Condamnation de Blaise Compaoré : « L’Etat ivoirien n’extrade pas ses ressortissants », selon le ministre en  charge de la Justice,  Wendata Barthélémy Kéré

Le porte-parole du gouvernement, Wend-kouni Lionel Bilgo accompagné de ses collègues en charge de la Justice, Wendata Barthélémy Kéré et du Commerce, Abdoulaye Tall ont abordé la problématique de la hausse des prix au plan national et celle des libertés au cours d’une conférence de presse ce lundi 11 avril 2022 à Ouagadougou.

Confronté à la hausse des prix à l’international, le gouvernement encourage les acteurs économiques et les populations burkinabè à « produire et consommer local ». C’est le ministre du Développement Industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et Moyennes Entreprises, Abdoulaye Tall qui l’a dit, ce lundi 11 avril 2022 à l’occasion d’une conférence de presse du gouvernement. Il s’est agi pour lui de présenter les priorités de l’exécutif en lien avec l’inflation des prix des denrées alimentaires sur le plan mondial.

Abdoulaye Tall a expliqué que du fait de la subvention des hydrocarbures par l’Etat, le Burkina Faso est l’un des pays où le carburant est le moins cher dans la sous-région ouest africaine. Seulement, a-t-il souligné, si la hausse du prix du baril du pétrole perdure et sachant que l’Etat est tiraillé de toute part, « on pourrait mettre la Sonabhy dans une situation intenable ».

Il a rappelé que la dernière augmentation du prix du carburant au Burkina Faso date de mars 2021, au moment où le baril coûtait 65 dollars, alors qu’en mars 2022 le baril fait 130 dollars. Sans présager d’une hausse du carburant, le ministre a soutenu qu’il y a lieu de « regarder la solution la plus viable pour la nation burkinabè ».

« Si on ronge les marges des prestataires, à un moment le risque de rupture est réel »

L’Etat d’urgence sur l’ensemble du territoire

Le prix de la farine de blé, impacté aussi, tout comme celui du baril, par la guerre russo-ukrainienne, joue également sur le prix du pain à l’échelle nationale a reconnu le ministre. Les boulangeries subissent une pression sur leurs marges bénéficiaires, a reconnu Abdoulaye Tall. « Si on ronge les marges des prestataires, à un moment le risque de rupture est réel », a-t-il dit.

Et pour permettre de juguler le problème, le ministre a annoncé la tenue d’un cadre regroupant toutes les parties prenantes dans le processus de fixation des questions de prix. « Ça ne veut pas dire qu’on va augmenter les prix, on va écouter les acteurs et aviser », a indiqué le premier responsable du Commerce.

A sa suite, c’est son collègue de la Justice, des Droits humains, chargé des Relations avec les Institutions, Wendata Barthelemy Kéré qui est intervenu préciser les implications des restrictions de liberté annoncées par le Président du Faso dans son discours télévisé du 1er avril dernier. A l’entendre, le gouvernement entend décréter l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire national. Mais cette mesure sera encadrée par le dispositif législatif adéquat et placée sous le contrôle du juge administratif, a précisé Me Kéré.

L’Etat ivoirien n’extrade pas ses ressortissants

Le ministre en charge de la Justice a, par ailleurs, annoncé les premières audiences judiciaires relatives aux actes de vandalisme à Béguédo pour le 20 avril prochain. A ce propos, il a invité les populations à aider à retrouver les personnes contre qui des avis de recherche ont été lancés.

La presse a interpellé les membres de l’exécutif, notamment, sur l’efficacité des contrôles de prix effectués par le département en charge du Commerce et sur la possible extradition de l’ancien président Blaise Compaoré à la suite de sa condamnation par le tribunal militaire dans l’affaire Thomas Sankara et douze autres.

Le ministre en charge du Commerce a répondu que l’Etat compte environ 300 agents contrôleurs des prix. « Malgré notre bonne volonté, nous ne sommes pas en mesure d’attraper tous les fraudeurs », a-t-il expliqué, invitant les populations à dénoncer les cas de violation des prix officiels qu’elles viendraient à constater.

L’ancien président burkinabè a acquis la nationalité ivoirienne

Quant à l’extradition de Blaise Compaoré, le Garde des sceaux a expliqué que le temps des recours n’étant pas écoulé, la décision du tribunal militaire n’est pas encore définitive. Il a aussi rappelé que l’ancien président burkinabè a acquis la nationalité ivoirienne et que l’Etat ivoirien n’extrade pas ses ressortissants. « En tout état de cause le Burkina Faso prendra ses responsabilités », a déclaré le ministre en charge de la Justice.

Fabé OUATTARA

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