« Relation est mieux que diplôme ! »

Partir à l’école se faire remplir la tête de concepts et d’idées parfois déjà reçues et ressortir bredouille avec un score de tocard dans une course sans ligne d’arrivée. L’avenir est devenu un jeu de hasard dans lequel même le tenant du brassard est un cafard de placard enfermé à double tour. Les dés sont pipés ! Avant même que les premiers ne soient les derniers, seuls les derniers iront en finale pour tirer dans le décor et marquer le but de la victoire hors des filets mais validés par l’arbitre central.

De plus en plus, le diplôme n’est plus un simple certificat qui atteste de l’aptitude de l’impétrant. C’est aussi le sésame qui ouvre les portes du chômage ; le chômage qui habite la cage de l’oisiveté et de la dépendance. Il suffit de compter chaque année le nombre de candidats aux différents examens et concours pour se rendre compte que la déferlante est déjà au-dessus de nos têtes. Et rien ne servira de se couvrir la caboche ou d’essayer de l’esquiver ; elle s’abattra sur nous tous à divers degrés. N’oublions pas que l’oisiveté est la mère de tous les vices et que la nature a horreur du vide.

Nul ne devient méchant par hasard ; quand on a le dos au mur on se défend toujours bien ou mal avant de triompher ou d’échouer. Pendant longtemps nous avons, à l’unanimité, décrié le système éducatif et les opportunités qu’il offrait aux têtes pleines qui sortent de nos écoles. La question de l’emploi est devenue une ritournelle dans les discours pendant que la réalité se contente des échos de la mélodie. Notre école est un grand déversoir de chômeurs dans la mare ensablée d’une Fonction publique grabataire et sous le regard impuissant d’un secteur privé de moyens et mal structuré.

Partir à l’école, s’user le postérieur sur des bancs de classe et sortir s’asseoir sans le moindre strapontin au soleil. Ces dernières années, les concours sont presqu’en voie de disparition et là où on recrutait cent agents, le besoin a dégringolé à cinq agents et parfois en- deçà de cinq. Certains concours ont simplement disparu de la circulation pour laisser la place aux recrutements sur mesures nouvelles. Drôle de mesures surtout quand elles sont anciennement nouvelles pour répondre aux besoins d’emploi du fils de M’ba Tinga ou celui de Patarbtaalé dont la longueur des bras ne dépasse pas celui des « bouts de bois de Dieu ».

Oui, pendant que le fils de l’autre, major de sa promotion boira au goulot des documents entiers pour percer en vain le mur de l’emploi, la généreuse ou chanceuse stagiaire se tournera les pouces, mais elle aura le coup de pouce qui intègre en catimini dans une Fonction publique puritaine, exempte de tout soupçon. Pendant que le digne mais pauvre citoyen crapahutera pour franchir la ligne d’arrivée, il sera désabusé de voir des fronts sans sueur sur le podium des laborieux essoufflés. L’égalité des chances n’est pas la même pour celui qui connaît quelqu’un et pour celui qui n’en connaît pas.

Le mérite, ce n’est pas le fait d’avoir 17 ou 18 sur 20 ; le mérite, le vrai, c’est plutôt le fait d’être du bon côté de l’histoire, l’histoire du moment. Le Burkinabè qui a le contact d’un cardiologue n’est pas le même que celui qui débouche à l’improviste et à l’aveuglette dans un hôpital, public fût-il, le cœur sur la main. Ses palpitations n’auront pas la moindre palpation avant le chant du cygne.

Comme l’a si bien dit Ismaël Isaac : « relation est mieux que diplôme » et les relations ne se nourrissent pas de verbiage creux ; ils s’entretiennent en espèces sonnantes et trébuchantes ; en volupté charnue et charnelle, bref, en opportunités dans un esprit gagnant-gagnant. On ne fait rien pour rien et rien ne fera faire quelqu’un sans rien. Voilà pourquoi, on ne te demandera plus quel diplôme tu as ni ce que tu sais faire le mieux ; on te demandera qui t’envoie et parfois à haute voix. Parce que sous les rangs de l’intégrité, il y a esprits de « l’intégration » dans le pire des sens du terme. Parce que « relation est mieux que diplôme » !

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

1 COMMENTAIRE

  1. Les bonnes relations sont mieux que diplômes😊. C’est pas faux, mais je pense aussi que ça dépend de comment on se sert de nos diplômes. C’est important de nous apprendre à valoriser nos diplômes qui reflètent nos compétences et savoir-faire.

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