La température a augmenté d’environ 0,85°C dans le monde au cours des 130 dernières années. Cette augmentation a fait accroitre de 3 à 11% les maladies diarrhéiques du fait de la contamination de l’eau et également de la recrudescence de certaines maladies à transmission vectoriel notamment le paludisme, la dengue. Au  Burkina  Faso à l’instar des autres pays   ces  conséquences sont  visibles. Reportage !

Le Burkina Faso, pays sahélien continental, est confronté depuis plusieurs décennies aux problématiques de l’environnement liées à la désertification. Selon les statistiques du ministère de l’Environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatique, de 2002 à 2013, 51 600 km² soit 19%  du territoire national ont été dégradés et 105 000ha de superficie de forets perdues par an. On assiste donc  avec impuissance à la disparition des forets, des terres  riches, une succession d’années de sécheresse, des pluies irrégulières et mal réparties, une perturbation des cycles agricoles, un tarissement précoce des cours d’eau et des sources ainsi que des difficultés d’approvisionnement en eau.  Les effets des changements climatiques  se font également ressentir sur la santé  des hommes et des animaux.

En effet, « Le risque  est  la pollution des eaux de surface, des puits et forages non protégés par les déjections animales et humaines, ainsi que par l’utilisation des engrais et pesticides » souligne l’ingénieur  en génie sanitaire à la direction de la promotion de la santé, Adama Nacoulma. Selon lui, les menaces sanitaires sont le plus souvent liées aux modifications d’écologies de vecteurs de maladies qu’elles soient infectieuses ou parasitaires,  la dégradation de la qualité de l’air, la sécurité alimentaire et les problèmes de logements. Il pointe aussi un doigt accusateur sur  le  développement de la maraicher culture dans la ville de Ouagadougou. Une large gamme des   maladies climato-sensibles affecte  de plus en plus  de monde. On distingue ainsi  les maladies à transmission vectorielle comme  le paludisme, la dengue, la filariose, la leishmaniose, l’onchocercose, celles à transmission hydrique et alimentaire (le choléra, la salmonellose, les shigelloses, les ankylostomoses). Il y a aussi  les pathologies à transmission aérienne à savoir la méningite, la rougeole, les infections respiratoires aigües (IRA), l’asthme, les conjonctivites, etc. « En plus de ces maladies, on retrouve des cas de malnutritions, de déshydratations, des troubles cardiovasculaires et la  drépanocytose » précise M. Nacoulma.

Un taux de prévalence à la hausse

Selon le spécialiste,  le Burkina Faso enregistre près de 250 000 décès supplémentaires  chaque année à  cause de cette augmentation de température. Comme dans le domaine de l’environnement et de l’agriculture, le secteur de la santé doit travailler à s’adapter et pour cela il faut un système intégrer de veille sanitaire. A cet effet, le ministère de la Santé met déjà en œuvre un plan d’action pour la lutte contre ces  maladies climato-sensibles. La campagne de  distribution gratuite et de masse tous les 3 ans des moustiquaires imprégnées d’insecticides à  longue durée d’action (MILDA) s’inscrit dans le cadre de ce plan  d’action.  Cette année les autorités sanitaire ont  débuté la  distribution le 29 juin en raison d’une moustiquaire pour deux personnes. « La distribution  en routine de MILDA chez les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, la pulvérisation intra domiciliaire (PID) d’insecticide, le traitement anti larvaire dans les villes, le diagnostic et  le traitement du paludisme dans les formations sanitaires  et en milieu communautaire (prise en charge du paludisme à domicile), le traitement préventif Intermittent du paludisme chez la femme enceinte (TPI), la chimio prévention du paludisme saisonnier (CPS) chez les enfants de moins de 5 ans et enfin la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME) dans les formations sanitaires et dans la communauté en ce qui concerne les infections respiratoires aigües (IRA)  constituent autant d’actions  du plan national de lutte contre les maladies climato-sensibles », explique l’ingénieur  en génie sanitaire. En outre  selon l’expert, il faudrait à travers des séances de sensibilisation et des théâtres foras sensibiliser la population afin qu’elle adopte   des comportements éco citoyens. L’utilisation des moyens de transport en commun en lieu et place des véhicules ou motos individuels, la préservation des forets, l’arrêt de la coupe abusive du bois  sont autant de gestes éco citoyen qui feront reculer la prévalence des maladies climato-sensibles.

A ce sujet, le gouvernement a  déjà donné le ton en la matière. En effet  il a décrété depuis le 24 juillet 2018,  une journée nationale de l’arbre dont la 1re édition aura lieu le 3 août prochain à Tenkodogo dans la région du Centre-Est.

 

Fleur BIRBA

fleurbirba@gmail.com

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