UACO 2026: les Afro-descendants comme acteurs clés du narratif international

Les participants se sont appesantis sur la mobilisation des Afro-descendants par National Branding.

La journée du jeudi 8 octobre 2026 des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) a été consacrée à une série de communications sur la stratégie de communication des Etats africains souverainistes face à la campagne de manipulation de l’opinion publique.

La première communication intitulée : « Les Afro-descendants comme levier de construction du narratif international du Burkina Faso : enjeux, stratégie et perspectives » a été animée par le directeur de la communication institutionnelle de l’Assemblée législative du peuple (ALP), Paul Ismaël Bicaba. S’appuyant sur une étude qualitative, documentaire et comparative portant sur la période 2015-2026, avec des références au Ghana, au Bénin, au Rwanda et au Burkina Faso, le communicateur a proposé un modèle articulé autour des Afro-descendants, de l’influence du narratif et de la crédibilité (AIN-C). Ainsi, le communicateur a développé sa présentation sur la diplomatie publique, le rayonnement culturel et la crédibilité des messages du Burkina Faso. A l’entendre, les Afro-descendants constituent un levier stratégique pour renforcer la présence du Burkina Faso dans les récits internationaux.

Cependant, il a déploré le fait que malgré ses richesses culturelles, historiques et symboliques, le pays des Hommes intègres reste confronté à une situation où les voix étrangères occupent une place importante dans la construction de son image à l’échelle internationale. Pour changer la donne, il a invité les plus hautes autorités à considérer les Afro-descendants comme des partenaires potentiels capables de contribuer à la production et à la diffusion de récits sur le Burkina Faso. « Leurs réseaux culturels, numériques, économiques, universitaires et citoyens peuvent favoriser le rayonnement du pays et renforcer sa diplomatie publique », a-t-il suggéré. En termes de potentialités, Paul Ismaël Bicaba a énuméré, entre autres, la mémoire de Thomas Sankara, les manifestations culturelles telles que la Semaine nationale de la culture (SNC) et le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO).

« Ces ressources constituent une base pour élaborer un narratif davantage porté par des acteurs multiples. Pour lui, la mobilisation des Afro-descendants ne devrait pas se limiter à des initiatives ponctuelles ou à un rôle de relais des messages officiels, mais à une démarche de co-production, en les associant à la conception des récits et à leur diffusion auprès de publics cibles. Parmi ses pistes de solutions, camarade Bicaba a proposé la mise en place d’un cadre stratégique de diplomatie publique, d’un dispositif interministériel de coordination et d’un conseil consultatif de partenaires, la définition d’un récit central cohérent, fondé sur l’intégrité, la création et la conscience panafricaine. Pour le communicateur, l’efficacité de cette approche dépendra de la crédibilité des porte-paroles, de la cohérence des messages et de l’évaluation de leurs effets sur les opinions nationales et internationales.

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com

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