Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu en audience, le jeudi 9 avril 2026, le directeur général du Bureau international du travail (BIT), Gilbert Fossoun Houngbo.
Le patron de l’agence onusienne en charge du travail effectue une visite terrain au pays des Hommes intègres, pour s’imprégner de la réalité du terrain, en vue du renforcement de la collaboration et de la confiance mutuelle avec le gouvernement burkinabè. La visite de Gilbert Fossoun Houngbo s’inscrit donc dans le cadre du renforcement du partenariat entre le Burkina Faso et l’Organisation internationale du travail (OIT), ainsi que de la promotion des priorités nationales en matière de travail décent, de protection sociale et de dialogue social.« Il est important pour moi d’être sur le terrain pour pouvoir échanger avec les autorités afin d’être sûr que l’expérience technique que le Système des Nations unies met à la disposition des autorités se fasse sur la base de la volonté, de l’ambition et de la stratégie adoptée par le pays.
C’est une question de respect de la souveraineté nationale, une question d’appropriation nationale », a-t-il soutenu. Pour lui, dans un contexte où le constat sur le terrain est souvent diamétralement opposé à ce qui est relayé sur les réseaux sociaux et certains médias, il est plus que nécessaire de venir écouter les acteurs de premier plan. A cette audience, le chef de la diplomatie burkinabè et le directeur général du BIT ont eu des échanges fructueux, sur les principaux défis et les opportunités au Burkina Faso et dans les autres pays de l’espace confédéral. Selon Gilbert Fossoun Houngbo, il est primordial pour les pays de l’AES de faire face à la crise sécuritaire et humanitaire, mais il est aussi important de renforcer le volet développement avec un accent sur l’employabilité des jeunes.
A ce sujet, il a salué les différentes initiatives du gouvernement burkinabè en matière de travail et d’emploi des jeunes, en les mettant au cœur des actions et programmes de développement, sans oublier les performances en matière de gouvernance économique et financière. Karamoko Jean Marie Traoré a vivement salué cette démarche visant à toucher du doigt la réalité sur le terrain, toute chose qui permet de changer les perceptions sur le Burkina Faso et de mieux ajuster les interventions. Il a dit sa satisfaction de l’engagement de l’OIT à œuvrer au renforcement de la coopération avec le Burkina Faso et les pays frères de l’AES. Justement, cette visite du directeur général du BIT s’inscrit également dans le cadre d’une tournée qu’il a engagée dans les trois pays de la Confédération AES.
Depuis 1972, le Réseau des Caisses Populaires du Burkina joue un grand rôle dans l’inclusion financière des populations, notamment des femmes. Dans cette interview accordée à Sidwaya, la Directrice générale de la Faitière des caisses populaires du Burkina (FCPB), Azaratou Sondo, met en exergue la contribution des Caisses populaires à l’autonomisation économiques des femmes à travers des produits financiers et non financiers adaptés à leurs besoins.
Sidwaya (S) : Pouvez-vous présenter brièvement le Réseau des Caisses populaires du Burkina ?
Azaratou Sondo(A.S) : Le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) est un mouvement de coopératives d’épargne et de crédit régies par la loi 001-2025/ALT du 13 février 2025 portant réglementation de la microfinance au Burkina Faso.Il comporte deux paliers : les Caisses populaires (CP) et la Faîtière des caisses populaires du Burkina (FCPB). Les Caisses populairesconstituent la porte d’entrée et d’accès des membres aux produits et services offerts. Elles collectent l’épargne des membres et la rétrocèdent sous forme de crédits à ceux qui sont dans le besoin de financement de leurs projets et/ou de leurs activités économiques.
La Faitière des Caisses Populaires du Burkina, agréée sous le numéro A-13130463 du 19 juin 2013, est la structure de coordination et de surveillance des activités des Caisses populaires.La FCPB a pour rôles de fournir une assistance technique en matière d’organisation, de compatibilité, de formation et d’éducation, d’exercer un contrôle administratif et financier sur ses membres, d’assurer le développement du réseau en favorisant la création de caisses, d’unités d’affaires, etc., représenter les caisses sur le plan national et international, définir les règles administratives, comptables et financières liées à notre secteur d’activités et aux lois et règlements qui le régissent, etc.
La faitière est la structure de coordination ; elle constitue, avec les caisses populaires qui sont les structures de base, un ensemble qu’on appelle le Réseau des caisses populaires du Burkina RCPB). Il s’agit d’un mouvement formé par ces deux niveaux dont la mission est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations à travers des offres adaptées, accessibles, en termes de crédits et d’épargne, mais aussi de gestion démocratique en impliquant les membres dans les différents organes.
En termes de chiffres, au 31 décembre 2025, nous avons 32 caisses agréées affiliées à la FCPB, 906 278 membres coopérateurs, 212 points de vente rattachées aux 32 Caisses Populaires et répartis sur l’ensemble du territoire burkinabè, et plus de 1000 ressources humaines dont 75% de femmes.
S : Avec plus de 200 points à travers tout le Burkina,Peut-on dire sans se tromper que leréseau des Caisses populaires estl’une des institutions financières la plus décentralisée ?
A.S : Sur le plan national, nous sommes la structure de microfinance la plus étendue, la plus représentée sur l’ensemble du territoire. Car, il n’y a pas une zone où on ne peut pas trouver une caisse populaire !
S : Le Réseau des Caisses populaires est considéré comme une institution orientée vers la promotion du genre. Pouvez-vous en dire plus ?
A.S : Notre mission est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations. Les premières caisses ont vu le jour en 1972. A cette époque, la mobilisation a été forte au niveau des acteurs du monde rural, notamment les femmes, si bien que cette mission vise également à donner les moyens à cette catégorie de cibles, afin qu’elle puisse apporter sa contribution à l’amélioration des conditions de vie des ménages. Conscient que la femme joue un rôle très important dans la vie de la famille, alors que ses moyens sont limités, les caisses populaires mettent l’accent sur son autonomisation à travers les différents produits qu’on met en place.
Le réseau a été bâti en mettant en avant la promotion de la femme mais surtout le leadership féminin. A ce titre, on note aujourd’hui sur plus du millier de travailleurs, 75 % de femmes, et 30 % de femmes occupant des postes de responsabilité.
Pour les organes dirigeants, chaque année un objectif de 40% de taux de représentation est fixé pour inciter les femmes à s’impliquer fortement dans la gouvernance du Réseau des Caisses populaires du Burkina ; l’objectif est de faire en sorte qu’au-delà de bénéficier des accompagnements, elles puissent aussi s’impliquer dans le développement du Réseau, à travers leurs idées, leurs suggestions et leurs orientations, pour que réellement les choses puissent aller en tenant compte de leurs spécificités.Même si la tâche semble ardue, on note 173 femmes exerçant comme administrateurs soit un taux de 42% au 31 décembre 2025. C’est pour dire que la promotion du genre, par l’implication des femmes dans les organes de gouvernance est une réalité au RCPB.
Au niveau des membres, en fin d’année 2025, sur les 900 000 membres, la proportion de femmes tourne autour de 30-35%. Et il faut dire qu’au niveau de ce pourcentage, on a beaucoup de groupes de femmes. Quand on sait qu’un groupe peut avoir souvent de 5 à 30 membres, vous voyez que c’est énorme. Mais comme on tient compte des comptes, c’est pour cela qu’on est à 35%. Sinon, si on veut décompter en termes de bénéficiaires, nous avons plus de 2 millions de bénéficiaires au niveau des femmes.
S : Quel rôle la microfinance joue-t-elle dans l’autonomisation économiques des femmes au Burkina Faso ?
A.S : Le rôle de la microfinance dans l’autonomisation économique des femmes est énorme.Comme le nom l’indique, la microfinance c’est l’octroi de crédit de petite taille à des cibles exclues des structures financières classiques. Qu’il s’agisse de l’octroi de crédit ou de la mobilisation de l’épargne, la microfinance est un outil important qui peut véritablement contribuer à l’autonomisation des femmes, lorsqu’elle est bien conduite, c’est-à-dire que la microfinance ou la structure qui porte ce métier met l’accent sur les femmes, les écoute pour pouvoir développer des produits adaptés à leurs besoins, tenir compte des autres aspects non financiers comme les formations, l’accompagnement en éducation financière…
La microfinance regroupe donc des services financiers comme les microcrédits, l’épargne ou encore l’assurance adaptés aux personnes à faibles revenus et les services non financiers tels que les formations et les conseils.
En termes d’impacts du rôle de la microfinance sur l’autonomisation économique des femmes, elle permet leur accès au capital : exclues de la clientèle des institutions financières classiques, l’accès au capital permet de démarrer ou développer une activité génératrice de revenus, notamment le commerce, l’agriculture, l’élevage/embouche, l’artisanat. Cela leur permet de générer des revenus et accroitre leur capacité financière.
Elle contribue au renforcement du pouvoir économique des femmes et inclusion sociale : avec un revenu stable, les femmes gagnent en indépendance financière et participent aux prises de décision du ménage ; ce qui modifie les rapports de pouvoir au sein de la famille ; l’accès aux services financiers et non financiers renforce la confiance en soi et la reconnaissance sociale des femmes. Elles deviennent des actrices économiques à part entière ;
Avec l’accès au capital qui leur permet de développer ou de renforcer leurs activités économiques, elles gagnent une notoriété dans leur communauté, car elles participent, non
La DG de la FCPB, Azaratou Sondo : « le RCPB compte poursuivre l’innovation dans l’offre de produits de crédits et d’épargne adaptés aux besoins des femmes ».
seulement à la prise en charge des familles, mais aussi à la prise en charge de la communauté, Dans la communauté, il est souvent demandé des contributions, et les femmes ne sont pas en marge, car elles ont des revenus leur permettant de contribuer, même si ce n’est pas directement. Ce qui leur donne aussi un pouvoir. Dans les communautés où, par exemple, le Réseau a évolué à travers ces différents programmes spécifiques aux femmes, cela s’est observé, avec des femmes qui ont de plus en plus la parole pour donner leur point de vue sur certains aspects de leur communauté ou même au sein de leur famille.
La microfinance participe également au développement de leurs compétences, car des services non financiers sont offerts aux femmes à travers des formations sur la gestion des groupes (gouvernance), l’entreprenariat, la gestion des activités génératrices de revenus, l’éducation financière, la confiance en soi, la santé maternelle et infantile. Ce qui leur permet de mener à bien leurs AGR et gérer la santé de leurs enfants et famille.
Elle renforce leur participation aux activités de la communauté : les femmes réinvestissent souvent leurs revenus dans leur famille et leur communauté, ce qui crée un cercle vertueux de développement local.
Autre impact, c’est la réduction de la pauvreté : les revenus générés contribuent à améliorer les conditions de vie , à travers une meilleure alimentation, une prise en charge sanitaire et l’éducation des enfants. Avec l’intervention des Caisses, les enfants ne restent plus à la maison, ils sont scolarisés, soignés…
L’impact se répercute donc sur toute la communauté.
Nous avons connu des femmes qui ont entamé leur projet avec des crédits de 5000 FCFA et aujourd’hui qui sont des chefs d’entreprises dans le domaine de la transformation des produits forestiers non ligneux (karité, néré, …), de l’exportation du niébé, etc.
L’avantage de la microfinance c’est qu’elle offre des services de proximité et elle a une approche qui privilégie beaucoup plus l’esprit participatif des femmes en leur accordant plusieurs leviers sur lesquels elles font leur choix.
S : L’une des particularités des institutions de microfinance réside dans les conditions d’accès aux crédits pour lesquelles de grosses garanties ne sont pas exigées aux femmes. Le confirmez-vous ?
A.S : Tout à fait. Ce sont vraiment les conditions très allégées d’accès au financement au niveau des institutions de microfinance qu’il faut aussi relever, en fonction de la nature de l’institution. Dans tous les cas, quand on est dans le secteur de la microfinance, on a quand même une certaine souplesse. C’est aussi lié à la réglementation qui permet de faire des choses qui ne sont pas faisables au niveau des structures classiques de financement. Il y a des garanties qui sont adaptées, surtout au niveau des femmes. Généralement, la caution solidaire est très utilisée, qui n’est pas financière, mais qui joue pleinement son rôle quand il y a un problème d’impayés. Les femmes se mettent en conséquence ensemble, en fonction des niveaux de connaissances que les unes ont pour les autres, pour pouvoir faire jouer cette caution solidaire.
S : Quelle place le Réseau des Caisses populaires accorde-t-il à la femme, notamment dans la politique de produits ?
A.S : Les Caisses Populaires accordent une place de choix à la femme dans ses politiques de crédit et d’épargne, au regard des nombreux programmes qui lui sont dédiés. Pour comprendre la place des femmes,il faut remonter à la mise en place des premières caisses depuis 1972.Au départ, il y avait de l’augmentation des populations. Mais le constat qui avait été fait, est que même quand les femmes avaient cette volonté de participer, à un moment donné on sentait une déperdition, du fait non seulement de leurs charges de travail, mais aussi parce qu’elles doivent parcourir des distances éloignées pour rejoindre une caisse en son temps. Une étude de faisabilité avait été réalisée pour comprendre ce phénomène de déperdition et savoir quelles solutions adopter pour pouvoir les prendre en compte. L’étude a permis de savoir qu’elles avaient certes besoin d’argent, mais aussi d’éducation sur certains thèmes pour mieux conduire leurs activités génératrices de revenus.
C’est ainsi qu’en 1992, on a mis en place le programme Crédit épargne avec éducation, dans le nord du Burkina, où on passait par les groupements féminins pour octroyer des petits crédits à ces femmes sur la base de la caution solidaire.Depuis, ce sont des milliers de femmes qui en ont bénéficié.
Le programme initial, les montants de crédit octroyés étaient de 3 000 F CFA à 5 000 F CFA et par la suite on est passé à 75 000 F CFA et puis à 100 000 F CFA.
Par la suite, au sein de ce programme, on a eu à développer encore deux ou trois produits de crédit pour les femmes pour les accompagner dans les différentes étapes d’évolution de leurs activités. On a eu des associations de crédit intermédiaire où les montants sont beaucoup plus élevés. On a eu les associations de crédits intermédiaires avec des plafonds de 75 000 F CFA, les crédits aux femmes commerçantes pour des montants allant jusqu’à 150 000 F CFA.Aujourd’hui, on a des femmes qui, après avoir traversé toutes ces étapes, ont ouvert leurs comptes individuels et transigent avec leurs caisses.
En 2004, on a mis en place les centres financiers aux entrepreneurs. Dans ces centres, certaines femmes qui ont pu émerger du programme initial sont allées prendre des crédits pour devenir de véritables entrepreneurs dans le domaine du BTP, de la restauration, ou pharmaceutique.Nous avons des exemples de femmes qui ont commencé avec des crédits de 3 000 F CFA, 5 000 F CFA, et qui, aujourd’hui, prennent des dizaines de millions.
S : Si dès les années 1972, il y avait déjà des réflexions pour prendre en compte la femme, cela montre -t-il qu’originellement, la femme était au cœur de votre politique ?
A.S : Tout à fait. Originellement, la femme était au cœur de notre politique, car dans les communautés, il y a toujours des hommes et des femmes. Et pour que la mission qu’on s’est assignée puisse réellement être une réalité, on ne peut que tenir compte de ces deux acteurs majeurs. Et dans toutes nos politiques, procédures, nous en avons toujours qui sont dédiées vraiment aux femmes, car nous connaissons les contraintes auxquelles elles font face, mais aussi leurs attentes. Et périodiquement, nous réalisons des enquêtes, des études pour pouvoir mieux comprendre, savoir quelles améliorations il faut apporter dans nos offres.
S : Au-delà des crédits, les Caisses populaires participent à l’éducation financières des femmes. Qu’est-ce qu’elles font concrètement à ce niveau ?
A.S : Il y a des thèmes liés à la santé infantile et la famille, et des thèmes qui sont liés à la
Les crédits des Caisses populaires aux femmes sont accompagnés de programmes d’éducation financière.
gestion même des activités et la gestion de leur agent.Nos Caisses sensibilisent les femmes sur l’ouverture de comptes pour sécuriser leur épargne et bénéficier de crédits. Elles dispensent des thèmes d’éducation sur l’entrepreneuriat, la gestion financière personnelle, les possibilités d’épargnes, le crédit pour le développement, la gestion des dettes, les options d’investissement, les options de négociations financières, la budgétisation.
Ces différentes formations permettent aux femmes de faire des choix de projets judicieux, de mieux gérer leurs ressources financières, d’avoir des astuces sur comment faire fructifier un crédit, d’avoir une culture de la pratique de l’épargne, de connaitre la pertinence de la prévention en matière de gestion des ressources financières. Sans ces formations, elles confondent souvent capital et bénéfices.
Au niveau des impayés, à l’analyse, l’une des principales causes qui ressort est qu’au cours de la période de crédit, un membre de la famille est tombé malade, et généralement c’est les enfants ! Pour une mère, il n’y a pas d’engagement qui tient face à son enfant malade.Ces thèmes d’éducation sur la santé, elles arrivent à améliorer la santé pour éviter que les enfants tombent malades, avec des répercussions sur leurs activités.
S : Quel bilan faites-vous de la contribution des Caisses populaires à l’autonomisation des femmes au Burkina Faso ?
A.S :Nous n’avons pas tous les chiffres pour l’étayer, mais d’une manière générale, durant tout ce temps que nous accompagnons les femmes, le Réseau a joué sa partition et continue de le faire. Par exemple, l’accès au capital, n’est plus une affaire de personnes aisées qui peuvent accéder. Car les produits que nous mettons à la disposition des femmes, sont commercialisés à travers des employés qui vont vers les femmes pour les sensibiliser et les amener à les consommer, si bien que depuis ces années d’approche de proximité avec les femmes, c’est plus de 3 millions de bénéficiaires sur l’ensemble du Réseau de distribution et sur l’ensemble du territoire de burkinabè.
Et il y a des femmes qui témoignent sur ce que cet accès à la ressource financière, leur a donné, c’est pratiquement tous les enfants ont pu terminer leurs études et travailler.Aujourd’hui, dans la nouvelle formule du programme, c’est plus de 60 000 groupes, avec plus de 100 000 membres. Et en termes d’épargne mobilisée, c’est plus d’un milliard F CFA, pour les femmes qui sont dans le programme. En dehors du programme, celles qui ont aussi leurs comptes individuels, dans le portefeuille d’épargne globale du Réseau, au moins 20 % appartiennent aux femmes. Au niveau des crédits, c’est au moins le tiers qui leur est octroyé pour qu’elles puissent mener les différentes activités. Pour l’année 2024, c’est au moins 30 à 50 milliards de crédits qui sont consacrés aux femmes.
S : Qu’est-ce qui motive les Caisses populaires à accorder tant d’intérêt à la femme ? Cela relève-t-il de votre conviction qu’il n’y a pas de développement sans autonomisation économique ?
A.S : Cela relève de la conviction des Caisses populaires. Il faut remonter à l’historique des Caisses qui ont vu le jour parce que des populations étaient en marge du système financier classique, et dans une extrême pauvreté. Au Burkina Faso, les femmes représentent près de 53% de la population et vivent généralement en milieu rural, avec des charges familiales souvent importantes et dans une précarité souvent extrême. Pour y remédier, elles constituent une cible privilégiée pour la réalisation de la mission des Caisses populaires.
L’impact qu’elles apportent à nos actions est beaucoup plus élevé, car elles touchent beaucoup de gens à la fois. Sans compter que ce sont des gens qui respectent leurs engagements. D’une manière générale, le taux de remboursement auprès des femmes est très élevé, dans l’ordre de 99,99%. Quand on travaille avec les femmes, une fois qu’elles ont confiance, et qu’elles trouvent aussi leur compte avec vous, vous tissez une relation de partenariat qui est durable.
S : Quels sont vos projets à court, moyen et long termes pour les femmes burkinabè des villes et des campagnes ?
A.S : A court et à moyen terme, les projets, c’est toujours l’amélioration en tenant compte des attentes et des contraintes des femmes, car l’environnement évolue et les mutations sont énormes. Notre objectif, c’est de pouvoir tenir compte de tout cela, pour accompagner les femmes sur les défis qui sont leurs.Le RCPB compte poursuivre l’innovation dans l’offre de produits de crédits et d’épargne adaptés aux besoins des femmes. Cette innovation passera par l’offre de produits et services digitaux accessibles à moindre coût. Ces produits faciliteront aussi l’apprentissage à travers la digitalisation des séances d’éducation financière.
S : Quel est votre message à des femmes burkinabè des villes et campagnes qui se battent au quotidien pour leur autonomisation économique ?
A.S :Je leur exprime mon admiration. Car, lorsque, généralement, on quitte très tôt le matin la maison, elles sont les premières personnes qu’on rencontre dans la circulation, qui parcourent des distances pour ramener les légumes dans les marchés, approvisionner les différents ménages. Je souhaite qu’elles puissent davantage accompagner les hommes dans les ménages et les différentes communautés pour faire en sorte que les différentes facettes de la vie puissent être améliorées avec leurs contributions.
Je les invite à davantage faire confiance à leurs Caisses populaires et à exprimer aussi leurs besoins, car nous en tiendrons compte pour pouvoir leur offrir des produits et des services adaptés et leur alléger aussi la tâche pour ce qui concerne l’accès aux ressources, mais aussi pour ce qui concerne l’accès à la connaissance pour davantage les outiller, les aider avoir confiance en elles et à mieux conduire les activités génératrices de revenus. Et je leur demande d’être des ambassadrices des caisses populaires et de travailler à ce que d’autres femmes puissent emboîter leurs pas en ouvrant leurs comptes dans les caisses populaires pour pouvoir bénéficier de nos différents produits et services. Je profite aussi leur demander de participer à la vie de leurs caisses populaires en déposant leurs candidatures pour devenir des administrateurs et contribuer aussi avec leurs idées à l’orientation pour pouvoir mieux conduire nos différentes coopératives financières.
Interview réalisée par
Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com
Légende :
1. La directrice générale de la Faitière des caisses populaires du Burkina (FCPB), Azaratou Sondo : « le RCPB œuvre au quotidien pour l’amélioration des conditions de vie des populations dans un esprit de solidarité et de responsabilité individuelle et collective ».
2. La DG de la FCPB, Azaratou Sondo : « le RCPB compte poursuivre l’innovation dans l’offre de produits de crédits et d’épargne adaptés aux besoins des femmes ».
3. Les crédits des Caisses populaires aux femmes sont accompagnés de programmes d’éducation financière.
Dans le cadre des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) 2026, le ministère de la Justice a organisé, le mardi 7 avril 2026 à Gaoua, une rencontre d’échanges entre les étudiants et les Etoiles du Faso, à l’Université Sib-Sié-Faustin. A travers leurs parcours, ces figures inspirantes ont exhorté les jeunes à cultiver le travail, la discipline et la confiance en soi.
L’Université SIB-Sié-Faustin de Gaoua a servi de cadre à une rencontre d’échanges entre les étudiants et les Etoiles du Faso, des figures emblématiques de réussite burkinabè, le mardi 7 avril 2026 dans le cadre de la première phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC). Initiée par le ministère de la Justice, cette activité s’inscrit dans une dynamique de promotion du civisme, du patriotisme et de la participation active des citoyens à la vie de la Nation.
Elle vise en particulier, à rapprocher les jeunes de modèles concrets de réussite, issus de leur propre environnement socioculturel. Pour le secrétaire général du ministère de la Justice, Harouna Kadio, l’objectif est de démontrer à la jeunesse que la réussite est possible au Burkina Faso, à condition de faire preuve de détermination et d’engagement. « Il s’agit de montrer, preuves à l’appui, que notre pays regorge de talents et de parcours inspirants. Des personnes à qui rien ne prédestinait la grandeur, mais qui, par le courage, la détermination et une vision claire, ont réussi à se hisser au plus haut niveau de l’échelle sociale », a expliqué Harouna Kadio.
Selon lui, ces modèles, désignés sous l’appellation Etoiles du Faso, incarnent des références nationales capables de susciter des vocations et d’encourager l’esprit d’initiative chez les jeunes. La rencontre a ainsi réuni quatre personnalités issues de domaines variés, venues partager leurs expériences et leurs parcours avec les étudiants. Parmi elles, le créateur de mode François Yaméogo, promoteur de la marque « François 1er », s’est illustré comme un exemple de réussite dans le secteur du « Faso Dan Fani ». A travers une approche basée sur l’économie circulaire, il contribue à la transformation locale du coton burkinabè, depuis la matière première jusqu’au produit fini.
Cette chaîne de valeurs intégrées permet non seulement de valoriser les ressources nationales, mais aussi de créer des emplois au profit de nombreux Burkinabè, a fait savoir M. Kadio. Dans un autre registre, Lassané Sawadogo s’impose comme une référence dans le domaine de l’agro-business, notamment à travers ses activités d’embouche bovine. Son parcours témoigne des opportunités qu’offre le secteur agropastoral, considéré comme un levier stratégique pour le développement économique du pays. « La réussite n’est pas le fruit du hasard » La dimension sociale et culturelle n’est pas en reste. Yeri Viviane Youl, femme engagée, œuvre activement pour l’autonomisation des femmes et l’éveil des consciences au sein des communautés.
La rencontre a permis à la jeunesse de découvrir des parcours de réussites issus du Burkina Faso.
A travers ses actions, elle contribue à renforcer la cohésion sociale et à promouvoir des valeurs positives auprès des jeunes. Quant à Florence Bassono, promotrice du « Faso Attiéké », elle s’inscrit dans une dynamique de valorisation des produits locaux. En transformant le manioc produit au Burkina Faso, elle participe à la promotion du consommer local, tout en générant des emplois et en contribuant à la sécurité alimentaire. Face aux étudiants, les différents intervenants ont livré des messages, centrés sur les valeurs fondamentales de réussite. Prenant la parole, François Yaméogo dit François 1er a insisté sur l’importance de la discipline et de la confiance en soi.
« La réussite n’est pas le fruit du hasard. Elle repose sur le travail, la discipline et la confiance en soi », a-t-il déclaré. Pour lui, ces valeurs constituent des piliers indispensables pour toute personne aspirant à réussir durablement. Il a également mis l’accent sur la nécessité de développer le sens de l’organisation et du sérieux dans le travail. « Même avec des moyens, sans discipline, il est difficile de réussir. La confiance est également essentielle, car elle conditionne la capacité à entreprendre et à persévérer », a ajouté François 1er, invitant les jeunes à croire en leur potentiel.
Pour le président de l’institution, le Professeur Roland Meda, cette rencontre constitue une opportunité unique de rapprocher le monde académique des réalités du développement. Selon lui, les échanges avec les « Etoiles du Faso » offrent aux étudiants des perspectives concrètes d’insertion et d’engagement. « Les étudiants peuvent ainsi s’inspirer de ces parcours pour construire leur avenir, en valorisant les connaissances acquises en classe au service du développement. Cela permet de mettre en cohérence les enseignements théoriques avec les exigences du terrain », a-t-il souligné. Par ailleurs, les Etoiles du Faso ont invité la jeunesse burkinabè à s’impliquer davantage dans la construction du pays, en adoptant des valeurs telles que le travail, la résilience, le patriotisme et l’esprit d’initiative.
Le gouverneur de la région de Nando a officiellement lancé, le jeudi 9 avril 2026, à Koudougou, la nouvelle unité de la police communautaire dénommée : « Kâ pulisi », en langue Lyélyé qui signifie ‘’Police de la cour’’. Elle vise à rapprocher davantage la police de la population et à coproduire la sécurité.
« Kâ Pulisi » en langue locale Lyélyé ou ‘’Police de la cour ou encore votre Police’’. C’est la nouvelle unité de la police communautaire qui vise d’une part à promouvoir davantage le dialogue entre la police et les populations, l’identification des préoccupations et les risques sécuritaires propres à chaque quartier de la province du Boulkiemdé. D’autre part, elle va contribuer à réduire la délinquance mineure et à améliorer la perception de la police. Le lancement a eu lieu, le jeudi 9 avril 2026, dans la cité du Cavalier rouge.
… les populations à collaborer en bonne intelligence, pour coproduire la sécurité dans la région.
Ces innovations, de l’avis du gouverneur de la région de Nando, Adama Jean-Yves Béré, entrent en droite ligne de la vision des plus hautes autorités. « Le ministère de la Sécurité met en œuvre des réformes, afin d’adapter le dispositif sécuritaire au contexte évolutif rapide. C’est dans cette dynamique que la reconfiguration du paysage sécuritaire est intervenue pour confier à la Police nationale, la charge de la sécurité des centres urbains », a justifié M. Béré. Le Directeur régional de la police nationale (DRPN), de Nando, Aimé Salvador Bougma, a fait savoir que la menace terroriste et la fragilisation du tissu social, exigent une présence de proximité de la police et une coopération renforcée avec les citoyens.
« La prévention, la confiance et l’anticipation deviennent des leviers essentiels pour consolider la résilience communautaire face à ces menaces », a soutenu le commissaire divisionnaire de police, Bougma. Une initiative vue sous l’angle de la confiance mutuelle Il a indiqué qu’avec la situation actuelle du Burkina Faso, il apparait nécessaire d’adopter une
Le DRPN de Nando, Aimé Salvador Bougma : « Ce contexte d’insécurité impose une vigilance accrue et une adaptation continue des stratégies sécuritaires ».
approche sécuritaire, préventive et participative, centrées sur la proximité qui favorise la coproduction de la sécurité entre la police et la population. La police de proximité traditionnelle, n’ayant pas donné de résultats escomptés, il convient d’opérer à son avis, une réorientation plus pragmatique. Ainsi, avec ce nouveau concept « Kâ Pulisi », il y aura un renforcement de confiance entre la police et les populations.
« Avec ces motos, 25 agents de la Police sillonneront pour le moment la ville de Koudougou, pour échanger avec les populations et identifier leurs préoccupations locales en vue d’apporter des solutions aux problèmes sécuritaires qu’elles rencontrent dans leurs quartiers ou dans leurs lieux de commerce », a-t-il expliqué. Cette initiative traduit l’idée que la police est proche du citoyen et va à sa rencontre, selon le DRPN de Nando, Aimé Salvador Bougma, non sous l’angle de la répression, mais dans la dynamique de la sensibilisation et de la confiance mutuelle. Il a souligné que le concept est implémenté dans les chefs-lieux de région et s’étendra par la suite dans les autres provinces.
Le ministère de la Justice a organisé un dialogue intergénérationnel pour clore les activités de la première phase des journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne, jeudi 9 avril 2026, à Ouagadougou.
Le Burkina Faso veut renforcer le lien entre les générations pour bâtir une nation plus résiliente et souveraine, dans laquelle la transmission des valeurs suit un processus socioculturel durable. Pour ce faire, le ministère de la Justice a initié un dialogue intergénérationnel dans le cadre de la première phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement citoyenne et de participation citoyenne (JEPPC ), le jeudi 9 avril 2026, à Ouagadougou. Pour le Secrétaire général (SG) du département, Harouna Kadio, ce cadre dépasse un simple échange pour s’ériger en « carrefour de mémoire » et en « sanctuaire de transmission » entre aînés et jeunes.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer le lien intergénérationnel, gage de stabilité et de continuité. « Un peuple qui oublie d’écouter ses anciens est un peuple qui s’égare », a-t-il affirmé, tout en invitant la jeunesse à s’assumer pleinement pour éviter toute perte de repères. Selon lui, le thème : « Produisons burkinabè, consommons burkinabè : notre assiette, notre fierté », de la première phase des JEPPC 2026 constitue bien plus qu’un slogan, pour être une déclaration d’indépendance économique. M. Kadio a également mis en lumière le lien étroit entre justice et souveraineté alimentaire.
Selon lui, la justice ne se limite pas aux tribunaux, mais englobe des dimensions sociales et économiques. « La dépendance alimentaire est une injustice silencieuse », a-t-il dit, estimant qu’un peuple qui ne contrôle pas son alimentation ne maîtrise pas son destin. Evoquant les réalités du terrain, le SG du ministère de la Justice a salué les efforts des femmes transformatrices. De Ouagadougou à Bobo-Dioulasso, en passant par Dori, il a relevé des initiatives locales porteuses d’espoir, illustrant le potentiel du Burkina à assurer son autosuffisance.
« Ces réalités sont la preuve que nous pouvons et que nous devons », a-t-il soutenu. S’adressant à la jeunesse, M. Kadio a lancé un appel à faire du quotidien un acte d’engagement. En effet, selon lui, consommer local, revient à soutenir les producteurs, valoriser le savoir-faire national et bâtir une économie résiliente. Citant le capitaine Thomas Sankara, il a rappelé que « celui qui vous nourrit est celui qui vous dirige », invitant ainsi les Burki-nabè à refuser toute dépendance.
La Caisse populaire de Cissin a tenu sa 15e assemblée générale ordinaire, jeudi 9 avril 2026, à Ouagadougou. Elle a servi de cadre pour expliquer les changements qu’apporte la nouvelle loi sur la microfinance.
La Caisse populaire de Cissin, désormais appelée la société de microfinance, a fait le bilan de ses activités menées en 2025, au cours de sa 15e assemblée générale tenue, jeudi 9 avril 2026 à Ouagadougou. Selon le directeur de la Caisse, Amidou Alou, malgré le contexte, les résultats sont bons, car il y a eu une progression de l’épargne de 18% et un résultat satisfaisant net de 61%. « En termes de chiffres, au niveau du membership, on est passé de 57 000 à 59 000 membres, soit une progression de 3 %. L’épargne est passée de 17 milliards FCFA à 20 milliards FCFA. Cela fait une progression de 18 %.
Le résultat net est passé de 300 millions FCFA à 500 millions FCFA dont une progression de 61%. Il y a vraiment un motif de satisfaction sur tous les points », a-t-il expliqué. Pour l’année 2026, il y a plusieurs perspectives. Il s’agit, entre autres, d’organiser les coopérateurs par secteur d’activité pour mieux les prendre en charge. « Aussi, les innovations vont se poursuivre dans la digitalisation des produits, de sorte que tous les clients puissent accéder à leurs comptes à partir de leurs lieux de travail », a-t-il souligné. Cette assemblée générale a servi de cadre pour expliquer les implications de la nouvelle loi sur la microfinance adoptée le 13 février 2025 à l’Assemblée législative du peuple (ALP). Des modifications ont été opérées sur le statut de l’institution, son règlement intérieur et sa convention d’affiliation.
Le président du conseil d’administration de la Caisse populaire de Cissin, Remy Taita, a invité les coopérateurs à plus de mobilisation.
« Nous ne sommes plus une coopérative d’épargne et de crédits, mais une société de microfinance. Egalement, le terme membre a cédé sa place à coopérateur, désormais, tous ceux qui viennent à la caisse ne sont plus des membres, ils sont des coopérateurs. Cela implique des exigences en termes de participation, d’engagement et de contribution individuelle et collective pour que la coopérative se développe. Ainsi, la part sociale passe de 2 000 à 5 000 F CFA et les frais d’adhésion qui variaient de 2000 à 10 000 F CFA selon les catégories de personne, passent de 3000 à 20 000 F CFA », a relevé le secrétaire du comité national de réélection des textes internes du réseau de caisses populaires, Oumarou Yaro. Une nouvelle dynamique entamée Le quorum, lui, passe de 200 à 300 coopérateurs. La loi a prévu qu’il y ait aussi un observateur indépendant qui va siéger dans les organes pour éviter que les coopérateurs ou les administrateurs ne s’octroient des faveurs.
Mieux, le comité de crédits est supprimé et au conseil d’administration, un comité spécialisé sera mis en place pour examiner les dossiers des crédits des employés, des dirigeants pour éviter qu’il n’y ait un abus de pouvoir. A entendre M. Yaro, le travail des dirigeants qui était du bénévolat sera converti en indemnités de fonction conformément à la règlementation. Il a rappelé qu’en cas de manquement, le coopérateur a plusieurs voies de recours. « La plupart de ces voies sont d’abord à l’interne, mais si la personne épuise toutes ces voies, elle peut saisir d’autres structures à l’externe, notamment l’Observatoire pour la qualité des services. En sus, il existe un mécanisme de sanction qui concerne l’ensemble du Réseau des caisses populaires », a-t-il indiqué. Pour lui, ces nouveaux textes sécurisent davantage le métier, le secteur de la microfinance et les opérations de la caisse populaire, sans oublier la gouvernance qui également sera améliorée, grâce à la professionnalisation des équipes de direction. Et de préciser que ces modifications en principe seront mises en œuvre après la tenue de la présente assemblée générale ordinaire.
Le Conseil constitutionnel a organisé une conférence publique sur le thème : « Produisons burkinabè, consommons burkinabè : notre assiette, notre fierté », mercredi 8 avril 2026, à Ouagadougou.
Dans le cadre de l’organisation de la première la phase des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) édition 2026, le Conseil constitutionnel (C C) a tenu une conférence publique. Placé sur le thème : « Produisons bur-kinabè, consommons bur-kinabè : notre assiette, notre fierté », l’événement a été présidé par le président du Conseil constitutionnel, Barthélemy Kéré, dans la matinée du mercredi 8 avril 2026, à Ouagadougou.
Selon M. Kéré, la rencontre vise à sensibiliser les membres du Conseil constitutionnel, les décideurs politiques, ainsi que le grand public sur l’urgence de la souveraineté alimentaire, en tant que pilier essentiel de l’indépendance nationale. Il a ajouté que l’ambition du CC est d’apporter une réponse au souhait du chef de l’Etat dans le cadre des JEPPC. « Chaque comportement commence par une prise de conscience. C’est la raison pour laquelle le Conseil constitutionnel, en tant qu’organe garant de la souveraineté de l’Etat des droits fondamentaux, a souhaité donner l’exemple en organisant cette session de sensibilisation », a détaillé le président du C C.
Au cours de la conférence publique, le conseiller spécial du Premier ministre, Luc Damiba, à travers sa communication a présenté les défis des différents acteurs, notamment les producteurs, transformateurs, restaurateurs, commerçants et ménages pour faire du consommons local une réalité. « Chaque acteur a un rôle à jouer pour que le consommons local soit une chaîne complète, de sorte que nous produisions ce que nous consommons et nous consommions ce que nous produisons. Il faut que ceux qui font la production aient des assurances que leurs produits vont être consommés sur le marché. Il est aussi indispensable qu’une agence puisse acheter les productions pour le stockage afin d’assurer la sécurité alimentaire » a-t-il insisté.
Le 8 février 2022, un affrontement armé opposant les partisans de deux chefs coutumiers rivaux à Piela, dans la province de la Gnagna, avait coûté la vie à six personnes. Les présumés auteurs de ces violences ont comparu lors de la première session des assises criminelles du Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma, tenue du 16 au 20 mars 2026. La juridiction a rendu son verdict, le 8 avril dernier. Quatre personnes, dont un chef kolgweogo et deux de ses anciens éléments, ont été condamnées à la réclusion criminelle à perpétuité.
Après quatre longues années d’attente, les familles des victimes de l’affrontement mortel survenu le 8 février 2022, à Piela, dans la province de la Gnagna, sont soulagées de « voir enfin la vérité jaillir ». Les présumés auteurs du massacre, ont été jugés, lors de la première session des assises criminelles du Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma, tenue du 16 au 20 mars 2026. Au terme de quatre jours d’audience, la chambre a rendu son verdict, le 8 avril 2026, et prononcé de peines lourdes. Quatre accusés sur quinze ont été reconnus coupables d’assassinat et de coups et blessures volontaires, et condamnés à la prison à vie. Il s’agit de T.Y., chef kolgweogo, de deux de ses anciens éléments et d’un mécanicien. L.Y.D., reconnu coupable également, a écopé de 17 ans d’emprisonnement ferme.
Un mandat d’arrêt a été décerné contre N.L., tandis que des mandats de dépôt ont été délivrés à l’encontre des autres accusés. Par ailleurs, les faits de complicité d’assassinat reprochés à L.D., héritier d’un ancien chef, et à L.R., considéré comme le doyen des instigateurs, ont été requalifiés en incitation à la commission d’assassinat, infraction pour laquelle ils ont été déclarés coupables. L’action publique a été déclarée éteinte à l’égard de B.L., décédé. En revanche, sept accusés ont été relaxés au bénéfice du doute. Sur le plan pécuniaire, L.D. et L.R., ont été condamnés, chacun, à une amende ferme de 1 500 000 F CFA. Les sept accusés reconnus coupables ont été condamnés solidairement à verser à chaque victime 6 500 000 F CFA pour préjudices subis, ainsi que 500 000 F CFA au titre des frais non compris dans les dépens. Ils devront également payer symboliquement 1 F CFA au chef Labidiero, principal plaignant.
Un conflit, né du bicéphalisme dans le Gulmu
Selon le procureur du Faso près le TGI de Fada N’Gourma, Salam Ouédraogo, ces événements tragiques ont gravement troublé l’ordre public.
Durant quatre jours d’audience, la chambre criminelle a revisité les origines de cette crise liée au pouvoir traditionnel. Il ressort en fait qu’après le décès du chef Hampani de Piela, le roi Untaanba du Gulmu a désigné Labidiero comme son successeur, conformément aux usages coutumiers, la localité relevant du ressort traditionnel du Gulmu. Un choix contesté par un groupe de notables et de jeunes, mené notamment par L.D., fils du défunt chef, et par le vieux L.R., lesquels estimaient que Labidiero « n’est pas un fils authentique de Piela ». En réalité, le porte-parole du roi Untaanba, entendu comme témoin, a indiqué que L.D. faisait partie des onze candidats au trône, une version totalement rejetée par l’accusé. Les contestataires se seraient alors tournés vers Hampali, deuxième roi du Gulmu à l’époque, pour qu’il désigne Yentiabri comme chef légitime. Piela se retrouvait ainsi avec deux chefs rivaux. La tension est montée lorsque le chef Labidiero a entrepris d’accomplir le rituel annuel du tour du marché. Informé, le chef Yentiabri (décédé plus tard) a mobilisé ses partisans pour réaliser le même rituel avant lui. Lorsque le tour du rituel de Labidiero est arrivé, les partisans de Yentiabri s’y sont farouchement opposés, estimant qu’il était interdit à un autre chef de l’accomplir.
Selon le ministère public, des messages hostiles circulaient dans des groupes WhatsApp, appelant à la désobéissance et à la violence. Des réunions secrètes auraient également été tenues pour galvaniser les jeunes. Le 8 février 2022, jour prévu pour le rituel, les accès au marché étaient barricadés dès l’aube, annonçant un climat tendu. Vers 9h, des échauffourées ont éclaté entre partisans, avant que les autorités administratives et policières ne parviennent à calmer les esprits. La police avait ordonné la levée des barricades, et une médiation avait été initiée par la délégation spéciale pour tenter de désamorcer la crise.
Un mardi noir à Piela
Le président de la chambre a précisé que la juridiction observe une neutralité totale dans cette affaire de chefferie.
Selon le chef Labidiero, les partisans de Yentiabri, le camp rival, avaient feint d’accepter que le rituel se tienne dans l’après-midi. Rassurés, ses propres soutiens étaient ressortis aux environs de 14 heures pour faire le tour du marché. Ils sont alors tombés dans une embuscade tendue par le clan adverse, armé d’armes blanches et d’armes à feu. Sous les tirs nourris et la panique générale, Piela s’est retrouvée plongée dans la fumée et enveloppée d’un épais brouillard, a relaté le procureur. Le bilan est lourd : cinq morts dans le camp de Labidiero, un mort chez les partisans de Yentiabri, une quarantaine de blessés et d’importants dégâts matériels. Piela venait donc de vivre un mardi noir, malgré les tentatives d’apaisement des autorités policière et administrative d’alors.
Plusieurs victimes qui se sont présentées à la barre, certificats médicaux en main, pour raconter leur mésaventure, portent encore des balles et des éclats métalliques dans le corps. Pour le procureur du Faso près le TGI de Fada N’Gourma, Salam Ouédraogo, ces événements ont profondément ébranlé la conscience collective. « Ces agissements ont provoqué un trouble exceptionnel et durable à l’ordre public, dont les répercussions continuent d’affecter la stabilité sociale et la confiance des citoyens dans les institutions », a-t-il déclaré.
Ouagadougou abrite, du 9 au 18 avril 2026, la 10ᵉ édition du Championnat d’Afrique de Scrabble Francophone (CHAMPAS). La cérémonie d’ouverture, présidée par madame la ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Pikbougoum, a scellé l’engagement de l’État burkinabè en faveur de la promotion des sports intellectuels.
Le cliquetis des jetons et la concentration des grands jours ont repris leurs droits dans la capitale burkinabè. Dix ans après la naissance de ce rendez-vous continental, Ouagadougou renoue avec sa tradition d’hospitalité en accueillant ce dixième anniversaire du CHAMPAS. Un événement d’envergure placé sous le très haut patronage du Premier ministre, témoignant de l’importance stratégique accordée par les autorités burkinabè aux disciplines intellectuelles. Pour Gnabéré Daouda Sanou, président de la Fédération burkinabè de scrabble, cette édition est celle de la maturité. Devant un parterre d’officiels et de délégations venues de toute l’Afrique, il a salué la reconnaissance des plus hautes autorités du pays pour une discipline qui participe au rayonnement du Burkina Faso sur la scène internationale.
« Cette dixième édition marque une étape symbolique importante : celle d’une décennie de championnats qui ont forgé une tradition d’excellence et de fraternité entre nos nations », a-t-il déclaré, tout en saluant l’engagement des bénévoles et des partenaires.
Dans son discours d’ouverture, madame la ministre Annick Pikbougoum a rappelé que le scrabble ne se limite pas à la compétition. Intégré dans la vision de son département, ce sport est perçu comme un outil d’éducation et de valorisation du capital humain. Pour le gouvernement, la maîtrise du langage, l’analyse stratégique et la concentration sont des compétences transversales essentielles pour la jeunesse.
« Le CHAMPAS apparaît comme un instrument de rayonnement du Burkina Faso et un levier d’intégration panafricaine au-delà des frontières », a-t-elle affirmé.
Le défi sportif s’annonce de taille. Eude Gnagne, représentant le président de la Fédération africaine de scrabble, a rappelé que les compétiteurs présents incarnent l’excellence intellectuelle du continent. Sur les grilles, la bataille pour les mots les plus chers sera rude entre les délégations du Bénin, du Congo-Brazzaville, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Togo, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Cameroun et de la RD Congo. Le Burkina Faso, pays hôte, compte bien garder les trophées à domicile. Avec une armada de 25 joueurs, les Étalons scrabbleurs sont prêts à démontrer que la terre des Hommes intègres est aussi celle de la stratégie lexicale.
27 agents de sécurité pénitentiaire ont prêté serment, consacrant leur entrée en fonction, devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou au cours d’une audience solennelle extraordinaire, ce jeudi 9 avril 2026.
La famille judiciaire de Dédougou s’est agrandie par l’accueil de nouveaux agents. En effet, 27 agents de sécurité pénitentiaire constitués de deux contrôleurs de sécurité pénitentiaire et de 25 assistants de sécurité pénitentiaire ont prêté serment devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou lors d’une audience solennelle extraordinaire, ce jeudi 9 avril 2026. L’audience a été présidée par le président de cette institution judiciaire, Drissa Millogo. Cette prestation de serment a marqué l’entrée en fonction de ces nouveaux agents qui sont appelés à servir la justice burkinabé dans le « strict respect de la loi », pour emprunter les mots au procureur du Faso, près le TGI de Dédougou, Lamoussa Hema.
Ce dernier a précisé que l’exercice est une exigence légale revêtant d’une importance capitale. Car, il reste une occasion pour décortiquer le serment prononcé par chaque nouvel agent avant son entrée en fonction et en même temps un lieu de rappel de ses exigences. Il a rappelé aux impétrants que la prestation de serment est un engagement à exercer conformément à la déontologie. C’est pourquoi, il a invité chacun à garder constamment à l’esprit la formule prononcée. « Faites attention à vos actes et observez un strict respect de la loi. Pour ce faire, il faut vous approprier les textes qui régissent votre fonction », a-t-il conseillé.
Le procureur a appelé ces nouveaux agents publics à adopter des attitudes qui permettent à l’institution judiciaire dans son ensemble de soigner davantage son image. Cela, dit-il, passe par le bon comportement. Etant désormais sous serment, il a indiqué à ces agents de sécurité pénitentiaire qu’une mauvaise conduite de leur part sera sévèrement sanctionnée. Il a souhaité à chacun d’eux une bonne et fructueuse carrière avant de conclure que cette audience, loin d’être une simple formalité, est destinée à garnir les nouveaux venus de qualités tout en facilitant une intériorisation des bonnes pratiques pour réussir leur mission.