3 janvier 1966 : Retour sur un événement hautement historique

Le 3 janvier 1966, la Haute Volta, actuel Burkina Faso, a connu son premier soulèvement populaire qui a emporté le Père de l’indépendance du pays des Hommes intègres. Retour sur une situation qui n’est rien d’autre que l’explosion d’un concentré de frustrations.

Le premier président de la Haute Volta, Maurice Yaméogo, a pris des mesures impopulaires.

A l’issue d’une élection avec un score fleuve de 99,97% de Maurice Yaméogo, en 1965, le premier président du Burkina, ancienne Haute Volta, connaît une vague de grèves.  Des manifestations consécutives à des mesures drastiques du gouvernement pour faire face aux difficultés économiques de l’époque, conséquence de la « mauvaise gestion » du pouvoir.

Maurice Yaméogo avait, en effet, mis en place des mesures restrictives et d’austérité que les Burkinabè avaient du mal à accepter. Il s’agit, entre autres, du blocage des avancements des fonctionnaires pendant deux ans,  de la réduction des allocations familiales, de l’abattement des salaires de 20%. Il avait également interdit les réunions syndicales et le droit de grève.

Les subventions aux écoles privées avaient été supprimées. Mais en dépit de cette situation nationale très difficile, le président s’offrait des vacances au Brésil où il était allé célébrer son deuxième mariage avec « Miss Côte d’Ivoire », Nathalie Monaco. En plus de cela, il lui était reproché de bafouer l’autorité des chefs religieux, imposant même des élections pour tous ceux qui étaient inscrits sur la liste électorale (présidentielle) pour choisir le nouveau chef traditionnel. En outre, ces derniers, sous son régime, n’avaient pas le droit de porter des signes indiquant leur statut.

Les syndicats, la chefferie traditionnelle, les fonctionnaires ne pouvant pas accepter de telles mesures, ont donc battu le pavé pour manifester leur mécontentement et demander la démission du gouvernement. Malgré quelques résistances, Maurice Yaméogo va finir par céder à la mobilisation de plus de 40.000 personnes, parmi lesquelles le Pr Joseph Ki Zerbo.

Maurice Yaméogo, acculé à son palais, demande au colonel Aboubacar Sangoulé Lamizana, le médiateur entre les manifestants et son gouvernement, d’assurer l’intérim, en démissionnant dans la foulée. Il avait commis l’erreur de minimiser le préavis de grève des syndicats, quelques jours plus tôt.

Après 14 ans de pouvoir, Lamizana organise des élections qu’il remporte de justesse face à Joseph Conombo. C’est la première fois également qu’il y avait ballottage dans une élection en Afrique noire.

Poussés à bout, les Burkinabè se sont exprimés avec véhémence dans la rue.

La première fois donc qu’un peuple a su prendre son destin en main pour dire « non » à un pouvoir avec un changement de régime sans effusion de sang. Et à ce propos, une certaine version affirme que Maurice Yaméogo aurait ordonné à l’armée de tirer sur la foule. Mais selon les confidences de Aboubacar Sangoulé Lamizana dans l’émission « Archives d’Afrique » consacrée au premier président du Burkina Faso, le président Yaméogo n’a jamais donné cet ordre. Il a aussi reconnu lui-même qu’il ne pouvait rien contre la foule et a préféré démissionner.

De leur côté, les syndicats se félicitaient car estimant avoir montré que par leur solidarité et sans armes, ils pouvaient mettre fin à un régime. Une voie unanimement jugée préférable aux rebellions et aux coups d’Etat que connaissent nombre de pays africains.

La rédaction

Accroissement de la production agricole : L’efficacité du programme budgétaire, la solution

Le ministère de l’Agriculture et des Aménagements Hydrauliques organise du 26 au 28 décembre 2018, la 1re session de l’année du comité de revue du programme budgétaire « Aménagements hydro-agricole et irrigation ».

Atteindre l’autosuffisance alimentaire au Burkina Faso est l’objectif que s’est fixé le gouvernement. Pour ce faire, le ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques (MAAH) exige de l’efficacité et l’efficience dans la gouvernance des  projets et programmes de développement des communautés.

Cette transparence se fait à travers le programme budgétaire. En cette fin d’année, les membres du comité de revue du programme budgétaire tiennent leur  1re session de l’année du 26 au 28 décembre 2018 à Ouagadougou. Durant trois jours, ils vont statuer sur l’examen  du bilan provisoire de la mise en œuvre des activités du  programme annuel 2018 des projets et programmes rattachés au programme budgétaire et  l’adoption des activités  de 2019.

Selon le secrétaire général du MAAH, Alassane Guiré, cette session, 1re du genre, va permettre aux participants de contribuer aux échanges en vue de faire des propositions pertinentes qui contribueront à une mise en œuvre efficace des activités du programme budgétaire. « L’objectif est d’augmenter la part des productions irriguées dans la production agricole, qui est de  15%  à 25% en 2020. Ainsi, donc le programme doit favoriser la réalisation de 1812 ha de périmètres irrigués et 35 000 ha de bas-fond » a-t- il souligné.

A l’entendre, les projets et programmes qui composent le programme budgétaire « Aménagement hydro-agricole irrigation » doivent coordonner et fédérer leur effort en vue de réussir leur mission. Pour lui, ce programme budgétaire  revêt un  caractère nouveau de l’approche. Ce qui est important pour le département en matière d’accroissement de la production agricole et la gestion durable des terres agricoles.

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com

Flash

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Un soupçon de fraude d’or enflamme la toile depuis le 31 décembre 2018 au Burkina Faso. Cette vive réaction des internautes fait suite à la une mise sous scellé de containers de charbon fin qui contiendraient, en plus de cette matière, de l’or d’une valeur de près de 7 milliards FCFA.

Le charbon indexé, transporté  par la voie ferroviaire avec pour destination le Canada en transitant par le port autonome d’Abidjan a été saisi par la Brigade anti-fraude de l’or, une structure créée en septembre 2018. Une situation qui va pousser le ministère des Mines et des Carrières a brisé l’omerta  pour apporter un démenti à la rumeur de fraude, attestant que le transit a suivi la procédure régulière.

Au regard de la polémique sur la question, une poursuite de l’enquête judiciaire s’avère nécessaire pour la manifestation de la vérité dans cette affaire. La résolution judicieuse de ce dossier marquera sans nul doute une option déterminante dans la lutte contre la corruption et la fraude au pays des Hommes intègres.

Abdoulaye BALBONE

Chronique : Tous mes vœux les plus pieux !

Nous avons oublié de vous présenter nos vœux. Mais à quoi servirait un vœu de plus, surtout quand il est pieux et vieux comme le monde ? A quoi sert de formuler les mêmes vœux, juste pour sacrifier à une tradition de faire valoir ? Rassurez-vous, nous ne sommes pas athées.

De toute façon, même ceux qui croient en Dieu savent bien qu’il ne suffit pas de prier pour être exaucé. On ne prie pas pour prier ! Il faut avoir la foi, sinon toute prière est une récitation scolaire de récit sans suite. Quand on veut vraiment quelque chose, on ne se contente pas de débiter des suites de belles phrases pour plaire à l’égo.

Quand on tient vraiment à un objectif, on ne le brandit pas comme un résultat. On se donne les moyens de l’atteindre. On s’engage à y parvenir. Du reste, nous avons reçu vos vœux envoyés par SMS sous toutes les formes ; nous avons reçu vos belles cartes postales. Il y avait de la poésie en vers, pleine de rimes.

La prose y était si rose que nous avons succombé d’overdose. Mais pour vous dire vrai, nous ne croyons pas à vos vœux. Parce qu’ils sont trop béats pour passer par le méat ; trop beau pour être vrais. Parce qu’ils sont si petits et si légers qu’ils auront du mal à peser dans la balance de la réalité.

Parce qu’ils manquent de vérité et de sincérité qu’ils sonnent faux dans la symphonie des mensonges. Qu’il vienne du citoyen lambda ou de l’autorité, un vœu n’est rien d’autre que du vent, s’il manque du cran. Mais voyez comme ils aiment les vœux ! Il y en a qui vous donneront des céphalées en vous cognant la tête, pour des accolades crochues, mal fermées.

Mais puisque vous aimez les vœux, je vous souhaite le paradis sur terre. Je vous souhaite une santé de fer, la paix, la prospérité, le succès dans toutes vos entreprises. Je vous souhaite une année au goût de lune de miel arrosé de fantasmes et pleine de spasmes d’orgasmes sans marasme. Je vous souhaite le bonheur sans heurt, une vie heureuse et joyeuse. Voyez comme c’est beau !

En quelques mots, j’ai réussi à contenter la naïveté de l’innocent qui vit de rêves. En quelques lignes, j’ai réussi à faire balader l’indécis et perplexe illusionné de la caverne. Mais la vie n’est pas un épisode de télénovela. L’existence n’est pas faite que de contentement. Elle repose sur les engagements ; chaque idéal est un combat à mener. Chaque prière a besoin d’une foi certaine en action.

Et nous ne sommes pas sûrs que la providence exauce ceux qui croisent les bras pour attendre le coup de pouce salvateur. Il n’y a pas de coup de pouce magique d’un hasard bizarre. Il n’y a pas de bonne chance, s’il n’y a pas de bonne volonté d’aller à la rencontre de cette chance. On réussit d’abord dans sa tête avant de l’être dans les faits.

On flirte avec le succès dans son cœur avant de se l’approprier. On ne peut pas être dans les bonnes grâces de l’amour, si au fond de soi on cultive son jardin de haine. On ne peut pas avoir une santé de fer dans un pays où même les prématurés ne peuvent pas naître en paix. On ne peut pas avoir une santé de fer dans un système de santé rouillé et désuet. La santé à un coût, seuls ceux qui y mettent le prix peuvent l’avoir.

On ne parle pas de santé dans un pays où l’erreur médicale tue parfois plus que la maladie. On ne peut pas être en bonne santé dans un pays où les hôpitaux sont en panne, où les quelques spécialistes consultent sur rendez-vous de trois ou six mois. Si vous ne nous croyez pas piquer une belle crise nocturne… Avant même le premier chant du coq, vous passez de l’autre côté. Comme c’est dengue ! Comme c’est dingue !

Il y en a qui insistent dans leurs vœux sur la prospérité. Mais peut-on prospérer où les richesses sont détenues par une poignée de gens ? Peut-on prospérer où il n’y a rien à espérer à part les promesses lointaines d’usuriers donateurs sans parole d’honneur ? En vérité, il n’y a pas meilleur crédit que celui que l’on se donne à soi-même.

Il n’y a pas meilleur prêt que ce dont on est soi-même prêt à se faire. Parce que le vrai prêt s’évalue en sueur, en sang et en souffle. Mais à qui la faute, si nos vœux s’assemblent chaque année et se ressemblent l’année suivante ? Rien ne sert de fouiller dans les poubelles de l’histoire, pour exhumer les mobiles du crime. Rien ne sert de badigeonner les façades avec du verni déjà terni.

En fait, nous ne sommes toujours pas « assez entrés dans l’histoire ». Tant pis pour ceux qui détesteront cette paraphrase. Avec ou sans griffe, un pauvre est un pauvre, un mendiant reste un mendiant, un esclave reste un esclave. Mais malheur à l’esclave qui se complaît dans sa servitude. Il aura tort. On s’apitoiera sur son sort en lui jetant un mauvais sort : celui de rester esclave ! Pour paraphraser Lucky Dube: « Do you want to be a well-fed slave, or a hungry free man? » That’s the question!

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Programme national des aménagements hydrauliques : Un taux d’exécution physique de 75,45% en 2018

Le ministère de l’Eau et de l’Assainissement a organisé sa première session du comité de revue du Programme national des aménagements hydrauliques (PNAH), le jeudi 27 décembre 2018, à Ouagadougou. Il s’est agi, entre autres d’évaluer les performances des projets et programmes y relatifs.

Le taux d’exécution physique du plan de travail du budget annuel du Programme national des aménagements hydrauliques (PNAH) est de 75,45%. Ce taux aurait pu être plus élevé, si les mouvements sociaux couplés aux attaques terroristes n’avaient pas entaché la mise en œuvre du plan, selon le ministère de l’Eau et de l’Assainissement. A la faveur de la première session du comité de revue du Programme, des acteurs de mobilisation et de valorisation des ressources en eau ont évalué les performances du PNAH, le jeudi 27 décembre 2018, à Ouagadougou. Le secrétaire général du département en charge de l’eau, Alassoun Sori, a détaillé ce taux, tablant sur la réhabilitation de onze barrages dont ceux de la Comoé (Cascades), de Loropéni (Sud-Ouest), de Barkoundba (Plateau central), de Diapangou (Est), la construction de deux nouveaux barrages au Centre-Ouest (Bieha et Koakin), l’aménagement de 1500 hectares de périmètres irrigués à Samandéni (Hauts-Bassins),… Pour ce qui concerne le taux d’exécution financière cumulé s’élevant à plus de 64%, Alassoun Sori a expliqué que 91 marchés d’études du PNAH ont été passés et six n’ont pas abouti. Malgré les résultats obtenus, selon lui, de nombreux défis restent à relever pour réaliser les activités de 2019 qui se chiffrent à près de 340 millions de F CFA. Il s’agit, entre autres, des études de construction du barrage de la Bougouriba (Boucle du Mouhoun), de la réalisation et la réhabilitation de 19 barrages, de l’aménagement et l’équipement de deux périmètres hydroagricoles de 240 hectares au Lac Bam (Centre-Nord) et l’achèvement de la centrale hydroélectrique de Samandéni. Au regard de ces différents défis à relever, le secrétaire général du ministère en charge de l’eau a exhorté les responsables des directions concernées, des projets et programmes et les représentants des partenaires techniques et financiers ainsi que ceux du secteur privé à œuvrer pour atteindre les objectifs assignés.

Boukary BONKOUNGOU

Vœux de nouvel an : L’UPC invite la jeunesse à l’engagement

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Dans le message ci-dessous, l’Union pour le progrès et le changement conseille les jeunes à cesser ses plaintes mais plutôt à oser le changement.

En cette année 2019, nous formulons nos vœux de santé, de paix, de réussite à la population de la région du Centre, particulièrement à sa jeunesse.

L’année 2018 a tiré sa révérence avec la perte de membres de nos valeureuses Forces de Défense et de Sécurité (FDS) à Toéni. Nous présentons nos condoléances aux familles éplorées et souhaitons prompt rétablissement aux blessés.

Le drame terroriste est devenu une coutume au Burkina depuis l’avènement du MPP au pouvoir. Et, c’est la jeunesse, cheville ouvrière de la construction nationale, qui paye le plus lourd tribut.

Outre l’insécurité, la jeunesse burkinabè fait face à un chômage endémique, à des problèmes liés à l’éducation, à l’enseignement, au logement, etc. C’est pourquoi, en ce nouvel an, à cette jeunesse, nous adressons un message particulier :

« Osons le changement ! »

Le développement tant recherché   ne peut être une réalité que dans paix, la participation citoyenne et la bonne gouvernance. Que l’année 2019 marque donc le changement de mentalité pour une franche unité et une forte cohésion entre les jeunes de la région du Centre.

Car, nous, jeunes, passons la majeure partie de notre temps à nous plaindre, à souhaiter le changement du bout des lèvres, alors que nous n’entreprenons rien de concret pour réaliser ce changement. Nous nous plaisons dans la routine, tout en souhaitant le changement. Or, comme nous le prévenait Rita Mae BROWN, « la folie consiste à faire la même chose encore et encore et à attendre des résultats différents».

C’est bien de formuler des vœux. C’est encore mieux de nous engager. Nous engager dans la société, en politique, dans les différents chantiers du développement de la Nation.

A propos, la situation actuelle de notre pays nous interpelle tous à engager des actions pour  mettre les commandes du pays dans les mains  du promoteur du vrai changement, notre président Zéphirin DIABRE.

Aux camarades jeunes du Centre, nous souhaitons  que 2019 soit une année de travail intensif pour faire de notre région la tanière imprenable du « Lion », sous le leadership du rassembleur  Nathanaël OUEDRAOGO.

2019 sera une année de combats pour libérer la population de l’incompétence du pouvoir en place, et relever les défis de sécurité, de l’emploi, de l’éducation, de la santé, etc. A terme, ce combat permettra en 2020 l’avènement du vrai changement, facteur de stabilité et de développement réel et durable.

Durant les douze prochains mois, soyons les architectes de la réussite prochaine de notre grand parti dans la région du Centre, avec toujours le même dynamisme.

Nous réitérons notre détermination à œuvrer avec vous pour la réalisation de ces vœux cette année.

Bonne et heureuse année aux citoyens burkinabè, à la jeunesse, à nos mères, ainsi qu’à toutes les couches socio-professionnelles !

Que Dieu bénisse et protège notre grand pays!

Ouagadougou, le 02 janvier 2019

Le Secrétaire à la jeunesse et aux activités sportives
de la section UPC du Kadiogo,

Issouf  NIKIEMA
Chevalier de l’ordre de l’étalon

M’Ba Bouanga: Le «Louis de Funès» burkinabè

Comique talentueux, bien connu des burkinabè, Hyppolite Ouangrawa dit M’Ba Bouanga est devenu, en l’espace de près de quatre décennies, une figure majeure du 6e art du «pays des hommes intègres». Il est le directeur du Théâtre de l’espoir. Portrait.

Transfuge de l’Atelier théâtre Burkinabè (ATB), Hyppolite Ouangrawa alias M’Ba Bouanga a foulé pour la première fois les planches à la fin des années 70. Au fil des ans, son jeu et son image ont séduit une génération de burkinabè. Maîtrise, voix, gestuelle, l’homme représente à lui seul tout un spectacle. Loin de tout sacrilège, M’Ba Bouanga est sans conteste l’incarnation même du théâtre. Chaleureux, gai, spontané et communicatif (excusez du peu !), Hyppolite vit, respire et parle théâtre. «Tout jeune, j’aimais raconter des histoires drôles. On a fini par me surnommer le «menteur», se souvient-il, tout sourire.

Sa rencontre avec le directeur de l’ATB, Prosper Kompaoré sera décisive. Le jeune homme y voit l’occasion de déployer ses immenses talents de comédien. Sur scène, il enchaîne de mémorables pièces de théâtre, «Le Malaise», «Œdipe-Roi», etc. Le public est conquis. «Je ne savais pas que faire le théâtre était aussi un métier comme les autres», s’étonne-t-il encore aujourd’hui. Mais, peu à peu, M’Ba Bouanga alterne théâtre conventionnel et théâtre-forum. Ce dernier type de théâtre finira par conquérir le cœur de la «bête de scène». «Véritable outil de sensibilisation, le théâtre-forum permet de mettre à nu les problèmes de la société et donc de changer les mentalités», soutient-il. Ambitieux, Hyppolite décide de voler de ses propres ailes.

En 1995, il fonde le «Théâtre de l’Espoir». Commencent alors, les années suivantes, de nombreuses tournées à l’intérieur et à l’extérieur du Burkina Faso. De retour du Canada, en 1988, où il est allé peaufiner son jeu d’acteur, le désormais directeur du «Théâtre de l’Espoir» s’adonne à la formation de troupes théâtrales et au partage d’expériences aux quatre coins du pays (Ouahigouya, Diapaga, Bobo-Dioulasso, etc).

La richesse des idées

Grâce à son abnégation au travail et à une quasi-présence sur la scène théâtrale, il est sollicité de toutes parts pour des activités de sensibilisation (planning familial, incivisme fiscal, conflits éleveurs-agriculteurs, etc.) à travers le théâtre-forum. Conscient  de l’impact de celui-ci sur le changement de comportement, en comparaison à ses premières amours, Hyppolite, infatigable, travaille actuellement sur une pièce de théâtre avec le civisme pour thème. Contexte national oblige. «C’est très triste de voir des élèves brûler le drapeau de leur pays. Des usagers, au grand mépris de leur vie et celle des autres, foulent au pied les règles élémentaires du code de la route», s’indigne-t-il.

Le théâtre-forum permet d’aller au contact des populations, rappelle-t-il à nouveau. Toutefois, il déplore la léthargie qui caractérise le 6e art burkinabè avec en toile de fond, le faible engouement des populations à fréquenter les salles de spectacles. «A cela, s’ajoute une absence criante de salles de théâtre. Quelque chose doit être fait dans ce sens. Cela passe également par l’éducation des populations», estime le comédien, âgé de 62 ans.

Comme pour joindre l’acte à la parole, une bibliothèque a été installée au sein de son espace théâtral. «La lecture est la voie royale pour acquérir des connaissances et parvenir à une transformation personnelle», souligne-t-il, «Le crépuscule des temps anciens» (de Nazi Boni) en main. Hyppolite Ouangrawa est-il un homme riche? «Je suis riche en idées», s’empresse-t-il de nous répondre. Et de nuancer ses propos, (s’inspirant du livre des Proverbes), en arguant que tout travail procure l’abondance. «Il faut travailler sans relâche pour atteindre la réalisation de soi et prendre soin des siens», conseille Hyppolite Ouangrawa, marié et père de trois enfants.

 

Aubin W. NANA

Exercice budgétaire 2017 : Plus de 87 milliards de FCFA de dépenses fiscales

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Le Ministère de l’Economie, des Finances et du Développement a,  au cours d’un atelier, restitué   les résultats de l’évaluation des dépenses fiscales de l’année 2017, le vendredi 28 décembre dernier à Ouagadougou.       

Les règles d’imposition connaissent souvent des dérogations afin d’alléger la charge fiscale de certains contribuables ou secteurs d’activités. Ces dérogations qui constituent un moyen pour les autorités accroître l’effet des politiques publiques engendrent un manque à gagner pour le trésor public. C’est dans ce contexte que le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement a présenté, les résultats de l’évaluation des dépenses fiscales de l’année 2017, le vendredi 28 décembre dernier à Ouagadougou. Connaitre le niveau du manque à gagner ou dépenses fiscales ainsi que leur impact économique et social devient indispensable pour un meilleur pilotage de la politique fiscale des Etats, a expliqué le secrétaire général dudit ministère, Seglaro Abel Somé. Ainsi donc, il a souligné que l’évaluation des dépenses fiscales constitue un outil d’aide à la prise de décision. Car, elle permet de comparer les objectifs et les résultats atteints de la politique fiscale. Pour ce qui est de la quantification des mesures fiscales, le secrétaire général a énuméré quatre cent cinq mesures fiscales dérogatoires inventoriées en 2017 et deux cent quatre-vingt-six ayant fait l’objet d’une étude, représentant un taux de 70,6%  contre 56,5% en 2016. A l’entendre les résultats montrent que pour l’exercice budgétaire de 2017, les dépenses fiscales se sont chiffrées à 87 milliards 213 182 796 de F CFA contre  92 milliards 543 419 070  de FCFA en 2016.   Compte tenu de leur impact sur les finances, cette évaluation est nécessaire et tout Projet de loi de finances (PLF) doit les compter en annexes, a-t-il ajouté. Dans ce cadre, et conformément  la directive n°1/ 2009/CM/UEMOA, a affirmé M. Somé, le gouvernement burkinabè produit régulièrement depuis 2015, un rapport sur l’évaluation quantitative des dépenses fiscales qui est annexé au projet de loi de finance.  Toutefois, il a indiqué que ladite évaluation pour être complet et jouer pleinement son rôle d’orientation en matière de politique fiscale, doit aller au-delà de l’ estimation quantitative des couts pour prendre en compte l’étude des impacts socio-économiques induits par ces mesures. Selon lui, ce rapport quatrième du genre élaboré par le ministère en charge de l’économie et des finances se distingue des précédentes du fait qu’elle intègre l’impact socio-économique induits par les mesures fiscales dérogatoires dans les secteurs miniers et de celui de la cimenterie.

                                                                                            Valentin Kaboré

                                                                                                 (Stagiaire)   

Planification familiale : Des expériences  pour l’inclusion des jeunes

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Lors de la 7e réunion annuelle de Partenariat de Ouagadougou  tenue  à Dakar du 12 au 14 décembre 2018 un panel des jeunes sur le thème «  briser les barrières pour assurer l’inclusion des jeunes », a permis à Pathfinder Burkina,  Equilibre et Population,   PRB et  MSI  de partager leur  expérience.

Quatre ONG  à savoir Equilibre et Population, Pathfinder,  PRB et  MSI ont échangé leur expérience autour d’un panel  portant sur  le plaidoyer, l’accès et demande de services santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes modéré par Romaric Mutoni jeune ambassadeurs PF du Benin.

Pour réussir la communication visant le changement de comportement dans le domaine de la  santé sexuelle  des adolescents et jeunes (SRAJ) il y a des principes à suivre. Selon, Equilibre et Population, quatre leçons sont à retenir. L’injonction comportementale en matière de communication pour la promotion de la SRAJ  ne marche pas. Il faut prendre en compte les déterminants  sociaux car les jeunes appartiennent à une société. Aussi, 2e leçon,  pour réussir la communication envers les jeunes, il faut placer la participation et l’empouvoirement au centre des actions. C’est-à-dire que les jeunes doivent acquérir des connaissances et  de les  mettre en pratique. La 3e leçon est de prendre en compte la diversité  des jeunes (jeunes ruraux, urbains, scolarisés et non). La  4e leçons tirée par Equilibre et Population est surtout de ne pas nuire, éviter des messages stigmatisants. Cette ONG a mène une campagne génération PF qui a permis d’engranger des résultats. Au niveau local  certaine mairie ont inscrit des lignes budgétaires pour la SRAJ, au niveau national au Benin par exemple le gouvernement a adopté la gratuité des produits contraceptifs des jeunes. « Le changement de comportement prend du temps et tous les changements acquis sont de l’effort de tous les acteurs », Aureli Gal Regniez de l’ONG Equilibre et population.

Le 2e paneliste, a été Lydia Saloucou directrice de Pathfinder  international au Burkina Faso.  Elle a échangé avec les participants sur  « l’enjeux et défis de l’accès des jeunes à la contraception au Burkina Faso ».  Mme Saloukou a présenté deux projets  conduits par sa structure à savoir «  Beyond bias et Re-solve : pour quelles solutions ». Ces deux projets innovants  ont permis à  répondre a deux questions importantes.

Pourquoi des jeunes qui ne souhaitent pas avoir une grossesse ou un enfant actuellement ne recherchent pas a avoir la contraception ? Et comment les prestataires peuvent être un obstacle pour les jeunes pour avoir les services.

Elle a montré  qu’au niveau communautaire, les normes sociales et les pesanteurs sociaux entravent les jeunes dans la recherche d’informations et la demande de services. Et quant au niveau du système de santé,  les politiques et normes constituent une entrave dans certains cas au nombre et à la qualité des jeunes à accéder aux services. A cela s’ajoute  des infrastructures inadaptées aux jeunes pour un accès sécurisé et discret.

Coté des  prestataires de services, ce sont les préjugés qui entravent les jeunes et limitent leur accès. Les jeunes eux-mêmes, souligne –t-elle,  ont des perceptions et croyances ainsi que des expériences qui réduisent leur propension à aller fréquenter les services de SR/PF.

Ainsi, Pathfinder a travaillé pour comprendre les différents segments des jeunes et de leurs problèmes d’accès aux services de la santé sexuelle et reproductive.

« Nous avons mis l’accent sur une meilleure connaissance des prestataires, qu’est-ce qu’ils font et quels sont les obstacles. Ces prestataires ont été segmentés professionnel détachés, passif moyen, conservateurs satisfaits, sœurs impromptues, gardien et clinicien paternalisme. Au niveau des jeunes, nous  avons  travaillé pour comprendre les différents segments, jeunes novices, sceptiques, preneurs de risque, conservateurs traditionnels et conservateurs piégés », a expliqué Mme Saloucou.

MSI a partagé son expérience sur la flexibilité des jours et des canaux de prestation des services de PF. Ainsi, il faut un counceling équilibré et axé sur la clientèle, le choix des sites et adapter le contenu des activités de création de la demande. « L’équipe mobile permet d’aller vers les jeunes pour les offrir des services de santé sexuelle et reproductive », a soutenu Emmanuel Diop de MSI.

Laura Wedeen du PRB a parlé du tableau de bord des politiques de PF pour les jeunes. Le tableau de bord est utilisé par les gouvernements, les bailleurs de fonds et les défenseurs pour évaluer et fixer les priorités. Ce tableau de bord s’appuie sur 8 indicateurs, le consentement, les restrictions fondés sur l’âge, sur le statut matrimonial, l’autorisation du prestataire, éducation sexuelle complète, la fourniture, et l’environnement social. Ce tableau  de bord a été utilisé pour examiner des politiques favorables à la santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeune de 16 pays.

 

En conclusion, la directrice pays de pathfinder international Burkina, Lydia Saloucou,  pense qu’on doit regarder le jeune comme un tout, « les jeunes en Afrique ont des préoccupations d’emploi, de mariage, de mobilité, ce que nous faisons en matière de santé il faut inclure les autres préoccupations des jeunes », a-t-elle dit.

 

Boureima SANGA

 

 

Carrière de Pissy : Des vivres et du matériel pour les travailleurs

Le président de l’Assemblée nationale a remis divers matériels aux travailleurs de la carrière de granit de Pissy (Ouagadougou).

Les travailleurs de la carrière de granit de Pissy, dans l’arrondissement 6 de Ouagadougou ont entamé l’année 2019 avec le sourire aux lèvres. Ils ont reçu des vivres, des tables-bancs pour les élèves, du matériel médical, une motopompe, des gangs, des lunettes.

Ce don est du président de l’Assemblée nationale, Alassane Sakandé avec le soutien de son partenaire suisse, le député Isabelle Chevalley. Lors de sa dernière  visite à la carrière, le 20 août 2018, le président de l’Assemblée nationale avait promis d’apporter aussi son soutien pour la scolarisation des enfants de la carrière. A cet effet, il a remis 2 millions de F CFA pour contribuer à la rémunération des volontaires qui y donnent des cours aux enfants des travailleurs. Il a également donné 2 millions de F CFA pour le parrainage de 100 élèves. Par cet acte, M. Sakandé vient de concrétiser sa promesse vis-à-vis des travailleurs de ladite carrière.

Les dons offerts

Depuis son passage à la carrière de Pissy en janvier 2017, a confié M. Chevalley, elle a toujours gardé en mémoire la souffrance des femmes qui y travaillent. C’est pourquoi, elle a décidé de leur venir en aide par des dons divers. « En collaboration avec le président Sakandé, nous avons identifié leurs besoins pour y apporter petit à petit des solutions. Nous continuerons de les aider », a-t-elle affirmé. La représentante des bénéficiaires, Abibou Kiemtoré, a remercié le donateur pour leur action humanitaire. Pour elle, cela est une preuve que des personnes « au grand cœur » pensent toujours à eux.

Embouchant la même trompette, le président Alassane Sakandé a traduit sa gratitude à la donatrice pour ses actions en faveur des personnes en difficulté. Il a souhaité que leur partenariat se renforce davantage pour le bonheur des personnes démunies. L’occasion faisant le larron, M. Sakandé a lancé un appel aux politiques afin qu’ils respectent leurs engagements vis-à-vis des populations. « Il ne faut pas promettre ce qu’on ne peut pas offrir aux populations », a-t-il lancé.

Le respect des engagements pris, selon lui, permet d’être en phase avec la population.

Abdel Aziz NABALOUM

emirathe@yahoo.fr