Le porte-parole du groupe des négociateurs africains à la COP 25, l’ambassadeur Seyni Nafo s’est dit optimiste quant à l’aboutissement des négociations.

Le groupe des négociateurs africain a fait le point de l’état d’avancement des négociations de la 25e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques à la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CEMAE) tenue le dimanche 8 décembre 2019 à Madrid, en Espagne.

L’Afrique est présente à la 25e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 25) avec trois priorités. Il s’agit de l’instauration d’un marché carbone pour permettre l’échange des réductions d’émissions entre pays développés et ceux en développement comme stipulé dans l’accord de Paris sur le climat acté à la COP 21, la reconnaissance de la vulnérabilité socio-économique du continent noir afin qu’il ait un accès prioritaire et simplifié aux ressources internationales ainsi que le renforcement du comité technique qui travaille sur les pertes et les préjudices liés aux impacts des changements climatiques. Une semaine après le début de la COP, le groupe des négociateurs africains a fait le point des négociations à la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CEMAE) le dimanche 8 décembre 2019 à Madrid.

S’agissant du marché carbone, le porte-parole du groupe des négociateurs africains à la COP 25, l’ambassadeur Seyni Nafo a relevé que l’Afrique demande qu’il y ait des règles de transparence et la supervision des Nations unies. « Il y a des avancées à ce niveau. Les partenaires étaient contre, mais nous sommes en train d’avancer », s’est-il réjoui. Toutefois, il a relevé un blocage au niveau du prélèvement de 2% des revenus de la vente des crédits carbone pour financer l’adaptation.

« Plusieurs mécanismes vont être créés et nous voulons que le prélèvement soit systématique, mais les pays développés ne sont pas prêts à étendre les ponctions à tous les mécanismes », a-t-il regretté. Concernant la reconnaissance de la spécificité de l’Afrique, il y a des entraves, selon M. Nafo car certains pays, notamment d’Amérique latine et d’Asie centrale se disent aussi vulnérables. « C’est une négociation qui est assez politique, mais nous pensons que nous allons y arriver », a-t-il dit optimiste. Sur la question du renforcement du comité, il a informé que les discussions se poursuivent et des avancées sont possibles.

Pour une justice climat

Le ministre en charge de l’environnement Batio Bassière (droite) souhaite
le transfert de technologies des pays développés vers ceux en développement.

Sur ce point, il a informé que les débats se poursuivent pour l’obtention d’un comité technique dont le mandat est renforcé avec plus de ressources financières et humaines pour pouvoir développer des techniques, technologies, et instruments financiers afin de véritablement renforcer la résilience des pays. Ce, au regard de la récurrence des catastrophes naturelles en Afrique. « Nous sommes assez positifs sur les trois points », a-t-il soutenu.

Après ce point, le ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Batio Bassieère, par ailleurs vice-président de la CEMAE, a relevé qu’il était du devoir de ses pairs et lui d’échanger avec les experts pour connaître les orientations à prendre et parler d’une seule voix afin de bien mener la 2e semaine de négociations dans l’intérêt des pays africains. A l’écouter, il est important de s’accorder sur les modalités d’application de l’article 6 de l’accord de Paris qui a trait au marché carbone au profit des fonds d’adaptation.

Toujours sur la question de financement, le ministre a relevé qu’il serait difficile d’obtenir les 100 milliards de dollars annoncés à Paris alors que les pays doivent revisiter leurs engagements à partir de 2020. « Il va donc falloir trouver un autre mécanisme de financement pour l’adaptation et l’atténuation aux effets des changements climatiques en plus du fonds vert », a-t-il indiqué.

A ses dires, des négociations seront aussi menées sur le transfert de technologies et le renforcement de capacités au profit des pays africains dans le cadre de la mise en œuvre de leur Contribution déterminée au niveau national (CDN) pour une justice climat. « Nous ne sommes pas responsables du réchauffement climatique. Nous n’émettons que 4% des émissions, mais nous portons le fardeau des changements climatiques », a-t-il regretté. De ce fait, il a déclaré qu’il est du devoir de ceux qui sont développés d’accompagner ceux qui ne le sont pas, mais cela doit être négocié.

Eliane SOME
elianesome4@gmail.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.