ! De 1991 à 1997, une préoccupation me taraudait l’esprit : comment faire pour changer cette mauvaise perception des produits alimentaires transformés localement. C’est ainsi qu’une nuit l’idée de créer les journées agroalimentaires (JAAL) est née », relate-t-elle. Aujourd’hui véritable cadre de promotion des produits agroalimentaires, la 13e édition des JAAL s’est tenue du 28 novembre au 5 décembre 2025, à Ouagadougou, sous le thème : « Transformation agroalimentaire et souveraineté alimentaire au Burkina Faso : enjeux, défis et perspectives ».

Un matin de 1991, un appel venu du CILSS dont les agents sont tombés sur ces biscuits sur ses biscuits à base de farine de petit mil, va lui donner du réconfort. Ils demandent à passer visiter l’unité. Séance tenante, la fondatrice de la SODEPAL est invitée à prendre part à une réunion internationale prévue le lendemain au CILSS. Elle est présentée à l’assistance comme qui fabrique les aliments pour enfants à partir de céréales locales.

« Ils m’ont demandé d’expliquer comment je procède. J’ai encore insisté sur la nécessité de valoriser nos ressources locales. Le chef d’appui de la mission française au CILSS, m’a demandé comment j’ai appris tout cela. Je lui ai dit que pendant mes études en France, j’ai visité des entreprises et j’étais convaincu que nous pouvons aussi faire des aliments modernes à partir de nos produis locaux », a soutenu Mme Zoundi. Sur place le coopérant français prend l’engagement de la mettre en contact avec une entreprise française qui livre des aliments infantiles au Burkina Faso. « Si la collaboration marche, nous te confions ce marché, m’a-t-il dit », se rappelle -t-elle. Commence une assistance technique, puis l’entrée du partenaire français dans le capital de la SODEPAL de 23 millions F CFA, à hauteur de 15%. Cinq ans après, elle reprend le plein contrôle de son entreprise. Aujourd’hui, la SODEPAL, avec un capital d’un milliard F CFA, est une référence dans la production de produits alimentaires infantiles.

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

Entrepreneuriat agricole : Richard Moné ou l’agro entrepreneur écolo-intelligent

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De salarié à la fonction publique burkinabè en passant par les ONG internationales, Ricard Moné est aujourd’hui un succes story dans le domaine de l’entrepreneuriat agricole, très engagé à changer le mauvais regard de la société sur l’agriculture. Sa ferme agroécologique à système de production intégrée, écolo-intelligente, située à Loumbila, est une école, une source d’inspiration pour nombre de Burkinabè.

« L’agriculture n’est pas considérée à sa juste valeur. On n’a pas compris qu’elle est une science. On pense que c’est quand on a échoué partout ailleurs que l’on vient à l’agriculture. Pourtant elle est un métier qui a ses règles, ses exigences. Certains pensent que c’est une activité que l’on peut pratiquer par pilotage automatique.» Ses propos de l’ingénieur agronome et entrepreneur agricole à succès, Richard Moné, traduisent aussi et surtout son engagement à œuvrer à inverser la donne. Réussir dans l’entrepreneuriat agricole pour ainsi contribuer à changer ce regard négatif de la société burkinabè sur l’agriculture semble être la mission qu’il s’est donnée.

Après ces études supérieures à l’Université Nazi Boni, à Bobo Dioulasso, où il sort nanti du diplôme d’ingénieur agronome, suivi d’un master spécialisé en hydraulique et systèmes irrigués à 2IE, Richard Moné se fait recruter comme ingénieur agronome au ministère en charge de l’agriculture en 2008. Après deux ans passés à son premier poste à Fada N’Gourma, il entame une riche carrière professionnelle dans les ONG internationales.

Recruter comme chargé de programme à l’ambassade de Danemark au Burkina Faso, , année. avec un salaire de plus d’un million F CFA, il décide de quitter ce prestigieux poste pour troquer son statut d’employé contre celui d’entrepreneur agricole. Pendant qu’il était en activité, il investissait à son rythme dans son projet de ferme de trois hectares de Loumbila.   Aujourd’hui sa ferme intégrée, baptisée Centre Rialé d’intelligence agricole (CRIA) est une référence, un modèle de réussite entrepreneuriale.

La culture du maralfalfa, une spécialité de la ferme

« Nous y développons un concept appelé intelligence agricole consistant à faire une bonne planification, dans le temps et dans l’espace, de l’exploitation des spéculations, afin de tirer le maximum davantage du marché.L’agriculteur doit être plus intelligent que le consommateur et le commerçant. Par exemple, actuellement nous produisons de l’oignon en pleine saison des pluies qui n’est pas le moment de grandes productions de cette culture. Cela nous permet de répondre à la demande et de vendre à des prix rémunérateurs », explique-t-il.

L’organisation et l’occupation rationnelle de l’espace répondent bien au nom de la ferme. Cultures céréalières (mil, maïs, sorgho…), maraichères (oignons, ail), plantes fruitières, médicinales et fourragères y sont exploitées tout au long de l’année sans trêve. La culture du maralfalfa, une espèce de hautes gerbes denses, semblables à des pieds de canne à sucre, mais avec l’épaisseur des tiges en moins, retient forcément l’attention du visiteur. « Ici, nous exploitons le maralfalfa, une plante fourragère à haut rendement que nous utilisons pour nourrir les animaux et la volaille. Son rendement est estimé à 500 tonnes de fourrages à l’hectare et par récolte, avec au minimum trois à cinq récoltes par an ! Avec cette culture, vous pouvez réaliser un chiffre d’affaires de 90 millions F CFA à l’hectare », souligne-t-il.  Il s’est spécialisé dans la commercialisation des boutures de cette plante fourragère, au Burkina Faso et un peu partout en Afrique, notamment au Bénin, au Mali, en Côte-D’Ivoire, au Sénégal, au Ghana, en Algérie, au Maroc, en RDC. Côté élevage, le choix des races est dicté par le même principe d’intelligence agricole.

Moné Richard s’est également spécialisé dans la production de poussins et d’œufs fécondés des poulets hybrides Kuroiler d’origine indienne.

Emplois et formation professionnelle des jeunes

« Les chèvres rousses de Maradi ont l’avantages de mettre bas deux fois dans l’année, avec deux à cinq chevreaux par mise-bas. C’est une race laitière et sa viande ne dégage pas d’odeurs. Les moutons ont aussi une bonne mise-bas », relate-t-il.  Au niveau de la volaille, il s’est aussi spécialisé dans la production de poussins d’une espèce hybride de poulets indiens appelée kuroiler, une race à   très bonne croissance dont le poussin de 45 jours peut peser 1,5kg et 8 kg. à 4 mois. « Au lieu de faire venir les poussins de l’Inde, nous les produisons sur place pour ce qui en demandent. Nous produisons aussi des œufs fécondés pour ceux qui ont des couveuses et qui souhaitent produire des poussins », fait-il savoir.

Avec 1500 poulets reproducteurs, la ferme produit par semaine en moyenne 1500 poussins et 20 à 30 plaquettes d’œufs fécondés, vendues  à 8000 F CFA l’unité contre 1500 F CFA pour la plaquette d’œufs ordinaires. Aujourd’hui, avec un chiffre d’affaires entre 20 et 50 millions F CFA, Richard Moné est porteur d’un entrepreneuriat impactant. Il emploie cinq salariés permanents et entre 10 à 20 employés non permanents par mois, reçoit des stagiaires venant des écoles de formation professionnelle et universités du Burkina Faso.

Titulaire d’un CEAP en production agrosylvopastorale, Talato Noëlie Zongo est le superviseur général de la ferme. « La ferme participe au développe du pays. Elle offre des emplois et contribue à la formation des jeunes en techniques de production agrosylvopastorale, tout en changeant leur regard sue l’agriculture », confie celle qui rêve d’avoir sa propre ferme agricole.

« C’est là que je me sens utile à mon pays »

Loin des bureaux confortables des ONG et organismes internationaux, Richard Moné se sent mieux dans sa ferme ; il y vit pleinement sa passion. « L’agriculture est un métier que j’aime. C’est là que je me sens utile à mon pays. Et aujourd’hui, l’impact est grand, pas seulement au Burkina Faso », rigole-t-il.

Pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, il y a lieu de changer de paradigme. « Nous devrons œuvrer à mettre notre agriculture à l’abri des facteurs climatiques. Et nous avons le potentiel pour le faire, notamment les eaux souterraines et de surface pour produire sur 12 mois. Un peuple qui a faim n’est pas libre, il est en danger ! Aucun pays au monde ne s’est développé sans avoir assuré sa sécurité alimentaire », martèle-t-il.

Pour lui, si depuis plus de 60 ans, l’agriculture n’arrive toujours pas à nourrir la population, c’est parce que, le politique n’avait pas su donner à l’agriculture la place qu’elle mérite. « Depuis l’école primaire, l’agriculture n’est pas vu comme un métier valorisant ; dans notre société, les professions valorisantes sont la médecine, le journalisme, l’avocature, la magistrature… Mais on oublie que tout le monde compte sur l’agriculteur : les hommes, les animaux, et même la nature », déplore-t-il.

Et s’il a abandonné le travail salarié bien rémunéré pour s’investir dans sa ferme, c’est aussi et surtout pour monter à la jeunesse qu’il est possible de faire autrement l’agriculture et d’en vivre dignement.

Culture fourragère à haut rendement, la production du Maralfalfa est l’une des particularités de Centre Rialé d’intelligence agricole.

Le succès demande du temps

Pour l’ingénieur agronome entrepreneur, l’agriculture constitue un puissant levier pour sortir la jeunesse burkinabè du chômage. Mais à condition que les jeunes acceptent les contraintes, les risques qui vont avec, car l’activité agricole demande beaucoup de volonté, d’engagement, de patience.

Mais pour accompagner l’engagement des jeunes dans le secteur agricole, il y a lieu de lever les barrières structurelles. A commencer par un financement public conséquent et un financement privé, notamment bancaire, adapté aux spécificités du secteur agricole, insiste Richard Moné.

Aujourd’hui, il séduit plus d’un. L’ancien secrétaire du ministère de l’agriculture et ex représentant résident de la FAO dans plusieurs pays africains, Dr Lamourdia Thiombiano, fait partie de ceux qui sont admiratifs du promoteur du centre CRIA qu’il qualifie de persévérant, de modèle pour la jeunesse. « La première chose qui m’impressionne est sa passion pour ce qu’il fait. La deuxième chose, est qu’il est perpétuellement dans l’innovation, avec des techniques et des approches qui sortent des sentiers battus. Le troisième élément, c’est la diversité de ses activités, qui vont de la production végétale à l’élevage des chèvres rousses, des moutons, de la volaille, le tout à travers une approche intégrée pour optimiser sa production agricole », confie-t-il.

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

Entrepreneuriat agricole: Richard Moné ou l’agro entrepreneur écolo-intelligent

De salarié à la fonction publique burkinabè, en passant par les ONG internationales, Ricard Moné est aujourd’hui un succes story dans le domaine de l’entrepreneuriat agricole. Sa ferme à système de production intégrée, écolo-intelligente, située à Loumbila, est une école, une source d’inspiration pour nombre de Burkinabè. Zoom sur le parcours et l’engagement d’un homme qui vit pleinement sa passion et engagé à changer le mauvais regard de la société sur l’agriculture, pour ainsi contribuer à intéresser la jeunesse aux métiers de la terre.

« L’agriculture n’est pas considérée à sa juste valeur. On n’a pas compris qu’elle est une science. On pense que c’est quand on a échoué partout ailleurs que l’on vient à l’agriculture. Pourtant elle est un métier qui a ses règles, ses exigences. Certains pensent que c’est une activité que l’on peut pratiquer par pilotage automatique. Cette perception explique le taux élevé de fermeture des fermes agricoles autour des centres urbains.» Ses propos de l’ingénieur agronome et entrepreneur agricole à succès, Richard Moné, ne sont pas seulement le reflet d’une triste réalité. Ils traduisent aussi et surtout son engagement à œuvrer à inverser la donne. Réussir dans l’entrepreneuriat agricole pour ainsi contribuer à changer ce regard négatif de la société burkinabè sur l’agriculture semble être la mission qu’il s’est donnée. « Tel que je vois notre système agricole, il faudrait que l’on change la perception que l’on a de l’agriculture », martèle-t-il, avec conviction.

Le promoteur de la ferme CRIA, Moné Richard : « l’agriculture est une science, un métier qui a ses règles, ses exigences ».

Dans la patience, mais avec détermination, M. Moné va se donner les moyens de relever ce challenge. Pour se constituer un capital financier nécessaire à la concrétisation de sa vision, il fait l’option de commencer par le travail salarié.  Après ces études supérieures à l’Université Nazi Boni, à Bobo Dioulasso, où il sort nanti du diplôme d’ingénieur agronome, suivi d’un master spécialisé en hydraulique et systèmes irrigués à 2IE (Institut international de l’eau et de l’environnement), Richard Moné se fait recruter comme ingénieur agronome au ministère en charge de l’agriculture en 2008, mais pas pour longtemps. Après deux ans passés à son premier poste à Fada N’Gourma, à la direction régionale de l’agriculture, il entame une longue et riche carrière professionnelle dans les ONG internationales.

D’abord à l’ONG Action contre la Faim à Diapaga, puis à l’ONG américaine International Relief and Development, où il accompagnait les réfugiés maliens du camp de Dori dans l’élevage des petits ruminants. Par la suite, il est successivement recruté au réseau MARP, à Hellen Keler International, à Welthungerhilfe (WHH). Avec cette ONG, il sera affecté en Centrafrique. De retour au bercail, l’enfant du Boulgou est recruté à GIZ puis à l’ambassade de Danemark comme chargé de programme pendant une année. A ce dernier poste, il avait la charge d’assurer le suivi d’un portefeuille de financement octroyé aux ONG pour réaliser des activités de résilience dans certaines zones à défis sécuritaire dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage.

Culture fourragère à haut rendement, la production du Maralfalfa est l’une des particularités de Centre Rialé d’intelligence agricole.

Avec un salaire de plus d’un million F CFA, il décide de quitter ce prestigieux poste en ambassade pour troquer son statut d’employé contre celui d’entrepreneur agricole. Mais cette reconversion, loin d’être accidentelle, a plutôt été préparé, et de longue date. Parallèlement, pendant qu’il était en activité en tant que salarié, il investissait à son rythme dans son projet de ferme à Loumbila, où il avait acquis un domaine d’un hectare en 2011. « Tout l’argent que je gagnais dans mon parcours professionnel était réinvesti au niveau de la ferme », confie-t-il. Deux ans après, il acquiert deux autres hectares pour agrandir son domaine.  Aujourd’hui sa ferme intégrée qu’il a baptisée Centre Rialé d’intelligence agricole (CRIA) est une référence, un modèle de réussite entrepreneuriale où nombre de personnes, jeunes comme adultes, viennent s’inspirer.

« Ici, « rien ne se perd »… »

L’ingénieur agronome y combine harmonieusement production animale et végétale. « Nous avons un concept appelé intelligence agricole qui consiste à faire une bonne planification, dans le temps et dans l’espace, de l’exploitation des spéculations, afin de tirer le maximum davantage du marché. J’ai coutume de dire que l’agriculteur doit être plus intelligent que le consommateur et le commerçant. Par exemple, actuellement nous produisons de l’oignon en pleine saison des pluies qui n’est pas la période de grandes productions de cette culture. Cela nous permet de répondre à la demande et de vendre à des prix rémunérateurs », explique-t-il.

L’organisation et l’occupation rationnelle de l’espace répondent bien au nom de la ferme. Mieux, la formule de Lavoisier y prend tout son sens. « Ici, « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Par exemple, la culture fourragère sert à nourrir la volaille et les ruminants ; l’élevage produit du fumier pour la production végétale. Les cultures vivrières sont utilisées pour la cantine de la ferme, au profit des employés. Notre centre est basé sur l’intelligence agricole, un concept holistique, qui, depuis la production à la commercialisation, combine un ensemble de techniques bio, durables, respectueuses de l’environnement et protectrices de la santé humaine et animale. Nous faisons aussi appel à la technologie, notamment le système d’irrigation par aspersion », confie M. Moné. Une partie de la production est transformée, avec des produits finis comme les confitures de papaye, les jus naturels, les effusions à base de verveine, etc.

Cultures céréalières (mil, maïs, sorgho…), maraichères (oignons, ail), plantes fruitières, médicinales et fourragères y sont exploitées tout au long de l’année sans trêve. La culture du maralfalfa, une espèce de hautes gerbes denses, semblables à des pieds de canne à sucre, mais avec l’épaisseur des tiges en moins, retient forcement l’attention du visiteur. « Ici, nous exploitons le maralfalfa, une plante fourragère à haut rendement que nous utilisons pour nourrir les animaux et la volaille. Son rendement est estimé à 500 tonnes de fourrages à l’hectare et par récolte, avec au minimum trois à cinq récoltes par an ! Avec cette culture, vous pouvez réaliser un chiffre d’affaires de 90 millions F CFA à l’hectare », explique-t-il. Avec le contexte sécuritaire qui fait que les pasteurs ne peuvent plus aller en transhumance, cette plante est l’avenir de notre élevage ; surtout qu’avec l’alimentation du bétail qui représente 70% des charges d’exploitation de l’éleveur, produire soi-même son fourrage permet de réduire énormément lesdites charges et d’avoir des produits d’élevage compétitifs sur le marché, argumente-t-il.

Il s’est spécialisé dans la vente des boutures de cette plante fourragère, qu’il commercialise au Burkina Faso et un peu partout en Afrique, notamment au Bénin, au Mali, en Côte-D’Ivoire, au Sénégal, au Ghana, en Algérie, au Maroc, en RDC. Côté élevage, le choix des races est dicté par le même principe d’intelligence agricole.

Moné Richard s’est également spécialisé dans la production de poussins et d’œufs fécondés des poulets hybrides Kuroiler d’origine indienne.

Emplois et formation professionnelle des jeunes

« Les chèvres rousses de Maradi ont plusieurs avantages. Elles peuvent mettre bas deux fois dans l’année, avec deux à cinq chevreaux par mise-bas. C’est aussi une race laitière et sa viande ne dégage pas d’odeurs. Les moutons ont aussi une bonne mise-bas », relate-t-il.  Son cheptel varie entre 20 et 100 en fonction des périodes, Au niveau de la volaille, l’ingénieur agronome entrepreneur qui refuse d’être théoricien de bureau s’est aussi spécialisé dans la production de poussins d’une espèce hybride de poulets indiens appelée kuroiler. « C’est une race qui a une très bonne croissance. Le poussin de 45 jours peut peser 1,5kg ; à 4 mois, vous avez un coq valant 8 kg. Au lieu de faire venir les poussins de l’Inde, nous les produisons sur place pour ceux qui en demandent. Nous produisons aussi des œufs fécondés pour ceux qui ont des couveuses et qui souhaitent produire des poussins », fait savoir le fondateur de CRIA.

Avec 1500 poulets reproducteurs, la ferme produit par semaine en moyenne 1500 poussins et 20 à 30 plaquettes d’œufs fécondés. « Comme indiqué, notre système de production est intelligent ; la preuve, nous vendons la plaquette d’œuf fécondés à 8000 F CFA, alors qu’une plaquette d’œufs ordinaires se vend autour de 1500 F CFA », souligne-t-il. Aujourd’hui, avec sa ferme agroécologique à système de production intégré, écolo-intelligent, qui fait un chiffre d’affaires entre 20 et 50 millions F CFA, Richard Moné n’est pas seulement un modèle de réussite, il est porteur d’un entrepreneuriat impactant. Sa ferme emploie cinq salariés permanents et entre 10 à 20 employés non permanents par mois, dont des déplacés internes (PDI).  Le centre CRIA reçoit chaque année des stagiaires venant des écoles de formation professionnelle et universités du Burkina Faso.

Dotée d’un système d’irrigation moderne, la ferme produit des cultures maraichères sur toute l’année.

Titulaire d’un CEAP en production agrosylvopastorale, Talato Noëlie Zongo travaille dans cette ferme depuis trois ans. Employée permanente, elle en est le superviseur général. « La ferme participe au développe du pays. Elle offre des emplois et contribue à la formation des jeunes en techniques de production agrosylvopastorale, tout en changeant leur regard sue l’agriculture », confie celle qui rêve d’avoir sa propre ferme agricole.

Contrairement à nombre de jeunes de son âge, Apolline Guelebou a une passion pour l’agriculture. Alors qu’elle devrait faire la classe de 3e, à Piela dans la province de la Gnagna, à l’Est du pays, elle décide volontairement d’abandonner l’enseignement général et de quitter son village pour venir s’inscrire au Centre agroécologique de Guiè dans la région de Oubri. En stage au CRIA depuis huit mois, elle dit être satisfaite des connaissances pratiques acquises, notamment en matière de suivi de l’élevage des poules, de techniques de production intégrée. « C’est ici que j’ai appris à faire le repiquage des plants d’ail. Je ne savais pas comment produire l’ail », se réjouit-elle. Après sa formation, elle compte travailler deux ans au moins dans une ferme avant de s’installer à son propre compte, fait-elle savoir.

« C’est là que je me sens utile à mon pays »

Loin des bureaux confortables des ONG et organismes internationaux, Richard Moné se sent mieux dans sa ferme ; il y vient pleinement sa passion. « L’agriculture est un métier que j’aime. C’est là que je me sens utile à mon pays. Et aujourd’hui, l’impact est grand, pas seulement au Burkina Faso. mais également partout en Afrique. Nous avons des relations d’affaires avec des pays voisins comme le Mali, le Bénin, la Côte-d’Ivoire, le Togo, le Sénégal, etc. En plus de la production, je fais de la formation sur les techniques de productions végétale et animales mais aussi de l’appui-conseil pour l’installation des fermes, des systèmes d’irrigation. Le centre reçoit des stagiaires qui profitent de notre savoir-faire. J’avoue que je me sens mieux dans cette ferme que dans un fauteuil pivotant dans un bureau climatisé », rigole-t-il.

Pour cet ingénieur agronome, pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et produire pour la transformation industrielle, il y a lieu de changer de paradigme. « Nous devrons œuvrer à mettre notre agriculture à l’abri des facteurs climatiques. Et nous avons le potentiel pour le faire, notamment les eaux souterraines et de surface pour produire 12 mois sur 12. Un peuple qui a faim est un peuple qui n’est pas libre mais aussi en danger ! Aucun pays au monde ne s’est développé sans avoir assuré souveraineté au préalable sa sécurité alimentaire », martèle celui qui se définit comme un VDP(Volontaire pour la défense de la patrie) agricole.

Les Chèvres rousses, en plus d’être laitières, peuvent mettre bas deux fois dans l’année, avec deux à cinq chevreaux par mise bas.

Pour lui, si depuis plus de 60 ans, le secteur agricole de son pays n’est pas parvenu à nourrir la population, c’est parce que, le politique n’avait pas su donner à l’agriculture la place qu’elle mérite. « Depuis l’école primaire, l’agriculture n’est pas vu comme un métier valorisant ; dans notre société, les professions valorisantes sont la médecine, le journalisme, l’avocature, la magistrature… Mais on oublie que tout le monde compte sur l’agriculteur : les hommes, les animaux, et même la nature », argumente-t-il, l’air fustré.

Dans les pays occidentaux, les fermes se transmettent de père en fils ; ici personne ne veut laisser une ferme agricole comme héritage à ses enfants, déplore M. Moné. Pour y remédier, il faut réinitialiser les mentalités et créer des modèles inspirants. Pour semer ces graines de l’amour du travail de la terre très tôt dans l’esprit des jeunes, il est impératif d’inscrire l’entrepreneuriat agricole dans les curricula d’enseignement et ce depuis le primaire, suggère-t-il. Les politiques devraient, poursuit l’ancien fonctionnaire, aider à bâtir des champions nationaux dans le domaine agricole et les mettre en exergue.

Et s’il a abandonné le travail salarié bien rémunéré dans les organismes internationaux pour s’investir dans sa ferme, c’est aussi et surtout pour monter qu’il est possible de faire autrement l’agriculture et d’en vivre dignement, et ainsi amener les jeunes à s’intéresser à l’entrepreneuriat agricole.

Le succès demande du temps

Pour l’ingénieur agronome entrepreneur, l’agriculture constitue un puissant levier pour sortir la jeunesse burkinabè du chômage. Mais à condition que les jeunes acceptent les contraintes, les risques qui vont avec, car l’activité agricole demande beaucoup de volonté, d’engagement, de patience. « Il faut accepter se battre et consentir les sacrifices qui vont avec. Si vous voulez devenir un Idrissa Nassa ou Bonkoungou de EBOMAF (ndlr : hommes d’affaires fondateurs de grands groupes), il faut accepter vivre les difficultés qu’ils ont vécu dans leurs parcours d’entrepreneurs », conseille-t-il. Car, le succès demande du temps et c’est sur les ruines de l’échec que l’on construit la réussite.

Mais pour accompagner l’engagement des jeunes dans le secteur agricole, il y a lieu de lever les barrières structurelles. A commencer par le financement public au secteur agricole qui doit être conséquent, souligne-t-il. Le financement privé, notamment bancaire a également un grand rôle à jouer dans l’accès des producteurs au capital. Avec le même tôt d’intérêt appliqué au secteur agricole, et des délais de remboursements des crédits inadaptés aux cycles de production agricole, le secteur bancaire doit se réinventer pour répondre au mieux aux besoins de financement de l’entrepreneuriat agricole, insiste Richard Moné.

La ferme du Centre CRIA est bâtie sur un système de production intégré et durable.

Aujourd’hui, l’ancien chargé de programme à l’ambassade de Danemark séduit plus d’un, y compris des personnalités et des notabilités du pays. Sa Majesté Naba Têgré de Dimbila de Tèma, économiste gestionnaire et ancien cadre de banque à la retraite, a connu M. Moné à travers un reportage de Agribusiness TV sur sa ferme. Le chef coutumier n’a pas résisté à la tentation d’aller constater de visu les initiatives innovantes qu’il y déploie. « J’ai décidé à l’improviste d’aller lui rendre visite. Son modèle d’exploitation est inspirant. Souvent les gens sont intéressés par l’entrepreneuriat agricole, mais ils ne savent pas comment s’y prendre, par où commencer. Partant de l’expérience de M. Moné, ils peuvent construire étape par étape leurs projets de ferme agricole », confie-t-il. Le système d’irrigation et d’alimentation énergétique et l’élevage des espèces exotiques ont le plus émerveillé le chef coutumier. Partant de l’expérience et des conseils de Richard Moné, le notable de Tèma Bokin poursuit progressivement l’aménagement de sa ferme dans son village.

L’ancien secrétaire général du ministère de l’agriculture et ex représentant résident de la FAO dans plusieurs pays africains, Dr Lamourdia Thiombiano, fait également partie de ceux qui sont admiratifs du promoteur du centre CRIA qu’il qualifie de persévérant, de modèle pour la jeunesse. Après avoir entendu parler du Centre à travers les réseaux sociaux, il a aussi fait le déplacement de Loumbila. « Il y a trois choses qui m’ont impressionné chez M. Moné. La première est sa passion pour ce qu’il. Dynamique, il a une capacité de présentations de ses activités, ses résultats, qui inspirent et motivent. Sa présence constante sur le terrain constitue aussi la clé de succès. La deuxième chose, est qu’il est perpétuellement dans l’innovation, avec des techniques et des approches qui sortent des sentiers battus. Le troisième élément, c’est la diversité de ses activités, qui vont de la production végétale à l’élevage des chèvres rousses, des moutons, de la volaille, le tout à travers une approche intégrée pour optimiser sa production agricole », confie-t-il.

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com