Réconciliation nationale : L’UPC apporte sa contribution

Le centre de formation politique de l’Union pour le progrès et le Changement (UPC) a organisé le samedi 29 mai 2021 à Ouagadougou, un panel sur la réconciliation nationale avec pour thème : « Enjeux, défis et chemins de la réconciliation nationale : quelles contribution des acteurs politiques ? ».

L’Union pour le progrès et le changement (UPC) ne veut pas rester en marge des réflexions en cours sur le processus de réconciliation nationale. Le centre de formation politique du « parti du lion » s’est invité aux débats en organisant le samedi 29 mai 2021 à Ouagadougou, un panel sur la réconciliation nationale autour du thème : « Enjeux, défis et chemins de la réconciliation nationale : quelles contribution des acteurs politiques ? » Pour mieux aborder la problématique, trois communicateurs ont été invités à la table de discussions.

Le premier panéliste, le Professeur Serge Théophile Balima, s’est intéressé à la définition du concept, aux enjeux et aux défis de la réconciliation nationale. De son exposé, il ressort que la réconciliation nationale a une définition à géométrie variable selon les acteurs (acteurs religieux, sociaux, politiques et économiques). Pour réussir la réconciliation, le communicateur a égrené un ensemble de conditions à remplir et des défis à relever. A l’écouter, la grande majorité des acteurs s’accordent à dire que les conditions indispensables à la réussite de la réconciliation sont la clarification des faits (la vérité), la connaissance de la vérité qui est aussi en rapport avec le dédommagement ou la réparation des préjudices (la justice) et enfin le pardon.

Pour cela, il est important, a-t-il soutenu, de trouver des porteurs de messages crédibles sur le sujet. Le communicateur a aussi relevé la nécessité de disposer d’une pédagogie de la communication sociale pour que le plus grand nombre de citoyens soit au même niveau d’information sur les enjeux de la réconciliation. En plus, a-t-il poursuivi, les acteurs doivent lutter contre la désinformation sur la question, surtout sur les réseaux sociaux. A ce propos, la collaboration avec les médias, les journalistes et les hommes de culture s’imposent comme les relais sociaux pour contrecarrer les nuisances.

De l’avis du paneliste, l’approche par province et par région avant les assises nationales semble être la meilleure démarche en ce sens qu’elle permettra une adhésion plus grande des populations. En termes de défis à relever, le professeur Balima a noté la nécessité d’apaiser le « climat social souterrain » caractérisé par un nombre important de citoyens sceptiques qui pensent à tort ou à raison que la réconciliation est une obligation évènementielle visant à consacrer une prime à l’impunité à certains hommes et femmes politiques.

Le compromis politique

Et le deuxième panéliste, Mélégué Traoré, homme politique, d’emboucher la même trompette que son prédécesseur. « Si nous sommes sceptiques dès le départ, nous n’allons pas réussir le processus », a-t-il prévenu avant d’apprécier favorablement le processus de réconciliation en cours. Pour lui, il s’agit d’une entreprise ambitieuse qui vise l’implication de tout le monde. Par conséquent, M. Traoré a invité les élites et les hommes politiques à apporter leur contribution au processus. « Elle est vitale pour le pays.

Nous, élites et hommes politiques, sommes à l’origine pour la plupart des problèmes. C’est notre système politique qui crée les rancœurs et oppositions si bien que quelquefois, cela devient irréconciliable » a-t-il expliqué. Puis de préciser que l’ensemble des problèmes du Burkina ne pourront pas être réglés cette année. Mais quelques axes permettront de tirer les leçons du passé, les forces et les faiblesses et se projeter dans l’avenir, a confié l’homme politique. Le troisième communicateur, le journaliste, Lookman Sawadogo, a résumé le mode opératoire de la réconciliation nationale en trois éléments essentiels que sont l’esprit de la réconciliation, le compromis politique et la catharsis sociale. Parlant d’esprit de la réconciliation, M. Sawadogo a indiqué que les acteurs doivent clarifier la vision, la trajectoire et la finalité de la réconciliation.

Pour ce qui est du compromis politique, le conférencier a relevé que sa prise en compte permettra de donner une sorte d’assurance à l’ensemble des acteurs. Pour le dernier volet de sa communication, Lookman Sawadogo a insisté sur l’importance de réparer les torts et d’apaiser les cœurs des victimes et leurs familles. A ce propos, a-t-il suggéré, le triptyque vérité, justice et réconciliation est un instrument de base qui va conduire à cette catharsis. Le communicateur a par ailleurs relevé la nécessité de recourir à la justice classique et la justice réparatrice pour une couverture normale de l’ensemble des dossiers répertoriés depuis 1960 par la commission sur la réconciliation. Le directeur du centre de formation politique de l’UPC, Alain Kam, a salué la qualité des communications ainsi que la contribution des participants. Il a souhaité que les pistes de solutions ébauchées permettent de baliser le chemin conduisant à la réconciliation nationale et au renforcement du ciment social.

Abdoulaye BALBONE

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