Publicitaires associés : 72 heures pour mieux contribuer au développement économique

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 L’association Publicitaires associés (PA), organise  du 28 au 30 novembre 2018 à Ouagadougou, sa  rentrée publicitaire sur le thème : « Contribution des publicitaires au développement économique et social du Burkina Faso ».

 

Les professionnels des entreprises de communication du Burkina Faso  veulent redonner un nouveau souffle à leur métier. Pour ce faire, ils ont décidé d’organiser leur rentrée publicitaire, du 28 au 30 novembre 2018, à Ouagadougou, sous le thème : «Contribution des publicitaires au développement économique et social du Burkina Faso ». Pour la présidente de Publicitaires associés (PA), Cécile Gouba, le secteur de la communication contribue énormément au développement économique et social.  Pour elle, la publicité  est largement utilisée par le secteur public, le secteur non marchand  pour favoriser les changements de comportement et l’adoption de comportement idéal pour un développement  endogène et intégré. « La publicité fournit de l’oxygène à tous les secteurs du marché du travail et à l’ensemble  de notre économie », a-t-elle affirmé. Comme exemple,  elle a confié qu’en 2017, le secteur de la publicité représentait  500 milliards F CFA dans le PIB mondial, 2,5% du  PIP France et  emploie environ 536 000 personnes. Selon ses dires, 6 millions de personnes  vivent de la publicité dans l’espace de l’Union européenne. D’où la nécessité de réorganiser ce secteur au pays des Hommes intègres. « Durant trois jours,  nous allons travailler à accroître  le  capital   notoriété  de Publicitaires associés, capitaliser les acquis, réfléchir à des perspectives pour assainir le secteur de la  communication afin qu’il  contribue davantage au développement économique du Burkina Faso», a déclaré Cécile Gouba.

Comme acquis engrangés en une décennie, la présidente a relevé l’adoption  du Code des publicitaires, du Code de déontologie des publicitaires et la Charte qualité. « La nouvelle loi portant réglementation  de la publicité au Burkina Faso adoptée, le 23 novembre 2015, par le CNT et dont le décret d’application est effectif depuis juin 2018, attestent que nos autorités sont sensibles aux désirs  de réorganisation et de structuration du métier », a ajouté Mme Gouba. Pour sa part, le président du Conseil supérieur de la Communication (CSC), Mathias Tankoano, les publicitaires jouent  leur  partition dans la bonne marche du pays. Il est donc urgent de faire un diagnostic sérieux  des  obstacles à  l’éclosion  du secteur afin qu’il devienne un secteur clé de notre économie.  Comme obstacles, il a cité, l’existence d’agences  illégales, l’amateurisme, la détérioration du climat de confiance entre agences de communication et annonceurs et la concurrence des agences internationales.  « Il est regrettable de constater que malgré  nos compétences locales, les gros marchés de la publicité de notre pays soient le plus souvent attribués à des   multinationales qui, la plupart du temps,  reviennent sous- traiter avec nos agences locales », a déploré M.Tankoano. C’est pourquoi,  il a invité   les acteurs du domaine à transcender leurs intérêts personnels et à œuvrer en synergie  pour un meilleur devenir de la profession.  « Après cette rentrée publicitaire nous inviterons tous les acteurs publicitaires pour une réflexion féconde pour des actions afin de surmonter les défis énumérés », a promis le président du CSC. L’une des pionnières de la publicité au  pays des Hommes intègres , depuis la Haute-Volta,   Martine Ilboudo Condé, actuellement présidente de la Haute autorité  de la communication de la République de la Guinée, est l’invitée d’honneur de cette première édition.  Elle a  indiqué que la publicité est un métier noble qui demande beaucoup de sacrifices. C’est pourquoi,  elle a invité  les doyens à partager leurs expériences avec les plus jeunes et à les encadrer  afin de faire prospérer le secteur de la publicité.

Au cours des 72 heures, trois autres  sous-thèmes seront développés  à travers trois conférences publiques. Ce sont :  « Evolution de la publicité auBurkina Faso et la communication digitale » ; « Communication et sécurité : Quelles attitudes adopter pour éviter de créer ou alimenter la psychose » et  « Publicité mensongère et santé : attention à votre santé ».

Mariam OUEDRAOGO

mesmira14@gmail.com

Relance du Processus de Nouakchott : la 1ère année de la coordination tournante confiée au Burkina Faso

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu en audience une délégation des membres du Processus de Nouakchott, accompagnée de représentants de l’Union africaine et de l’ONU. C’était le mardi 27 novembre 2018, au palais de Kosyam.

 A l’issue de la réunion ministérielle des pays membres du Processus de Nouakchott, une délégation est allée rendre compte des travaux au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le mardi 27 novembre 2018 à Kosyam.

L’on peut retenir principalement du compte-rendu fait au chef de l’Etat burkinabè, qu’après une rencontre des chefs des services de renseignement des onze pays membres de ce processus quelques heures plus tôt, la relance des activités de cette initiative interétatique du point de vue sécuritaire a été au centre des travaux. « Il s’est agi de relancer le Processus de Nouakchott qui se veut comme une approche multidimensionnelle de la crise au Sahel », a informé le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry. En plus de mesures opérationnelles quotidiennes, le conclave ministériel a décidé de l’institution d’une coordination tournante des activités de ce cadre de solidarité sous régionale assurée par les différents pays membres. Le Burkina Faso a été responsabilisé dans cette nouvelle dynamique pour la première année. Le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), Smaïl Chergui, a indiqué que la tenue de cette réunion au Burkina Faso se veut un geste de solidarité en direction des Burkinabè confrontés à des attaques terroristes. « Nous avons vu la résilience de ce peuple, de ses institutions et nous n’avons aucun doute qu’on finira par vaincre cet hydre terroriste qui frappe toute la région », a-t-il affirmé. L’objectif, a-t-il poursuivi, est de conjuguer cette solidarité au niveau de tout le Sahel et de promouvoir l’échange de renseignements. Selon le représentant de l’UA, les moyens de communication sécurisés pour les services de renseignement sont une réalité. « Cela permettra d’améliorer notre réaction par rapport à ce danger permanent qui guette toute la région », a indiqué M. Chergui.

Le commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, Smaïl Chergui : « Je suis heureux d’annoncer qu’un certain nombre d’équipements de communication sécurisée vont être livrés dans les prochains jours au Burkina Faso ».

Quant au représentant de l’ONU, Annadif Mahamat Saleh, la présence des Nations unies aux côtés de la délégation confirme son engagement auprès des pays de la sous-région sahélo-saharienne, en tant que partenaire de la force conjointe G5 Sahel. « Nous sommes aussi partenaire de ce grand ensemble issu du processus de Nouakchott en ce sens que le secrétaire général de l’ONU a initié une stratégie pour le Sahel et qui concerne les 11 pays impliqués dans le Processus », a ajouté M. Saleh. Le processus de Nouakchott regroupe l’Algérie, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Libye, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et le Tchad.

Fabé Mamadou OUATTARA

Flash : L’administration burkinabè engagée dans un processus de modernisation

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L’administration burkinabè est depuis un certain temps engagée dans un processus de modernisation. A ce titre, elle tente tant bien que mal d’améliorer l’offre de service aux usagers. Une action à saluer. Cependant, l’état de certains services est déplorable. Il suffit de s’y rendre pour s’en convaincre.

Des chaises sales, inappropriées ou inconfortables, des tables qui ne sont pas adaptées, des plafonds troués, etc. sont, entre autres éléments du triste spectacle qui s’offre au visiteur. Pendant la saison des pluies, des bureaux sont impraticables avec à la clé des endroits où se dégagent de fortes odeurs de moisissures, de chauves-souris ou de roussettes.

Dans ces conditions, il est clair que la productivité de l’agent s’en trouve affectée. Même si l’on peut imputer en partie cette situation à la modicité des ressources de l’Etat, force est reconnaître que certains outils ne sont pas de bonne qualité. C’est pourquoi, il est vivement souhaitable que les responsables de certains services publics songent à mettre leur personnel dans des conditions idoines de travail, afin d’accroître leur rendement.

Gaspard BAYALA

Exploitations des ressources extractives : promouvoir les droits des communautés locales

La plateforme des champions des Tentures foncière et forestière  (Tenforest) a organisé un atelier de restitution des résultats d’une étude sur l’analyse des politiques en lien avec l’exploitation des ressources extractives, le mardi 27 novembre 2018 à Ouagadougou.

Le respect des droits fonciers des communautés locales par les industries extractives constitue un véritable problème au Burkina Faso, en Guinée, au Mali et au Sénégal. Tel est le résultat principal qu’a révélé l’étude  sur l’analyse des politiques en lien avec l’exploitation des ressources extractives menée  dans ces quatre pays par la plateforme des champions des Tentures foncière et forestière (Tenforest). Du point de vue de l’exploration et de l’exploitation minière, il est ressorti de cette étude qu’il n’y a pas de dispositions qui imposent le consentement libre, informé et préalable des populations, selon le  président de Tenforest, Alain Traoré.

Dans l’optique donc d’apporter sa contribution à l’amélioration des politiques pour que les communautés locales aient leur poids dans les processus d’exploitation et d’exploration des ressources extractives au  pays des Hommes intègres , Tenforest qui est  une plateforme d’Organisations de la société civile (OSC) a organisé un atelier, le mardi 27 novembre 2018, à Ouagadougou. Les participants se sont penchés sur le thème : « Partage des résultats de l’étude et harmonisation de la position des OSC du Burkina sur la prise en compte de la tenure et le partage équitable des bénéfices de l’exploitation minière au profit des communautés locales». Aux dires de M. Traoré, la rencontre a permis aux participants de mener des réflexions visant  à promouvoir les droits de tenure des communautés et à veiller à une gestion transparente et équitable des retombées de l’exploitation minière au profit des populations riveraines.

A son avis,  il importe d’examiner les textes régissant le Code minier du Burkina Faso ainsi que ceux de la CEDEAO et de l’UEMOA. «  Il est indispensable  de mettre en synergie les efforts des différents acteurs à tous les niveaux  afin d’apporter un changement positif aux communautés locales», a-t-il soutenu.

Hadofini Clotilde BICABA

Employabilité des jeunes : la contribution de la CNTB

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Le comité jeunes de la Confédération nationale des travailleurs du Burkina a organisé, les 23 et 24 novembre 2018 à la Bourse du travail de Ouagadougou, une foire sur le marché de l’emploi. Deuxième du genre, l’activité a eu pour thème : « Promouvoir l’employabilité des jeunes au Burkina Faso ».

Après l’édition de 2017 « qui a connu un succès », le comité jeunes de la Confédération nationale des travailleurs du Burkina (CNTB) a rebeloté cette année. Il a organisé les 23 et 24 derniers à la bourse du travail de Ouagadougou, la 2e édition de la foire sur le marché de l’emploi placée sous le thème : « Promouvoir l’employabilité des jeunes au Burkina Faso ». L’activité a consisté à mettre en contact les jeunes demandeurs d’emploi avec des institutions de la place. Sur le lieu de la foire, il y avait le Fonds d’appui au secteur informel (FASI), le Fonds d’appui aux initiatives de jeunes (FAIJ), l’Agence nationale pour l’emploi, la Mutuelle de santé urbaine Laafi Baoré, etc.

Ces structures se sont réjouies de l’organisation de cette foire qui leur met en contact direct avec les jeunes sur lesquels l’avenir du pays repose. Pensionnaire d’une école technique, Abdoul Traoré, détenteur d’un projet est venu chercher d’éventuels financements. « J’ai pu être renseigné. Je vais aller réfléchir, voir la faisabilité et revenir très prochainement. Sinon pour l’heure, je ne remplis pas toutes les conditions », a-t-il laissé entendre après son entretien avec une structure présente à la foire.

Pour le responsable juridique de la CNTB Steve Biko Da et membre du comité d’organisation de la foire, « cette année, nous avons essayé d’élargir le cercle des cibles en prenant en compte cette année l’ensemble des demandeurs d’emploi et non pas seulement les jeunes diplômés. Et au lieu d’une seule journée, cette année la foire se tient en 48 heures ».

Yves OUEDRAOGO

Diabète:Des stratégies de lutte révélées aux journalistes

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La Direction de la prévention  et du contrôle des maladies non transmissibles (DPCM) en collaboration avec des associations de lutte contre le diabète a échangé avec la presse, le lundi 26 novembre 2018 à Ouagadougou. Ce face à face  entre dans le cadre des activités commémoratives de la journée mondiale de lutte contre le diabète.   

 Le 14 novembre de chaque année, la communauté  internationale commémore la journée mondiale  de lutte contre le  diabète.  Au Burkina Faso, l’événement est célébré  à travers  plusieurs activités  qui se tiennent  du 14  novembre au 6 décembre 2018. Dans cette bataille,  l’accès  des populations aux bonnes informations  justes  et le renforcement de leurs capacités à gérer la maladie  apparaissent comme une  exigence fondamentale.

C’est pourquoi,  la  Direction de la prévention et  du contrôle des maladies non transmissibles (DPCM)  a  rencontré des  journalistes,  le lundi 26 novembre 2018 à Ouagadougou, pour  échanger  sur  le  diabète.  Elle était  avec les associations  de lutte contre le diabète, telles  Vivre avec son diabète(VASD), l’ONG santé diabète, l’Association burkinabè d’action contre le diabète (ABAD). Face à la presse,  la première responsable de la DPCM,  Dr Ester Dabiré, a rappelé que le diabète  est une maladie chronique,  non transmissible parce que non  provoquée  par un microbe.

Elle a  ajouté  qu’il est caractérisé par une élévation  permanente de la glycémie et ne se guérit  pas. Mais, il peut être traité et  contrôlé.  « Il est causé par un manque ou défaut d’utilisation  d’une  substance appelée insuline à l’intérieur de l’organisme», a-t-elle précisé. Selon les dires de Dr Dabiré,  le diabète constitue de nos jours un problème de développement et de santé publique  de portée  mondiale au regard de sa fréquence en constante progression.

A titre illustratif,  elle a souligné qu’en 2010,  l’OMS a enregistré dans le monde, 285 millions de diabétiques,  371 millions  en 2011,  382 millions  en 2013, 387 millions en 2014,  415 millions en 2015,  et 425 millions en  2017. « Si rien  n’est fait pour inverser cette tendance, l’OMS estime que ce nombre va atteindre, 438 millions en 2030. Et  629 millions  en 2040.  Selon les prévisions, l’Afrique va connaître, la  progression la plus fulgurante  avec un nombre de diabétique estimé qui va passer de  16 millions en 2017 à  41 millions en  2045 »,  a-t-elle déploré.  Dr Dabiré  a  confié que le Burkina Faso est durement frappé par cette pathologie.  Dans l’annuaire statistique de 2017 du ministère de la Santé,  10 859 cas de  diabètes ont été notifiés en consultations externes dans les centres  de santé dont 45 cas chez les enfants de moins de 15 ans, 4 936 chez les femmes contre 5 877 au niveau des hommes. « Selon l’enquête STEPS réalisée en 2013, la  prévalence du diabète dans notre pays était de 4, 9%  au  sein de la population de 24 à 64 ans. Dans cette tranche d’âge, elle  était de 5, 2% chez les hommes et 4, 7 pour les femmes», a  précisé M. Dabiré.

Diverses actions seront menées

La DPCM, a relevé qu’il existe un traitement efficace contre les facteurs de risques si le diabète  est diagnostiqué  précocement.  Ainsi, pour sa progression,   les populations  doivent avoir une alimentation saine et équilibrée. « Le diabétique ne doit pas manger à satiété,  quel que soit le goût de la nourriture, il doit savoir s’arrêter », a déclaré Salif Kaboré de l’ABAD. Il a indiqué que le traitement  de la maladie est coûteux  avec  une somme moyenne mensuelle  de  60 000 F CFA. C’est pourquoi, le thème de 2018 porté sur « la  famille et le diabète ».  Un thème qui, à entendre la directrice,  rappelle  que  le diabète concerne chaque famille.  De ce fait,  une attention  doit être portée sur les difficultés quotidiennes des familles et des diabétiques.  « Les   maladies  chroniques comme le diabète  imposent  une discipline et un mode de vie nouveau dont la bonne compréhension et l’acceptation et l’intégration dans les habitudes sont nécessaires et indispensables pour le maintien d’un bien-être individuel,  familial et social », a soutenu Dr Dabiré.

Outre la rencontre avec la presse, il est prévu des actions de sensibilisation et de dépistage gratuit sur l’étendue du territoire.

 

Mariam OUEDRAOGO

mesmira14@gmail.com

Journées de refus de la corruption: le RENLAC pointe le secteur de la santé

Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a animé une conférence de presse, pour lancer  les activités entrant dans le cadre de la 13e édition des Journées nationales du refus de la corruption (JNRC), le mercredi 28 novembre 2018 à Ouagadougou.   

Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a décidé de mener une réflexion sur la lutte contre la corruption dans le milieu sanitaire lors de la 13e édition des journées de refus de la corruption du 1er au 10 décembre 2018 dans la province du Kadiogo. C’est la principale information, livrée par le secrétaire exécutif du REN-LAC, Dr Claude Wetta,  au cours d’une conférence de presse, le mercredi 28 novembre 2018 à son siège à Ouagadougou.  En effet,  de l’avis du Dr Wetta, les centres de santé sont de plus en plus touchés par la corruption. « La population se voit ainsi confrontée parfois à la « mauvaise » qualité des produits et services sanitaires offerts, cela à cause des détournements du matériel médical et des produits pharmaceutiques, qui entraine souvent des pertes en vie humaine », a-t-il expliqué.  D’où le choix du thème : « La corruption  dans le secteur de la santé : manifestations, impacts, responsabilités des gouvernants, rôle et place des populations dans la lutte ».  

Au cours de ces journées, il s’agira de sensibiliser les Burkinabè aux méfaits de la corruption et d’interpeller les pouvoirs publics sur la prise de mesures vigoureuses en vue de lutter contre ce phénomène. Selon le Dr Claude Wetta, le secteur de santé a été sous les projecteurs ces trois dernières années, à cause des dénonciations des faits de rackets que subissent les patients de la part des agents de santé véreux. Et le rapport de 2017 du REN-LAC sur l’état de corruption a ainsi classé la santé au 13e rang des services publics les plus touchés par la corruption au Burkina Faso.  Il a poursuivi que la politique de gratuité des soins proclamée par le gouvernement, a aggravé la corruption dans le milieu, car certains agents semblent avoir trouvé une « galerie d’enrichissement » illicite en dépouillant malades et accompagnants. «Ils s’adonnent à des pratiques  telles que la vente directe de produits par les agents de santé, les surfacturations des médicaments, les détournements de produits médicaux subventionnés au profit des pharmacies privées », a-t-il déclaré. Interrogé sur le détail des activités de la 13e édition des journées de refus de la corruption, le secrétaire exécutif du RENLAC a cité un panel sur le thème, le lancement officiel de la plateforme d’information anti-corruption « Veenem AC », des conférences publiques,  l’animation d’émissions télé et radio pour alimenter le débat public, entre autres. Veenem AC est un espace virtuel pour dénoncer  toutes les actions de corruption et d’information sur l’état de la corruption au Burkina Faso.

Delphine SIDBEGA

(Stagiaire)

5e SITA: le coton face aux défis environnementaux

L’ouverture du 5e Salon international du textile africain (SITA) a eu lieu, le 28 novembre 2018, dans l’enceinte du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). L’édition est patronnée par le président de la République de Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Selon la directrice du SITA, Antoinette Yaldia, l’objectif est d’insuffler aux professionnels du textile africain, des ambitions sur l’échiquier mondial. (Cr. ph: Remi ZOERINGRE)

C’est parti pour la 5e édition du Salon international du textile africain (SITA). L’ouverture est intervenue le 28 novembre 2018 au SIAO. Placé sous le thème : « Avenir du textile africain : défis environnementaux et perspectives de développement socio-économique », l’évènement se veut une tribune de promotion du textile. La cérémonie a été marquée par une parade en tenues traditionnelles africaines. Ainsi ce sont des troupes issues de structures associatives et d’établissements scolaires des 13 régions du pays qui ont défilé sur le bitume en face du SIAO. Des pays invités ont été honorés lors du défilé. Il s’agit notamment de l’Ethiopie, du Mali, du Niger, de la Sierra Leone, du Togo, du Zimbabwé et de la Guinée Conakry. L’objectif, selon les organisateurs est de fédérer les énergies pour promouvoir le coton. Car, de l’avis de la directrice du SITA, Antoinette Yaldia, le coton africain est confronté à de nombreuses difficultés. Au nombre desquelles la rude concurrence que lui oppose le textile venu d’ailleurs, du fait de son faible coût, la problématique de la promotion et de la distribution du coton africain et la disparition progressive de certains types de textile. « Nous voulons saisir l’opportunité de ce salon pour faire des recommandations à l’endroit du gouvernement afin que des dispositions concrètes soient prises pour protéger le textile burkinabè et africain par ricochet », a-t-elle dit. Elle a fait comprendre que l’autre défi du SITA est de créer une filière porteuse d’espoir pour l’agriculture africaine grâce à la valorisation du port du tissu traditionnel. Un avis partagé par le patron de ce 5e SITA. Il l’a exprimé par la voix du ministre des Transports, des Postes et des Télécommunications de la Guinée Equatoriale, Eucario Bakale Oyana. « Le président Obiang Nguéma encourage toutes les initiatives qui font la promotion des marques africaines, qui défendent l’identité africaine. Avec ce type d’évènement, nous pouvons être fiers de notre identité, de nos productions. C’est cette fierté qui a incité mon président à me déléguer ici. Je suis très satisfait de la mobilisation. Et à la prochaine édition, si nous avons la possibilité de participer, nous n’allons pas hésiter à faire le déplacement avec une plus grande délégation », a déclaré le ministre équato-guinéen.

Le SITA, une initiative panafricaine

Par cet acte, les organisateurs ont donné le top de départ de l’évènement. (Cr. Ph: Remi ZOERINGRE)

Embouchant la même trompette, la représentante du président de la commission de l’Union africaine, Joséphine Charlotte Kala Mayuma, a souligné que l’UA souhaite que les pays du continent africain promeuvent leurs productions. Que ce soit le textile ou les produits agricoles, a-t-elle poursuivi, l’idée est que ces produits soient transformés en Afrique pour qu’il y ait une valeur ajoutée au lieu de les exporter en vue de leur transformation. « La conséquence est que les populations sont laissées dans la pauvreté totale. C’est une fierté d’être associé à cet évènement. Et je remercie le gouvernement burkinabè et le Commissariat général du SITA pour cette initiative que l’Afrique doit encourager », a soutenu Mme Mayuma. C’est pourquoi, au nom du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, Paul Robert Tiendrebéogo a exprimé la détermination du gouvernement à œuvrer au développement du secteur cotonnier et du textile burkinabè. Pour lui, en faisant de Ouagadougou la cité du textile africain où convergent les acteurs de la filière, le SITA s’assigne la lourde mission de donner à l’évènement, un caractère panafricain, contribuant à un métissage culturel.

Plusieurs activités sont prévues au cours de ce salon qui va jusqu’au 30 novembre prochain. Il est prévu une conférence internationale sur le thème de l’édition, un défilé de mode, des expositions et la nuit du Coton qui constituera l’acte final du SITA 2018.

Gaspard BAYALA

 

Air Burkina: Djim Ai a « atterri » pour de bon

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Pour traduire ses vives remerciements à l’hôtesse de l’air admise à la retraite, Ai Barry/Djim, la compagnie Air Burkina a organisé une cérémonie d’au revoir en son honneur, le mardi 27 novembre 2018 sur le tarmac de l’aéroport de Ouagadougou.

Le tarmac de l’aéroport international de Ouagadougou a connu une ambiance particulière dans l’après-midi du mardi 27 novembre 2018. Et pour cause, admise à la retraite, l’hôtesse de l’air, Ai Barry/Djim a effectué son dernier vol avec la compagnie Air Burkina. Après les aéroports d’Abidjan en Côte d’Ivoire, Bobo-Dioulasso, celui de Ouagadougou a été la dernière étape où l’hôtesse a reçu les hommages après 35 ans et 10 mois au service de la compagnie. Sur le tarmac de l’aéroport,  tout a été mis en place pour réserver un accueil chaleureux à Mme Barry. A 15h10, avant que le nouvel Ambraer 195 a bord duquel se trouve l’hôtesse, ne s’immobilise sur le tarmac, la célébration a débuté par des jets d’eau de camions à eau de la brigade des sapeurs-pompiers en forme de demi-cercles pour lui souhaiter la bienvenue. Au pied de la passerelle, attend une grande foule composée de collègues, de parents et d’amis venus féliciter dame Barry pour les services rendus à la compagnie et partant à tous les passagers durant sa carrière d’hôtesse. Dès que l’hôtesse Ai Djim sort de l’avion, les cris de joie, les ovations le tout arrosé de champagne sont au rendez-vous. Une fois au bas de la passerelle, elle est envahie d’accolades et de salutations par-ci et de petits cadeaux par-là.

« J’ai eu froid »

(Cr. Ph: R. ZOERINGRE) Avant de recevoir les cadeaux et les accolades de ses collègues hôtesses, Mme Barry a d’abord été accueillie par sa mère.

L’émotion est à son comble au point que ses paupières sont imbibées de larmes dans un large sourire. « Je remercie Dieu pour m’avoir accompagnée et permis d’accomplir ma mission sans incident. J’ai eu froid au dos lorsque j’ai vu tout ce monde venir m’accueillir. C’est vraiment une joie », lâche-t-elle. Ai Djim a invité les jeunes filles qui embrassent la carrière d’hôtesse à aimer le métier en respectant les usagers. Pour sa collègue Binta Ouédraogo, Mme Barry fait partie de la première génération des hôtesses d’Air Burkina. « Elle nous a appris à travailler avec abnégation en ayant foi en ce que nous faisons. Pour moi, c’est une joie immense de voir qu’elle arrive au terme du combat avec cette volonté de toujours bien faire. Je lui souhaite une bonne et longue retraite pour qu’elle voie l’aviation civile évoluer », confie sa collègue. Selon elle, Mme Barry a forcé l’admiration du personnel à travers sa promptitude, le respect des passagers et le travail bien fait. Le Directeur général d’Air Burkina, Blaise Sanou, pour sa part, dit garder une image positive de l’hôtesse. « C’est une dame qui a su se donner entièrement à la compagnie. Je voudrais que son exemple soit suivi par l’ensemble du personnel d’Air Burkina. Elle a donné toute sa vie à cette compagnie. Nous ne pouvons que la remercier et lui dire de passer sa retraite dans de très bonnes conditions. Elle reste pour nous, un membre de la famille Air Burkina », déclare-t-il. Formée en Hollande, les mérites de Mme Barry/Djim Ai ont été reconnus par les autorités en 2002. Elle a été décorée avec la médaille de Chevalier de l’Ordre du mérite national.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO

pathnema@gmail.com

Dépigmentation à l’injectable: Incursion dans un trafic de corticoïdes

La dépigmentation à l’injectable est de plus en plus pratiquée au Burkina Faso par les femmes. Elles utilisent de multiples produits pour avoir un teint clair « clean » et « soft». Malheureusement la plupart sont des corticoïdes retards, des anti-inflammatoires non stéroïdiens« très puissants »,  utilisés pour le traitement de certaines pathologies en allergologie, en dermatologie, en rhumatologie et bien d’autres spécialités médico chirurgicales. En dépit de leur usage très règlementé en médecine, ces molécules ont  été détournées pour le décapage de la peau au mépris des risques de graves maladies comme le diabète, l’hypertension artérielle et les troubles neurologiques. Voyage  dans un vaste  trafic des corticoïdes qui fait le malheur des femmes.

Kenacort Retard, Triam-Denk, diprostène  ou la triamcinolone,   et la Bétaméthasone  encore appelée Célestène et que savons-nous encore!  Tous ces produits sont des corticoïdes utilisés pour éclaircir la peau par injection.  Ils ont littéralement envahi le marché burkinabè au bonheur des dames qui ont mal à leur peau noire.

Mamie (nom d’emprunt), commerçante au grand marché de Ouagadougou, est une adepte du  Kenacort retard. Elle se fait régulièrement injecter la molécule par un agent de santé à Gounghin, un quartier de la capitale. A vue d’œil,elle présente  un teint peu enviable. Des rougeurs sur tout le corps,des veines verdâtres se laissent voir. Cette mère a dû faire une pause dans l’utilisation du produit à cause de l’allaitement de son nourrisson. Le produit que Mamie utilise, loin d’être un produit  de beauté, est usité en dermatologie, rhumatologie, ORL, médecine interne et dans d’autres  spécialités pour traiter des maladies inflammatoires et immunologiques, selon les explications du dermatologue, en service au Centre hospitalier universitaire (CHU) Yalagado- Ouédraogo, Dr Nomtondo Amina  Ouédraogo. « Par exemple, le Kenacort est utilisé en dermatologie pour faire des infiltrations sur les patients qui ont des chéloïdes, car il a un effet prolifératif » ,précise son collègue, Dr Gilbert Patrice Tapsoba.

Au cours de nos investigations, nous avons pu obtenir 8 boites de Kenacort, dont 5 sans ordonnance toutes avec des reçus de paiement et de caisse et trois par le biais de Facebook.

Comme tout produit pharmaceutique, les corticoïdes ont des effets secondaires parmi lesquels l’hypo pigmentation ou éclaircissement de la peau. Conséquence, ils  ont  vite été détournés  de leur  but thérapeutique pour devenir, de nos jours, un « super éclaircissant » très prisé.  « Les  utilisatrices de ces éclaircissants éprouvent une certaine réticence à admettre une pratique qu’elles savent réprouvée par le corps médical», relate Dr Boukary Diallo, dermatologue au CHU Souro-Sanou  de Bobo-Dioulasso. Toutefois, poursuit-il, c’est lorsqu’il y a une complication assez sérieuse qu’elles finissent par avouer. Selon les confidences  de son collègue, Dr Issoufou Konaté, une dame de la classe aisée a indiqué se faire injecter au Kenacort dans un cabinet de soins à Bobo-Dioulasso, dans le but d’éclaircir sa peau. Après l’injection, elle a eu des ennuis dermatologiques qui ont eu un effet dévastateur sur sa peau.

Renoncer à l’ébène pour la peine

Dr Amina Ouédraogo est, pour sa part, formelle : « l’usage inapproprié des corticoïdes est source de beaucoup de dangers ». Entre autres effets secondaires cutanés,elle énumère les larges vergetures, l’atrophie cutanée (peau mince et fine), la fragilité cutanée, l’acné, les infections bactériennes et mycosiques. Sans oublier les complications métaboliques comme le diabète et l’hypertension artérielle. A cela, la dermatologue ajoute les effets endocriniens dus aux troubles métaboliques que sont la prise de poids, l’obésité, les œdèmes, le déclenchement ou l’aggravation d’un diabète, les accidents cardio-vasculaires et l’hypertension artérielle. Parmi les effets secondaires, figurent également la dépression, l’insomnie, la nervosité, les crampes, la tuberculose, l’ulcère, les hémorragies et les perforations  gastriques et intestinales, le glaucome et la cataracte.

(Cr. Ph: R. Zoéringre) Dr Patrice Tapsoba a confié qu’à forte dose, les corticoïdes diminuent les capacités du système immunitaire de l’organisme humain.

Au regard de leurs conséquences, insiste Dr Tapsoba, la prescription des corticoïdes retards nécessite un maximum de précautions. « Il faut faire des analyses pour s’assurer que le patient n’est pas diabétique, qu’il ne souffre pas d’ulcères ou n’est pas parasité. Utilisés sur un patient parasité, les corticoïdes entrainent des complications aigues qui peuvent causer son décès », précise-t-il. Malgré ces dangers, les corticoïdes continuent de « servir la cause » de la dépigmentation. De nombreuses femmes rencontrées à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso n’ont pas voulu se prononcer sur le sujet. Même constat chez les Travailleuses du sexe (TS), un secteur où la pratique est plus répandue. Mais quand l’évidence est là, ces femmes qui ont pris le « baptême de la dépigmentation » nient tout en bloc. Des serveuses de bars et des belles de nuit  dans la ville de Sya ont visiblement décapé leur peau, mais nient sans gêne qu’elles ne le font pas. Seules quelques-unes reconnaissent recourir aux corticoïdes pour se dépigmenter. C’est le cas de V.G., une Ivoirienne qui réside à Houndé. Elle a eu à utiliser plusieurs fois le Kenacort Retard. Dans son pays, elle obtenait le « sésame » grâce à une de ses  cousines caissière dans une pharmacie.Elle allait également se  faire injecter dans la clinique de son oncle. Au  Burkina Faso, elle soutient avoir obtenu de Kenacort 80mg dans un cabinet de soins, à Ouagadougou. Par l’intermédiaire d’une de ses copines qui en disposait abondamment, V. G. a fait aussi usage du Triam-Denk. Grâce aux multiples injections, V.G. est parvenue à avoir « un teint clair » dont elle se dit  fière. « Ça me plait  car au résultat, j’ai eu un joli teint très propre », s’exclame-t-elle avant d’ajouter qu’il faut cependant continuer les injections pour demeurer attirante. Consciente des effets négatifs des produits décapants, V. G. dit en faire usage avec modération.

La complicité de certains agents de santé

En clair, ce sont plusieurs sources qui approvisionnent les abonnées aux corticoïdes. La dermatologue Amina Ouédraogo évoque, par ailleurs la complicité d’agents de santé « peu scrupuleux ». Son collègue, Dr Tapsoba abonde aussi dans le même sens : «Normalement, ce sont des produits qui ne peuvent pas  être délivrés sans ordonnance médicale. Il est possible que des professionnels de la santé soient complices de cette pratique malsaine». Des propos confirmés par une fille de joie, âgée de 22 ans, rencontrée, le 7 juillet dernier à Koumbia, localité située à une soixantaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso. Le 22 juin 2018, à sa demande, un infirmier en service au CSPS de Koumbia lui a injecté le Kenacort contre 7 000 F CFA. « Ça n’a pas travaillé sur moi», dit-elle avec regret dans un français approximatif. Le premier responsable dudit CSPS, Oumarou Ouédraogo, a reçu cette révélation comme une douche froide. « Cela me surprend sérieusement parce qu’avant toute administration des corticoïdes, je suis toujours informé par le personnel », argue-t-il. M. Ouédraogo se dit étonné d’autant plus que dans le dépôt pharmaceutique, il ne dispose que de  médicaments génériques, contrairement aux corticoïdes qui sont des spécialités. Cependant, il reconnaît que certains patients tentent de tromper les agents de santé pour se le faire administrer. « En août 2017, huit femmes sont venues chez nous avec du Kenacort pour des injections, trois autres au mois de février 2018 pour solliciter une prescription de Kenacort», révèle le major du CSPS du secteur n°24, de Bobo-Dioulasso, Hamidou Traoré.

Même sans ordonnance !

Au-delà des prescripteurs et des « injecteurs », le dermatologue, Patrice Tapsoba, dénonce un laxisme dans les pharmacies qui facilite l’obtention des corticoïdes. Pour faire le constat, nous nous sommes rendues dans deux pharmacies à Bobo-Dioulasso pour acquérir du Kénacort Retard. Sans surprise, nous avons été servies, sans ordonnance médicale.  Dans la première officine au secteur n°25, deux boîtes de Kenacort Retard 40mg ont été obtenues à 8 200 F CFA, le 4 juillet 2018. Dans la seconde, au quartier Colma, une boîte de 40 mg nous a été vendue à 2 600 FCFA, le 6 juillet.  Même facilité pour obtenir la boîte  à 3 500 F CFA, la dose de 40mg le samedi 7 juillet, à Houndé. Dans ces trois officines, c’est la dose et le nombre de boîtes qui importent. Toutefois, le produit nous a été refusé sans ordonnance dans certaines pharmacies à Bobo-Dioulasso. « Même en présence du pharmacien, on ne peut pas vous servir, parce que ce sont les consignes que nous avons reçues », nous ont répondu toutes les gérantes  face à notre insistance de rencontrer leurs patrons.

En février 2018, dans un salon de coiffure de la capitale, nous découvrons une habituée du circuit d’approvisionnement du Kenacort Retard. Par le biais d’une de ses camarades et son copain médecin, elle n’éprouve aucune difficulté pour obtenir du Kenacort Retard. « Si tu en as besoin, je vois mon ami médecin qui va te délivrer une ordonnance », nous propose-t-elle. Avec sa camarade qui vend le produit, rendez-vous a été pris dans un maquis, non loin du palais de la culture Jean-Pierre-Guingané. Décidée à nous fournir la « marchandise », elle regrette de n’avoir pas pris ce que lui proposait une de ses cousines la veille. De manière malencontreuse, la patronne du salon de coiffure a dévoilé à notre fournisseuse, notre profession de journaliste. En un clic, elle a changé d’avis et pris ses jambes à son cou, refusant désormais de décrocher nos appels.

Après cet « échec », nous avons réussi à nous procurer le Kenacort Retard 80mg à 4 900 F CFA avec un délégué médical.  Dans la soirée du 29 mars, celui-ci nous a livré, en plus du produit une ordonnance à notre nom.

Ce sont là, un ensemble de faits qui confortent la conviction de Dr Tapsoba lorsqu’il pointe du doigt une pratique illégale de la médecine. « Les agents de santé ne sont pas les seuls responsables, car il y a des individus qui ne sont pas du corps, mais qui savent faire des injections », avance le dermatologue qui n’occulte pas non plus un trafic qui échapperait au circuit pharmaceutique.

Des offres sur  Facebook

Sur les réseaux sociaux, le Kenacort et le Triam-Denk et le Pemadexe sont vendues comme des produits de beauté.

Alors que nous étions en quête de corticoïdes en début avril, monsieur H, un vendeur de produits cosmétiques au grand marché de Ouagadougou nous indique un autre qui a fait du Kenacort Retard son « business ». Contacté, le « businessman » dit ne plus en vendre. «Nous sommes à nos débuts et nous voudrions juste commencer par une ou deux doses », lui avons-nous dit. Impossible, souligne-t-il, parce que le fournisseur doit faire venir la marchandise d’un pays voisin dont le montant est estimé à 200 000 francs CFA.

Au grand marché de Bobo-Dioulasso, les corticoïdes se vendent comme de simples articles à la portée de tous. Malheureusement, à notre arrivée, le 6 juillet 2018, le vendeur dit en manquer pour l’instant. « Je commande dans les pharmacies mais cela prend du temps et souvent à cause des ruptures», relate  notre vendeur O.O.

La promotion des corticoïdes se fait également sur les réseaux sociaux. Sur des pages Facebook ; nous y avons déniché un spécialiste de la vente dans la journée du 7 mai 2018. C’est une page avec le profil « T.E. B.P» qui présente à la fois, trois produits pharmaceutiques, tous des corticoïdes injectables : le Kenacort Retard 80Mg, le Triam-Denk 40Mg et le PEMADEX, Dexamethasone. Avec des images et des contacts téléphoniques d’un pays voisin, ces injectables sont présentés comme des produits de beauté qui améliorent, conservent et embellissent la peau. Ils nettoient et éliminent les bactéries à l’intérieur du corps et peuvent être utilisés sur toutes les peaux. « Alors consultez votre spécialiste pour un teint idéal.  Les soins et le suivi du traitement de votre peau seront compris dans le coût », explique le promoteur sur sa page facebook.

Les contacts en main, nous tentons l’aventure. D’abord des échanges in box, et des coups de fils du 21 au 24 mai, et  nous voilà avec le vendeur virtuel. « C’est lequel des produits vous voulez ? », demande notre interlocuteur. Après une séance de questions-réponses, il aboutit à la conclusion qu’il nous faut deux kits de Kenacort Retard 80mg à 45 000 francs CFA l’unité. « Nous sommes des agents de santé et nous faisons un travail professionnel. Nous avons l’habitude de livrer nos produits dans beaucoup de pays sans problème. Si ce n’est pas avec nous, vous ne pouvez pas obtenir ce produit en pharmacie sans ordonnance médicale », assure-t-il.  Après plusieurs appels, le montant a été revu à la baisse, à 20 000 F  CFA les deux doses. Mais pour « rupture de stock », le fournisseur nous propose de transférer d’abord l’argent qui va servir à lancer une nouvelle commande. Par prudence, la somme n’a pas été transférée. Une autre page Facebook  retrouvé le 7 juin, propose des produits similaires, avec des coordonnées du Burkina Faso. Jointe par téléphone, une femme confirme la vente du « Kenacort Retard » à raison de 5000 F CFA la dose de 80mg. Recontactée le samedi 23 juin, notre interlocutrice annonce que le produit arrive le lendemain de la Côte d’Ivoire. Après plusieurs coups de fil, sans suite, nous finissons par nous rendre sur son site, le 3 juillet, à plus de 500 km de la  capitale pour nous procurer finalement les trois doses à 20 000 FCFA.

La sensibilisation, une nécessité

Encore une autre page Facebook proposant des injectables éclaircissants nous oriente vers un cabinet de soins infirmiers à Ouagadougou. Dans la soirée du lundi 26 mai 2018, nous nous rendons au lieu indiqué. Dans l’établissement sanitaire, un agent de santé nous sermonne devant les clients.

« Qu’est-ce que tu veux ? Du Kenacort ? Es-tu malade ? Non. Nous n’en vendons pas ici. Il faut aller en pharmacie ». Dans les faits et selon notre source de la page Facebook, nous devrions prendre le ticket de consultation et expliquer au médecin lui-même, propriétaire du cabinet que nous voulions du Kenacort. Ce dernier allait nous donner le produit et faire l’injection, le tout à 5 500 F CFA.

L’ampleur du phénomène est telle que des actions urgentes s’imposent. Et le problème doit être porté au haut niveau avec les Ordres des dermatologues, des pharmaciens et autres praticiens de la santé.  Dr Diallo souhaite l’inscription de la dépigmentation au prochain congrès des dermatologues   prévu pour se tenir en 2019. La grande difficulté à maîtriser les circuits d’importation et de distribution illégales, ainsi que la vente sur internet, révèle la nécessité de mettre en place une campagne nationale d’information. Une opportunité pour attirer l’attention des utilisateurs sur les risques encourus.

En attendant toutes ces actions, les pharmaciens ont déjà engagé la lutte. Le président de l’Ordre des pharmaciens de l’Ouest, Dr Issa Tarpaga, qualifie la délivrance des corticoïdes sans ordonnance de faute professionnelle, passible de sanctions par sa structure, allant de l’avertissent à l’exclusion du corps en passant par la suspension. Le Burkina Faso peut aussi compter sur la « Convention médicrime », un traité auquel il a adhéré le 16 février 2017. Un dispositif juridique et pénal dissuasif qui permet de surveiller toute la chaîne depuis le fabricant jusqu’à l’utilisateur, en passant par l’importateur et le distributeur.

 

Mariam OUEDRAOGO

mesmira14@gmail.com


31 mn   pour échapper à une injection  du Kenacort

Le mardi 10 juillet 2018, nous nous sommes résolues à nous rendre au quartier Nonsin de Ouagadougou, où l’une des utilisatrices de Kenacort Retard, a l’habitude de faire ses injections. Mais avant, une halte dans une boutique aux alentours du grand marché Rood Woko nous a permis, par l’intermédiaire d’un vendeur de produits cosmétiques, de convaincre un autre de nous livrer le Kenacort Retard 80mg et l’injection à 7000 FCFA.

Le marché est conclu avec un infirmier à la station Pétrofa de Cissin, nous rallions le centre de santé, non pas pour des soins, mais uniquement pour se faire délivrer une ordonnance de Triam-Denk 40mg.  Une fois l’objet dévoilé, l’infirmière A. K, toute surprise, nous assomme de questions et refuse de nous livrer l’ordonnance. Mieux, elle a tenté de nous dissuader de nous aventurer dans la dépigmentation.

Nous avons exprimé notre besoin à B. O, un de ses collègues venu la remplacer. Celui-ci a marqué son accord. L’ordonnance de deux boîtes  de  Triam-Denk 40 mg, en main, nous tentons de  rejoindre  notre agent de santé  pour l’injection à la station Petrofa de Cissin. Sur les lieux, aux  environs de 21h, nous trouvons une jeune dame,   nommée J. C,en lieu et place d’un homme comme  annoncé.  Elle nous demande d’aller à notre domicile pour l’administration du produit. Des astuces ont été trouvées pour éviter l’injection. Quid des risques sanitaires ? Elle se veut rassurante. « Si tu étais hypertendue, j’allais te donner des produits avant de faire l’injection», souligne la dame. Face à notre inquiétude, elle décide de présenter sa carte professionnelle de la santé, mais après des fouilles, c’est un cahier rempli d’ordonnances, de certificats et de bulletins d’examen médicaux qui a été sorti. Elle prétexte l’avoir oubliée à la maison.

« Est-ce que si je n’étais pas de la santé, je pouvais avoir tous ces documents ? », nous lance J.C

 

Seulement là-bas, il faut débourser 25 000 F CFA au lieu de 7000 FC FA. Chose qui ne l’arrange pas parce que, les sous vont directement dans les caisses des cliniques. S’estimant toujours pas convaincante,  elle sort une autre preuve. Dans sa tablette, elle nous  montre deux  photos d’une de ses clientes, avant et après les injections du Kenacort.  Sur ces images, la différence est nette, celle d’après Kenacort est très « blanche » et bien ronde. La dame en question a un nourrisson, elle est à sa 8e injection. Ces différentes piqûres lui ont été administrées par J.C pendant sa grossesse et même après son accouchement. Dans sa volonté de nous persuader, elle avoue avoir elle-même arrêté les injections sous la pression de sa belle-famille. Après toutes ces tentatives, nous sommes restés de marbre. Elle finit par lâcher : «Je n’ai jamais rencontré quelqu’une de peureuse comme toi». Mais avant de s’en aller  elle nous présente une boîte de Kenacort  Retard 80mg, qu’elle refuse de nous donner même contre les 7000 FCFA.

M.O