Gestion de femmes et nourrissons en milieu carcéral : des personnels de sécurité pénitentiaire se forment

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), à travers son programme Cohésion sociale, sécurité et état de droit (COSED) organise, les 6 et 7 avril 2021, à Ouagadougou, au profit des personnels de sécurité pénitentiaire, une formation en vue de l’amélioration des conditions des femmes détenues et leurs nourrissons.

114 femmes sont en détention dans l’ensemble des Maisons d’arrêt et de Correction du territoire national. Et selon l’administration pénitentiaire, au 9 mars 2021, six nourrissons vivaient avec leur mère en détention dans les différents établissements pénitentiaires du Burkina. Mais, la question du traitement des femmes détenues a toujours été au cœur des débats sur le respect des droits humains en général et ceux des personnes détenues en particulier. Au Burkina, la loi n°10-2017/AN du 10 avril 2017 portant régime pénitentiaire et sur le plan international, les règles Nelson Mandela, les règles de Bangkok relatives au traitement des femmes détenues, les règles de Beijing concernant les mineurs délinquants prescrivent d’accorder une attention particulière aux femmes privées de liberté en général et spécifiquement celles incarcérées avec leurs nourrissons. Pour s’inscrire davantage dans cette dynamique, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), par le biais de son programme Cohésion sociale, sécurité et Etat de droit(COSED) a décidé de former, les 6 et 7 avril 2021, à Ouagadougou, des personnels de sécurité pénitentiaire. La formation a pour thématique : « Traitement des femmes détenues et gestion de nourrissons en milieu pénitentiaire ». Rappeler les bonnes pratiques en matière de gestion des femmes détenues ainsi que de leurs enfants en bas âge, s’approprier les principes fondamentaux liés au respect du genre et sur l’approche basée sur les droits humains, comprendre les enjeux sécuritaires liés à la question des femmes détenues et de leurs enfants en bas âge…sont aussi les objectifs de la formation, selon la cheffe du service de la promotion du genre au sein de l’administration pénitentiaire, Zénabou Sidibé. « Il faut de temps en temps rappeler les bonnes pratiques aux personnels qui, par moment, sont tentés de tomber dans la routine avec les dérives. La place d’un enfant, c’est dehors au sein d’une famille. Un enfant, qui se retrouve accidentellement en prison, n’est pas dans son milieu naturel. Il vit comme s’il était privé de liberté. Ce dernier n’a pas toute la latitude de s’amuser avec ses camarades d’âge. Il est tout le temps contraint de rester avec sa maman et des adultes qu’il ne connaît pas », a-t-elle affirmé. Cette situation, a-t-elle dit, joue énormément sur l’enfant et la mère.

Respecter les droits

Pour qu’ils sentent moins le poids de la prison, alors il convient, a-t-elle dit, de mettre au même niveau les connaissances du personnel de sécurité pénitentiaire pour qu’ils sachent que les enfants qui ont accompagné accidentellement leur maman en prison ne sont pas des détenus. Team leader gouvernance et paix durable au bureau PNUD, Dieudonné Kini, a reconnu qu’il y a un certain nombre de défis liés à l’effectivité d’un Etat de droit au Burkina, et la question de l’administration pénitentiaire est importante. En général, a-t-il expliqué, lorsqu’on parle de détenus, les citoyens ont une certaine perception d’eux.
Or, ce n’est pas parce qu’on est détenu qu’on est condamné. « Même lorsqu’on est condamné, on a des droits qui méritent d’être respectés. Les femmes constituent un public-cible particulier. Généralement, elles se retrouvent en milieu carcéral avec leurs enfants qui n’ont pas demandé à y être », a précisé M. Kini. Tout en cherchant à respecter les droits des détenus, en général, il a insisté que les femmes et les nourrissons en milieu carcéral doivent bénéficier d’une attention particulière.

Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr

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