Fréquente chez les personnes ayant une mauvaise santé bucco-dentaire, une bouche sèche, les fumeurs et consommateurs d’alcool, la mauvaise haleine conduit le plus souvent le patient à la perte d’estime de soi et la solitude. La chirurgienne-dentiste, Dr Sandrine Ouédraogo explique comment éviter la mauvaise haleine et prévenir ses conséquences psychologique et sociale.
Sidwaya (S) : Qu’est qu’une mauvaise haleine ?
Dr Sandrine Ouédraogo (S.O) : La mauvaise haleine ou « halitose » en terme médical, est une odeur désagréable et incommodante provenant de la bouche et parfois du nez, lorsque nous parlons ou respirons. De façon simple, on dira que la mauvaise haleine est une bouche qui sent mauvais.
S : Quelles sont les causes de cette mauvaise haleine chez les patients ?
S.O : Les causes de l’halitose sont multiples : nous avons les causes locales et les causes d’ordre général. En ce qui concerne les causes locales, elles peuvent être due à la mauvaise hygiène bucco-dentaire, la plaque dentaire, le tartre, les caries dentaires, l’abcès, les maladies de la gencive, c’est-à-dire la gingivite, les maladies des tissus de soutiens de la dent comme la parodontite, la sécheresse buccale provoquée par des médicaments, un jeûne prolongé ou quand la bouche reste fermée pendant longtemps. Pour les causes générales, nous avons des causes ORL telles que les otites, les amygdalites avec le caséum, les sinusites, les rhinites. La mauvaise haleine a aussi des causes gastriques telles que le reflux gastro-œsophagien (remontés acides), les ulcères. A cela, s’ajoutent d’autres maladies telles que le diabète, les maladies rénales, les maladies hépatiques (…). En dehors de ces causes, il y a le stress qui peut provoquer une mauvaise haleine. La mauvaise haleine n’est pas héréditaire mais certaines habitudes familiales peuvent influencer son apparition. Elle peut être également d’origine alimentaire.
S : Quels sont les aliments qui sont les plus à l’origine d’une mauvaise haleine ?
S.O : Ce sont des aliments contenants des composés sulfurés volatils comme l’ail, les oignons, certains aliments épicés, la viande, le fromage (…). Il y a aussi l’alcool, le tabac. Toutefois, La mauvaise haleine d’origine alimentaire est passagère.
S : Quels sont les cas ou degrés de mauvaise haleine que vous rencontrez au quotidien chez les patients ?
S.O : Il n’y a pas de classification type, mais certains auteurs ont tenté de faire une classification selon le degré des odeurs. Il y a l’absence totale d’odeur perceptible, l’odeur à peine perceptible, l’odeur légère mais bien reconnaissable, l’odeur modérée mais clairement incommodante, l’odeur forte, très désagréable et insupportable. Nous avons également l’halitophobie qui est la peur constante d’avoir une mauvaise haleine, alors qu’il n’en est rien.
S : Est-ce que la mauvaise haleine a des conséquences sur la santé humaine ?
S.O : La mauvaise haleine a principalement des répercussions psychologiques sur la personne qui aura tendance à s’isoler, à perdre confiance en lui, et être anxieux. La personne ayant une mauvaise haleine peut être stigmatisée par ses proches, ce qui entraînera des conséquences sur ses relations professionnelles et sociales. Il faut noter aussi que la mauvaise haleine est surtout un symptôme, un signe qui peut traduire un problème sous-jacent. Donc elle ne va pas entrainer les maladies en question mais peut signifier qu’une maladie existe, d’où la nécessité à se faire consulter par un professionnel de la santé bucco-dentaire.
S : Quelles sont les précautions à prendre lorsqu’on constate une mauvaise haleine ?
S.O : Quand vous constatez une mauvaise haleine, il faut d’abord renforcer votre hygiène bucco-dentaire. Ensuite, boire suffisamment d’eau. Lorsque la mauvaise haleine est chronique, il faut consulter un chirurgien-dentiste pour rechercher les causes.
Celui-ci va faire une remise en état de la bouche. Si ça persiste ou si la cause n’est pas d’origine dentaire, il va vous référer chez un médecin ORL ou un gastro-entérologue. Tant que la cause n’est pas prise en charge, la mauvaise haleine va continuer. Si la cause est identifiée et traitée, le patient peut définitivement venir à bout de la mauvaise haleine.
S : Quels sont les types de produits utilisés ou à éviter lorsqu’on a une mauvaise haleine ?
S.O : Vous pouvez utiliser du dentifrice fluoré, des bains de bouches fluorés, des chewing-gum non sucrés sans abuser pour activer la salivation, des pastilles mentholées, des feuilles de menthe, les fils dentaires et les brossettes interdentaires. Il faut éviter les bains de bouche contenant de
l’alcool, bonbons et chewing-gums très sucrés, remèdes maisons agressifs, ainsi que les médicaments qui ne sont pas prescrits.
S : Quelles sont les bonnes pratiques pour ne pas avoir une mauvaise haleine ?
S.O : Pour ne pas avoir une mauvaise haleine, il faut avoir une bonne hygiène bucco-dentaire en se brossant bien les dents 2 fois par jour après les repas, on brosse de la gencive vers la dent, on brosse toutes les dents et toutes les faces des dents, sans oublier la langue. Compléter le brossage avec du fil dentaire ou des brossettes interdentaires et changer la brosse à dent tous les 3 mois ou avant 3 mois, si celle-ci est abîmée. Eviter la consommation du tabac et d’alcool, boire beaucoup d’eau environ 1,5 à 2 l d’eau par jour pour les adultes. Consulter régulièrement un chirurgien-dentiste au moins une fois par an, même en l’absence de douleur, pour contrôler ses dents et les soigner s’il y a des problèmes.
S : Un conseil à l’endroit des proches des personnes qui souffrent de ce mal
S.O : Lorsque l’un de vos proches à une mauvaise haleine persistante, il est important de trouver une manière bienveillante et respectueuse de lui en parler, sans ne le frustrer ni l’isoler. En effet, certaines personnes peuvent ne pas savoir qu’elles ont une mauvaise haleine.
D’autres en sont conscientes, mais n’ont peut-être pas encore trouvé de solution et, dans ce cas, elles souffrent déjà suffisamment de cette situation. Pour les
personnes qui en souffrent, je dirais que la mauvaise haleine n’est pas une fatalité, elle peut être prise en charge et se soigner.
S : Quel est le service qui s’occupe des patients souffrant d’une mauvaise haleine ?
S.O : La prise en charge de l’halitose peut être pluridisciplinaire, c’est-à-dire plusieurs services. D’une part il y a le service d’odonto-stomatologie ou service de chirurgie dentaire ou cabinet dentaire. D’autre part, les
services d’ORL et de gastro-entérologie en fonction des cas.
Interview réalisée par Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE
(Collaborateur)
Des poissons morts dans un cours d’eau. L’image est suffisamment forte pour interpeller. Mais, elle doit surtout nous pousser à réfléchir. Ce mercredi 26 août 2026, des cas de mortalité de poissons, notamment des silures sacrés, ont été constatés dans le marigot Houet, au niveau du secteur 14, à Bindougousso, dans le 3ᵉ arrondissement de la commune.
Cette découverte intervient au lendemain d’un incendie qui a touché des entrepôts de pesticides, d’herbicides et d’autres produits phytosanitaires situés à proximité. Pour l’heure, il serait prématuré d’établir un lien direct entre l’incendie et la mort des poissons. Les services techniques compétents ont d’ailleurs été mobilisés pour effectuer des prélèvements et déterminer les causes exactes de cette mortalité.
Mais, une question demeure, et elle mérite d’être posée avec insistance : où et comment stockons-nous les produits dangereux que nous utilisons au quotidien ? La question est
En attendant d’établir un lien direct entre l’incendie et la mort des poissons…,
d’autant plus importante que nous sommes en pleine période d’utilisation des pesticides par de nombreux producteurs. Ces produits sont utiles à l’agriculture lorsqu’ils sont correctement choisis, manipulés et utilisés. Mais, leur dangerosité ne disparaît pas une fois le bidon refermé. Un pesticide mal stocké peut devenir une menace pour les sols, les eaux, les animaux et, à terme, pour les populations. Un entrepôt installé à proximité d’un cours d’eau, dans une zone inondable ou dans un environnement vulnérable n’est donc pas un simple problème d’organisation. C’est un risque environnemental.
En cas d’incendie, de fuite ou de déversement, les substances toxiques peuvent potentiellement se retrouver dans le sol ou être entraînées vers les eaux. Et lorsqu’un cours d’eau est contaminé, ce sont tout un écosystème et des usages humains qui peuvent être affectés. L’enjeu est encore plus préoccupant dans un contexte où circulent des produits phytosanitaires non homologués ou utilisés sans respecter les prescriptions. La question n’est donc pas seulement celle de la disponibilité des pesticides. Elle est aussi celle de leur traçabilité, de leur stockage, de leur transport, de leur utilisation et
de l’élimination des emballages.
Sensibilser sur les risques
… le déversement de ces substances toxiques dans la rue constitue déjà un risque pour l’environnement et notre cadre de vie. poissons…,
Nous devons cesser de considérer la protection de l’environnement comme une affaire secondaire, à évoquer seulement après une catastrophe. Prévenir coûte toujours moins cher que réparer un environnement dégradé. L’incident du marigot Houet doit ainsi servir d’avertissement, sans attendre les résultats des analyses pour tirer les premières leçons. Les autorités doivent renforcer le contrôle des lieux de stockage et faire respecter les normes.
Les distributeurs et utilisateurs doivent, eux aussi, prendre leurs responsabilités. Et, les producteurs doivent être davantage accompagnés et sensibilisés sur les risques liés
aux produits qu’ils manipulent. Car, protéger l’environnement, ce n’est pas seulement défendre les arbres, les forêts ou les espèces animales. C’est protéger notre eau, nos terres, notre alimentation et, finalement, notre propre santé. Le marigot Houet nous rappelle une évidence : notre cadre de vie n’est pas une décharge où l’on peut entreposer n’importe quoi, n’importe où. La responsabilité environnementale commence précisément là où nous décidons de ne plus prendre de risques inutiles.
Le Vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, Maxime Prévot s’est rendu le 27 août 2026 à Kaya. Il a réaffirmé l’engagement de la Belgique à poursuivre la coopération avec le Burkina Faso, au regard des résultats engrangés.
Dans le cadre d’une visite de travail au Burkina Faso, du 26 au 28 août 2026, le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, Maxime Prévot, a effectué une sortie terrain, le 27 août 2026 à Kaya dans la région des Koulsé. Cette visite a été marquée par trois grandes étapes.
En effet, de la ferme agroécologique de Tengresséné, au centre d’écoute et de réinsertion socio-économique à Tiwèga, en passant par le centre de prise en charge nutritionnel de Kaya, le vice-Premier ministre a pu constater les fruits de l’alliance entre la Belgique et le Burkina.
Sur le site de la ferme agro écologique de Tengressené, situé à la sortie de la ville de Kaya, le chef de la diplomatie belge a pu apprécier le travail abattu par les exploitants. Aviculture, apiculture, élevage d’ovins et de bovins, pisciculture sont autant d’activités qui y sont pratiquées. Et grâce aux châteaux d’eau, les exploitants pratiquent le maraîchage et produisent du maïs et du niébé. La ferme agro écologique a été accompagnée dans le cadre du projet renforcement de la résilience des ménages vulnérables face aux effets néfastes du changement climatique par les boulis multi-usages, porté par la FAO et financé par la Belgique. Ainsi à ce jour, la ferme profite à 19 ménages.
La deuxième escale a été le centre de prise en charge nutritionnelle de Kaya. Ce centre bénéficie de l’appui financier de la Belgique, sous la tutelle de l’UNICEF et travaille à la récupération des enfants souffrant de malnutrition aiguë et modérée. Leurs mères sont initiées à la préparation des bouillies enrichies et y reçoivent un accompagnement des agents de santé.
La tournée de Maxime
Prévot et sa délégation s’est achevée au centre d’écoute et de réinsertion socio-économique des femmes et filles à Tiwèga au secteur 5 de Kaya. Ce centre travaille au relèvement des femmes et filles vulnérables, en leur offrant des formations professionnelles dans les domaines du tissage, du perlage, de la coupe-couture et bien d’autres métiers générateurs de revenus. Plus de 250 femmes ont été accompagnées à ce jour. Elles arrivent désormais à se prendre en charge faisant de leur vulnérabilité d’antan un lointain souvenir.
Poursuite de la coopération Burkina- Belgique
Le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot, a mis en terre des boutures d’oignons dans la ferme agroécologique de Tengresséné.
Au terme de sa vite, Maxime Prévot s’est dit satisfait face à l’impact des projets, financés par son pays, sur la vie des bénéficiaires. Il a indiqué qu’en apportant son soutien à des projets en lien avec l’éducation, la santé, l’adaptation aux changements climatiques ainsi que la réinsertion socio-économique des personnes vulnérables, la Belgique affiche sa volonté d’être un partenaire qui appuie les priorités qui sont définies par les autorités burkinabè.
Le ministre belge des affaires étrangères a également mis l’accent sur les résultats satisfaisants du programme de coopération bilatérale 2023-2027, mis en œuvre l’Agence belge de coopération internationale (Enabel). Il a annoncé que le nouveau programme de coopération qui va débuter en fin 2027, prévoit le maintient de l’appui de la Belgique en faveur des initiatives de développement. « Nous allons travailler sur une nouvelle programmation. Jusqu’à présent, c’est une quarantaine de millions d’euros qui ont été réservés pour pouvoir faire un programme de coopération spécifique avec le
Burkina Faso au niveau gouvernemental », a t’il souligné. Maxime Prévot a également fait savoir que la Belgique a débloqué 51 millions d’euros pour financer des projets directs et concrets comme ceux déployés sur le terrain.
Le calme est revenu dans les rues de la capitale nigérienne, Niamey, après la mutinerie d’un groupe de soldats, intervenue dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 août 2026. Ce mouvement d’humeur a été étouffé par l’armée, alors que certains oiseaux de mauvais augure voyaient déjà la chute du général Abdourahamane Tiani. En neutralisant cette révolte, le pouvoir nigérien livre le message selon lequel, il reste debout
et entend poursuivre sa marche, contre vents et marées. L’adversité ne saurait freiner son élan de quelque manière que ce soit. Si l’orage est passé, la mutinerie aux allures de coup d’Etat soulève à nouveau la question des nombreuses tentatives de déstabilisation orchestrées, par les impérialistes et leurs relais locaux, contre les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES), notamment le Niger, le Burkina et le Mali.
Les ennemis de l’ombre déploient tous les moyens, pour faire échouer le rêve d’un Sahel sécurisé et prospère, avec la bénédiction de la France qui a du mal à accepter l’émancipation de ses ex-colonies. Tapis dans leurs laboratoires, les pourfendeurs de l’AES multiplient les combines, mais leurs projets funestes se sont toujours soldés par des échecs cuisants et retentissants. Vont-ils enfin se résoudre à arrêter leurs basses besognes et à respecter le choix souverain des pays de l’AES d’assumer leur destin ? Si ce ne sont pas des terroristes qui sont à la manœuvre, ce sont des soldats à la solde des impérialistes qui essaient sans succès de stopper l’élan des dirigeants des pays de l’AES, le capitaine Ibrahim Traoré et les généraux Tiani et Assimi Goïta.
Ces dernières années, les Etats membres de l’AES ont déjoué, de part et d’autre, plusieurs tentatives de déstabilisation, avec malheureusement la perte du ministre de la Défense, Sadio Camara, dans les attaques simultanées du 25 avril 2026 au Mali. Déterminés à barrer la route aux prédateurs des ressources des pays africains et à redonner la dignité à leurs peuples respectifs, les Présidents Traoré, Tiani et Goïta n’entendent pas renoncer à ce combat. En refusant de demeurer dans la peau de l’esclave au service de l’Occident, comme nombre de leurs devanciers, les leaders de l’AES ont marqué la fin d’une époque et imposé le respect. Cette rupture dérange évidemment les « éternels maitres », habitués à faire valoir leur volonté en Afrique de l’Ouest et leur vaut des inimitiés.
Derrière les discours de soutien prononcés sur le plan diplomatique, tout est mis en œuvre dans certaines chancelleries occidentales pour déstabiliser l’AES. N’est-ce pas une coopération de façade ? Les chefs d’Etat de l’AES ne sont pas dupes. Ils connaissent bien le jeu d’hypocrisie qui caractérise les relations internationales. En parfaite symbiose avec leurs peuples qui veulent des relations totalement décomplexées avec les Occidentaux, ils comptent aller au bout de leur ambition de transformer positivement le Sahel. Jusque-là, ils apportent la preuve de leur engagement à travers des réformes courageuses et n’entendent pas laisser les ennemis éteindre leur rêve. La riposte à la
mutinerie de Niamey en est une illustration…
Le secteur minier artisanal et à petite échelle constitue une part importante de l’activité extractive au Burkina Faso. En 2024, la production totale artisanale était de 7,13 tonnes d’or contre seulement 0,49 tonne en 2023, selon le rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE-BF). Ce bond significatif est une véritable opportunité de mobilisation de ressources nationales. Cependant, l’absence de formalisation et de mécanismes de contrôle adéquats pose des risques en termes de pollution de l’environnement et de dégradation de la nature. Pour mieux organiser ce secteur, la loi n°016-2024/ALT du 18 juillet 2024 portant Code minier du Burkina Faso impose désormais l’exploitation collective des sites artisanaux. A ce jour, une vingtaine de coopératives ont déjà été créées, mais leur fonctionnement reste timide. Néanmoins, la coopérative Tiawango Mine qui exploite depuis février 2026, le site artisanal de Kaya-Kaforo, dans la province du Nahouri, prend son envol. Pionnière de ce modèle coopératif, elle trace les sillons d’une exploitation artisanale mieux structurée et respectueuse de l’environnement. Reportage !
Mercredi 8 juillet 2026. Il est 7 heures à Pô, chef-lieu de la province du Nahouri, situé à 145 kilomètres de la capitale, dans la partie Sud du Burkina Faso. Les premiers rayons du soleil percent à peine l’horizon lorsque nous prenons la route du village de Kaya rattaché à la commune rurale de Tiébélé. Après une trentaine de kilomètres de route
praticable, nous voilà dans ladite localité. Mais, il nous reste encore trois kilomètres à parcourir pour atteindre le site artisanal de Kaya-Kaforo.
Cette fois sur une piste que seuls les habitués du site d’orpaillage semblent parfaitement maîtriser. Les nids-de-poule se succèdent. Les bas-fonds ralentissent la progression et les branches d’arbres, envahissant parfois le passage, obligent notre conducteur à se frayer un chemin entre les buissons. Puis, au détour d’un virage, la brousse s’anime brusquement. Un vaste parking, où sont alignées des centaines de motos, nous annonce l’intensité de l’activité qui règne sur les lieux. Nous sommes à Kaya-Kaforo, un site artisanal d’or exploité par la coopérative Tiawango Mine composée de 100 membres.
Ses activités ont été officiellement lancées le 28 février 2026. A l’entrée, des agents de sécurité contrôlent systématiquement les visiteurs avant de les autoriser à franchir le portail d’un périmètre entièrement clôturé d’un kilomètre carré. Nous déclinons notre identité et la raison de notre présence. Quelques appels téléphoniques et plus tard, un homme se présente à nous. Il se nomme Zolo Ouetjouga. Originaire du village de Kaya, il est membre de la coopérative et responsable de la zone d’exploitation. C’est lui qui est notre guide du jour.
Pour la sécurité des orpailleurs, les trous sont moulés jusqu’à 10 mètres de profondeur.
« Nous allons parcourir le site à pied. Il est vaste. J’espère que vous tiendrez le rythme », nous lance-t-il avec un sourire aux lèvres.Le site est organisé en quatre espaces distincts. Il s’agit des zones d’extraction, de traitement du minerai, de commercialisation et une zone dédiée aux activités diverses. Chacun de ces espaces est régi par des règles précises visant à garantir la sécurité des orpailleurs et à limiter l’impact des activités sur l’environnement. Dans la zone d’extraction, c’est le vrombissement des groupes électrogènes mêlé au bruit des dynamitages qui nous accueille.
« Chaque membre a droit à un trou. C’est ce dernier qui recrute ses orpailleurs pour le travail. Pour un trou, il faut au moins dix travailleurs qui se relaient, car les activités se déroulent en continu », explique notre interlocuteur. Pour la production, précise-t-il, sur dix sacs de roche aurifère sortis des trous, deux reviennent à la coopérative. « C’est avec cette part que l’organisation fait face à ses charges de fonctionnement, de sécurité et de contribution pour le développement de commune », ajoute-t-il.
La protection de l’environnement, la règle d’or
Au fur et à mesure que nous avançons dans le périmètre, un autre détail nous saute
à l’œil. Contrairement aux sites d’orpaillage « sauvages », où les arbres disparaissent progressivement, Kaya-Kaforo conserve encore un important couvert végétal. L’ombre des nombreux arbres sert de lieu de repos pour les occupants du site.
« Ici, aucun arbre ne doit être abattu. Pour nos besoins, nous achetons du bois de filao auprès des populations du village », explique Zolo Ouetjouga. Cette exigence de préserver l’environnement n’est pas le fruit du hasard. Elle est consacrée au chapitre 5 du Code minier qui prévoit des mécanismes de protection et de restauration après l’exploitation. Dans le cahier de charges imposé aux coopératives, cette obligation est clairement définie. « Chaque vendredi, les membres suspendent une partie de leurs activités pour consacrer la journée au nettoyage du site.
Une distance de 5 mètres est observée entre deux trous.
Des poubelles ont été installées à plusieurs endroits afin de collecter les déchets plastiques et de maintenir les lieux propres », nous renseigne-t-il.
Trésorier de la coopérative Tiawango Mine et natif de la localité, Faïçal Bayemban Adi insiste sur le respect des engagements pris par les exploitants.
« Des dispositions sont également prises pour éviter toute pollution », affirme-t-il. L’utilisation des produits chimiques et des explosifs est strictement encadrée.
La coopérative bénéficie d’une autorisation pour l’emploi d’explosifs, mais leur approvisionnement et leur manipulation obéissent à des règles précises. « Nous avons un fournisseur agréé reconnu par les autorités. Les explosifs sont livrés directement sur le site et seuls des agents qualifiés sont autorisés à les manipuler afin de limiter les risques », précise M. Adi. Quant au cyanure ou le mercure, son utilisation est également prévue, mais la coopérative n’y recourt pas pour l’instant. « Nous n’en avons pas besoin à ce stade de notre exploitation », indique le trésorier.
Un dispositif de sécurité renforcé
Pour le traitement des résidus, des fosses spécialement aménagées permettent de contenir l’eau afin qu’aucun rejet ne soit déversé dans la nature, assure Kontargongo Yamenga, travaillant dans la zone de traitement. A Kaya-Kaforo, l’organisation de l’exploitation ne se limite pas à la protection de l’environnement. La sécurité des travailleurs, des visiteurs et des transactions est primordiale. Dans la zone d’extraction, les excavations sont consolidées afin de limiter les risques d’éboulement.
Zolo Ouetjouga, responsable de la zone d’extraction veille au grain pour que les règles soient respectées à la lettre.
« Nous avons exigé que les puits soient moulés en béton jusqu’à 10 mètres de profondeur. Entre deux trous, on doit observer une distance d’au moins cinq mètres », explique Faïçal Bayemban Adi.
L’accès au site est, lui aussi, rigoureusement réglementé. Chaque exploitant dispose d’un badge. Les visiteurs et les acheteurs reçoivent une autorisation temporaire avant d’entrer dans l’enceinte. « Ici, le badge est obligatoire. Sans badge, personne ne peut accéder au site », prévient Zolo Ouetjouga.
A quelques mètres de la zone de traitement, la commercialisation de l’or s’effectue dans un espace spécialement aménagé. Des collecteurs agréés y achètent directement le minerai avant sa cession à la Société nationale des substances précieuses (SONASP), conformément à la convention conclue avec la coopérative. Ce dispositif vise à assurer une meilleure traçabilité de la production et à lutter contre les circuits informels.
La sécurisation du site repose également sur une collaboration entre plusieurs acteurs. Une convention lie la coopérative à l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) ainsi qu’à une société de gardiennage privé.
Effectivement sur le périmètre, les Forces de défense et de sécurité ainsi que les Volontaires pour la défense de la patrie, déployés sur le site, travaillent sans relâche. Des patrouilles, soit en binôme à moto, soit à pied, sont effectuées régulièrement.
« Les différents dispositifs fonctionnent en parfaite complémentarité. Depuis l’ouverture du site, nous n’avons enregistré aucun incident majeur lié à la sécurité », assure Zolo Ouetjouga. Cette quiétude rassure aussi bien les exploitants que les commerçants. Dans la zone marchande, les transactions s’effectuent dans un climat de sérénité.
Dans la zone de traitement, un dispositif est mis pour qu’aucun rejet ne soit déversé dans la nature.
Pascal Kountouga, commerçant est confiant. Il garde en souvenir un passé douloureux. « J’étais dans un autre site. Le désordre y régnait. Nous avons été plusieurs fois victimes de vols et même de braquages. Avec cette sécurité à Kaya-Kafaro, je doute fort qu’un voleur ose s’aventurer ici », ironise-t-il.
Même si les débuts restent modestes, les premiers résultats sont encourageants. « 50 % des exploitants ont déjà atteint l’or », confie le responsable de la zone d’extraction. L’installation de la coopérative Tiawango Mine ouvre de nouvelles perspectives de développement pour la localité.
Des retombées pour les populations et l’Etat
« Au début, il y avait des inquiétudes. Aujourd’hui, les choses se passent bien et nous n’avons jamais été saisis d’un quelconque conflit », se réjouit le chef du village de Kaya. Et d’ajouter que l’activité contribue progressivement à améliorer les conditions de vie des habitants. « Même les femmes du village qui vendent la nourriture sur le site, celles qui ravitaillent les orpailleurs en eau, toutes s’en sortent », souligne-t-il. Il invite d’ailleurs les autres villages à s’inspirer de cette expérience en se conformant aux dispositions du Code minier.
Du côté de la coopérative, son trésorier, Faïçal Bayemban Adi, peut s’enorgueillir. « L’Etat a vu juste en intégrant la mise en place des coopératives. L’objectif est que les retombées générées par l’or profitent d’abord au village de Kaya, puis à la commune de Tiébélé, à la région et, au-delà, à tout le Burkina Faso », affirme-t-il.
Le Président de la délégation spéciale (PDS) de Tiébélé, Aimé Gué, est de cet avis. Il estime que l’impact de cette nouvelle organisation est déjà perceptible chez les exploitants.
Selon le trésorier de la coopérative, Faïçal Bayemban Adi, tous les exploitants doivent respecter leurs engagements.
Il fonde l’espoir que les retombées profiteront bientôt à l’ensemble de la commune. « Nous avons adopté une charte minière locale et nous poursuivrons le dialogue avec la coopérative afin qu’elle accompagne la réalisation de projets structurants au profit de la population », informe-t-il.
Pour lui, l’expérience de Kaya-Kaforo démontre qu’un site d’orpaillage peut fonctionner autrement. Là où les exploitations non encadrées peinent à respecter les règles de sécurité et les normes environnementales, foi du PDS, la coopérative apporte un mode de gestion où les responsabilités de tous les intervenants sont clairement identifiées. Cette première expérience, nous confie-t-il, ouvre la voie à d’autres qui feront incessamment de sa commune une localité minière. Deux autres coopératives, confie-t-il, sont en cours de création et deux projets de sites semi-mécanisés suivent également leur procédure d’autorisation. A ceux qui hésitent encore à rejoindre le modèle coopératif, le PDS les invite à se conformer aux dispositions légales.
« Il faut qu’ils aient accès à la bonne information. Beaucoup de réticences reposent sur des idées fausses et des désinformations véhiculées par des personnes de mauvaise foi», regrette-t-il. A Kaya, interpelle-t-il, chacun peut venir constater qu’une coopérative fonctionne très bien. « C’est ce modèle qui est dans l’intérêt de tous que nous souhaitons voir dans les autres localités », conclut-il.Et le président de la coopérative, Samuel Tahoura, de confirmer le parfait fonctionnement du site. « Auparavant, le site était exploité de manière anarchique. En 2022, un éboulement est survenu », se désole-t-il.
C’est à l’issue de cette situation regrettable, laisse-t-il entendre que l’Etat a repris la main pour y instaurer une exploitation artisanale mieux organisée. Aujourd’hui, se réjouit-il, le modèle est apprécié de partout. «Des orpailleurs ayant travaillé dans d’autres pays, comme la Guinée, nous font un retour positif », souligne-t-il. Il pense que c’est en se
mettant en coopérative que les orpailleurs peuvent favoriser la création d’emplois et contribuer au développement de leur localité.
Sur dix sacs de roche minérale extraits, deux reviennent à la coopérative.
En personne avisée de la question, le président dit apporter son expertise à ceux qui sont dans cette dynamique. « La coopérative Tewaka, dans la commune de Nobéré, est dans un processus de régularisation du site Nazinon Gold. Je donne régulièrement des conseils aux membres », laisse-t-il entendre.
Le président du syndicat national des artisans miniers du Burkina, Maneem Yam Naaba Sanem, salue cette réforme qui encourage les artisans miniers à se regrouper en coopérative. Selon lui, ce modèle favorise une meilleure répartition des revenus issus de l’orpaillage. Toutefois, reconnaît-il, la mise en œuvre de cette initiative se heurte encore à plusieurs difficultés.
A ce jour, seules quelques coopératives ont réussi à se structurer et à fonctionner de manière satisfaisante. Malgré ces défis, il se montre confiant. Il estime qu’à travers les actions de sensibilisation et le dialogue, les artisans finiront par comprendre les avantages de ce nouveau modèle d’organisation. Pour ce faire, il appelle les services de l’Etat, les collectivités territoriales, mais aussi les artisans miniers eux-mêmes, à s’impliquer davantage afin d’assurer le succès de cette démarche.
Un processus minutieux
La coopérative en question est l’une des illustrations de la vision des hautes autorités du pays consacrée dans la loi n°016-2024/ALT du 18 juillet 2024 portant Code minier du Burkina Faso, selon le directeur régional des mines, des
carrières et de l’énergie du Nazinon, Hervé Kalmogo. S’agissant du site de Kaya-Kaforo, il rappelle qu’il avait fait l’objet de fermeture et de sécurisation en 2022 du fait du contexte
Selon le chef du village de Kaya, l’activité contribue à améliorer les conditions de vie des habitants.
sécuritaire. Pour permettre l’ouverture de ce site, ajoute-t-il, il a été décidé de mettre en place une coopérative. Mais avant d’obtenir le précieux sésame pour exploiter un site, les membres doivent obéir à un processus. Tout commence, détaille-t-il, par l’identification et la délimitation des zones favorables pour l’exploitation.
« La superficie maximale est d’un km2 soit 100 hectares », précise le DR. Ces informations sont transmises aux services techniques du ministère en charge des mines pour vérification afin de s’assurer que le site demandé ne présente aucune contrainte à la mise en place de l’exploitation. Toutefois, relève-t-il, il peut arriver que le site soit couvert soit par un permis de recherche, soit une zone protégée comme les forêts classées ou les zones pastorales, ou sur un actif minier de l’Etat (permis de recherche ou d’exploitation ayant fait l’objet d’expiration ou de retrait pour des manquements aux obligations règlementaires et contenant des ressources exploitables).
Concrètement, souligne-t-il, pour ce qui est des permis de recherches, la coopérative en création négocie avec le détenteur afin de trouver un terrain d’entente. Faute d’accord, le processus s’arrête. « Pour les zones protégées, il est formellement interdit d’exploiter. Pour les actifs miniers, il y a plus de possibilité d’avoir un avis favorable pour la mise en place des coopératives », indique-t-il. Une fois ces préalables réunis, poursuit-il, place aux concertations avec les propriétaires et tous les acteurs impliqués.
« L’administration des mines, de concert avec la mairie de la localité, initie des communiqués radios pour inviter les personnes intéressées à s’enregistrer. Les personnes enregistrées sont ainsi convoquées pour une assemblée générale consacrant la création officiellement la coopérative et la mise en place des organes dirigeants, notamment le comité de gestion et le comité de surveillance », résume-t-il.
Le PDS de Tiébélé, Aimé Gué, fonde l’espoir que les retombées profiteront bientôt à l’ensemble de la commune.
A l’issue, il revient à la nouvelle coopérative d’entreprendre des démarches auprès du haut-commissariat de son ressort pour l’immatriculation et réunir les documents nécessaires qui seront déposés à la direction générale du cadastre minier pour l’obtention de leur Autorisation d’exploitation artisanale (AEA). Avant la délivrance de l’AEA, les avis de la mairie, des propriétaires terriens sont demandés.
En rejoignant une coopérative, se convainc-t-il, les artisans miniers obtiennent un cadre légal pour exercer leur métier et bénéficier d’un meilleur accompagnement de l’Etat. De son côté, se réjouit-il, l’Etat dispose d’interlocuteurs identifiés et peut convenablement
lutter contre la fraude. Même si la formalisation demande encore des
efforts de sensibilisation, promet-il, la dynamique est déjà enclenchée.
Adama SEDGO
Kaya-Kaforo brise les frontières tracées par le colon
Le modèle coopératif de Kaya-Kaforo a pu briser des frontières. Le site artisanal réunit des hommes et des femmes que les frontières issues du colonisateur semblaient pourtant séparer. Une partie des propriétaires terriens vit de l’autre côté de la frontière, au Ghana. Ghanéens de nationalité, ils conservent néanmoins des droits coutumiers sur les terres où s’étend aujourd’hui le site d’exploitation artisanale. Grâce au mode de gouvernance instauré par la coopérative, les bénéfices de l’exploitation sont répartis entre les ayants-droits, qu’ils résident au Burkina ou en territoire ghanéen. Une organisation saluée par les populations où chacun, de part et d’autre de la frontière, trouve son compte. « La famille reste la famille », dit un adage !
A.S.
Vers une sécurisation de l’or national
Le Burkina, à travers la formalisation de l’orpaillage, entreprend des mesures de
sécurisation et de traçabilité de son or. En octobre 2023, la Société nationale des
substances précieuses (SONASP) voit le jour. Elle est une société d’Etat née des cendres de l’Agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et
semi-mécanisées (ANEEMAS). La SONASP est l’unique guichet de commercialisation et d’exportation de l’or de production artisanale et semi-mécanisée, ainsi qu’une partie de l’or industriel. L’objectif étant de réduire la fraude et la contrebande. Ces
prérogatives sont régies par le nouveau Code minier, en son article 238, portant
commercialisation de l’or et des substances précieuses. En 2024, le Burkina a bouclé l’année avec une exportation d’or estimée à 64,15 tonnes. Pour une première fois, la SONASP devient le premier exportateur national, avec plus du tiers des volumes exportés (35%), traduisant l’intégration progressive de l’or artisanal dans les circuits formels.
Le ministère de la Santé a fait le bilan de la première édition des Journées nationales de lutte antivectorielle (JNLAV), lundi 31 août 2026, à Ouagadougou.
La première édition des journées nationales de lutte antivectorielle (JNLAV) s’est tenue les 8 et 9 août 2026, sur toute l’étendue du territoire national. Au cours d’une rencontre qui a réuni, le lundi 31 août 2026, à Ouagadougou en présentiel, les acteurs centraux et en visioconférence les gouverneurs et les responsables de santé des régions, le ministre de la Santé, Robert Kargougou, accompagné des responsables du Secrétariat permanent pour l’élimination du Paludisme (SP/Palu), a dressé un bilan qu’il juge satisfaisant.
Le chef service de surveillance entomologique au SP/Palu, Dr Tiécoura Camara, a rappelé que l’objectif visé par cette campagne est de réduire les populations de moustiques en éliminant les gîtes larvaires. Il a souligné que les activités ont touché toutes les régions. En termes de résultats atteints, il a relevé que 47 000 pneus usagés ont été ramassés et 214 gîtes larvaires ont fait l’objet de pulvérisation spatiale. Il a cité également la destruction de 89,26 % des gîtes larvaires sur un total de plus 418 000 identifiés au départ,
le curage de 188 kilomètres de caniveaux et la surveillance entomologique qui a consisté à collecter des moustiques dans certaines localités.
Le comité de suivi, a-t-il indiqué, a formulé des recommandations pour la réussite des futures éditions. Il s’agit, entre autres, de l’implication des présidents de délégation spéciale dans l’identification des sites prévus par commune, d’encourager la participation de chaque membre du gouvernement dans une commune ou localité prédéfinie, d’intensifier les campagnes médiatiques et d’engager les appelés de l’immersion patriotique obligatoire à prendre une part active aux JNLAV. Le ministre de la Santé a salué la mobilisation des membres du gouvernement et des gouverneurs de régions qui a permis la réussite de cette campagne.
Il a rappelé que les JNLAV sont une prescription du chef de l’Etat qui, dans son adresse à la Nation, a donné une instruction d’assainir le cadre de vie afin de lutter contre le paludisme. « Le moustique ne connait pas de campagne. Il continue de piquer chaque fois qu’il peut. C’est pourquoi, il est important que nous maintenions la pression sur le moustique », a-t-il interpelé. Pour la deuxième édition prévue les 5 et 6 septembre 2026, Robert Kargougou a lancé un appel à la mobilisation générale afin d’identifier les gîtes larvaires, les détruire et assainir le cadre de vie. « C’est à travers l’assainissement de notre cadre de vie que nous
allons réduire la transmission du paludisme et les autres maladies à transmission vectorielle », a-t-il conclu.
Le directeur régional de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et Halieutiques de la Boucle du Mouhoun (Bankui), Gaël Sidbewendin Yaméogo, a visité le bas-fond rizicole de Nouakuy, commune de Dédougou, le samedi 29 août 2026.
La visite s’est voulue une initiative pour toucher du doigt la réalité du terrain et constater l’évolution de la campagne agricole dans ce périmètre aménagé par l’État, situé à la périphérie nord-ouest de la ville de Dédougou. Elle a été appréciée par les exploitants du domaine, à commencer par le président des producteurs du bas-fond, Jérémie Magna Saboué. Ce dernier a traduit la joie de plus de 400 agriculteurs envers l’État pour l’opérationnalisation du site.
Il a indiqué que la campagne est prometteuse au vu de l’évolution des cultures dans leurs champs, où se côtoient populations autochtones et personnes déplacées internes (PDI). Il a ainsi magnifié la bonne entente entre les différents producteurs, qui permet de promouvoir et de cultiver la cohésion sociale et la résilience.
Respecter les consignes de l’encadrement technique
Le visiteur du jour a avoué que cette saison agricole humide est celle du riz à l’échelle de la région. Il a informé que les plants sont au stade de tallage dans les différentes zones aménagées. Et « la physionomie générale des bas-fonds se présente très bien en dépit de quelques difficultés que nous avons connues en début de saison pour ce qui est de la pluviométrie », a-t-il fait remarquer. À l’en croire, « si la pluviométrie se maintient, nous espérons une très bonne campagne ».
Dans ce périmètre aménagé de Nouakuy, le choix a été porté sur les variétés de riz à cycle court comme l’Orylux. M. Yaméogo a saisi l’occasion de sa visite pour appeler les producteurs de ce bas-fond — qui compte plus de 80 hectares de superficies emblavées — à respecter les consignes de l’encadrement technique. « Aussi, il faut rester engagé, car en révolution il faut toujours rester en veille », a-t-il ajouté. Il a également salué l’implication des responsables coutumiers du village dans l’organisation des cultivateurs qui font preuve d’ordre et de discipline.
Au cours des échanges, le directeur régional a rassuré les riziculteurs quant à l’engagement pris d’étendre le bas-fond de Nouakuy à 200 hectares. À l’ensemble des producteurs de la région, il a réitéré l’entière disponibilité des services techniques déconcentrés à les assister en appui-conseils pour booster la production. « Nous ferons tout ce qui est humainement possible pour être au plus près des producteurs, afin de les conseiller et d’apporter un plus à l’encadrement technique », a-t-il promis.