Fermeture des frontières : la croix et la bannière pour les vendeurs d’atiéké de Bobo-Dioulasso

Depuis le 21 mars 2020, les frontières terrestres du Burkina Faso sont fermées. Avec cette fermeture, toutes les marchandises qui quittent l’extérieur pour le Burkina Faso rencontrent de nombreux problèmes. Une situation qui a apporté du plomb dans l’aile des commerçants d’atiéké dans la ville de Bobo-Dioulasso.

Aminata Diallo interpelle directement les présidents Roch Marc Christian Kaboré et Alassane Ouattara à s’impliquer pour trouver une solution à cette situation qu’elle pense interminable.

Aux environs de la cathédrale Notre- Dame de Lourdes de Bobo-Dioulasso, et en face de RAN Hôtel, ils sont nombreux à s’y installer à longueur de journée. Eux, ce sont les vendeurs d’atiéké de la cité de Sya. Papa Solo, est l’un d’eux qui a fait du commerce de l’atiéké son gagne-pain depuis des années dans la capitale économique du Burkina Faso. Mais avec la fermeture des frontières terrestres en mars 2020 pour cause de la pandémie à coronavirus, Papa Solo, à l’image des autres commerçants d’atiéké à Bobo-Dioulasso, éprouve d’énormes difficultés. C’est la croix et la bannière pour ceux-là qui faisaient de bonnes affaires avant cette crise sanitaire qui a plombé le monde économique. « Avec la fermeture des frontières due à la maladie à coronavirus, j’ai perdu toute ma clientèle. Même ceux qui me sont fidèles, doutent de la qualité du peu d’atiéké qui est disponible. Car, ils se disent que c’est de l’atiéké pourri », raconte avec amertume Papa Solo qui regrette que leurs marchandises prennent trop de temps sur la route avant de leur parvenir. Le retard de l’atiéké dû à la traîne sur la route, son état de putréfaction, ajouté à la cherté,… sont les difficultés égrenées par Balkissa Dao, vendeuse au marché du secteur 22 de Sya.

« La fermeture des frontières joue trop sur nous. Pas d’entrée de marchandises. Celles qui rentent sont aussi chères et en mauvais état. On peut acheter une marchandise à 20 000 FCFA pour se retrouver après-vente avec 10 000 FCFA. C’est une énorme perte pour nous », argue la vendeuse d’atiété, Balkissa Dao qui ajoute que les clients aussi se plaignent de la cherté de leurs produits. Installée aux abords de la SITARAIL, Aminata Diallo souligne que le marché a baissé, dû au long processus qu’il faut pour avoir accès à son atiéké. « Il est difficile de se procurer l’atiéké. Nous sommes obligées, au regard du long trajet, de prendre avec celles qui bravent les tracasseries policières et douanières à des prix d’or pour revendre », explique Mme Diallo. En plus de l’atiéké, Oumou Ouédraogo, vend aussi du placali, les noix de palme et de la banane plantin au marché du secteur 22. Des produits qu’elle importe de la Côte d’Ivoire.

Comme les autres commerçants, Mme Ouédraogo déplore la fermeture des frontières qui ne leur rend pas la tâche facile. « Avant cette situation, on prenait les noix de palme à 400 FCFA la boîte. Mais depuis l’avènement de la COVID-19, c’est à 650 FCFA que ces mêmes noix sont cédées. Pour avoir un peu, nous les revendons à 700FCFA la boîte. Un prix estimé onéreux par les clients », raconte dame Ouédraogo. Pour sortir de cette situation « agonisante », Papa Solo invite les gouvernements du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire à songer à la réouverture des frontières pour les soulager. Même son de cloche de Aminata Diallo qui interpelle directement les présidents Roch Marc Christian Kaboré et Alassane Ouattara à s’impliquer pour trouver une solution à cette situation qu’elle pense interminable.

Pascaline KANI (Stagiaire)

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