
Les ministres chargés de l’artisanat des pays membres de l’Organisation pour le développement et la promotion de l’artisanat africain (ODEPA) se sont réunis, vendredi 30 octobre 2026, à Ouagadougou. Les échanges ont porté sur les priorités de leur feuille de route 2026-2028, notamment la normalisation, la labellisation et les synergies entre artisanat et industrialisation.
L’artisanat africain entend franchir un nouveau cap grâce à une coopération renforcée entre les Etats. C’est dans cette dynamique que les ministres chargés de l’Artisanat des pays membres de l’Organisation pour le développement et la promotion de l’artisanat africain (ODEPA) ont tenu, une rencontre d’échanges, vendredi 30 octobre 2026, dans l’enceinte du SIAO, à l’occasion de l’ouverture de la 18ᵉ édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). A l’issue des travaux, le président de l’ODEPA, par ailleurs, ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme du Mali, Mamou Daffé, a fait le point des échanges avec la presse.
Pour le président de l’ODEPA, cette rencontre constitue une occasion importante de renforcer la concertation entre les pays africains autour de la promotion de l’artisanat.
« Nous avons été honorés d’être invités par le gouvernement du Burkina pour prendre part au SIAO.
C’est un grand moment de l’artisanat africain », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que Ouagadougou abrite le siège de l’ODEPA, qui regroupe 28 pays africains. D’où l’importance, selon lui, de la présence des ministres chargés de l’Artisanat à ce rendez-vous continental, afin de faire le point de leur feuille de route pour les deux prochaines années. Les discussions ont notamment permis de passer en revue les principales orientations de cette feuille de route, avec un accent particulier sur la normalisation et la labellisation des produits artisanaux.
Au-delà de ces priorités, les participants ont accordé une attention particulière à l’articulation entre l’artisanat et l’industrialisation, en cohérence avec le thème de cette édition du SIAO. Pour Mamou Daffé, la thématique retenue rejoint pleinement les ambitions de la nouvelle feuille de route de l’ODEPA. Il a indiqué que les ministres ont également été reçus par le Président du Faso, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Salon. Une audience au cours de laquelle, ils ont bénéficié d’encouragements et d’orientations pour le développement de l’artisanat africain.
Une coopération ouverte à tous les pays africains
Autre fait marquant de la rencontre : la participation du Ghana, pays invité d’honneur du SIAO 2026. Le ministre malien s’est réjoui de la présence de sa collègue ghanéenne au sein des instances de l’organisation. Membre de l’ODEPA, le Ghana pourrait également voir sa participation explorée en qualité de membre associé de l’espace AES. Une perspective accueillie favorablement par les responsables de l’organisation, au regard des liens historiques et culturels entre les peuples.
« Nos pays ont des héritages en commun, nous avons des ancêtres en commun et nos artisans travaillent ensemble depuis fort longtemps », a souligné Mamou Daffé. Pour lui, il est important de renouer avec les réalités profondes, les traditions et les valeurs communes des peuples africains, au-delà des divisions héritées du passé.
« C’est ensemble que nous sommes plus forts », a-t-il soutenu.Le président de l’ODEPA a, par ailleurs, salué la présence de plusieurs délégations africaines à Ouagadougou, notamment celles de Madagascar et du Niger. Il a estimé que la promotion de l’artisanat ne doit pas se limiter à l’espace AES ou à l’Afrique de l’Ouest, mais s’inscrire dans une dynamique continentale.« Aujourd’hui, nous parlons de l’Afrique. Pour la souveraineté et l’identité africaines, c’est l’héritage commun, le patrimoine commun, la créativité et l’imagination de nos artisans qui vont porter cette nouvelle Afrique qui nous est chère », a-t-il affirmé.
Il a ainsi plaidé pour une Afrique autonome, digne et capable de construire son propre modèle de développement en s’appuyant sur ses ressources, ses savoir-faire et le génie de ses artisans. Dans cette perspective, il a invité les autres pays africains à rejoindre l’organisation. « Nous avons besoin de tous les pays africains », a-t-il lancé. Les ministres présents entendent ainsi mettre à profit les dix jours du Salon pour poursuivre les concertations et renforcer les synergies d’actions en faveur d’un meilleur outil de promotion de l’artisanat africain.
Adama SAWADOGO


