La Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB), avec le soutien et la collaboration du ministère de la Santé, d’Enda Santé et de KENAYA Impact,a organisé, les 20 et 21 août 2026 à Bobo-Dioulasso, dans la région du Guiriko, un atelier de plaidoyer à l’intention des sage-femmes sur l’hémorragie du post-partum (HPP). L’objectif était de renforcer leurs capacités afin d’améliorer la mobilisation sociale et citoyenne autour de la réduction de la mortalité maternelle liée à cette complication.
Après Ziniaré, Tenkodogo, une quarantaine de sage-femmes de Bobo-Dioulasso, ont pendant deux jours renforcées leur capacité en matière de lutte contre l’hémorragie du post-partum (HPP).
Le HPP demeure une préoccupation majeure de santé publique au Burkina Faso. Elle représente environ 30 % des causes de décès maternels dans le pays, selon la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB).
Malgré les efforts déployés par les autorités sanitaires et leurs partenaires, la mortalité maternelle reste élevée. Si elle a enregistré une baisse d’environ 32 % au cours des deux dernières décennies, le ratio de mortalité maternelle demeure estimé à 198 décès pour 100 000 naissances vivantes. Une situation encore éloignée de la cible des Objectifs de développement durable (ODD), qui vise moins de 70 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes.
Face à cette situation, la SOGOB a réuni une quarantaine de sage-femmes, les 20 et 21 août 2026 à Bobo-Dioulasso, pour renforcer leurs connaissances et leurs compétences en matière de plaidoyer sur la réduction de la mortalité maternelle liée à l’hémorragie du post-partum.la même formation s’est réalisée à Ziniaré et à Tenkodogo bouclant la série.
La SOGOB estime que la lutte contre la mortalité maternelle ne peut se limiter aux interventions dans les formations sanitaires. Une réponse multisectorielle, associant les pouvoirs publics, les professionnels de santé, les communautés, les médias et les partenaires, est nécessaire.
Dans cette dynamique, les sages-femmes occupent une place stratégique. Au-delà de leur rôle dans la prise en charge des femmes enceintes et des accouchements, elles constituent des relais importants pour la sensibilisation des populations et la mobilisation des décideurs autour de la santé maternelle.
L’atelier visait ainsi à mieux informer les participantes sur les enjeux sanitaires, économiques et sociaux liés à la mortalité maternelle par hémorragie du post-partum. Il devait également leur permettre de s’approprier les données nationales et les stratégies mises en œuvre pour réduire les décès liés à cette complication.
Les participantes ont par ailleurs été outillées pour produire des messages et des contenus de plaidoyer susceptibles de contribuer à une meilleure mobilisation communautaire et sociale.
Durant les deux jours de travaux, plusieurs communications ont porté sur la situation de la mortalité maternelle au Burkina Faso et sur l’ampleur de l’hémorragie du post-partum dans le monde et dans le pays.
Les échanges ont également permis de s’interroger sur les raisons pour lesquelles l’HPP continue d’entraîner des décès maternels, malgré les progrès enregistrés dans le système de santé.
La prévention et la prise en charge de cette urgence obstétricale ont aussi occupé une place importante dans les discussions. Les participantes ont notamment échangé sur les moyens recommandés pour prévenir et traiter l’hémorragie du post-partum, ainsi que sur les obstacles et les opportunités liés à la législation, aux ressources disponibles et à la formation des acteurs.
Le Burkina Faso a déjà engagé plusieurs réformes et initiatives en faveur de la santé maternelle, parmi lesquelles la gratuité des soins de santé maternelle et la mise en œuvre de politiques de planification familiale. L’activation du Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS), qui permet notamment de renforcer la surveillance et la réponse face aux décès maternels, s’inscrit également dans cette dynamique.
Toutefois, l’atteinte des objectifs de réduction de la mortalité maternelle nécessite une accélération des actions et un engagement accru de l’ensemble des acteurs.
L’atelier de Bobo-Dioulasso a également permis d’encourager la création et le renforcement de partenariats entre les différents acteurs intervenant dans le domaine de la santé maternelle.
Pour les sages-femmes, désormais appelées à jouer pleinement leur rôle de relais d’opinion, le défi est de transformer les connaissances acquises en actions concrètes sur le terrain. Car derrière les statistiques, chaque décès maternel évitable constitue une vie qui aurait pu être sauvée grâce à une prévention efficace, une prise en charge rapide et une mobilisation collective.
La représentante régionale des sages-femmes du Guiriko a appelé les professionnels de santé à renforcer leur engagement dans la lutte contre l’hémorragie du post-partum (HPP). Elle a insisté sur la vigilance permanente, l’anticipation, la disponibilité des produits essentiels et l’application rapide des protocoles nationaux. Elle a également exhorté les acteurs de santé à poursuivre la sensibilisation des femmes et de leurs familles afin de favoriser les accouchements assistés dans les structures sanitaires. « Ensemble, faisons reculer l’HPP pour que plus aucune mère ne meure en donnant la vie », a-t-elle déclaré.
En fin de séjour à Pékin dans le cadre du 7e forum sur la coopération médiatique entre la Chine et l’Afrique, le ministre burkinabè et sa délégation sont allés exprimer leur gratitude à l’ambassadeur burkinabè, le camarade Daouda Bittié, pour sa disponibilité et tout l’accompagnement dont a bénéficié la délégation du ministre et celle des journalistes et communicants en séjour de formation de trois semaines.
Le ministre Pingdwendé s’est réjoui de toute l’assistance apportée à nos compatriotes en séjour en République populaire de Chine. Il a partagé les nouvelles du pays au camarade ambassadeur dans les domaines de la sécurité, l’agriculture, la culture, l’éducation… ainsi que l’état des lieux des chantiers stratégiques en cours.
« Je voudrais vous rassurer que tout va bien. Il faut rester serein et se laisser convaincre parce que les orientations sont bonnes », a rassuré le ministre porte-parole du gouvernement. Le ministre Pingdwendé a, par ailleurs, plaidé auprès de l’ambassadeur afin qu’il exploite dans ces pays d’Orient, les possibilités de partenariats pour des perspectives de collaboration notamment dans les grands chantiers et les évènementiels du département de la Communication et de la Culture. Etablie en 2018, la juridiction de l’ambassade du Burkina Faso en République populaire de Chine couvre sept pays dont la Chine, la Mongolie, le Cambodge, la Corée du Nord, la Birmanie, le Vietnam et le Laos.
Le Parlement de la Confédération des Etats du Sahel (AES) a ouvert, le lundi 24 août 2026, à Niamey au Niger, sa première session. Cette session constitue un cap de franchi dans la construction de l’espace confédéral, en ce qu’elle traduit la volonté du Burkina Faso, du Mali et du Niger de donner une assise politique et institutionnelle à une dynamique d’intégration engagée depuis l’adoption de la Charte du Liptako-Gourma le 16 septembre 2023, à Bamako, marquant la création de l’AES et son évolution en Confédération, le 6 juillet 2024.
Avec ses 45 députés confédéraux, cette nouvelle institution ouvre ainsi une nouvelle séquence dans l’organisation de l’espace commun, le dotant progressivement des instruments nécessaires à la mise en œuvre de sa vision. Après le Collège des chefs d’Etat et le Conseil des ministres, le Parlement confédéral vient compléter cette architecture institutionnelle et donner une représentation aux populations des trois pays.
Au-delà de l’organe qui vient de se créer, l’enjeu est de construire une architecture institutionnelle intégrée, capable de porter une ambition collective et de traduire dans les faits, les aspirations des peuples du Sahel qui veulent être maîtres de leur destin. Cette architecture doit s’appuyer sur les priorités clairement identifiées que sont la défense, la sécurité, le développement et la diplomatie. Ces quatre piliers constituent autant de fronts sur lesquels les Etats du Sahel ont compris la nécessité d’agir ensemble.
Dans cette construction, le Parlement confédéral devra œuvrer à rapprocher davantage la Confédération des citoyens, à porter leurs préoccupations et à formuler des propositions utiles à l’action des autres organes confédéraux. Cette responsabilité est d’autant plus grande que les trois pays affrontent des défis qui appellent des réponses collectives. Le terrorisme, les pressions extérieures et les tentatives de remise en cause des choix
souverains imposent de renforcer la cohésion et l’autonomie stratégique de l’espace sahélien.
C’est pourquoi, les députés confédéraux ont la lourde responsabilité de s’inscrire pleinement dans la dynamique impulsée par les trois chefs d’Etat. Leur mission est historique parce qu’ils doivent faire du Parlement un instrument de consolidation de l’intégration, de lutte contre le terrorisme et toutes les formes d’impérialisme et de domination, mais aussi de promotion du développement endogène.
De Niamey doit ainsi partir l’élan d’un Parlement au service de l’unité, de
la solidarité et de la souveraineté. Car, l’objectif ultime de cette construction institutionnelle est de permettre aux peuples du Sahel de prendre pleinement en main leur destin et de bâtir, ensemble, un avenir à la hauteur de leurs aspirations.
Sur invitation de son président directeur général, Xinjing Pang, le ministre chargé de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo et les membres de la délégation burkinabè ont été reçus, le samedi 22 août 2026, au siège de l’opérateur de diffusion chinois StarTimes Group, une entreprise de haute technologie créée en 1988 et opérant depuis 2002 dans une quarantaine de pays africains.
Après la visite guidée des locaux, une séance d’échanges a permis au PDG de présenter les activités de sa société, son déploiement en Afrique et les possibilités de partenariat avec le Burkina Faso. Les activités de StarTimes en Afrique concernent notamment la diffusion satellitaire de contenus avec un bouquet d’environ 850 chaines de télévision diffusées dans une vingtaine de langues, les réseaux de transmission, la télévision numérique terrestre, le système de numérisation, les nouvelles énergies y compris les systèmes solaires domestiques. StarTimes accompagne également les projets de migration numérique.
Le PDG de StarTimes a, par ailleurs, présenté les atouts en matière de technologie notamment le doublage qui permet la diffusion de programmes dans les langues nationales africaines. Le ministre Pingdwendé a traduit sa gratitude au PDG pour l’invitation qui a permis de découvrir les domaines d’activités du groupe et le processus de déploiement en Afrique. Il a marqué un intérêt pour une présence des chaînes nationales sur le bouquet StarTimes, les initiatives du groupe dans l’accès à la télévision numérique et surtout dans le domaine de l’énergie, un secteur hautement stratégique.
Le camarade Pingdwendé a présenté le potentiel et les besoins du Burkina Faso qui a une position géographique stratégique au cœur de l’Afrique de l’ouest. Il n’a pas manqué de souligner la dynamique actuelle qui s’inscrit dans la diversification des partenariats afin de trouver les meilleures offres qui permettront d’améliorer les conditions de vie des citoyens burkinabè et surtout l’existence d’un cadre juridique qui protège et qui permet l’exercice des différentes entreprises. Les échanges se sont approfondis sur les modalités de collaboration avec la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB) et le diffuseur national en l’occurrence la Société burkinabè de télédiffusion (SBT).
Le PDG Xinjing Pang a été visiblement séduit par l’exposé du Ministre Pingdwendé et a regretté la non présence de son groupe au Burkina alors que StarTimes opère dans des pays frontaliers comme la Côte d’Ivoire et le Togo avec des offres de haute qualité et abordables aux côtés d’autres concurrents. Il a manifesté sa volonté de dépêcher, dans les jours à venir, une équipe pour approfondir les échanges et entamé une étude de marché. En rappel, cette visite du chef du département de la Communication s’inscrit en marge de la participation de la délégation burkinabè au 7e forum sur la coopération des médias sino-africains, qui s’est tenu à Pékin, du 19 au 21 août 2026, sur le
thème global : « Partager de nouvelles opportunités de développement, créer un nouvel avenir audiovisuel ».
Chaque année, le retour de la saison des pluies s’accompagne d’une affection cutanée fréquente chez les plus jeunes, communément appelée « plaies de saison ». Caractérisée par d’intenses démangeaisons, des lésions et parfois des surinfections, cette pathologie suscite l’inquiétude chez de nombreux parents. Pour mieux en comprendre les origines, les facteurs favorisants et les moyens de prévention, Sidwaya s’est entretenu avec le Professeur Muriel Ouédraogo, dermatologue-vénérologue au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo et enseignante à l’Unité de Formation et de Recherche en Sciences de la Santé de l’Université Joseph-Ki-Zerbo.
Sidwaya (S.) : Dans le langage courant, les familles parlent souvent de « plaies de saison » chez les enfants. Que recouvre exactement cette expression ? Y a-t-il une définition médicale précise pour cette affection ?
Muriel Ouédraogo (M. O.) : Le terme « plaies de saison » chez les enfants est communément utilisé pour les plaies qui apparaissent chez les enfants suite au grattage pendant la saison des pluies. En termes dermatologiques, nous employons le terme « prurigo strophulus ».
S. : A quelles périodes de l’année ces plaies apparaissent-elles le plus souvent et quels facteurs climatiques ou environnementaux les favorisent ?
M. O. : Ces plaies apparaissent le plus souvent en saison pluvieuse à cause de la pullulation des insectes que cela induit. Sachant que la stagnation des eaux y contribue beaucoup et que les zones où les eaux stagnent tout le long de l’année entretiennent la vie des insectes et constituent des facteurs favorisant le prurigo strophulus tout le long de l’année.
S. : Qu’est-ce qui provoque exactement l’apparition de ces plaies de saison chez les enfants ?
Les plaies de saison désignent une affection de la peau très fréquente chez les enfants au Burkina Faso.
M. O. : Ces plaies sont favorisées par une hypersensibilité de la peau des enfants à la salive des insectes piqueurs ; on peut dire que c’est une forme d’allergie ; ce sont des peaux prédisposées. A la surface de la peau de toute personne, il y a un environnement qui contient des germes contribuant à l’équilibre de cette peau qu’on appelle le microbiote cutané ; là, il y a un germe qui favorise l’attraction de la peau vis-à-vis des insectes piqueurs.
S. : Pourquoi les enfants sont-ils particulièrement exposés ?
M. O. : Cette affection touche le plus souvent les enfants à cause de l’immaturité de la peau et des fonctions de défense de l’organisme.
S. : Peut-on réellement parler d’un phénomène saisonnier ?
M. O. : On parle de plaies de saison, parce que ces plaies apparaissent préférentiellement au moment de la saison des pluies. La saison pluvieuse occasionne de l’humidité et est un facteur favorisant la pullulation des insectes, des moustiques, parce que les moustiques se développent bien dans les eaux stagnantes. La saison des pluies crée les conditions de développement des moustiques, dont les piqûres créent des lésions sur les parties découvertes du corps des enfants. Les parties découvertes sont les membres supérieurs et inférieurs, notamment le dos des mains, les pieds, les jambes, les avant-bras, qui sont les plus exposés.
S. : Et le visage ?
M. O. : Le visage également peut être touché quand la peau de l’enfant est très sensible à la piqûre de ces insectes, parce que les moustiques piquent partout, même le cuir chevelu, quand les enfants ont la tête rasée ou les cheveux très courts.
S. : Ces plaies sur le visage ne sont elles pas plus dangereuses au niveau du visage, des yeux ?
M. O. : Le problème, vraiment, c’est l’inconfort lié au grattage et puis les cicatrices à long terme, parce que ces plaies, quand elles ne sont pas traitées tôt, elles vont laisser des cicatrices, des taches noires qui
sont inesthétiques, notamment sur le visage et les jambes.
S. : Quels sont les premiers signes et symptômes qui doivent alerter les parents et les pousser à consulter rapidement un spécialiste ?
M. O. : Les premiers symptômes sont principalement les démangeaisons au niveau des membres (avant-bras, jambes, pieds, dos des mains), qui sont les zones les plus exposées aux piqûres d’insectes. Les enfants se grattent énormément avant même l’apparition des plaies. Cela les indispose au quotidien, perturbant leurs jeux dans la journée et les empêchant parfois de dormir paisiblement. Du fait du grattage, les enfants apportent avec leurs mains d’autres germes sur la peau, ce qui peut entraîner une surinfection et donc la formation de pus. Si la situation s’aggrave, l’enfant peut même faire de la fièvre. Il est donc crucial d’amener l’enfant en consultation dès qu’il commence à se gratter de manière intense. Cela permet d’éviter l’apparition de grosses plaies, la surinfection et, à long terme, la formation de cicatrices (des taches noires persistantes sur les membres), ce qui est très préjudiciable sur le plan esthétique, notamment pour les
jeunes filles. Une prise en charge précoce est indispensable pour prévenir ces complications.
S. : Comment distinguer une plaie d’une petite lésion bénigne, d’une plaie qui nécessite une consultation ?
M. O. : Je pense qu’il ne faut pas négliger les plaies d’une manière générale, mais il faut dire aussi que dans le prurigo strophulus, il y a des formes bénignes et des formes graves. Il y a des enfants qui vont se gratter un peu, et là, ils n’auront pas beaucoup de plaies, éparpillées sur la peau. Alors qu’il y a des enfants qui sont très sensibles aussi à la piqûre de ces insectes qui vont se gratter énormément, et ils auront vraiment de larges plaies surinfectées avec l’apparition de pus dessus. Et à ce moment-là, il faut traiter la surinfection, sinon ça va mener à l’apparition d’une fièvre. Et la fièvre signifie que le cas s’est aggravé.
S. : Comment le grattage, le manque d’hygiène, l’humidité ou le partage de vêtements peuvent aggraver ou transmettre ce type de lésions ?
M. O. : En fait, ce type de lésions est favorisé par la piqûre des insectes au moment de la saison des pluies où les insectes pullulent. Essentiellement, c’est l’environnement avec la pullulation des insectes qui est
responsable de l’apparition de ces lésions. Les vêtements et le manque d’hygiène corporelle ne transmettent pas ces lésions.
S. : Ces plaies de saison présentent-elles un risque de contagion entre les enfants ?
M. O. : Non, ces lésions ne sont pas contagieuses, c’est propre à chaque individu. Je peux dire que ce sont des enfants dont la peau est prédisposée à être sensible à la salive des insectes. Lorsque les insectes les piquent, leur salive touche la peau et ils font comme une sorte d’allergie. C’est une réaction d’hypersensibilité retardée au contenu de la salive des insectes.
S. : Peut-on prévenir cette prédisposition individuelle, et quelles mesures simples les parents peuvent-ils adopter à la maison pour prévenir l’apparition de ces plaies ?
M. O. : On ne peut pas prévenir la prédisposition elle-même. En revanche, on peut agir sur l’environnement, et cela passe par des mesures de prévention adoptées par les familles. Dès le début de la saison pluvieuse, les parents qui savent que leurs enfants y sont sujets doivent impérativement les protéger contre les piqûres d’insectes, d’autant plus que cela touche principalement les enfants en bas âge, depuis le stade de nourrisson jusqu’à l’âge de 10 ans environ.
A la maison, la protection passe d’abord par l’habillement : il faut leur faire porter des vêtements longs et couvrant tous les membres, tels que des chemises à manches longues, des pantalons et des chaussettes. Il convient également de leur appliquer régulièrement dans la journée des crèmes ou lotions répulsives contre les moustiques, au minimum le matin, le midi et le soir, sinon au moins renouveler l’application toutes les trois heures. Les parents doivent aussi faire dormir les enfants sous des moustiquaires imprégnées, qui sont
distribuées périodiquement par le ministère de la Santé et disponibles en pharmacie.
A cela s’ajoute la pulvérisation régulière de la maison avec des insecticides, au moins une fois par semaine, afin de réduire la pullulation des moustiques. L’assainissement du cadre de vie est tout aussi fondamental : il faut maintenir le domicile propre et éviter la stagnation des eaux usées aussi bien dans les cours que dans les rues en assurant leur bonne évacuation.
Enfin, il est essentiel de traiter les plaies dès leur apparition pour prévenir tout risque de surinfection.
S. : Que dites-vous de ces parents qui appliquent souvent des pommades fabriquées de manière endogène ? Ces pratiques ne risquent-elles pas d’aggraver ces plaies ?
M. O. : De manière générale, les parents devraient toujours demander conseil au personnel médical. Lorsqu’il s’agit de « plaies de saison », il est préférable de consulter, d’autant plus que n’importe quel agent de santé est en mesure de les prendre en charge. Dès que les parents constatent au bout de quelques jours que la situation ne s’améliore pas, ils doivent consulter pour éviter toute aggravation de l’état de l’enfant. L’urgence est d’abord de calmer les démangeaisons, car, elles représentent un inconfort terrible pour les enfants.
En soulageant ces démangeaisons, on évite la formation de plaies graves et, à long terme, l’apparition de cicatrices indélébiles. Concernant les pommades endogènes, je ne peux pas me prononcer sur leur efficacité ;
exerçant la médecine moderne, je ne saurais les évaluer. Toutefois, lorsque l’on applique des produits dont on ne maîtrise pas la composition, on s’expose à créer des dommages sur la peau.
C’est pourquoi je conseille vivement aux parents de ne pas banaliser les affections cutanées en général et de conduire leurs enfants tôt en consultation, que ce soit dans un service de dermatologie ou dans un centre de santé, afin de traiter ces problèmes de peau de manière précoce et appropriée.
S. : Dans quelle situation une petite plaie peut-elle évoluer vers une infection ou une complication grave ?
M. O. : Une petite plaie peut évoluer vraiment vers une infection grave quand elle n’est pas prise en charge précocement, et aussi quand elle apparaît sur certains terrains qu’on appelle des terrains immunodéprimés : par exemple ceux qui ont un diabète, ceux qui ont des maladies graves comme l’infection au VIH, comme les cancers, ou bien ceux qui ont certaines maladies du sang comme la drépanocytose (SC ou SS). Ce sont des terrains particuliers qui sont sujets à l’aggravation des maladies de la peau.
S. : Comment les structures de santé prennent-elles en charge les enfants atteints de plaies de saison ?
M. O. : Les agents de santé prescrivent des médicaments contre les démangeaisons, également pour cicatriser les plaies, traiter la surinfection. Ils donnent également des conseils aux parents pour la prévention de l’apparition de ces plaies. Ce sont des conseils à appliquer chaque
année au moment de la saison des pluies car, c’est une pathologie qui peut récidiver chaque année à cette période.
S. : Les familles ont-elles un accès facile aux soins dermatologiques pour ce type de pathologie ?
M. O. : La couverture sanitaire en dermatologie est insuffisante au Burkina Faso pour que les soins soient spécialisés, toutefois tout agent de santé peut être en mesure de le prendre en charge car, les étudiants en médecine de même que les infirmiers en formation reçoivent un cours adapté sur le prurigo strophulus.
S. : Quelles recommandations formuleriez-vous pour améliorer la prévention et la prise en charge des plaies de saison chez les enfants au Burkina Faso ?
M. O. : Pour améliorer la prévention et la prise en charge des plaies de saison, cela peut se faire à plusieurs niveaux. D’abord au niveau individuel, les familles se doivent d’assainir leur lieu d’habitation, appliquer les mesures de protection contre les moustiques (vêtements couvrants, crèmes répulsives, moustiquaires imprégnées), pulvérisation de la maison avec des insecticides ; la consultation précoce est nécessaire pour prévenir les dommages liés au grattage de la peau, l’aggravation des plaies et l’apparition de cicatrices (taches noires sur les jambes), préjudiciables sur le plan esthétique notamment pour les filles. Quand on traîne après, c’est difficile de faire partir les taches.
Les parents ne doivent pas hésiter à consulter quand un enfant se gratte beaucoup le corps ; ils ne doivent pas banaliser les problèmes de peau des enfants. Il n’y a pas de traitement radical contre le prurigo strophulus, il faut appliquer les mesures de prévention car, l’environnement climatique y prédispose. Le gouvernement, par le biais des ministères de l’Environnement et de la Santé, peut réaliser la pulvérisation des gîtes larvaires, je pense que cela est déjà fait en partie dans le cadre de la lutte antipalustre et contre la dengue ; cela va réduire la densité des insectes en cause.
Il peut continuer à éduquer la population par le biais des médias, à ne pas jeter les eaux usées dans les rues, à tarir les petites eaux stagnantes dans les quartiers. Il s’agit en un mot de les sensibiliser à l’amélioration du cadre de vie à travers l’évacuation des eaux usées et de pluie par la rénovation des canalisations. Au niveau des agents de santé, les
dermatologues peuvent initier des formations de recyclage à l’endroit du personnel de santé, notamment les médecins généralistes et les infirmiers, sur la prise en charge
du prurigo strophulus.
Le Parlement confédéral de l’AES est entré dans sa phase opérationnelle, le lundi 24 août 2026, au centre international de conférences Mahatma Gandhi de Niamey avec la cérémonie inaugurale des Sessions confédérales des Parlements de la Confédération des Etats du Sahel.
Placée sous la présidence du Premier ministre du Niger, Lamine Zeine Ali Mahaman, représentant le Président de la République du Niger, le général d’armée Abdourahamane Tiani, la cérémonie a réuni autour du présidium le gouverneur de la région de
Niamey, le général de division Assoumane Abdou Harouna ainsi que les présidents des
Parlements des trois Etats membres de la Confédération.
Au terme du cérémonial officiel, le Président des Sessions confédérales des Parlements de l’AES, le camarade Dr Ousmane Bougouma, a ouvert la session inaugurale. Après son installation à la présidence de la séance, il a procédé à la mise en place des deux vice-présidents du Parlement confédéral, le Président du Conseil national de Transition du Mali, Malick Diaw et le Président du Conseil consultatif de la refondation du Niger,
le Dr Mamoudou Harouna Djingarey.
Le Président des Sessions confédérales des Parlements de l’AES, le camarade Dr Ousmane Bougouma, livre ici à la tribune, lors de la séance inaugurale à Niamey le message du camarade capitaine Ibrahim Traoré , Président du Faso , chef de l’Etat , Président de la Confédération des Etats du Sahel.
La mise en place de l’organe parlementaire s’est ensuite poursuivie avec l’installation des députés confédéraux. Au total, quarante-cinq parlementaires issus du Burkina Faso, du Mali et du Niger, dont le Président et les deux vice-présidents du Parlement confédéral, ont été appelés et installés par acclamation. Une séquence solennelle qui a marqué l’incarnation effective de cette nouvelle institution appelée à porter la voix des peuples des trois Etats au sein de la Confédération. La session inaugurale a également été marquée par les interventions des Présidents des Parlements du Tchad, Ali Kolotou Tchaïmi et du Togo, le professeur Komi Sélom Klassou, présents en qualité d’invités.
A la tribune, ils ont salué la mise en place du Parlement confédéral et formulé leurs vœux de réussite et de paix à ses membres.
Prenant à leur tour la parole, les deux vice-présidents du Parlement confédéral ont salué l’aboutissement du processus engagé par les trois Etats et rendu hommage à la vision et à l’engagement des chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali et du Niger, le capitaine Ibrahim Traoré, le général d’armée Assimi Goïta et le général d’armé, Abdourahamane Tiani, qui ont porté la dynamique ayant conduit à la mise en place de cette nouvelle institution parlementaire. Autre temps fort de cette session inaugurale, le message du Président du Faso, Président du Collège des chefs d’Etat et Président de la Confédération des Etats du Sahel, le capitaine Ibrahim Traoré, lu par le Président des sessions confédérales, le camarade Dr Ousmane Bougouma.
Dans cette adresse, le camarade capitaine Ibrahim Traoré a fixé le cap aux députés nouvellement installés en les appelant à faire du Parlement confédéral un véritable outil au service del’espace confédéral loin d’une institution de simple prestige. Il les a notamment exhortés à placer l’intérêt général de l’AES au-dessus des considérations partisanes et nationales, à rester au contact des populations et à porter leur voix au sein de cette nouvelle assemblée. « L’histoire vous regarde.
Soyez dignes de la confiance du Peuple », a lancé le Président de la Confédération aux députés confédéraux. Avec l’installation de ses 45 membres, le Parlement confédéral franchit ainsi un jalon important dans sa mise en œuvre. Il s’inscrit dans une dynamique engagée, le 16 septembre 2023, avec la signature de la Charte du Liptako-Gourma instituant l’Alliance des Etats du Sahel puis consolidée le 6 juillet 2024, avec la création de la Confédération des Etats du Sahel.
Après plusieurs mois de négociations en Suisse, la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe politico-armé, M23, ont convenu de l’élaboration d’une feuille de route pour les pourparlers de paix. L’information émane du gouvernement suisse, qui a publié un communiqué à cet effet, le dimanche 23 août 2026. Ce document stratégique devra définir les étapes successives et le calendrier des négociations devant aboutir à un accord de paix final.
Cette avancée suscite un nouvel espoir depuis que l’exécutif congolais se montre plus flexible à parler avec le M23, qu’il considère comme un groupe terroriste. Le régime Tshisekedi, qui préférait jusque-là discuter avec le présumé parrain du mouvement, le Rwanda voisin, semble désormais faire preuve de pragmatisme. Si les initiatives diplomatiques se multiplient, avec les protocoles d’accord signés au Qatar, aux Etats-Unis et maintenant en Suisse, les réalités du terrain incitent au pessimisme.
Ramener la stabilité dans la région des Grands Lacs est un gros défi, avec les armes qui continuent de crépiter au quotidien.
Dans l’Est de la RDC, zone qui échappe en partie au contrôle du pouvoir en place, les combats n’ont jamais cessé. Le M23, qui y détient des grandes villes comme Goma et Bukavu, ne rechigne pas encore à s’imposer par les armes à feu. Face à une armée congolaise puissante mais mal organisée, ce mouvement rebelle considère les avancées militaires comme une position de force à même de peser dans les négociations. Avec cette vision du M23, les parties vont parapher encore et encore des accords, sans que les armes ne se taisent dans l’Est de la RDC.
Tous les cessez-le-feu envisagés ont été violés. Certains n’ont même pas eu le temps d’entrer en vigueur. Aucune trêve n’a pu tenir. On assiste à un non-respect chronique des cessez-le-feu dans l’Est congolais, ce qui est de nature à fragiliser le processus de paix. Peut-on négocier pendant que les armes crépitent et que le sang coule ? Ce n’est pas le scenario idéal. L’obstacle majeur à franchir sur le chemin du retour à la paix en RDC est d’obtenir un cessez-le-feu durable. Les médiateurs de tous horizons, qui ne sont pas encore parvenus à ce résultat, doivent user de tous les ressorts en leur possession, pour aller dans ce sens.
Dans le cadre du protocole d’accord suisse, les parties en conflit se sont engagées à mettre en place une méthode standardisée pour signaler les allégations de violations de cessez-le-feu. Des missions de vérification vont être déployées sur le terrain, en vue de l’opérationnalisation de ce système. On espère que, cette fois-ci, sera la bonne, au regard des nombreux échecs enregistrés dans le respect des différents cessez-le-feu déclarés. Aucun processus de paix ne peut être crédible pendant que les massacres et les déplacements forcés de populations s’observent toujours dans l’Est de la RDC. Il est temps de sortir de cette routine macabre, si l’on veut véritablement mettre fin à la guerre dans ce pays d’Afrique centrale et appréhender l’avenir avec sérénité. Que ce soit à Doha, à Washington ou à Genève, les facilitateurs, avec leur bonne foi et leur détermination salutaires, savent qu’aucune paix ne peut se construire dans un tel climat. Il faut travailler à éviter l’éternel recommencement dans ce dossier congolais.
La province du Hunan, sa capitale Changsha et particulièrement la ville-district Shaoshan doivent leur renommée, en Chine et dans le monde, à un seul homme : Mao Zedong, le premier Président, né à Shaoshan le 26 décembre 1893. Visiter cette petite ville à 130 km au sud-ouest de Changsha, devenue l’épicentre du tourisme dans la région, c’est plonger dans la mémoire vive de la révolution populaire entre maisons patrimoniales, statues et collines verdoyantes. Le jeudi 13 août 2026, des journalistes et communicateurs burkinabè, en séjour dans l’Empire du milieu, ont eu l’occasion d’en vivre l’expérience, certes, courte de seulement 1h30mn, mais oh combien riche d’enseignements.
La veille du 13 août 2026, après une journée bien remplie comme d’habitude depuis l’arrivée à Changsha, dans la province du Hunan au Sud de la Chine, la jeune assistante chinoise des journalistes et communicateurs burkinabè, en séjour dans l’Empire du milieu, Eliane, annonce de sa voix fluette dans le car qui les ramène à l’hôtel : « dormez tôt ce soir, reposez-vous bien et reprenez des forces car, demain nous quitteront tôt l’hôtel parce que nous aurons une longue distance à parcourir ». Un soupçon de découragement se lit immédiatement sur les visages, mais vite dissipé lorsque leur bienveillante assistante poursuit en les informant qu’ils iront à Shaoshan … le village natal de Mao Zedong.
Ce programme alléchant a le don d’illuminer un tout petit peu les visages fatigués par une longue journée, et nous nous disons que sacrifier deux heures de sommeil pour une telle visite, le jeu en vaut la chandelle. Parce que Shaoshan n’est pas en Chine une destination ordinaire. C’est une ville mémoire. Nous avons donc hâte d’y être. Les quelques 130 km qui séparent Changsha à Shaoshan sont vite parcourus le lendemain en moins de deux heures. Les visiteurs du jour découvrent une superbe vallée entourée de montagnes à la végétation luxuriante. Il est 9h et le ciel est chargé de gros nuages. Néanmoins, les voyageurs venus du sahel n’ont cure des risques d’averses.
Ils ont là l’occasion, peut-être unique, de se plonger dans l’enfance et l’adolescence d’une figure qui a profondé-ment bouleversé l’histoire de la Chine et du monde. Le site grouille déjà de monde. Notre guide, Shao Shanchong, propose alors de débuter la visite par la place Mao Zedong. Son introduction à l’entrée du site est concise et précise.
« Après la mort de Mao en 1976, Shaoshan se transforme progressivement en sanctuaire national. La maison familiale est classée, un mémorial est érigé et la ville toute entière s’organise autour de sa mémoire », informe-telle.
Hommage et recueillement
Au vu du temps imparti, la guide Shao Shanchong a été précise et concise dans ses récits.
A l’entrée de l’axe principal de la place Mao se dresse une grande pierre ayant la forme de la carte de la Chine et portant l’inscription « La Chine a donné naissance à Mao Zedong ». A 100m, au fond, plastronne la statue géante en bronze, qui s’impose au regard, représentant le premier président de la République populaire de Chine en costume Zhongshan. tenant un manuscrit. Rien n’est laissé au hasard dans cet espace soigneusement entretenu.
Toutes les dates ou chiffres regorgent d’une forte symbolique et d’un sens. A preuve, la statue mesure 6 m de la tête au pied et repose sur un socle ocre de 4,1 m où est gravé en rouge et en cinq caractères « Camarade Mao Zedong ». « Les 6 m de Mao représentent les 6 membres de sa famille ayant sacrifié leur vie pour la révolution et les 4,1m, les 41 ans de règne de Mao Zedong », détaille Shao Shanchong. Autre symbolique, elle a été inaugurée le 26 décembre 1993 pour marquer le centenaire de la naissance du père de la Nation chinoise. Et que dire d’un phénomène qui a étonné plus d’un ce jour-là ? Aux dires de notre guide, le 26 décembre 1993 à 10h, au moment où le Président d’alors Jiang Zemin dévoile la statue, la lune fit son apparition.
« Le soleil et la lune brillaient en même temps dans le ciel ce jour-là. Aussi, les alisiers, qui normalement fleurissaient au printemps, ont fleuri en décembre cette année-là », conte-t-elle, d’un brin émotif. Environ 100 mètres séparent l’entrée de place Mao de la statue en bronze. Difficile de se frayer un passage jusqu’aux escaliers menant au pied de Mao. Un grand monde, venu en groupe d’amis ou en famille, veulent lui rendre hommage. Les jeunes et les enfants sont les plus nombreux.
C’est le tour d’un groupe constitué en majorité d’enfants encadrés par quatre adultes. Deux gardes en treillis, une gerbe de fleurs en main, ouvrent la procession à pas mesurés et au regard figé. Les gamins et leurs encadreurs les suivent en silence jusqu’au pied de la statue. Personne ne parle. Les deux gardes déposent délicatement les fleurs au pied de la statue. Puis tout le groupe s’incline trois fois devant l’effigie géante de Mao. Ils effectuent ensuite le tour de la statue, toujours en silence, ce qui est l’ultime étape d’un acte symbolique fort. Les séances photos qui s’ensuivent sont par contre bien animées, chacun voulant immortaliser son passage en ce lieu de recueillement et d’hommage.
Les groupes se succèdent et effectuent le même rituel. Arrivent le tour du groupe de Burkinabè. Shao Shanchong répète la consigne : silence. L’hommage terminé, elle indique que « c’est le rituel de tous les jours dans ce lieu de mémoire » qui voient défiler quotidiennement entre 30 à 40 000 visiteurs. Selon les chiffres, environ 12,5 millions de personnes ont visité le site en 2025.
Notre guide est obligée de stopper l’interminable séance photos. « Dépêchez-vous, nous
n’avons pas assez de temps. Nous allons nous rendre maintenant à la maison où
il est né », lance-t-elle. L’ancienne demeure est à peine à 300 m de la place Mao Zedong. Dans la ruelle sinueuse menant sur les lieux Shao Shanchong poursuit ses commentaires avec précision et pédagogie sur la vie au village du jeune Mao. Le groupe débouche sur un sentier où, de part et d’autre, des rizières à perte de vue aux plants verts flottent au gré de la légère brise du matin.
« C’était les terres du père du guide. Il en avait d’environ 22 km². Mao Zedong a travaillé dans la ferme familiale jusqu’à son adolescence », explique-t-elle. Au bout des champs, s’érige sur le coté droit une bâtisse. « C’est l’école primaire où il a fréquenté dès ses huit ans », souligne la guide. Le tout petit établissement a été aujourd’hui transformé en un musée où sont retracés le parcours scolaire de Mao, ses lectures, ses premiers écrits politiques … Puis à quelques jets de pierre de l’école apparait le site emblématique du mémorial : la maison natale de Mao Zedong.
La maison familiale, le site emblématique
Bouquets de fleurs en main, les visiteurs par milliers rendent chaque jour hommage au 1er président de la République populaire de Chine.
La résidence, adossée à une colline verdoyante, est une ferme traditionnelle en banco et en bois conservée dans son architecture typique du sud de la Chine. De l’extérieur, l’on voit un mur en pisé, une maison incurvée en tuile et une autre collée en toit de chaume. La maison en tuile (de 3 pièces), précise notre guide, était celle des parents de Mao et l’autre à des voisins appartenant au clan. Cette résidence est bâtie sur une superficie de plus de 500 m². A la devanture de la maison se trouvent, encore intacts, deux étangs reliés : le plus petit est couvert de lotus et le plus grand rempli d’eau limpide.
« C’est dans ce dernier étang qu’aimait nager Mao Zedong quand il était enfant », révèle Shao Shanchong, tout en précisant que ce patrimoine montre qu’il est issu d’une famille paysanne assez aisée. Nous espérons visiter l’intérieure de la demeure, mais notre assistante Eliane fait savoir que le temps presse. D’autres rendez-vous nous attendent à Changsha. Au vu de la longue file de visiteurs qui attendent pour découvrir l’intérieure de la maison, elle nous informe qu’il faudra environ deux heures d’attente pour satisfaire notre curiosité. Nous nous contentons alors de la courte description de la guide. Des diverses pièces, la chambre du jeune Mao, à l’entendre, suscite le plus d’émotions chez les pèlerins. Il n’a finalement pas plu. Notre visite prend ainsi fin.
Elle a été certes, au pas de course, nous empêchant de visiter d’autres sites comme le Musée du camarade Mao, qui expose ses objets personnels, ses photographies, ses lettres manuscrites et reliques. Cependant, les journalistes et communicateurs burkinabè ont été éblouis par la solennité des rituels et la beauté des lieux. Aussi, les récits de Shao Shanchong permettent de comprendre le milieu dans lequel Mao a grandi. La terre, le travail et la famille sont autant de repères qui précèdent la révolution de Mao, sa prise de pouvoir et la construction de la Chine moderne.
De retour à notre point de départ, les rues et allées sont encore plus bondées de monde qu’aux premières heures de la matinée. Les enfants et jeunes sont toujours les plus nombreux à venir s’imprégner de l’histoire de leur pays et des débuts du fondateur de la Chine nouvelle. Quant à nous, cette visite au pas de charge nous a permis de parcourir un siècle d’histoire et de repartir avec cette impression étrange d’avoir couru derrière un homme que le temps, lui, n’a jamais cessé de poursuivre. Aujourd’hui Shaoshan n’est plus le hameau anonyme de paysans du début du XXe siècle. 133 ans après la naissance de son illustre fils, elle est devenue une ville moderne de 245 km² aux rues impeccablement entretenues, peuplée d’environ 120 000 âmes, et surtout un immense lieu de tourisme.
Sié Simplice HIEN
Depuis Changsha
Propos de quelques séminaristes de retour de Shaoshan
Alizéta Ouoba, Directrice générale de l’Institut des sciences et technique de l’information et de la communication (ISTIC) : « tout développement se construit autour de leaders »
« Au sortir de cette visite, on tire des leçons. Et la première leçon que je tire est que chaque pays doit connaitre son histoire. Chaque pays a une histoire et tous ceux qui y vivent doivent connaitre l’histoire de leur pays, afin de s’y référer pour pouvoir avancer. La deuxième
que je retiens est que tout développement se construit autour de leaders. Et Mao fut un leader. Pour y arriver, il a fallu qu’il ait 41 de règne. Certes, il y a eu des manquements, mais l’on retient ce qu’il a pu construire. Parce qu’à partir de lui, la Chine a pu renaitre. Et avec cette renaissance, nous voyons les acquis à tous les
niveaux : sur le développement technologique, culturel et bien d’autres aspects. Mao a su tracer la voie et il demeure une référence qui unit le peuple chinois. Quand on voit tout ce monde qui déferle pour visiter ce site touristique, il y a de quoi s’en inspirer. La dernière leçon, c’est tout ce qui a été préservé depuis sa vie, son adolescence. Cet acquis a été préservé et demeure toujours une source d’inspiration pour les autres ».
Issoufou Saré : Directeur général de la télévision BF1 : « Cette visite ne peut que nous donner à réfléchir »
« Mao Zedong est ce nom qui revient régulièrement. C’est lui qui a véritablement lancé la révolution chinoise, la révolution culturelle et agricole pour permettre à la Chine d’impulser la dynamique dans laquelle elle est aujourd’hui. Cette visite du village et du centre qui lui sont consacrés, ainsi que de la maison où il est né et a habité et de l’école qu’il a fréquentée, ne peut que nous donner à réfléchir, nous Africains. Nous avons eu des leaders en Afrique qui ont essayé de mettre nos pays sur orbite avec tant bien que mal de réussite. Nous devons toujours valoriser les actions de ces derniers, peu importe leurs résultats. Qu’ils aient répondu à nos attentes ou pas, nous devons quand-même reconnaitre leur mérite pour permettre à nos pays respectifs, notamment le Burkina Faso, de s’affranchir et de pouvoir asseoir une souveraineté, une indépendance et une autonomie. En visitant ce site dédié à Mao qui est parti d’un tout petit village pour lancer cette révolution, c’est de se dire que chaque Burkinabè peut se considérer comme étant pourquoi pas le futur Mao sur lequel le Burkina peut se reposer. Nous avons 60 années d’indépendance politique, mais avant cela, il y a eu des Burkinabè de part et d’autre qui se sont distingués dans leur domaine. Et ce centre a été conçu au 100e anniversaire de Mao. Cela a pris du temps, parce qu’il y a eu peut-être des débats, ses actes n’ont peut-être pas été reconnus tout de suite. Mais nous concernant, il faut que nous en prenions de la graine et effectivement travailler à honorer ceux qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à permettre au Burkina Faso d’être ce qu’il est aujourd’hui ».
Souleymane Diallo, directeur de la communication du Service d’information du gouvernement (SIG) : « Ce centre doit nous inspirer »
« Notre visite nous a permis de savoir d’où Mao est parti. Nous avons pu constater la place qu’il occupe dans son pays. C’est un leader qui a marqué et qui continue de marquer la Chine et la population chinoise. Nous avons vu des gens venir en groupe pour honorer sa mémoire. Ce centre doit nous inspirer. Au Burkina Faso, nous sommes dans un contexte
de révolution et nous devons apprendre de ceux qui nous ont devancé en la matière. Nous avons été édifiés. Et nous pensons que si la Chine a atteint ce niveau de développement, c’est parce qu’elle a suivi un leader qui a donné la vision qu’elle est en train de suivre actuellement. Et tous les Chinois sont dans cette dynamique. Chez nous, nous avons connu un grand homme comme Thomas Sankara
et nous avons aujourd’hui le camarade capitaine Ibrahim Traoré. C’est dire que nous devons mener le bon combat pour que notre pays puisse sortir de la dépendance et avancer afin que demain nous atteignons le niveau de développement de la Chine et pourquoi pas le dépasser ».
La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a présenté aux hommes de média des produits frauduleux saisis par ses services, d’une valeur de plus de 144 millions F CFA, lundi 24 août 2026, à Ouagadougou.
Dans le cadre de la lutte contre les trafics illicites au Burkina Faso, la Coordination nationale de lutte contre la Fraude (CNLF) a confisqué en moins d’un mois plus de 144 millions F CFA de produits prohibés. Le « butin » a été présenté à la presse, le lundi 24 août 2026, à Ouagadougou.
Le 9 août 2026, à Kamsonghin, ce sont des produits vétérinaires introduits et circulant fraudu-leusement que la CNLF a arraché aux mains des fraudeurs. Il s’agit de 200 cartons de produits prohibés, composés d’Ivermectin, de Propencillin et de Multivitamine, d’une valeur de 64,3 millions F CFA. « C’est un véritable poison contre la santé publique et le cheptel qui a été retiré du marché », a commenté le coordonnateur national de la CNLF, Mohamadi Compaoré.
Le 13 août 2026, des cigarettes de contrebande d’une valeur globale de 2,6 millions F CFA, composé de Gold Seal, d’Oris et de Millionnaires ont été extraites des circuits de vente. Le 20 août 2026, dans la zone industrielle de kossodo, 235 cartons d’Artemether périmés, d’une valeur d’environ 16 millions F CFA ont été confisqués.
Mohamadi Compaoré a précisé que les enquêtes se poursuivent pour situer les responsabilités, concernant ce cas.
Une synergie payante
Un aperçu des produits prohibés destinés au cheptel qui ont été confisqués par la CNLF.
Le 21 août 2026, ce sont 1000 cartons de 24 bidons d’huile moteur contrefaite de marque OLYMPIA, d’une valeur de 43,2 millions F CFA, ont été appréhendés par les éléments de la coordination nationale de lutte contre la fraude. « Cette contrebande touche au droit de propriété industrielle, engendre la concurrence déloyale et porte atteinte à la protection de marque de produit et de service. Cette contrefaçon est prévue et réprimée aux articles 49 et suivant de l’accord de Bangui révisé du 14 Décembre 2015, les articles 26, 27 et 28 du code des douanes et les articles 46, 72 et 96 de la loi 016-2017/AN du 27 Avril 2017 portant organisation de la concurrence au Burkina Faso », a fait savoir Mohamadi Compaoré.
Il a révélé que le 21 août 2026 également, sur la RN6 (Ouagadougou-Léo), un camion qui tentait de s’introduire clandestinement dans la ville de Ouaga-dougou, avec à son bord 30 tonnes d’engrais, soit 600 sacs sans aucun document, d’une valeur de 18 millions F CFA, a été stoppé dans sa course. Pour le premier responsable de la CNLF, malgré le caractère
dynamique de la fraude, la coordination parvient à se mettre dans la même
dynamique, en témoigne les différentes saisies.
Il a salué la parfaite intelligence entre la coordination nationale de lutte contre la fraude et les structures partenaires. « Cette synergie constitue donc un rempart indispensable pour assainir les marchés et protéger l’économie et préserver des vies humaines », a-t-il conclu.
Le cadre provincial des personnes ressources du Sandbondtenga a organisé, le samedi 22 août 2026, à Kaya, une conférence publique sur la désinformation dans un contexte des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle.
Modérée par le ministre chargé de la Santé, Robert Kargougou et son homologue de l’Enseignement secondaire, Moumouni Zoungrana, la conférence publique, animée par le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Louis
Modeste Ouédraogo, a porté sur le thème : «Désinformation à l’ère des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle : comprendre, vérifier et agir pour préserver la paix et la cohésion sociale au Sandbondtenga ».
Organisé, le samedi 22 août 2026, à Kaya, par le Cadre provincial des personnes ressources du Sandbondtenga (CPPRS) dont le président est le Dima de Boussouma, le Naaba Sigri, ce conclave marque la toute première activité de cette association dont les membres sont issus des 12 cantons du royaume de Boussouma.
Selon le coordonnateur du CPPRS, Ismaël Sawadogo, l’organisation de cette conférence se justifie par les dérives constatées sur les Réseaux sociaux (RS) entrainant certaines interpellations par les services compétents et le contexte de guerre qui recommande une communication saine prônant la paix et la cohésion sociale. Le président de la cérémonie, le chef de canton de Mané, le Naaba Sinbdo, a transmis les salutations du Dima de Boussouma au Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, pour les différentes actions menées au bénéficie des populations.
Il a exhorté les filles et fils du Sandbondtenga à construire la Patrie. Pour le représentant du parrain de la conférence, M. Kargougou a salué l’initiative de cette activité qui vise à promouvoir la paix et la cohésion sociale au Sandbondtenga. Dans son exposé, le conférencier a indiqué que la communication est une arme à double tranchant, en ce sens qu’elle peut aider à construire la paix et la cohésion, à régler des problèmes, à résoudre des conflits, à cultiver l’entraide, la solidarité, à éveiller les consciences, bref, à bâtir une société de paix et de développement.
Cependant, elle peut créer des troubles à l’ordre social, la division, attiser les conflits, déstabiliser les Etats ou les institutions publiques, désinformer, diffamer, dénigrer, etc., en un mot, la communication peut être utilisée pour désorienter une société dans le but de semer le chaos. C’est pourquoi, il a salué la pertinence du thème de cette conférence publique qui permettra d’aider les populations à mieux appréhender les phénomènes de désinformation, des discours de haine, leurs conséquences potentielles sur la société et les bons comportements, réflexes et les bonnes attitudes que les internautes doivent avoir face à ces phénomènes. Toute chose qui contribuera à promouvoir la paix, la cohésion et la sécurité.
En définissant les concepts, Louis Modeste Ouédraogo a souligné que la désinformation désigne une fausse information créée, diffusée volontairement, dans l’intention de tromper, de nuire. Par contre, la mésinformation est une information fausse que l’on partage sans intention de nuire.
Désinformer pour déstabiliser
Les populations de Sandbondtenga ont été sensibilisées sur les conséquences négatives de la désinformation.
Quant à la malinformation, il s’agit d’une information vraie, mais sortie de son contexte, ou détournée pour nuire à une personne ou à un groupe. A l’entendre, l’Intelligence artificielle (IA) désigne un ensemble de techniques qui permettent à des systèmes d’informatique d’exécuter certaines tâches n’existant habituellement des capacités humaines. « On peut utiliser l’IA pour faire de la désinformation, mésinformation et malinformation. Elle amplifie la capacité de nuisance », a-t-il précisé.
De l’avis du conférencier, un autre phénomène accompagne la désinformation : les discours de haine avec pour mêmes objectifs de troubler la paix, la cohésion sociale et de déstabiliser les institutions. Pour lui, les personnes malintentionnées s’appuient sur la liberté d’expression qui est un droit fondamental, pour faire de la désinformation ou des discours de haine. « Leur conférant la liberté d’expression comme droit fondamental, les gens pensent qu’ils ont le droit de tout dire, de dire ce qu’ils veulent, d’insulter les autres, de dénigrer, de manipuler et de diviser les gens.
Non, la liberté d’expression est un droit humain fondamental, reconnu par la Constitution du Burkina, par d’autres textes, mais cela ne leur donne aucunement le droit de dénigrer, d’injurier, de diffamer ou de manipuler à travers la désinformation pour déstabiliser le pays », a insisté, M. Ouédraogo. En termes de conséquences, le conférencier a déclaré que la désinformation affecte la cohésion sociale, le vivre-ensemble, la tolérance religieuse, la dignité des personnes, l’ordre publique, la confiance entre l’autorité et les populations.
De même, selon lui, elle exacerbe les discours d’intolérance religieuse, la défiance, le discrédit des autorités, les troubles, la panique, la haine et les divisions des communautés.
« Politiquement, elle menace la stabilité d’un Etat pour créer un sentiment négatif contre les autorités ou un soulèvement populaire », a averti le président du CSC. Pour lutter contre la désinformation, des mécanismes ont été mis en place tels que l’existence du CSC, de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC).
Ces structures forment, sensibilisent, préviennent et parfois sanctionnent pour une attitude responsable sur les RS. En termes de recommandations, le conférencier a exhorté les populations à vérifier les faits, à adopter une grande responsabilité, à faire preuve de bon sens dans l’utilisation des RS. « Nous ne devons pas approuver, relayer des informations douteuses. Evitez d’accuser une personne, une ethnie ou une communauté lorsqu’il s’agit des faits graves. Evitez les messages de haine et la stigmatisation. Construisez la paix, la cohésion sociale envers les autres. Signalez les faux messages sur les RS ou interpeller le CSC ou la BCLCC », a suggéré Louis Modeste Ouédraogo.