L’équipe de l’administration pénitentiaire a remporté la VIIIe édition du tournoi Maracaña féminin de la résilience du directeur général de l’administration pénitentiaire, le mardi 1er septembre 2026 à Ouagadougou. Elle est venue à bout de celle du groupement central des armées au bout de la séance des tirs au but.
L’équipe de l’admi-nistration pénitentiaire inscrit enfin son nom en lettre d’or au palmarès de la coupe du DG. Elle marque ainsi d’une pierre blanche sa première finale en huit éditions, en s’imposant devant la formation du Groupement central des armées (GCA) au terme d’un match à rebondissements. Bien entrées dans la partie, ce sont les militaires qui, grâce à leur leader technique Natacha Lamizana, ouvrent le score dès la 8e minute suite à un cafouillage devant les buts adverses.
Les filles du DG Sabila Sawadogo, bouleversées, tentent de réagir mais dans la précipitation, elles n’y parviennent pas. Leurs adversaires en profitent pour dominer le reste des vingt premières minutes. De retour de l’oxygénation, les repré-sentantes de l’administration pénitentiaire se ressaisissent. Quatre minutes seulement après, le pied gauche bien placé de Agnès Wango, sur une remise en jeu, permet de remettre les deux équipes à égalité. Puis les deux camps se rendent coup pour coup pour le reste du temps règlementaire sans qu’aucune ne parviennent à se détacher.
Dans la séance des tirs au but qui s’en suit, les joueuses de l’administration péniten-tiaire sont les plus adroites. Elles réussissent leurs trois tirs contre un pour les ambassadrices du GCA et s’emparent du trophée, de la médaille d’or et l’enveloppe de 500 000 F CFA. Dans la petite finale un peu plus tôt, la Gendarmerie a disposé de la Police municipale sur le score d’un but à 0. Sept équipes sur 12 inscrites ont pris part à la compétition cette année entamée depuis le 11 août.
Le ministre de la Justice, patron de l’événement a, par la voix du chargé de mission Ibrahim Séré, souhaité que ce tournoi soit un outil pour plus d’inclusion, de paix durable et de reconnaissance du rôle des femmes dans la construction de notre patrie.
Dans la même veine, le directeur général de l’administration pénitentiaire a précisé que ce tournoi qui incarne la résilience des populations burkinabè met en lumière l’engagement exemplaire des femmes FDS qui offrent une double leçon de courage à savoir celle de la combattante et celle de la citoyenne.
La représentante des parrains Ida Ouédraogo/Paré DG du Fonds Wassa Bondo a, quant à elle, salué l’engagement des participantes comme un acte de courage, de cohésion et de patriotisme. « Chaque ballon échangé, chaque geste technique est une réponse à la peur, une affirmation de courage, une victoire contre l’inertie », leur a-t-elle dit. L’édition 2026 était placée sur le thème : « corps en mouvement, esprit en paix : le sport comme levier de guérison et de cohésion au sein des FDS ».
Le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a lancé officiellement les activités de la brigade « Yiri Dɛmɛ », mercredi 2 septembre 2026, à Ouagadougou, en vue de la protection des arbres tout au long de la voie de contournement.
Le ministère de la Sécurité, à travers la direction générale des Eaux et forêts, veut mieux s’impliquer dans la protection des arbres plantés tout au long de la voie de contournement de la ville de Ouagadougou. Pour cela, elle a mis en place une brigade dénommé « Yiri Dɛmɛ », qui signifie en langue dioula « aider l’arbre, entretenir l’arbre ». Le lancement officiel de cette unité a eu lieu mercredi 2 septembre 2026, à Ouaga-dougou, sous la présidence du ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana.
Le directeur général des Eaux et forêts, Barnabé Kaboré, a fait savoir que depuis 2024, l’Etat s’est engagé dans une dynamique de reverdissement de la voie de contournement qui a déjà bénéficié de milliers de plants mis en terre, le long de son tracé. « La mission de la brigade Yiri Dɛmɛ est de réaliser des grandes opérations de reboisement et d’assurer l’entretien, le suivi et le regarnissage ainsi que l’évaluation de ces reboisements », a-t-il dit.
Il ajouté que cette nouvelle brigade permettra d’assurer un arrosage permanent et un entretien régulier des plants, en tenant compte des saisons et des besoins spécifiques de chaque espèce et de surveiller les plantations et de sensibiliser les populations riveraines ainsi que les usagers de la voie de contournement à la nécessité de préserver ce patrimoine collectif. La nouvelle brigade va s’atteler également à poursuivre les activités de reboisement, afin de compléter les zones non encore reboisées, d’assurer une veille sécuritaire permanente sur l’ensemble de sa zone d’action, en complémentarité avec les autres forces de sécurité intérieure et les initiatives locales de sécurité déjà présentes.
Contribuer au reverdissement de la voie
La brigade Yiri Dɛmɛ a été dotée de matériel pour la réussite de ses missions.
« Pour mener à bien cette mission, des ressources humaines et matérielles dédiées ont été mobilisées pour cette brigade et aussi des forages réalisés », a souligné le directeur général des Eaux et forêts. Il a relevé que six postes d’observation, d’entretien et de surveillance seront occupés de manière permanente par la brigade Yiri Dɛmɛ tout au long de la voie de contournement pour un maillage territorial précieux pour sa sécurisation.
« La création de la brigade Yiri Dɛmɛtraduit la volonté ferme du gouvernement de faire du reverdissement de nos cités et de nos artères une réalité concrète », a rappelé Barnabé Kaboré.Le vice-président de la délégation spéciale de la commune de Saaba, Zakaria Kinda, a soutenu que le lancement de Yiri Dɛmɛ revêt une signification particulière pour sa commune. Ainsi, il a salué la mise en place de la brigade qui contribuera au reverdissement de la voie de contournement.
Face aux défis liés à la survie des arbres tout au long du contournement, le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a lancé un appel à la mobilisation des populations riveraines pour la préservation de l’environnement et le reverdissement du cadre de vie. « Des séances de sensibilisation seront organisées auprès des populations riveraines, afin qu’elles prennent elles-mêmes en charge la survie de ces arbres.
S’il faut, à un certain moment, réprimer les gens, les obliger à prendre soin de ces arbres, nous le ferons sans hésiter », a-t-il insisté. D’une longueur de 125 kilomètres, la voie de contournement de Ouaga-dougou traverse les communes rurales de Tanghin-Dassouri, Pabré, Loumbila, Saaba, Koubri, Saponé et Komsilga, ainsi que les arrondissements 4 et 8 de Ouagadougou. Dans le cadre du reverdissement du tronçon, ce sont
480 000 plants seront mis en terre.
Le ministère de la Guerre et de la Défense patriotique, avec le concours de l’association REV+ organise une session de renforcement des capacités sur les « Approches différenciées de services (ADS) et PrEP dans la prise en charge du VIH/SIDA », au profit du personnel du service de santé des armées du lundi 31 août au jeudi 4 septembre 2026 à Ouagadougou.
La guerre contre le terrorisme conduit à une forte mobilité des forces combattantes. Cette situation peut mener à des comportements à risque. Au regard de cette réalité, le ministère de la Guerre et de la Défense patriotique veut préserver la santé des Forces de défense et de sécurité pour plus d’efficacité sur les champs de bataille. En collaboration avec l’association REV+, le département organise une session de renforcement des capacités sur les « Approches différenciées de services (ADS) et PrEP dans la prise en charge du VIH/SIDA », au profit du personnel paramédical des services de santé des armées, du lundi 31 août au jeudi 4 septembre 2026 à Ouagadougou.
Pour le coordonateur ministériel du comité de lutte contre le VIH et les IST, le médecin-colonel Steevens Ouédraogo, cette formation n’est pas seulement une série de modules théoriques. « Il s’agit d’un investissement dans la santé, la sécurité et la résilience des forces. C’est aussi un pas concret vers un environnement de travail plus sûr, plus informé et plus solidaire », a-t-il confié. Le médecin-colonel Steevens Ouédraogo a soutenu que les connaissances qui seront acquises permettront à 21 bénéficiaires de mieux comprendre les enjeux de la prévention, prodiguer des conseils à leurs collègues et contribuer activement à la réduction des risques. Il a indiqué que la PrEP est la prophylaxie préexposition pour aider les forces combattantes à se protéger avant d’être exposées à la maladie du VIH/SIDA.
Décentraliser la prise en charge
Le coordonateur ministériel du comité de lutte contre le VIH et les IST du département en charge de la guerre a fait savoir que les approches différenciées constituent un nouvel outil mis en œuvre pour permettre de décentraliser la prise en charge du VIH/SIDA au Burkina Faso. Le coordonateur adjoint du comité ministériel de lutte contre le VIH/SIDA et les IST, du département en charge de la guerre, le médecin-lieutenant-colonel Cheikh Ismaël Traoré a relevé que les participants proviennent de plusieurs régions.
« Ils seront chargés de la mise en œuvre des connaissances acquises au profit des patients de leurs localités d’origine », a-t-il précisé. Le médecin-lieutenant-colonel Cheikh Ismaël Traoré a traduit la gratitude de la hiérarchie militaire aux responsables de l’association REV+.
Le directeur exécutif de l’association REV+, Kpenibé Victor Somé, a signifié que les forces
combattantes font partie des six priorités dans la lutte contre le VIH/SIDA du plan stratégique national de lutte contre le VIH 2026-2030 de l’association.
« C’est ce qui justifie la tenue de cette formation », a-t-il déclaré. Il a rappelé que l’association REV+ créée le 2 février 1998, intervient dans le domaine de la santé de façon générale et spécifiquement dans la lutte contre le VIH/SIDA.
Dans les localités de la région de Bankui, la campagne agricole humide 2026-2027 connait une évolution globalement satisfaisante. C’est le constat fait par une équipe de Sidwaya dans quelques localités rurales voisines de Dédougou, chef-lieu de la région.
Voilà plus de deux mois déjà que les travaux champêtres occupent les braves paysans à travers le pays. Dans la zone de Dédougou et ses environnants, la saison agricole humide 2026-2027 a démarré au cours du mois de juin, comme l’indique Paul Mibara Coulibaly, cultivateur à Yonkuy, commune de Dédougou. Ce mercredi 26 août 2026, nous nous sommes rendus dans ce village situé à environ 25 kilomètres de Dédougou dans la partie nord. Le champ du camarade Coulibaly présente une bonne physionomie. Les plants de maïs sont essentiellement à la phase de montaison. En plus de cette variété, il a emblavé du coton, du petit mil, du sorgho, du niébé, des arachides et du sésame sur une superficie d’environ 20 hectares.
…et le petit mil en plein tallage
Thomas Tamou Coulibaly du village de Soukuy, commune de Dédougou, est à pleine activité champêtre comme tout autre agriculteur à cette période. Il exploite près d’une quinzaine d’hectares de champ toutes spéculations confondues. Son niébé est entre les phases d’étalage et de floraison et le petit mil en montaison. Le maïs est en pleine épiaison tandis que le coton est en phase de capsulaison-floraison. Il a avoué que le début de la saison a été « vraiment inquiétant », mais la situation s’est améliorée depuis l’entame du mois d’août. A Bokuy, toujours dans la commune urbaine de Dédougou, nous allons à la découverte du domaine agricole de Janvier Félix Tianhoun.
L’Etat mise sur les moyens pour des résultats
Son champ de coton, de maïs, de riz et de sorgho, situé au bord de la route, donne du plaisir à scruter. Il se dit confiant au regard de la récente évolution.
« Nous pouvons espérer que les récoltes soient bonnes. Nous prions surtout Dieu pour que l’évolution actuelle se maintienne et que la pluie continue de tomber jusqu’à la fin de la saison », a-t-il imploré. De leurs côtés, les services techniques régionaux en charge de l’agriculture de Bankui et du Sourou sont confiants.
Satisfait de l’évolution globale de la campagne, le directeur régional en charge de l’agriculture, Gaël Sidbewendin Yaméogo, a annoncé une saison agricole normale à excédentaire.
« L’évolution actuelle de la campagne est globalement satisfaisante », foi du directeur régional, Gaël Sidbewendin Yaméogo. « La pluviométrie s’est installée progressivement et la campagne se déroule très bien dans l’ensemble avec une bonne phy-sionomie des plants », a-t-il détaillé. Sur cette base et au regard des « gros moyens mobilisés » par le gouvernement au profit des producteurs locaux, camarade Yaméogo est convaincu que les objectifs de production céréalière, de l’ordre de 1 487 629 tonnes surtout de maïs et de riz, assignés aux régions de Bankui et du Sourou seront atteints.
Il est réconforté dans sa certitude par les prévisions météorologiques au niveau régional qui ont annoncé, dit-il, une année pluviométrique normale à excédentaire. Le directeur régional a fait remarquer que des mécanismes ont été développés pour faciliter l’accès des producteurs à des intrants agricoles à des coûts subventionnés. Dans son ressort territorial, 6 061 tonnes de fertilisants composés de NPK, d’urée, de fumure organique et 1 775,629 tonnes de semences améliorées ont été mises à la disposition du monde rural, a-t-il détaillé. Outre cela, des moyens mécaniques tantôt subventionnés, tantôt gratuits ont été affectés. « Plus de 77 motoculteurs sont remis à des villages réinstallés pour appuyer les producteurs dans les labours sans oublier le renforcement du parc de tracteurs avec l’obtention d’une centaine d’engins », a-t-il résumé.
L’élève conseiller des affaires culturelles, Boukari Koala, a soutenu son mémoire de fin de cycle, mercredi 2 septembre 2026, à Ouagadougou. Les travaux, menés sous la direction du conseiller technique du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCCAT), Dr Idrissa Zorom, ont été sanctionnés par la note globale de 16 sur 20.
Dans le cadre de son mémoire de fin de cycle, l’élève conseiller des affaires culturelles, Boukari Koala a décidé de plancher sur le thème : « Le FESPACO comme mesure de rayonnement culturel de l’Afrique : enjeux, défis et perspectives ». Il a restitué le fruit de ses recherches à l’Ecole nationale d’administration et de la magistrature (ENAM), mercredi 2 septembre 2026, à Ouagadougou. A l’issue de la délibération, le jury lui a attribué la note de 17/20. Pour mener à bien son étude, Boukari Koala a confié avoir axé sa recherche sur une approche mixte, quantitative et qualitative, auprès d’un échantillon de 123 personnes, incluant des professionnels du cinéma, des responsables de l’administration publique, des enseignants-chercheurs et 100 cinéphiles.
Il a expliqué que son mémoire a pour objectif d’analyser comment le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) peut servir d’outil de « soft power » pour permettre à l’Afrique de s’identifier au reste du monde. Il a soutenu que le cinéma africain demeure un cinéma engagé qui éduque. Pour renforcer cette dimension, l’impétrant a recommandé de travailler à faire du FESPACO un art commercial capable de rivaliser avec le numérique. Il a préconisé aussi l’intégration de la diffusion dans les politiques publiques par l’ensemble des producteurs, diffuseurs, distributeurs et décideurs. A l’échelle politique, il a suggéré d’inscrire le FESPACO dans la diplomatie culturelle de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et de la CEDEAO.
Le jury salue l’effort d’analyse
Pour ses futures fonctions au sein du ministère en charge de la culture, le nouveau conseiller a déclaré qu’il n’hésitera pas à prodiguer des conseils aux acteurs. Il entend également contribuer à lever les tabous autour de la question cruciale du financement. Le directeur de mémoire, Idrissa Zorom, conseiller technique du conseiller du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCCAT), a soutenu que le thème abordé est d’actualité et constitue un renouvellement de la réflexion sur la question centrale du FESPACO.
Il a souligné que l’impétrant a fourni un effort de fouille, d’analyse et de réflexion aboutissant à des résultats concrets et praticables pour le FESPACO, ainsi que le ministère de tutelle. Selon le directeur de mémoire, l’originalité de l’ouvrage réside dans le fait qu’il n’interroge pas seulement les concepteurs du festival, mais directement les bénéficiaires, afin de recueillir leurs avis sur les problèmes et les difficultés rencontrés.
Le président du jury, Salfo Ouédraogo, a fait savoir qu’une telle réflexion contribue à mettre en valeur les difficultés réelles rencontrées par le FESPACO sur les plans sécuritaire et financier, tout en mettant en exergue ses efforts en matière de diplomatie culturelle. Il a indiqué que le jury a jugé le travail de l’impétrant bien élaboré avec des recommandations concrètes auprès de l’administration, des acteurs et des professionnels du cinéma pour renforcer la contribution du festival au rayonnement culturel africain.
A Tikaré, dans la province du Bam, région des Koulsé, la reconquête du territoire se conjugue désormais avec le retour progressif des populations dans leurs villages d’origine. Dans cette zone longtemps éprouvée par les attaques terroristes, les forces amies ont uni leurs efforts pour repousser l’ennemi et consolider les positions reconquises. En trois ans, 37 villages et hameaux de cultures ont été réinstallés, tandis qu’une quinzaine d’Engins explosifs improvisés (EEI) ont été désamorcés et une base terroriste de fabrication d’EEI démantelée. Des centaines de terroristes neutralisées. Derrière ces acquis se dessine une autre force : celle des communautés. Vivres, carburant, matériels, corvées et entretiens des axes, les populations apportent leur pierre à la reconquête nationale. De la tanière du Tigre (emblème officiel de la BAC) aux champs retrouvés, en passant par les zones pastorales, Tikaré donne ainsi à voir une symbiose entre combattants et communautés, portée par un engagement patriotique qui accompagne la consolidation et la stabilisation des localités reconquises.
Jeudi 30 juillet 2026. 8h58mn. Nous sommes à la porte de Tikaré, en compagnie des forces combattantes. Un check-point des forces amies immobilise notre véhicule. Nous déclinons notre identité. Un élément lance un coup de fil depuis la base. A l’issue des échanges, il nous cède le passage. L’axe est fluide. Le ciel menace de décharger le contenu de ses nuages.
A l’entrée de la ville, à droite, des ruines du plus grand site de Personnes déplacées internes (PDI) complètement vidé de ses occupants. Plus loin, toujours à droite, même constat. Plusieurs huttes, tentes, maisons en banco, latrines … orphelines de leurs propriétaires. « Nous sommes en réflexion pour les démolir pour qu’ils ne servent pas de nids des personnes mal intentionnées », indique le commissaire du Commissariat de police du district (CPD) de Tikaré, le lieutenant de police, L.K., par ailleurs 2e vice-président de la délégation spéciale.
Les PDI ont tous regagné leurs villages d’origine après quatre années de déplacement forcé. Leurs localités ont été reconquises et stabilisées par les forces combattantes
Le commissaire L.K. : « Depuis le début de la crise, en 2022, nous avons refusé de fuir ».
constituées des éléments de la Brigade anti criminalité (BAC) et du CPD de Tikaré ainsi que des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Tous les sites des PDI érigés dans les six secteurs de la ville sont vides.
« Actuellement, nous avons peu de PDI dans la commune… », confirme le préfet et Président de la délégation spéciale (PDS) de Tikaré, B.N. Selon lui, son département compte 36 villages administratifs dont 30 avaient été déguerpis suite aux attaques terroristes. Actuellement, poursuit-il, 29 villages ont été réinstallés grâce aux efforts consentis par les forces amies et les communautés.
« L’un des villages n’est pas encore réinstallé pour raison de prudence », justifie l’édile.
L’hôtel de ville grouille déjà de monde. Une distribution de vivres en « gestation ». Deux magasins viennent d’être approvisionnés par trois camions-remorques flambants neufs du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR). Une dizaine de camions continuent leur chemin. Destination : Séguénéga, région de Yaadga.
L’espoir de vie renaît dans cette bourgade de 52 262 âmes (2022), reparties sur une superficie de 344 km2. « Nous rendons grâce à Dieu. Avec les actions des combattants, le calme revient à Tikaré, la paix est née et on retrouve le sourire », déclare Benjamin Nikiéma. La majorité des activités ont repris. Le commerce bat son plein. M.S., 50 ans, est polygame de deux femmes et père de dix enfants. Avec la quiétude retrouvée, ce boutiquier mène normalement sa vente de produits divers.
« Il y a trois ans de cela, à chaque instant, on abandonnait nos boutiques pour fuir. Cela est devenu un mauvais souvenir depuis deux années. On part chercher des marchandises à Kongoussi sans problème », se réjouit-il. C’est pourquoi, le cinquantenaire remercie les forces combattantes pour leur sacrifice.
Réouverture des formations sanitaires fermées
Le membre de la veille citoyenne de Tikaré, I.S. reconnait la bravoure des forces amies.
Les agents de santé du Centre médical (CM) de Tikaré reconnaissent aussi la combativité des forces amies. « Grâce à elles, nous arrivons à bien mener nos activités. En cas d’urgence, la nuit, elles accompagnaient les patients au CM pour des soins. En cas d’évacuation sur Kongoussi, la nuit, elles escortaient les patients », félicite l’infirmière responsable par intérim du CM, M.S. Aussi, le personnel soignant accorde une attention particulièrement aux combattants blessés ou malades.
La commune dispose de sept formations sanitaires, quelques-unes sont encore fermées. Cette fermeture, selon elle, entraine une pression accrue sur les centres de santé fonctionnels, notamment les maternités. C’est pourquoi, l’infirmière plaide pour leur réouverture rapide.
La Circonscription d’éducation de base (CEB) de Tikaré envisage aussi la réouverture, à la rentrée scolaire prochaine, de ses 26 écoles fermées, selon le responsable du Bureau de statistique éducative (BSE), E.O. Actuellement, 12 écoles publiques sont fonctionnelles dans la CEB. « On a déjà tenu une rencontre avec des personnes ressources des villages réinstallés pour évaluer les impacts des écoles fermées.
Car, la majorité de ces écoles a été saccagée par les terroristes et les intempéries. On a même initié des réhabilitations endogènes, en attendant, l’aide du ministère », rassure E.O. Il se réjouit déjà du fait que sur 396 élèves présentés aux examens du Certificat d’études primaires (CEP), session 2026, 386 ont été admis, soit un taux de succès de 97,47%.
L’activité pastorale est en pleine reconstitution à Tikaré. K.S., 52 ans, polygame (deux femmes) et père de 12 enfants, possède une vingtaine de bovins et une dizaine de petits ruminants. Il a payé un lourd tribut de cette crise, avec 40 ovins embouchés qui ont été emportés par les terroristes.
« Il y a de cela trois ans, il était difficile de pâturer au-delà d’un km de la ville. Aujourd’hui, mes animaux dorment en brousse sans crainte », témoigne-t-il.
Le soleil s’incline … Cap sur le marché de ce village situé à quelques kilomètres de la ville, qui vient de rouvrir ses portes à peine deux mois après trois années de fermeture forcée. C’est le jour de marché.
L’infirmière M.S. plaide pour une réouverture rapide des formations sanitaires fermées des villages réinstallés.
La plupart des points de vente ont ouvert. L’affluence est de taille. H.G. répare les vélos. Il a regagné son village natal, depuis 80 jours, après avoir trouvé refuge à Rambo en 2023. « Ici, tout se passe bien. La sécurité y est… », confie-t-il. I.O., lui, vend des prêt-à-porter et des rideaux. Il fréquente le marché depuis un mois et est PDI retournée depuis deux mois après un séjour forcé de trois ans à Rouko. « Le marché fonctionne bien. Il n’y a pas de problème. On remercie Dieu. Nous sommes très contents », rassure-t-il, sourire aux lèvres. Un check-point filtre les entrées et sorties du village.
Le crépuscule s’annonce.
Direction : la base de la BAC surnommée : « Ti-n-Zaouâtene », installée à quelques kilomètres de la ville. Nous traversons un autre village. Les enfants jouent au foot.
Guerre pour la souveraineté
A l’approche de la tanière, le combattant Sultan lance l’éclair (ouvre la voie). La QRF (Quick reaction force : force de réaction rapide) est informée. Cette force assure la protection de la base et est l’appui feu des unités en position avancée. 18h54mn. A la base, nous sommes installés sur un lit en bois de deux places et un matelas d’une place. C’est un trophée de guerre après avoir démantelé une base terroriste. Nous apprenons une attaque terroriste déjouée non loin aux environs de 17h.
« Vigilance recommandée, mode combat activé. Restez sur vos gardes, évitez tout déplacement inutile, mettez tous vos échos en mode veille, activez les unités fantômes », lancent les chefs de section, Zoulou et commandant Wourou-Wourou, à leurs unités en position avancée.
Nous passons une première nuit au côté du chef de détachement, Zoulou, à la belle étoile. Toute la nuit, les talkies walkies ne cessent d’émettre et de recevoir des messages. Difficile de fermer l’œil dans cet environnement. C’est pourtant le quotidien de nos braves boys depuis une décennie de guerre pour la souveraineté. Toute la nuit, Zoulou reste scotché à sa tablette qui quadrille sa zone d’intervention et ses radios émetteurs-récepteurs. Notre nuit a été blanche. Le drone d’attaque Akinci (Kaziba) semble troubler la quiétude de l’ennemi en écoutant ses messages interceptés.
L’agent E.O. souhaite la réhabilitation des écoles fermées des villages réinstallés.
Jour 2 ! Vendredi 31 juillet.
Le programme : mission de patrouille et de veille dans les champs de quelques villages réinstallés. Le commandant Wourou-Wourou est le chef d’équipe. Nous nous accrochons derrière son engin. Un VDP prend la tête de la rame. Direction : un premier village. Nous visitons le champ de S.O., 30 ans, multipare de cinq enfants. Elle cultive du sorgho blanc et de haricot sur une superficie d’un hectare. Ses cultures présentent une bonne physionomie. Sourire aux lèvres, elle remercie Dieu et les FDS pour leur réinstallation après quatre années de refuge à Pittenga (Rouko). A un jet de pierre, se trouve le champ de deux hectares de A.O., où il a emblavé du mil et du haricot.
Lui-aussi s’est réfugié à Pittenga durant quatre ans avant de regagner son village depuis trois mois. Cap sur un deuxième village. A.S., 61 ans, est un polygame de deux femmes, avec à la clé onze enfants. Depuis deux mois et demi, il a abandonné ses huttes de fortune érigées à Yirim pour regagner sa terre natale. Daba en main, il cultive du mil, du maïs et du haricot sur environ 1,25 hectare. Lui et sa famille s’attèlent au sarclage des cultures en phase de montaison. « Nous sommes venus un peu tard trouver que l’herbe a envahi nos champs. Et, comme on n’a pas de moyens pour pulvériser, on n’a pas pu exploiter de vaste espaces », fait-il savoir. Regagner son village est déjà un motif de satisfaction. Pour lui, le reste n’est qu’une question de longévité.
« Que Dieu bénisse nos soldats »
M.S., 70 ans, PDI retournée de Téma-Bokin, prête main forte à ses fils dans leur champ d’un hectare où ils emblavent du mil et du haricot. « Ce sont les FDS qui sont venues nous rassurer de revenir que notre village est reconquis… », laisse entendre la septuagénaire, sourire aux lèvres. Elle dit vivre paisiblement depuis ses deux mois de séjour. « Vous avez
Le commerçant M.S. : « Avec la réouverture des axes routiers, le commerce a repris son cours ».
troqué vos vies contre les nôtres. Que Dieu vous épargne de la honte », prie la grand-mère, croix au cou, en indexant les éléments de la BAC. Nous traversons un autre village. Ici, l’ennemi avait établi sa base de fabrication des Engins explosifs improvisés (EEI) dans un appartement luxueux d’un fils de la localité, avant d’être neutralisé par le tigre.
Dans cet autre village, les populations ont été réinstallées à quelques jours de la fête de Tabaski après quatre ans de déplacement forcé. A.S., 52 ans et sa famille (une femme et trois enfants) reprennent l’exploitation de leur champ. Pour cette campagne agricole, il produit du haricot et du sorgho blanc sur 1,5 hectare. « Je pourrai désormais nourrir convenablement ma famille », espère-t-il. Son voisin S.S., 40 ans, habite chez lui depuis 75 jours après 36 mois de refuge à Yirim. L’époux de deux femmes et père de six enfants produit du haricot, du mil, du maïs et de l’aubergine sauvage sur un hectare.
Il compte agrandir son champ la campagne humide prochaine et ne tarit pas d’éloges à l’endroit du chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré et des forces combattantes.
Dans un village voisin, S.G., 52 ans, possède un champ de trois hectares où il exploite le mil, le haricot et du poids de terre. Pulvérisant les herbes, le monogame de six enfants espère récolter cinq sacs de 100 kg de mil, cinq sacs de 100 kg de haricot et trois sacs de 100 kg de poids de terre.
« Ma famille pourrait désormais manger à sa faim et le surplus sera vendu aux Ouagalais », ironise-t-il, sourire aux lèvres. Il a rejoint son village, il y a de cela 35 jours suite à l’appel rassurant de la sécurité. Il traduit toute sa reconnaissance aux plus hautes autorités. H.G., 45 ans, multipare de six enfants, est en train de semer du haricot et du poids de terre sur son champ d’un hectare. Pour cette campagne humide, sa famille exploite au total sept hectares avec plusieurs spéculations.
La majorité des PDI de Tikaré ont abandonné leurs sites pour regagner leurs villages reconquis.
« Que Dieu bénisse nos soldats », implore-t-elle, toute joyeuse. Selon le PDS Nikiéma, 99% des populations de Tikaré exploitent leurs champs pour cette campagne agricole. Les doléances de ces PDI retournées se résument à la dotation en semences, engrais, vivres, cheptels, à la réhabilitation des écoles, centres de santé et pompes, au labour gratuit des champs. Le soleil s’incline vers l’horizon. Direction : « Ti-n-Zaouâtene ». Nous passons une deuxième nuit dans les mêmes conditions.
« Activez les unités fantômes… »
Toutes les unités (cobra, zoulou, fantôme) sont supervisées à distance. 2h33mn. « Quelle est la température à vos niveaux », se renseigne un commandant de guerre. « Température stable », réplique un chef de poste.
« Ok ! Restez vigilants et focalisés. Le message est valable à tous les cobra et Zoulou », instruit-il. 5h01mn. « A toutes les unités en place, restez en mode veille. Activez les unités fantômes… », resonne dans les radios émetteurs-récepteurs. C’est l’heure privilégiée de l’ennemi pour attaquer.
6h03mn. Jour 3 ! Samedi 1er août. Mission : patrouille dans un dispositif surnommé : « le Mur de Berlin ou Faso Mêbo » et une supervision de deux postes avancés (Cobra 200 et 210). Le dispositif fait frontière avec les lignes de combat des détachements de Séguénéga et Kongoussi. Nous sortons avec l’équipe d’assaut, QRF, motorisée, armée jusqu’au dent. Le moral est au top. « Un combattant, c’est l’amour. Il faut avoir l’amour de la patrie pour aimer autrui », se convainc Sultan. La supervision consiste à galvaniser les équipes,
Le commandant Wourou-wourou : « Nous sommes prêts à nous battre contre l’ennemi jusqu’au sacrifice ultime ».
remonter leur moral et augmenter le niveau de vigilance, selon le commandant Wourou-wourou. Consignes de départ : moins de communication, vigilance recommandée. Sultan lance l’éclair. En cours de route, des détonations. L’équipe s’immobilise pour inspecter. Il s’agit des manœuvres des unités amies (BIR 8, 14 et 16).
La rame est reconstituée et nous traversons un village. Ici, pendant que les hommes cultivent les champs, les femmes font la lessive à la pompe. Quant aux enfants, ils gardent les troupeaux et font un « barbecue » avec des rats voleurs extirpés matinalement de leurs cachettes. « Cobra 200, pour votre bonne collaboration, pouvons-nous venir vers vous ?», sollicite le chef de la mission. « Affirmatif », réplique le commandant Abeille. Un dispositif sécuritaire est mis en place pour la visite du Mur de Berlin.
« Corrigez l’alignement. Faites le scannage. Occupez les flancs des contacts. Préparez l’obus… », instruit le commandant Wourou-wourou. A l’issue de la visite, il transmet le message d’encouragement de la hiérarchie et des plus hautes autorités du pays. « Bien reçu », répond le chef de poste adjoint, Awoyo. Direction : Cobra 210. Nous demandons, une fois de plus, l’autorisation pour pénétrer sa zone de feu. Ici, le check-point est dirigé par le Sage. Même exercice. Des jeunes guerriers pompés de motivation. Après les échanges, nous rebroussons chemin. En changeant de voie, nous débouchons dans un autre village. Là, tout le monde est préoccupé par les travaux champêtres. Une fois à la base, place au débriefing : pas d’incident.
23 villages réinstallés courant l’année 2026
Le marché de ce village réinstallé a rouvert ses portes à peine deux mois après 4 ans de fermeture.
Dans la tanière du tigre, la cohésion entre les forces force l’admiration. « Il n’y a pas de super combattant ici », indique Zoulou. Une seule famille combat un seul ennemi. « Nous planifions les gardes et les missions de patrouille, de veille et d’infiltration ensemble. La BAC nous a appris les techniques de combat », se réjouit le chef VDP de Tikaré. Même son de cloche pour Zoulou.
« Nous avons de très bons rapports avec les VDP et les éléments du commissariat de Tikaré. Nous sommes tous confondus dans les postes de combat », dit-il. Pour le commandant Wourou-wourou, cette collaboration va au-delà de leur zone d’intervention impliquant certaines forces militaires basées à Séguénéga, Kongoussi, Bourzanga, etc., à travers le Groupement des forces de sécurisation du Nord (GFSN). Cette complicité porte fruit. Au bilan, aux dires du lieutenant Zoulou, 37 villages et hameaux de cultures ont été réinstallés en trois ans, dont 23 villages réinstallés courant l’année 2026, une quinzaine d’EEI désamorcés et une base terroriste de fabrication des EEI démantelée. Des centaines de terroristes ont été neutralisées.
Après la réinstallation, place à la consolidation et la stabilisation des villages. Dans toutes les localités visitées, des postes défensifs sont tenus par les éléments du CPD et les VDP pour éviter toute infiltration de l’ennemi. Le Mur de Berlin, lui, est défendu par la BAC et des VDP. Pour le commissaire de Tikaré, ces résultats sont aussi à l’actif des communautés. A titre indicatif, le commissaire fait cas de l’opération : un citoyen, un litre d’essence pour soutenir les FDS et VDP qui a permis de collecter 3 592 500 F CFA correspondant à huit barriques de 200 litres d’essence, le 26 février 2026.
Le lieutenant Zoulou : « Le patriotisme est notre source de combativité ».
A travers le comité de soutien aux FDS et VDP, les populations viennent de cotiser plus de 4 millions F CFA pour l’acquisition d’un matériel stratégique au profit des forces amies, selon un membre de la veille citoyenne de Tikaré, I.S. Un geste salué par le commandant de la BAC-Ouaga, le commissaire principal de police, Moïse Kaboré. De même, il y a l’érection de la nouvelle base du tigre par des populations de 20 villages réinstallés. « Nous avons déterminé le site et la population a déblayé le terrain, apporté le matériel (bois, secco, bâches, sachets) et construit les abris en une semaine.
Elles ont même construit un petit local pour la conservation de certains matériels », témoigne le lieutenant. Le 28 juillet dernier, les communautés ont débarrassé l’un des axes qui mène à Tikaré de ses arbustes et arbres pour augmenter la visibilité, selon I.S. Le 31 juillet, nous avons été témoin de la réhabilitation de la voie qui mène à la base. Les autorités coutumières, elles, se consacrent à la sensibilisation des populations contre tout acte de démoralisation des unités combattantes.
« Dans tout le canton de Zitenga, nous implorons régulièrement les mânes des ancêtres qu’ils protègent les FDS et VDP et ramènent la paix au Faso », indique le chef de Tikaré. Le porte-parole du chef de canton de Zitenga et président du comité de soutien aux FDS et
Le chef-VDP de Tikaré : « Nous avons appris les techniques de combat avec la BAC ».
VDP, déclare qu’à chaque alerte d’attaques terroristes, les garants des us et coutumes font des rites et sacrifices pour anéantir l’ennemi. Il appelle donc à l’union sacrée entre toutes les communautés dans la lutte contre l’hydre terroriste.
En tous cas, la détermination des forces amies et l’engagement patriotique des communautés de Tikaré contre l’ennemi forcent l’admiration. Chaque Burkinabè est donc interpellé à emboiter leur pas pour éradiquer définitivement le terrorisme au pays des Hommes intègres. Notre mission dans la tanière du tigre s’achève dans la soirée du samedi 1er août. Nous replions avec une relève partielle pour regagner Ouagadougou, sous une pluie torrentielle.
Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com
Moïse Kaboré, commandant de la BAC-Ouaga
« Nous sommes en train de voir le bout du tunnel »
Sidwaya (S.) : Réputée lutter contre le grand banditisme et toute forme de criminalité en zone urbaine, votre unité se retrouve en première ligne contre le terrorisme. Pourquoi ?
Moïse Kaboré (M.K.) : Parmi les missions dévolues à la Brigade anti criminalité (BAC), figure la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes en milieu urbain comme en campagne. Nous sommes appelés à apporter notre contribution dans cette lutte. Aussi, dans la dynamique insufflée par le chef suprême des armées, le camarade capitaine Ibrahim Traoré, toutes les forces sont engagées dans cette lutte avec une répartition de zones de compétences. Et, depuis 2023, la BAC-Ouaga opère dans la zone de Tikaré.
S : Quelles sont vos missions sur ce front anti-terroriste ?
M.K : Notre première mission était d’éviter que la ville ne tombe dans les mains de l’ennemi, puisqu’il avait déguerpi tous les villages et progressait vers Tikaré-centre. Une fois la ville entièrement sécurisée, nous avons repoussé l’ennemi et gagné du terrain. Aujourd’hui, nous avons reconquis tous les villages et hameaux de culture de la commune de Tikaré et réinstallées les populations. Actuellement, nous sommes en phase de consolidation et de stabilisation de ces localités reconquises. Le combat entre dans sa phase décisive. Nous menons des actions dynamiques en recherchant l’ennemi, là où il s’est retranché pour lui livrer le combat de telle sorte qu’il n’ait même plus la possibilité de s’organiser et de revenir faire du mal.
S : Avez-vous bénéficié de soutiens des communautés ?
M.K : Affirmatif ! Nous avons été très bien accueillis par ces populations. Nous vivons en parfaite symbiose. Nous avons vu une très forte mobilisation autour de nous, sous le leadership des autorités locales, telle que la municipalité. A plusieurs reprises, ces populations nous ont soutenus, en termes de matériels, de carburant, de vivres et de corvées. Elles viennent de nous doter d’un matériel important. Les populations ont contribué également à la mise en place de notre base. Nous leur traduisons toute notre gratitude.
S : Que peut-on retenir de cette guerre ?
M.K : L’urgence opérationnelle avec laquelle les localités ont été reconquises et le retour des populations déplacées. Nous avons réinstallé 23 villages depuis le début de l’année 2026. Au total, nous sommes à 37 localités reconquises depuis notre présence dans cette zone. Je salue encore la mémoire des hommes tombés les armes à la main dans ce combat. Ce sont des martyrs. L’engagement patriotique sans faille des populations est aussi un fait marquant dans cette lutte.
S : Quel est votre message à l’endroit des forces combattantes ?
M.K : Je les félicite et les encourage à persévérer dans ce combat noble. Le serpent agonise et nous devons lui donner le coup fatal. L’ennemi est assez affaibli. Nous mènerons des actions, à court terme, pour finir définitivement avec ce problème de terrorisme. Chaque combattant doit toujours garder les yeux rivés sur l’objectif qui est d’en finir une bonne fois pour toute avec le terrorisme. Le camarade capitaine Ibrahim Traoré a su engager toutes les forces dans la lutte. Nous sommes en train de voir le bout du tunnel.
Interview réalisée par Emil SEGDA
Tandem fraternel combattants-communautés !
A Tikaré, l’esprit de fraternité et de solidarité entre les forces amies et les communautés n’est plus à démontrer. Il est difficile aux combattants de traverser une localité sans bénéficier des acclamations ou des dons en guise de reconnaissance aux actes posés. Les tout-petits scandent « IB » en tant que chef suprême des armées à leurs passages. Cette marque de reconnaissance spontanée galvanise davantage nos « boys » dans leur lutte pour la souveraineté.
E.S.
Zoulou : la « bête noire » des terroristes
Très discret et doté d’un sens élevé d’écoute et de concertation avec les combattants, les leaders d’opinion et les autorités locales, ce combattant est beaucoup apprécié au sein des populations. Il est certes, méconnu, mais son nom parle de lui en termes de courage et de combativité. Considéré comme la « bête noire » des terroristes, il a réinstallé 23 villages en deux semaines et 37 villages, courant le premier semestre 2026, depuis son arrivée en mars 2026.
Ancien élément du Groupement des unités mobiles d’intervention (GUMI), il a laissé ses marques dans les zones hostiles telles que Bogandé, Yamba, Gossina avant d’être muté à la BAC en mars 2026. Depuis lors, il mène un combat féroce contre les forces du mal pour libérer son pays du joug de l’impérialiste. Le lieutenant Zoulou, chef du détachement BAC de Tikaré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a pour nom de guerre Zeus Le Père, une divinité de l’antiquité grecque, qui signifie le Dieu de la guerre et de la foudre. Tenant solidement son lieu, lui et ses hommes ont su redonner dignité aux populations de Tikaré. « Chaque combattant doit privilégier l’intérêt supérieur de la Nation », se convainc Zeus Le père.
L’intelligence artificielle constitue aujourd’hui un puissant levier d’innovation et de productivité. Toutefois, les opportunités qu’elle offre peuvent également être détournées à des fins malveillantes. C’est dans ce contexte que la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) a interpellé D.R., âgé de 36 ans, étudiant et démarcheur, présumé auteur, impliqué dans la production de fausses cartes grises à l’aide d’outils d’intelligence artificielle.
L’affaire fait suite à des dénonciations reçues par la BCLCC. Les investigations menées par la Division des enquêtes (DE) ont permis de mettre en évidence un mode opératoire reposant principalement sur deux procédés.
Dans le premier cas, D.R., qui avait auparavant exercé comme démarcheur à la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM), contactait des personnes ayant déposé des dossiers pour l’établissement de leurs cartes grises. Se présentant comme un agent de cette administration, il leur faisait croire à l’existence d’un blocage dans le traitement de leur dossier et proposait de faciliter l’obtention du document contre le paiement de 25 000 F CFA.
Dans le second cas, des personnes qui le connaissaient déjà comme démarcheur le sollicitaient directement et lui confiaient leurs dossiers. Il leur faisait alors croire qu’il effectuait les démarches nécessaires et que leurs cartes grises étaient en cours d’établissement.
Pour donner de la crédibilité à ses manœuvres, D.R. utilisait des outils d’intel-ligence artificielle pour générer des images de fausses cartes grises à partir de documents authentiques utilisés comme modèles, en y intégrant notamment des numéros d’immatriculation fictifs, mais dont certains se sont finalement avérés correspondre à des numéros réellement attribués à des cartes authentiques. Il transmettait ensuite ces images à ses victimes via WhatsApp, en leur faisant croire que leurs cartes grises étaient disponibles, puis exigeait un paiement par Mobile Money avant toute prétendue remise physique.
Une fois l’argent reçu, il cessait de répondre aux appels et messages de ses victimes. Les investigations ont permis d’identifier 14 victimes, pour un préjudice financier global estimé à 421 000 F CFA. Interpellé et auditionné par la division des enquêtes de la BCLCC, D.R. a reconnu les faits qui lui sont reprochés. A l’issue de l’enquête, il a été conduit devant le camarade procureur du Faso près le tribunal de grande instance Ouaga I afin de répondre de ses actes.
La BCLCC invite les populations à faire preuve de vigilance face aux images ou copies numériques de documents administratifs reçues via les réseaux sociaux. Elle recommande de toujours vérifier l’authenticité de ces documents auprès des services compétents avant toute démarche ou tout paiement.
La direction régionale de la communication, de la culture, des arts et du tourisme du Kadiogo a organisé une session de renforcement de capacités en matière de prestations des services au profit des hôteliers et restaurateurs, mercredi 2 septembre 2026 à Ouagadougou.
La direction régionale de la communication, de la culture, des arts et du tourisme du Kadiogo veut soutenir les acteurs du tourisme relevant de son ressort territorial à améliorer la qualité de leurs prestations.
A cet effet, elle a organisé une session de renforcement de capacités en matière de prestations des services au profit d’une quarantaine d’hôteliers et de restaurateurs de la région du Kadiogo, mercredi 2 septembre 2026 à Ouagadougou.
La directrice régionale de la communication, de la culture, des arts et du tourisme du Kadiogo, Octavie Noëlle Ouédraogo a indiqué que l’amélioration de la qualité des prestations touristiques participe à la construction d’un Burkina Faso plus souverain, compétitif et tourné vers ses propres potentialités.
Elle a en outre confié que le tourisme est un puissant vecteur de valorisation du patrimoine culturel burkinabè et de création d’emplois, d’où l’intérêt de cette session qui se tient deux fois dans l’année. Octavie Noëlle Ouédraogo a invité les promoteurs touristiques à mieux valoriser leurs prestations, afin d’offrir aux visiteurs une expérience unique et digne de l’hospitalité du pays des Hommes intègres. De son avis, cela passe par la qualité de l’accueil, le respect des mesures d’hygiène et professionnalisme du personnel.
Le directeur des espaces Morènes, Basile Bationo, par ailleurs formateur de la présente session, a confié que plusieurs modules ont été déroulés au profit des participants. Il a cité, entre autres, l’aptitude professionnelle, l’accueil, et l’hygiène. « Dans la restauration, vous pouvez bien préparer mais au moment de servir le client, si un brin de cheveu se retrouve dans le plat, cela devient désagréable. Il faut éviter les désagréments lors du service », a-t-il insisté. Les participants ont été invités à transmettre les connaissances acquises à leurs employés pour l’amélioration du service dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration.
Le port du casque est devenu une nécessité pour éviter les sanctions. Dans cette course pour se conformer aux textes en vigueur, certains usagers privilégient le prix du casque au détriment de sa qualité. Avec les différentes sensibilisations en cours actuellement, les vieux casques, restés longtemps inutilisés avec des défauts quelconques, sont ressortis des tiroirs.
Des casques à la qualité douteuse, sans vitres sont de plus en plus aperçus en circulation, alors que le simple port du casque ne garantit pas seulement la sécurité du motocycliste. Fort de ce constat, il serait judicieux de se pencher sur la question de l’homologation des casques pour l’atteinte des objectifs. Dans cette dynamique, les populations, à leur tour, sont invitées à préférer les casques bien conçus, résistants, susceptibles de supporter les chocs en cas d’accidents.
A Abuja, le sommet des forces de l’opposition organisé par le G-100 s’est ouvert lundi 31 aout 2026, dans un climat marqué par les divisions et l’incertitude. L’objectif était de poser les bases d’une coopération face au Président sortant, Bola Ahmed Tinubu, en vue de la présidentielle de janvier 2027. En effet, l’idée d’un candidat unique face à Bola Ahmed Tinubu, évoquée lors de précédentes rencontres, semble aujourd’hui s’éloigner. Pourtant, pour l’opposition, l’ambition claire au départ était de bâtir une stratégie commune pour affronter le camp présidentiel.
Une candidature unique, en principe, devait permettre de rassembler plusieurs sensibilités politiques et de concentrer surtout les suffrages autour d’un seul prétendant. Mais, les discussions menées ces dernières semaines révèlent toute la difficulté pour les opposants nigérians de faire chorus derrière un candidat unique. Malheureusement, entre ambitions personnelles, divergences stratégiques et intérêts électoraux propres à chaque formation, les obstacles à un front commun s’accumulent. Le sommet d’Abuja arrive donc à un moment charnière, où l’opposition doit clarifier sa ligne. Sur le papier, une candidature commune ressemble à une équation simple mais pourtant difficile à appliquer. Il faut encore s’accorder sur un programme, une ligne politique, une vision de gouvernance partagée. Et, c’est précisément là où le bât blesse.
A l’inverse, cette fragmentation pourrait bien arranger le Président Tinubu. Face à des candidatures concurrentes, le pouvoir en place profiterait d’une dispersion des suffrages. Les formations d’opposition doivent accepter de concilier leurs intérêts autour d’une candidature commune, ou choisir de défendre chacune ses propres couleurs. Le sommet du G-100 pourrait, en théorie, offrir ce cadre de clarification. L’opposition nigériane devra trancher entre dispersion et coalition, entre ambitions individuelles et stratégie collective.
Premier pays d’Afrique par sa population, le Nigeria pèse lourd sur l’échiquier politique du continent et la prochaine bataille électorale sera scrutée de près, par de nombreux observateurs, pour son impact sur l’équilibre de l’Afrique de l’Ouest. Comment battre un président sortant sans parvenir à parler d’une seule voix ? C’est à cette question fondamentale que devrait répondre l’ensemble de l’opposition nigériane. En effet, une candidature commune qui ne s’appuierait pas sur un projet partagé risquerait de n’être qu’un arrangement de circonstance et préjudiciable à l’avenir de l’opposition nigériane dans toutes ses composantes.
Tinubu, de son côté, pourrait bien tirer profit de cette division. Car, de mémoire, en politique, l’adversaire le plus redoutable est celui qui parvient à fédérer les mécontentements autour d’une vision commune. Tant que l’opposition reste éclatée, elle offre au pouvoir cet avantage précieux qui est de voir ses rivaux se neutraliser d’eux-mêmes. Par ailleurs, dans une démocratie aussi stratégique que le Nigéria, il ne suffit plus de dénoncer le pouvoir en place mais d’être capable de prouver qu’on est capable de gouverner. Face à Tinubu, la victoire ne se jouera pas uniquement dans les urnes. Elle se gagnera d’abord dans la capacité à fédérer.