Covid-19: « Il faut rendre disponible les tests de diagnostic rapide COVID-19 dans la quasi-totalité des formations sanitaires », Dr Romain Ghislain IDO

Dans cette analyse, Dr Romain Ghislain IDO, Médecin Pédiatre fait des propositions pour une meilleure gestion de la crise sanitaire occasionnée par le coronavirus. Pour lui, le pays a mal abordé la question, mais peut encore se ressaisir pour peu que certaines critiques et suggestions soient prises en compte. Il fait à cet effet, des propositions au comité de gestion et au Président du Faso. Lisez plutôt !

 « Le Burkina Faso à l’instar des pays du monde fait face à la pandémie au COVID-19, il y a bientôt plus d’un mois. Plus d’un mois que ce pays du tiers monde enregistre malheureusement un nombre croissant de cas et de décès liés à l’infection au coronavirus. Nous avons certes abordé ce « taureau » par la mauvaise corne. Nonobstant nous avons encore l’opportunité de rectifier le tir, comme quoi il n’est jamais tard de reconnaitre ses erreurs et de reprendre de manière plus intelligente, d’où mon apport.

Je voudrais donc par cet écrit apporté humblement et de façon modeste ma contribution à la lutte contre le COVID-19 par des propositions.

A l’endroit de mon ministère de tutelle, s’il me le permet, il faudrait repenser la gestion de la crise sanitaire en 3 points que sont :

  • La réorganisation du comité de gestion, qui pour moi est une urgence. Ce n’est pas pour discriminer mon illustre maitre Pr OUEDRAOGO Martial. Elle est un impératif car il faut une équipe pluridisciplinaire. Cette équipe doit être constituée de représentants désignés des différentes sociétés savantes de l’Ordre des médecins, des pharmaciens, des sages-femmes, des infirmiers, des agents itinérants de santé, de la santé animale, de l’hygiène communautaire, des tradipraticiens, des organisations de la société civile et enfin du ministère de la défense et sécurité. Ces représentants pourront au cours de leurs assises designer un responsable ou du moins un porte-parole du comité.
  • Le rehaussement du plateau technique sanitaire, qui jusque-là est resté déficient. Loin de moi une occasion de faire l’étalage des revendications du monde syndical de la santé ou du moins un appel aux décideurs ni à la population de faire un mea-culpa. Cette pandémie vient poser l’urgence du rehaussement de notre plateau technique sanitaire car aucune évacuation sanitaire étant possible et les structures sanitaires privées (cliniques, polycliniques, cabinets médicaux, cabinets de soins…) par souci de protéger leur clientèle, refusent tout cas suspect. Et il faut :
  • Réhabiliter les laboratoires
  • Equiper les unités d’urgences médico-chirurgicales (gants, bavettes, casaques…) et les unités d’isolement (lits d’hospitalisations…) ;
  • Rendre disponible les tests de diagnostic rapide (TDR) COVID-19 dans la quasi-totalité des formations sanitaires ;
  • Doter au moins les grands centres (CHU, CHR) d’au moins deux respirateurs artificiels ;
  • Assurer l’hygiène et l’assainissement des structures sanitaires ;
  • Limiter voire interdire la visite aux personnes malades.
  • Réquisitionner tout le personnel du ministère de la santé : Nous avons des ressources humaines compétentes et dévouées. Cette valeur se démontre au-delà de nos frontières depuis belle lurette. Il faudrait que tout le monde se sente concerné car un cas COVID ne saurait se reconnaitre tel que devant un agent de santé peu importe lequel et le lieu. La population fait recours aux structures sanitaires un peu partout et il est pour moi difficile de concevoir qu’une orientation vers une structure spécifique de prise en charge COVID sans le moindre interrogatoire (partie intégrante de l’examen clinique d’un malade).

Mon plaidoyer à l’équipe gouvernementale s’articule autour des points ci-après :

  • Les insuffisances dans l’instauration du couvre-feu pourraient être palliées. Aucune violence ou du moins aucune force n’a résolu un problème d’ordre sanitaire. A défaut de l’abroger, il faut recadrer les patrouilles. L’approche serait d’adjoindre une équipe médicale à celle de patrouille pour renforcer la sensibilisation sur les mesures de prévention sanitaire et aussi protéger les agents de sécurité qui sont sujette au risque de contagion dans l’exercice de leur mission ;
  • L’autre point pour moi consiste à décliner les dons que je dirai hypocrites et éviter la mendicité au sommet de l’état (cagnotte de solidarité). C’est bien louable le geste des généreux donateurs, mais quand on aime un individu on évite qu’il tombe malade que de lui venir en aide après.

Monsieur le Président du Faso, vous avez rendez-vous avec l’histoire et elle veut vous donner raison à condition que vous vous débarrassez de la tunique de l’homme politique pour appeler tout le peuple à la table de fraternité peu importe son bord. Même si les prix des gels hydro alcoolique ont été règlementés, il faut un suivi permanant pour s’assurer du respect de telles mesures. Il faut également réglementer les prix des accessoires d’hygiène des mains et celui des denrées de première nécessité.

Les sorties médiatiques sur le COVID doivent être coordonnées, car la communication est une arme fatale.

Enfin  à la population dont vous et moi faisons partie intégrante, observons toujours les mesures de prévention sanitaires édictées à savoir :

  • Hygiène des mains qui devrait être régulière et ne pas se limiter seulement au COVID
  • Tousser au pli du coude
  • Port de masque et/ou de casque
  • Respecter la distanciation d’un mètre
  • Arrêter les accolades et embrassades
  • Eviter de serrer les mains
  • Manger des aliments cuits, propres et complets. »

Dr Romain Ghislain IDO, Médecin Pédiatre

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