Main dans la main, les structures communautaires de sécurité entendent apporter leur soutien dans la lutte contre le grand banditisme.

L’Association «Faso one village» a organisé une rencontre des leaders des structures communautaires de sécurité, à savoir les koglwéogo, les dozo et les rugga (association d’autodéfense d’éleveurs), le mercredi 13 février 2019 à Ouagadougou. Le but de cette rencontre était de mettre en place une fédération nationale de l’ensemble de ces structures.

Les évènements malheureux de Yirgou, de Nafona et de Orodora auraient pu être évités s’il y avait eu plus de concertation entre les principales structures communautaires de sécurité du Burkina à savoir les koglwéogo, les dozo et les rugga. C’est du moins la conviction des responsables de l’Association «Faso one village» (AFOV) qui ont organisé, le mercredi 13 février 2019 à Ouagadougou, une rencontre de concertation à l’intention des leaders de ces structures.

Cette rencontre, aux dires du président de l’AFOV, Ousmane Sawadogo, a pour objectif de permettre à ces leaders de discuter de la façon dont ils peuvent s’organiser pour mieux accompagner l’Etat dans la sécurisation des populations et la promotion de la paix.
Selon ses explications, elle fait suite à une autre rencontre tenue à Manga du 20 au 30 juin 2018. Initié à l’époque par la Police de proximité, l’atelier de Manga avait pour but de former les leaders de ces structures et sensibiliser leurs membres au vivre-ensemble. Mais depuis cette rencontre, a déploré le président de l’AFOV, ces leaders n’ont plus eu de cadre de concertation.

«C’est au regard de ce constat que j’ai initié cette rencontre afin que chaque structure puisse réfléchir à son rôle dans la promotion de la paix au Burkina Faso. Nous allons également discuter et mettre en place un bureau national pour mutualiser nos efforts. C’est vrai que nous ne pouvons pas prendre la place de l’Etat, mais nous allons œuvrer dans la mesure de notre possible à faire régner la paix dans notre pays», a laissé entendre Mr Sawadogo.

L’initiative a été saluée par l’ensemble des participants. Maître Yacouba Drabo dit le Bonck, coordonnateur de l’Union nationale des dozo tradipraticiens du Burkina (Confrérie des dozo sans frontière) a félicité le président de l’AFOV pour sa vision.
«Pour mieux remplir notre mission, il est important que nous, responsables, nous nous donnions la main.

Que tu sois rugga, dozo ou koglwéogo, nous avons le même objectif qui est d’assurer la sécurité des populations, donc il n’y a pas de raison qu’on travaille séparément. Il faut que nous nous mettions en union pour que nos actions puissent prospérer», a-t-il soutenu. Et d’ajouter : «Seul, on ne peut pas faire grand-chose.

L’Etat lui-même a des problèmes. Ce n’est pas une association qui va dire qu’elle peut. Donc si nous voulons soutenir le gouvernement, il faut que nous nous mettions ensemble. Il n’y a plus à dire que je suis chef d’une telle structure donc je fais ce que je veux. Tous les membres devront se soumettre aux règles que la fédération
va mettre en place», a-t-il indiqué.

Dans le même ordre d’idées, Hamidou Bandé, président de l’Union nationale des rugga du Burkina (UNRB) a apprécié positivement la tenue de cette rencontre. «Depuis Manga, nous n’avons plus eu de cadre d’échanges entre nous. Mais grâce à cette initiative, nous avons pu nous rencontrer et c’est à saluer», a-t-il soutenu. Au-delà de la rencontre, c’est l’initiative même de création d’une fédération que le chef rugga a saluée. «Avec la mise en place de cette structure, les responsables pourront être en permanence en contact.

Ils pourront donc travailler à trouver rapidement des solutions aux difficultés qui pourraient se présenter», a-t-il souligné. Il a par ailleurs souhaité que des rencontres de suivi-évaluation soient organisées trois à quatre mois après la mise en place du bureau pour faire le point des activités. Moussa Thiombiano dit Django, chef des koglwéogo de l’Est voit dans la mise en place de cette fédération une opportunité pour chaque structure de tirer leçons des expériences des autres.

Revenant sur le drame de Yirgou, il a dit : «Il n’y a que Dieu seul qui peut décider de son sort. Nul n’a le droit d’ôter la vie à autrui. Donc si nous, on est formé, nous pouvons aller également former les autres. Cela fait trois ans que nous sommes installés dans l’Est mais mes éléments n’ont jamais tiré sur un bandit ni un bandit tiré sur moi».

Nadège YAMEOGO

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