Mécanisation de l’orpaillage: une initiative présidentielle qui restaure les écosystèmes forestiers

La terre burkinabè respire un peu mieux. Longtemps mises à rude épreuve par l’orpaillage artisanal, les forêts classées du pays retrouvent progressivement un équilibre fragile mais prometteur. Au cœur de ce changement, une dynamique nouvelle : la mécanisation progressive de l’activité aurifère, portée par une initiative présidentielle ambitieuse visant à transformer en profondeur un secteur vital pour l’économie nationale.

Pendant des années, l’orpaillage s’est imposé comme une activité de survie pour des milliers de Burkinabè. Mais cette ruée vers l’or, souvent informelle, a laissé derrière elle des paysages meurtris : déforestation accélérée, sols dégradés, cours d’eau contaminés par le mercure et le cyanure.

Les forêts classées comme celles de la région du Djoro (Bontioli, Koulbi,…), pourtant protégées, n’ont pas échappé à cette pression constante. Elles étaient grignotées, parfois au mépris des règles, par des exploitants cherchant désespérément leur part de richesse. Aujourd’hui, un tournant s’opère. En introduisant des équipements modernes et en favorisant la formalisation des artisans miniers, la mécanisation de l’orpaillage redéfinit les pratiques. Moins dépendante de la main-d’œuvre massive et des méthodes rudimentaires, cette nouvelle approche réduit considérablement l’empreinte écologique des activités extractives.

Les sites deviennent plus organisés, plus contrôlés, et surtout moins envahissants pour les espaces naturels sensibles. Les effets se font déjà sentir dans certaines forêts classées. La pression humaine diminue, elle fait place à la végétation de se régénérer et à la biodiversité de reprendre ses droits. Les arbres, autrefois abattus pour dégager des zones d’exploitation ou pour alimenter les activités minières, sont désormais moins sollicités. Ce répit offre une chance précieuse à ces écosystèmes de se reconstruire, lentement mais sûrement.

Les populations locales tirent profit

Au-delà de l’environnement, ce changement profite également aux populations locales. De nombreuses communautés rurales dépendent étroitement des produits forestiers non ligneux : fruits sauvages, feuilles, miel, écorces médicinales. Lorsque les forêts sont dégradées, ces ressources se raréfient, fragilisant davantage des populations déjà vulnérables.

La diminution de la pression sur ces espaces permet donc un retour progressif de ces richesses naturelles, essentielles à la sécurité alimentaire et aux revenus des ménages. L’initiative présidentielle ne se limite pas à une modernisation technique. Elle s’inscrit dans une vision plus large d’un secteur minier responsable, où la productivité va de pair avec la protection de l’environnement et la santé humaine. L’élimination progressive du mercure et du cyanure constitue une avancée majeure.

Ces substances, longtemps utilisées sans contrôle, ont causé des dommages considérables aux écosystèmes et aux populations. Leur remplacement par des méthodes plus sûres marque une rupture importante avec les pratiques du passé. Certes, les défis restent nombreux. La transition vers un orpaillage mécanisé nécessite des investissements, de la formation et une adhésion réelle des acteurs du secteur. Mais les premiers résultats sont encourageants. Ils montrent qu’il est possible de concilier exploitation des ressources naturelles et préservation de l’environnement.

Ainsi, au Burkina Faso, l’or ne brille plus seulement par sa valeur marchande. Il devient aussi le symbole d’un équilibre recherché entre développement économique et respect de la nature. Dans le silence retrouvé de certaines forêts, c’est peut-être le signe qu’un nouvel avenir est en train de s’écrire.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO

 

Initiative présidentielle pour la santé dans les Koulsé : de nouvelle infrastructures pour améliorer l’accessibilité aux soins

Lancée en juillet 2024, l’Initiative présidentielle pour la santé est en marche dans la région des Koulsé (Kaya), à travers la réalisation de centres médicaux communautaires et de postes de santé communautaire. Ces infrastructures sanitaires permettent d’améliorer l’offre de soins de qualité et de moderniser les structures de santé. Sidwaya est allé, en mars 2026, à la rencontre des bénéficiaires des districts sanitaires de Barsalogho, Boulsa et Kongoussi. 

Barsalogho ! Depuis 2019, cette bourgade refuse de fléchir face à l’ennemi terroriste. Une résilience tributaire de la détermination des forces combattantes et de la mobilisation populaire. 9h46mn. Jeudi 5 mars 2026. Nous franchissons le portail du Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA). Depuis le 1er août 2025, un Centre médical communautaire (CMC) est en construction dans l’enceinte du CMA. L’entreprise Bâtiment travaux publics et aménagements agricoles (BTPH2A) est en charge des travaux. Selon son directeur, Bokoum Dabiré, le taux d’exécution physique des travaux est de 35%. « Nous sommes en train de préparer le niveau R+1, puisque la dalle est déjà prête. Nous attendons le ciment pour le bétonnage », rassure-t-il. M. Bokoum indique que l’infrastructure pourrait être livrée dans les cinq mois à venir. De type R+1, le bâtiment sera composé de plusieurs services sanitaires, de deux ascenseurs et d’une rame d’accès menant au 1er niveau. Sur le chantier, une bétonnière tourne sans arrêt. Pendant que des maçons s’attèlent au crépissage des murs du bâtiment, des ferrailleurs finalisent les nervures et la nappe de dalle. Les menuisiers, eux, s’occupent des derniers coffrages des poutres et de la rampe d’accès au R+1.

Le CMA de Barsalogho figure parmi les 55 centres de santé en transformation en CMC. Construit dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour la santé, chaque CMC sera doté d’un laboratoire d’analyse sanguine, d’une unité de transfusion sanguine, d’une petite unité d’imagerie (échographie polyvalente et Rx standard), d’un système d’approvisionnement en oxygène murale dans la salle d’urgence et autres équipements minimum. L’infrastructure sera aussi constituée de salles de consultation spécialisées permettant une augmentation des capacités d’hospitalisation d’au moins 30 lits. Une unité de maternité et de consultation pédiatrique, une morgue, une aire de lavage, des toilettes externes, un forage et une source d’énergie solaire complémentaire sont également prévus.

Un ouf de soulagement

Depuis octobre 2024, la clinique mobile des Koulsé mène des campagnes de dépistage des
cancers de sein et du col au profit des femmes à ressources limitées.

Un ouf de soulagement pour le personnel soignant et la population. Pour le Médecin-chef du district (MCD) sanitaire de Barsalogho, Dr Hamed Sylla, le CMC contribuera à réduire les évacuations sanitaires des 222 000 âmes de son aire sanitaire. « Nos bâtiments sont vétustes et nous essayons chaque année de les réhabiliter selon nos moyens … », avoue-t-il. Selon Dr Sylla, le District sanitaire de Barsalogho (DSB) compte 15 formations sanitaires publiques et une privée dont quatre fonctionnent à minima et dix fermées pour raison d’insécurité. Cette fermeture réduit considérablement l’offre de soins de qualité. De même, poursuit le médecin, l’insécurité empêche des centres de santé de se ravitailler convenablement en produits et consommables médicaux et rend les évacuations sanitaires difficiles dans certaines zones comme Pensa sans l’aide des partenaires humanitaires ou l’armée. C’est pourquoi, il se convainc que l’érection du CMC, viendra, non seulement, pallier à l’insuffisance des formations sanitaires fonctionnelles, mais aussi résoudre les difficultés liées à l’offre de soins de qualité aux populations. Même son de cloche pour les bénéficiaires. Multipare de six enfants, Adelaïde Sawadogo, déclare que le CMC réduira considérablement le coût des soins et le taux de décès des enfants et femmes enceintes. « Souvent, le manque de moyens financiers contraint certains patients à renoncer aux évacuations. Ils finissent par succomber à leurs maladies », soutient-elle. La fermeture de l’axe Kaya-Barsalogho pour cause d’insécurité les années antérieures a fait plusieurs victimes, selon Apollinaire Ouédraogo, cet habitant de la localité. « Le manque d’une simple radiographie a coûté la vie à des patients ici. Si cette infrastructure était fonctionnelle à cette période, je pense qu’on aurait pu sauver beaucoup de vies », suffoque-t-il, les yeux presque embués de larmes.

Des drames qui hantent toujours les esprits. « En 2023, la femme d’un grand-frère, mère de cinq enfants, a piqué une crise de tension. On l’a emmenée au CMA. Le temps de l’évacuer par vol, elle a rendu l’âme. Si le CMC était opérationnel, elle aurait la vie sauve », estime le président de l’Association jeunes engagés pour la santé et le développement (AJESD), Oumarou Ouédraogo. Et Apollinaire Ouédraogo de renchérir : « Parfois, les décès des patients ne sont pas forcément liés à la gravité de leurs maladies, mais plutôt l’insuffisance du plateau technique et de spécialistes ». Cependant, nos interlocuteurs gardent espoir que tous ces drames seront bientôt un mauvais souvenir. C’est pourquoi, ils traduisent leur reconnaissance au chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré. Leur souhait le plus ardent est la dotation de l’infrastructure d’un plateau technique moderne accompagné de spécialistes. L’approvisionnement permanent des produits et consommables médicaux de spécialité et la réouverture des formations sanitaires fermées figurent parmi leurs doléances. Adelaïde Sawadogo s’appesantit sur la création des Activités génératrices de revenus (AGR) au profit des femmes, afin qu’elles puissent honorer quotidiennement leurs frais d’ordonnances médicales.

« Les ASBC sont nos fers de lance »

Deux Postes de santé communautaire (PSC) sont aussi construits à Sidogo et Gabou, commune de Barsalogho. En phase de finition, chaque poste de santé, selon le conducteur des travaux, Moïse Konkobo, est composé d’un bâtiment constitué d’un dispensaire, d’une maternité, d’un bureau de consultation et de trois halls d’attente. Des infrastructures connexes accompagnent le bâtiment, à savoir un incinérateur de 1,5 m2 sur de 2m de profondeur, une latrine (douche et WC) connectée à une fosse septique, une aire de lavage et un forage équipé de château alimenté par des plaques solaires. Selon lui, les travaux sont à un taux d’exécution physique de 52%. A écouter le technicien, il reste l’électrification, le carrelage, le plafonnage et la peinture du bâtiment, en plus du forage. De son avis, ces travaux peuvent être exécutés en un mois.

Le centre médical communautaire de Barsalogho va améliorer l’offre de soins de qualité aux populations.

Dans la région des Koulsé et dans le cadre de l’IPS, dix PSC de même standing sont en construction et exécutés par l’entreprise Africaine des ouvrages et fournitures (AOF)/Burkina. Implantés dans ces villages récemment réinstallés, ces deux PSC permettront aux populations de bénéficier de soins avancés en attendant la réouverture de leurs centres de santé, selon le MCD de Barsalogho. Ils seront animés par des Agents de santé à base communautaire (ASBC). « Les ASBC sont nos fers de lance. Car, malgré l’insécurité, ils arrivent à atteindre certaines zones où nous n’avons pas accès », indique Hamed Sylla. ASBC depuis 2012 et en service au Poste de santé avancé (PSA) 1 du secteur 3 de Barsalogho, Moré Sawadogo manifeste sa joie. « A chaque rencontre avec le personnel soignant, notre préoccupation était la construction de PSC dans les localités très éloignées des CSPS, parce qu’avec l’insécurité, la mobilité des populations est très réduite », avoue-t-il, en consultant un bébé.  Même motif de satisfaction pour Fatimata Sawadago, ASBC depuis 2016. Dédiée au dépistage de nourrissons sains au PSA 1, elle soutient que ces PSC faciliteront leurs activités de sensibilisation et de prévention des maladies courantes (paludisme, toux, rhume, diarrhée). Ces volontaires de la santé s’impatientent donc de leur ouverture au bonheur des populations.

Transformer le CSPS urbain de Boulsa en CMU 

Dans la commune de Boulsa, deux PSC sont réalisés à Donsin relevant du CSPS de Bonam et à Gounga situé dans l’aire sanitaire du CSPS urbain de Boulsa. Le lundi 9 mars 2026, nous visitons celui de Gounga, situé à 17 km de Boulsa, sous la supervision du responsable du CSPS urbain de Boulsa, Michel Kabré. Sur place, un bâtiment, une latrine, une fosse septique, une aire de lavage et un incinérateur sont réalisés. En phase de finition (52%), les travaux restants sont le forage, l’électricité, le plafonnage, le carrelage et la peinture du bâtiment. « En 2024, lors du diagnostic pour la mise en place des clubs de santé communautaire, le manque de poste de santé à Gounga était le gros souci de la communauté. Parce qu’en saison pluvieuse, il n’y a plus de possibilité d’accès au CSPS urbain de Boulsa. Dieu merci, notre cri de cœur a été entendu par le chef de l’Etat », se réjouit M. Kabré.

Pour le MCD de Boulsa, Dr Emile Compaoré, ces PSC seront des lieux d’animation de LAFILATHON, une initiative communautaire pour traiter et gérer les questions de prévention et de promotion de la santé. « Certaines situations qui nécessitent que le malade rallie Boulsa ou une formation sanitaire la plus proche, peuvent être gérées séance tenante sur place et de façon optimale. Ce qui améliore l’accessibilité de soins de santé de qualité aux populations », rassure Dr Compaoré. Abondant dans le même sens, le chef de Gounga affirme que ce poste de santé mettra fin au retard dans la prise en charge des malades. « Je suis témoin des patients emportés par des courants d’eau pendant la saison pluvieuse ici, alors qu’ils tentaient de rallier Boulsa pour des soins », regrette-t-il. Le représentant des jeunes de Gounga, Adama Kiogo, renchérit que le PSC permettra de promouvoir la santé communautaire.

ASBC de Gounga depuis 2016, Augustin Kiogo, se ravit du fait que le PSC vient concrétiser une doléance de longue date. « Il est très difficile d’amener une femme en travail au CSPS de Boulsa pendant la saison pluvieuse. Ce poste résout cette préoccupation », se soulage-t-il. Michel Kabré plaide pour l’érection du CSPS urbain de Boulsa en Centre médical urbain (CMU) au bonheur des 22 000 âmes de son aire sanitaire, la dotation en ambulance, l’augmentation du nombre d’ASBC et le remboursement des frais de la gratuité des soins des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes, dont le dernier paiement date du 3e trimestre 2023.

L’insécurité a aussi contraint le District sanitaire de Boulsa (DSB) à fermer certaines formations sanitaires. Selon Dr Compaoré, sur les 26 formations sanitaires publiques que compte son district, huit restent actuellement fermées, six, autrefois fermées sont rouvertes courant 2024. « Ces derniers temps, nous avons reçu des cas de rougeole liés au fait que ces enfants n’ont pas été régulièrement vaccinés. Du fait de l’inaccessibilité de certaines zones, certains enfants n’arrivent plus à suivre convenablement le calendrier vaccinal. Et, notre crainte, c’est la survenue d’épidémies. De la même manière, la question de la gestion des enfants malnutris, s’ils ne sont pas dépistés à temps et suivis normalement, cela peut engendrer des complications », insiste Dr Compaoré. Néanmoins, il a foi que les PSC viendront résoudre une bonne partie de ces préoccupations.

Dix postes de santé communautaire sont en construction dans les Koulsé.

En dépit de l’insuffisance des formations sanitaires et du manque de plateaux techniques modernes, le personnel soignant arrive à faire preuve de professionnalisme. Toutefois, le mauvais état des voies et l’insécurité rendent difficile l’accès des centres de santé. C’est pourquoi, M. Compaoré plaide pour la normalisation du CMA de Boulsa en le dotant des services de santé mentale, de l’imagerie, d’ophtalmo et d’une morgue.

Rapprocher les soins de santé primaire des populations

Sakondé, le jeudi 12 mars 2026, à 8 km de Kongoussi. Tout comme Bokin (Guibaré), ce village est bénéficiaire d’un PSC. Ici, les travaux sont plus avancés avec un taux d’exécution physique de70%, selon le technicien, Réné Zougouri. Sur le site, un bâtiment, un incinérateur et une latrine ont été réalisés. Notre arrivée coïncide avec la réalisation d’une aire de lavage et d’un forage positif. Il ne reste que les travaux de finition du bâtiment et l’implantation du château d’eau, avec un délai de 30 jours d’exécution. Pour le MCD de Kongoussi, Dr Idrissa Ouédraogo, ces PSC viendront réduire significativement la morbidité et la mortalité surtout maternelle et infantile et rapprocher les soins de santé primaire des populations. Ce sont, poursuit-il, des solutions moins coûteuses avec des soins efficaces, car ils assurent une éducation et une prévention en santé à travers des activités de sensibilisation, de promotion et de prévention qui favoriseront la gestion de la santé par la communauté elle-même.

Le PSC de Sakondé relève de l’aire sanitaire du CSPS de Boalin situé à 5 km du village. Pour l’Infirmier chef de poste (ICP) du CSPS de Boalin, Robert Sawadogo, le PSC de Sakondé permettra de prévenir les prises en charge tardives des malades. En 2025, son CSPS a bénéficié d’un premier PSC (dispensaire) implanté à Sorgho-Yarcé. Depuis lors, selon lui, le village n’a plus enregistré de cas d’accouchement à domicile. « Pourtant les années antérieures, Sorgho-Yarcé enregistrait annuellement deux à trois accouchements à domicile », témoigne l’ICP Sawadogo. A l’entendre, en 2025, l’Agent de santé communautaire (ASC) du PSC de Sorgho-Yarcé a consulté plus 2 000 patients contribuant ainsi à désengorger le CSPS qui reçoit par jour 30 à 40 patients. L’arrivée du PSC de Sakondé est donc un grand apport à l’offre de santé aux populations. Disposant de 14 ASBC répartis sur son aire sanitaire, l’infirmier salue le professionnalisme de ces volontaires dans ce contexte de crise sécuritaire.

Renouveler de la logistique roulante

Selon lui, ses ASBC mobilisent, sensibilisent et orientent les populations en plus de leur paquet minimum d’activités qui est la prise en charge des enfants de 2 à 59 mois, la TPG communautaire en prévenant le paludisme chez les femmes enceintes et la participation aux différentes campagnes de vaccination. Avec l’accompagnement des mères leaders, ajoute-t-il, les ASBC font le protocole simplifié en dépistant les malnutris et les prennent en charge. Le contrôle citoyen de la population témoigne de l’intérêt porté à ce PSC. Mère de six enfants, 50 ans, Margueritte Tinbila observe avec joie le jaillissement de l’eau du forage du PSC. Elle apprécie positivement l’initiative qui facilitera les consultations prénatales et postnatales aux femmes à revenus limités. Le sage de Sakondé, Rassemba Ouédraogo, estime que le poste permettra d’assurer la sécurité sanitaire des communautés. Le Conseiller villageois de développement (CVD), Sylvestre Ouédraogo, confirme qu’en périodes de pluie, il est difficile d’emmener un patient au CSPS du fait des cours d’eau. « Notre CSPS est situé à plus de 5 km. Nous avons été témoin des femmes en travail qui ont accouché à la maison ou en route surtout pendant la période de pluie », renchérit l’ASBC de Sakondé, Marcel Ouédraogo.

A la faveur de l’Initiative présidentielle pour la santé, deux postes hospitalo-universitaires
seront ouverts au CHR de Kaya.

Le District sanitaire de Kongoussi (DSK) compte 51 formations sanitaires publiques. Selon le MCD Ouédraogo, l’insécurité rend difficile l’approvisionnement en produits et consommables médicaux des formations sanitaires situées dans certaines zones comme Bourzanga. Leur ravitaillement se fait essentiellement par vol humanitaire ou convoi militaire. Ce qui complique la prise en charge des urgences, de la malnutrition et de certaines épidémies, mais aussi les évacuations sanitaires. Qu’à cela ne tienne, les agents de santé trouvent toujours des solutions aux urgences. C’est le cas de Mariam Gansoré admise au centre médical de Bourzanga, le 7 août 2025, pour accouchement avec une rupture utérine. Grâce à la promptitude des agents de santé et du détachement militaire, la patiente a été héliportée au CHR de Kaya pour une intervention. Aujourd’hui, elle et son bébé se portent très bien, selon Dr Ouédraogo.

Dans la liste des doléances des acteurs de la santé, figurent le renforcement des ressources humaines à tous les niveaux, la normalisation des infrastructures sanitaires datant de 20 ans pour certaines, avec par conséquent des capacités dépassées, la réhabilitation de certains centres de santé, le renforcement du plateau technique des CMA, CSPS, CMC et PSC et le renouvellement de la logistique roulante pour les évacuations et supervisions. Pour leur part, les ASBC souhaitent l’amélioration de leur prime de motivation mensuelle, leur dotation en matériel roulant (moto) et leur formation et recyclage pour plus d’autonomie. Les populations exhortent les autorités à affecter rapidement des agents dans les PSC, la construction de leurs dortoirs pour faciliter la garde, la mise en place d’un dépôt pharmaceutique au sein des PSC et la réalisation d’un hangar dans les PSC pour faciliter les activités des ASBC.

Emil SEGDA

Segda9emil@gmail.com


Un personnel soignant engagé

Du récit du MCD de Boulsa, courant novembre 2025, le service des urgences du CMA de Boulsa recevait un patient venu de Dargo, victime d’attaque avec tous ses viscères dehors. « On se disait que c’est un cas désespéré. Mais avec la détermination de l’équipe, on a pu le stabiliser avant de l’évacuer à Ouagadougou. Il fut opéré trois fois. Je suis resté en contact avec lui. Aujourd’hui, il a recouvré sa santé », raconte-t-il. Un autre fait marquant est l’admission au CMA de Boulsa, en 2023, d’une femme en travail avec la tête du bébé sortie mais le corps reste coincé dans le vagin. Transportée durant 24 heures sur une moto après avoir parcouru plus de 50km, le bébé est arrivé au CMA de Boulsa mort. Mais la femme a pu être sauvée. « Leur village se situe à une vingtaine de km de Boulsa. L’insécurité les a contraints à faire le grand tour. Si le village disposait d’un PSC, on aurait pu sauver cet innocent », se souvient Dr Compaoré, avec un brin de regret.

E.S


Palamanga Ouoba, directeur régional de la Santé des Koulsé

« La mise en œuvre du Plan 1000*5 permettra d’étoffer la ressource humaine »

Sidwaya (S.) : Quelles sont les réalisations faites dans les Koulsé dans la mise en œuvre de l’Initiative présidentielle pour la santé ?

Palamanga Ouoba (P.O.) : Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Initiative présidentielle pour la santé (IPS), la région des Koulsé est bénéficiaire de deux Centres médicaux communautaires dont un à Barsalogho et un autre au centre médical militaire de Kaya. A cela s’ajoutent la réalisation de dix Postes de santé communautaire (PSC) dans les communes de Boulsa (2), Barsalogho (2), Kongoussi (2), Kaya (2), Mané (1) et Boussouma (1). Une dizaine de maternités et centres de santé des localités reconquises ont été réhabilités pour effacer les séquelles des attaques terroristes. Deux postes hospitalo-universitaires ont été ouverts au Centre hospitalier régional (CHR) de Kaya. De même, la dotation d’une clinique mobile et la réduction sur deux années consécutives des prix des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux a permis de réduire la barrière financière en santé. La mise en œuvre du Plan 1000*5 permettra d’étoffer la ressource humaine. L’érection des Postes de santé avancés (PSA) dans les zones d’accueil des déplacés internes permet d’augmenter le nombre de postes de soins.

S. : Ces actions permettent-elles d’améliorer  l’offre de soins ?

P.O. : Les CMC permettent d’améliorer l’accessibilité géographique et financière aux soins spécialisés et de qualité aux populations et surtout de rapprocher les soins aux populations tout en réduisant considérablement les évacuations sanitaires. Les PSC rapprochent les promotions de la santé des populations et les amènent à s’approprier leur propre santé dans le domaine de l’assainissement, de la lutte contre les maladies courantes, de la promotion de bonnes pratiques alimentaires pour lutter contre la malnutrition. La clinique mobile renforce également l’accessibilité géographique aux soins spécialisés et gratuits pour les populations des villages et campagnes.

S. : Que proposez-vous pour améliorer davantage l’offre de soins de qualité ?

P.O. : Nous suggérons l’augmentation des unités des soins au niveau du Centre hospitalier régional de Kaya ou carrément la construction d’un nouveau centre hospitalier plus moderne à Kaya.  La sortie de promotion du Plan 1000*5 pourra étoffer la ressource humaine sur le terrain. De même, l’équipement des CMC et PSC permettra de rendre fonctionnels ces centres de santé communautaire.

Interview réalisée par E.S

Notre intégrité est dans nos plats !

La première phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) s’est achevée hier 9 avril 2026. En rappel, le thème retenu cette année est : « Produisons burkinabè, consommons burkinabè : notre assiette, notre fierté ! ». Rien qu’à lire le thème, chaque Burkinabè sait quelle note il peut s’attribuer en matière de consommation locale. En regardant ce thème, une introspection patriotique permet à chacun de jauger sa part de contribution à la promotion de nos produits. Du matin au soir, ce qui passe par notre bouche comme aliment détermine en partie qui nous sommes, d’où nous venons et l’histoire qui nous a moulés au fil des ans. Mais consommer Burkinabè s’apprend. Il suffit d’un peu de volonté et l’appétit viendra en mangeant. C’est pourquoi il faut apprendre à manger ce que nous produisons ; il faut inculquer aux enfants le goût de nos mets locaux. De temps à autres, en lieu et place du chocolat croustillant, il faut leur faire goûter les tourteaux d’arachide, le “koura-koura” des Koulsé ou le “toubani” du Goulmou.

Manger, c’est découvrir la gastronomie burkinabè et la savourer avec fierté. Dans nos plats traditionnels, il y a la santé au bout du goût de la nature. C’est pourquoi, on mangera goulument le “moabbou” ou le “wâkè” du Goulmou, de la Tapoa ou de la Sirba assaisonné du “koumvando” ou feuilles d’aubergine africaine des potagers du Kadiogo en appréciant son goût un peu amer mais combien nutritive et médicinale. Ce “koumvando” par exemple est prisé pour ses vertus fortifiantes, riches en fer, fibres, vitamines A et C. Sa consommation régulière aide à la digestion, renforce le système immunitaire et contribue à la santé cardiovasculaire. Et que dire du “soumbala” national utilisé comme le super ingrédient dans les sauces ou dans les plats de résistance comme le fameux riz au “soumbala” prisé de tous.

Bref, cette chronique n’est pas un cours de cuisine mais elle vise à mettre l’eau à la bouche des Burkinabè afin qu’ils s’intéressent encore plus à nos mets locaux. On pourrait passer en revue toutes les régions du Burkina, il y aura toujours de bons plats à brandir et à manger. Même chez les Samo, il y a de bons plats à déguster comme le « zamanè », le “gnonkon”, le « liè » ou “gnougou” et le “faro”.

Tous ces mets sont plus ou moins représentés dans toutes les communautés. Mais dans certains de nos villages, les boîtes de conserve commencent à remplacer certains produits locaux. Les illicites poulets surgelés de la fraude survolent nos hameaux de cultures et les cultivateurs ne se fatiguent plus pour labourer. Ils préfèrent asperger les champs d’herbicides à la qualité douteuse et saturer les sols d’engrais chimiques ou de pesticides parfois non homologués. Les influences de la société moderne ont fini par phagocyter une bonne partie des recettes traditionnelles. Même le “soumbala” ancestral n’est plus préparé selon les principes de cuisson de grand-mère. Le carbure a fini par s’inviter par endroits dans la cuisine et à force d’économiser le bois de chauffe et le temps de cuisson, la cupidité a fini par abréger nos jours déjà écourtés par une espérance de vie très réduite.

De nos jours, la promotion des plats traditionnels reste confinée dans des foyers modernes où madame ne sait même pas préparer un bon plat de to sans le cribler de grumeaux. Certaines de nos femmes ne savent pas préparer les mets locaux. Il faudra donc apprendre à nos filles à entrer dans la cuisine, car beaucoup franchissent le cap du BAC avec mention très bien, mais sont nulles en préparation de la plus légère des sauces locales. C’est une question d’honneur, c’est une valeur ajoutée dans la vie d’une femme qui sait bien préparer. Mais hélas, les restaurants sont devenus le lieu de rendez de nos familles. On préfère sortir manger du “gonré” au “zamnè” dehors que d’apprendre à le préparer à la maison. Pendant ce temps, la cuisine devient un magasin où les vieux matelas se disputent l’espace avec les anciens vélos et autres jouets des enfants, sans oublier les souris et autres rongeurs devenus des habitants par défaut d’une villa sans saveurs, sans chaleur.

Que chaque Burkinabè, sans distinction de sexe, apprenne au moins à préparer deux plats locaux et nous donnerons à la Révolution progressiste et populaire une pincée de révolution culinaire doublée du réflexe de manger toujours ce que nous produisons.

Clément ZONGO

clmentzongo@yahoo.fr

Rencontre Gouvernement/OIT: des ministres présentent les priorités du Burkina

Le directeur général de l’organisation internationale du travail, Gilbert F. Houngbo, a eu une séance de travail le jeudi 9 avril 2026 à Ouagadougou avec une délégation gouvernementale du Burkina.

Le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Gilbert F. Houngbo, effectue un séjour de travail dans les pays membres de l’Alliance des Etats du Sahel du 5 au 15 avril 2026. Le jeudi 9 avril 2026, il a échangé à Ouagadougou avec une délégation gouvernementale composée du ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, celui de la Santé, Robert Kargougou, du chef du département en charge de l’Enseignement secondaire, Moumouni Zoungrana et de la ministre chargée de la Jeunesse, Annick Pikbougoum.

Le directeur général de l’OIT a indiqué que cette rencontre est très importante, car elle a permis à sa délégation d’être à l’écoute des ministres burkinabè qui ont déroulé les réalisations de ces dernières années dans leurs secteurs respectifs qui touchent au mandat de l’OIT.

Plusieurs sujets ont été abordés au cours de cette entrevue. Il a cité, notamment, la formation professionnelle qui constitue une priorité du gouvernement, la question du secteur informel, la santé et la sécurité au travail et enfin la haute intensité de main-d’œuvre.

M. Houngbo a souligné que l’emploi des jeunes doit être au cœur des politiques publiques de développement des pays. « Nous voulons être aux côtés du Burkina Faso pour agir ensemble selon les besoins exprimés par les autorités du pays », a-t-il rassuré. Il s’est dit impressionné par de la clarté de la vision, qui est en cours, de l’exécutif. Le directeur général de l’OIT a émis le souhait d’avoir un programme sous régional pour les trois pays de l’AES sur la question de la protection sociale.

Il a dit sa satisfaction de cette rencontre car, a-t-il estimé, l’un des objectifs avec le Burkina, est d’élaborer une feuille de route qui permettra à l’OIT de clairement définir ses domaines d’intervention. En retour, a-t-il poursuivi, les ministres pourront aussi faire le monitoring des interventions de l’OIT. « C’est vraiment du gagnant-gagnant », a-t-il promis.

La directrice générale du travail du Burkina, Stella Zoungrana, a salué cette rencontre d’échanges qui a permis au Burkina Faso, à travers quatre ministres, de faire le point de la coopération avec l’OIT et présenter les priorités du pays des Hommes intègres. Elle a souhaité que l’Organisation internationale du travail inscrive ses actions dans les différentes priorités du gouvernement.

Adama SEDGO

Bureau international du travail: le directeur général veut s’enquérir de la réalité du terrain

Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu en audience, le jeudi 9 avril 2026, le directeur général du Bureau international du travail (BIT), Gilbert Fossoun Houngbo.

Le patron de l’agence onusienne en charge du travail effectue une visite terrain au pays des Hommes intègres, pour s’imprégner de la réalité du terrain, en vue du renforcement de la collaboration et de la confiance mutuelle avec le gouvernement burkinabè. La visite de Gilbert Fossoun Houngbo s’inscrit donc dans le cadre du renforcement du partenariat entre le Burkina Faso et l’Organisation internationale du travail (OIT), ainsi que de la promotion des priorités nationales en matière de travail décent, de protection sociale et de dialogue social.  « Il est important pour moi d’être sur le terrain pour pouvoir échanger avec les autorités afin d’être sûr que l’expérience technique que le Système des Nations unies met à la disposition des autorités se fasse sur la base de la volonté, de l’ambition et de la stratégie adoptée par le pays.

C’est une question de respect de la souveraineté nationale, une question d’appropriation nationale », a-t-il soutenu. Pour lui, dans un contexte où le constat sur le terrain est souvent diamétralement opposé à ce qui est relayé sur les réseaux sociaux et certains médias, il est plus que nécessaire de venir écouter les acteurs de premier plan. A cette audience, le chef de la diplomatie burkinabè et le directeur général du BIT ont eu des échanges fructueux, sur les principaux défis et les opportunités au Burkina Faso et dans les autres pays de l’espace confédéral. Selon Gilbert Fossoun Houngbo, il est primordial pour les pays de l’AES de faire face à la crise sécuritaire et humanitaire, mais il est aussi important de renforcer le volet développement avec un accent sur l’employabilité des jeunes.

A ce sujet, il a salué les différentes initiatives du gouvernement burkinabè en matière de travail et d’emploi des jeunes, en les mettant au cœur des actions et programmes de développement, sans oublier les performances en matière de gouvernance économique et financière. Karamoko Jean Marie Traoré a vivement salué cette démarche visant à toucher du doigt la réalité sur le terrain, toute chose qui permet de changer les perceptions sur le Burkina Faso et de mieux ajuster les interventions. Il a dit sa satisfaction de l’engagement de l’OIT à œuvrer au renforcement de la coopération avec le Burkina Faso et les pays frères de l’AES. Justement, cette visite du directeur général du BIT s’inscrit également dans le cadre d’une tournée qu’il a engagée dans les trois pays de la Confédération AES.

DCRP/MAE

Azaratou Sondo, directrice générale de la FCPB : « Les Caisses populaires accordent une place de choix à la femme dans leurs politiques de crédit et d’épargne »

Depuis 1972, le Réseau des Caisses Populaires du Burkina joue un grand rôle dans l’inclusion financière des populations, notamment des femmes. Dans cette interview accordée à Sidwaya, la Directrice générale de la Faitière des caisses populaires du Burkina (FCPB), Azaratou Sondo, met en exergue la contribution des Caisses populaires à l’autonomisation économiques des femmes à travers des produits financiers et non financiers adaptés à leurs besoins.

Sidwaya (S) : Pouvez-vous présenter brièvement le Réseau des Caisses populaires du Burkina ?

Azaratou Sondo (A.S) : Le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) est un mouvement de coopératives d’épargne et de crédit régies par la loi 001-2025/ALT du 13 février 2025 portant réglementation de la microfinance au Burkina Faso.  Il comporte deux paliers : les Caisses populaires (CP) et la Faîtière des caisses populaires du Burkina (FCPB). Les Caisses populaires constituent la porte d’entrée et d’accès des membres aux produits et services offerts. Elles collectent l’épargne des membres et la rétrocèdent sous forme de crédits à ceux qui sont dans le besoin de financement de leurs projets et/ou de leurs activités économiques.

La Faitière des Caisses Populaires du Burkina, agréée sous le numéro A-13130463 du 19 juin 2013, est la structure de coordination et de surveillance des activités des Caisses populaires.  La FCPB a pour rôles de fournir une assistance technique en matière d’organisation, de compatibilité, de formation et d’éducation, d’exercer un contrôle administratif et financier sur ses membres, d’assurer le développement du réseau en favorisant la création de caisses, d’unités d’affaires, etc., représenter les caisses sur le plan national et international, définir les règles administratives, comptables et financières liées à notre secteur d’activités et aux lois et règlements qui le régissent, etc.

La faitière est la structure de coordination ; elle constitue, avec les caisses populaires qui sont les structures de base, un ensemble qu’on appelle le Réseau des caisses populaires du Burkina RCPB). Il s’agit d’un mouvement formé par ces deux niveaux dont la mission est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations à travers des offres adaptées, accessibles, en termes de crédits et d’épargne, mais aussi de gestion démocratique en impliquant les membres dans les différents organes.

En termes de chiffres, au 31 décembre 2025, nous avons 32 caisses agréées affiliées à la FCPB, 906 278 membres coopérateurs, 212 points de vente rattachées aux 32 Caisses Populaires et répartis sur l’ensemble du territoire burkinabè, et plus de 1000 ressources humaines dont 75% de femmes.

S : Avec plus de 200 points à travers tout le Burkina,  Peut-on dire sans se tromper que le  réseau des Caisses populaires est  l’une des institutions financières la plus décentralisée ?

A.S : Sur le plan national, nous sommes la structure de microfinance la plus étendue, la plus représentée sur l’ensemble du territoire. Car, il n’y a pas une zone où on ne peut pas trouver une caisse populaire !

S : Le Réseau des Caisses populaires est considéré comme une institution orientée vers la promotion du genre. Pouvez-vous en dire plus ?

A.S : Notre mission est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations. Les premières caisses ont vu le jour en 1972. A cette époque, la mobilisation a été forte au niveau des acteurs du monde rural, notamment les femmes, si bien que cette mission vise également à donner les moyens à cette catégorie de cibles, afin qu’elle puisse apporter sa contribution à l’amélioration des conditions de vie des ménages. Conscient que la femme joue un rôle très important dans la vie de la famille, alors que ses moyens sont limités, les caisses populaires mettent l’accent sur son autonomisation à travers les différents produits qu’on met en place.

Le réseau a été bâti en mettant en avant la promotion de la femme mais surtout le leadership féminin. A ce titre, on note aujourd’hui sur plus du millier de travailleurs, 75 % de femmes, et 30 % de femmes occupant des postes de responsabilité.

Pour les organes dirigeants, chaque année un objectif de 40% de taux de représentation est fixé pour inciter les femmes à s’impliquer fortement dans la gouvernance du Réseau des Caisses populaires du Burkina ; l’objectif est de faire en sorte qu’au-delà de bénéficier des accompagnements, elles puissent aussi s’impliquer dans le développement du Réseau, à travers leurs idées, leurs suggestions et leurs orientations, pour que réellement les choses puissent aller en tenant compte de leurs spécificités.  Même si la tâche semble ardue, on note 173 femmes exerçant comme administrateurs soit un taux de 42% au 31 décembre 2025. C’est pour dire que la promotion du genre, par l’implication des femmes dans les organes de gouvernance est une réalité au RCPB.

Au niveau des membres, en fin d’année 2025, sur les 900 000 membres, la proportion de femmes tourne autour de 30-35%. Et il faut dire qu’au niveau de ce pourcentage, on a beaucoup de groupes de femmes. Quand on sait qu’un groupe peut avoir souvent de 5 à 30 membres, vous voyez que c’est énorme. Mais comme on tient compte des comptes, c’est pour cela qu’on est à 35%. Sinon, si on veut décompter en termes de bénéficiaires, nous avons plus de 2 millions de bénéficiaires au niveau des femmes.

S : Quel rôle la microfinance joue-t-elle dans l’autonomisation économiques des femmes au Burkina Faso ?

A.S : Le rôle de la microfinance dans l’autonomisation économique des femmes est énorme. Comme le nom l’indique, la microfinance c’est l’octroi de crédit de petite taille à des cibles exclues des structures financières classiques. Qu’il s’agisse de l’octroi de crédit ou de la mobilisation de l’épargne, la microfinance est un outil important qui peut véritablement contribuer à l’autonomisation des femmes, lorsqu’elle est bien conduite, c’est-à-dire que la microfinance ou la structure qui porte ce métier met l’accent sur les femmes, les écoute pour pouvoir développer des produits adaptés à leurs besoins, tenir compte des autres aspects non financiers comme les formations, l’accompagnement en éducation financière…

La microfinance regroupe donc des services financiers comme les microcrédits, l’épargne ou encore l’assurance adaptés aux personnes à faibles revenus et les services non financiers tels que les formations et les conseils.

En termes d’impacts du rôle de la microfinance sur l’autonomisation économique des femmes, elle permet leur accès au capital : exclues de la clientèle des institutions financières classiques, l’accès au capital permet de démarrer ou développer une activité génératrice de revenus, notamment le commerce, l’agriculture, l’élevage/embouche, l’artisanat. Cela leur permet de générer des revenus et accroitre leur capacité financière.

Elle contribue au renforcement du pouvoir économique des femmes et inclusion sociale : avec un revenu stable, les femmes gagnent en indépendance financière et participent aux prises de décision du ménage ; ce qui modifie les rapports de pouvoir au sein de la famille ; l’accès aux services financiers et non financiers renforce la confiance en soi et la reconnaissance sociale des femmes. Elles deviennent des actrices économiques à part entière ;

Avec l’accès au capital qui leur permet de développer ou de renforcer leurs activités économiques, elles gagnent une notoriété dans leur communauté, car elles participent, non

La DG de la FCPB, Azaratou Sondo : « le RCPB compte poursuivre l’innovation dans l’offre de produits de crédits et d’épargne adaptés aux besoins des femmes ».

seulement à la prise en charge des familles, mais aussi à la prise en charge de la communauté, Dans la communauté, il est souvent demandé des contributions, et les femmes ne sont pas en marge, car elles ont des revenus leur permettant de contribuer, même si ce n’est pas directement. Ce qui leur donne aussi un pouvoir. Dans les communautés où, par exemple, le Réseau a évolué à travers ces différents programmes spécifiques aux femmes, cela s’est observé, avec des femmes qui ont de plus en plus la parole pour donner leur point de vue sur certains aspects de leur communauté ou même au sein de leur famille.

La microfinance participe également au développement de leurs compétences, car des services non financiers sont offerts aux femmes à travers des formations sur la gestion des groupes (gouvernance), l’entreprenariat, la gestion des activités génératrices de revenus, l’éducation financière, la confiance en soi, la santé maternelle et infantile. Ce qui leur permet de mener à bien leurs AGR et gérer la santé de leurs enfants et famille.

Elle renforce leur participation aux activités de la communauté : les femmes réinvestissent souvent leurs revenus dans leur famille et leur communauté, ce qui crée un cercle vertueux de développement local.

Autre impact, c’est la réduction de la pauvreté : les revenus générés contribuent à améliorer les conditions de vie , à travers une meilleure alimentation, une prise en charge sanitaire et l’éducation des enfants. Avec l’intervention des Caisses, les enfants ne restent plus à la maison, ils sont scolarisés, soignés…

L’impact se répercute donc sur toute la communauté.

Nous avons connu des femmes qui ont entamé leur projet avec des crédits de 5000 FCFA et aujourd’hui qui sont des chefs d’entreprises dans le domaine de la transformation des produits forestiers non ligneux (karité, néré, …), de l’exportation du niébé, etc.

L’avantage de la microfinance c’est qu’elle offre des services de proximité et elle a une approche qui privilégie beaucoup plus l’esprit participatif des femmes en leur accordant plusieurs leviers sur lesquels elles font leur choix.

S : L’une des particularités des institutions de microfinance réside dans les conditions d’accès aux crédits pour lesquelles de grosses garanties ne sont pas exigées aux femmes. Le confirmez-vous ?

A.S : Tout à fait. Ce sont vraiment les conditions très allégées d’accès au financement au niveau des institutions de microfinance qu’il faut aussi relever, en fonction de la nature de l’institution. Dans tous les cas, quand on est dans le secteur de la microfinance, on a quand même une certaine souplesse. C’est aussi lié à la réglementation qui permet de faire des choses qui ne sont pas faisables au niveau des structures classiques de financement. Il y a des garanties qui sont adaptées, surtout au niveau des femmes. Généralement, la caution solidaire est très utilisée, qui n’est pas financière, mais qui joue pleinement son rôle quand il y a un problème d’impayés. Les femmes se mettent en conséquence ensemble, en fonction des niveaux de connaissances que les unes ont pour les autres, pour pouvoir faire jouer cette caution solidaire.

S : Quelle place le Réseau des Caisses populaires accorde-t-il à la femme, notamment dans la politique de produits ?

A.S : Les Caisses Populaires accordent une place de choix à la femme dans ses politiques de crédit et d’épargne, au regard des nombreux programmes qui lui sont dédiés. Pour comprendre la place des femmes, il faut remonter à la mise en place des premières caisses depuis 1972.  Au départ, il y avait de l’augmentation des populations. Mais le constat qui avait été fait, est que même quand les femmes avaient cette volonté de participer, à un moment donné on sentait une déperdition, du fait non seulement de leurs charges de travail, mais aussi parce qu’elles doivent parcourir des distances éloignées pour rejoindre une caisse en son temps. Une étude de faisabilité avait été réalisée pour comprendre ce phénomène de déperdition et savoir quelles solutions adopter pour pouvoir les prendre en compte. L’étude a permis de savoir qu’elles avaient certes besoin d’argent, mais aussi d’éducation sur certains thèmes pour mieux conduire leurs activités génératrices de revenus.

C’est ainsi qu’en 1992, on a mis en place le programme Crédit épargne avec éducation, dans le nord du Burkina, où on passait par les groupements féminins pour octroyer des petits crédits à ces femmes sur la base de la caution solidaire.  Depuis, ce sont des milliers de femmes qui en ont bénéficié.

Le programme initial, les montants de crédit octroyés étaient de 3 000 F CFA à 5 000 F CFA et par la suite on est passé à 75 000 F CFA et puis à 100 000 F CFA.   

Par la suite, au sein de ce programme, on a eu à développer encore deux ou trois produits de crédit pour les femmes pour les accompagner dans les différentes étapes d’évolution de leurs activités. On a eu des associations de crédit intermédiaire où les montants sont beaucoup plus élevés. On a eu les associations de crédits intermédiaires avec des plafonds de 75 000 F CFA, les crédits aux femmes commerçantes pour des montants allant jusqu’à 150 000 F CFA.  Aujourd’hui, on a des femmes qui, après avoir traversé toutes ces étapes, ont ouvert leurs comptes individuels et transigent avec leurs caisses.

En 2004, on a mis en place les centres financiers aux entrepreneurs. Dans ces centres, certaines femmes qui ont pu émerger du programme initial sont allées prendre des crédits pour devenir de véritables entrepreneurs dans le domaine du BTP, de la restauration, ou pharmaceutique.  Nous avons des exemples de femmes qui ont commencé avec des crédits de 3 000 F CFA, 5 000 F CFA, et qui, aujourd’hui, prennent des dizaines de millions.

S : Si dès les années 1972, il y avait déjà des réflexions pour prendre en compte la femme, cela montre -t-il qu’originellement, la femme était au cœur de votre politique ?

A.S : Tout à fait. Originellement, la femme était au cœur de notre politique, car dans les communautés, il y a toujours des hommes et des femmes. Et pour que la mission qu’on s’est assignée puisse réellement être une réalité, on ne peut que tenir compte de ces deux acteurs majeurs. Et dans toutes nos politiques, procédures, nous en avons toujours qui sont dédiées vraiment aux femmes, car nous connaissons les contraintes auxquelles elles font face, mais aussi leurs attentes. Et périodiquement, nous réalisons des enquêtes, des études pour pouvoir mieux comprendre, savoir quelles améliorations il faut apporter dans nos offres.

S : Au-delà des crédits, les Caisses populaires participent à l’éducation financières des femmes. Qu’est-ce qu’elles font concrètement à ce niveau ?

A.S : Il y a des thèmes liés à la santé infantile et la famille, et des thèmes qui sont liés à la

Les crédits des Caisses populaires aux femmes sont accompagnés de programmes d’éducation financière.

gestion même des activités et la gestion de leur agent.  Nos Caisses sensibilisent les femmes sur l’ouverture de comptes pour sécuriser leur épargne et bénéficier de crédits. Elles dispensent des thèmes d’éducation sur l’entrepreneuriat, la gestion financière personnelle, les possibilités d’épargnes, le crédit pour le développement, la gestion des dettes, les options d’investissement, les options de négociations financières, la budgétisation.

Ces différentes formations permettent aux femmes de faire des choix de projets judicieux, de mieux gérer leurs ressources financières, d’avoir des astuces sur comment faire fructifier un crédit, d’avoir une culture de la pratique de l’épargne, de connaitre la pertinence de la prévention en matière de gestion des ressources financières. Sans ces formations, elles confondent souvent capital et bénéfices.

Au niveau des impayés, à l’analyse, l’une des principales causes qui ressort est qu’au cours de la période de crédit, un membre de la famille est tombé malade, et généralement c’est les enfants ! Pour une mère, il n’y a pas d’engagement qui tient face à son enfant malade.  Ces thèmes d’éducation sur la santé, elles arrivent à améliorer la santé pour éviter que les enfants tombent malades, avec des répercussions sur leurs activités.

S : Quel bilan faites-vous de la contribution des Caisses populaires à l’autonomisation des femmes au Burkina Faso ?

A.S : Nous n’avons pas tous les chiffres pour l’étayer, mais d’une manière générale, durant tout ce temps que nous accompagnons les femmes, le Réseau a joué sa partition et continue de le faire. Par exemple, l’accès au capital, n’est plus une affaire de personnes aisées qui peuvent accéder. Car les produits que nous mettons à la disposition des femmes, sont commercialisés à travers des employés qui vont vers les femmes pour les sensibiliser et les amener à les consommer, si bien que depuis ces années d’approche de proximité avec les femmes, c’est plus de 3 millions de bénéficiaires sur l’ensemble du Réseau de distribution et sur l’ensemble du territoire de burkinabè.

Et il y a des femmes qui témoignent sur ce que cet accès à la ressource financière, leur a donné, c’est pratiquement tous les enfants ont pu terminer leurs études et travailler.  Aujourd’hui, dans la nouvelle formule du programme, c’est plus de 60 000 groupes, avec plus de 100 000 membres. Et en termes d’épargne mobilisée, c’est plus d’un milliard F CFA, pour les femmes qui sont dans le programme. En dehors du programme, celles qui ont aussi leurs comptes individuels, dans le portefeuille d’épargne globale du Réseau, au moins 20 % appartiennent aux femmes. Au niveau des crédits, c’est au moins le tiers qui leur est octroyé pour qu’elles puissent mener les différentes activités. Pour l’année 2024, c’est au moins 30 à 50 milliards de crédits qui sont consacrés aux femmes.

S : Qu’est-ce qui motive les Caisses populaires à accorder tant d’intérêt à la femme ? Cela relève-t-il de votre conviction qu’il n’y a pas de développement sans autonomisation économique ?

A.S : Cela relève de la conviction des Caisses populaires. Il faut remonter à l’historique des Caisses qui ont vu le jour parce que des populations étaient en marge du système financier classique, et dans une extrême pauvreté. Au Burkina Faso, les femmes représentent près de 53% de la population et vivent généralement en milieu rural, avec des charges familiales souvent importantes et dans une précarité souvent extrême. Pour y remédier, elles constituent une cible privilégiée pour la réalisation de la mission des Caisses populaires.

L’impact qu’elles apportent à nos actions est beaucoup plus élevé, car elles touchent beaucoup de gens à la fois. Sans compter que ce sont des gens qui respectent leurs engagements. D’une manière générale, le taux de remboursement auprès des femmes est très élevé, dans l’ordre de 99,99%. Quand on travaille avec les femmes, une fois qu’elles ont confiance, et qu’elles trouvent aussi leur compte avec vous, vous tissez une relation de partenariat qui est durable.

S : Quels sont vos projets à court, moyen et long termes pour les femmes burkinabè des villes et des campagnes ?

A.S : A court et à moyen terme, les projets, c’est toujours l’amélioration en tenant compte des attentes et des contraintes des femmes, car l’environnement évolue et les mutations sont énormes. Notre objectif, c’est de pouvoir tenir compte de tout cela, pour accompagner les femmes sur les défis qui sont leurs.  Le RCPB compte poursuivre l’innovation dans l’offre de produits de crédits et d’épargne adaptés aux besoins des femmes. Cette innovation passera par l’offre de produits et services digitaux accessibles à moindre coût. Ces produits faciliteront aussi l’apprentissage à travers la digitalisation des séances d’éducation financière.

S : Quel est votre message à des femmes burkinabè des villes et campagnes qui se battent au quotidien pour leur autonomisation économique ?

A.S :  Je leur exprime mon admiration. Car, lorsque, généralement, on quitte très tôt le matin la maison, elles sont les premières personnes qu’on rencontre dans la circulation, qui parcourent des distances pour ramener les légumes dans les marchés, approvisionner les différents ménages. Je souhaite qu’elles puissent davantage accompagner les hommes dans les ménages et les différentes communautés pour faire en sorte que les différentes facettes de la vie puissent être améliorées avec leurs contributions.

Je les invite à davantage faire confiance à leurs Caisses populaires et à exprimer aussi leurs besoins, car nous en tiendrons compte pour pouvoir leur offrir des produits et des services adaptés et leur alléger aussi la tâche pour ce qui concerne l’accès aux ressources, mais aussi pour ce qui concerne l’accès à la connaissance pour davantage les outiller, les aider avoir confiance en elles et à mieux conduire les activités génératrices de revenus. Et je leur demande d’être des ambassadrices des caisses populaires et de travailler à ce que d’autres femmes puissent emboîter leurs pas en ouvrant leurs comptes dans les caisses populaires pour pouvoir bénéficier de nos différents produits et services. Je profite aussi leur demander de participer à la vie de leurs caisses populaires en déposant leurs candidatures pour devenir des administrateurs et contribuer aussi avec leurs idées à l’orientation pour pouvoir mieux conduire nos différentes coopératives financières.

Interview réalisée par

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

Légende :

1. La directrice générale de la Faitière des caisses populaires du Burkina (FCPB), Azaratou Sondo : « le RCPB œuvre au quotidien pour l’amélioration des conditions de vie des populations dans un esprit de solidarité et de responsabilité individuelle et collective ».

2. La DG de la FCPB, Azaratou Sondo : « le RCPB compte poursuivre l’innovation dans l’offre de produits de crédits et d’épargne adaptés aux besoins des femmes ».

3. Les crédits des Caisses populaires aux femmes sont accompagnés de programmes d’éducation financière.

VOIR PH ITW DG caisse populaire………………MAC ZANGO

Engagement patriotique et promotion de modèles réussis: les Etoiles du Faso inspirent les étudiants à Gaoua

Dans le cadre des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) 2026, le ministère de la Justice a organisé, le mardi 7 avril 2026 à Gaoua, une rencontre d’échanges entre les étudiants et les Etoiles du Faso, à l’Université Sib-Sié-Faustin. A travers leurs parcours, ces figures inspirantes ont exhorté les jeunes à cultiver le travail, la discipline et la confiance en soi.

L’Université SIB-Sié-Faustin de Gaoua a servi de cadre à une rencontre d’échanges entre les étudiants et les Etoiles du Faso, des figures emblématiques de réussite burkinabè, le mardi 7 avril 2026 dans le cadre de la première phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC). Initiée par le ministère de la Justice, cette activité s’inscrit dans une dynamique de promotion du civisme, du patriotisme et de la participation active des citoyens à la vie de la Nation.

Elle vise en particulier, à rapprocher les jeunes de modèles concrets de réussite, issus de leur propre environnement socioculturel. Pour le secrétaire général du ministère de la Justice, Harouna Kadio, l’objectif est de démontrer à la jeunesse que la réussite est possible au Burkina Faso, à condition de faire preuve de détermination et d’engagement. « Il s’agit de montrer, preuves à l’appui, que notre pays regorge de talents et de parcours inspirants. Des personnes à qui rien ne prédestinait la grandeur, mais qui, par le courage, la détermination et une vision claire, ont réussi à se hisser au plus haut niveau de l’échelle sociale », a expliqué Harouna Kadio.

Selon lui, ces modèles, désignés sous l’appellation Etoiles du Faso, incarnent des références nationales capables de susciter des vocations et d’encourager l’esprit d’initiative chez les jeunes. La rencontre a ainsi réuni quatre personnalités issues de domaines variés, venues partager leurs expériences et leurs parcours avec les étudiants. Parmi elles, le créateur de mode François Yaméogo, promoteur de la marque « François 1er », s’est illustré comme un exemple de réussite dans le secteur du « Faso Dan Fani ». A travers une approche basée sur l’économie circulaire, il contribue à la transformation locale du coton burkinabè, depuis la matière première jusqu’au produit fini.

Cette chaîne de valeurs intégrées permet non seulement de valoriser les ressources nationales, mais aussi de créer des emplois au profit de nombreux Burkinabè, a fait savoir M. Kadio. Dans un autre registre, Lassané Sawadogo s’impose comme une référence dans le domaine de l’agro-business, notamment à travers ses activités d’embouche bovine. Son parcours témoigne des opportunités qu’offre le secteur agropastoral, considéré comme un levier stratégique pour le développement économique du pays. « La réussite n’est pas le fruit du hasard » La dimension sociale et culturelle n’est pas en reste. Yeri Viviane Youl, femme engagée, œuvre activement pour l’autonomisation des femmes et l’éveil des consciences au sein des communautés.

La rencontre a permis à la jeunesse de découvrir des parcours de réussites issus du Burkina Faso.

A travers ses actions, elle contribue à renforcer la cohésion sociale et à promouvoir des valeurs positives auprès des jeunes. Quant à Florence Bassono, promotrice du « Faso Attiéké », elle s’inscrit dans une dynamique de valorisation des produits locaux. En transformant le manioc produit au Burkina Faso, elle participe à la promotion du consommer local, tout en générant des emplois et en contribuant à la sécurité alimentaire. Face aux étudiants, les différents intervenants ont livré des messages, centrés sur les valeurs fondamentales de réussite. Prenant la parole, François Yaméogo dit François 1er a insisté sur l’importance de la discipline et de la confiance en soi.

« La réussite n’est pas le fruit du hasard. Elle repose sur le travail, la discipline et la confiance en soi », a-t-il déclaré. Pour lui, ces valeurs constituent des piliers indispensables pour toute personne aspirant à réussir durablement. Il a également mis l’accent sur la nécessité de développer le sens de l’organisation et du sérieux dans le travail. « Même avec des moyens, sans discipline, il est difficile de réussir. La confiance est également essentielle, car elle conditionne la capacité à entreprendre et à persévérer », a ajouté François 1er, invitant les jeunes à croire en leur potentiel.

Pour le président de l’institution, le Professeur Roland Meda, cette rencontre constitue une opportunité unique de rapprocher le monde académique des réalités du développement. Selon lui, les échanges avec les « Etoiles du Faso » offrent aux étudiants des perspectives concrètes d’insertion et d’engagement. « Les étudiants peuvent ainsi s’inspirer de ces parcours pour construire leur avenir, en valorisant les connaissances acquises en classe au service du développement. Cela permet de mettre en cohérence les enseignements théoriques avec les exigences du terrain », a-t-il souligné. Par ailleurs, les Etoiles du Faso ont invité la jeunesse burkinabè à s’impliquer davantage dans la construction du pays, en adoptant des valeurs telles que le travail, la résilience, le patriotisme et l’esprit d’initiative.

Boudayinga J-M THIENON

Police de proximité dans le Nando « Kâ pulisi » lancé

Le gouverneur de la région de Nando a officiellement lancé, le jeudi 9 avril 2026, à Koudougou, la nouvelle unité de la police communautaire dénommée : « Kâ pulisi », en langue Lyélyé qui signifie ‘’Police de la cour’’. Elle vise à rapprocher davantage la police de la population et à coproduire la sécurité.

« Kâ Pulisi » en langue locale Lyélyé ou ‘’Police de la cour ou encore votre Police’’. C’est la nouvelle unité de la police communautaire qui vise d’une part à promouvoir davantage le dialogue entre la police et les populations, l’identification des préoccupations et les risques sécuritaires propres à chaque quartier de la province du Boulkiemdé. D’autre part, elle va contribuer à réduire la délinquance mineure et à améliorer la perception de la police. Le lancement a eu lieu, le jeudi 9 avril 2026, dans la cité du Cavalier rouge.

… les populations à collaborer en bonne intelligence, pour coproduire la sécurité dans la région.

Ces innovations, de l’avis du gouverneur de la région de Nando, Adama Jean-Yves Béré, entrent en droite ligne de la vision des plus hautes autorités. « Le ministère de la Sécurité met en œuvre des réformes, afin d’adapter le dispositif sécuritaire au contexte évolutif rapide. C’est dans cette dynamique que la reconfiguration du paysage sécuritaire est intervenue pour confier à la Police nationale, la charge de la sécurité des centres urbains », a justifié M. Béré. Le Directeur régional de la police nationale (DRPN), de Nando, Aimé Salvador Bougma, a fait savoir que la menace terroriste et la fragilisation du tissu social, exigent une présence de proximité de la police et une coopération renforcée avec les citoyens.

« La prévention, la confiance et l’anticipation deviennent des leviers essentiels pour consolider la résilience communautaire face à ces menaces », a soutenu le commissaire divisionnaire de police, Bougma. Une initiative vue sous l’angle de la confiance mutuelle Il a indiqué qu’avec la situation actuelle du Burkina Faso, il apparait nécessaire d’adopter une

Le DRPN de Nando, Aimé Salvador Bougma : « Ce contexte d’insécurité impose une vigilance accrue et une adaptation continue des stratégies sécuritaires ».

approche sécuritaire, préventive et participative, centrées sur la proximité qui favorise la coproduction de la sécurité entre la police et la population. La police de proximité traditionnelle, n’ayant pas donné de résultats escomptés, il convient d’opérer à son avis, une réorientation plus pragmatique. Ainsi, avec ce nouveau concept « Kâ Pulisi », il y aura un renforcement de confiance entre la police et les populations.

« Avec ces motos, 25 agents de la Police sillonneront pour le moment la ville de Koudougou, pour échanger avec les populations et identifier leurs préoccupations locales en vue d’apporter des solutions aux problèmes sécuritaires qu’elles rencontrent dans leurs quartiers ou dans leurs lieux de commerce », a-t-il expliqué. Cette initiative traduit l’idée que la police est proche du citoyen et va à sa rencontre, selon le DRPN de Nando, Aimé Salvador Bougma, non sous l’angle de la répression, mais dans la dynamique de la sensibilisation et de la confiance mutuelle. Il a souligné que le concept est implémenté dans les chefs-lieux de région et s’étendra par la suite dans les autres provinces.

Afsétou SAWADOGO

Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne 2026: un dialogue intergénérationnel pour marquer la fin de la première phase

Le ministère de la Justice a organisé un dialogue intergénérationnel pour clore les activités de la première phase des journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne, jeudi 9 avril 2026, à Ouagadougou.

Le Burkina Faso veut renforcer le lien entre les générations pour bâtir une nation plus résiliente et souveraine, dans laquelle la transmission des valeurs suit un processus socioculturel durable. Pour ce faire, le ministère de la Justice a initié un dialogue intergénérationnel dans le cadre de la première phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement citoyenne et de participation citoyenne (JEPPC ), le jeudi 9 avril 2026, à Ouagadougou. Pour le Secrétaire général (SG) du département, Harouna Kadio, ce cadre dépasse un simple échange pour s’ériger en « carrefour de mémoire » et en « sanctuaire de transmission » entre aînés et jeunes.

Il a insisté sur la nécessité de renforcer le lien intergénérationnel, gage de stabilité et de continuité. « Un peuple qui oublie d’écouter ses anciens est un peuple qui s’égare », a-t-il affirmé, tout en invitant la jeunesse à s’assumer pleinement pour éviter toute perte de repères. Selon lui, le thème : « Produisons burkinabè, consommons burkinabè : notre assiette, notre fierté », de la première phase des JEPPC 2026 constitue bien plus qu’un slogan, pour être une déclaration d’indépendance économique. M. Kadio a également mis en lumière le lien étroit entre justice et souveraineté alimentaire.

Selon lui, la justice ne se limite pas aux tribunaux, mais englobe des dimensions sociales et économiques. « La dépendance alimentaire est une injustice silencieuse », a-t-il dit, estimant qu’un peuple qui ne contrôle pas son alimentation ne maîtrise pas son destin. Evoquant les réalités du terrain, le SG du ministère de la Justice a salué les efforts des femmes transformatrices. De Ouagadougou à Bobo-Dioulasso, en passant par Dori, il a relevé des initiatives locales porteuses d’espoir, illustrant le potentiel du Burkina à assurer son autosuffisance.

« Ces réalités sont la preuve que nous pouvons et que nous devons », a-t-il soutenu. S’adressant à la jeunesse, M. Kadio a lancé un appel à faire du quotidien un acte d’engagement. En effet, selon lui, consommer local, revient à soutenir les producteurs, valoriser le savoir-faire national et bâtir une économie résiliente. Citant le capitaine Thomas Sankara, il a rappelé que « celui qui vous nourrit est celui qui vous dirige », invitant ainsi les Burki-nabè à refuser toute dépendance.

Wanlé Gérard COULIBALY Fatimata

ZOUNGRANA (Stagiaire)