Le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, Salifou Ouédraogo, a effectué un suivi de la campagne agricole humide à Bani et Diomga dans la région du Sahel, les 26 et 27 août 2019.

Dans la région du Sahel, la production attendue pour la campagne agricole 2019-2020 est de 390 872 tonnes. Pour s’assurer de l’atteinte de ces résultats, le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, Salifou Ouédraogo, s’est rendu dans la région du Sahel les 26 et 27 août 2019. En effet, à Bani, village situé à 4,5 km de Dori, Boureima N’gorba, un producteur modèle force l’admiration. Dans sa superficie de 4.5 ha, ses spéculations présentent un bon visage. Il y produit du mil, du sorgho, du maïs et du niébé. M. N’gorba a réussi à produire sur une terre dégradée en adoptant le zaï. «Avant l’herbe ne poussait pas. Le terrain était complètement nu. J’ai adopté cette technique et je faisais plus de 6000 trous de zaï. Au début, beaucoup pensaient que j’étais fou. Mais de nos jours, j’arrive à me prendre en charge», confie-t-il. Il avoue, sourire aux lèvres, qu’il peut récolter 100 sacs de mil sosat sur une superficie de 2 hectares (ha). En plus, poursuit-il, il y a aussi le niébé. Il soutient que pour un tel succès il a utilisé de la fumure organique et pour faire face aux poches de sécheresse, il dit avoir mis en place des points d’eau. Le même constat reluisant a été fait dans le village d’Ansia. Là-bas, plusieurs spéculations et variétés, notamment le mil sosat, le sorgho, le sésame, le maïs et l’arachide évo-luent dans le champ d’Assane Bancé. Ces spéculations, selon lui, poussent normalement grâce à la bonne pluviométrie, aux opérations culturales comme le labour et le semis et l’aide des professionnels agricoles. Tout comme M. N’gorba, lui aussi utilise la fumure organique et a instauré un système d’irrigation. Ce cinquantenaire affirme avec fierté que c’est la première fois qu’il fait ce genre de culture. «Cette année, la récolte sera bonne et j’invite les autres à emboîter mes pas», lance-t-il. Toutefois, il précise que les cultivateurs de la région sont confrontés à la difficulté d’acquisition de semences, à la mévente et au manque de matériel adéquat.

Une foire pour écouler les semences

Après cette visite, le ministre et sa délégation ont mis le cap sur la ferme semencière de Bani. Elle s’étend sur une superficie de 30 ha avec comme principales cultures : le mil, le sorgho et le niébé. La ferme est occupée par 51 producteurs dont 16 femmes.
Hamadou Ouédraogo, l’un des producteurs, fait savoir que le résultat attendu de toutes les spéculations après la vente est de 29 millions 553 mille 800 F CFA. Cependant, il déplore la mévente et la lenteur dans le décaissement de fonds par l’Etat qui entravent le développement agricole. «A cela, s’ajoutent l’insuffisance d’engrais, le ravinement de la ferme et la vétusté des infrastructures (magasins et aires de séchage)», argue-t-il. Et de préciser que malgré tout, les producteurs font une cotisation annuelle de 5000 F CFA chacun pour l’entretien de la ferme. Somme que le ministre trouve dérisoire, car, de son avis, elle devrait s’élever à
50 000 F CFA par personne. Sur la question de l’écoulement des semences, le président de l’union nationale des producteurs semenciers, Inoussa Ouédraogo, rassure que des initiatives seront mises en place au niveau national et international pour résoudre le problème. Au Centre de promotion rurale de Diomga où 50 jeunes sont encadrés sur, entre autres, les techniques agricoles, le tissage et la fabrique de savon, des courgettes et des concombres récoltées sont entreposées. En plus, l’on a des pastèques et du mil. Le directeur du centre, Daniel Ouédraogo, indique que le frein majeur est la faiblesse de la subvention de l’Etat. A l’issue de la visite, le ministre Salif Ouédraogo a fait savoir qu’il y a un bon développement des cultures. «Cela montre qu’au niveau du Sahel, il y a de l’espoir. Des techniques de gestion localisée de l’eau ont été utilisées. Ces cultivateurs qui ont développé des initiatives sont des modèles à vulgariser», affirme-t-il. Par rapport aux difficultés des producteurs semenciers, il souligne qu’avec l’union nationale des producteurs semenciers, des foires seront organisées au niveau national pour faciliter l’écoulement des semences. « Nous voulons qu’en 2020, ces foires puissent se tenir au niveau régional pour valoriser les productions. Cela va permettre à d’autres producteurs de se procurer des semences améliorées », promet-il. Concernant le manque de matériel, le ministre soutient que les producteurs doivent générer de l’argent pour rendre dynamique la ferme que l’Etat leur a cédée.

Mariam SOMDA

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