Semaine WASCAL 2016 : Le ministre Filiga sur le site du nouveau siège

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Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation Pr Filiga Michel Sawadogo, accompagné d’une délégation allemande, a visité le site du futur siège du Centre ouest-africain des services scientifiques sur le changement climatique et l’utilisation adaptée des terres (WASCAL), le 6 septembre 2016, à Ouagadougou. 
Le Centre ouest-africain des services scientifiques sur le changement climatique et l’utilisation adaptée des terres (WASCAL) veut délocaliser son siège de Ouaga 2000. L’organisme a acquis un nouveau terrain de 4 hectares non loin de l’Université Ouaga 1 Pr Joseph-Ki-Zerbo. Ainsi, dans le cadre de la «semaine Wascal» qui se tient, du 3 au 9 septembre 2016, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Pr Filiga Michel Sawadogo, a effectué une visite sur le nouveau terrain. Lequel terrain «accouchera» d’un immeuble à trois niveaux (R+3). Il s’agissait de montrer concrètement aux partenaires et à la délégation allemande que le terrain attribué par le Burkina Faso pour la construction du centre est disponible.
«Nous avons pris la précaution de faire un titre foncier», a précisé Pr Sawadogo. Et d’ajouter : «Le centre du projet Wascal est un centre de plus de deux milliards de F CFA ; il concerne l’assistance de plus de dix pays  et deviendra une institution de la CEDEAO, car elle se préoccupe des questions de changement climatique». Le ministre Filiga Sawadogo a déclaré que le projet WASCAL est le lieu de recherches sur le changement climatique afin que les populations puissent résister aux effets néfastes de ce changement, devenu de nos jours une préoccupation mondiale. De son côté, la partie allemande se réjouit de la coopération avec le Burkina Faso. «L’Allemagne est satisfaite de son accord avec le gouvernement du Burkina Faso, car le changement climatique est un phénomène contre lequel la lutte est nécessaire», a déclaré le représentant du ministère allemand de l’éducation Gregor Laumann. WASCAL est un centre de service climatique axé sur la recherche à grande échelle et conçu pour améliorer la résilience des systèmes  humain et environnemental au changement climatique.
Chadia W. D. ZONGO
Christelle GOMBRE (Stagiaires)

Régions des Cascades : les inondations menacent les cultures

Le gouverneur de la région des Cascades,  Léontine Zagré,  a effectué, le 31 août 2016 dans les provinces de la Comoé et de la Léraba, une tournée de suivi de la saison agricole. Dans l’ensemble, les différentes spéculations présentent une bonne physionomie, mais sont sous la menace des eaux qui pourraient compromettre les bonnes récoltes.  
De façon générale, la campagne agricole se présente sous de meilleurs auspices dans la région des Cascades, toujours placée parmi les bastions agricoles du Burkina. En tout cas, c’est le constat qu’a pu faire le gouverneur,  Léontine Zagré et sa suite, ce mercredi 31 août à la faveur de cette tournée qui l’a conduite dans une dizaine de localités de la Léraba et de la Comoé. En route pour Douna dans le champ de Bawala Son, un producteur modèle, le convoi, composé de techniciens agricoles et de responsables de services déconcentrés, a fait escale à Kribina pour constater de visu les quatre nouveaux magasins de stockage des produits agricoles et intrants, réalisés par l’UEMOA au profit de l’Union provinciale des professionnelles agricoles (UPPA) de la Comoé. Erigés sur 2 hectares en 2014, ces magasins ont une capacité de 500 tonnes chacun. Mais des problèmes existent, car il n’y a ni eau ni électricité. La SONABEL exige 17 millions de FCFA pour la connexion depuis Banfora, somme que l’UPPA dit ne pas posséder. Après ces magasins, la délégation s’est arrêtée un peu plus loin sur un site dénommé « Le germoplasme ». En clair, c’est un site de recherche en vue de mettre dans une dizaine d’années à la disposition des producteurs, des variétés performantes d’anacardiers. Ensuite, une trentaine de minutes après, le long cortège est arrivé aux abords de l’exploitation de Bawala Son. Ici, le maïs (8 hectares dont 5 ensemencés) a une belle physionomie et est au stade d’épiaison. En plus du maïs, ce producteur qui a dit avoir séjourné deux ans dans les plantations en Côte d’Ivoire, a semé du riz, de l’arachide, du sésame. Il possède aussi une plantation de palmiers et d’anacardiers. Mais les fortes pluies qui s’abattent sur la région ne sont pas pour rassurer ce brave producteur qui vit dans la hantise des inondations.

252 400 tonnes de céréales attendues

Après cette étape, le cortège a marqué un arrêt dans le bas-fond rizicole de Manema, exploité majoritairement par des femmes (84,58%), la parcelle vitrine des producteurs de Douna et sur la plaine de Douna/Niofila. Construit en 1985, le barrage de Douna a une capacité de 50 millions de m3. Minés par l’usure, aussi bien la digue que le canal de drainage de l’eau sont tombés dans une dégradation avancée. Sur ce site, 410 hectares sont exploités par 1200 exploitants sur un potentiel de 1500 hectares. Depuis, un programme de restructuration et de mise en valeur de la plaine a été mis en place par le gouvernement, et s’attèle à réhabiliter la digue du  barrage, à mettre sur pied le réseau d’irrigation et à réfectionner les pistes et les voies d’accès au périmètre. Le point de chute de la tournée de Mme le gouverneur a été le village de Kangoura, dans la commune rurale de Loumana. Dans cette localité, la délégation a visité l’exploitation de Kolvana Ouattara, avant que la première autorité régionale mette symboliquement en service, une Adduction d’eau simplifiée (AEPS). Pour cette campagne, Kolvana Ouattara a ensemencé 34,5 hectares, dont 18 en coton. Rien que pour le coton, il s’attend à engranger quelques 4 567 410 de FCFA. Dans l’ensemble, le constat qui s’est dégagé de cette sortie est que les opérations culturales se déroulent normalement, variant entre l’épandage de fumures, le labour et le sarclage. Dans les localités visitées, les plantes sont au stade de montaison et à la récolte de maïs. A Niofila, le gouverneur a même donné le ton de la récolte de maïs sur la parcelle d’un producteur.  Par endroits, les exploitations ont été inondées par les eaux. « Il y a des frayeurs », a dit Léontine Zagré qui estime cependant garder l’espoir que les prévisions de 252 400 tonnes de céréales, de 122 000 tonnes de cultures vivrières et de 40 000 tonnes de cultures de rente seront atteintes.
Frédéric OUEDRAOGO

Ecole inter-Etats des sciences et médecine vétérinaire : l’équilibre financier, un défi majeur à relever

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La 45e session ordinaire du Conseil d’administration de l’Ecole inter-Etats des Sciences et de Médecine vétérinaires (EISMV) de Dakar s’est tenue, du 2 au 5 septembre 2016, à Ouagadougou. L’avenir de ladite école a été au centre de la rencontre des ministres des 15 Etats membres tenue au terme du conclave. 
Créée en 1968, l’Ecole inter-Etats des Sciences et de Médecine vétérinaires (EISMV) de Dakar a mis à la disposition des 15 Etats membres et de l’Afrique, plus de 1300 docteurs vétérinaires. Ce prestigieux établissement est, cependant, en proie à des difficultés financières qui empiètent sur son bon fonctionnement. C’est pourquoi, lors de la 45e session ordinaire du Conseil d’administration de l’EISMV, tenue du 2 au 5 septembre 2016, dans la capitale burkinabè, les différents ministres des pays membres ont planché sur la santé financière de l’école. « Le principal défi de l’EISMV à ce jour est son équilibre financier. Les ressources financières de l’école proviennent essentiellement des contributions des Etats-membres. Malheureusement, ceux-ci  ne sont pas à jour de leurs cotisations. Cela peut mettre en péril les capacités de l’école à fournir des prestations qui sont attendues d’elles », a confié le président du Conseil d’administration, Bruno Jean Richard Itoua, par ailleurs ministre de l’Enseignement supérieur du Congo. Il a proposé, de ce fait, que les pays concernés soient sensibilisés à régler les frais de scolarité et d’inscription de leurs différents étudiants. « Nous allons travailler à rendre crédible l’ EISMV, d’abord au sein des Etats, puisqu’il y a des Etats-membres qui contribuent et qui n’envoient pas beaucoup d’étudiants », a expliqué M. Itoua.
Sur cette question, le ministre en charge de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Pr Filiga Michel Sawadogo, représentant le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a confié que le Burkina Faso envoie habituellement cinq étudiants. « Nous verrons dans la mesure du possible comment accroître cet effectif », a-t-il promis. Pour le président du Conseil d’administration, il sera judicieux à l’EISMV de dispenser aussi les cours en anglais, parce qu’il est enseigné tout au long du cursus. « L’école est essentiellement francophone », a précisé le ministre congolais. Et le Pr Sawadogo d’ajouter que l’EISMV est un instrument de coopération interafricaine et internationale. Pour ce faire, il est plus que nécessaire de renforcer les acquis et de travailler à relever l’ensemble des défis. Un avis partagé par le directeur général de l’EISMV, Pr Yalacé Kaboret. Celui-ci a souligné que l’école forme des cadres du secteur de la santé et productions animales, produit des savoirs innovants par la recherche et apporte son appui en expertise et ingénierie dans la réalisation des politiques nationales et régionales agricoles. L’objectif de l’EISMV, a poursuivi Pr Kaboret, est d’appuyer les Etats pour faire du secteur de l’élevage et des ressources halieutiques, un moteur de la croissance économique.  Les pays- membres de l’EISMV sont le Burkina Faso, le Bénin, le Burundi, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Rwanda, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

Changements climatiques : 20 maîtres-formateurs renforcent leurs capacités

La représentation nationale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a organisé, du 16 au 31 août 2016, à Kaya, chef-lieu de la région du Centre-Nord, un atelier de formation des maîtres formateurs sur l’approche « Champ-école agro-pastoral (CEAP)» et l’adaptation aux changements climatiques. Cette session de formation a permis de renforcer les compétences de 20 maîtres formateurs. 
Former 20 maîtres- formateurs en approche «Champ-école agro-pastoral (CEAP)» adaptation aux changements climatiques à même d’animer des sessions de formation de facilitateurs, tel a été l’objectif principal de cet atelier de formation tenu à Kaya, du 16 au 31 août 2016. Cette session de formation a consisté à renforcer les compétences théoriques et pratiques des maîtres- formateurs issus de l’unité de coordination du projet de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et des ministères en charge de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement. Ainsi, sous la facilitation de quatre maîtres-formateurs, la session a allié théorie et pratique basées sur la méthode d’éducation non formelle. « Cette formation s’est voulue plus pratique  en plus de la formation théorique, nous avons fait des sorties terrains dans une communauté d’agropasteurs à Kaya», a souligné Victor Sawadogo, consultant à la FAO et chargé du renforcement organisationnel des acteurs.
Pour Marie Bernadette Toé, coordonnatrice nationale du projet GCP/BKF/054/LDF, l’approche « champ-école » développée par la FAO est adressée aux producteurs pour les amener à adopter les bonnes pratiques agro-sylvo-pastorales. C’est pourquoi, le site de Kaya (Damgagué) est un site expérimental et en même temps pédagogique pour les sessions de formation. Le directeur régional des ressources animales et halieutiques du Centre-Nord, Abdoulaye Ouédraogo, à l’ouverture de la session, a invité les participants à l’assiduité, au regard de l’importance des thèmes à développer , mais aussi de leur rôle dans la chaîne de renforcement des capacités des cibles. A l’issue de la formation, le consultant, Victor Sawadogo s’est dit satisfait du niveau de réceptivité des participants et confiant quant au redéploiement des connaissances acquises au profit des facilitateurs des services techniques intervenant dans le monde rural qu’ils auront à former à leur tour.

Renforcer la résilience des populations aux  changements climatiques

Selon les organisateurs, cette session de formation qui concerne des cadres des régions du Sahel, du Centre-Nord, du Centre-Ouest et de l’Est est la première d’une série de quatre qui seront étalées jusqu’en décembre 2016. Le changement climatique a des impacts importants sur les terres, les sols, l’eau et les écosystèmes agricoles au Burkina Faso, menaçant les moyens de subsistance de la grande majorité des populations rurales. « Ce défi représente une fois de plus un challenge pour le partenariat entre la FAO et le Burkina Faso», a précisé madame Toé Marie Bernadette, coordonnatrice du projet GCP/BKF/054/LDF.
Ce projet-réponse à cette situation, selon elle, est une initiative conjointe du ministère de l’Agriculture et des aménagements hydrauliques, de la FAO et du FEM. Il vise à renforcer les capacités des secteurs agricole et pastoral du Burkina Faso à faire face aux changements climatiques en inscrivant les pratiques et les stratégies d’Adaptation aux changements climatiques (ACC) dans les initiatives de développement agricole en cours, les politiques agricoles, la programmation et l’augmentation de l’adoption des pratiques et des technologies d’ACC par les agriculteurs. Le projet GCP/BKF/054/LDF, d’une durée de quatre ans (octobre 2015 – avril 2019), aidera particulièrement les communautés vulnérables des régions du Centre-Ouest, du Centre-Nord, du Sahel et de l’Est, à intégrer les considérations de changement climatique en vue d’accroître la résilience des systèmes de production agricole et pastorale.
Les Champs-écoles des producteurs (CEP) et les Champs-écoles agropastoraux (CEAP) sont, entre autres outils, sur lesquels le projet s’appuiera pour renforcer les capacités des agriculteurs et des éleveurs sur diverses thématiques orientées sur les bonnes pratiques d’ACC et d’intégration des systèmes culture/élevage/arbre.
Au Burkina Faso, l’approche CEP a été introduite  par la FAO au milieu des années 1990. Son succès est reconnu par le gouvernement qui l’a adopté, en 2010, comme approche de vulgarisation du Programme national de vulgarisation et d’appui-conseil agricole (PNVACA) du ministère en charge de l’agriculture. Toutefois, le modèle standard des CEP, centré exclusivement sur les cultures (production végétale), présente des limites d’intégration. En effet, la majorité des producteurs pratique des systèmes intégrés de culture/d’élevage/d’arbre. Aussi, les curricula actuels des CEP n’abordent pas suffisamment  la problématique du changement climatique dont les effets compromettent sévèrement les activités agro-sylvo-pastorales. L’appui aux producteurs pour le renforcement de leur capacité de résilience climatique requiert une approche holistique orientée sur leurs moyens de subsistance. Le CEAP qui est une approche flexible orientée sur les résolutions intégrées des problèmes locaux est appropriée dans ce contexte.
Augustin Irwaya OUEDRAOGO

Changements climatiques : 20 maîtres-formateurs renforcent leurs capacités

L’Afrique est un continent où, du moins en apparence, nous nous félicitons de notre diversité, qui se traduit par la grande variété de nos nombreuses cultures, langues, modes, flores et faunes. C’est pourquoi on ne peut qu’être perplexe lorsque l’on constate qu’une grande partie de la population africaine dépend d’un petit nombre de cultures telles que  le maïs, le riz et le blé. Cette dépendance n’est pas simplement monotone d’un point de vue gustatif ; elle porte aussi grandement atteinte à la qualité de nos régimes et crée un système agricole plus vulnérable, en particulier lors d’importantes sécheresses comme celle qui touche cette année le sud de l’Afrique.

Le secteur agricole africain a récemment suscité beaucoup de débats. Ce secteur est en bonne position pour devenir le nouveau moteur économique d’un continent devenu trop dépendant de marchandises comme le pétrole. Cette semaine, des chefs d’État et d’importants responsables venant d’Afrique et du monde entier se rassemblent à Nairobi dans le cadre du Forum sur la révolution verte en Afrique. À cette occasion, de nouveaux engagements se chiffrant à plusieurs millions de dollars à destination des petits exploitants d’Afrique pourraient voir le jour.

Néanmoins, il est peu probable que l’Afrique réalise son potentiel agricole ou qu’elle soit prête à faire face à des défis tels que les sécheresses – dont la fréquence s’accélère en raison du changement climatique – à moins que nous changions notre manière d’envisager la diversité des cultures.

Ces deux dernières décennies, mon travail a tourné autour du développement et de la promotion de patates douces enrichies sur le plan nutritionnel. Cette expérience m’a convaincue du fait que, avec la bonne approche, les agriculteurs seront enclins à cultiver une plus grande variété de cultures et que les consommateurs finiront par adopter les nouveautés disponibles à table.

L’Afrique a la chance de bénéficier d’une grande richesse en termes de diversité de cultures. La plupart de ces cultures – y compris le sorgho, l’igname et le niébé – trouvent leur origine sur le continent. Mais de nombreuses autres cultures y sont arrivées via le commerce, depuis l’Asie comme la banane, le pois d’Angole et le blé, ou d’Amérique, comme les haricots, le manioc et le maïs. Et pourtant, plutôt que de tirer parti de ces nombreuses options alimentaires, nous avons excessivement misé sur quelques cultures seulement.

 

Prenez le cas du maïs dans l’est et le sud-est de l’Afrique. Il peut certes pousser dans différents environnements et fournir une quantité importante de calories. Néanmoins, le maïs a aussi ses faiblesses, parmi lesquelles sa sensibilité à la sécheresse et aux insectes ainsi que ses médiocres qualités nutritionnelles.

Même si les travaux de recherche ont récemment permis de développer des variétés de maïs plus résistantes et nutritives, cela demeure insuffisant. En effet, dans de nombreuses régions, la hausse des températures et des précipitations de plus en plus irrégulières entraîneront une baisse des rendements agricoles – jusqu’à 22% dans de nombreuses régions et jusqu’à 60% en Afrique du Sud et au Zimbabwe, selon le rapport 2015 du Panel de Montpellier.

Un vaste corpus de recherche montre que les agriculteurs sont moins susceptibles de subir de lourdes pertes à cause des insectes, des maladies ou de la sécheresse s’ils plantent un éventail plus large de cultures. Aujourd’hui, les conséquences de la propagation de la nécrose létale du maïs et de la rouille noire du blé sont grandement amplifiées par le manque de cultures alternatives. Cette année au Malawi, la sécheresse a dévasté les cultures de maïs et de haricots, alors que les agriculteurs qui font pousser des cultures naturellement résistantes et nutritionnelles comme les pois chiches et les patates douces s’en sont bien mieux sortis.

Si les bénéfices sont si évidents, pourquoi les agriculteurs ne se diversifient-ils pas spontanément ? La réponse est qu’ils pourraient vouloir se diversifier, mais s’abstiennent à cause de politiques et d’obstacles institutionnels. Lorsque des cultures comme le maïs commencent à prendre de l’ampleur, les gouvernements et le secteur privé accélèrent leur développement en attribuant, entre autres, des subventions et des aides à la recherche. Dans le même temps, d’autres cultures potentiellement utiles telles que le manioc et le sorgho sont négligées, se voyant aussi parfois attribuer les qualificatifs peu flatteurs de « cultures du pauvre » ou de « cultures pour les terres peu productives ».

 Ce n’est pas une fatalité. Mon travail sur les patates douces m’a appris qu’il est possible de faire de ces « vilains petits canards » des cygnes.

Tout d’abord, nous avons besoin d’une recherche axée sur l’ajout de valeur à ces cultures et sur l’amélioration de leur résistance naturelle. Dans le cas de la patate douce, nous avons élaboré une variété ayant des niveaux de bêta-carotène (le précurseur de la vitamine A) plus élevés, une meilleure tolérance à la sécheresse et une plus forte résistante aux virus.

La deuxième tâche essentielle concerne les agriculteurs, qui ont besoin d’une source fiable de semences saines. Ce n’est pas une tâche simple pour les cultures généralement ignorées par les entreprises de semences locales et les multinationales, en particulier si, comme les patates douces, elles se propagent par des éléments végétaux encombrants et périssables. Pour celles-ci, nous avons travaillé avec des réseaux locaux d’agriculteurs et des organisations non gouvernementales (ONG) afin de parvenir à multiplier et disséminer du matériel végétal amélioré à grande échelle.

Enfin, le marketing et la valorisation de la marque – des éléments qui ne viennent pas nécessairement à l’esprit de chercheurs comme moi – ne doivent pas être oubliés. Nous avons eu recours à divers outils de marketing et de communication afin de sensibiliser les consommateurs aux nombreux avantages de la patate douce, qui peut être utilisée comme aliment de base, fourrage pour animaux, en-cas et ingrédient pour aliments transformés.

Le thème du Forum sur la révolution verte en Afrique est « Saisir le moment ». Je ne peux imaginer de meilleur moment pour que les dirigeants présents à cet événement fassent de la diversité des cultures un axe central de leurs programmes en faveur de l’agriculture africaine. À l’instar des vêtements aux couleurs des participants d’Afrique de l’Ouest qu’ils pourront admirer lors du Forum, je pense qu’ils devraient aussi soutenir une mosaïque plus large de cultures alimentaires pour nos agriculteurs. J’ai déjà observé les bénéfices obtenus quand les patates douces à chair orange éclaboussent les fermes africaines et les régimes alimentaires africains.

Dr Maria Andrade

NB: Phytologue au Centre international de la pomme de terre, le Dr Maria Andrade est l’une des quatre vainqueurs du Prix mondial de l’alimentation 2016. Elle est membre du bureau de l’AGRA. 

Trouver le point d’équilibre de l’agriculture africaine

L’Afrique est un continent où, du moins en apparence, nous nous félicitons de notre diversité, qui se traduit par la grande variété de nos nombreuses cultures, langues, modes, flores et faunes. C’est pourquoi on ne peut qu’être perplexe lorsque l’on constate qu’une grande partie de la population africaine dépend d’un petit nombre de cultures telles que  le maïs, le riz et le blé. Cette dépendance n’est pas simplement monotone d’un point de vue gustatif ; elle porte aussi grandement atteinte à la qualité de nos régimes et crée un système agricole plus vulnérable, en particulier lors d’importantes sécheresses comme celle qui touche cette année le sud de l’Afrique.

Le secteur agricole africain a récemment suscité beaucoup de débats. Ce secteur est en bonne position pour devenir le nouveau moteur économique d’un continent devenu trop dépendant de marchandises comme le pétrole. Cette semaine, des chefs d’État et d’importants responsables venant d’Afrique et du monde entier se rassemblent à Nairobi dans le cadre du Forum sur la révolution verte en Afrique. À cette occasion, de nouveaux engagements se chiffrant à plusieurs millions de dollars à destination des petits exploitants d’Afrique pourraient voir le jour.

Néanmoins, il est peu probable que l’Afrique réalise son potentiel agricole ou qu’elle soit prête à faire face à des défis tels que les sécheresses – dont la fréquence s’accélère en raison du changement climatique – à moins que nous changions notre manière d’envisager la diversité des cultures.

Ces deux dernières décennies, mon travail a tourné autour du développement et de la promotion de patates douces enrichies sur le plan nutritionnel. Cette expérience m’a convaincue du fait que, avec la bonne approche, les agriculteurs seront enclins à cultiver une plus grande variété de cultures et que les consommateurs finiront par adopter les nouveautés disponibles à table.

L’Afrique a la chance de bénéficier d’une grande richesse en termes de diversité de cultures. La plupart de ces cultures – y compris le sorgho, l’igname et le niébé – trouvent leur origine sur le continent. Mais de nombreuses autres cultures y sont arrivées via le commerce, depuis l’Asie comme la banane, le pois d’Angole et le blé, ou d’Amérique, comme les haricots, le manioc et le maïs. Et pourtant, plutôt que de tirer parti de ces nombreuses options alimentaires, nous avons excessivement misé sur quelques cultures seulement.

 

Prenez le cas du maïs dans l’est et le sud-est de l’Afrique. Il peut certes pousser dans différents environnements et fournir une quantité importante de calories. Néanmoins, le maïs a aussi ses faiblesses, parmi lesquelles sa sensibilité à la sécheresse et aux insectes ainsi que ses médiocres qualités nutritionnelles.

Même si les travaux de recherche ont récemment permis de développer des variétés de maïs plus résistantes et nutritives, cela demeure insuffisant. En effet, dans de nombreuses régions, la hausse des températures et des précipitations de plus en plus irrégulières entraîneront une baisse des rendements agricoles – jusqu’à 22% dans de nombreuses régions et jusqu’à 60% en Afrique du Sud et au Zimbabwe, selon le rapport 2015 du Panel de Montpellier.

Un vaste corpus de recherche montre que les agriculteurs sont moins susceptibles de subir de lourdes pertes à cause des insectes, des maladies ou de la sécheresse s’ils plantent un éventail plus large de cultures. Aujourd’hui, les conséquences de la propagation de la nécrose létale du maïs et de la rouille noire du blé sont grandement amplifiées par le manque de cultures alternatives. Cette année au Malawi, la sécheresse a dévasté les cultures de maïs et de haricots, alors que les agriculteurs qui font pousser des cultures naturellement résistantes et nutritionnelles comme les pois chiches et les patates douces s’en sont bien mieux sortis.

Si les bénéfices sont si évidents, pourquoi les agriculteurs ne se diversifient-ils pas spontanément ? La réponse est qu’ils pourraient vouloir se diversifier, mais s’abstiennent à cause de politiques et d’obstacles institutionnels. Lorsque des cultures comme le maïs commencent à prendre de l’ampleur, les gouvernements et le secteur privé accélèrent leur développement en attribuant, entre autres, des subventions et des aides à la recherche. Dans le même temps, d’autres cultures potentiellement utiles telles que le manioc et le sorgho sont négligées, se voyant aussi parfois attribuer les qualificatifs peu flatteurs de « cultures du pauvre » ou de « cultures pour les terres peu productives ».

 Ce n’est pas une fatalité. Mon travail sur les patates douces m’a appris qu’il est possible de faire de ces « vilains petits canards » des cygnes.

Tout d’abord, nous avons besoin d’une recherche axée sur l’ajout de valeur à ces cultures et sur l’amélioration de leur résistance naturelle. Dans le cas de la patate douce, nous avons élaboré une variété ayant des niveaux de bêta-carotène (le précurseur de la vitamine A) plus élevés, une meilleure tolérance à la sécheresse et une plus forte résistante aux virus.

La deuxième tâche essentielle concerne les agriculteurs, qui ont besoin d’une source fiable de semences saines. Ce n’est pas une tâche simple pour les cultures généralement ignorées par les entreprises de semences locales et les multinationales, en particulier si, comme les patates douces, elles se propagent par des éléments végétaux encombrants et périssables. Pour celles-ci, nous avons travaillé avec des réseaux locaux d’agriculteurs et des organisations non gouvernementales (ONG) afin de parvenir à multiplier et disséminer du matériel végétal amélioré à grande échelle.

Enfin, le marketing et la valorisation de la marque – des éléments qui ne viennent pas nécessairement à l’esprit de chercheurs comme moi – ne doivent pas être oubliés. Nous avons eu recours à divers outils de marketing et de communication afin de sensibiliser les consommateurs aux nombreux avantages de la patate douce, qui peut être utilisée comme aliment de base, fourrage pour animaux, en-cas et ingrédient pour aliments transformés.

Le thème du Forum sur la révolution verte en Afrique est « Saisir le moment ». Je ne peux imaginer de meilleur moment pour que les dirigeants présents à cet événement fassent de la diversité des cultures un axe central de leurs programmes en faveur de l’agriculture africaine. À l’instar des vêtements aux couleurs des participants d’Afrique de l’Ouest qu’ils pourront admirer lors du Forum, je pense qu’ils devraient aussi soutenir une mosaïque plus large de cultures alimentaires pour nos agriculteurs. J’ai déjà observé les bénéfices obtenus quand les patates douces à chair orange éclaboussent les fermes africaines et les régimes alimentaires africains.

 Dr Maria Andrade

NB: Phytologue au Centre international de la pomme de terre, le Dr Maria Andrade est l’une des quatre vainqueurs du Prix mondial de l’alimentation 2016. Elle est membre du bureau de l’AGRA. 

Relance des travaux de construction de l’Université Ouaga II : Les populations riveraines de Loumbila donnent leur quitus

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La commission technique interministérielle de travail sur le problème foncier du site de l’Université Ouaga II a rencontré, les populations affectées de la commune de Loumbila, le mercredi 31 août 2016 à la mairie de Loumbila. 
Après avoir rencontré les populations concernées, une semaine avant, la commission technique interministérielle de travail sur le problème foncier du site de l’Université Ouaga II a présenté le projet aux populations. Ils ont ensuite recueilli leurs préoccupations et échangé sur les solutions idoines afin de permettre la relance des travaux sur le terrain. A l’issue de cette première rencontre, les membres de la commission avait donné une semaine de réflexions aux populations riveraines. Durant, cette même période, les préoccupations recueillies ont été soumises au Premier ministre, Paul Thiéba pour analyse afin de prendre les mesures nécessaires pour répondre aux préoccupations des populations. Après analyse, le gouvernement a proposé la création de deux commissions dans les communes de Loumbila et de Saaba. Composées de 24 membres chacune, ces commissions seront chargées d’accompagner les cabinets géomètres et les services techniques dans la pose des balises, le défrichage du périmètre du site et des ilôts du site pour la construction.
Cette pose des balises provisoires permettra de délimiter le site et de recenser les personnes affectées et leurs biens. Il sera également mis en place deux commissions adhoc présidées par les hauts-commissaires des provinces de l’Oubritenga et du Kadiogo. Elles auront la charge d’accompagner le processus sur le terrain. Pour plus de transparence, les propriétaires terriens seront membres de ces commissions ainsi que les services des domaines et du cadre et les préfets des départements concernés. Une quatrième commission sera mise en place pour la gestion des questions d’indemnisations. Elle aura pour rôle de proposer et de discuter avec les populations, les types de compensation relative aux impacts sociaux, culturels et environnementaux et de l’indemnisation. Pour le président de l’université Ouaga II, Stanislas Ouaro, le processus se veut participatif, même s’il est long, afin de satisfaire toutes les parties prenantes conformément à la loi. Pour lui, à travers cette démarche, le gouvernement veut apporter une réponse aux préoccupations des populations concernées par le projet.  Après la présentation des propositions du gouvernement, la commission a de nouveau recueilli les commentaires et préoccupations des populations.
Des propositions et mesures qui ont été bien accueillies et saluées par les populations. En termes de recommandations, les populations ont souhaité la réduction de la superficie du site afin de leur permettre de continuer leurs activités agricoles et pastorales. Elles ont également souhaité que les populations affectées soient réinstallées dans leurs communes en cas de relocalisation et que les jeunes soient embauchés par les entreprises lors des travaux. Toutes ces préoccupations et recommandations ont été jugées légitimes et seront examinées avec la plus grande attention. Au regard de l’intérêt et de la pertinence du projet, les populations riveraines de Loumbila, à l’instar de celles de Saaba, ont donné leur quitus pour la reprise des travaux de balise du site et de construction de l’université Ouaga II.  Pour ce faire,  le gouverneur de la région du Centre et président de ladite commission,  Joachim Somda s’est dit satisfait. Car, a-t-il affirmé, «le processus de relance des travaux a été acquis grâce au dialogue et à la concertation.  Au nom du gouvernement et au nom des membres de la commission, je remercie les populations pour cet accord ». Le quitus étant obtenu, un calendrier a été proposé pour la rencontre entre les membres des commissions et les entreprises et cabinets chargés des différents travaux et pour le lancement officiel des travaux.
Abdias Cyprien SAWADOGO

Chantiers du 11-Décembre à Kaya : «Les lignes ont bougé…», selon Simon Compaoré

Une délégation gouvernementale conduite par le ministre en charge de l’Administration territoriale, Simon Compaoré, est allée constater l’état d’avancement des chantiers du 11-Décembre, le vendredi 2 septembre 2016, à Kaya.
Les premières autorités suivent de près l’évolution des différentes réalisations inhérentes aux festivités du 11-Décembre à Kaya. Le ministre en charge de l’administration territoriale, Simon Compaoré, ses collègues des Infrastructures, Eric W. Bougouma et des Sports, Taïrou Bangré et le comité d’organisation des festivités, s’y sont déplacés, le vendredi 2 septembre 2016 pour apprécier le niveau d’avancement des travaux sur les différents chantiers. La nouvelle résidence du gouverneur, l’auberge du 11-Décembre, l’axe du défilé, la voie du secteur n°7, le village artisanal, la maison de l’Appelé, la place de la Nation, la rue du secteur n°1, la caserne des Sapeurs-pompiers et le stade régional ont été les étapes successives de la visite  de l’équipe gouvernementale. Sur l’axe du défilé, les travaux connaissent un taux d’exécution de 100%. Mais il a été demandé à l’entreprise en charge du chantier de niveler l’aire de l’installation de la tribune officielle.
Au niveau de la voie du secteur n°7, les travaux de bitumage, débutés en début août, sont exécutés à 7%. Il faut relever que ce chantier n’avait pas été pris en compte dans le programme initial du 11-Décembre. C’est à la suite  d’une requête des forces vives de la région du Centre-Nord que le gouvernement l’a intégré, d’où le démarrage tardif des travaux. Pour le chef de la mission de contrôle, Valéry Ouédraogo, le bitumage de la voie du secteur n°7, financé à hauteur de plus d’un milliard 700 millions de F CFA, s’achève en fin janvier 2017. « Mais nous allons nous atteler pour que d’ici décembre, l’essentiel des travaux soit effectué », a-t-il souligné. Quant au village artisanal et à la maison de l’Appelé, les travaux sont respectivement exécutés à 80 et 40%, selon le maître d’ouvrage délégué, Moussa Traoré. A l’entendre, le coût des chantiers  s’élève à environ 700 millions de F CFA et les infrastructures seront prêtes en fin octobre prochain.  A place de la Nation, la délégation gouvernementale a constaté la reconstruction d’une partie du mur qui avait cédé sous la force des eaux de pluie.
Là, le ministre en charge de l’administration territoriale, Simon Comaporé, a instruit les acteurs concernés de réduire le  nombre de poteaux d’éclairage dans l’enceinte de la place de la Nation, pour faire plus d’espace. De là, les visiteurs du jour se sont déportés à la  caserne des sapeurs-pompiers où tout est achevé, à part quelques tâches d’aménagement dans la cour. En transitant par la voie du secteur n°1, la mission gouvernementale a achevé sa visite au stade municipal. Sur le site, les uns s’activent à construire la clôture, les autres travaillent au niveau de la tribune officielle. Démarrés le 22 août dernier, les travaux sont à un taux de 10% d’exécution. L’infrastructure est prévue pour être livrée le 25 novembre prochain. A la fin de la visite, le chef de la délégation, Simon Compaoré, a fait le constat suivant : « D’une manière générale, on voit que les lignes ont bougé même si nous ne sommes pas à des limites que nous aurons souhaité voir. On peut raisonnablement dire qu’on est un peu satisfait  parce que c’est le jour et la nuit depuis notre dernière tournée». Il a relevé que l’échéance est proche et tout doit être fait afin que les travaux soient achevés à temps. Pour le retard constaté sur certains chantiers,  il a argué qu’il doit être rattrapé pour assurer «  la réussite du 11-Décembre ».

« Retrait des parcelles illégalement cédées »

Après la visite, la délégation gouvernementale a eu une rencontre de travail avec les différents acteurs impliqués dans l’organisation du 11-Décembre. Le gouverneur de la région du Centre-Nord, Nandy Somé/Diallo a, à l’entame des échanges, indiqué que les préparatifs des festivités du 11-Décembre comprennent deux volets que sont la réalisation d’infrastructures et les activités des différentes commissions.  « Parmi les travaux complètement achevés, on peut citer la place de la Nation, la salle polyvalente, les 23 Km de voies bitumées, la caserne des sapeurs-pompiers. Pour les travaux en cours de réalisation, on retient le village artisanal, la maison de la Femme, celle de l’Appelé, l’auberge du 11-Décembre, le stade régional et la construction des villas dans les cités des forces vives », a-t-elle énuméré. Elle a ajouté que les travaux qui n’ont pas encore démarré se rapportent à la réalisation de monuments et à la réfection des bâtiments administratifs. En dépit de quelques difficultés, le gouverneur a soutenu que les préparatifs connaissent « une avancée satisfaisante».
A son tour, Simon Compaoré a pris la parole pour  faire une mise au point sur les malversations autour de l’attribution de parcelles à Kaya. Selon lui, un arrêté conjoint du ministère en charge de l’administration territoriale et de celui  de l’habitat du 18 mai 2016 avait autorisé le maire et son équipe  de dégager 200 parcelles au profit de propriétaires  fonciers et exploitants agricoles du village de Dondollé. En effet, ces derniers avaient cédé leurs terres  pour la construction de la cité A des forces vives à Kaya. « Cependant, contrairement aux dispositions  de l’arrêté du marché, le bureau d’étude a dégagé 305 parcelles, soit un dépassement de 105 parcelles », a avancé M. Compaoré.  En clair, 105 parcelles ont été cédées en violation d’une disposition règlementaire du 3 juillet 2014. « Face à cette situation, le gouvernement a pris des mesures pour corriger ces manquements graves. Il s’agit  du retrait des parcelles illégalement cédées, de la prise d’une nouvelle décision du conseil municipal quant à la destination des 105 parcelles tout en examinant les cas sociaux, de prises de décisions  au niveau de la mairie pour éviter de tels écueils à l’avenir », a martelé le ministre en charge de l’administration territoriale. Revenant sur les festivités du 11-Décembre, il a annoncé que l’Etat et ses démembrements « ont consenti à investir près de 20 milliards de  F CFA dans la région du Centre-nord au profit des populations».
Le secrétaire permanent du 11-Décembre, Khalil Bara  a, pour sa part, déclaré que le thème  central de la présente commémoration  est : « Démocratie, défis sécuritaires et développement économique et social ». Ce thème, a-t-il dit, comprend trois sous-thèmes qui seront développés après la conférence inaugurale du 12 novembre prochain à Kaya. A leur tour, les différents responsables des commissions (finances, transport et logistique, infrastructures, communication) ont exposé le déroulement de leurs activités. Pour le chef de la commission sécurité, Lazare Tarpaga, le dispositif sécuritaire de cette célébration va prendre en compte le contexte des attaques terroristes. Quant au  ministre en charge des infrastructures, Eric Bougouma, il a exprimé sa satisfaction quant aux travaux de voiries : « Les 23 Km de bitume qui étaient prévus ont été réalisés. Nous avons en plus, sur la demande des forces vives, démarré cinq Km supplémentaires de bitumage. Nous avons également lancé un appel d’offres pour cinq autres Km de bitumage à la demande des autorités coutumières. Les travaux vont débuter dans ce mois de septembre ».
Karim BADOLO

SYNATIC:grande mobilisation des professionnels de l’information

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Les travailleurs des médias publics et du Service d’information du gouvernement (SIG) se sont rassemblés dans la matinée du jeudi 1er septembre 2016 devant le ministère en charge de la communication, pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail.
La phase 1 du mouvement de revendication des travailleurs des médias publics est actée avec leur mobilisation, hier jeudi 1er septembre 2016, devant le ministère en charge de la communication. A l’appel du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC), les agents des médias publics et du Service d’information du gouvernement (SIG) ont, en effet, marqué un arrêt de travail ce jour, de 8h à 14h, pour porter haut leurs voix. Par centaines, ils clamaient à l’unisson « trop c’est trop », exprimant leur ras-le-bol de travailler dans des conditions qui frisent la « clochardisation ». Le cri du cœur des travailleurs des organes de presse publics vise principalement un objectif : une rémunération meilleure à même de les mettre à l’abri de la corruption et d’être à même d’assumer leurs conditions particulières de travail avec professionnalisme. Dans la plateforme revendicative que leur syndicat ne cesse de brandir, figurent, entre autres, la revalorisation de leur condition salariale et la reconstitution de carrière des agents bloqués sans avancement depuis 2002.
En ligne de mire de leur plateforme, ils exigent l’érection des médias d’Etat que sont Sidwaya et la RTB en sociétés d’Etat, conformément à la loi sur les médias publics votée par le Conseil national de transition (TNT). « Cette loi arrive à expiration dans quelques jours. Nous ne comprenons pas pourquoi, les nouvelles autorités ne veulent pas la mettre en œuvre », s’est exprimé le Secrétaire général (SG) du SYNATIC, Sidiki Dramé. Pour la première manifestation d’un mouvement que le syndicat envisage dans la durée le cas échéant, il a salué d’emblée la mobilisation qu’il  estime à environ 95%. « Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Gaoua, Fada… partout où il y a des démembrements de la RTB et de Sidwaya, les travailleurs des médias publics sont mobilisés pour faire un bloc derrière le bureau national pour arracher des acquis conséquents », se félicite-t-il. A l’écouter, les journalistes sont décidés à défendre leur plateforme revendicative. Ce sit-in est un avertissement, foi de Sidiki Dramé. « Si après ce sit-in, les autorités ne réagissent pas, nous irons en grève le 7 septembre prochain », précise-t-il. A l’entendre, les autorités savent déjà à quoi s’attendre puisqu’elles ont déjà été informées par un préavis de grève.

Un soutien de poids

Gonflés à bloc pour défendre leurs intérêts, les journalistes de la presse publique ont bénéficié du soutien d’une délégation de l’Unité d’action syndicale (UAS) avec en tête son président du mois, Inoussa Nana, qui a apporté un message d’encouragement aux protestataires. « La qualité de la démocratie, de la liberté d’expression, du mode de vie dans un pays s’apprécie à l’aune des conditions de vie et de travail des journalistes. Les préoccupations du SYNATIC sont à résoudre », soutient Bassolma Bazié, porte-parole de l’UAS. Il apprécie les journalistes quant à la justesse de leur cause qui intéresse particulièrement l’ensemble des Burkinabè. Selon lui, si la presse est muselée et mise au pas à travers une clochardisation entretenue, le reste du peuple sera dans la boue. « Et pour ne pas être dans la boue, quand la presse se met debout, on a intérêt à se réveiller », déclare-t-il. Par ailleurs, il souligne que les syndicats n’entendent pas s’accommoder de propositions dilatoires. « Nous voulons des textes signés et immédiatement applicables », conclut-il, annonçant que l’UAS envisage d’interpeller incessamment les autorités sur un certain nombre de points.
Fabé Mamadou OUATTARA
fabeouattara@yahoo.fr
Kafouniba Christien Somé

Séguénéga et Kalsaka mining : Des carrières à ciel ouvert à vie ?

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Le ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Nestor Bassière, a visité, le vendredi 26 août 2016, les carrières post-exploitation de Perseus mining, à Séguénéga et Kalsaka dans le Nord. Première société minière à fermer ses portes au Burkina, l’heure est à la réhabilitation du couvert végétal. 
Après 5 ans (2007-2012) d’exploitation, la  société minière Perseus mining est-elle en passe de léguer ses 147 carrières à ciel ouvert aux habitants de Séguénéga et de Kalsaka dans la région du Nord ? Qu’est-ce qui sera fait pour que ces trous ne soient pas dommageables aux populations ? Ces interrogations ont conduit le ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Nestor Bassière, sur les ruines de Kalsaka mining, le vendredi 26 août 2016. Des carrières de Tiba III, de Touni et de Bakou dans la commune de Séguénéga en passant par celles de East Pit dans la municipalité de Kalsaka, le constat est le même, des trous béants de 80 à 120 mètres de profondeur. Mais, la société minière a son plan de réhabilitation environnemental, et s’est engagée à rétablir le couvert végétal, conformément au code minier et à celui de l’environnement. Selon les dires du directeur régional Afrique de l’Ouest chargé de l’environnement de Perseus mining, Michel Yao, l’entreprise compte installer des cordons de sécurité de plus de 2m de hauteur autour des carrières, avec des pancartes estampillées «danger de mort». «Après cette étape, à l’intérieur des cordons, il y aura un tassement de façon naturelle avec l’érosion», a précisé M. Yao.
Au niveau des tas de lixiviation, Perseus mining a prévu le reprofilage des résidus et le débranchement des arrosoirs.  «Les tas de stériles seront aussi décontaminés du cyanure», a-t-il ajouté. Des bosquets de compensation seront créés, où la société mettra en terre plus de 10 000 plants sur 50 hectares. En plus des arbres, des herbacées (andropognon gayanus et vetiveria zizanoïdes) sont en expérimentation sur le site. Ce plan de restauration environnemental doit être financé par le fonds de réhabilitation auquel la mine a souscrit dès le démarrage de l’exploitation aurifère, et ce, à hauteur de plus de 1 650 000 000 F CFA. Malgré ces mesures, une chose fait l’unanimité. «On ne peut pas boucher totalement les trous. Réhabiliter ne veut pas dire forcément une fermeture définitive des carrières», a reconnu le ministre en charge de l’environnement, Nestro Bassière.

Kalsaka mining, un cas d’école

Perseus mining a fermé boutique depuis 2013. Elle a également déposé son plan de réhabilitation auprès de l’exécutif burkinabè, à cette même date. Selon les prévisions de la société, le processus de rétablissement du couvert végétal à Séguénéga et à Kalsaka devrait se dérouler d’août 2015 à novembre 2016. Jusqu’à ce jour (vendredi 26 août), rien. A qui la faute? «Ce sont les textes qui bloquent le démarrage des travaux. Il manque les décrets d’application du code minier. Si ces textes sont adoptés, on pourra commencer la réhabilitation», a soutenu la directrice générale adjointe de Kalsaka mining, Djénéba Nana, par ailleurs directrice-pays de Perseus mining. Aux dires de Mme Nana, cette étape est très importante pour les sociétés minières, car, celles-ci sont cotées en bourse et soucieuses de leur image. Selon les explications du ministre Bassière, lorsqu’une société dépose son plan de réhabilitation, un comité se réunit pour le valider.
Le hic, est que la législation burkinabè ne prévoit pas ce type de commission. Il s’est alors engagé à accélérer le processus d’adoption des textes devant permettre à Perseus mining de débuter les travaux de réhabilitation du couvert végétal à Séguénéga et à Kalsaka. «Si Kalsaka mining échoue, les autres mines risquent de connaître le même sort», a indiqué Nestor Bassière. Il a promis de faire un rapport au Conseil des ministres, afin que des mesures idoines soient prises pour qu’après les mines, ce ne soit pas le désastre. Déjà, le département en charge de l’économie verte s’attèllera à revisiter la réglementation en vue l’adapter à l’évolution de l’exploitation minière, pour ne plus jouer aux «médecins après la mort». Le ministre de l’Environnement a loué la volonté affichée de la société à réhabiliter la végétation de la localité. Pour lui, il y a nécessité d’allier développement minier et préservation de l’environnement.
Djakaridia SIRIBIE
dsiribie15@gmail.com