Le vigile du TGI de Nouna cambriole son service

T.J. est un récidiviste qui a été condamné en 2019 à 24 mois de prison pour des faits de vol aggravé. Ce mardi 29 novembre 2022, il a comparu devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso pour les mêmes faits, avec à ses côtés, O.A., un autre récidiviste poursuivi pour recel. Depuis l’enquête préliminaire et même devant les juges, T.J. a reconnu les faits.

Vigile au TGI de Nouna, il a en effet reconnu avoir forcé la fenêtre de la douche du centre d’écoute pour jeune de Dédougou abritant le tribunal qui y a été délocalisé pour raison d’insécurité. Il a ainsi réussi à voler 2 ordinateurs et 4 clés USB dans le bureau du directeur du Centre  et 700 000 F CFA dans ceux du TGI de Nouna. Après son forfait, T.J. a fui Dédougou pour trouver refuge à Bobo-Dioulasso chez O.A. qui l’a aidé à revendre les ordinateurs.

Si T.J. a reconnu les faits, O.A. a nié toute implication dans la revente des objets volés. Toutefois, il a reconnu avoir emprunté 127 000 F CFA à T.J. pour soigner sa fille malade. Toute chose qui contredit les propos de T.J. lors de l’enquête préliminaire, parce qu’il dit avoir remis cet argent à O.A. pour faire du maraboutage afin d’échapper à la police après son forfait.

Interrogé sur les faits, le directeur de la société de gardiennage dit avoir licencié T.J. quelques jours avant l’infraction, mais que son contrôleur l’a appelé par la suite pour qu’il remplace le vigile du Centre émetteur qui était malade. Estimant que les faits sont suffisamment clairs, le procureur du Faso près le TGI de Bobo-Dioulasso a requis 84 mois de prison plus une amende de 1 million F CFA ferme pour les deux récidivistes. Le délibéré a été renvoyé au 13 décembre prochain.


Une prostituée condamnée pour proxénétisme

S.K. est ressortissante d’un pays anglophone de la sous-région et vivant à Bobo-Dioulasso depuis 2019. Cette célibataire, mère de deux enfants et prostituée, était à la barre du TGI de la ville de Sya, le mardi 29 novembre 2022, pour répondre des faits de traite de personnes. En effet, elle a fait venir deux filles de son pays pour les contraindre à la prostitution.

« Un ami m’a appelée du Nigéria pour me dire qu’il y a deux filles qui voulaient venir au Burkina Faso. Comme elles n’avaient pas le transport, j’ai donné 500 000 F CFA à un chauffeur pour les amener », a-t-elle relaté. Une fois au Burkina Faso, les filles devaient travailler pour rembourser le transport à hauteur de 1 200 000 F chacune « pour être libre et indépendante », selon le procureur du Faso. Est-ce que les filles savaient qu’elles devaient se prostituer une fois au Burkina Faso ?

A cette question, la prévenue répond par l’affirmative. Elle dit détenir des conversations qui prouvent que les deux victimes savaient que le travail consistait à se prostituer. Des propos remis en cause par la déposition de l’une des victimes. Considérant que les faits de traite de personnes sont constitués, le procureur du Faso près le TGI de Bobo-Dioulasso a demandé au tribunal de la déclarer coupable et de la condamner à 60 mois de prison dont 12 ferme, plus une amende de 1 million F CFA avec sursis. Le tribunal a, par contre, requalifié les faits en proxénétisme et l’a condamnée à 36 mois de prison et 1 million F CFA d’amende, le tout avec sursis.


3 frères à la barre pour coups et blessures sur leur voisin

S.M., S.A. tous deux employés de commerce et leur petit frère, S.A., ont comparu le mardi 29 novembre 2022 devant le TGI de Bobo-Dioulasso pour coups et blessures volontaires sur la personne de D.M., leur voisin.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 21 au 22 septembre 2022 dans un quartier non loti de la ville de Sya. Interrogé, S.M. raconte que c’est aux environs de 19 h, étant dans sa boutique, qu’il a reçu un appel de son petit frère S.A. lui demandant de rentrer à la maison parce que le voisin a fait un trou dans leur mur et menace de tuer leurs deux mères. Arrivé à la maison, S.M. dit avoir trouvé une foule sur place.

« Quand j’ai vu le voisin agité, avec une machette, un lance-pierres et une hache, je suis allé voir son bailleur pour lui dire de venir le raisonner. Il m’a dit de laisser demain. J’ai appelé la police mais elle n’est pas venue car il faisait nuit », a-t-il affirmé. Ces propos ont été confirmés par un témoin dans l’affaire, lui-même policier. C’est autour de 3 heures du matin, aux dires du prévenu, que la foule s’est ruée sur lui et un « inconnu » lui aurait porté un coup sur la tête.

La victime a été retrouvée à 6 heures du matin ligotée dans sa cour. Si l’implication des deux frères ne fait aucun doute pour le procureur du Faso, ce n’est pas le cas pour le troisième qui n’a pas été aperçu par les témoins dans la foule. Il a demandé à la cour de relaxer ce dernier et de condamner S.M. et S.A. à 24 mois de prison dont 6 fermes et une amende de 1 million F CFA avec sursis. Il a été suivi par le tribunal. Les deux frères ont également été condamnés à payer 1 million F CFA à la victime à titre de réparation.


Encore un représentant de Qnet à la barre

Arrivé à Bobo-Dioulasso en février dernier en provenance d’un pays voisin, A.K. est un représentant indépendant de Qnet à Bobo-Dioulasso. A l’image d’un cas similaire à Banfora, il y a deux semaines, ce représentant de Qnet a comparu au TGI, le mardi 29 novembre 2022, pour des faits d’escroquerie. Selon le procureur du Faso, A.K. en complicité avec d’autres personnes ont loué une villa de 100 000 F CFA par mois pour mener leur activité.

L’arnaque, a-t-il expliqué, consistait à faire payer aux victimes 500 000 F pour avoir un bonus de 60 000 F. Sauf que ceux qui l’accusent disent ne pas savoir comment retirer ledit bonus. Devant les juges, il a nié toute implication dans cette affaire parce qu’il n’aurait pas eu de contact avec les plaignants, mais reconnait que le business de Qnet est une arnaque. « J’en ai été victime en Côte d’Ivoire. J’ai payé 500 000 F CFA là-bas et je n’ai rien eu. C’est quand je suis rentré chez moi au pays que j’ai décidé de venir essayer ça au Burkina Faso », a-t-il expliqué.

Tu savais que c’est de l’arnaque et tu es venu au Burkina pour continuer la même chose ? A cette question du procureur du Faso, A.K. a signifié que c’est quand il a eu des problèmes qu’il a compris que c’était une arnaque. Le procureur a requis une peine d’emprisonnement de 60 mois et 1 million F CFA d’amende, le tout ferme. N’ayant pas de preuve que le prévenu a été en contact direct avec les victimes, le tribunal a requalifié les faits en complicité d’escroquerie et l’a condamné à 24 mois de prison dont mois 6 ferme et 1 million F CFA d’amende avec sursis.

Noufou NEBIE

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