Barrage de Loumbila : la suspension des prélèvements d’eau brute levée

Le gouverneur de la région de l’Oubri Sy Assetou Barry/Traoré, a annoncé, mardi 11 août 2026, la levée de la suspension des prélèvements d’eau brute au barrage de Loumbila. Cette décision intervient à la faveur de l’amélioration notable du niveau de la retenue d’eau, consécutive aux précipitations enregistrées sur le bassin versant.

La situation hydrique du barrage de Loumbila connaît une évolution favorable. Dans un communiqué administratif signé le 11 août 2026 à Ziniaré, le gouverneur de la région de l’Oubri, Sy Assetou Barry/Traoré, a informé les usagers de la retenue d’eau, de la levée de la mesure de suspension de tout prélèvement d’eau brute instaurée depuis le 18 mai 2026.

Selon le communiqué, cette décision fait suite aux rapports de suivi hydrologique transmis par l’Agence nationale des bassins hydrographiques (ANABH). Les données techniques relevées le lundi 10 août 2026 indiquent une cote de 610 cm à l’échelle limnimétrique, correspondant à un volume stocké d’environ 30 millions de mètres cubes. Le barrage affiche ainsi un taux de remplissage de 71,42 % de sa capacité nominale.

Le gouverneur a souligne que cette amélioration résulte des précipitations enregistrées ces dernières semaines sur le bassin versant, lesquelles ont permis une reconstitution significative des réserves en eau de la retenue.

Toutefois, la reprise des prélèvements d’eau brute reste soumise au respect strict de certaines conditions. Les usagers concernés devront notamment être détenteurs d’une autorisation réglementaire de prélèvement en cours de validité délivrée par l’ANABH et se soumettre aux contrôles des services compétents de la Police de l’eau.

L’ANABH poursuivra un suivi régulier du niveau du barrage afin d’évaluer l’évolution de la situation hydrique. Le communiqué précise que de nouvelles mesures restrictives pourront être prises si les conditions l’exigent.

Le gouverneur de la région de l’Oubri a, par ailleurs, invité l’ensemble des usagers à faire preuve de responsabilité, de civisme et de patriotisme pour une gestion rationnelle, concertée et durable de cette ressource d’intérêt général.

La suspension des prélèvements d’eau brute au barrage de Loumbila avait été décidée en mai dernier afin de préserver les réserves disponibles face à une baisse préoccupante du niveau de la retenue.

D. S.

𝗦𝗮𝗻𝘁𝗲́ 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹’𝗲𝘀𝗽𝗮𝗰𝗲 𝗔𝗘𝗦 : 𝗹𝗲𝘀 𝗲𝘅𝗽𝗲𝗿𝘁𝘀 𝗿𝗲́𝘂𝗻𝗶𝘀 𝗮̀ 𝗢𝘂𝗮𝗴𝗮𝗱𝗼𝘂𝗴𝗼𝘂 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗮𝗰𝗰𝗲́𝗹𝗲́𝗿𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗼𝗽𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝘀𝗮𝗻𝗶𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲

Réunis du 11 au 14 août 2026 à Ouagadougou, les experts en santé du Burkina Faso, du Mali et du Niger planchent sur les livrables de l’an 2 de l’Alliance des États du Sahel (AES). Au cœur des échanges : la mise en place de mécanismes communs pour mieux répondre aux urgences sanitaires, renforcer l’accès aux produits de santé et consolider la souveraineté sanitaire de l’espace confédéral.

La coopération sanitaire entre les trois pays de l’Alliance des États du Sahel franchit une nouvelle étape. Les experts des ministères de la Santé du Burkina Faso, du Mali et du Niger sont réunis, du 11 au 14 août 2026 à Ouagadougou, dans le cadre de la rencontre-cadre consacrée à la mise en œuvre de la feuille de route de l’an 2 de l’AES.

Pendant quatre jours, les équipes techniques des trois États membres mettent en commun leurs expertises et leurs expériences pour faire avancer les différents livrables inscrits dans le domaine de la santé. Il s’agit notamment de préciser les orientations, les priorités, les responsabilités et les modalités de mise en œuvre des actions retenues.

À l’ouverture des travaux, le Chargé de missions du ministère de la Santé, Ardjouma Ouédraogo, représentant le ministre de la Santé, a transmis le message du ministre aux délégations participantes. Celui-ci a placé la rencontre sous le signe de l’action et des résultats.

Trois domaines prioritaires ont été identifiés : la surveillance et la réponse aux urgences sanitaires, la régulation pharmaceutique et l’accès aux produits de santé. Sur ce dernier volet, l’accent est notamment mis sur la mutualisation des ressources et la mise en place de mécanismes communs d’achat.

Pour le ministre, l’enjeu est d’aller au-delà des déclarations d’intention. Face aux maladies à potentiel épidémique, aux urgences de santé publique, aux difficultés d’accès aux soins et aux produits de santé et à la dépendance des chaînes d’approvisionnement extérieures, une coopération plus structurée apparaît nécessaire.

« Notre ambition ne doit pas être simplement de produire des recommandations, mais de parvenir à des résultats concrets, tangibles, opérationnels et mesurables », a-t-il insisté.

𝗩𝗲𝗿𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗲́𝗰𝗮𝗻𝗶𝘀𝗺𝗲𝘀 𝘀𝗮𝗻𝗶𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝘀

Les travaux portent ainsi sur plusieurs pistes de coopération, notamment le partage de l’information sanitaire, l’harmonisation des maladies et événements à notification prioritaire, la veille pharmaceutique ainsi que la mise en place de procédures communes d’alerte précoce et de notification transfrontalière.

Pour la délégation malienne, cette dynamique constitue une opportunité de renforcer les capacités collectives des États membres. Prenant la parole au nom du Mali, le Directeur général de la santé et de l’hygiène publique, Cheick Amadou T. Traoré, a salué une démarche susceptible de contribuer à la construction d’un espace davantage capable d’assumer sa souveraineté dans les différents domaines du développement, notamment celui de la santé.

Du côté du Niger, le Directeur général de la santé publique, Adamou Moustapha, a réaffirmé l’engagement des experts nigériens à poursuivre les efforts engagés dans le cadre de la feuille de route de l’an 2. Il a relevé l’attente des ministres à l’égard des équipes techniques, appelées à produire des livrables susceptibles d’améliorer concrètement la santé des populations de l’espace AES.

𝗗𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱𝘂𝗲𝘀 𝗮𝘂 𝘁𝗲𝗿𝗺𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝘂𝘅

Au terme de cette rencontre, les experts devront formuler des propositions opérationnelles et dégager une feuille de route pour renforcer la coopération sanitaire entre les trois pays.

Cette rencontre de Ouagadougou entend ainsi contribuer à traduire la convergence politique de l’AES en actions sanitaires communes, opérationnelles et mesurables, avec en ligne de mire un objectif majeur : renforcer la capacité des trois États à répondre collectivement aux défis sanitaires et à consolider leur souveraineté dans le domaine de la santé.

Source : DCR/MS

Pénurie de la farine de blé sur le marché : le coordonnateur de la BMCRF rassure de la disponibilité du produit

Le coordonnateur de la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), Sanibè Faho, a effectué le 11 août 2026 à Ouagadougou, une visite inopinée dans les usines de production de farine de blé, Moulin double star M2S de Gampéla et Moulin minor S.A. de Kossodo en vue de constater la disponibilité de la farine.

Des rumeurs font état d’une rupture de la farine de blé causant ainsi la fermeture de certaines boulangeries et d’une possible augmentation du prix du pain. En vue d’édifier les consommateurs, une équipe de la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), conduite par son coordonnateur, Sanibè Faho, a visité deux usines de production de la farine de blé ce 11 août 2026 à Ouaga-dougou. Il s’est agi du Moulin double star M2S de Gampéla et du Moulin minor S.A. de Kossodo.
A Gampéla, dans le Moulin double star M2S, l’équipe a visité toute la chaine de production de la réception et le stockage du blé au conditionnement en passant par l’écrasement.

Selon le directeur d’exploitation, Mahaz Zidnaba, actuellement l’usine possède un stock de
18 000 tonnes. « Aussi, on travaille 24 heures sur 24 pour une production de 300 tonnes par jour, soit 220 tonnes de farine et 80 tonnes de son. La farine de blé est disponible car chaque jour, on fait sortir environ 200 tonnes de farine à livrer à nos clients », a-t-il précisé. Même son de cloche au Moulin minor S.A. à Kossodo.

Là, les machines tournent 24H/24 et pro-duisent 340 tonnes de farine de blé par jour. « On a eu certes quelques difficultés d’approvisionnement de la matière première dû au fret en début du mois d’août mais aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre car nous avons un stock de 5 000 tonnes dans le silo. Il sera renforcé très bientôt par 30 000 tonnes de blé en provenance de Lomé (12 000T) et Abidjan (18 000T) », a expliqué le directeur de production de Moulin minor S.A. Bourahima Guigma.

800 tonnes de farine produites par jour

Au regard de tout cela, Sanibè Faho s’est dit rassurer par rapport à la disponibilité de la farine de blé, mais aussi de la cadence de production où des équipes produisent 24 heures sur 24, avec une production qui tourne autour de 220 tonnes par jour dans le premier moulin et 340 tonnes par jour pour le 2e moulin.

« Nous avons une production de 800 tonnes de farine de blé par jour. En principe, avec cette production et une répartition équitable faite à travers
le réseau de chaînes de distribution, on ne devrait pas avoir de rupture de pain sur le marché », a-t-il constaté. Qu’à cela ne tienne, a poursuivi le coordonnateur de la BMCRF, les investigations vont se poursuivre pour éviter que les distributeurs auprès de ces deux moulins ne puissent pas spéculer sur les marchés. « Nous avons la liste de l’ensemble de ces clients, à leur tour aussi, ils vont nous expliquer le processus de répartition, soit au niveau des boulangeries ou de leur clientèle », a promis Sanibè Faho.

Fleur BIRBA
Aissatou DIARRA
(Stagiaire)

Coopération sino-burkinabè : des journalistes et communicateurs en immersion en Chine

Une vingtaine de responsables de médias, de journalistes et de communicateurs du Burkina Faso prennent part du 8 au 27 août 2026 à Beijing, en République populaire de Chine, à un séminaire de formation. A l’issue de ce séjour, l’objectif des deux parties est d’approfondir la coopération sino-burkinabè dans le secteur des médias.

La coopération entre la République populaire de Chine et le Burkina Faso est au beau fixe, depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 2018. Ils ne cessent depuis lors de renforcer leur partenariat dans divers secteurs et celui des médias n’est pas en reste. C’est à cet effet que 23 Burkinabè, composés de responsables de médias, de journalistes et communicateurs, ont été invités par le gouvernement de la République populaire de Chine à une session de formation du 8 au 27 août 2026 à Beijing. Lors de la cérémonie d’ouverture de ce séminaire de formation, le 8 août dernier, les organisateurs ont loué le développement constant des relations sino-burkinabè depuis leur rétablissement en 2018.

« La confiance politique s’est renforcée, les résultats de la coopération ont augmenté et les échanges sont en plein essor, écrivant un nouveau chapitre de solidarité, de coopération gagnant-gagnant et d’amitié », a insisté le sous-directeur régional de l’Administration nationale de la radio et de la télévision, Yang Yong. Ainsi, lors de leur séjour de 21 jours en Chine, les hommes de médias burkinabè seront éclairés, à travers des conférences, sur des modules tels que « Politiques et situation de Chine ainsi que son développement dans le domaine des médias », « Impacts des technologies numériques sur les médias », « Technologies des nouveaux médias » et « coopération et pratique ».

Lors de la conférence inaugurale, le sous-directeur régional de l’Administration nationale de la radio et de la télévision, Yang Yong, a indiqué que la Chine compte à ce jour
2 512 stations de radios et de télévisions dont 2 sont implantées au niveau central, 30 dans les provinces, 333 dans les villes et plus de 2000 dans les comtés.
« Toutes ces stations sont publiques. Mais, il y a 3186 producteurs de l’audio-visuel en ligne dont la plupart sont des privés », a-t-il précisé. Comme dans la plupart des pays du monde, Yang Yong a reconnu qu’en Chine, les médias traditionnels éprouvent d’énormes difficultés face à l’émergence des nouveaux médias. Iqiyi, Tencent, Tiktok…ont en effet le vent en poupe. « Les médias traditionnels ont donc de moins en moins d’influence, de téléspectateurs et de recettes », a-t-il affirmer, tout en déclarant que ces médias ont été dans l’obligation d’enrichir leur contenu.

Des défis communs

Les défis sont énormes aussi bien pour les médias chinois que burkinabè, a souligné le directeur général adjoint de la China broadcasting international economic and techincal cooépartion (CBIC), He Dongbo. D’où selon lui, l’importance de ce séminaire de formation. « Nous estimons qu’à l’heure où la vague numérique transforme le monde, la coopération sino-burkinabè dans le secteur des médias ne se limite pas à un transfert de technologie, mais constitue un enrichissement mutuel de civilisation et une recherche de bénéfice partagé », a-t-il souhaité. Aussi, les journalistes et communicateurs burkinabè ne se contenteront pas seulement des panels et des débats dans les salles de conférence de Beijing durant tout leur séjour.

Des visites de terrain sont prévues dans la province du Hunan, au Sud du pays. « Sur le
terrain vous constaterez vous-même la vitalité innovante des technologies audiovisuelles chinoises et la richesse de notre patrimoine culturel révolutionnaire », a promis le directeur général de la CBIC aux séminaristes burkinabè. Il s’agit, a-t-il poursuivi, d’aider les journalistes et communicateurs burkinabè à appréhender l’importance du développement numérique et à tirer des enseignements utiles pour la transformation de leurs médias. « Nous sommes convaincus que c’est en apprenant les concepts dans les salles de conférence et en observant le développement sur le terrain que l’on peut vous aider à comprendre une vraie Chine multidimensionnelle et complète », a conclu He Dongbo. En attendant, les membres de la délégation burkinabè ont rallié lec 10 août Changsha, la capitale de la province du Hunan où ils ont entamé le lendemain la visite de terrain et, leur hôte promet leur en mettre plein les yeux sur le savoir-faire technologique chinois durant leur séjour de 5 jours dans la région natale de Mao-Zedong.

Sié Simplice HIEN depuis Beijing

Musique traditionnelle : Koridjôme, la guitare birifor en voie de disparition

Longtemps perçu à tort comme un « instrument de malheur » au sein des communautés djan, dagara et birifor, le koridjôme est aujourd’hui en voie de disparition. La préservation de cette guitare traditionnelle à cordes représente un enjeu culturel majeur. A Loto, un village situé à quelques cinq kilomètres de Diébougou, dans la province de la Bougouriba, Dagnir Guekoumaté Dabiré, élevé au rang de Trésor humain vivant (THV), perpétue un double savoir-faire : la fabrication de l’instrument et l’art de la composition musicale. Il s’y investit corps et âme pour protéger et transmettre la mémoire musicale de son peuple.

Assis sur un tabouret à trois pieds, Dagnir Guekoumaté Dabiré, 46 ans, procède en cette
matinée du vendredi 26 juin 2026, à des essais sonores, appelés “pifou”. Puis, entonne en langue birifor un chant appelant à la cohésion sociale. « Jadis, la solidarité était le socle de notre société.

Mes paroles invitent à renforcer l’entente entre les populations », explique-il. L’instrument de musique qu’il utilise est parfois orthographié koridjôme ou korindjom. C’est l’un des plus anciens instruments traditionnels des communautés djan, dagara et birifor, des groupes ethniques établis dans la région du Djôrô (Sud-Ouest du Burkina Faso).

Cette guitare traditionnelle à sept cordes a subi pendant longtemps des préjugés.
« A notre jeune âge, nous étions nombreux à y jouer. Certes beaucoup ne sont plus de ce monde aujourd’hui, mais à part moi, plus personne ne touche à cet instrument », confie Dagnir Guekoumaté Dabiré.

Pour l’octogénaire, Palenfo Tiarkoun, «le koridjôme conseille, il n’est pas fait pour le mal ».

La raison de ce désamour ? Des croyances qui lui collent une étiquette de jeteur de sort. L’artiste-musicien évoque le cas d’un ami proche, doté d’une oreille musicale parfaite, que son grand frère a obligé à abandonner la musique. Pour lui : « jouer du koridjôme était porteur de mauvaise fortune.

Il ressassait des rumeurs affirmant que le joueur de koridjôme ne pourrait jamais avoir d’enfant. Pourtant, j’ai des enfants et j’ai essayé en vain de le raisonner. Il n’a rien voulu entendre », regrette le musicien, le regard empreint d’amertume.

A ses côtés, Palenfo Tiarkoun (83 ans), écoute la conversation avec attention. Ses cheveux blancs et ses traits marqués témoignent d’une vie entière imprégnée de culture locale. Elle s’empresse de corroborer les propos du musicien. « Je connais bien le koridjôme. En plus du balafon, nos parents avaient fait de cette guitare, le principal instrument de notre identité culturelle. J’ai aussi entendu ces rumeurs de malédiction.

Mais l’expérience m’a prouvé qu’un malfaiteur qui écoute le koridjôme peut changer de comportement. Cet instrument conseille. Il n’est pas fait pour le mal. Dieu nous a donné notre fils Dagnir Guekoumaté.

Le directeur provincial chargé de la culture de la Bougouriba, Abdoul Aziz Bationo, rappelle que le koridjôme requiert un savoir-faire technique très précis.

Il nous fait honneur en perpétuant notre tradition», clame-t-elle. Pour composer ses mélodies sur sept notes, Dagnir Guekoumaté Dabiré dit s’en remettre à une
inspiration mystique.

« Je n’ai jamais appris à chanter. Les chansons me viennent en rêve. Je me réveille, je les répète. Il en est de même pour l’assemblage de la guitare. A la suite d’un songe, je me suis rendu en brousse après avoir demandé la permission aux mânes et aux ancêtres. J’ai coupé des branches de l’arbre (ndlr: l’ébénier d’Afrique), que j’ai courbées à la maison pour former un demi-cercle, avant de les fixer à une calebasse bien taillée », relate-t-il.

Un savoir-faire ancestral transmis oralement

Selon le directeur provincial de la communication, de la culture, des arts et du tourisme de la Bougouriba, Abdoul Aziz Bationo, la fabrication du koridjôme obéit à un rituel technique très précis. Ses recherches sur le terrain confirment ce processus rigoureux. « Il faut d’abord couper une branche de l’ébénier d’Afrique avec l’assentiment des esprits de la brousse.

Ensuite, on l’assouplit à l’aide d’une fourche d’arbre pour la plier en forme de manche. On la laisse sécher pendant un mois, puis on sculpte l’extrémité et on y perce sept trous », explique-t-il. La préparation de la caisse de résonance exige tout autant de rigueur. « Il faut un vrai savoir-faire agricole pour sélectionner une calebasse mûre et de bonne qualité.

« Les chansons me viennent en rêve. Il en est de même pour l’assemblage de la guitare », affirme l’artiste Dagnir Guekoumaté Dabiré.

On l’évide, découpe sa partie supérieure, puis on y perce cinq trous pour y insérer le manche. Le tout est fixé à l’aide de caoutchouc et de fibres d’oseille. Enfin, on façonne sept rondelles de calebasse qui servent d’accordeurs. On insère les fils de nylon et on ajuste les cordes », précise M. Bationo.

Face au risque d’extinction de ce patrimoine, le directeur provincial rassure : « le gouvernement, à travers le ministère de la Culture, a élevé Dagnir Guekoumaté Dabiré au rang de Trésor humain vivant pour l’encourager à valoriser cet instrument et à transmettre son art à la jeunesse. Nous l’intégrons déjà dans les événements culturels provinciaux et régionaux. Notre ambition est de le faire intervenir en milieu scolaire dans les années à venir, à l’occasion du mois artistique et culturel », annonce-t-il.

La relève s’organise à Loto

Dagnir Guekoumaté Dabiré refuse de voir son art s’éteindre. «Je ne peux pas arrêter de

Ollo Kambiré (gauche) et Sié Kambiré (droite) s’engagent désormais à faire vivre la culture birifor à travers le koridjôme.

jouer. C’est un don de Dieu », confie-t-il. Heureusement, son cri du cœur
résonne auprès de la jeune génération de Loto.

Son propre fils, Anamala Frédéric Dabiré, en classe de 4e au Collège d’enseignement général (CEG) de Loto, s’est initié à la guitare birifor dès 2018. Aujourd’hui, il accompagne fièrement son père lors des cérémonies officielles. « Quand je joue du koridjôme, cela me procure une immense joie. Je n’abandonnerai jamais cet instrument légué par nos ancêtres. Nous avons le devoir de le protéger », estime-t-il. Même enthousiasme chez Dominique Kambiré, élève en classe de 3e.

« Nous jouons ensemble chaque soir après les cours et les week-ends », se réjouit-il. Si ces deux adolescents sont désormais les compagnons de l’artiste lors de ses prestations, d’autres adultes franchissent le pas. Ollo Kambiré, 40 ans, empoigne l’instrument avec humilité.

Les jeunes apprenants, Anamala Frédéric Dabiré et Dominique Kambiré, en pleine répétition aux côtés de leur maître.

« Je ne sais pas encore y jouer. Mais je vais faire des efforts pour apprendre. C’est un devoir », se résout M. Dabiré. Plus jeune, Sié Kambiré, 25 ans, se souvient avec nostalgie de son enfance rythmée par ces mélodies : « Il n’est pas trop tard pour apprendre. Nous allons travailler pour faire revivre la culture birifor ».

Ces marques d’intérêt sont une immense victoire pour Dagnir Guekoumaté Dabiré.
L’artiste, qui a produit en 2021 un album de dix titres (huit en Birifor et deux en Dioula), espère trouver des soutiens pour enregistrer de nouveaux projets. En attendant, il met sa notoriété au service de la communauté en animant chaque semaine l’émission intitulé “Barodéni”, sur les ondes de la radio catholique “UNITAS” de Diébougou. Un rendez-vous de deux heures durant lequel, il dispense des conseils sur le vivre-ensemble et la vie de couple.

 Karim DIANDA


Dagnir Guekoumaté Dabiré élevé au rang de Trésor humain vivant

Reconnu pour sa maîtrise parfaite du koridjôme, Dagnir Guekoumaté Dabiré, résidant à Loto, a été officiellement élevé au rang de Trésor humain vivant(THV) dans le domaine de l’artisanat traditionnel. Cette prestigieuse distinction lui a été décernée le 17 avril 2026 à Ouahigouya, lors du lancement officiel du Mois du patrimoine.

En reconnaissance de son action en faveur de la préservation et de la transmission culturelle, il a également été fait Chevalier de l’Ordre de l’Etalon. Cette double distinction consacre un parcours dédié à la valorisation des savoir-faire traditionnels et invite à la promotion du patrimoine culturel burkinabè.

Sourire aux lèvres, ce filiforme est l’aîné d’une fratrie de 10 enfants. On le reconnaît aisément à la croix de cauris qu’il arbore fièrement. « J’ai vu cette croix ainsi que mon sac en songe, et je les ai fabriqués à mon réveil », raconte-t-il. Son parcours est profondément ancré dans la tradition : son prénom “Guekouma” signifie “faire souffrir pour tuer”, tandis que le suffixe “té” atteste de son initiation selon le rite du rameau lobi. Né le jour de l’implantation du fétiche birifor éponyme, il porte fièrement le nom de “Dagnir”.

K.D.

Musique : David le Combattant présente son nouvel album « Dounia ya sougri »

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L’artiste chanteur, Harouna David Malgoubri, dit David Le Combattant, a officiellement présenté son nouvel album, intitulé : « Dounia ya sougri », le dimanche 9 août 2026 à l’espace culturel de Koupéla.

La cérémonie de dédicace du nouvel album intitulé : « Dounia ya sougri », de l’artiste chanteur, Harouna David Malgoubri, dit David Le Combattant, a débuté par la présentation de nouveaux morceaux et la diffusion du nouveau. Composé de neuf titres, cet opus a été dévoilé aux hommes et femmes des médias ainsi qu’aux mélomanes, en présence des parents, amis, connaissances et de nombreux fans venus apporter leur soutien à l’artiste, le dimanche 9 août 2026 à l’espace culturel de Koupéla. Après la présentation, l’artiste a ensuite pris possession de la scène pour offrir un véritable show au public.

A travers ses prestations, il a démontré une fois de plus son engagement à contribuer au développement et à la promotion de la culture burkinabè. Pour David Le Combattant, « Dounia ya sougri », qui signifie littéralement « le monde, c’est le pardon », est un album porteur d’un message d’espoir, de pardon et de paix. « A travers cet album, je veux inviter chacun à pardonner et à garder espoir. Malgré les difficultés que traverse notre société, nous devons continuer à croire en un avenir meilleur et travailler pour la paix et la cohésion entre les filles et fils du Burkina Faso », a-t-il expliqué.

L’artiste a également dédié cet opus aux combattants ainsi qu’à tous les révolutionnaires burkinabè. Selon lui, leur engagement et leur sacrifice doivent servir d’exemple à la jeune génération. « Je dédie cet album à tous nos combattants et à tous ceux qui se battent pour le Burkina. Nous devons rester unis et déterminés. Je crois que la paix n’est plus loin. Mais, elle nécessite l’engagement et la solidarité de tous », a-t-il déclaré. Du côté des fans, la satisfaction était également au rendez-vous. Justin Silga, admirateur de l’artiste, n’a pas manqué de saluer cette nouvelle production.

« Je le félicite pour ce nouvel album. Nous avons découvert de belles chansons et un artiste toujours engagé. Je l’encourage à continuer dans cette dynamique et nous, les fans, allons l’accompagner pour que son œuvre puisse aller encore plus loin », a-t-il confié. Ce concert-dédicace a ainsi offert aux mélomanes l’occasion de revivre la performance scénique de David Le Combattant et de découvrir les différentes sonorités de son nouvel album. Entre musique, messages de paix et communion avec le public, l’artiste a voulu faire de cette sortie discographique un moment de partage et de célébration de la culture burkinabè. Disponible désormais sur le marché, « Dounia ya sougri » est vendu sur clé USB au prix de 10 000 F CFA l’unité. Les fans et mélomanes sont donc invités à se procurer l’album afin de soutenir l’artiste et de contribuer à la promotion de la musique burkinabè.

Amedée SILGA

La nature se révolte

Inondations aux effets dévastateurs et incendies du même calibre, la planète Terre dans sa globalité ressent de plus en plus les effets des changements climatiques avec à la clé un réchauffement planétaire excessif et la nécessité d’une prise de conscience urgente et absolue pour prévenir la catastrophe majeure qui se dessine, à savoir la disparition pure et simple de la planète terre.

Ce n’est pas tomber dans l’exagération que de le dire, car, la course à l’industrialisation et l’utilisation massive des énergies fossiles qui en découle, la reprise des programmes de réarmement militaire des grandes puissances, la déforestation des principaux poumons de la planète à savoir la forêt d’Amazonie et celle équatorienne, ont mis notre habitat commun dans l’orange, et, la tendance n’est pas près de s’inverser au vu des crises multiples et multiformes qui secouent la planète.

Face à cette folie humaine, des pays refusent la fatalité en privilégiant la transition écologique dans le domaine de l’habitat et en supprimant les nuisances à un environnement sain. Vivre dans un environnement bienveillant soucieux de la préservation de la nature voilà le credo. Il s’agit donc, d’inventer la ville de demain à travers de grandes opérations d’urbanisme qui offrent un nouveau type d’habitat vert et ouvert sur l’environnement. Par ailleurs, de vastes campagnes de reforestation sont entreprises chaque année avec le souci évident de stopper l’avancée du désert.

Construire, protéger, rénover, assainir. Bref, mettre l’écologie au service du développement durable et du bien-être des masses populaires. Hélas, les prédateurs sont eux aussi à la tâche avec les milieux ultralibéraux dont le seul leitmotiv demeure le profit. On retrouve ici la contradiction principale et la mère de toutes les batailles qui ont secoué l’humanité, à savoir l’opposition entre l’homme et le capital. Ou plutôt entre les intérêts des deux. Pour l’heure, la planète gronde !

Boubakar SY

Flash

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Au Burkina Faso, certains parkings aménagés à proximité des voies bitumées perturbent quotidiennement la fluidité de la circulation. En effet, dès qu’un véhicule manifeste l’intention de se garer, des placeurs sifflent et bloquent la chaussée, contraignant les autres usagers à ralentir voire à s’arrêter brusquement. Cette pratique,
désormais banalisée, engendre d’importants embouteillages,
accroît les risques d’accidents et complique considérablement les déplacements, tant pour les piétons que pour les conducteurs. Pourtant, la route demeure un espace partagé qui exige de tous, discipline, courtoisie et respect mutuel. Faciliter le stationnement ne doit pas se faire au détriment de la sécurité et de la fluidité du trafic. Il apparaît donc impératif que les gestionnaires de parkings, les placeurs et les automobilistes adoptent des comportements plus responsables. Si chacun a un droit sur la route, il a aussi le devoir fondamental de préserver la sécurité et la liberté de circulation d’autrui, car notre liberté s’arrête là où celle des autres commence.

Bark-wendé Sandrine TASSEMBEDO
(Stagiaire)

 

Province de la Koosin : neutralisation de plusieurs chefs terroristes dont Sangaré Barry Manga

Les forces combattantes ont porté un coup sévère au terrorisme dans la province de la Koosin. Plusieurs chefs terroristes dont Sangaré Barry Manga (32 ans) ont été neutralisés, le 25 juillet 2026, lors d’une offensive des patriotes, a appris l’AIB de sources sécuritaires.

Dans le cadre de la reconquête de l’intégrité du territoire national, les forces combattantes ont mené, courant le mois de juillet 2026, de grandes offensives dans les sanctuaires des terroristes établis dans les forêts de la province de Koosin. C’est au cours de ces opérations qu’une unité engagée a eu un accrochage avec des malfaiteurs dans la forêt de Kinséré, commune de Barani, le 25 juillet 2026. Après d’âpres combats, quinze terroristes ont été neutralisés parmi lesquels plusieurs chefs terroristes, dont Sangaré Barry Manga. Agé d’environ 32 ans et originaire de Pini, commune de Kassoum, Sangaré Barry Manga s’était engagé dans le terrorisme courant l’année 2018.

Il s’était formé au maniement des armes sur une base terroriste installée dans un pays voisin. Chef terroriste actif sur la base de Kinséré, commune de Barani, il a coordonné et participé à plusieurs attaques contre les Forces combattantes et les populations civiles dans la région du Sourou, notamment dans les zones de Barani, Bomborokui et Nouna. Parmi les dernières attaques attribuées à Sangaré Barry Manga figurent une embuscade tendue contre les forces combattantes entre Bomborokui et Konankoira/Nouna, le 12 juillet 2026, ainsi qu’une attaque menée contre les Forces combattantes à Konankoira/Nouna, le 20 juillet 2026.

La neutralisation de ce criminel représente un succès stratégique majeur, portant un coup sévère aux capacités opérationnelles des groupes terroristes actifs dans la région du Sourou. Elle renforce la dynamique de reconquête et de sécurisation du territoire national, engagée par les Forces combattantes sous le leadership du commandant en chef des armées, le camarade capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, chef de l’Etat.

 

Agence d’information du Burkina

Opération: Dougoukoloko / Mali Plus de 1 850 terroristes neutralisés en deux mois par les FAMa

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Au cours des mois de juin et juillet 2026, la situation sécuritaire au Mali a été marquée par une forte intensité opérationnelle sur l’ensemble des théâtres. Le bilan global fait état de 1 850 terroristes neutralisés, 45 bases des Groupes armés terroristes (GAT) détruites, ainsi que 153 pick-up (dont 40 équipés), 11 blindés et plus de 230 motos et matériels logistiques détruits.

Ces chiffres ont été communiqués hier mardi 11 août 2026 par le patron de la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (DIRPA), le colonel-major Bakary Bocar Maïga, lors d’un point de presse consacré à la présentation de la situation sécuritaire et des activités des Forces armées maliennes (FAMa).

Dans son intervention, l’officier supérieur est notamment revenu sur les attaques contre le camp du 23e Régiment d’infanterie de San, vigoureusement repoussées par les FAMa. Malgré les moyens engagés par l’ennemi pour réussir une opération de communication, cette tentative s’est soldée par un échec lourd de plus d’une cinquantaine de terroristes neutralisés et d’importants matériels saisis. Le premier responsable de la DIRPA a souligné que les GAT, fortement affaiblis sur le plan opérationnel, privilégient désormais des actions asymétriques ciblant les axes logistiques et les populations civiles.

Le colonel-major Bakary Bocar Maïga a rappelé que la conduite de ces actions s’inscrit dans le cadre du Plan Dougoukoloko, instauré par décret en avril 2025, qui s’impose comme la référence pour la planification stratégique, l’adaptation technologique et le maintien d’une pression continue sur les réseaux terroristes, avec l’appui opérationnel des partenaires d’Africa Corps. Sur le Théâtre Est (Gao, Ménaka, Kidal), la coalition JNIM/FLA a lancé début juillet des attaques coordonnées contre Gao, Anéfis et Aguelhoc.

Selon la hiérarchie militaire, la riposte aéroterrestre des FAMa a permis d’anéantir la logistique ennemie à Tahalandak et de neutraliser plusieurs centaines d’assaillants. Il a ajouté que la manœuvre d’envergure baptisée « La grande marche vers Gao » a ensuite été menée à son terme, sécurisant l’axe stratégique et garantissant le ravitaillement du secteur.

Sur le Théâtre Centre, le haut gradé a indiqué que la confrontation est restée exigeante, mais les forces armées ont repoussé les assauts contre les postes de Thy et Konna tout en poursuivant le désenclavement des zones sensibles. Sur le Théâtre Sud, il dira que les FAMa ont vigoureusement riposté à l’attaque de Sandaré et détruit les principaux sanctuaires terroristes ciblés dans les massifs forestiers de Kenenkoun, Nyamina, Soussan, Baoulé et La Faya.

Le patron de la DIRPA a signalé que du 4 au 10 juillet, la coalition terroriste a essuyé une défaite cuisante sans atteindre aucun de ses objectifs stratégiques, échouant à interrompre l’exécution du plan Dougoukoloko ou à paralyser les mouvements des forces.
En parallèle des combats, il a fait remarquer que les FAMa ont assuré la protection des flux économiques en escortant 15 589 citernes et de nombreux convois marchands à travers le pays. En ce qui concerne l’Armée de l’Air, le commandement militaire a déclaré qu’elle a réalisé 673 missions de transport au profit des populations civiles, transportant 4 804 passagers et plus de 201 tonnes de fret. Pour lui, ces résultats illustrent la montée en puissance continue des FAMa, soutenue par le renforcement des effectifs, la discipline et une préparation opérationnelle accrue.

L’Essor/Mali