Le bilan provisoire à la mi-journée du 4 janvier, selon le maire de Barsalogho, joint au téléphone à 11 h 04 mn fait état de plus de 30 morts dans sa commune, 3 dans la commune de Dablo et 2 dans celle de Kelbo.
Le Porte parole du gouvernement sur la RTB a dressé un nouveau bilan officiel toujours provisoire de 46 morts. Remis Dandjinou a indiqué qu’une action judiciaire est en cours.
Diplômé de l’Ecole panafricaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU) à Lomé au Togo, Fabien Ouédraogo est le président de l’Ordre des architectes du Burkina Faso. A 24 ans, il exerçait déjà le métier d’architecte et a créé l’agence ARCAD, spécialisée dans le domaine de l’architecture et de l’urbanisme. Zoom sur le parcours et la vision de l’homme !
Fabien Ouédraogo, président de l’Ordre des architectes du Burkina Faso est le directeur de ARCAD, agence spécialisée dans le domaine de l’architecture et de l’urbanisme. Titulaire d’un BAC série D, il passe avec succès le concours d’entrée à l’Ecole panafricaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU) à Lomé au Togo. Après 5 ans d’études, il embrasse le métier d’architecte en 1998 et crée son agence ARCAD la même année qui regroupe actuellement 14 employés.
Née en 1974 et fils d’un journaliste puisque son père est le directeur de publication de l’Observateur Paalga, Edouard Ouédraogo, il a 20 ans de carrière dans le métier qui lui tenait à cœur. « J’avoue que j’ai toujours aimé le dessin d’art. C’est fort de cela, que lorsque j’étais étudiant j’ai me suis renseigné sur les écoles qui forment des architectes. Au début, je voulais devenir médecin ou pilote.
J’aime les travaux pratiques où l’on sent le geste de la main », fait-il savoir. M. Ouédraogo en tant que président de l’ordre envisage renforcer la communication sur l’activité de l’architecte et assainir le milieu. Il estime que les architectes ne communiquent pas assez sur leur activité, leur accessibilité, la facilité et la technicité du domaine. C’est pourquoi, explique-t-il, l’on a l’impression qu’ils sont inaccessibles et très chers. Du coup, soutient-il, les gens s’orientent vers ceux qui exercent illégalement le métier c’est-à-dire les usurpateurs.
Ce, parce qu’ils ne savent pas la différence entre un architecte, un ingénieur, un entrepreneur. « Nous avons le devoir de communiquer suffisamment sur notre métier pour faire comprendre aux gens qu’aller vers un architecte c’est faire recours à quelqu’un qui connait son travail et qui intègre des aspects sociologiques, culturels techniques et artistiques dans sa création. Il faut que l’on arrive à casser le mythe autour du métier de l’architecte », renchérit le président de l’Ordre des architectes du Burkina Faso. A cet effet, ajoute-t-il, sa structure organise chaque, deux ans, la semaine de l’architecte pour se rapprocher de la population, laquelle est d’ailleurs prévue du 10 au 12 janvier 2019.
Pour lui, l’une des missions de l’Ordre, c’est de veiller au respect de l’exercice de la profession qui demande d’être titulaire d’un diplôme d’architecture reconnu et être inscrit au tableau de l’Ordre. « Nous avons entamé depuis un certain temps, une série de plaintes contre les usurpateurs. Ceux qui exercent illégalement la profession doivent être sanctionnés conformément à la loi parce que c’est un métier qui est assermenté », insiste-t-il.
L’inconvénient de s’orienter vers les usurpateurs, selon M. Ouédraogo, est que l’on constate dans les villes du Burkina Faso des infrastructures qui ne respectent pas les règles de l’art et certaines qui s’écroulent à peine terminées. Un autre défi pour l’Ordre, à son avis, c’est la relecture de ses textes pour se conformer aux législations de l’UEMOA.
« Il faut également qu’au sein de l’Ordre l’on arrive à aller au-delà de la passion, se fédérer pour atteindre nos objectifs au lieu de se diviser à cause des égos personnels », recommande-t-il. En tous les cas, Fabien Ouédraogo estime que le métier nourrit plus ou moins son homme, même si c’est une profession libérale qui demande une démarche clientèle très élaborée.
« Au regard du foisonnement des écoles de formation dans le secteur d’architecture actuellement au Burkina Faso, je crois qu’il y a de l’engouement pour le métier », signifie-t-il. M. Ouédraogo invite tout jeune qui a des aptitudes pour le métier à ne pas hésiter.
Le Premier ministre, Paul KabaThiéba,a rencontré les représentants de la Fédération nationale des acteurs du transport routier du Burkina (FENAT-BF), le jeudi 3 janvier 2019 à Ouagadougou. Après deux heures d’échanges, les questions relatives à l’augmentation du prix des transports et la grève annoncée, les transporteurs ont décidé de reconsidérer leur mot d’ordre lancé le 31 décembre 2018.
La Fédération nationale des acteurs du transport routier du Burkina (FENAT-BF) renonce au réajustement des prix des tickets de transport à compter d’aujourd’hui et aux 72 heures de grève qu’elle a annoncées le 31 décembre dernier.
Le secrétaire général de la FENAT-BF, Bonaventure Kéré : « Les discussions ont été sincères ».
La fédération a reconsidéré sa position suite aux échanges qu’elle a eus avec le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba et d’autres membres du gouvernement le jeudi 3 janvier 2019 à Ouagadougou. Aux dires du secrétaire général de la FANAT-BF, Bonaventure Kéré, les échanges ont été fructueux. « Nous avons passé en revue toutes les préoccupations. Il y a eu de grandes avancées. Les discussions ont été franches. C’est pourquoi les mots d’ordre ne seront pas appliqués. Toutefois nous devons d’abord rendre compte à la base.
Nous allons également donner la primeur des accords obtenus avant toute divulgation», a-t-il fait savoir. Ne faut-il pas s’attendre à d’autres mots d’ordre quand on sait que ceux du 31 décembre 2018 ont été justifiés par le non-respect des engagements pris par l’exécutif ? ont demandé les journalistes. Sur la question, M. Kéré s’est montré rassurant en soulignant que le gouvernement était dans de bonnes dispositions lors des discussions.
Quant au ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière Vincent Dabilgou, il a reconnu que s’il y a eu des avancées dans les engagements pris, des efforts restent à fournir par le gouvernement. D’où l’adoption d’une dynamique de concertation permanente. « La semaine prochaine, nous nous reverrons pour évaluer la situation et continuer le dialogue », a-t-il annoncé.
En attendant, il s’est réjoui de l’accord trouvé, car a-t-il relevé, les Burkinabè sont très mobiles et les transporteurs jouent un rôle très important dans l’économie. « Nous leur avons donc demandé de faire en sorte que nous puissions rentrer dans la dimension que le président du Faso a lancé lorsqu’il a formulé ses vœux à la nation », a-t-il indiqué. Aussi, il a soutenu que conformément aux promesses faites aux acteurs du transport, un calendrier d’actions a été adopté pour venir à bout des ralentisseurs érigés sauvagement.
Le tribunal de grande instance de Ouagadougou a servi de cadre à l’installation et à une prestation de serment des membres des commissions ad hoc chargées de l’apurement du passif foncier, dans sept arrondissements de la capitale, le mercredi 2 janvier 2019.
Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Dieudonné Maurice Bonanet : « Nous sommes attachés au respect des délais et à la qualité des commissions ».
Les commissions ad hoc chargées de l’apurement du passif foncier des arrondissements 3, 5, 7, 8, 9, 10 et 12 de la commune de Ouagadougou peuvent désormais entamer leurs missions. En effet, les 74 membres ont été installés, le mercredi 2 janvier 2019, après avoir prêté serment au Tribunal de grande instance de Ouagadougou (TGI).
Ils ont juré de remplir correctement leurs fonctions et de garder secrètement les informations obtenues ou à l’occasion de leurs fonctions. Selon le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Dieudonné Maurice Bonanet, depuis la décision du Conseil des ministres du 25 octobre 2018, le processus de mise en place des commissions est en marche.
Il s’agit, a-t-il précisé, des tournées d’information à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso auprès des Organisations de la société civile (OSC) et des maires. « Ensuite, nous avons invité toutes les structures à désigner leurs représentants. Cette cérémonie de prestation de serment est un engagement profond de l’ensemble des acteurs », a ajouté le ministre l’Habitat.
Il a par ailleurs rassuré que le gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires pour que les commissions puissent accomplir leurs missions avec succès. Ils seront d’abord formés, a expliqué Dieudonné Maurice Bonanet sur la base des matériaux déjà engrangés (plaintes des populations, situations où des espaces ont été violés, etc.) où ils feront le point de manière à ce que des décisions fortes et justes soient prises pour régler l’ensemble des problèmes dans la transparence. « Le délai est de six mois et nous sommes attachés au respect de cette échéance et à la qualité des commissions », a-t-il lancé.
A l’issue du Conseil des ministres extraordinaire du 31 décembre 2018, le gouvernement burkinabé a décrété l’état d’urgence dans certaines parties du pays. Sidwaya a rencontré le magistrat-colonel à la retraite, Jean-Pierre Bayala pour s’imprégner des tenants et aboutissants de cette mesure.
Sidwaya (S. 🙂 : Qu’est-ce que l’Etat d’urgence ?
Jean-Pierre Bayala (JPB 🙂 : L’Etat d’urgence est une situation de régime d’exception décrétée en cas de troubles graves ou de calamité publique. Tout comme les urgences dans les hôpitaux, ce sont des situations où il y a nécessité d’intervenir immédiatement afin de parer au plus urgent. A travers cette mesure, il s’agit de renforcer les pouvoirs des autorités civiles en matière de police. Bref, il s’agit de prendre des mesures urgentes parce que le pays est dans une situation de crise et de troubles.
S. : En quoi l’état d’urgence permet-il aux forces de défense et de sécurité d’être plus opérationnelles sur le terrain ?
JPB : L’élargissement et le renforcement de leurs pouvoirs d’agir vont sans nul doute contribuer à rendre plus opérationnelles les FDS dans leurs interventions sur le terrain. En effet, grâce à cette mesure celles ayant des rôles judiciaires, peuvent désormais faire des perquisitions à tout moment et à n’importe quelle heure chez toute personne sur laquelle pèsent des soupçons, mais surtout appréhender des individus suspects, sans recourir au procureur. Dans les normes, au-delà de 18 heures, on ne peut pas perquisitionner chez une personne et le temps des garde-à-vue est limité. Mais pendant l’état d’urgence, toutes ces procédures visant à garantir le respect des droits des prévenus sont ignorées. L’autre aspect positif de la mesure est la possibilité de neutraliser la personne suspectée lorsqu’on se rend compte qu’il s’agit d’un terroriste sans autre forme de procès.
S. : Les gens réclamaient depuis longtemps l’état d’urgence, pourquoi c’est maintenant que le gouvernement prend la décision ?
JPB : Je ne peux pas être formel sur le fait que la mesure est prise en retard. Mais il est évident qu’elle aurait pu être plus efficace au moment où les actions terroristes étaient encore concentrées dans le Nord et dans la province du Soum. Même si on se mettait à dos les habitants de la zone du fait des restrictions des libertés et autres effets sur leurs vies, cela ne concernerait qu’une portion du territoire contrairement aux six régions concernées aujourd’hui. On ne peut pas dire que c’est tard, parce dans les faits, il faut franchir certaines étapes pour passer à la prise de mesures fortes comme l’Etat d’urgence pour ne pas donner facilement l’impression aux terroristes qu’ils gagnent du terrain.
S. : Est-ce que cela signifie que nous avons perdu le contrôle de certaines zones concernées par la mesure ?
JPB : Ce n’est pas parce qu’on a décrété l’état d’urgence dans certaines zones qu’on a perdu leur contrôle. Les attaques deviennent de plus en plus récurrentes et de façon répétitive ; ce qui signifie que les assaillants disposent d’assez d’espaces pour entreprendre leurs initiatives. La décision vise à exercer une pression sur eux et réduire l’espace et les opportunités de préparer d’éventuelles attaques. Leur stratégie consiste à semer la psychose par l’instauration de la terreur afin d’empêcher les populations de vaquer à leurs occupations compromettant ainsi le développement, car sécurité et développement sont intimement liés. L’autre but poursuivi par les forces du mal est de provoquer une révolte des populations contre leurs dirigeants, toute chose qui les amènera à orienter leur œuvre de destruction vers les biens publics.
S. : On constate que les FDS tombent chaque fois sur des pièges tendus par des assaillants ; est-ce que nous ne tirons pas leçon de ce qui nous arrive ?
JPB. : Cela s’explique simplement par le fait que le mode jusque-là utilisé produit ses résultats sur le terrain. Comme nous n’arrivons pas encore à opposer une résistance à ce mode opératoire, les terroristes ne trouvent aucune nécessité de changer de tactique.
S. : Depuis l’annonce de cette décision le 31 décembre, certains crient à la victoire déjà ? Est-ce que l’Etat d’urgence est une panacée ?
JPB. : Non absolument pas. L’Etat d’urgence implique des mesures de restriction des libertés publiques avec l’institution des couvre-feux qui limitent les heures de circulations des citoyens. Il peut, au contraire, exacerber la situation sur le terrain, s’il n’y a pas une bonne communication entre les FDS et les populations des zones où la mesure est décrétée. Puisque les citoyens seront davantage enfermés chez eux conformément aux heures du couvre-feu, il est à craindre le pire, si les bénéficiaires de ces pouvoirs exceptionnels ne mettent pas un peu de professionnalisme dans leurs agissements, se détachant de certaines tares à l’origine de la perte de confiance des populations. Il faut amener les populations à comprendre que les FDS sont sur place pour leur sécurité et celle de leurs biens et non pas pour les « civiliser » comme le leur demandait le colon. Car seule la confiance avec les citoyens peut rendre plus opérationnels les renseignements et permettre de déjouer des attaques. Comme on le dit dans le jargon militaire, la guerre se gagne à 95% par le renseignement.
S. : Au Mali, l’Etat d’urgence avait été décrété par les autorités mais cela n’a pas changé grand-chose à la situation. Quelles sont les conditions à réunir pour rendre la mesure efficace sur le terrain ?
JPB. : Le terrorisme est un phénomène qui a un lien avec la mentalité et le comportement. Changer de mentalité est une œuvre de longue haleine qui nécessite une certaine patience. Aussi, il faut une prise de conscience sur le fait que nous sommes en guerre. Car même si elle est asymétrique, cela ne tient qu’au fait que les combattants ne se voient pas et ne se connaissent pas. Il faut préalablement établir un climat de confiance entre militaires et populations civiles pour agir en symbiose et espérer atteindre les résultats escomptés.
S. : En représailles aux attaques ayant coûté la vie à six personnes y compris le chef de village à Yirgou, un affrontement entre communautés a fait également plusieurs morts dans le Centre Nord. Est-ce qu’on n’est pas en train de glisser sur le terrain des conflits communautaires comme c’est le cas au Mali ?
JPB. : Oui, malheureusement ! Les risques de glisser sur le terrain des affrontements entre communautés ont toujours existé. Mais aujourd’hui, s’en prendre aux peulhs comme ce fut le cas à Yirgou dans la comme de Barsalogo, au motif qu’ils sont complices des terroristes est grave et suicidaire pour la vie en communauté. La réaction des habitants est peut-être humaine, mais il fallait à tout prix la contenir. A mon humble avis, dans le contexte actuel, il faut un regain de nationalisme au Burkina Faso.
A l’occasion de la commémoration du 3 janvier 1966, l’Union d’action syndicale a organisé, le jeudi 3 janvier 2019 à Ouagadougou, une conférence publique sur le thème : « Loi de finances 2019 : quelles similitudes avec le budget de l’Etat de 1966 de Maurice Yaméogo et quelles leçons ? ».
La loi n°042-2018/AN du 18 décembre 2018, portant loi de finances pour l’exécution du budget de l’Etat, exercice 2019, a fait l’objet de débats, le 3 janvier 2019, date commémorative du soulèvement populaire du 3 janvier 1966. 53 ans après ce soulèvement et depuis la prise du pouvoir par le président Roch Marc Christian Kaboré, l’Union d’action syndicale (UAS) dit constater que les « choses » ne semblent pas évoluées.
Le conférencier, Grégoire Nongo Traoré (micro): « Le gouvernement ne prend pas en compte les revendications ».
C’est la raison de la tenue d’une conférence publique, le jeudi 3 janvier 2019 à Ouagadougou, en vue d’établir une comparaison entre la loi de finances 2019 et le budget de l’Etat de 1966 de Maurice Yaméogo. Après avoir rappelé l’historique, le conférencier, Grégoire Nongo Traoré, par ailleurs secrétaire général du Syndicat national des impôts et du domaine (SNAID), a indiqué que le budget prévisionnel du PNDES en 2018 s’élevait à 1 999,50 milliards F CFA contre 1 760,78 milliards F CFA pour l’Etat.
En 2019, celui du PNDES est passé à 2 242, 90 milliards et de 1 697,00 milliards pour l’Etat. « On constate aisément que dès 2017, les prévisions du PNDES sont en-deçà des prévisions du budget de l’Etat qui ne reste au fil du temps qu’un leurre. Les prévisions du PNDES en ressources propres ne sont réalisées qu’à peine 75%. Au 31 octobre 2018, le montant décaissé au titre des appuis budgétaires se chiffre à 125,47 milliards F CFA sur une prévision révisée de 198,40 milliards F CFA, soit un taux de décaissement de 63,36% », a-t-il précisé.
Que tous ceux qui doivent à l’Etat remboursent !
Quant au rehaussement du taux de la taxe qui va peser, selon M. Traoré sur le pouvoir d’achat des travailleurs, il a noté que dans un tel contexte, les mêmes causes pourraient produire les mêmes effets. Car, à son avis, aucune mesure nouvelle n’est prise pour faire face au pillage des ressources nationales. « Du reste, ces nouvelles taxes ou réajustements connaîtront le même sort de non rentabilité comme les nombreuses taxes déjà existantes », a-t-il prévenu.
Le secrétaire général de la CGTB, Bassolma Bazié, a, pour sa part, souligné que c’est une leçon très amère que le mouvement syndical retient des hommes politiques de nos jours. « Si ceux qui sont à la tête des structures religieuses et coutumières caressent toujours les dirigeants politiques, tout le monde sera coupable et responsable demain, de ce qui adviendra à notre peuple. Il faut faire en sorte que les actes que nous posons soient des actes qui respectent l’intégrité, la dignité et la liberté au nom desquelles les devanciers se sont sacrifiés », s’est-il indigné.
Toutes les couches sociales ont été invitées à rester mobilisées, pour que les acquis historiques des travailleurs ne soient pas remis en cause.
Et de poursuivre que l’ensemble des nouvelles taxes qui ont été décidées dans la loi des finances ne sera pas appliquée. « Nous allons être très fermes sur cette loi. Si, elle doit être appliquée, que tous ceux qui doivent à l’Etat remboursent. Que le président du Faso prenne un décret d’ici la fin du mois de janvier, pour nous montrer que les ministres ont respecté en termes de salaires, leurs émoluments. Il faut une gouvernance vertueuse.
Que les dirigeants nous montrent que nos ressources sont bien gérées et s’il y a un manque, nous sommes prêts à nous sacrifier », a martelé M. Bazié. Pour lui, il n’est pas tolérable qu’au moment où des militaires sont massacrés au front parce qu’il leur manque des munitions, que certains ministres construisent des ‘’bunkers’’.
Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2019, 6 assaillants armés non identifiés ont attaqué le village de Yirgou, dans la commune de Barsalogho. Le bilan provisoire de la mi-journée du 3 janvier fait état de 16 morts dont le chef dudit village.
La nuit de la saint Sylvestre de l’année 2018 restera un mauvais souvenir pour les populations de la commune de Barsalogho. En effet, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2019, 6 assaillants armés non identifiés et motorisés ont attaqué le village de Yirgou, situé à 75 km du chef-lieu-lieu de ladite commune et faisant frontière avec celle de Tongomayel.
Le bilan provisoire à la mi-journée du 3 janvier fait état de 16 morts dont le chef du village, Salfo Kouka Zabré, par ailleurs conseiller municipal du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès, trois de ses fils et de son frère, selon le maire de Barsalogho, Abdoulaye Pafarnam. « Nous avons enregistré aussi deux décès à Dablo, d’autres cadavres non encore constatés à Kelbo et une personne gravement blessée et transportée au CSPS de Foubé », a-t-il ajouté.
A entendre le maire, l’émotion et la colère des populations sont dues au fait que ce septuagénaire avait une réputation dans la zone. « En voulant situer les responsabilités, les populations ont trouvé qu’il y avait des complices car, selon les rescapés, ces assaillants parlaient la langue peulh. Ce qui a conduit à la ‘’chausse à l’homme’’ contre les communautés peulhs », a déploré M. Pafarnam. Aux dires de Abdoulaye Pafarnam, les assaillants ont abattu 6 personnes. « Le chef du village et un de ses fils ont été d’abord tués à 1 km du village sur son lieu de fétiche.
Et, les 4 autres personnes en cours de route lorsqu’elles venaient pour porter secours à la victime», a-t-il détaillé. Selon le bourgmestre, la situation s’est dégénérée pour toucher certains villages, notamment Bangrin, Biguélé, Toékodogo, Boudissen et Sagho. Néanmoins, le calme est revenu avec le déploiement des Forces de défense et de sécurité (FDS). « Nous avons pu aussi joindre les responsables coutumiers et des koglwéogo afin qu’ils apaisent les cœurs », a confié le maire de Barsalogho.
Il a indiqué que la bande nord du Sanmatenga sert de zone de repli pour les ‘’forces du mal’’. C’est pourquoi, il a exhorté le gouvernement à réviser sa liste des 7 régions concernées par l’état d’urgence. « Nous avons été surpris de l’absence du Centre-Nord dans la liste, d’autant plus que la région a enregistré deux attaques dans le Sanmatenga et trois dans le Bam », a-t-il déploré. Le maire Pafarnam a présenté ses condoléances aux familles éplorées et a invité les populations à la retenue.
L’Association pour la solidarité en Afrique de l’Ouest (ASAO), ONG allemande intervient fortement au Burkina depuis 1991 dans le domaine de l’éducation. En 28 ans, ce sont environ 13,5 milliards F CFA qui ont été mobilisés à cet effet. Cette aide sera réduite de façon imparable à partir de 2019, un cauchemar pour les responsables de l’éducation nationale et surtout pour les populations des campagnes.
Le CEG de Oullo (Balé) inauguré en janvier 2017
Durant près de trois décennies l’Association pour la solidarité en Afrique de l’Ouest (ASAO) a mis en œuvre un important programme de développement de l’éducation à travers les 45 provinces du Burkina.
Ainsi, cette association présidée par l’infatigable Michaël Simonis et le vice-président Götz Krieger, surnommé Tolo Sanou a énormément contribué à l’offre de scolarité au Burkina. Et ceci pour le bonheur de millions d’enfants. Tant et si bien que d’aucuns affirment que l’ASAO a vaincu l’analphabétisme et l’ignorance au pays des Hommes Intègres, avec le soutien de son représentant Anselme Sanou.
Ensemble, ils ont parcouru toutes les pistes rurales que compte le Burkina à ce jour. Malheureusement, il nous revient que le ministère allemand de la Coopération veut aider d’autres pays africains, asiatiques ou latino-américains aussi pauvres que le Burkina. Un coup dur dans le développement de l’éducation lorsque « la poule aux œufs d’or » cesse de pondre pour les enfants en âge d’être scolarisés.
En effet, de 1991 à 2019, c’est un investissement de 13 milliards 409 millions 635 mille 947 F CFA qui a été fait par l’ASAO dont 10 milliards 348 millions 743 mille 882 F CFA de la subvention du ministère allemand du Développement et le reste provenant des cotisations des membres de l’association.
Cet important appui au gouvernement et aux populations burkinabè a permis d’implanter d’innombrables écoles primaires et Collèges d’enseignement général (CEG) dans des villages et départements où le besoin se faisait sentir. Dans certaines localités, ce sont des écoles primaires qui ont été normalisées de 3 à 6 classes et parfois à 9 classes. Des fois elle a procédé à l’extension de collèges comme celui de Silly dans la Sissili passant d’un bâtiment de quatre classes construit en 2009 à 8 classes en 2013.
Une « école » pour les bénéficiaires
C’est pourquoi, il n’est pas exagéré de dire que l’ASAO aura ainsi donné la chance à des milliers de citoyens burkinabè d’être des hauts fonctionnaires dans l’administration publique et dans des organismes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, pour les uns et à d’autres, de savoir tout simplement lire et écrire, de rédiger et gérer des projets de développement au profit de leurs localités. Enfin grâce à l’ASAO une majorité de jeunes restés au sein de leur communauté de base savent désormais lire, écrire et s’exprimer en français.
L’école de Sintiou en février 2012 avec une seule classe de CE2.
Quoi de plus précieux pour un paysan ou une paysanne à l’enregistrement dans une aérogare de pouvoir remplir tout seul sa fiche d’embarquement ou quand une ménagère, d’un des villages les plus reculés, dans les profondeurs de la Comoé ou de la Tapoa, parvient à suivre de manière régulière la période de vaccination de ses enfants et parfois de tout le village. Ceci, parce qu’elle sait tout simplement lire et écrire dans un français appris à l’école primaire.
Donc, l’ASAO a aussi sauvé des vies et épargné des enfants de la poliomyélite, de la méningite, de la rougeole, maladies handicapantes et compromettantes.
Il faut souligner les particularités dans les interventions de l’ASAO, qui ne ciblent pas une ou deux régions mais l’ensemble du Burkina. Les chantiers financés par l’ONG allemande constituent une école pour les bénéficiaires. L’ASAO amène les populations à s’organiser pour assurer le ramassage des agrégats.
Du démarrage des travaux de construction à l’achèvement des chantiers , le village fournit chaque jour cinq manœuvres à l’entrepreneur pour l’aider dans la construction. Aussi, la gestion des matériaux livrés (ciment, fer, chevrons, pointes, tôles, pots de peinture …) incombe aux villageois. Les sacs vides de ciment ne sont pas immédiatement vendus ou distribués, ils demeurent sous le contrôle d’un technicien du bâtiment. Ce n’est qu’à la finition des travaux que les populations peuvent disposer de ces emballages perdus pour en faire ce qu’elles veulent.
Au niveau de certaines localités où des individus malhonnêtes ont soustrait frauduleusement une partie du matériel, ils ont répondu, soit devant la gendarmerie soit la police et le matériel subtilisé est restitué.
Pour la réussite de l’investissement parfois tout le département est mobilisé y compris les fonctionnaires ou les opérateurs économiques ressortissants de la localité. Ceux-ci contribuent financièrement en prenant parfois en charge le ramassage des agrégats ou les frais d’organisation de la grande fête à l’inauguration de la réalisation.
Cette approche de l’ASAO comporte plusieurs avantages : les populations s’approprient les infrastructures dont elles prendront soin plus tard car, associées à leur réalisation. C’est leur sueur, pour ne pas dire les efforts au quotidien de toute une communauté. Les arbres plantés tout autour des écoles fournissent de l’ombre aux élèves et créent un microclimat propice aux études. « La plus grande leçon que l’ASAO nous enseigne est qu’en associant l’effort des populations, on peut réaliser des ouvrages moins coûteux », affirme un des bénéficiaires sur le terrain.
Comparaison n’est certes pas raison, mais en rapprochant les coûts on constate qu’une école réalisée par le gouvernement burkinabè au prix fort à l’entreprise vaudra entre 40 et 50 millions de francs CFA ou parfois plus. Au prix de la moins-value sur les fonds transférés par le gouvernement aux collectivités territoriales, l’école reviendra à 16 ou 17 millions, mais attention aux vents. Car de telles infrastructures sont de durée de vie très courte créant plus de problèmes aux élèves, aux enseignants contraints parfois de suivre les cours sous les arbres et aux maires de s’échiner pour racoler ces ouvrages mal bâtis avec peu de moyens.
Pourtant avec la même somme l’ASAO bâtira deux écoles plus résistantes, équipées de tables-bancs,…Enfin, les chantiers de l’ONG allemande ont conduit des jeunes de nombreux villages à devenir des briquetiers et même des maçons qui vendent leurs savoir-faire après leur appui aux ‘’chantiers ASAO’’.
Réduction des interventions de l’ASAO à partir de 2019, un cauchemar
Si en peu de temps, l’ASAO a livré autant de réalisations, certes, il y a les cotisations de ces membres, mais c’est beaucoup plus aux fonds provenant du gouvernement de la République Fédérale d’Allemagne qui, il faut le préciser, est l’un des rares pays occidentaux à soutenir les ONG d’origine allemande qui concourent au développement dans les pays du Sud.
En 58 ans d’indépendance dans un pays où tout est prioritaire, sans cette grande action combien salvatrice de l’ASAO soutenue par le gouvernement de la République Fédérale d’Allemagne, il n’y aurait pas eu autant d’écoles primaires et de collèges au Burkina. L’Etat à lui seul confronté à la sécheresse, aux épidémies, à la mauvaise pluviométrie, au terrorisme,…n’aurait pas autant investi dans l’éducation.
Avec la nouvelle orientation de l’aide du ministère allemand de la Coopération vers d’autres pays, les interventions de l’ASAO seront bien réduites, un cauchemar pour le ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation et surtout pour les populations des campagnes.
C’est pourquoi, il faut souhaiter que le ministère allemand de la Coopération accorde un sursis aux enfants du Burkina, car l’ASAO a construit beaucoup d’écoles primaires qui attendent d’être normalisées ou complétées par des collèges. Les collèges déjà construits par l’ASAO comme ceux de Brédié, de Bouri, de Silly (province de la Sissili), bientôt de Bénéga (province du Sanguié), région du Centre-Ouest ou d’ailleurs tels que Oullo dans les Balé où les effectifs pléthoriques nécessitent une extension.
Il faudra encore de nouvelles salles de classe afin de répondre au flux sans cesse croissant d’admis en classe de sixième.
Vers qui tendre la main ?
A titre d’exemple les complexes scolaires de Meno -Danto, de Kouli et de Kounamo (commune de Silly, province de la Sissili) ont été construits respectivement en 2004, 2005 et 2007. Ces écoles ont effectué les premiers recrutements et ouvert la même année avec des effectifs au CP1 variant entre 86 et 94 élèves. Les écoles de Kouli et de Kounamo ont été normalisées en 2013 et 2015 et la localité de Kouli a bénéficié d’un collège du Continuum lequel a été construit en 2015 et les premiers élèves ont fait le BEPC à la session de 2018 et à la même période cette école primaire a enregistré ses cinq nouveaux bacheliers.
C’est dire que le besoin de scolarisation était réel ici et dans bien d’autres localités mais par manque de moyens financiers les enfants en de fréquenter l’école étaient abandonnés à eux-mêmes. Le CEG de Kouli est aujourd’hui la destination privilégiée de 12 écoles primaires des villages environnants. A cette rentrée, il a absorbé 140 élèves inscrits en classe de sixième.
Nous osons croire à la ténacité des animateurs de l’ASAO qui, en dépit de contraintes de tous ordres, ont tenu à rester aux côtés des populations burkinabè.
Nous en voulons pour preuve le drame vécu par une délégation de l’ASAO en 2004 lorsque les membres à bord de deux 4×4 venant de Bilanga dans la Gnagna pour Pouytenga sont tombés dans une embuscade de coupeurs de route qui les ont dépouillés de leurs biens matériels et financiers (argent, appareils photo, montres, passeport,…).
Un véritable traumatisme qui aurait pu conduire à l’arrêt immédiat de l’aide de l’ASAO, surtout que certains parmi eux venaient pour la première fois au Burkina et en Afrique. Mais la philosophie qui les a tenus débout est que «si cela arrive aux Burkinabè, pourquoi pas aux Allemands et si les Burkinabè continuent de travailler avec cette peur tous les jours pourquoi pas l’ASAO ».
Toute chose qui n’a pas altéré l’engagement des membres de l’ASAO qui ont continué à construire et à équiper écoles, CEG et lycées au grand bonheur des enfants, ces innocents qui constituent l’avenir du Burkina.
Et aujourd’hui l’école de Sintiou (province de la Sissili) financée par l’ASAO.
Le gouvernement Allemand, par le bais de l’aide bilatérale ou multilatérale, a toujours été aux côtés du Burkina à travers plusieurs programmes de développement : agriculture, élevage, santé, eau et assainissement, environnement tels que la foresterie villageoise (projet bois de village), sécurité alimentaire (Office national des céréales OFNACER), extension de la Radiodiffusion de Haute-Volta par la construction et le financement de la radio rurale de 1975 à 1986,….
Cette radio rurale a été l’une des plus célèbres voire la plus célèbre en Afrique francophone, ce qui a permis à l’Union des radiodiffusions et télévisions nationales d’Afrique (URTNA) d’implanter sa prestigieuse école de formation en radio rurale au Burkina, le Centre inter- africain d’études en radio rurale de Ouagadougou (CIERRO) laquelle école sera encore financée par la GTZ de 1977 à 2006, année de sa fermeture car les Etats africains étaient incapables d’assurer la relève. L’on comprend la décision du ministère allemand de la Coopération. Cependant le cas du Burkina est plus illustratif car classé parmi les cinq pays les plus pauvres au monde sinon le plus pauvre. Ne mérite-t-il pas de circonstances atténuantes ?
BENAO Batien Journaliste à la retraite Ancien stagiaire et boursier de la RFA
Président de l’ACMVG sele_biou@yahoo.fr
Des chiffres sur le tableau des réalisations
A la fin de l’année 2018 le bilan de l’ASAO largement positif sera : Au primaire : 214 blocs de 3 salles de classe chacun soit 635 salles pour 176 écoles ; Au secondaire 365 blocs de 4 salles de classe chacun soit 1457 salles de classe . Avec une moyenne d’environ 75 enfants par classe, l’ASAO aura créé 156 900 places pour les élèves dans les établissements primaires et secondaires du Burkina. 448 logements pour les enseignants auront été bâtis, 36 bâtiments administratifs dans les collèges et 149 forages positifs A tout cela, s’ajoutent les tables-bancs, les bureaux, les armoires et les chaises pour les enseignants, les cartes géographiques et les ballons de Football.