Transport routier au Burkina

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Le Premier ministre Paul Kaba Thiéba a rencontré ce jeudi 3 janvier à Ouagadougou les représentants de la Fédération nationale des acteurs du transport routier (FENAT). Après deux heures d’échanges, ces derniers ont décidé de reconsidérer les mots d’ordre lancé le 31 décembre dernier.

Il renonce pour le moment  à augmenter  les prix des tickets de transport à compter d’aujourd’hui et à l’arrêt d’exploitation de 72 heures qu’elle a annoncé le 31 décembre dernier.

Burkina

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Le premier  ministre, Paul Kaba Tieba reçoit aujourd’hui  à 10 heures les  syndicats des transporteurs routiers (OTRAF et FNAT).

St Sylvestr:«Joie retenue» dans des maquis

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Le passage de 2018 à 2019 a été l’occasion pour de nombreux Ouagalais de se retrouver entre amis ou en couple pour fêter dans les débits de boissons. Malgré une situation socioéconomique et sécuritaire difficile, ils se sont donné des moments de «joie retenue ». Constat dans quelques maquis.

Un parking plein de motos, la voie riveraine bondée de voitures, difficile de se frayer un chemin devant le maquis Fôngo à Tampouy, aux environs de 23 h 30, le 31 décembre 2018. A l’entrée, de longues files d’attente. Parmi les personnes qui font le pied de grue, certaines se procurent le ticket d’entrée et d’autres passent au détecteur de métaux d’agents de sécurité privée. « La sécurité des clients est notre préoccupation naturelle cette année. Elle nous a coûté très cher », répond le gérant du maquis, Philippe Ouédraogo, affairé à vendre les tickets. Les droits d’accès sont, pour son établissement, un moyen de refouler les mineurs interdits de séjour en ce type de lieu.

Un tour à l’intérieur nous plonge dans l’ambiance des plus variées, des plus vieilles chansons à celles en vogue. Sur la piste de danse, debout à côté des sièges ou encore assis, des clients gigotent, chacun à sa façon. Après des cris de joie, lorsque minuit sonne, Noufou Sawadogo, venu « bien terminer 2018, une année de bonheur et de succès » pour lui et sa compagne, ne peut s’empêcher de parler. « Nous avons jugé nécessaire de braver la peur que veulent nous imposer les terroristes pour venir au mythique Fôngo. Nous sommes satisfaits de l’accueil et de l’ambiance dans laquelle chacun, jeunes comme vieux, trouvent son compte », confie-t-il, tout illuminé par le sourire de sa compagne. Ayant une pensée spéciale pour les forces de défense et de sécurité, il souhaite la paix pour les Burkinabè en 2019. Alice Gobé que nous retrouvons à l’étage du maquis a une joie indicible d’entrer dans la nouvelle année en bonne santé.

Après avoir fait la ronde des compartiments de Fôngo, retour au gérant Philippe qui se plaint d’une affluence en-deçà de celle de l’année passée, malgré les garanties sécuritaires. A ses dires, cela est dû au manque d’argent et à la tristesse créée par les attaques terroristes. Son collègue, Kader Dianda, gérant d’Emeraude situé à Gounghin explique aussi la baisse de l’affluence dans son bar à cause de la situation sécuritaire. En ce lieu, abandonnant un tant soit peu l’ambiance enivrant faite de chansons les plus à la mode, Wilfried Zongo nous laisse entendre que c’est avec une « joie retenue » qu’il fête.

La raison de cette sobriété est sécuritaire. C’est pourquoi, il souhaite en premier lieu la paix au Burkina Faso et que les fils de ce pays s’entendent, afin de trouver des solutions durables aux problèmes qui se posent. Autre maquis, autre réalité. Une virée à Le Réveillon situé à Ouidi, nous permet de découvrir comment ceux qui ne font pas le choix de lieux accueillant de grand public fêtent. Entre adultes, dans les retrouvailles habituelles, on se régale, on rigole et fait de perspectives pour les 365 prochains jours de sa vie, espérant que ceux-ci seront meilleurs.

 

Jean Philibert SOME

Réveillon du nouvel an: Entre réjouissances et prières à Bobo-Dioulasso  

A l’instar des populations des autres villes du Burkina Faso et du monde entier, les Bobolais ont célébré la Saint Sylvestre, marquant la fin de 2018 et le début de 2019. Dans la capitale économique, l’évènement a été marqué par des réjouissances et des prières.

 31 décembre, dernier jour de l’année 2018. Il est 22 h 30 minutes, au cœur de la Cité de Sya. Le dispositif sécuritaire est impressionnant. Partout, aux abords des feux tricolores, des policiers et deVolontaires adjoints de sécurité (VADS) veuillent au grin. Sur les différentes artères, les patrouilles de la police et de la gendarmerie sont visibles çà et là. La place des Martyrs (ex-place de la Mairie), lieu habituel de célébration des festivités du réveillon par le conseil municipal de Bobo-Dioulasso, est désespérément vide. En effet, compte tenu du contexte sécuritaire actuel, toutes  les activités festives prévues par la commune, dans le cadre du nouvel an, ont été annulées sine die. Néanmoins, nombreux sont les Bobolais qui ont pris d’assaut les maquis, boîtes de nuit et autres espaces de détente. Un tour dans quelques maquis nous a permis de nous en apercevoir. Au maquis Tamani, la piste de danse est bondée de monde.  « Pour bien entrer dans la nouvelle année, il est nécessaire de se défouler afin de laisser le stress de l’année dernière », confie Mahamadou Zougba. Si certains ont manifesté leur joie de voir le nouvel an dans un maquis, d’autres ont préféré consacrer la nuit de la Saint Sylvestre au recueillement.

 A l’Eglise centrale de l’Alliance chrétienne de Bobo-Dioulasso, les fidèles ont confié la nouvelle année à Dieu.

A l’église catholique Saint Vincent de Paul de Koko, c’est une église pleine de fidèles que nous avons trouvés sur place. « Je suis venu rendre grâce à Dieu pour les bienfaits reçus en 2018 et en même temps, lui confier la nouvelle année », fait comprendre Benjamin Drabo. Même son de cloche pour Kassoum Sampana. Selon lui, en tant que croyant, il est important de commencer 2019 dans la prière. Cap est mis ensuite à l’église centrale de l’Alliance chrétienne de Bobo-Dioulasso. C’est le même constat. Des fidèles se sont réunis pour la même cause : rendre grâce à Dieu. C’est le cas de Amadou Ouattara dit « Pasteur photo ». Tout chrétien doit, de son avis, remercier Dieu pour l’année 2018 et par la même occasion, confier la nouvelle année. Peu après minuit, l’équipe de reportage fait une escale, au commissariat central de police de Bobo-Dioulasso afin de s’enquérir du climat sécuritaire qui prévalait dans la ville en ce moment. Le commissaire principal de police, Oumarou Songné, commissaire central de police de la ville de Bobo-Dioulasso, a fait savoir que ses hommes sont sur le terrain depuis plus d’une semaine afin « de rassurer » les Bobolais. A l’en croire, aucun événement malheureux n’a été signalé par ses hommes sur le terrain. Notre visite au Centre hospitalier universitaire Sourou-Sanon (CHUSS) a constitué la dernière étape de la soirée. A 0 heure 53 minutes, c’est tout heureux que le Pr Der Adolphe Somé, médecin gynécologue obstétricien et l’équipe de garde accueillent le premier bébé de l’année 2019 à la maternité du CHUSS. De sexe masculin, le nouveau-né pèse 3,1 kilogrammes.

Boudayinga J-M THIENON


Des pétards malgré l’interdiction

Fait marquant, malgré le contexte sécuritaire actuel et l’interdiction des pétards, les explosifs ont éclaté à gogo. Une situation que le commissaire central de police de la ville de Bobo-Dioulasso, Oumarou Songné, n’a pas  manqué de déplorer qui, de son avis, rendre difficile l’accomplissement de la mission des forces de défense et de sécurité. Il a, de ce fait, exhorté les populations à plus  de sagesse, de civisme, de prise de conscience et de changement dans ce contexte d’insécurité. En raison de la situation qui prévaut au Burkina Faso et en hommage aux braves soldats tombés les armes à la main pour la patrie, tout Burkinabè conscient doit accepter de ne plus utiliser les explosifs, a-t-il poursuivi. S’il y a un incident, selon lui, il serait difficile pour les forces de l’ordre de faire la différence entre le bruit de pétard et celui d’une arme.

B J-M T


Des actes d’incivisme sur des policiers

Juste après notre entretien avec le commissaire central de police de la ville de Bobo-Dioulasso, Oumarou Songné, deux policiers revenant d’une patrouille rentraient dans la cour du commissariat. M. Songné se rassurait auprès de ses hommes de la bonne conduite de leur mission. Tout s’est bien passé, répondaient-ils, avant que l’un des deux ne donne une anecdote. Peu après minuit, pendant que les populations jubilaient, des individus malintentionnés ont essayé de jeter des pétards dans le véhicule en patrouille. Fort heureusement, il y a eu plus de peur que de mal. Un comportement condamnable et difficile à comprendre.

B J-M T

Commune de Barsalogho : une attaque à Irgou fait 13 morts.

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Commune de Barsalogho : une attaque à Irgou fait 13 morts.

Dans la nuit du 31 au 1er janvier 2019, 6 personnes dont le chef de village de Irgou (Commune de Barsalogho), un conseiller municipal ont été tuées par des assaillants. La population qui soupçonnait la communauté peulh d’avoir hébergé ces assaillants, a exercé des représailles sur celle-ci faisant 7 morts. Au total, on déplore 13 personnes tuées.

 

Sidwaya du 02 01 2019

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Nuit du 31 décembre 2018 La Saint Sylvestre célébrée en famille

Le réveillon de la Sainte Sylvestre a été, plus ou moins, cette année un moment de réjouissances pour les Ouagalais. Certaines personnes ont préféré rester en famille pour partager un repas fraternel.

Il était 22h 25 mn ce 31 décembre 2018 lorsque nous arrivions dans une cour à Dassasgho à Ouagadougou. Une vingtaine de personnes y sont installées. Il s’agit de couples ou non qui ont décidé de passer le réveillon de la Saint Sylvestre en famille. Pendant que certains s’attelaient à terminer la cuisine, d’autres esquissaient déjà des pas de danse au son des variétés musicales du terroir et d’ailleurs. Lorsque minuit a sonné, ils ont fait sauter le champagne et s’en sont suivies les accolades pour se souhaiter les meilleurs vœux pour l’année 2019. Pour Yacouba Guiro, élève conseiller culturel à l’ENAM, la transition entre 2018 et 2019 s’est bien passée. « Nous l’avons vécue en famille.

Dans l’ensemble, la fête a été conviviale. Nous souhaitons que l’année 2019 soit meilleure que la précédente en termes de santé, de prospérité et de paix pour tout le monde, les Burkinabè d’ici et d’ailleurs », a-t-il déclaré. Surtout sur le plan sécuritaire, a-t-il poursuivi, que 2019 soit une année de victoire sur les forces du mal qui sont en train de plomber tous les efforts de développement du pays. Daouda Kiéma, élève professeur en bâtiment-construction de renchérir : « 2018 a été une année compliquée sur le plan sécuritaire et alimentaire, nous voudrions que l’année 2019 soit meilleure ». Selon lui, il faut que l’Etat mette l’accent sur la sécurité et les hommes qu’il faut pour que l’on ait des résultats intéressants. « Nous voudrions que les autorités passent à l’action», a lancé M. Kiéma. Rodrigue Ki, conseiller des affaires étrangères, a abondé dans le même sens. « Nous avons choisi de passer le réveillon en famille pour renforcer nos liens de famille. En ce moment où nos forces de l’ordre et de sécurité sont éprouvées. Nous voulons que le dialogue entre les autorités et les agents se renforce davantage en 2019», a-t-il indiqué.

Et une autre personne qui a requis l’anonymat de soutenir : « habituellement , l’on partait dans des maquis pour célébrer la Saint Sylvestre. Mais compte tenu de la situation nationale, nous avons voulu nous retrouver entre frères et amis cette année pour partager un repas fraternel. Cette année, l’on a jugé bon de rester en famille, puisque le président du Faso a décrété l’Etat d’urgence en raison de l’insécurité que le Burkina Faso vit actuellement ». Il espère qu’avec les mesures qui vont bientôt entrer en vigueur, le pays va retrouver sa sérénité et les populations vont vaquer à leurs activités normalement. « Comme solution à l’insécurité, je dirai à nos autorités que même s’il y a lieu de trouver un compromis avec les terroristes, de ne pas hésiter », a-t-il préconisé.

Kowoma Marc DOH

COMPTE RENDU DU CONSEIL EXTRAORDINAIRE DES MINISTRES

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le lundi 31 décembre 2018, en séance extraordinaire, de 09 H 00 mn à 11H30 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres.

Il a délibéré sur un (01) rapport relatif à la situation sécuritaire dans les régions de la Boucle du Mouhoun, des Hauts-Bassins, du Centre-Est, de l’Est, du Nord et du Sahel du Burkina Faso.
Le ministre de la Défense nationale et des anciens combattants et le ministre de la Sécurité ont fait au Conseil, l’état de mise en œuvre de la réponse aux attaques terroristes dont est victime le Burkina Faso. La mise en œuvre de cette réponse se heurte à de nombreuses difficultés liées entre autres au mode opératoire, au caractère diffus et transfrontalier de la menace terroriste.
Le Conseil a échangé sur les nouvelles mesures visant à accélérer la réorganisation opérationnelle des forces de défense et de sécurité, l’amélioration du maillage du territoire, le renforcement de la vigilance, de la prévention et de la protection des populations et des infrastructures publiques.
Au terme de ces échanges, le Président du Faso a déclaré l’état d’urgence dans quatorze (14) provinces du Burkina Faso.
Il a également donné des instructions pour que des dispositions sécuritaires particulières soient prises sur toute l’étendue du territoire national.
Le Conseil invite les populations au respect strict de ces dispositions qui ont pour objectif d’assurer avec célérité et efficacité la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso et de ramener la quiétude au sein des populations.

Ouagadougou, le 31 décembre 2018

Le Ministre de la Communication et
des Relations avec le Parlement,

Porte-parole du gouvernement,

Rémis Fulgance DANDJINOU
Officier de l’ordre national

Avancée en planification familiale Le Burkina en tête des pays du PO

Le Partenariat de Ouagadougou (PO), un mouvement regroupant neuf pays africains, a tenu sa 7e réunion annuelle à Dakar, du 12 au 14 décembre 2018, sur le thème : «Les voies du succès du PO pour 2020 » afin d’évaluer les progrès engrangés et identifier des approches à haut impact à mettre à l’échelle dans les pays. En matière de progrès, le Burkina se place en tête.

Plus de 350 participants dont des bailleurs de fonds, des parlementaires, de la société civile, des jeunes, des chefs coutumiers et religieux ont évalué les progrès engrangés et identifié des approches à haut impact à mettre à l’échelle dans les pays, afin d’atteindre l’objectif de 2,2 millions de femmes additionnelles utilisatrices de méthode de contraception d’ici 2020. Les pays membres du Partenariat de Ouagadougou (PO) sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo.

Pour la période, 2016- 2020, dénommée la phase d’accélération, des avancées significatives ont été obtenues par le PO. « Nous avons réalisé 63% de nos objectifs après trois ans de mise en œuvre de la phase d’accélération », s’est réjouie, la directrice de l’Unité de coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO), Fatimata Sy. Chaque année, l’ensemble des neuf pays se donnent pour mission d’enrôler 443 000 nouvelles femmes utilisatrices de méthodes de contraception. « Cette année, nous sommes à 448 000 nouvelles utilisatrices et nous avons dépassé les résultats attendus. Entre 2016 et 2018, 1 330 000 femmes ont eu accès à la contraception dans les neuf pays francophones d’Afrique de l’Ouest. Si le rythme est maintenu il est fort possible que nous atteignions l’objectif de 2,2 millions en 2020 », a- t-elle soutenu. Les actions du PO, à en croire Mme Sy, a permis d’éviter 2 040 000 grossesses non désirées, 727 000 avortements à risque et 6 810 décès maternels.

Trois pays, à savoir le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont des bonnes performances. De 2015 à 2018 le Burkina est devant avec une progression de 2.2 suivi de la Côte d’Ivoire 1.5 et du Sénégal 1.1. Cependant, les autres pays doivent encore faire des efforts pour mieux satisfaire les besoins en planification familiale des femmes. Selon la secrétaire technique chargée de l’accélération de la transition démographique au Burkina, Dr Ida Salou, le Burkina Faso est passé d’une prévalence contraceptive de 15% à 22,5% en 2015. « C’est une fierté de pouvoir le dire. Nous avons comme objectif d’atteindre un taux de prévalence contraceptive de 32% d’ici 2020, et déjà en fin 2017 on est à 30%, cela veut dire que les choses bougent. Aujourd’hui nous sommes fiers de parler de 30% de prévalence contraceptive », a signifié Dr Ida Salou. Elle pense que ces performances sont l’œuvre de l’engagement de tous les acteurs, les organisations de la société civile, les partenaires et le gouvernement.

Ces résultats s’expliquent aussi du fait qu’au sommet de l’Etat, la PF est considérée comme une intervention majeure pour le développement. « Nous avons un ministre visionnaire qui sait que la réduction de la mortalité maternelle passe par la maîtrise de la fécondité et la prise en charge des urgences obstétricales », a-t-elle ajouté. Les 350 participants ont aussi réfléchi aux thèmes comme « Briser les barrières pour assurer l’inclusion des jeunes » ; « Surmonter les obstacles à la mise à l’échelle des pratiques à haut impact » ; «Promouvoir la planification familiale au-delà du domaine de la santé».
Pour le directeur de l’UNFPA région Afrique de l’Ouest et du Centre, Mabingue Ngom, les statistiques les plus récentes sont révélatrices d’une population particulièrement jeune dans cette partie de l’Afrique. En effet, 318 millions de personnes sont âgées de moins de 35 ans et 148 millions ont entre 15 et 35 ans et cette tendance se maintiendra jusqu’en 2050 selon le scénario moyen des Nations unies.
Cette importante population jeune, poursuit Mabingue Ngom, peut constituer un énorme potentiel, si les investissements nécessaires sont réalisés en leur faveur notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la bonne gouvernance en leur donnant une formation appropriée et en mettant en place des réformes qui favorisent la création d’emplois décents.
Dernière réunion de Fatimata Sy en tant que directrice de l’unité de coordination du PO, parce qu’elle prend sa retraite, un vibrant hommage lui a été rendu tout au long de la rencontre. La secrétaire technique chargée de l’accélération de la transition démographique au Burkina, Dr Ida Salou, au nom du Burkina Faso et au nom du ministre de la Santé, a remis un cadeau à Fatimata Sy pour lui témoigner la reconnaissance du Burkina aux efforts qu’elle a menés pendant les six ans passés à la tête du mouvement.

Boureima SANGA

Contre vents et marées

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Trois ans. Ce n’est pas encore un quinquennat. Mais trois premières bornes sur le chemin du mandat. L’occasion de jeter un coup d’œil rétrospectif et d’observer les traces de ses pas pour voir si l’on n’a pas dévié de sa trajectoire. Contre vents et marées, le Burkina Faso a poursuivi sa marche en avant en 2018 avec comme objectif, l’émergence, entendue comme la transition vers une économie développée. Dans cette optique, de profondes réformes structurelles ont été entreprises sur les plans politique, économique et social.

De la révision de la Constitution, dont le processus est prévu pour s’achever cette année, à la mise en œuvre de l’Assurance-maladie universelle, en passant par la refonte des salaires des agents publics et le rôle de plus en plus grand dévolu aux collectivités territoriales et au secteur privé, tout est mis en œuvre pour inverser durablement la courbe de la pauvreté et accorder des espaces de libertés plus larges aux populations. L’année 2018 a été marquée, entre autres, par le deuxième remaniement, le 31 janvier, du gouvernement du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, les congrès de certains partis politiques (UPC, CDP…), la naissance d’au moins cinq nouveaux partis politiques (FPR, NCC, OPA-BF, PUR, URD…), des crises dans certaines mairies de Ouagadougou et d’autres communes à l’intérieur du pays ainsi que la suspension du PAI de Soumane Touré.

Le rétablissement des relations avec la République populaire de Chine, ainsi que la tenue du 7e Traité d’amitié et de coopération (TAC) en Côte d’Ivoire ont également rythmé une année 2018 à très fort impact diplomatique. Les infrastructures se sont développées avec l’achèvement et la mise en exploitation de grands ouvrages de désenclavement. Il s’agit du plus long pont du Burkina Faso (309 mètres) sur le fleuve Sirba, de celui mixte de Boromo et de l’échangeur du Nord de la capitale. Il y a eu également le lancement des travaux de construction de la nouvelle voie de contournement (125 Kilomètres) de Ouagadougou, le 30 octobre, par le président Roch Marc Christian Kaboré et son homologue du Liberia, George Weah. Toutes ces réalisations l’ont été dans un contexte national marqué par de multiples attaques terroristes au Sahel, au Nord, au Sud-Ouest …et à Ouagadougou où l’ambassade de France et l’Etat-major des armées ont été ciblés, le 2 mars. Fait notable, le mode opératoire des assaillants a évolué avec l’utilisation d’engins explosifs improvisés (IED en anglais).

Les 12 mois écoulés ont surtout été caractérisés par un accroissement des moyens et des capacités opérationnels des forces armées nationales et une riposte conséquente, qui a permis de tuer dans l’œuf des projets d’attentats, de démanteler et neutraliser des cellules terroristes à Ouagadougou, le 23 mai dernier, dans le quartier Rayongo et dans d’autres localités. L’actualité socioéconomique de l’année a été dominée par la première grande manifestation de protestation contre le pouvoir, le 29 septembre, les grèves des travailleurs du ministère en charge des finances durant le premier trimestre, celles des transporteurs, les assises nationales sur le système de rémunération des agents du public, la hausse des prix à la pompe du carburant… Du côté de la justice, le procès du putsch manqué de septembre 2015 s’est ouvert le 27 février.

Les affaires Norbert Zongo et Thomas Sankara ont connu de relatives avancées. Dans la seconde affaire, la justice française a autorisé l’extradition de François Compaoré. L’Etat français, pour sa part, a levé le secret-défense sur certains documents relatifs à l’assassinat du leader de la Révolution d’août 1983. Tout compte fait, à mi-mandat, le président Roch Marc Christian Kaboré a une obligation de résultats, en matière notamment de lutte contre l’insécurité et le terrorisme par tous les moyens. Laquelle peut commander une recomposition de la classe politique.  En tous les cas, l’année 2019 sera vraisemblablement placée sous le signe des manœuvres politiques de tous genres. Toute chose qui ne doit point détourner les gouvernants de leur obligation première, à savoir assurer le bien-être social et économique des populations et faire du Burkina Faso une nation qui compte sur l’échiquier international.  Plus que jamais donc, le gouvernement devra revêtir le bleu de chauffe. L’adresse du Chef de l’Etat du 31 décembre a donné des indications claires allant dans ce sens.

 

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr