Fête de l’Aïd El Fitr : communion fraternelle pour la paix

La communauté musulmane du Burkina Faso a célébré, le mardi 4 juin 2019, la fête de l’Aïd el Fitr. A Ouagadougou, des fidèles ont prié à la place de la Nation sous l’égide de l’imam, El Hadj Mohamadi Kiemtoré.

La communauté musulmane du Burkina Faso est en fête. Après 29 jours de jeûne, des fidèles se sont donné rendez-vous à la place de Nation de Ouagadougou, pour la grande prière marquant la fin du mois de Ramadan. Vêtus de beaux habits, certains chantaient tandis que d’autres récitaient des versets du Coran pour «dire merci à Allah» pour cette grâce de célébrer l’Aïd el Fitr (la fête de la rupture). Pour cette prière spéciale marquant la fin d’un mois de privation, de prières, d’invocations, de partage…c’est l’imam, El Hadj Mohamadi Kiemtoré, qui a officié la prière.

Après le cérémonial de la célébration (ndlr : deux rakats et des bénédictions), il a livré son sermon à la Oummah islamique de Ouagadougou. D’abord, l’imam a remercié Allah pour avoir permis aux musulmans de jeûner «dans sa paix et sa grâce». Il a souhaité que le jeûne de tous soit agréé par Allah et que sa miséricorde s’étende sur tous les Burkinabè. Ensuite, il a rappelé à ses coreligionnaires la nécessité du vivre-ensemble. C’est pourquoi, il a remercié toutes les confessions religieuses qui ont effectué le déplacement de la place de la Nation pour venir les soutenir en cette journée de réjouissance. Selon l’imam, leur acte témoigne de la fraternité entre les fils et filles du pays des Hommes intègres.

Enfin, l’imam Kiemtoré a invité tous les Burkinabè à s’unir pour bâtir une nation de paix et de prospérité. «C’est main dans la main que nous allons surmonter les épreuves», a-t-il dit aux fidèles. Abondant dans le même sens, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a reconnu que la présence d’autres communautés à la prière de l’Aïd el Fitr prouve que les Burkinabè sont en communion. La fête de l’Aïd el Fitr est très importante pour les musulmans comme pour les catholiques, a affirmé le cardinal Philippe Ouédraogo. «Leur joie est notre joie», a-t-il dit.

«Nous devons nous unir»

Donc, en cette journée heureuse pour la communauté musulmane, a-t-il confié, le Pape François a envoyé un message spécial aux musulmans : «musulmans et chrétiens : ensemble pour promouvoir la fraternité humaine universelle». Le cardinal a souhaité que les chrétiens et les musulmans puissent abattre les murs de l’ignorance, de la haine, des incompréhensions afin de bâtir des ponts d’amitié, de fraternité, de compréhension mutuelle et de tolérance…sous fond de dialogue. Au Burkina Faso, les attaques terroristes visant des lieux de culte et des religieux ont «ébranlé» le vivre-ensemble. Pour le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, ceux qui attaquent le pays des Hommes intègres n’ont pas d’ethnie, ni de religion, ce sont des ennemis du pays.

Il a insisté que les musulmans et les chrétiens sont des frères. «Que nous soyons Mossi, Dioula, Gourmantché, Peulh…il faut qu’on puisse savoir ce qui nous réunit
tous. Nous devons nous unir, toutes confessions religieuses confondues, pour lutter contre le seul ennemi du Burkina Faso qu’est le terrorisme. Nous prions Allah pour qu’il bénisse notre pays», a déclaré le PAN. «Que notre pays retrouve le calme et la sérénité afin d’avancer vers le développement pour le bonheur des fils et filles du pays», a souhaité Christophe Joseph Marie Dabiré.

Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr

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