Préparatifs du colloque mondial de la jeunesse: la jeunesse africaine se concerte à Ouagadougou

Le Réseau des organisations des jeunes leaders africains des Nations unies a réuni, samedi 15 août 2026, autour d’un atelier à Ouagadougou, des jeunes et des représentants d’organisations venus de plusieurs pays africains avec pour objectif la préparation du colloque mondial de la jeunesse annoncé pour décembre prochain à Ouagadougou.

Ouagadougou accueille en décembre prochain, le colloque mondial de la jeunesse. En prélude à cette activité organisée par le Réseau des organisations des jeunes leaders africains des Nations unies (ROJALNU), des représentants de jeunes venus du Mali, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Liberia, de la Guinée, du Maroc et du Burkina se sont retrouvés à Ouagadougou, le samedi 15 août dernier, autour d’un atelier préparatoire. A travers les différentes interventions, un même message s’est dégagé : « la jeunesse ne doit plus être perçue uniquement comme la relève de demain, mais comme une force capable d’agir dès aujourd’hui ».

Le nouveau président mondial du ROJALNU, le Burkinabè, Abraham Zida Bila, a estimé que les jeunes doivent désormais être considérés comme des acteurs du présent, capables d’impacter leur environnement et de contribuer à bâtir un Burkina et une Afrique plus souverains et dignes.

Parrain de la rencontre, le président de la chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso, Roland Achille Sow, a, pour sa part, appelé les jeunes à faire de la formation, de l’entrepreneuriat et de l’organisation collective des leviers de leur autonomisation. Il a également insisté sur la nécessité d’une implication accrue du secteur privé dans l’insertion professionnelle des jeunes, à travers notamment l’apprentissage, le mentorat et l’accès à l’emploi.

Le président de la chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso a, par ailleurs, annoncé des formations dans plusieurs métiers liés notamment à l’hôtellerie,
à la restauration et au bien-être destinées aux jeunes prévues, du 10 au 17 septembre 2026, à Bobo-Dioulasso. Au-delà des discours, la rencontre ambitionne surtout de déboucher sur des actions concrètes.

La proposition d’un comité de suivi chargé d’évaluer, dans les trois mois, la mise en œuvre des recommandations issues des travaux va dans ce sens. A quelques mois du colloque mondial de décembre, le message semble donc clair : la jeunesse veut être davantage écoutée, mais surtout prendre sa part dans l’action. Entre droits, souveraineté et engagement, les réflexions engagées à Ouagadougou entendent ouvrir la voie à une jeunesse actrice de son présent et responsable de son avenir.

Yves OUEDRAOGO

Les Editions Sidwaya : Abdel Aziz Nabaloum installé dans ses fonctions de directeur des rédactions

Le secrétaire général des Editions Sidwaya, Jean Marie Toé, a installé Abdel Aziz Nabaloum dans ses fonctions de directeur des rédactions, jeudi 20 août 2026 à Ouagadougou.

Abdel Aziz Nabaloum est désormais le Directeur des rédactions (DR) aux Editions Sidwaya. Nommé le 7 août 2026, il a été installé dans ses fonctions ce jeudi 20 août 2026 à Ouagadougou par le secrétaire général, Jean Marie Toé. Le nouveau DR remplace à ce poste Jean Marie Toé, nommé secrétaire général de la « Maison commune » en avril
dernier. La cérémonie d’installation s’est déroulée le 20 août 2026 à Ouagadougou, en présence des responsables et des collaborateurs des Editions Sidwaya. Abdel Aziz
Nabaloum est un fin connaisseur de l’entreprise de presse publique.

Il y a effectué ses premiers pas en 2012, en tant que journaliste-reporter. Il a progressivement gravi les différents échelons de la rédaction, notamment chef de desk adjoint et chef de desk Société. Il occupait depuis 2023, les fonctions de Rédacteur en chef du quotidien Sidwaya.

Avec sa nouvelle casquette de directeur des rédactions, Abdel Aziz Nabaloum a appelé ses collaborateurs du Carrefour africain, de Sidwaya Sport et du quotidien Sidwaya à une remobilisation pour relever les défis du moment et maintenir la qualité des produits.
Il a, par ailleurs, insisté sur le professionnalisme, l’éthique et la déontologie.

« J’invite les journalistes à prendre conscience du contexte national », a-t-il lancé.
Le directeur des rédactions a exhorté les lecteurs et public burkinabè à continuer à faire confiance au journal et à sa mission d’information. « Je réaffirme l’engagement de
Sidwaya à fournir une information vraie et fiable », a-t-il promis. Abdel Aziz Nabaloum a exprimé sa reconnaissance à la hiérarchie des Editions Sidwaya, particulièrement à la directrice générale, pour la confiance placée en lui.

Mettre l’accent sur l’impact de l’action gouvernementale

Quant au secrétaire général des Editions Sidwaya, Jean Marie Toé, il a indiqué que l’expérience du nouveau DR constitue un atout pour la nouvelle mission qui lui est confiée. Cette mission exige, a-t-il cité, une vision globale de la politique éditoriale, une coordination efficace des rédactions, une harmonisation des pratiques
professionnelles et une exigence constante de qualité. En outre, a-t-il dit, la responsabilité de DR est également managériale.

« Il devra notamment cultiver la rigueur, l’écoute, l’équité et l’esprit d’équipe, tout en veillant à la discipline professionnelle, à la réactivité et au respect de la ligne éditoriale », a-t-il précisé. Pour Jean Marie Toé, l’information constitue aujourd’hui un enjeu majeur de souveraineté, de cohésion sociale et de mobilisation nationale. « Les populations ont besoin d’une information fiable, utile, accessible et professionnelle. Dans cette dynamique, les productions des Editions Sidwaya sont appelées à contribuer à l’information des citoyens, à la valorisation des initiatives nationales et au renforcement du sentiment d’appartenance à la patrie », a-t-il indiqué.

 

Julien ZOUNGRANA

 

Technologie et contenus médiatiques sino-africains : le ministre Gilbert Ouédraogo dévoile la vision du Burkina à Beijing

En marge du 7e forum sur la coopération des médias sino-africains, le ministre burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a livré le 20 août 2026 à Beijing, en Chine, une communication sur le thème : « L’innovation en matière de contenus au service du rapprochement entre les peuples et de la coopération culturelle ». Il a plaidé pour une coopération médiatique et culturelle, entre l’Afrique et la Chine, davantage tournée vers la création, la jeunesse et l’innovation.

Le Burkina a été à l’honneur, dans l’après-midi du jeudi 20 août 2026 à Beijing lors du 7e forum sur la coopération des médias sino-africains. En effet, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, faisait partie du groupe des neuf panélistes, constitués de quatre ministres d’Afrique (Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie et Madagascar) et cinq responsables de médias chinois, ayant assuré des communications sur le thème : « L’innovation en matière de contenus au service du rapprochement entre les peuples et de la coopération culturelle ».

Ouvrant le bal des interventions, le ministre burkinabè en charge de la communication a d’abord évoqué les défis auxquels le pays est confronté, notamment la lutte contre le terrorisme et les campagnes de désinformation. Il a dénoncé la diffusion de « stéréotypes » et des « messages subversifs » qui visent, selon lui, a fragilisé les efforts de paix et la cohésion nationale. Face à ces défis, il a mis en exergue la résilience du peuple burkinabè à vaincre l’hydre terroriste et à assurer sa souveraineté.

Le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a, en outre, salué la tenue du 7e forum sino-africain sur la coopération entre médias qu’il considère comme une opportunité de consolider les liens d’amitié et de solidarité entre la Chine et les pays africains. «Il permet aussi de promouvoir une compréhension mutuelle de nos réalités, de nos cultures, de nos valeurs et de nos aspirations », a-t-il ajouté. Sur le thème du forum, le ministre burkinabè a révélé qu’il pose une question essentielle : « comment faire de nos contenus un véritable pont entre la Chine et l’Afrique ? ».

Le moins que l’on puisse dire est qu’il a concentré ses propos sur l’avenir des contenus médiatiques et culturels. Surtout que ce 7e forum de Beijing intervient à l’heure où le numérique bouleverse les modes de production, de diffusion et de consommation des contenus. « Une histoire racontée à Ouagadougou peut désormais être découverte à Beijing en quelques secondes », a-t-il précisé.

Mais, pour Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, cette révolution technologique constitue autant une opportunité qu’une responsabilité. Les médias et les créateurs de contenus doivent désormais produire des œuvres permettant aux peuples de mieux se connaitre et davantage se comprendre. La coopération sino-africaine, a-t-il estimé, ne doit donc plus se limiter aux infrastructures, aux échanges économiques ou aux relations institutionnelles. Elle doit aussi investir le champ culturel.

Le Burkina veut jouer sa partition

Le ministre a ainsi appelé à développer davantage de documentaires, de films, de séries, de podcasts, de créations musicales et de productions numériques consacrés aux réalités, aux identités et aux expériences des sociétés chinoises et africaines. Il a particulièrement insisté sur la nécessité d’intégrer les langues nationales africaines et le Mandarin dans les contenus des médias, tout en s’appuyant sur les technologies de traduction et de sous-titrage.

« Ne soignons plus seulement consommateurs de contenus produits ailleurs, mais également producteurs de nos récits », a-t-il plaidé. Dans cette dynamique, le Burkina entend valoriser ses atouts. Le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a énuméré plusieurs rendez-vous majeurs du pays des Hommes intègres, notamment la Semaine nationale de la culture (SNC), les Universités africaines de la communication (UACO), le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) et le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO).

L’intelligence artificielle au service de la diversité

Ces rencontres, a-t-il soutenu, constituent des cadres susceptibles de renforcer les échanges entre créateurs chinois et africains. Il a alors proposé de renforcer les échanges d’expertises, les formations conjointes, les programmes universitaires, les incubateurs de projets, les laboratoires d’innovation… L’objectif est de faire émerger une nouvelle génération de créateurs capables de produire des contenus compétitifs et de conquérir de nouveaux marchés.

Le ministre en charge de la communication a aussi indiqué la nécessité
d’accorder une place de choix à la jeunesse qu’il décrit comme « connectée, créative et particulièrement ouverte aux échanges interculturels ». Ainsi, pour cette jeunesse, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a préconisé plus d’ateliers, de concours, de festivals numériques et de formations dans les métiers du cinéma, de l’audiovisuel, du numérique ainsi que les industries culturelles et créatives. L’autre enjeu majeur évoqué à Beijing est celui de l’intelligence artificielle.

Le ministre burkinabè a reconnu les nouvelles possibilités qu’elle offre en matière de traduction, de doublage, de production et de diffusion de contenus entre les différents espaces linguistiques. Mais, il a appelé à la vigilance, parce que la technologie ne doit pas conduire à une uniformisation culturelle. « L’innovation ne doit pas uniformiser nos cultures.

Elle doit permettre à chacune d’elles de mieux faire entendre sa voix », a-t-il souligné. En clair, selon le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, la richesse culturelle de l’Afrique, sa jeunesse et ses industries créatives peuvent trouver dans l’expérience chinoise
en matière technologique et culturelle un puissant levier de développement.

Sié Simplice HIEN

depuis Beijing

 

Consommation du gingembre : la rareté du « gnamakou » « pimente » les prix

Le Burkina Faso connaît une pénurie structurelle de gingembre. La demande nationale atteindrait 50 000 tonnes par an, alors que la production locale peine à dépasser 5 000 tonnes. La dépendance aux importations notamment du Nigéria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Chine, couplée à la baisse des productions, entraîne une flambée des prix, affectant durement les consommateurs et les transformatrices locales. Reportage à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso sur les réalités des producteurs, consommateurs et transformateurs de gingembre.

La nuit a levé son voile sur Ouagadougou, la capitale burkinabè. Le jour est « né ». Pour les habitants, c’est le train-train quotidien. Dès 6h du matin, ce lundi 10 août 2026, Adissa Tiendrebeogo, commerçante est déjà au marché du quartier Larlé, dans l’arrondissement 2. Cette trentenaire, mère de famille, expose ses tas de gingembre communément appelé « gnamakou », en langue dioula à la vue des clients. A notre approche, une de ses sœurs, nous appelle pour acheter du poisson qu’elle vend, à proximité. Mais, elle a vite compris que notre regard est sur les tas de « gnamakou » de dame Tiendrebeogo. « Donc, vous m’avez virée parce que tout le monde dit que le poisson est devenu cher. Gnamakou aussi… », lance la vendeuse de poisson dans un large sourire.

Ami Traoré, commerçante de
« gnamakou », à Accart-ville, ne cache pas son mécontentement.

Adissa Tiendrebeogo, assise sous son hangar à même le sol, se lève aussitôt et s’empresse de donner les prix de « gnamakou ». « Mes gingembres viennent de la Chine et de la Côte d’Ivoire. Le plat « Yorouba » coûte 12 000 F CFA, le demi plat, 6 000 F CFA et le sac de 20 kg, 45 000 F CFA », indique-t-elle tout sourire d’avoir des clients. Toutefois, la commerçante de Larlé déplore le manque de clients et de bénéfices dans son commerce de gingembre, ainsi que la cherté des prix d’achat. Comme elle, beaucoup de commerçantes de gingembre vivent ces réalités non seulement à Ouagadougou mais aussi à Bobo-Dioulasso. Un tour dans d’autres lieux de commerce convainc du manque et de la cherté de la spéculation.

Autre lieu, même réalité

Dans la capitale économique, Bobo-Dioulasso, Ami Traoré, commerçante de gingembre, depuis 10 ans, au marché de fruits et légumes, ne cache pas son mécontentement. « Le prix du gingembre n’est pas accessible, car, il y a véritablement un manque sur le marché. C’est le gingembre importé que nous avons. Avant, on pouvait avoir la boîte de tomate à 900 F CFA ou 1 000 F CFA. Nous prions Dieu que les producteurs puissent bien produire », souhaite-t-elle. Assétou Zongo, est également commerçante de gingembre au marché d’Accart-ville. Elle commercialise le gingembre frais de la Côte d’Ivoire en lieu et place de celui produit au Burkina Faso, plus précisément, à Ouéleni, à Orodara et à Koloko, dans la région du Guiriko. « Si le gingembre du Burkina Faso manque, je me tourne vers le marché extérieur.

La consommatrice Madélia Koné, déplore la cherté du gingembre sur le marché.

Le kg de gingembre atteint 1 500 F CFA aujourd’hui contre 250 FC FA ou 500 F CFA auparavant. Je suis dans la commercialisation de cette spéculation, il y a de cela 32 ans. Mes clients sont nombreux. Ils proviennent du Ghana et du Mali. Le gingembre me procure des bénéfices et des pertes souvent à hauteur de 20 millions F CFA en cas de baisse de prix et de forte chaleur », relève-t-elle. Son commerce lui a permis de construire quatre villas (deux au Burkina Faso et deux en Côte d’Ivoire) et de subvenir aux besoins de sa famille. Dame Zongo travaille avec une vingtaine de femmes, notamment des vieilles femmes et de jeunes filles qui l’aident à assainir le gingembre en y enlevant les mottes de terre. A la fin de la journée, elle leur donne 1 500 F CFA chacune.

« En 2006, nous achetions le kg de gingembre à 100 F CFA en Côte d’Ivoire pour revendre à 350 F CFA le kg. Aujourd’hui, la filière gingembre rencontre des difficultés et ce que je vous dis est un vieux souvenir. Je souhaite que dans les zones de production sur le plan national, les producteurs bénéficient d’accompagnement pour permettre aux acteurs et surtout aux commerçants de minimiser les dépenses de transport et de rendre abordables en conséquence les prix sur le marché », déclare-t-elle. L’insuffisance de gingembre sur le marché et sa cherté influencent sa consommation et sa transformation. Commerçante d’attiéké, d’alloco, d’avocats et de pommes de terre au marché de Leguéma, dans la ville de Sya, Madélia Koné, affectionne le gingembre.

« La production du gingembre, ces dernières années, n’est pas satisfaisante au Burkina Faso, entrainant la cherté sur le marché. C’est ce que nous avons obtenu comme explication et effectivement nous remarquons que le prix est très cher. Avant, la boîte de tomate se vendait à 900 F CFA mais aujourd’hui c’est devenu 6 000 F CFA. A Ouagadougou, pendant le jeûne musulman en 2025, le gingembre se vendait à 10 000 F CFA, le plat Yorouba. En 2025, mes parents du Kénédougou ont produit le gingembre à perte. Parce que les plantes de gingembre ont subi l’attaque des maladies.

Nous souhaitons que la situation s’inverse cette année », exhorte-t-elle. Rosalie Youma, commerçante de mangues au marché d’Accart-ville et ressortissante de Ouahigouya est

Le gingembre (au premier plan) se distingue par son prix élevé aux côtés d’autres spéculations.

aussi une consommatrice de « gnamakou ». « Je vendais le gingembre durant la période 2023-2025, mais j’ai décidé maintenant de vendre des fruits, notamment les mangues car, le prix du gingembre est devenu cher. Le sac de 50 kg de gingembre se disputait entre
25 000 F CFA et 30 000 F CFA et le sac de 100 kg à 75 000 F CFA. Mais aujourd’hui, le sac de 100 kg se dispute entre 300 000 F CFA et 350 000 F CFA.

Si je m’amuse, je vais perdre », prévient-elle. La transformatrice de gingembre à Bobo-Dioulasso, Alizèta Rouamba, par ailleurs, agronome de formation, travaille avec des producteurs pour éviter la pénurie. « Nous suivons nos producteurs pour obtenir du gingembre biologique en vue de transformer saint pour les consommateurs. La cherté des prix est une réalité pour nous, mais, nous résistons à travers nos producteurs qui nous fournissent au bon prix », renseigne-t-elle.

Quant à la restauratrice, Awa Sow, à Bobo-Dioulasso, elle affirme qu’elle a du mal à s’en sortir. « L’année passée, on achetait la grosse boîte de tomate de gingembre moins cher à 900 F CFA ou 1 000 F CFA. Mais aujourd’hui, on n’en trouve même pas sur le marché. Quand on en trouve, la boîte de tomate coûte 6 000 F CFA », renchérit-elle. Malgré ces difficultés, elle n’arrête pas de faire le jus de gingembre pour ses clients en augmentant le prix de 500 F CFA à 750 F CFA, pour compenser la cherté du prix d’achat de gingembre.

Kénédougou, le berceau du gingembre

Au Burkina, la culture du gingembre a intéressé les producteurs ces dernières années dans la province du Kénédougou, frontalière avec le Mali. Dans les communes de Koloko et de Kangala, le gingembre est produit chaque saison humide, entre mi-mars et mi-avril, constituant ainsi une source de revenus substantiels pour les producteurs, les transformateurs et les commerçants. A Kotoura, dans la commune de Kangala, Arna Konaté produit, depuis 20 ans, du gingembre simple de couleur blanche et jaune, du curcuma semblable au gingembre et des céréales à l’image du maïs.

Le producteur de Kotoura souligne qu’il commercialise le « gnamakou » frais et secs transformés par des femmes qui ont reçu une formation. Il explique que la production connaît une baisse compte tenu des maladies qui attaquent les plantes en plus de l’insuffisance de précipitations. « De 2025 à 2026, nous remarquons que les feuilles jaunissent. Cette année 2026, ces feuilles même blanchissent. Or, les années antérieures, les plantes de gingembre présentaient une bonne physionomie », se souvient avec amertume Arna Konaté.

Rosalie Youma, commerçante
à Bobo-Dioulasso, est obligée d’abandonner le commerce de gingembre pour celui de mangues.

Toutefois, il déplore les contraintes du secteur notamment l’inorganisation du marché, le manque de semences améliorées, les maladies des plantes, et la non-maitrise des techniques culturales. « Pendant la période des vaches grasses, nous pouvons récolter entre 50 tonnes et 75 tonnes de gingembre. Nous subissons aussi d’énormes pertes. Parce que nous engageons des millions F CFA pour la préparation du champ, le labour, etc. », explicite-t-il. Arna Konaté lance, cependant, un appel aux autorités d’aider davantage les producteurs de gingembre, de la production à la commercialisation.

Des recherches à la rescousse

A propos de l’amélioration végétale du gingembre et de la lutte contre ses pathologies, une équipe de chercheurs du Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST), précisément à l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA), à Farako-Bâ, à Bobo-Dioulasso, sont à pied d’œuvre. Il s’agit de Dr Zoéyandé Oumarou Dianda, spécialiste des maladies fongiques et Dr Oumarou Traoré, spécialiste des maladies bactériennes du Centre régional d’excellence en fruits et légumes (CRE-FL) de l’INERA, tous deux maîtres de recherche en phytopathologie au sein de l’équipe « Gestion intégrée des agents phytopathogènes (GIAP) ».

Dans ce centre, ils mènent diverses activités, notamment le diagnostic des maladies des plantes, la maitrise des facteurs épidémiologiques aux pathologies et des investigations sur les stratégies de gestion durable de ces maladies. Ces chercheurs s’intéressent actuellement à une contrainte majeure de la production du gingembre qui est le flétrissement de la plante. Ils collaborent avec Dr Siédou Sory, chargé de recherche à l’INERA, spécialisé dans les domaines de la génétique, de l’amélioration des plantes, de la biologie moléculaire et de la génomique végétale.

Le directeur régional chargé de l’agriculture du Guiriko, Kouwanu Eric Pascal Adanabou : « la culture du gingembre est négligée, abandonnée et pratiquée par une minorité de paysans ».

Les activités de recherche s’inscrivent dans le cadre du Programme plantes à racines et tubercules (PRT) qui intervient dans la conservation, la caractérisation, l’amélioration et la valorisation des cultures à organes souterrains présentant une importance alimentaire, économique et stratégique pour le Burkina. « Le gingembre est une plante vivace tropicale (Zingiber officinale) dont on consomme le rhizome (la tige souterraine) comme épice, aliment et remède naturel. Originaire d’Asie du Sud-Est, il possède un goût fort et piquant », explique le groupe de chercheurs de l’INERA.

Pour eux, la filière gingembre au Burkina présente un fort potentiel économique grâce à la qualité reconnue du produit et à une demande en augmentation. « Son développement dépendra toutefois de l’amélioration des techniques de production, de la disponibilité de matériel végétal performant, d’une bonne connaissance des bio agresseurs de la culture et du déploiement de bonnes stratégies de gestion desdits bio agresseurs, du renforcement de la transformation locale et d’une meilleure structuration des acteurs de la chaîne de valeurs », ont-ils dit.

A l’échelle mondiale, le gingembre est une culture qui fait l’objet de nombreuses recherches. En revanche, au Burkina, les recherches restent encore relativement limitées et se concentrent principalement sur les systèmes de production, les contraintes de culture et la valorisation de la filière. Les travaux de recherche disponibles sont encore peu nombreux comparativement à des cultures comme le coton, le maïs, la tomate, la mangue, l’anacarde, le riz, etc. En 2015, une étude de l’INERA a dressé un état des lieux de la production nationale, en identifiant les zones de culture, les contraintes et les perspectives de développement.

Plus récemment, en 2025, une autre étude a montré que les principales difficultés concernent l’accès à des rhizomes-semences de qualité, leur conservation, ainsi que l’irrégularité des pluies. L’étude souligne, selon les chercheurs, que la connaissance de la diversité variétale par les producteurs est très limitée. Mais, l’équipe des phytopathologistes a fait une prospection dans le Kénédougou (Koloko) en 2025 où la maladie constatée était le flétrissement de l’appareil végétatif et de la pourriture des rhizomes.

Dr Fayama Tionyélé, chercheur à l’INERA, propose de mettre en œuvre des technologies nouvelles au profit de la filière gingembre.

« Tant que les producteurs ne disposeront pas d’un système fiable d’approvisionnement en rhizomes de qualité sanitaire garantie, les progrès en matière de productivité et de compétitivité resteront limités », font comprendre les chercheurs de l’INERA. Ils reconnaissent également que l’accès à des semences saines et abordables constitue le principal goulot d’étranglement de la filière gingembre, car, il conditionne directement la productivité, la qualité des récoltes et la rentabilité de la culture. « Le faible engouement de nombreux producteurs pour le gingembre ne traduit pas un manque d’intérêt pour cette culture, mais plutôt une perception de risque élevée.

La baisse et l’irrégularité des précipitations dans des zones de production comme la province du Kénédougou affectent fortement les rendements du gingembre, car, cette culture est particulièrement exigeante en eau tout au long de son cycle végétatif », expliquent-ils. Dr Zoéyandé Oumarou Dianda, Dr Oumarou Traoré et Dr Siédou Sory ayant répondu ensemble aux questions sur le gingembre, proposent de faire du gingembre une filière prioritaire dans les politiques agricoles, de renforcer la recherche-développement. Ils recommandent en outre, de soutenir davantage le PRT de l’INERA afin de développer un programme intégré sur le gingembre, de mettre en place une véritable filière
semencière du gingembre et d’organiser et professionnaliser les acteurs de la filière, entre autres.

Adopter de nouvelles technologies de production

Sous un angle sociologique, Dr Fayama Tionyélé, sociologue et maître de conférences de recherche à l’INERA, à Farako-Bâ, Bobo-Dioulasso, soutient de mettre en œuvre des technologies nouvelles au profit de la filière gingembre. Ces outils, selon lui, doivent être en adéquation avec les valeurs culturelles des exploitants. « Il faut travailler à ce que la production de gingembre soit une activité de pointe au Burkina à même d’être hautement industrialisée vu son importance dans les habitudes alimentaires », affirme le sociologue chercheur de l’INERA. Dr Tionyélé recommande, en sus, d’intégrer les politiques agricoles, surtout de vulgarisation et de valorisation pour le développement de la filière gingembre, par un accompagnement financier conséquent.

Le gingembre est vendu à 6 000 F CFA, la grosse boîte de tomate, actuellement à Bobo-Dioulasso.

« Il faut également créer des marchés pour stimuler la production, briser d’éventuelles barrières culturelles à la production du gingembre, amener les producteurs à adopter les nouvelles technologies de production et de conservation, à défendre la qualité de leurs productions, etc. », explique-t-il. Le directeur régional de l’agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques du Guiriko, Kouwanu Eric Pascal Adanabou, déplore le fait que la culture du gingembre soit négligée, abandonnée et pratiquée par une minorité de paysans. « Avec les sensibilisations et les renforcements des techniques de
production, la production de gingembre devrait s’améliorer.

Au niveau du Tuy et du Guiriko, il n’y a pas de cultures de gingembre. Dans d’autres localités, dans le Guiriko, des paysans en produisent mais uniquement pour la consommation familiale. On peut étendre la production vers d’autres terres », se convainc-t-il. Le chef de service des productions végétales à la direction régionale en charge de l’agriculture du Guiriko, Souleymane Ramdé, renchérit que la culture du gingembre est sous-exploitée.

Alizèta Rouamba, agronome de formation, a ses propres producteurs pour éviter la pénurie.

« A Koloko, ce sont des productions familiales. Il existe une coopérative de production de
gingembre dénommée (Hakili tanisaba, en français, 13 intelligences) dans le Kénédougou qui prend à bras le corps la culture du gingembre. Mais, malheureusement, ils sont confrontés aux problèmes phytosanitaires avec des plantes qui flétrissent, entre autres », confirme Souleymane Ramdé. L’agent pathogène responsable des pathologies du gingembre n’est pas encore détecté. La fabrication de boissons énergisantes absorbe aussi la quantité de gingembre importée qui devait réguler le marché national en matière de prix face à des productions, par exemple, dans le Kénédougou, qui se situent entre 6 tonnes et 10 tonnes à l’hectare.

Boukary BONKOUNGOU


 

Utilisations et bienfaits du gingembre

Le rhizome souterrain renferme différents principes actifs dont des gingérols et des shogaols. Ces derniers lui confèrent une activité antioxydante, anti-inflammatoire et tonifiante. Les études montrent que le rhizome de gingembre a également un effet préventif contre les nausées et les vomissements.
Cuisine : Donne du piquant aux plats salés, aux marinades, aux soupes, aux thés et aux biscuits. En outre, il intervient dans la production d’un jus naturel très apprécié « gnamakoudji ». Aussi, intervient-il dans la préparation de plusieurs variantes de bouillies alimentaires.
Digestion : Aide à digérer les repas lourds et calme les maux d’estomac.
Anti-nausée : Efficace contre le mal des transports et les nausées de la grossesse.
Anti-inflammatoire : Contient du gingérol, une substance active qui aide à réduire les douleurs et combat la fatigue.

B.B.
Source : recherches INERA


Mesures préventives contre la maladie du gingembre

  • Utilisation de semences saines ;
  • Désinfection des rhizomes ;
  • Rotation culturale ;
  • Assainissement des parcelles ;
  • Amendements organiques et amélioration biologique du sol ;
  • Surveillance phytosanitaire régulière ;
  • Une détection précoce pour éliminer rapidement les foyers, limiter la dissémination des agents pathogènes et réduire les pertes économiques ;
  • Symptômes précoces à surveiller.

B.B.
Source : recherches INERA

Secours d’urgence : « Chaque minute perdue réduit drastiquement les chances de survie», Daouda Sawadogo, responsable de la formation à la Croix-Rouge

Accidents de la circulation, brûlures domestiques ou détresses respiratoires, au Burkina Faso, la survenance d’un de ces drames transforme chaque témoin oculaire en un maillon indispensable de la chaîne de survie. Pourtant, entre gestes inappropriés, mouvements de panique et méconnaissance des réflexes de base, la prise en charge pré-hospitalière fait face à d’immenses défis. Responsable de la formation à la Croix-Rouge burkinabè, Daouda Sawadogo décrypte la notion de premiers secours et détaille le principe fondamental « PAS » (Protéger, Alerter, Secourir).

Sidwaya (S) : Qu’entend-on par « premiers secours » et dans quel cadre s’inscrit cette chaîne de prise en charge ?

Daouda Sawadogo (D.S.) : Les premiers secours désignent l’ensemble des gestes d’urgence administrés à une personne en situation de détresse ou de danger. L’objectif immédiat est de réduire la menace ou de stabiliser l’état de la victime avant sa prise en charge médicale. Cette intervention s’inscrit dans la phase pré-hospitalière. Il s’agit d’une chaîne indissociable. Elle débute par le témoin oculaire (premier intervenant qui lève l’urgence), se poursuit par l’alerte transmise aux services de secours, et s’achève par le transfert vers un centre de santé qui prend la relève.

S : En secourisme, on insiste sur la « première minute » suivant un drame. Pourquoi cette fenêtre temporelle est-elle si cruciale ?

D.S : C’est une réalité biologique fondamentale qui ne laisse aucune place au hasard. Sur le théâtre d’un drame, le facteur temps est le maître absolu. Lors d’un traumatisme grave, une victime peut subir une hémorragie interne ou externe d’une violence extrême. Si aucun témoin n’intervient immédiatement pour réaliser un geste d’urgence (comme la compression directe de la plaie), la personne peut se vider de son sang et sombrer dans un état de choc irréversible en seulement deux à trois minutes. De même, face à une personne inconsciente qui ne respire plus, le cœur s’arrête, privant le cerveau d’oxygène. Sans une réanimation cardio-pulmonaire immédiate, les lésions cérébrales deviennent irréversibles et le décès survient. Chaque minute perdue réduit drastiquement les chances de survie.

S : Vous évoquez la notion d’« hémorragie cataclysmique ». De quoi s’agit-il exactement ?

D.S : Contrairement à une simple écorchure ou une plaie superficielle où le sang s’écoule à faible pression avant de coaguler naturellement, l’hémorragie cataclysmique représente une urgence vitale absolue. Elle se caractérise par la rupture d’un vaisseau sanguin majeur, provoquant un jet ou un flux sanguin massif ininterrompu.

S : Sur le terrain burkinabè, quelles sont les urgences les plus récurrentes ?

Une séance de démonstration des gestes de premier secours.

D. S : Les accidents de la circulation routière constituent indiscutablement le cœur de nos interventions quotidiennes et occupent le premier rang des urgences traitées par nos équipes sur le terrain. La densité du trafic et les imprudences sur nos axes routiers font des voies publiques, le premier théâtre des détresses physiques. Toutefois, le risque est tout aussi présent au sein même des foyers à travers les accidents domestiques qui représentent une part très importante de nos sollicitations. Il s’agit principalement de brûlures graves provoquées par l’eau chaude, l’huile bouillante ou les équipements de cuisine, touchant particulièrement les plus jeunes. A cela s’ajoutent des chutes traumatiques dans les ménages ainsi que des drames saisonniers, notamment les cas de noyades.

S : La Croix-Rouge travaille-t-elle en synergie avec la Brigade nationale de Sapeurs-Pompiers ?

D. S : Absolument. Cette collaboration
ne relève nullement d’un simple arrangement informel, elle est strictement statutaire, institutionnelle et réglementaire. Au Burkina Faso, le plan ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile) confère un rôle stratégique et central à la Croix-Rouge burkinabè dans le dispositif global de gestion des catastrophes et des urgences majeures. Sur le lieu de l’accident, cette synergie se traduit par une véritable complémentarité opérationnelle. Nos secouristes et volontaires, souvent les premiers sur les lieux en milieu communautaire, interviennent en amont pour administrer les soins d’urgence indispensables et stabiliser l’état des victimes. Une fois le péril immédiat écarté, s’opère un passage de relais méthodique avec la Brigade nationale de Sapeurs-Pompiers, équipée des moyens d’évacuation médicale adaptés pour l’acheminement vers les centres hospitaliers.

S : Quel constat faites-vous sur le comportement des citoyens face à un accident : maîtrise ou panique ?

D. S : Face à un drame soudain sur la voie publique ou au domicile, la panique constitue presque toujours le premier réflexe de la population. Cette réaction émotionnelle s’explique avant tout par un déficit majeur de formation aux gestes de premier secours au sein de la société. Devant l’abondance de sang, les déformations physiques ou les cris de détresse de la victime, la peur prend immédiatement le dessus. Cependant, sur le terrain burkinabè, nous observons un phénomène sociologique très marquant. Il s’agit de la solidarité spontanée et remarquable. Dès qu’un accident survient, la population ne reste pas indifférente. Les riverains et les passants se précipitent instinctivement pour porter assistance à leur semblable. Mais ce formidable élan de compassion se heurte bien souvent à une méconnaissance technique des protocoles d’urgence. Animés par la seule volonté de bien faire, des témoins imprudents effectuent des manipulations inappropriées, des mobilisations intempestives ou des tractions à risque qui, au lieu de soulager la personne en détresse, finissent par aggraver sévèrement ses lésions initiales.

S : Quelles sont les pires erreurs commises par ignorance qui risquent d’aggraver l’état d’une victime ?

D. S : La première est d’intervenir sans protéger la zone, au risque de créer un sur-accident. La seconde est de mobiliser brutalement une victime ou de la mettre systématiquement sur le côté. En cas de fracture, déplacer le corps peut amener l’os fracturé à sectionner un nerf ou un vaisseau sanguin, entraînant une paralysie définitive ou une hémorragie interne gravissime. Enfin, donner à boire à une personne inconsciente peut provoquer un étouffement par aspiration dans les voies respiratoires. On peut tout au plus lui humecter la gorge si elle est consciente et le demande.

S : Quels sont les trois gestes simples de sécurité que chaque citoyen devrait maîtriser ?

D. S : La conduite à tenir repose sur la règle d’or du secourisme, résumée
par l’acronyme ‘’P.A.S.’’. Le premier réflexe, ‘’Protéger’’, consiste à sécuriser immédiatement le périmètre de l’accident afin d’éviter tout sur-accident. Cela passe par un balisage visible de la chaussée (à l’aide de triangles de signalisation ou de branchages) et par la protection du secouriste lui-même, qui doit utiliser des gants ou des sachets en plastique pour éviter le contact direct avec le sang. Viens ensuite l’action
d’ ‘’Alerter’’, qui impose de contacter sans délai les services d’urgence, notamment les Sapeurs-Pompiers, en leur fournissant des indications précises et rigoureusement géolocalisées pour faciliter leur déploiement. Enfin, le volet ‘’Secourir’’ consiste à effectuer les gestes d’urgence et de stabilisation adaptés à l’état de la personne, avec
la stricte précaution de ne tenter
aucune manipulation intempestive qui risquerait d’aggraver ses lésions.

S : Lors d’un appel d’urgence aux Sapeurs-Pompiers, quelles sont les informations prioritaires à transmettre ?

D. S : Avant tout, lors d’un appel d’urgence aux Sapeurs-Pompiers, il faut savoir garder son calme et communiquer des éléments précis. Le témoin doit d’abord s’identifier en donnant son nom et son numéro de téléphone afin d’être joignable à tout moment. Il convient ensuite de préciser la localisation exacte avec des repères visuels, le quartier ou la rue, puis d’indiquer clairement la nature du drame (qu’il s’agisse d’un accident de la circulation, d’une brûlure ou d’une noyade) pour permettre le déploiement du véhicule adapté. Enfin, il est essentiel d’évaluer le nombre de victimes et de décrire leur état visible.

S : En cas d’urgence ou d’accident grave au Burkina Faso, quels numéros gratuits le citoyen doit-il retenir pour réagir sans perdre de temps ?

D.S : Plusieurs numéros gratuits, accessibles 24h/24 et 7j/7 depuis n’importe quel opérateur téléphonique, permettent de réagir rapidement face à une urgence. Le 18 permet de joindre la Brigade nationale de Sapeurs-Pompiers, à contacter en priorité pour les accidents de la circulation, les incendies, les secours aux blessés, les noyades ou toute détresse physique survenant sur la voie publique ou à domicile. Le 15 donne accès au Service d’Aide Médicale Urgente, sollicité pour les urgences médicales graves qui nécessitent une prise en charge spécialisée ou une orientation hospitalière immédiate. Le 17 permet d’alerter la Police Secours, utile pour sécuriser les lieux d’un accident, assurer le maintien de l’ordre ou établir un constat d’urgence. Enfin, la Croix-Rouge burkinabè peut être jointe au
66 30 38 38 pour toute assistance en situation d’urgence.

S : Quel est le maillage territorial de la Croix-Rouge et combien de personnes formez-vous par an ?

D. S : Nous sommes implantés dans les 47 provinces du Burkina Faso avec environ 45 000 volontaires. Nous formons entre 2 000 et 3 000 personnes par an (secouristes,
salariés, communautaires). C’est un effort continu, bien qu’insuffisant.
C’est pourquoi nous avons lancé l’application mobile gratuite « Premiers Secours en Afrique » (sur Play Store) pour permettre à chacun d’apprendre les gestes de base. L’application permet également à chaque citoyen de se former gratuitement et à son propre rythme
aux réflexes qui sauvent, la Croix-Rouge a développé l’application mobile
« Premiers Secours en Afrique ». Elle est téléchargeable gratuitement sur Play Store. L’application intègre des guides illustrés, des fiches pratiques d’intervention pas à pas (étouffement, brûlures, hémorragies, arrêt cardiaque) ainsi que le manuel officiel des premiers secours adaptés aux réalités du continent africain. Une fois installée sur votre smartphone, la totalité des contenus reste consultable sans connexion Internet, ce qui en fait un outil de consultation précieux en toute circonstance.

Interview réalisée par :

Wamini Micheline OUEDRAOGO

7e forum des médias sino-africains à Beijing : Cap sur un nouvel avenir audiovisuel

Le 7e forum sur la coopération des médias sino-africains se tient du 19 au 21 août 2026 à Beijing, en Chine, en présence du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. La Chine et l’Afrique affichent leur volonté de donner une nouvelle dimension à leur partenariat audiovisuel.

La Chine et l’Afrique veulent franchir un cap dans leur partenariat médiatique. C’est dans cet optique que se tient le 7e forum sur la coopération des médias sino-africains du 19 au 21 août 2026 à Beijing, dans la capitale de la République populaire de Chine, sur le thème :
« Partager de nouvelles opportunités de développement, bâtir conjointement un nouvel avenir audiovisuel ». Il est co-organisé par l’Administration nationale de la radio et de la télévision de Chine (NRTA), le gouvernement populaire municipal de Beijing et l’Union africaine de radiodiffusion. Pendant la cérémonie d’ouverture du forum intervenue le 20 août, tous les intervenants ont relevé et insisté sur la nécessité pour la Chine et l’Afrique d’adapter leur coopération sur les médias aux mutations technologiques de l’heure.

La vice-ministre du département de la communication et ministre de l’Administration nationale de la radiotélévision, Cao Shumin, a souligné que ce 7e forum est historique, car 2026 marque l’année du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains, ainsi que l’année des échanges humains et culturels sino-africains. La coopération entre médias apparait dès lors comme un instrument privilégié pour renforcer la compréhension entre les peuples. « L’amitié sino-africaine traverse les temps et se transmet de génération en génération », a lancé la vice-ministre Cao.

Elle s’est par ailleurs réjouie des avancées enregistrées depuis le dernier forum sur la coopération des médias sino-africains de 2024, notamment dans les contenus, la diffusion, les technologies et la formation. Cao Shumin a cité par exemple la diffusion
de plus de 80 œuvres audiovisuelles chinoises dans plusieurs pays africains et, en retour, de plus de 80 productions issues de 29 pays africains sur les chaines et plateformes chinoises. Près de 50 co-productions sino-africaines, a-t-elle soutenu, ont également vu le jour. Cependant, au-delà des contenus, c’est l’Intelligence artificielle (IA) qui devrait profondément transformer la coopération entre les deux entités.

Cao Shumin a relevé que l’IA intervient désormais dans l’ensemble de la chaine audiovisuelle chinoise, de la création à la traduction, en passant par la production et la diffusion. Elle a toutefois appelé à conjuguer innovation et responsabilité, notamment face aux fausses informations, aux dérives éthiques et aux questions liées à la propriété intellectuelle. « La technologie doit être au service de l’humain », a-t-elle martelé.

Pour une circulation plus équilibrée des contenus

Quant au directeur général de l’Union africaine de la radiodiffusion, le camerounais Grégoire Ndjaka, il a aussi salué les résultats déjà atteints par l’Afrique grâce à son partenariat avec la Chine, principalement dans la modernisation des infrastructures de radiodiffusion. Il n’a pas occulté la formation des journalistes africains au cours de cette année 2026 sur des modules tels que l’IA, la vérification des faits, la détection des deepfakes, la pratique journalistique, avec la participation d’experts chinois et africains. Mais pour Grégoire Ndjaka, l’enjeu ne saurait se limiter aux équipements. « Ce qui compte le plus, c’est l’investissement dans les ressources humaines », a-t-il affirmé.

A ce sujet, la Chine indique avoir organisé cette année 2026, jusqu’en août, 21 programmes de formations impliquant 479 professionnels africains issus de 31 pays pour le renforcement de leurs compétences en production audiovisuelle, ultra haute définition et en création assistée par l’IA. Le directeur général de l’Union africaine de radiodiffusion a surtout plaidé pour une circulation plus équilibrée des récits entre l’Afrique et la Chine. Car, a-t-il- poursuivi, si les productions chinoises gagnent progressivement les
audiences africaines, les contenus venant d’Afrique doivent eux aussi trouver davantage de place auprès du public chinois.

Il a estimé qu’un tel équilibre permettrait à « l’Afrique de raconter sa propre histoire » et au public chinois de découvrir le continent « sous un jour « africain ». Chinois et Africains sont convaincus et s’accordent donc sur le fait que la coopération des médias sino-africains doit désormais conjuguer technologie, créativité, formation et réciprocité. Pour ce faire, « une déclaration commune du 7e forum sur la coopération sino-africaine dans les médias » a été adoptée. Environ 40 pays africains, dont le Burkina Faso, prennent part à cette biennale sur la coopération des médias sino-africains. Le forum prend fin ce 21 août avec des visites des participants de certaines entreprises audiovisuelles chinoises.

Sié Simplice HIEN

depuis Beijing, en Chine

Coopération multilatérale : « A défaut de nous féliciter, que les organisations partenaires disent au moins la vérité sur ce qui se passe dans nos Etats » dixit le Chef de la diplomatie burkinabè à l’Envoyée spéciale des Nations Unies

Le Camarade ministre des Affaires étrangères Karamoko Jean Marie TRAORE a reçu en audience, ce jeudi 20 août 2026, l’Envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, Son Excellence Madame Sahle-Work ZEWDE.
La Représentante onusienne et ancienne Chef d’Etat de la République démocratique fédérale d’Ethiopie est en visite de travail au Burkina Faso, dans le cadre d’une mission d’évaluation des actions du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), basé à Dakar.
Il s’agit d’une visite auprès des autorités burkinabè pour recueillir leurs appréciations sur les interventions des agences onusiennes au pays des Hommes intègres, en vue de les adapter aux méthodes de travail de l’UNOWAS dans l’espace ouest-africain et sahélien.
« Il s’agit de voir comment les objectifs et le mandat de ce bureau sont en adéquation avec ce qui se passe dans la sous-région . Le but c’est de créer un contact, d’avoir un langage et des objectifs qui sont définis en concertation avec ceux qui sont concernés », a indiqué l’Envoyée spéciale de l’ONU.
Son Excellence Madame Sahle-Work ZEWDE précise que les conclusions de sa mission permettront d’éclairer les décisions du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies pour de meilleures perspectives de collaboration avec le Burkina Faso.
Le Chef de la diplomatie burkinabè a favorablement accueilli cette visite, et salué l’expertise de Son Excellence Madame Sahle-Work ZEWDE qui a une meilleure connaissance du terrain et des réalités du pays.
Tout en saluant l’approche des Nations Unies, il a une fois de plus saisi l’occasion pour souligner la nécessité de nouvelles réformes au sein de l’ONU, car l’organisation internationale connait très peu les réalités et les contextes des Etats membres, en n’accordant pas de marge de manœuvre aux agences onusiennes qui sont mieux au parfum de la situation des pays où elles sont représentées.
Il a encouragé l’UNOWAS à être un véritable instrument de proximité et de diplomatie préventive, pour construire un dialogue solide entre les Etats et le siège de l’ONU, en se nourrissant d’informations venant des acteurs du terrain.
« On constate malheureusement que nos organisations, se fondant sur des principes, font des mauvais diagnostics et se nourrissent de faux rapports et cela ne peut qu’aboutir à des mauvaises solutions et à des échecs. Il faut un débat de fond pour revoir l’architecture, les principes, les approches et même les acteurs de nos organisations, pour un changement de perception sur les Africains et leurs pays qui sont souverains avant tout », a déclaré le ministre Karamoko Jean Marie TRAORE au cours des échanges.
Présentant le contexte du Burkina Faso et de la Confédération des Etats du Sahel, le ministre des Affaires étrangères indiquera à la responsable onusienne, que l’arrivée des régimes militaires est consécutive à des frustrations constatées sur le terrain, les Présidents des trois pays ayant eux-mêmes combattu au front.
Par conséquent, la priorité pour ces pays n’est pas la tenue d’élections mais plutôt la sécurisation de leurs espaces pour le bonheur des populations.
« Si nos dirigeants étaient intéressés par le pouvoir, ils auraient pu après les coups d’Etat, organiser rapidement élections, les gagner et s’installer tranquillement. Mais leur priorité étant la sécurité de leurs pays, ils ont tout de suite procédé à un renforcement des capacités opérationnelles des armées de leurs pays », explique le Chef de la diplomatie burkinabè.
Il a d’ailleurs fait remarquer que les avancées notables enregistrées par les pays de la Confédération AES dans une dynamique endogène ne sont pas reconnues par certains partenaires.
« On peut ne pas nous féliciter, mais dites au moins ce qui est juste et vrai dans nos pays, car de cela dépendra aussi la crédibilité de ces organisations dont les agissements laissent souvent entrevoir une complicité avec le colon qui veut prolonger sa domination sur nous » , a martelé le Camarade ministre des Affaires étrangères.
Le ministre a ainsi invité les Nations Unies à intégrer pleinement ces nouvelles réalités dans son analyse de la région et à adapter son accompagnement aux choix souverains des États, dans un esprit d’écoute et de concertation.
A propos des actions et des interventions du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique de l’ouest et le Sahel, le Patron de la diplomatie burkinabè reconnait un acteur de proximité qui accompagne les efforts des pays pour un partenariat fructueux avec le siège de l’ONU.
DCRP/ MAE

Contrôle des produits de grande consommation : Un entrepôt clandestin démantelé à Samandin

Le trio que sont la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), l’Agence burkinabè de normalisation de la métrologie et de la qualité (ABNORM) et la Brigade Labaal ont effectué, une deuxième sortie de contrôle des produits de grande consommation, mercredi 19 août 2026 à Ouagadougou.

Malgré les multiples contrôles des prix des produits de grande consommation des agents contrôleurs, des « commerçants indélicats » refusent de respecter la norme en la matière. Alors, la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes    ( BMCRF) poursuit les opérations de contrôle. Pour la seconde fois consécutive, la BMCRF, l’Agence burkinabè de normalisation de la métrologie et de la qualité (ABNORM) et la Brigade Labaal ont mené conjointement, une opération de contrôle des produits de grande consommation dans les quartiers Samandin et Pagalayiri de Ouagadougou, mercredi 19 août 2026.

Le coordonnateur de la BMCRF, Sanibè Faho : « ces actions visent à stopper les pratiques spéculatives sur le marché ».

Cette sortie s’inscrit dans une dynamique constante de répression des fraudes commerciales. Sur des lieux de distribution et dans des entrepôts, les agents ont examiné minutieusement, le riz, le sucre, le savon, la farine de blé et l’huile. Il est ressorti du constat, le non-respect des prix règlementés, le non affichage des prix conformément à la règlementation et aussi des cas de produits périmés.

Sur 6 boutiques visitées, 4 fermées

A l’issue de la visite, 4 boutiques ont été fermées jusqu’à ce que les contrevenants s’acquittent d’amendes à payer. Ces derniers ont également été réquisitionnés pour effectuer des travaux d’intérêt général afin de réparer le préjudice causé aux consommateurs. Selon le coordonnateur de la BMCRF, Sanibè Faho, un entrepôt clandestin dissimulé dans une cour d’habitation a été découvert dans le quartier Samandin. « Ce site abritait près de 100 tonnes de riz local et de riz importé non déclarées, destinées à la spéculation sur le marché », a-t-il poursuivi.

Une maison d’habitation utilisée comme entrepôt de stockage de riz.

Il a expliqué également que face à ces manquements jugés majeurs, le point de vente et le dépôt clandestin ont été immédiatement mis sous scellé conformément à la réglementation. « L’établissement restera fermé jusqu’au paiement des pénalités financières et à la régulation administrative complète du commerce, », a-t-il laissé entendre. Pour le directeur de la métrologie à l’ABNORM, Issa Sawadogo, leur présence au côté de la BMCRF a été de s’assurer du respect du poids des marchandises vendues aux consommateurs. Outre les infractions liées au stockage illégal et au manque de transparence documentaire, il a souligné que les équipes ont relevé des anomalies sur le poids de certains sacs de riz et procédé à la saisie des denrées périmés. « Nous appelons les acteurs au respect des exigences réglementaire en termes d’affichage des prix et de conformité du poids, », a-t-il déclaré.

Le directeur de la métrologie à l’ABNORM, Issa Sawadogo, a affirmé que leur présence au côté de la BMCRF  est  de s’assurer du respect du poids des marchandises comme le riz, le lait, le sucre… vendues aux consommateurs.

A écouter le coordinateur de la BMCRF, l’objectif est d’assainir le marché national tout en envoyant un signal fort aux commerçants indélicats. Cette énième sortie fait suite à la conférence de presse du ministre en charge du commerce, tenue le lundi 10 août dernier, au cours de laquelle, il a été annoncé des mesures fermes contre la spéculation et la hausse illégitime des prix des produits de grande consommation. Il a aussi précisé que les contrôles vont couvrir tous les quartiers de Ouagadougou ainsi que les autres régions.

Fleur BIRBA

Wend-tinbnoma Christelle KALKOUMDO

(Stagiaire)

Crédit photo : Aïssatou DIARRA

 

Contrôle des prix des produits de grande consommation Des produits saisis, des boutiques scellées et les propriétaires à l’agence Faso Mêbo de Ouahigouya.

La Direction Régionale de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (DRICA) de Yaadga a effectué, mercredi 19 août 2026 à Ouahigouya, une opération de contrôle des prix des produits de grande consommation. Une sortie de terrain qui vise à contenir la surenchère, à protéger le pouvoir d’achat des consommateurs et à débarrasser les étals des produits prohibés ou impropres à la consommation.

À Ouahigouya, la lutte contre la vie chère ne se mène pas seulement dans les bureaux. Elle se poursuit également dans les marchés, les boutiques et les différents points de vente. C’est dans cette dynamique qu’une équipe de la direction rrégionale de l’Iindustrie, du commerce et de l’artisanat (DRICA) de Yaadga conduite par le directeur régional Mahamadou Zoré a investi le terrain, mercredi 19 août 2026, pour contrôler les prix des produits de grande consommation.

Accompagnés de la sécurité, les responsables de la DRICA ont sillonné plusieurs lieux de commerces de la ville afin de vérifier les prix pratiqués, le respect des dispositions réglementaires ainsi que la conformité des produits mis à la disposition des consommateurs. L’initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de lutter contre le phénomène de surenchère et de garantir aux populations un accès aux produits essentiels dans des conditions conformes aux textes en vigueur. Elle vise également à renforcer la protection des consommateurs face à la commercialisation de produits prohibés ou impropres à la consommation.

 

Au cours de la tournée, les agents de contrôle ont procédé à des vérifications dans plusieurs boutiques. Les prix pratiqués ont été examinés avec attention, de même que la nature et la conformité des marchandises exposées. Dans certains points de vente, les contrôleurs ont constaté le respect des règles. Les responsables concernés ont été félicités pour leur comportement et leur volonté de se conformer à la réglementation.

Assainir le marché pour le bien-être de tous

Pour le directeur régional en charge du commerce de Yaadga, Mahamadou Zoré cette démarche traduit surtout la nécessité d’instaurer un climat de confiance entre les services de contrôle, les commerçants et les consommateurs. « Le Camarade ministre en charge du commerce lors de sa dernière conférence nous a fortement instruit de ne plus lésiner. La période de sensibilisation est dépassée. Si les prix sont justifiés nous n’avons rien à les reprocher. Mais si c’est les habituels comportements de cupidité de certains acteurs véreux qui veulent s’enrichir sur le dos des populations et comme l’a dit le Camarade ministre de l’industrie du commerce et de l’artisanat, pas simplement d’amende, mais en plus, réquisition   pour rembourser le peuple à travers des travaux d’intérêts communs.  Notre objectif n’est pas de fermer les boutiques, encore moins de mettre les commerçants en difficulté. Nous voulons que chacun comprenne que le respect de la réglementation protège à la fois le commerçant et le consommateur », a-t-il expliqué.

Le responsable régional a par ailleurs invité les commerçants à considérer les opérations de contrôle comme des occasions de mieux connaître et de respecter les règles. « Nous demandons aux commerçants de se mettre en règle. Celui qui respecte les textes n’a rien à craindre lors d’un contrôle. Au contraire, il contribue à protéger les consommateurs et à renforcer la crédibilité de notre système commercial », a-t-il ajouté.

A chaque lieu de vente, l’équipe de la DRICA a vérifié minutieusement la publicité des prix, les dates de fabrication, de péremption et les conditions de stockage conformément aux textes. Du côté des commerçants, l’opération n’a pas été perçue sous le même angle. Plusieurs responsables de boutiques ont salué la démarche de la DRICA, estimant que les contrôles réguliers peuvent contribuer à assainir le secteur du commerce.

Le respect des prix une responsabilité collective

C’est le cas de Boureima Guiro de responsable de la boutique « l’Alimentation Force vive de Ouahigouya » au secteur N°2 qui s’est réjoui de cette initiative. « C’est une bonne chose que les services de contrôle viennent régulièrement dans les boutiques. Cela nous permet de savoir si nous sommes réellement en conformité avec les textes et d’éviter des erreurs », a-t-il confié. Pour lui, le contrôle permet également de protéger les commerçants qui font l’effort de respecter les prix et les normes. « Quand tout le monde respecte les mêmes règles, la concurrence devient plus saine et le consommateur sait à quoi s’en tenir », a-t-il souligné.

Si certains responsables de boutiques ont reçu les encouragements des agents de contrôle, d’autres ont, en revanche, été confrontés aux conséquences du non-respect des règles. C’est le cas de Soumaila Forgo et six (06) autres au secteur 14 quartier Siguivoussé de Ouahigouya qui ont vu leurs produits saisis et les boutiques fermées pour manque de publicité des prix des produits et la découverte des produits prohibés ou impropres à la consommation. Les responsables concernés ont également été conduits auprès de l’Agence Faso Mêbo de Ouahigouya. Face à ces sanctions, certains responsables de commerces concernés n’ont pas caché leur regret. C’est le cas de Soumaila Forgo. « Nous reconnaissons que nous avons manqué de vigilance. Nous regrettons cette situation et nous allons prendre les dispositions nécessaires pour que cela ne se reproduise plus », a -t-il reconnu.

Sékou Kindo, responsable de la boutique « commerce général Kindo et Frères » à Siguinvoussé a saisi l’occasion pour adresser un message à ses collègues commerçants. « Nous invitons tous les commerçants à faire tout leur possible pour être dans la légalité. Il vaut mieux respecter les règles que d’attendre un contrôle pour constater qu’on est en faute », a-t-il déclaré.

Au cours de l’opération de ce 19 août à Ouahigouya, sur un total de 11 boutiques contrôlées, 07 ont vu leurs portes fermées et les propriétaires conduits aux travaux d’intérêts communs. À travers cette opération, la DRICA de Yaadga entend rappeler que la protection du consommateur et la lutte contre la vie chère demeurent des priorités des autorités. Le contrôle des prix, la surveillance des pratiques commerciales et la lutte contre les produits prohibés constituent ainsi des leviers importants pour assainir le marché. Le directeur régional en charge du commerce a appelé les commerçants à ne pas attendre les opérations de contrôle pour se mettre en règle. « Le message est simple : chacun doit faire sa part. Nous encourageons les commerçants qui respectent les textes et nous allons continuer à sensibiliser et à contrôler ceux qui ne les respectent pas », a-t-il martelé.

Bassirou BADINI                                                                                                  bassirouba264@gmail.com

Football féminin : l’AS Police renforce l’autonomisation de 110 jeunes filles

L’AS Police a lancé, jeudi 20 août 2026 à Ouagadougou, un atelier de formation consacré à l’« Autonomisation de la jeune fille à travers le football ». Pendant 48 heures, 110 jeunes filles issues de différents clubs sont outillées sur des questions liées à la santé, à l’éducation, à l’hygiène, à la discipline et à la prévention des violences basées sur le genre.

Faire du football un outil d’éducation et d’autonomisation au-delà de la performance sportive. C’est l’objectif de cette initiative de l’AS Police, qui entend accompagner les jeunes joueuses dans leur parcours sportif, scolaire et social. A l’ouverture des travaux, la responsable de l’équipe féminine de l’AS Police, Isabelle Ouangraoua née Sawadogo, a souligné que l’autonomisation ne se limite pas à être une bonne footballeuse. Elle passe également, selon elle, par la connaissance de soi, la discipline, le sens des responsabilités et la capacité à faire de bons choix. La marraine de l’activité, la commissaire divisionnaire de Police Natacha Sawadogo née Zoungrana, a présenté le football comme une « véritable école de vie ». Elle a invité les jeunes filles à croire en leurs capacités, à poursuivre leurs études et à oser prendre des responsabilités. La patronne de la cérémonie, l’inspectrice générale de Police Marie Denise Drabo née Sebgo, a, quant à elle, insisté sur la nécessité de concilier pratique sportive, études, santé, vie familiale et vie sociale. Elle a également mis en avant les enjeux liés à la santé sexuelle et reproductive et à l’hygiène menstruelle. Des échanges avec des personnes-ressources et un mentorat sont prévus durant les deux jours de formation afin de permettre aux participantes de bénéficier de conseils et d’expériences utiles à leur parcours.

Pengdwendé Achille OUEDRAOGO