Tous coupables !

Dans la crise qui secoue le système éducatif national, nous avons suivi le débat avec beaucoup d’attention, mais notre intérêt pour le sujet s’est vite émoussé quand nous avons compris que c’est plusieurs crises fourrées en une, le tout émaillé de non-dits. Si l’on s’en tient au sommet de l’iceberg, la crise est d’abord communicationnelle. Quand on veut changer, on communique sur le changement souhaité ; on explique pourquoi on veut changer ; où le changement va mener les acteurs concernés ; on fait même ressortir les contraintes liées au changement et les éventuels désagréments qui en découleront.

On rassure au besoin sur les dispositions envisagées pour faire en sorte que le changement ne soit pas une rupture brutale, susceptible de déclencher une crise. Voilà pourquoi, dans la communication sur le changement, il est impérieux d’élaborer un plan de communication de crise. Il ne faut pas attendre la crise pour communiquer. La meilleure façon d’endiguer une crise, c’est de l’anticiper. Mais combien savent anticiper ? Combien savent écouter les autres et leur lumière intérieure ? Combien savent lire et interpréter le contexte d’un projet ? A-t-on vraiment besoin de répéter que tout changement bouscule et accule les habitudes ? Peut-on changer sans au préalable analyser et impliquer les principaux groupes cibles concernés ? A-t-on simulé et avec qui, le changement avant de l’envisager ?

Autant de questionnements sincères dont les réponses ne se trouvent pas plus dans la pertinence de la réforme que dans l’analyse du contexte de mise en œuvre du projet. Parce qu’il n’y a pas de changement mineur dans la vie des hommes. Même le plus bénin des liftings nécessite un minimum d’examens et de soins préopératoires. Pour réussir le changement, il faut savoir impliquer pour mieux imbriquer, faire adhérer pour fédérer. Et même l’adhésion n’est pas une obligation absolue en termes de résultat ; on n’est pas obligé d’être tous d’accord en même temps sur tout. On est tenu de faire des concessions. Dans cette crise, chaque incident a plusieurs versions. Chaque point de vue est critiqué et renvoie à un parti pris. On est POUR ou CONTRE la réforme, point barre !

C’est d’ailleurs cette vision manichéenne qui nourrit et pourrit l’atmosphère dans les deux camps. Si derrière les élèves, il y aurait des marionnettistes habiles qui tirent les ficelles du jeu, du côté de l’autorité de tutelle, on n’a pas besoin de rencontrer ou discuter avec des élèves pour donner du crédit à la réforme. Et devant le chaos, se dressent le camp des « non-alignés » : les parents d’élèves, spectateurs passifs et peu bavards devant l’arène de la rixe entre le pot de fer et le pot de terre. Pendant ce temps, la raison commence à avoir tort ; l’intelligence manque de sagesse ; le devoir appelle sans cesse à revoir le mode opératoire, mais le droit maladroit court tout droit à l’abattoir.

Autant l’autorité doit faire preuve d’ouverture, l’élève ne doit pas perdre de vue les risques de son aventure. Notre école ne fait plus….

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