Attaques terroristes : « En 2h 30 mn, nous pouvons fournir l’information officielle », le ministre Ousséni Tamboura

La conférence inaugurale du « Refresher Bobo 2021 » de l’Union catholique africaine de la presse (UCAP) Burkina a été animée, le jeudi 9 septembre 2021 dans la ville de Sya. Le conférencier, Ousséni Tamboura, par ailleurs ministre de la Communication et des Relations avec le parlement, s’est penché sur le thème : « Médiatiser sans promouvoir l’insécurité : rôle et devoir des journalistes et des médias ».

Plusieurs communications seront faites au cours de ce « Refresher ».

Comment les médias et journalistes peuvent-ils médiatiser sans promouvoir l’insécurité ? C’est à cette question que le ministre de la Communication et des Relations avec le parlement, Ousséni Tamboura, a répondu le jeudi 9 septembre à Bobo-Dioulasso, dans le cadre de la conférence inaugurale du « Refresher Bobo 2021 » de l’Union catholique africaine de la presse (UCAP) Burkina. Rappelant les attaques terroristes au Burkina Faso depuis leur début en 2015 à Samorogouan et le 15 janvier 2016 simultanément à Ouagadougou (CAPUCINO) et Djibo (enlèvement du Dr Elliot), le conférencier a relevé que les pouvoirs publics ont engagé une restructuration de l’armée (équipement, formation, renseignements, loi de programmation militaire) pour faire face à cette menace de type nouveau. A cela, il a ajouté à la réponse socioéconomique (PUS, PADEL), l’opérationnalisation des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et la réforme de la justice (pôle judicaire de lutte contre le terrorisme). Dans ce contexte, a signifié M. Tamboura, les fausses informations sur les réseaux sociaux, « fille aînée du terrorisme », touchaient au moral des troupes et « faisaient autant de dégâts » que les armes des terroristes. Le gouvernement, a-t-il poursuivi, a donc modifié le Code pénal pour « se donner les moyens de ne pas affaiblir la lutte ». « Cette modification n’a restreint en rien la liberté de presse », a précisé Ousséni Tamboura qui a toutefois relevé le cas de l’audition d’un média de la place pour publication de fausse information sur une supposée attaque d’un car sur l’axe Dori-Sebba au lendemain de l’attaque de Solhan. Il a également relevé l’audition de citoyens qui publient des fausses informations ou des informations sensibles sur les réseaux sociaux. Le conférencier a surtout appelé les journalistes à respecter l’éthique et la déontologie de leur métier en considérant que les médias ne sont pas en marge de cette guerre qui est aussi celle de l’information.

Le circuit de l’information officielle

La démobilisation des VDP (une fois la lutte finie), la lenteur de la réaction des gouvernants dans l’information (communiqué) sur les attaques, les difficultés d’accès à l’information et l’insuffisance de la concertation avant la modification du Code pénal ont été les préoccupations des participants venus du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Sénégal. Pour la démobilisation des VDP, le conférencier a précisé qu’il s’agit d’auxiliaires des Forces de défense et de sécurité (FDS) qui se sont volontairement et patriotiquement engagés. « Au moment venu, leur démobilisation se fera de sorte à ce qu’ils réintègrent la société », a-t-il promis. Quant à la lenteur de la réaction du gouvernement, M. Tamboura a estimé qu’il s’agit du défi de l’information officielle.

« En cas d’attaque par exemple, la source qui est l’autorité la plus proche, dispose de 15 mn pour nous donner l’information de façon numérique … Nous avons 30 à 45 mn pour recouper l’information. L’événement est ensuite soumis pour analyse de deux cellules qui disposent de 30 mn pour nous proposer le type de communication adaptée. On décide ainsi du texte qu’il faut envoyer en primeur … En principe, à une heure quinze minutes (1h15mn), ceux qui sont dans notre centre de diffusion doivent avoir l’information brute. En 2h30 mn, nous pouvons fournir l’information officielle », a-t-il détaillé. « Actions de Solidarité en faveur des déplacés internes: état des lieux et perspectives », « Des médias traditionnels aux médias sociaux : quelles attitudes en période de crise sécuritaire ? » et « Traitement de l’information sur les attaques terroristes : état des lieux des relations Armée-Médias » sont les autres conférences qui vont meubler ce « Refresher » du 8 au 13 septembre dans la capitale économique.

Jean-Marie TOE

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