Gestion du foncier : des échanges pour prévenir les conflits

La Plateforme multi acteurs sur le foncier (PMAF) a organisé les journées nationales d’actions sur le foncier, les 29 et 30 novembre 2021, à Ouagadougou.

Face aux problèmes liés au foncier notamment l’expropriation des terres agricoles, la Plateforme multi acteurs sur le foncier (PMAF) dénommée « Land for life » veut promouvoir une dynamique de gouvernance foncière démocratique. A cet effet, elle a organisé les 29 et 30 novembre 2021, à Ouagadougou, les journées nationales d’action sur le foncier sous le thème : « Gouvernance foncière locale et problématique de la sécurisation du foncier agricole et pastoral au Burkina Faso : enjeux, défis et perspectives ». Selon le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, des Aménagements hydro-agricoles et de la Mécanisation, Boukary de Nomba Ouédraogo, lesdites journées ont pour objectif d’offrir un espace aux acteurs du foncier pour débattre et développer des idées pertinentes sur la gestion foncière au Burkina Faso.

Pour lui, le foncier constitue le principal capital des acteurs du secteur de la production agro-sylvo-pastorale, halieutique et faunique. En outre, il comporte des enjeux « trop forts » en termes économiques, sociaux et politiques, a-t-il dit. « Le foncier rural est capital pour les populations. Mais, cette ressource se trouve être menacée. Comment peut-on produire s’il n’y a plus de terres cultivables ? Si rien n’est fait, il peut avoir des conflits entre les producteurs. Afin d’éviter ces conflits, ces journées sont une opportunité pour plusieurs acteurs d’échanger sur le foncier », a-t-il déclaré. De l’application de la loi 034-2009/AN portant régime foncier rural, M.Ouédraogo a relevé des insuffisances. Elles ont engendré ces dernières années une insécurité « foncière grandissante » des exploitations agro-sylvo-pastorales aggravées par l’accaparement des terres rurales. Avec à la clé, a-t-il poursuivi, des menaces sur les efforts de développement en matière d’atteinte de la sécurité et de la souveraineté alimentaires. « Ces journées vont donc permettre à plusieurs acteurs de réfléchir et trouver des solutions pour gérer de manière efficiente, la question foncière », a-t-il insisté. A l’issue de ces journées, il a dit être convaincu que les acteurs vont formuler des recommandations « fortes » et prendre des engagements sur les orientations à donner à la gouvernance foncière locale.

Concilier légalité et légitimité

Pour le vice-président de la Confédération paysanne du Faso, Boureima Diallo, par ailleurs président des éleveurs du Burkina Faso, le développement économique et social du pays est basé « essentiellement » sur l’exploitation de la terre. Dans un contexte marqué par des droits fonciers inadaptés et non sécurisés, il a fait savoir que les populations sont victimes d’autres fléaux comme la faim ou la pauvreté. «Il est donc important que nous disposions d’un espace qui permette de partager et capitaliser les expériences de la gestion du foncier, de proposer des solutions viables pour renforcer les droits fonciers et formuler des recommandations fortes et des engagements sur les orientations », a-t-il expliqué. Durant ces deux jours, les participants, composés des représentants des autorités administratives, coutumières et religieuses, des Organisations non gouvernementale (ONG), les partenaires techniques et financiers etc. vont suivre des panels sur les thèmes relatifs à la problématique de la sécurisation du foncier agro-pastoral, la prévention et la gestion des conflits fonciers, la sécurisation des terres pour les femmes et les jeunes. Ces exposés, selon M. Diallo, vont introduire des discussions sur les mécanismes pour un accès sécurisé des terres rurales, les migrations agricoles et la transhumance agricole, la conciliation entre légalité et légitimité.

Oumarou RABO

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