
Participation citoyenne au développement local
La mairie de Ouagadougou, a remis officiellement des attestations et des trophées, dans la soirée du 26 décembre 2018 à Ouagadougou, à trente (30) personnes physiques et morales ayant contribué au développement de la capitale burkinabè.
Une trentaine de personnes physiques et morales notamment des associations, entreprises, institutions, se sont illustrées en accompagnant la commune de Ouagadougou dans certaines situations difficiles. En retour, la mairie a porté sa marque de reconnaissance à ces citoyens en leur décernant des trophées et des attestations, le 26 décembre 2018 au sein de ladite mairie à Ouagadougou. Première du genre sous son mandat, selon le maire de Ouagadougou, Armand Pierre Béouindé, cette distinction à ces personnes physiques et morales témoigne de leur gratitude envers elles.
Ce, parce que, à l’entendre, ces citoyens se sont proposés bénévolement et spontanément pour apporter le bien-être aux populations ouagalaises dans les moments cruciales. Les actes posés ces deux dernières années par ces volontaires, a indiqué le maire, sont entre autres, la participation à l’amélioration de la mobilité dans certains quartiers, le curage des caniveaux, la contribution au renforcement des infrastructures et à l’équipement de la commune, etc. “Souvent, l’on se réveille un matin et on se rend compte que des habitants d’un quartier ont barré les voies avec des pneus pour manifester leur mécontentement. Dans ces moments difficiles, le budget ne nous permet pas d’agir et nous faisons appel à des sociétés de travaux publics pour qu’ils nous viennent en aide”, a-t-il expliqué. Le maire Béouindé s’est réjoui également que la ville de Ouagadougou dans ces dernières années soit à l’abri des inondations à cause des bonnes volontés qui ont contribué aux curage des caniveaux.
Il a également ajouté qu’à cause de cette participation citoyenne, il y a la fluidité au niveau de la circulation routière. Pour lui, cette contribution est considérée comme le principal levier de leur politique globale pour le développement de la capitale. Il a souhaité que s’élargisse chaque année, le cercle de bonne volonté tout empreint de citoyenneté pour le bonheur de la population de Ouagadougou. Le lauréat Mahamadi Rouamba, incubateur, s’est réjoui de cette reconnaissance de la mairie pour ses actes posés à l’endroit de la population et des jeunes. Il dit continuer dans ce sens pour le bien-être des Ouagalais.
Elélé KANTORO
St sylvestre à Ouagadougou: 48 accidents de la circulation enregistrés
Dans la nuit du 31 décembre 2018 au 1er janvier 2019, une équipe de Sidwaya était aux côtés des hommes de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP), pour vivre avec les différents secours portés aux victimes d’accidents de la circulation et autres. Reportage.
Il est 19h 5 mn en cette soirée du lundi 31 décembre 2018 au poste de commandement de la 1re compagnie de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP), qui jouxte la mairie de Ouagadougou. Après quelques formalités d’usage, le chef du centre des opérations, capitaine Didier Bazongo, nous conduit au Bureau de Ccoordination des opérations et des transmissions (BCOT). A l’intérieur de la salle, quatre agents sont postés devant des ordinateurs, des casques d’écoute vissés aux oreilles. Ils répondent incessamment aux appels de secours, de part et d’autre, de la ville de Ouagadougou et ses environs. Le sergent-chef, Issouf Dagano, explique dans les moindres détails le travail que lui et ses collègues font.
Lorsque les demandes d’urgence sont enregistrées, l’on passe à la redistribution des secours en fonction de la localisation des victimes. Les équipements du BCOT permettent de suivre les différents appels, de donner des messages de sensibilisation aux appelants et de «blacklister», les perturbateurs indélicats. Un écran placardé au mur permet également de suivre l’ensemble des interventions, l’historique des appels, d’évaluer le nombre de secours portés et le temps des appels. Grâce à ce nouveau dispositif moderne, les soldats du feu arrivent à amoindrir l’affluence des appels fantaisistes. Des institutions comme la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest et la Société nationale burkinabè des hydrocarbures (SONABHY) y disposent de lignes directes pour plus d’efficacité dans l’intervention en cas de danger. Le grand marché de Ouagadougou est la liste des prochains bénéficiaires de ce «privilège». Après ce briefing, nous attendons d’embarquer avec une équipe de secours une fois l’alerte donnée. Grâce au Dispositif prévisionnel de secours (DPS) mis en place dans la capitale, en cette période de fêtes de fin d’année, les équipes positionnées dans les parties excentrées de la ville prennent en charge les cas d’accidents. Ce qui fait qu’au PC de la 1re compagnie, les sorties des ambulances se font attendre. Nous regagnons le mess des officiers où nous guettons le message de nouvel an du Président qui tarde à passer sur les antennes de la télévision nationale.
Encouragements du ministre de la Sécurité
Il est 21h 39 mn, lorsque le ministre de la Sécurité, Clément P. Sawadogo, fait son entrée à la caserne. Il passe en revue la troupe en compagnie du commandant de la BNSP, le colonel Ernest Kisbédo. Aux hommes de tenue, le ministre formule ses encouragements et leur souhaite bonne et heureuse année 2019. 22h 54, aucun signe de secours ne se manifeste toujours au PC de la 1re compagnie. C’est le début de la tournée de l’état-major de la BNSP dans les différents centres de secours. Nous embarquons avec le colonel Kisbeédo et ses proches collaborateurs en direction du centre de secours de la 8e compagnie de la BNSP de Sig-Noghin au Nord de Ouagadougou. 23h 7 mn, le cortège fait son entrée dans l’enceinte de la caserne. Les éléments qui assurent le service sont rassemblés. Le colonel passe en revue les effectifs et livre son message d’encouragement à ses hommes. L’esprit de famille, sacrée dans la grande muette, est vivifié à l’occasion. «Nous sommes ensemble. Soyez fiers de porter secours aux victimes. Le travail ne tue pas. Restez bien concentrés», leur lance-t-il, dans une atmosphère empreinte de convivialité. Il les invite à avoir une pensée pieuse pour leurs frères d’armes tombés et pour ceux qui luttent sur le terrain. Les hommes lui traduisent leur gratitude pour cette visite qui les conforte dans leur engagement au service de la nation. Une collation est partagée dans la sobriété avec la troupe.
«Bonjour 2019» !
Il est 0h 00. C’est le 1er janvier ! Bonjour 2019 ! La joie de passer à la nouvelle année éclate dans le quartier. Les pétards résonnent un peu partout dans les alentours. Le ciel est par moments zébré d’éclairs des feux d’artifice. Un concert de klaxons envahit les rues. Des cris d’euphorie se font entendre. C’est le temps des accolades et des vœux à l’orée de la nouvelle année. « Je vous souhaite une année de santé, de partage, de paix et de sécurité pour notre pays », formule le colonel Kisbédo à l’endroit de ses hommes. Entre temps, aux environs de 0h 10, une ambulance intègre la caserne après avoir porté assistance à des victimes d’un accident de la circulation. Avant de prendre congé d’eux, il leur laisse un dernier conseil : « Vous avez le droit de maintenir le nom de ce corps qui doit se distinguer par la discipline, le travail et le sacrifice ». Il est 1h 11, lorsque la hiérarchie de la BNSP se signale au PC de la 8e compagnie situé à quelques pas de l’échangeur de l’Ouest. Les vœux de nouvel an et les exhortations à bien accomplir les missions sont réitérés aux éléments rassemblés. A peine installés pour lever les verres, l’alerte est donnée. Un accident vient de se produire au pied de l’échangeur. Les secours se rendent sur place et évacuent le blessé en direction du CMA de Pissy. A 1h 57, le cap est mis sur le centre de secours de la 1re compagnie de Bogodogo dans le quartier Kalgondin de Ouagadougou. Le commandant de la BNSP accomplit le même rituel que dans les lieux précédemment visités.
Un enfant entre la vie et la mort
Il est 2h 38 quand nous montons à bord d’une ambulance en direction de Ouaga 2000, sur la route pour secourir des accidentés. 2h 47mn, la voiture freine sur les lieux du drame. Un couple à moto est fauché par un conducteur de tricycle visiblement éméché. L’homme et la femme sont littéralement étalés à même le sol. Le cas de l’épouse est assez grave. Elle est grièvement blessée au visage et sa jambe droite a subi une fracture. Leur enfant, âgé de quelques mois, «en état de mort apparente» (terme technique employé par les sapeurs-pompiers) est emmitouflé dans un drap ensanglanté et poussiéreux. L’homme qui semble moins blessé est accompagné dans l’ambulance.
La femme est prise en charge par l’équipe de secours. Elle est sur une civière pour rejoindre son mari. Le monsieur qui tenait l’enfant y prend place aussi. En route pour l’hôpital, la dame souffre atrocement de douleur à la jambe. Dans un état pitoyable, elle a le réflexe de prendre les nouvelles de son bébé. On lui dit qu’il est endormi. 3h 31, l’ambulance fait escale devant les urgences traumatologiques du Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo (CHU-YO). L’enfant est d’emblée confiée aux agents de santé. A 3h 58, le véhicule de secours dépose l’équipe de reportage au PC de la 1re compagnie. Quelques instants après, la délégation du colonel Ernest Kisbédo regagne son point de départ. La boucle est bouclée avec la présentation des vœux de nouvel an. Encouragements et souhaits pour de belles surprises en 2019 sont dits aux hommes. De son côté, le chef des opérations, capitaine Didier Bazongo, prépare les statistiques des interventions de la nuit du 31 décembre 2018.
48 accidents de la circulation à Ouagadougou
5 h 15, la hiérarchie se réunit pour le compte-rendu partiel. Le directeur des opérations, le commandant, Daba Naon, fait le point au colonel Kisbédo en présence des journalistes. Au total, l’ensemble des neuf compagnies de la BNSP sur le territoire national comptabilise 109 interventions parmi lesquelles 77 cas d’accidents de la circulation. Ouagadougou, à elle seule, totalise 67 interventions avec 48 accidents de la circulation. L’on ne dénombre pas un cas de décès. Comparés aux chiffres de 2017 (107 interventions, 61 accidents de la circulation et un décès), il y a une légère hausse en 2018. Le directeur des opérations, le commandant Naon évoque, entre autres, l’opérationnalisation de la neuvième compagnie basée à Koupèla dans la région du Centre-Est, pour expliquer cette hausse.
«A cela nous pouvons ajouter la modernisation du traitement de notre centre d’alerte qui permet de filtrer davantage les appels de secours. De par le passé, nous ne faisions pas
forcément la distinction entre ceux qui appelaient réellement pour des besoins de secours et les fantaisistes malveillants. L’appui du gouvernement en équipements aide aussi les sapeurs-pompiers à honorer les interventions», détaille-t-il. L’extension de la ville de Ouagadougou et l’augmentation expliquent par ailleurs la hausse des interventions.
Karim BADOLO
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Le dispositif de secours présenté par le commandant Daba Naon
« Nous avons mis en place un dispositif prévisionnel de secours à l’occasion des fêtes de fin d’année pour les actions liées à la protection des personnes et à la sauvegarde des biens. Ouagadougou a été divisée en parties (Est et Ouest). L’Est a été le secteur d’intervention de la 1re compagnie d’intervention et de secours et l’Ouest celui de la 8e compagnie. A ce dispositif classique qui comprend deux casernes de chaque côté, nous avons disposé des moyens dans des points chauds de la ville afin de pouvoir rapprocher les secours des populations. C’est ainsi que dans les endroits comme l’hôpital Schiphra, Kossodo, le rond-point de la Patte-d’oie et la pédiatrie Charles-de-Gaulle, nous avons pré positionné un moyen de secours (une ambulance et une moto de premier secours). Le maillage de la ville en termes de capacité à répondre promptement aux demandes de secours était l’objectif visé à travers ce dispositif. Avec la répartition des centres hospitaliers comme le CMA Paul VI, le CHU-YO, la pédiatrie Charles -de-Gaulle ou l’hôpital de Tengandogo, nous avons la possibilité de raccourcir les distances et d’intervenir le plus rapidement possible au profit des populations. Ce dispositif a été répercuté aussi à Bobo-Dioulasso. »
Propos recueillis par K.B
Maternité du CHU de Bogodogo:Illa donne naissance au premier bébé 2019
Le secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Robert Karama, a constaté la naissance du premier bébé de l’année 2019, à la maternité du CHU de Bogodogo, au secteur n° 30 de Ouagadougou.
Un garçon de 2 kilogrammes 800 grammes est sorti des entrailles de Maïmouna Illa à minuit pile, le mardi 1er janvier 2019, à la maternité du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bogodogo, au secteur n° 30 de Ouagadougou, en présence d’une délégation du ministère de la Santé, conduite par son secrétaire général, Dr Robert Karama. Grande a été visiblement la joie de la nouvelle maman et de son époux Florent Somda, après le cri du bébé, déclaré bien portant par l’équipe technique. Pour l’une des sœurs de la parturiente admise à la maternité depuis le samedi 29 décembre 2018, Fatoumata Mariam Illa, l’arrivée du bébé parmi les premiers de la nouvelle année est une fierté pour la famille.
Elle a été reconnaissante au département de la Santé pour cette visite et de la Poste Burkina Faso, présente à cette sortie, pour les cadeaux offerts au nouveau-né. Selon le directeur des services médicotechniques de l’hôpital, Pr Charlemagne Ouédraogo, l’accouchement par voie haute (césarienne) s’est bien passé sous la veille de Maïmouna Illa qui, à ses dires, n’était pas endormie durant l’opération. «Nous avons réalisé notre première césarienne de l’année 2019 pour une femme qui en avait besoin parce que l’accouchement par voie basse compromettait la vie du bébé», a-t-il laissé entendre. Pr Ouédraogo a indiqué que dame Illa a bénéficié, grâce à la pharmacie hospitalière, de la gratuité de soins que le gouvernement a décidé d’octroyer à toutes les femmes. Au cours de l’année 2018, a renseigné Pr Ouédraogo, 1 668 césariennes ont été réalisées pour environ 6 000 accouchements, soit un taux d’au moins 27% de ce type de naissance. «C’est la moyenne pour un centre de référence comme le nôtre », a-t-il déclaré.
A entendre le SG Karama, c’est une tradition pour le ministère de la Santé de choisir une formation sanitaire, pour encourager les agents au début de chaque nouvelle année. « Nous avons trouvé au CHU de Bogodogo, une équipe motivée qui est à féliciter », s’est-il réjoui. Il a ajouté que la délégation a découvert une formation sanitaire qui met bien en œuvre la gratuité des soins, l’une des stratégies phares de son département. «Nous avons également la chance d’être accompagné par l’un de nos partenaires, la Poste Burkina Faso à cette occasion», a-t-il affirmé. Quant à la directrice générale dudit hôpital, Diane Kaboré, elle a indiqué que recevoir une équipe du ministère de la Santé pour accueillir la première vie de l’année dans son établissement est ‘’simplement‘’ une joie.
« C’est la manifestation du soutien de toute l’équipe ministérielle à celle du CHU de Bogodogo », a-t-il dit. Elle a saisi l’occasion pour expliquer que le CHU de Bogodogo est doté de nos jours de 23 points de prestations avec des spécialités différentes, entre autres, la pédiatrie, la maternité, la rhumatologie, la cardiologie, la chirurgie et les urgences obstétricales, à travers bientôt l’opérationnalisation de la clinique des urgences chirurgicales. A la fin de la semaine, bébé et maman Illa vont regagner le domicile familial, foi du Pr Charlemagne Ouédraogo.
Boukary
BONKOUNGOU
Contre vents et marées
Trois ans. Ce n’est pas encore un quinquennat. Mais trois premières bornes sur le chemin du mandat. L’occasion de jeter un coup d’œil rétrospectif et d’observer les traces de ses pas pour voir si l’on n’a pas dévié de sa trajectoire. Contre vents et marées, le Burkina Faso a poursuivi sa marche en avant en 2018 avec comme objectif, l’émergence, entendue comme la transition vers une économie développée.
Dans cette optique, de profondes réformes structurelles ont été entreprises sur les plans politique, économique et social. De la révision de la Constitution, dont le processus est prévu pour s’achever cette année, à la mise en œuvre de l’Assurance-maladie universelle, en passant par la refonte des salaires des agents publics et le rôle de plus en plus grand dévolu aux collectivités territoriales et au secteur privé, tout est mis en œuvre pour inverser durablement la courbe de la pauvreté et accorder des espaces de libertés plus larges aux populations.
L’année 2018 a été marquée, entre autres, par le deuxième remaniement, le 31 janvier, du gouvernement du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, les congrès de certains partis politiques (UPC, CDP…), la naissance d’au moins cinq nouveaux partis politiques (FPR, NCC, OPA-BF, PUR, URD…), des crises dans certaines mairies de Ouagadougou et d’autres communes à l’intérieur du pays ainsi que la suspension du PAI de Soumane Touré. Le rétablissement des relations avec la République populaire de Chine, ainsi que la tenue du 7e Traité d’amitié et de coopération (TAC) en Côte d’Ivoire ont également rythmé une année 2018 à très fort impact diplomatique. Les infrastructures se sont développées avec l’achèvement et la mise en exploitation de grands ouvrages de désenclavement. Il s’agit du plus long pont du Burkina Faso (309 mètres) sur le fleuve Sirba, de celui mixte de Boromo et de l’échangeur du Nord de la capitale.
Il y a eu également le lancement des travaux de construction de la nouvelle voie de contournement (125 Kilomètres) de Ouagadougou, le 30 octobre, par le président Roch Marc Christian Kaboré et son homologue du Liberia, George Weah. Toutes ces réalisations l’ont été dans un contexte national marqué par de multiples attaques terroristes au Sahel, au Nord, au Sud-Ouest …et à Ouagadougou où l’ambassade de France et l’Etat-major des armées ont été ciblés, le 2 mars. Fait notable, le mode opératoire des assaillants a évolué avec l’utilisation d’engins explosifs improvisés (IED en anglais). Les 12 mois écoulés ont surtout été caractérisés par un accroissement des moyens et des capacités opérationnels des forces armées nationales et une riposte conséquente, qui a permis de tuer dans l’œuf des projets d’attentats, de démanteler et neutraliser des cellules terroristes à Ouagadougou, le 23 mai dernier, dans le quartier Rayongo et dans d’autres localités. L’actualité socioéconomique de l’année a été dominée par la première grande manifestation de protestation contre le pouvoir, le 29 septembre, les grèves des travailleurs du ministère en charge des finances durant le premier trimestre, celles des transporteurs, les assises nationales sur le système de rémunération des agents du public, la hausse des prix à la pompe du carburant… Du côté de la justice, le procès du putsch manqué de septembre 2015 s’est ouvert le 27 février.
Les affaires Norbert Zongo et Thomas Sankara ont connu de relatives avancées. Dans la seconde affaire, la justice française a autorisé l’extradition de François Compaoré. L’Etat français, pour sa part, a levé le secret-défense sur certains documents relatifs à l’assassinat du leader de la Révolution d’août 1983. Tout compte fait, à mi-mandat, le président Roch Marc Christian Kaboré a une obligation de résultats, en matière notamment de lutte contre l’insécurité et le terrorisme par tous les moyens. Laquelle peut commander une recomposition de la classe politique. En tous les cas, l’année 2019 sera vraisemblablement placée sous le signe des manœuvres politiques de tous genres. Toute chose qui ne doit point détourner les gouvernants de leur obligation première, à savoir assurer le bien-être social et économique des populations et faire du Burkina Faso une nation qui compte sur l’échiquier international. Plus que jamais donc, le gouvernement devra revêtir le bleu de chauffe. L’adresse du Chef de l’Etat du 31 décembre a donné des indications claires allant dans ce sens .
Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr
Message du Nouvel An du Secrétaire général des Nations Unies
Chères citoyennes et chers citoyens du monde,
Je vous souhaite une nouvelle année heureuse, paisible et prospère.
L’année dernière, à cette période, j’avais émis un signal d’alerte rouge.
Les dangers que j’avais mentionnés persistent toujours. Pour beaucoup d’entre nous, nous traversons une période d’angoisse et notre monde est mis à rude épreuve.
Les changements climatiques nous dépassent.
Les divisions géopolitiques s’accentuent, rendant les conflits plus difficiles à résoudre.
Un nombre record de personnes se déplacent en quête de sécurité et de protection.
Les inégalités se creusent. Nombreux sont ceux qui remettent en cause un monde dans lequel une poignée de personnes possèdent une richesse équivalant à celle de la moitié de l’humanité.
L’intolérance est à la hausse.
La confiance est en baisse.
Cependant, il y a aussi quelques lueurs d’espoir.
Les pourparlers sur le Yémen ont créé un espoir pour la paix.
L’accord signé à Riyadh en septembre entre l’Éthiopie et l’Érythrée a permis d’apaiser les longues tensions et a entraîné des possibilités améliorées pour toute la région.
Et l’accord entre les protagonistes du conflit au Soudan du Sud a revitalisé les chances pour la paix, débouchant sur plus de progrès au cours des quatre derniers mois qu’au cours des quatre années précédentes.
Les Nations Unies ont pu rassembler les pays à Katowice pour approuver le Programme de Travail pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.
A présent nous avons besoin d’accroître les ambitions pour vaincre cette menace qui pèse sur l’existence de l’humanité.
Il est temps de saisir notre dernière chance.
Il est temps d’arrêter l’emballement incontrôlé des changements climatiques.
Ces dernières semaines, les Nations Unies ont également facilité l’adoption d’accords mondiaux historiques sur les migrations et les réfugiés, qui aideront à sauver des vies et à vaincre des préjugés inacceptables.
Partout les gens se mobilisent en faveur des objectifs de développement durable, qui constituent notre programme mondial en faveur de la paix, de la justice et de la prospérité sur une planète saine.
Quand la coopération internationale fonctionne, le monde est vainqueur.
En 2019, l’Organisation des Nations Unies continuera de rassembler les peuples, de jeter des ponts et de créer des espaces pour des solutions.
Il nous faut maintenir le cap.
Et ne jamais abandonner.
Au moment d’entamer cette nouvelle année, prenons la résolution de faire face aux menaces, de défendre la dignité humaine et de bâtir ensemble un avenir meilleur.
Je vous souhaite, ainsi qu’à vos familles, santé et paix pour la nouvelle année.
Antonio Guterres
Nouvel An 2019: Message à la Nation du Président du Faso
Message à la Nation de SEM Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des Ministres à l’occasion du nouvel An 2019
Ouagadougou, le 31 décembre 2018
Burkinabè de l’intérieur et de l’extérieur
Chers compatriotes
Au seuil de l’année 2019, je vous adresse mes vœux de santé et de prospérité, dans la paix et la cohésion sociale.
L’année 2018 qui s’achève a été entre autres marquée au plan national par la répétition des attaques terroristes sur notre territoire et la multiplication des revendications syndicales dans un contexte de reprise de la croissance économique que nous devons amplifier. J’exprime la reconnaissance de la Nation à tous les éléments de nos Forces de Défense et de Sécurité tombés sur le champ d’honneur, ainsi qu’à toutes les victimes du terrorisme et ma solidarité avec leurs familles ainsi que mes vœux de prompt rétablissement aux blessés.
Il me plait de saisir l’occasion que m’offre ce message à la Nation pour saluer l’engagement et la détermination de nos Forces de Défense et de Sécurité dans l’exécution quotidienne de leurs missions. J’apprécie également la mobilisation des forces vives de la Nation, à travers nos régions, qui leurs ont spontanément manifesté leur solidarité et leurs soutiens.
La lâche attaque qui a eu lieu à Toéni ce 27 décembre, comme toutes les autres attaques terroristes nous interpellent sur l’impérieuse nécessité d’accélérer les réformes au sein des Forces de Défense et de Sécurité car, tout doit être mis en œuvre pour que le retour à la sécurité soit une réalité pour notre peuple.
C’est pourquoi, j’ai décidé, après délibération en Conseil des ministres ce matin, et conformément à l’article 58 de la Constitution, d’instaurer l’état d’urgence à compter du 1er janvier 2019 dans les régions de l’Est, du Sahel, et dans les provinces de la Kossi, du Sourou, du Koulpélogo, du Kénédougou et du Lorum. Au regard de la prolifération des groupes armés terroristes dans ces zones et de leur mode opératoire, les mesures envisagées dans le cadre de l’état d’urgence permettront à nos Forces de les combattre avec plus d’efficacité et de résultats.
Au titre du budget 2019, l’augmentation des crédits alloués à la défense et à la sécurité participe également de notre volonté d’améliorer leurs capacités opérationnelles.
Peuple du Burkina Faso
L’année qui s’achève a connu une effervescence sur le front social, essentiellement autour des préoccupations de la vie chère et des questions des rémunérations.
La mise en œuvre concertée des conclusions de la Conférence nationale sur le système de rémunération des agents publics que nous avons tant souhaité doit nous permettre d’assurer la maîtrise de la masse salariale et l’équité dans le traitement des agents publics, pour une meilleure prise en compte des aspirations fondamentales des populations.
Ces exigences de politique budgétaire sont incontournables si nous voulons créer les bases d’un Burkina Faso de progrès.
En ces moments difficiles pour notre pays, confronté à la menace terroriste, j’invite tous les partenaires sociaux à une trêve, en privilégiant le dialogue social pour la satisfaction de leurs plates-formes revendicatives. J’engage le Haut conseil pour le dialogue social et le Gouvernement, à prendre les dispositions pour entamer avec diligence, des discussions avec les partenaires sociaux, à l’effet d’apporter des réponses aux préoccupations des travailleurs, dans les limites des possibilités de nos ressources financières, de nos engagements et de la situation difficile que traverse notre pays.
C’est au regard de ces réalités et dans ce contexte où nous devons tous faire des efforts que j’ai donné les instructions au Premier ministre de prendre toutes les dispositions pour renforcer et élargir à toutes les personnalités et à la haute administration publique, les mesures destinées à réduire le train de vie de l’Etat.
En dépit des difficultés rencontrées ces dernières années, la situation économique du pays s’améliore sensiblement, grâce aux efforts des régies de recettes, aux investissements structurants et au dynamisme du secteur privé.
La bonne tenue des finances publiques est à poursuivre pour nous permettre de continuer à faire des bonds qualitatifs.
Cette même nécessité de préserver les intérêts de nos concitoyens nous oblige à apporter des réponses aux questions de justice et de lutte contre la corruption.
Les dossiers judiciaires du putsch de septembre 2015, de Norbert ZONGO et de Thomas SANKARA ont connu des évolutions notables. J’appelle les acteurs judiciaires, sur ces dossiers, à répondre à la quête de vérité et de justice de nos populations.
De même, il est de la responsabilité du Gouvernement de renforcer la lutte contre la corruption, la fraude et le blanchiment des capitaux. Des mesures énergiques seront prises pour mettre fin à ces fléaux qui impactent négativement le développement du pays.
Ce n’est qu’au prix de la constance dans nos efforts conjugués que nous pourrons bénéficier pleinement de tous les effets positifs de la croissance.
Peuple burkinabè
Au plan sous-régional et international, le rayonnement du Burkina Faso se consolide tant au niveau bilatéral que multilatéral.
A ce titre, je me réjouis de l’établissement des ambassades résidentes de l’Inde, des Pays-Bas et de l’Italie ainsi que de la reprise de la coopération avec la Chine.
Nous devons donc capitaliser les efforts qui nous valent la reconnaissance internationale afin de réussir la Présidence du G5 Sahel en 2019.
Cette reconnaissance internationale doit également nous motiver à redoubler d’efforts pour élargir la coopération et la solidarité avec les pays et partenaires techniques et financiers au profit des besoins de développement de notre pays.
Chers compatriotes
Le succès qu’a connu le premier forum de la diaspora burkinabè a permis de poser les jalons d’une réelle prise en compte de nos compatriotes vivant à l’extérieur dans notre processus de développement.
Ce fut pour moi une excellente occasion d’apprécier l’engagement de la diaspora en faveur du développement économique et social du pays.
C’est pourquoi des efforts ont été faits pour rapprocher l’administration burkinabè de notre diaspora, en ouvrant des consulats généraux dans certains pays.
L’année 2019 s’ouvrira avec un agenda très chargé en raison des nombreuses réformes à engager au plan politique avec l’adoption de la Constitution de la Vème République, et aux plans économique et social pour développer les capacités de résilience de nos populations. Ces reformes permettront également d’améliorer les performances des secteurs public et privé dans la mise en œuvre des plans et programmes de développement.
Au plan social, 2019 verra aussi l’opérationnalisation de la gratuité de la planification familiale afin de permettre à notre pays de mieux assurer la capture du dividende démographique conformément aux objectifs de développement durable.
Et je sais pouvoir compter sur l’engagement et la détermination des Burkinabè à construire le Burkina Faso de nos rêves partagés, de nos aspirations profondes et de nos ambitions communes.
En cette fin d’année, j’ai une pensée pour toutes les personnes hospitalisées ou affectées par la maladie et leur souhaite un prompt rétablissement.
J’exprime ma reconnaissance aux Forces de Défense et de Sécurité, à tous les personnels d’astreinte en cette nuit du 31 décembre ainsi qu’aux volontaires qui veillent sur la sécurité routière.
Je félicite les actrices et acteurs du monde rural dont l’ardeur au travail associée à la relative bonne pluviométrie nous a permis d’enregistrer les bons résultats de la campagne agricole écoulée.
Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes
J’ai l’intime conviction qu’unis et déterminés, nous traverserons ces moments difficiles.
Bonne et heureuse année 2019
Situation sécuritaire : le Burkina Faso décrète l’état d’urgence
Le conseil des ministres s’est réuni en séance extraordinaire le lundi 31 décembre 2018 à Kossyam. Il a délibéré sur la situation sécuritaire au Burkina Faso et a abouti à la déclaration de l’état d’urgence dans certaines provinces du pays ainsi que la prise de dispositions sécuritaires particulières sur toute l’étendue du territoire national.
Le Burkina Faso est en état d’urgence. La mesure a été décrétée lors du conseil des ministres, convoqué en séance extraordinaire le lundi 31 décembre 2018 pour délibéré sur l’unique point relatif à la situation sécuritaire du Burkina Faso, notamment, dans les régions des Hauts-Bassins, de la Boucle du Mouhoun, des Cascades, du Centre-est, de l’Est, du Nord et du Sahel. « Au terme des échanges, le Président du Faso a décidé de déclarer l’état d’urgence dans certaines provinces du Burkina Faso. Il a également donné des instructions pour des dispositions sécuritaires particulières sur toute l’étendue du territoire », a annoncé le ministre porte-parole du gouvernement, Remis Fulgance Dandjinou.
Ces mesures ont fait suite aux discussions sur la réponse sécuritaire du pays face aux attaques terroristes selon lui. A ce propos, et selon M. Dandjinou, les communications faites par les ministres en charge de la défense et de la sécurité ont révélé de « nombreuses difficultés » liées au mode opératoire ainsi qu’au caractère diffus et transfrontaliers de la menace terroriste. Ce qui a conduit le Conseil à envisager de nouvelles mesures visant à accélérer la réorganisation opérationnelle des Forces de défense et de sécurité (FDS). Le gouvernement a aussi envisagé l’amélioration du maillage territorial, le renforcement de la vigilance et de la prévention en vue de la protection des populations et des infrastructures. Toutes choses qui ont conduit à la déclaration de l’état d’urgence.
« Le Conseil invite les populations au strict respect de ces dispositions qui ont pour objectif d’assurer avec sérénité et efficacité la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso et de ramener la quiétude », a déclaré le porte-parole du gouvernement.
Les décisions de ce conseil extraordinaire des ministres interviennent après que depuis un certain temps des voix se font entendre dans l’opinion publique nationale pour l’instauration de l’état d’urgence.
Fabé Mamadou OUATTARA



