Chronique : Je veux accoucher, mais j’ai peur de la table !

Je veux accoucher, mais j’ai peur de la table !
Si j’avais su que cette table était si redoutable et que personne ne serait comptable de l’état de « l’épave » coupable, j’aurais même renoncé à ce projet d’enfant. Si j’avais su que ton destin était scellé à une table instable et incapable, bancale et fatale, je l’aurais contournée pour te délivrer de tout mal. Si j’étais là, je leur dirais que la table était déjà dans une mauvaise passe et que tu pouvais passer de vie à trépas. Si j’étais là, je retiendrais l’épouvantable table coupable par-ci et par-là ; je ne serais jamais las de rester jusqu’à ce que le bébé soit là. Si j’étais là, je collerais les fissures, j’adapterais l’armature à ta stature, je t’éviterais la mésaventure de la cassure, avant même que les augures ne trahissent le dessein malsain de la bavure ou de l’accident.
Si j’étais là, je remettrais tout à plat, j’apporterais à la sauvette une natte, peu importe s’il n’y a pas de drap ou de coussin ; tant pis s’il n’y a ni appui ni attache, je te tiendrais jusqu’au bout du travail, vaille que vaille. Hier, nos mères accouchaient sur des tas d’ordures sans la moindre égratignure ! Pourquoi aujourd’hui, meurent-elles en couches, parfois avant même qu’on ne les touche ? De nos jours, on ne peut même plus regarder le ventre de sa femme végéter avec plaisir. Quand on pense qu’une femme enceinte est une bombe sous nos tropiques, un kamikaze en puissance, on ne peut que pleurer. Mais jusqu’à quand allons-nous enterrer ces dames qui meurent avec une vie dans les entrailles ?
Pendant combien de temps va-t-on clamer et acclamer la santé de la mère et de l’enfant, quand elles montent sur une table pour continuer au ciel ? La prochaine victime, c’est qui ? C’est toi, c’est moi ! Il n’y a rien de pire que de sourire à sa femme à l’entrée de la maternité pour aller l’attendre à la sortie de la morgue. Oui, nous sommes amers, nous sommes même sévères et rien ne sert de nous dire que cela peut arriver. Cela ne doit pas arriver !
Tant pis si cette chronique doit me coûter la tige de  la pige, l’essentiel  est qu’on pige. De toute façon, il y a longtemps que je veux démissionner et rentrer chez moi. On ne peut pas se taire sur le drame. On ne doit pas fermer les yeux sur la tragédie.
Je ne savais pas que la formule « plus rien ne sera comme avant » était une simple figure de style. Je ne savais pas qu’on pouvait vanter une politique sanitaire sur une tombe. Je ne savais pas qu’on pouvait dire que tout va bien en s’appuyant sur une table d’étable bancale et fatale. Je ne savais pas qu’une âme pouvait s’éteindre avec fracas et sans tracas, juste pour avoir commis le péché mortel de donner la vie. Je ne savais pas que l’accouchement était un danger pour la femme et qu’à cause d’une table, on pouvait passer à table avec l’ange Gabriel. Il faut taper du poing sur la table et sauver la prochaine parturiente. Il faut situer les responsabilités, sans complaisance et tirer les leçons sur les débris de cette table.
Et même si on ne pourra jamais recoller les morceaux, on aura au moins le mérite de sauver la femme de « Patarbtaalé » ou de Tartempion, ces gens qui ne peuvent pas aller accoucher sur des tables en or. En attendant que les tables de nos hôpitaux sans chapiteaux soient vues et revues, gageons que plus jamais aucune femme ne « fera tonneau » en clando, sans même avoir eu le temps de pousser à fond : attention ça vient vite, je veux accoucher ! J’ai peur de la table, donnez-moi une natte !
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Île de Touroukoro dans le Sourou

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Petite île d’environ un hectare abritant quelques 400 âmes, Touroukoro est située dans la commune rurale de Di dans le Sourou. Malgré l’accès difficile du village, le manque d’infrastructures de santé, d’eau potable et d’éducation, de terres cultivables… les habitants tiennent mordicus à leur milieu naturel et rechignent à le quitter pour un nouveau site. Découverte de Touroukoro !
En cette matinée de fin février, il est 8 heures.Le temps est beau  lorsque l’équipe de Sidwaya démarre de Di. Joie et impatience animent l’équipe de découvrir Touroukoro, une île méconnue des Burkinabè, contrairement à Toma-île dans la même commune de Di. Le trajet Di-Nyassa-Débé, longue d’une vingtaine de Km, ne dure que trente minutes. Arrivés à Débé, nous ne sommes plus qu’à trois kilomètres de l’eau qui sépare l’île de la terre ferme. Mais hélas, il faut quitter le  confort  du véhicule qui ne peut plus aller de l’avant, car un pont qui permettait de traverser une mare  a cédé depuis 2013.

« Un chemin de croix » pour accéder à l’île

Un plongeon est inévitable. Le courage manque. C’est la phase d’observation de l’eau. C’est ainsi que deux hommes, un cinquantenaire et un jeune en partance aussi pour Touroukoro arrivent au bord de l’eau juché chacun sur son vélo. L’eau n’est pas profonde, nous disent-ils en guise d’encouragement avec le sourire aux lèvres. Pantalons retroussés, vélo perché sur les épaules et chaussures en mains, ils commencent la traversée de l’eau. Nous suivons leur exemple avec précaution, manquant parfois de tomber dans l’eau à causes des trous dans la mare. Au fur et à mesure que nous avançons, le niveau de l’or bleu monte jusqu’aux hanches de ceux qui ont la taille moyenne.
Après ce « bain » forcé, c’est le début d’une marche pénible sur des chemins escamotés par les sabots des bœufs et truffés de trous et de restes asséchés de plants de céréales. Pendant la saison pluvieuse, le fleuve arrive jusqu’au pont, les pirogues aussi, relate Brahima Koné, notre jeune compagnon d’infortune. « En saison sèche, l’eau tarit, les bœufs y font des va-et-vient à la recherche de leur pitance. Résultats, le sol est très accidenté et oblige un déplacement lent et prudent au risque de se blesser », explique-t-il. Trempés et  le corps en sueur, nous voyons le bout du tunnel après 45 minutes de « chemin de croix ». Nous sommes au bord de l’eau. Des pirogues avec à bord des hommes, des femmes, quelques-unes avec des bébés au dos déferlent.
Certains se rendent à Débé pour travailler dans des champs tandis que d’autres vont y faire des courses. C’est dans cette ambiance qu’un homme très grand de taille avec une silhouette fine est visible à l’horizon, manoeuvrant avec dextérité sa longue pirogue. C’est le président du Conseil villageois du développement (CVD), Oumar Sery. Après une vingtaine de minutes, il est enfin à notre niveau et nous prenons place  dans son moyen de transport indispensable pour accéder à Touroukoro. Le CVD, avec son long bois lui servant de pagaie, conduit « son bolide » sur un chemin bien tracé entre les touffes d’herbes courtes et longues qui parsèment l’eau. Le paysage est beau mais la peur nous empêche de visualiser pleinement les merveilles de dame nature. Crispation et peur.
Tout mouvement pouvant faire chavirer la pirogue est évité. Les assurances du conducteur ne rassurent guère. Nous sommes enfin sur l’île. Il est 10h18 et avec un  ouf de soulagement, nous foulons la terre de Touroukoro. De nombreux hommes, femmes et enfants nous accueillent, ravis de recevoir des étrangers qui se font rares dans cette partie du Burkina Faso, à en croire le CVD à cause de l’accès difficile au village.

Des inondations à répétitions…

S’en suivent alors les formalités de politesse chez le chef de village Hamidou Séry. Sexagénaire portant bien le poids de son âge, ce dernier allongé dans sa chaise se montre peu bavard et laisse le soin à des notables réunis pour la circonstance nous parler du village. L’ancien conseiller, Moussa Séry révèle que le village est habité par quatre grandes familles que sont les Séry, les Gorou, les Drabo et les Konaté. Les quelque 400 âmes qui y vivent sont toutes de l’ethnie dafing et de religion musulmane. Place maintenant à la découverte des lieux. Notre guide Ouahabou Séry est âgé de 17 ans. Après avoir « quitté » l’école en classe de CM2, il s’est reconverti en agent communautaire de santé grâce à sa petite connaissance du français.
En huit minutes, le tour de l’île est bouclé. Touroukoro est une toute petite île, de forme circulaire d’environ un hectare selon le Président de la délégation spéciale de Di, Hamidou Traoré et de trois hectares selon les habitants. Les maisons, construites en banco mais couvertes de tôle, sont côte à côte. Chaque millimètre carré est exploité. L’absence de mur empêche de définir les limites des concessions qui s’entremêlent. Dans tous les habitats, les femmes s’activent qui, pour préparer le repas qui, pour fumer le poisson. A côté d’elles, des groupuscules de jeunes prennent le thé, les enfants s’amusent et leurs cris s’entremêlent à ceux de nombreux moutons, ânes et poules qui vivent en promiscuité avec  leurs propriétaires. Des ordures forment de petites collines par endroit aux abords de l’eau.
Des sacs de 100 kilogrammes remplis de sables sont superposés tout aux alentours du village. Le guide nous informe que le sable et les ordures servent à barrer le passage à l’eau. Par ailleurs, les ravages de l’or bleu sont visibles sur certaines maisons situées juste au bord du fleuve, d’autres ont été abandonnées. « Pendant la saison pluvieuse, nous sommes constamment inondés. Nos effets et provisions sont détruits. Nous passons des heures à évacuer l’eau des maisons, y dormir après est très dur à cause du froid », révèle avec cependant  un air passible la première femme du CVD, Azita Gorou. Quarantenaire, mère de cinq enfants, celle-ci s’affaire à préparer le déjeuner.

Aucun accès à l’eau potable et à l’assainissement

Aucune infrastructure d’eau potable, d’éducation ou de santé  n’est visible. Pas de WC non plus. Juste quelques toilettes d’infortune pour se doucher ont été construites et les eaux sales ruissellent directement dans le fleuve. « Nous déféquons dans l’eau, y jetons des ordures, faisons la lessive et la vaisselle. Cela ne pose aucun problème de pollution. Car l’eau ruisselle. Aussi nous allons au milieu du fleuve pour prélever notre eau de boisson car elle y est propre », soutient dame Gorou avec assurance. L’eau de boisson ne cause-t-elle pas de maladies ? Le jeune Séry avance que souvent des habitants souffrent de maux de ventre et de dysenterie. « Mais avec quelques comprimés, le problème est rapidement résolu. C’est surtout le paludisme qui nous fatigue beaucoup», explique-t-il.
Où sont enterrés vos morts? A cette question, Ouahabou Séry nous informe que les morts sont ensevelis dans les concessions et les espaces disponibles. « Nous avons marché même sur des tombes », affirme-t-il. C’est donc avec consternation que nous poursuivons la découverte de l’île.  Après le tour du village, Abibata Drabo, une jeune dame pétillante, mariée, son unique enfant au dos nous raconte le quotidien des femmes de l’île pendant qu’elle fume du poisson. « Le matin, après la prière, les femmes font le ménage et préparent le petit déjeuner. Elles vont ensuite pécher. Au retour, elles fument le poisson, préparent le déjeuner, ensuite le dîner. Pour payer les condiments ou vendre notre poisson nous allons au marché de Débé, de Dî ou à Tougan. Nous ne faisons pas de travaux champêtres, c’est l’affaire des hommes. De plus, c’est eux qui vont chercher le bois pour nous », confie-t-elle toute joyeuse. Quid des questions de santé et d’accouchement des femmes ? Elle nous répond que les habitants se rendent dans le village de Débé pour les soins de santé.

L’échec scolaire est inévitable…

« C’est là-bas aussi que les femmes accouchent. Si le travail  d’une femme commence tard dans la nuit et qu’on ne peut pas l’amener à Débé, alors, elle accouche ici. Il y a des vieilles femmes qui l’aident. Dieu merci, il n’y a jusque- là pas eu de problèmes », indique-t-elle avec fierté.  L’un des problèmes majeurs de son village, dit-elle, est la scolarisation des enfants. Selon ses dires, presque tous les enfants qui ont été scolarisés ont abandonné l’école. « Nous confions nos enfants à nos parents qui sont à Débé. A défaut  de les maltraiter, ceux-ci les laissent à eux-mêmes. Ainsi nos enfants échouent à l’école, certains deviennent des bandits. Nous sommes obligés de les ramener à Touroukoro. Ce qui fait que très peu d’enfants, moins de 5% sont scolarisés, », regrette-t-elle.
Le CVD, et les notables du village ajoutent le manque de terres cultivables depuis l’aménagement du périmètre irrigué de Dî en 2014. « Avant, nous cultivions le riz pendant la saison sèche quand l’eau diminue, à quelques encablures du village. Maintenant le niveau du fleuve ne baisse plus car les vannes sont fermées. Au moment où on les ouvre, il ne reste plus assez de temps avant les premières pluies et l’eau détruit nos cultures. Or, nous n’avons pas de champs ni dans le périmètre aménagé ni ailleurs. Nous ne faisons plus que la pêche alors que le poisson se fait de plus en plus rare dans le Sourou.», se lamente le conseiller. Il ajoute que les inondations à répétitions leurs rendent la vie difficile. « La faim commence à s’installer dans le village et pendant la saison pluvieuse, il faut être constamment sur ses gardes pour surveiller les enfants au risque que l’eau les emporte.
Cela use les nerfs », se plaint-il. Justement, au regard de toutes ces difficultés qu’ils vivent, les premiers responsables de la commune ont érigé un nouveau village à deux  kilomètres de Débé pour les habitants de Touroukoro. Sur les lieux, un forage a été réalisé mais à peine une dizaine de maisons a été construite. Les habitants de Touroukoro ne semblent pas prêts à déménager. Mais pourquoi donc ?

Le refus catégorique de quitter l’île

Le CVD rétorque que Touroukoro est la terre de leurs ancêtres. «  Imaginer de vivre ailleurs est difficile pour nous. Mais pour l’avenir de nos enfants, nous demandons qu’une école soit bâtie là-bas et que l’Etat nous donne les moyens pour construire des maisons. En ce moment, une partie du village notamment les enfants et quelques adultes déménageront dans le nouveau village et d’autres resterons ici. Car, nous ne pouvons pas abandonner notre île, même au péril de notre vie», dit-il, formel. Si les habitants ne veulent pas  quitter Touroukoro, le PDS Traoré ne l’entend pas de cette oreille même si l’usage de la force n’est pas encore de mise. « Il n’y a pas d’espaces pour y construire des infrastructures sociaux et des forages.
Même si c’était possible, comment transporterait-on les machines de forages sur l’île ? », s’interroge-t-il, avant d’ajouter qu’une école sera bientôt construite sur le nouveau site. Il poursuit en disant que comme c’est une île, les agents de santé refusent d’y aller. Les policiers également rejettent l’idée de s’y rendre pour délivrer des Cartes nationale d’identité burkinabè (CNIB). « C’est nous qui nous y rendons de temps en temps pour établir des actes de naissance pour les enfants. Leur situation est vraiment compliquée et la solution réside dans leur déplacement.
Certes, ils ne veulent pas mais avec les désagréments de plus en plus nombreux que l’eau leur cause, nous avons espoir qu’ils finiront par prendre la sage décision de libérer les lieux », souhaite-t-il. Il certifie que la délégation spéciale est prête à soutenir les habitants de Touroukoro dans la limite de ses moyens pour le déménagement. Il soutient qu’il est prévu dans le plan quinquennal de la délégation spéciale de la commune rurale de Di d’ériger une ligne touristique Di-Toma-île-Débé Touroukoro. Après quelques heures sur l’île, nous revoilà dans la pirogue pour Di. Il est 17H 32.
Eliane SOME
(some.ella@yahoo.fr)
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Les femmes, otages  de l’île

Sur l’île de Touroukoro, l’activité des femmes se résument aux travaux ménagers et à la pêche. « Elles ne cultivent pas, ne partent pas en brousse chercher du bois et sont nanties grâce aux revenus qu’elles tirent de la pêche. C’est pourquoi, les commerçants d’articles de femmes se bousculent à Touroukoro et font de bonnes affaires », relate le président de la délégation spéciale de Di, Hamidou Traoré. Il soutient que quand elles se marient à des hommes d’autres villages, elles ne supportent pas longtemps les travaux champêtres et la pauvreté. « Elles quittent donc leur foyer et rejoignent leur île natale », déclare-t-il. Des propos que Mariam Gorou, revenue dans  son village après un mariage furtif à Débé, corrobore. « La vie était compliquée là-bas. Car leur mode de vie est très différent du mien. C’est pourquoi, je suis revenue chez moi », explique-t-elle le regard fuyant.
E.S.

Yako: Explosion d’un camion transportant 1210 bouteilles de gaz

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Un camion de 16 tonnes transportant 1210 bouteilles de gaz butane, s’est embrasé mardi à l’entrée de la ville de Yako, a appris l’AIB.
 Selon le conducteur, Karim Sagnon, l’accident a eu lieu à quelques lieux du poste de péage de Yako (en venant de Ouagadougou).M. Sagnon a expliqué avoir d’abord entendu un bruit qu’il a assimilé à une crevaison de roue. C’est quand l’apprenti est allé pour vérifier qu’ils se sont rendus compte qu’il s’agissait de l’explosion d’une bouteille de gaz.Le chauffeur a indiqué qu’il a immédiatement appelé les pompiers (stationnés à Ouahigouya, 81km plus loin) mais le véhicule s’est entièrement embrasé dans une cascade d’explosions.Les déflagrations ont touché les installations électriques le long de la route et ont eu pour conséquences d’interrompre la fourniture en énergie dans la ville de Yako, a constaté l’AIB.
D’après M. Sagnon, le camion transportait 710 bouteilles de 6kg et 500 bouteilles de 12 kg pour les clients Sodigaz de Yako, de Ouahigouya et de Titao.
Source : Agence d’Information du Burkina 

Education nationale : IQRA offre une seconde chance aux enfants de la rue

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L’Association IQRA, sous la présidence du ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, Jean Martin Coulibaly, a officiellement lancé les projets «seconde chance» et celui d’appui pédagogiques aux foyers coraniques (PAPEFCO). C’était le mardi 29 mars 2016 à Dédougou en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, Tulinabo S. Mushingi, et du premier secrétaire de l’ambassade de la république d’Allemagne. 
Donner une seconde chance aux enfants qui n’ont pas eu le privilège d’aller à l’école, c’est tout le rêve de l’association IQRA (lis en langue arabe) à travers les projets « seconde chance » et le projet d’appui pédagogique aux foyers coraniques (PAPEFCO). Le lancement de ces deux projets qui interviennent dans les régions du Centre-Nord (Kaya) et de la Boucle du Mouhoun (Dédougou) pour ce qui est du projet « seconde chance », et dans le Sahel (Dori) pour le PAPEFCO est intervenu le mardi 29 mars 2016 à Dédougou. Selon Awa Guira/ Bissiri, coordonnatrice de l’associative initiatrice de ces deux projets, ils sont plus de cent quarante mille (140 000) enfants en âge d’aller à l’école au Burkina Faso à être exclus du système éducatif formel.
Ces enfants, s’ils ne sont dans la rue, au pire des cas, ils se retrouvent au meilleur des cas dans les foyers coraniques. Et au pays des « hommes intègres », on comptait en 2013 plus de sept cent foyers coraniques, à en croire la coordonnatrice de l’association IQRA. Soucieuse de l’épanouissement et du développement de ces laissés pour compte, l’association IQRA entend par ces deux projets, en plus de l’alphabétisation, appuyer les foyers coraniques en manuels de l’élève et de guide de maîtres, assurer la formation pédagogique et administrative, et l’insertion socio-économique des jeunes de Dédougou et de Kaya, et des voyages d’études. Ainsi ambitionne-t-elle« contribuer à l’éducation des enfants hors du système formel du Burkina par la lecture, une lecture fonctionnelle qui libère et qui pousse vers le développement », dixit Awa Guira/ Bissiri.
Une contribution qui vient donner une réponse à la préoccupation de l’Etat qui est « celle de ne laisser aucun enfant sans instruction, sans éducation de qualité », a indiqué le ministre en charge de l’éducation nationale, Jean Martin Coulibaly. Saluant l’initiative de l’association IQRA, Jean Martin Coulibaly, a indiqué la détermination de son département à œuvrer pour une réforme de l’école coranique « qui n’a pas su évoluer au rythme des mutations sociétales et répondre aux exigences du développement dans le sens le plus moderne du terme ».
 Dans cette œuvre humanitaire, l’association IQRA a bénéficié du soutien financier des Etats Unis d’Amérique pour la première phase d’une durée de deux ans du projet « seconde chance », et de l’ONG internationale Allemande EIRENE pour le PAPEFCO qui intervient dans la zone de Dori. Un soutien que le représentant du pays de l’Oncle Sam, Tulinabo S. Mushingi, justifie en ces termes : «Les Etats-Unis d’Amérique ont accepté accompagner l’association IQRA afin de donner une seconde chance aux enfants qui n’ont pas bénéficié du système formel de l’éducation. Ces enfants, s’ils sont bien éduqués, ils pourront participer eux aussi au développement du Burkina Faso, et partant du monde entier ».
Après la cérémonie de lancement des projets, les officiels se sont rendus dans un atelier mécanique où l’association a placé certains enfants vulnérables afin de leur offrir une autre vie, et dans un foyer coranique de la ville de Dédougou pour constater de visu les conditions de vie de ces enfants.
Kamélé FAYAMA
faygracias@yahoo.fr

Cent jours à Kosyam : Roch Marc Christian Kaboré fait le bilan

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Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a fait le bilan de sa politique pendant cent jours, au cours d’une conférence de presse, tenue le dimanche 3 avril 2016 à Bobo-Dioulasso. Le président compte travailler à respecter ses engagements et mériter la confiance des populations.
Le mercredi 6 avril 2016. Cela va faire cent jours que Roch Marc Christian Kaboré est président du Burkina Faso, à l’issue d’une élection présidentielle organisée le 29 novembre 2015. Avant de s’envoler pour la  France du 5 au 7 avril, le président a donc  fait  le bilan  de ses cent jours de gouvernance dimanche 3 avril 2016, devant un parterre de journalistes à Bobo-Dioulasso. Actualité nationale, sous-régionale et internationale sont les axes autour desquels les journalistes ont posé des questions. Sur le plan national, les hommes de médias sont revenus sur la sécurité, surtout après une attaque terroriste et dans un contexte où les populations veulent se protéger elles-mêmes à travers les structures d’autodéfense « Kolgwéogo ».
Le président Kaboré a, ce faisant, indiqué qu’un dispositif sécuritaire est mis en place depuis l’attaque terroriste. Parmi ce dispositif, il y a la création de l’Agence nationale de renseignement et le déploiement des forces de défense et de sécurité sur le terrain. Roch Marc Christian Kaboré a saisi cette occasion pour appeler les citoyens à un changement de comportement et à travailler de concert avec les forces de défense et de sécurité. Dans la même veine, le président a fait comprendre que les structures d’autodéfense peuvent y contribuer. Cependant, elles ne peuvent ni juger, ni prélever des taxes. « Nous sommes dans une république. Nous n’allons pas laisser ces dérives qui vont à l’encontre des droits de l’homme », a insisté le président Roch Marc Christian Kaboré.
 Les journalistes, toujours pour les questions nationales, se sont intéressés à la gestion de la Transition, notamment l’audit, l’état du trésor public,  le cas du général de division Yacouba Isaac Zida, l’authentification des écoutes téléphoniques entre le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro et le général Djibrill Bassolé, et le mandat d’arrêt contre M. Soro, lancé par la justice militaire. Pour les questions relevant de la justice, le président a précisé qu’il y a séparation de pouvoir. Par conséquent, il revient à la justice militaire de travailler sur cette question. Néanmoins, il a rappelé la volonté de passer par voie diplomatique pour lever les brouilles entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Le président Kaboré a même confié aux journalistes, qu’il n’a pas été consulté par la justice militaire dans le cadre du mandat d’arrêt contre M. Soro.
Sur l’affaire Zida, le président Kaboré a indiqué qu’il n’appartient pas à son gouvernement de remettre en cause son grade de général de division. Cependant, c’est avec surprise qu’il a vu la nomination de Zida comme ambassadeur  aux Etats-Unis d’Amérique dans le journal officiel. Chose qui n’a pas été faite ni pendant la Transition, ni par lui non plus. « Un ambassadeur se nomme en Conseil de ministre », a déclaré le président Kaboré, qui a par ailleurs fait savoir que le général Zida, actuellement hors du Burkina Faso, n’a d’autre choix que de rentrer au pays.  « Le général Zida a demandé une permission qui a expiré le 19 mars dernier. Il n’a pas de choix que de rentrer. Nous n’avons pas besoin de lui faire une injonction », a-t-il clarifié.
Les surprises, il y en a eu un peu beaucoup pendant ces cent jours. Parce qu’après la nomination de Zida au poste d’ambassadeur, le lancement du mandat d’arrêt contre M. Soro, le président dit avoir été surpris d’apprendre l’arrivée du groupement d’intervention de la gendarmerie nationale de France (GIGN) au Burkina Faso. « Nous avons appris l’information sur France inter. Nous ne sommes pas concernés. Nous n’avons pas été saisi et nous avons dit notre mécontentement à l’ambassadeur de France », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré, qui somme toute, a promis de respecter ses engagements s’il veut un second mandat.
Rabalyan Paul OUEDRAOGO

SNC 2016 :20 promoteurs culturels décorés

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En marge des activités de la SNC, le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme a exprimé, le samedi 2 avril 2016 à Bobo-Dioulasso, la reconnaissance de la nation à l’endroit de 20 acteurs de la culture. 
Ce sont 20 promoteurs culturels en danse, chanson, cinéma, art graphique qui ont reçu des médailles de chevalier de l’Ordre du mérite, des arts, des lettres et de la communication avec agrafe de leur activités respectives. C’était dans une ambiance empreinte de joie et empreint de retrouvailles non seulement pour les récipiendaires mais aussi les amis, parents et connaissances dont la présence a été assez remarquable.
Ensuite, après cette étape, ce fut au tour d’gents admis à faire valoir leur droit à la retraite. Ils étaient au total, 18 agents à appelés à faire valoir leur droit à la retraite de recevoir des mains de leur ministre de tutelle, Tahirou Barry, des présents bien emballés.
Ce geste, a-t-on appris, de sources proches de ce département ministériel, vient récompenser une carrière professionnelle bien remplie.
 Frédéric OUEDRAOGO

Roch Marc Christian aux artistes: »Je m’engage à créer les conditions propices … »

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Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré s’est engagé à améliorer les conditions de vie et de travail des artistes. La réalisation de la citée des arts a particulièrement retenu l’attention du chef de l’Etat.
 « Je voudrais saluer les hommes et les femmes qui œuvrent chaque jour pour faire de notre pays une terre de culture et d’action culturelle en Afrique et dans le monde. J’apprécie votre engagement à mettre en œuvre la politique culturelle, artistique et touristique, résultant de mon programme quinquennal. Je m’engage à créer les conditions propices à l’expression et au rayonnement des talents des artistes, renforcer les capacités des acteurs, organiser régulièrement des salons thématiques afin de stimuler l’émergence des talents », s’est exprimé le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré face aux nombreuses doléances des artistes à qui il a offert un repas.
Au vu de l’hébergement des artistes dans des écoles à la SNC, le représentant des artistes Vincent Koala a émis le souhait de voir érigé la citée des arts pour leur bonheur. « Le projet de la réalisation de la citée des arts dont la réalisation est très attendue par les artiste a retenu toute mon attention. Je ne ménagerai aucun effort pour que ce projet soit une réalité » a réagit le président du Faso. Comme autres promesses faites par le président, la valorisation de la production artistique, la création d’un mécanisme pour repérer les jeunes talents qui bénéficieront des facilités d’accès aux structures de formation et d’encadrement, la favorisation de l’octroi de bourses aux artistes méritants pour des stages dans des structures offrants des meilleures conditions d’encadrement et l’amélioration de la disponibilité et l’accessibilité des infrastructures culturelles.
« Il s’agit en un mot d’accompagner les acteurs dans la perspective de développer une industrie culturelle nationale afin de promouvoir et défendre les valeurs culturelles nationales, tout en améliorant les conditions de vie et de travail des artistes et des promoteurs culturels », a indiqué le PF. Pour lui,  le Burkina Faso est plus jamais un pays aux richesses culturelles multiples, variées et reconnues que nous devons promouvoir pour cimenter l’unité nationale autour de valeurs fortes porteuses de paix, de cohésion et de prospérité.
« Je suis très satisfait de la réponse du président en ce sens qu’ une de nos attentes particulières à Bobo était la finalisation de la citée des arts. Bobo en tant que plate-forme des arts de la scène, les principaux animateurs de cette fête nationale sont les artistes. La construction de cette citée des arts permettra d’améliorer les conditions d’accueil des artistes à Bobo. Ceux qui sont destinés à créer la fête et sa magie sont dans des écoles et cela semble injuste », a répondu Vincent Koala sourire aux lèvres.
                                                                                                              Adama SALAMBERE

SNC : Quand des gendarmes disent « halte » à la piraterie

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Le Comité national de lutte contre la piraterie des œuvres littéraires et artistiques (CNLPOLA) a initié une formation sur   les droits d’auteur  et la piraterie à l’intention des élèves sous-officiers. Ladite formation a eu lieu, le vendredi 1er avril 2016 à l’école nationale des sous-officiers de gendarmeriesise au camp Ouezzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso.  
La 42e promotion des élèves sous-officiers de l’école nationale des élèves sous-officiers de la gendarmerie (ENSOG), avec leur chef de bureau d’étude et de formation, l’adjudant-chef, Lassané Kafando, ont accueilli une équipe du CNLPOLA pour une formation sur la lutte contre la piraterie des œuvres littéraires et artistiques. La formation qui s’est tenue le vendredi 1er avril au camp Ouezzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso a porté sur la connaissance du secteur culturel, les principes généraux du droit d’auteur et les méthodes de lutte contre la piraterie des œuvres littéraires et artistiques. Cela  leur permettra, selon Ansomwin Ignace Hien, représentant le président du CNLPOLA, le colonel Serge Alain Ouédraogo, de s’ « armer » de connaissances suffisantes afin de barrer la route aux pirates.
« La piraterie est très nocive pour l’artiste et pour le développement de façon générale. Le choix s’est porté sur le corps de la gendarmerie, parce que c’est elle qui est essentiellement sur le terrain donc il était important que l’accent soit mis sur leur formation», a expliqué M. Hien. Le CNLPOLA espère qu’a l’issue de cette formation, ces sous-officiers soient assez outillés pour œuvrer dans la lutte contre la piraterie car elle est un fléau qui tue l’artiste et la culture en général. Pour renforcer l’instruction des élèves, une documentation a été remise à l’ENSOG à travers le lieutenant Kibsa Arnaud Zongo, chargé de l’expédition des affaires courantes. La formation qui a pris une journée a été assurée par des membres du CNLPOLA et des agents du BBDA.
Ini Heredia Inès HIEN

Prix spéciaux de la SNC : 13 lauréats récompensés

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La Maison de la culture a servi de cadre, le vendredi 1er avril 2016, à la proclamation des prix spéciaux suivi de leur remise. Au total, ce sont 6 200 000  F CFA, des attestations  et  de trophées qui ont été repartis entre 13 artistes. La cérémonie a été présidée par le 1er vice président de l’Assemblée nationale, Me Stanislas Sankara.
 Les pris spéciaux sont des bonus accordés par des institutions, des entreprises ou des structures déconcentrées afin de récompenser l’effort de créativité des artistes et de stimuler leur talent. Ainsi, pour la présente édition, ce sont huit donateurs qui ont bien voulu accompagner les artistes à traves une enveloppe globale de 6 200 000 F CFA. Parmi eux, figure le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat (MCIA). Ce département ministériel a primé trois disciplines en art du spectacle, art culinaire et en arts plastiques. En art culinaire, le 1er prix équivalant à 200 000FCFA  plus une attestation est revenu à Mme Marie Noel du Houet avec sa recette « Amigo » ou le tôt de maïs. Le 2e  prix dans la même catégorie a échu à Natacha Nombré. Agée de 13 ans, cette lycéenne de Banfora a séduit le jury avec sa boisson « le cocktail de mil à la farine de pain de singe ». Pour ce mérite, elle a empoché 150 000FCFA. Le 3e prix  spécial du MCIA en arts plastiques,  option sculpture a été remporté par Ibrahim Zongo du Houet.
 L’Assemblée nationale a également consacré le mérite de la compagnie Farati en pool adulte et du Centre yélémbi en pool jeune,  tous du Houet. Les deux se sont réparties 600 000F à part égale.  Ensuite, le ministère des Sports et des Loisirs n’a pas été en reste. Il a primé la vedette de la chanson traditionnelle. Marie Gayérie à travers une somme de 200 000F plus un trophée et une attestation.
La commune de Bobo-Dioulasso, le Conseil régional des Hauts Bassins et la Générale des assurances étaient aussi dans le lot des donateurs avec respectivement des prix  de 600 000F  et  deux prix de 500 000F chacun. Enfin, dans le but de promouvoir la circulation routière, l’Office national pour la sécurité routière a décerné un prix de 500 000F. Ce prix a été remporté par le slameur, Urbain Nikiéma.
Frédéric OUEDRAOGO

L’espoir d’une vraie réconciliation

Le nouveau gouvernement du Burkina Faso a amorcé les chantiers de ses priorités. De prime abord, l’on constate que l’unité des Burkinabè, la réconciliation, la justice et la paix passent comme la sève nourricière de la démocratie et de la cohésion sociale. C’est pourquoi le chef de l’Etat lui-même a installé, le mardi 22 mars 2016, les membres du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale. Une structure directement rattachée à la présidence du Faso et qui aura la lourde charge d’éplucher les dossiers de crimes de sang, économiques et politiques depuis l’indépendance du Burkina Faso à nos jours.
En actionnant cette structure, l’Etat burkinabè compte sur trois institutions principales pour éradiquer l’impunité et établir un modèle d’équité au « pays des Hommes intègres ». En plus du Haut conseil, le département de la justice est désormais «indépendant» dans son fonctionnement, et la mise en place effective de la Haute cour de justice.
« Il s’agit de partir des situations de détresse pour réussir un retour à une paix partagée et parvenir à une pacification éloquente de la société par l’apaisement des cœurs meurtris », a affirmé le président du Faso lors de l’installation des membres du Haut conseil. Cette action née de la volonté des dirigeants du Burkina de « traiter un passé douloureux pour en faire un présent fraternel » va consister à « exhumer » tous les dossiers pendants en justice afin de leur offrir un procès équitable.
Vraisemblablement, les autorités du moment entendent rompre définitivement avec les vieilles pratiques indues, autre fois, afin de  réinventer la roue de la vie au Faso, pour être en phase avec les aspirations du peuple. L’établissement de cet ordre nouveau dans la vie sociopolitique et économique du pays sous-entend l’implication de toutes les couches socioprofessionnelles. On peut ainsi se réjouir par anticipation de vivre dans un Burkina Faso nouveau où les manquements aux droits de l’Homme sont atténués. A bas donc les carcans qui, jadis, faisaient du Voltaïque devenu Burkinabè, un individu dont les droits n’étaient pas toujours respectés.
En tout état de cause, il est clair que la recherche de la paix va de pair avec l’application ferme des droits des populations à la justice. Ainsi, des milliers de dossiers de crime seront recensés et traités par le Haut conseil conformément aux textes en vigueurs au Burkina Faso. Un engagement très noble au sommet de l’appareil d’Etat burkinabè. Plus d’un espère de tout cœur qu’au-delà des discours, le droit sera dit et la justice rendue à tous ceux qui ont été victimes, directement ou non, d’exactions.
Mieux que la défunte journée du pardon, qui dans la forme avait escamoté et enjambé les principes de justice, pour rechercher une réconciliation édulcorée, les Burkinabè espèrent, cette fois-ci, un pardon vrai et sincère. Reste à ce que les ambitions du Haut conseil ne soient pas de la poudre aux yeux des citoyens. Et que tous les moyens techniques et financiers soient accordés à cette institution afin de lui permettre de relever le défi. Des montagnes de dossiers sont entassés dans des tiroirs et attendent d’être dépoussiérés et passés au prétoire.
Au niveau des crimes économiques, on doit pouvoir faire la lumière sur la privatisation ou la décadence de certaines entreprises comme Faso Fani, CIMAT, SOREMIB, etc. ; faute de bonne gestion, ces entreprises sont passées entre les mains des privés ou ont fermé à jamais leurs portes. Pour les crimes de sang, les plus marquants se situent entre la période du Conseil du salut du peuple (CSP) en 1982 et la fin de l’ère Compaoré en passant par la révolution d’Août 1983. Vivement que l’engagement des autorités à élucider les différentes violations depuis des décennies aboutisse pour permettre aux Burkinabè de rompre pour de bon avec un passé sombre afin de vivre dans une cohésion sociale parfaite.
Wanlé Gérard COULIBALY
gerard_coul@yahoo.fr