Formalités à l’aéroport : la fiche de police se remplit désormais en ligne

Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a lancé officiellement la fiche de voyage électronique des aéroports du Burkina Faso, le mardi 8 avril 2026, à Ouagadougou.

La dynamique de modernisation de l’administration publique portée par le gouvernement burkinabè s’invite désormais dans les aéroports. En effet, longtemps renseignée manuellement, la fiche d’embarquement et de débarquement est aujourd’hui remplissable en ligne grâce à la plateforme www.fichedevoyage.gov.bf . La mise en service de ce nouvel outil a eu lieu, le mardi 8 avril 2026, à Ouagadougou. Pour le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, la digitalisation de la fiche de voyage s’imposait comme une nécessité au regard des limites présentées par la fiche manuelle.

Selon lui, cette dernière était non seulement source de perte de temps, d’utilisation de gros volumes de papiers chaque année, de risques d’erreurs mais aussi de difficultés d’exploitation des données. La digitalisation de la fiche de police permettra donc, foi du ministre Sana, de simplifier et d’accélérer les formalités, fiabiliser la collecte des informations, sécuriser les données et en faciliter l’exploitation.

Elle contribuera également, a-t-il poursuivi, à améliorer la qualité du service rendu aux usagers, tout en renforçant l’efficacité des services en charge du contrôle et de la gestion des flux migratoires. « La plateforme que nous lançons aujourd’hui s’inscrit dans une ambition de bâtir un système de contrôle aux frontières moderne, fondé sur des solutions numériques intégrées, interopérables, capables de renforcer la coordination entre les acteurs et de mieux répondre aux impératifs de sécurité nationale », a déclaré le ministre de la Sécurité.

Il a traduit sa reconnaissance à toutes les équipes opérationnelles qui ont travaillé à la mise en place de la plateforme. M. Sana a salué particulièrement la contribution remarquable de la direction générale des transmissions et de l’informatique et la Police spéciale de l’aéroport de Ouagadougou au processus de conception de la fiche. Mahamadou Sana a aussi remercié le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité, ainsi que celui de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques pour leurs contributions à l’opérationnalisation de cet outil.

S’approprier la plateforme

Il a par ailleurs appelé à l’implication de tous les acteurs afin d’assurer la pérennité de l’initiative. « J’engage l’ensemble des parties prenantes à maintenir cette fluide collaboration afin d’assurer la disponibilité, la sécurité et la maintenance de la plateforme. Chacun doit faire preuve de rigueur, de professionnalisme et d’ingéniosité », a-t-il insisté. Le ministre de la Sécurité peut déjà compter sur l’engagement de la Société des aéroports du Faso (SAFA).

La secrétaire générale de la SAFA, Louisette Bassono, a exprimé la disponibilité de la société à accompagner toutes les initiatives visant à améliorer la facilitation, la sécurité et la qualité de service au profit des passagers et partenaires. Pour elle, cette plateforme constitue une avancée significative dans le secteur aéroportuaire, en ce sens qu’elle vient renforcer les efforts en cours pour améliorer l’expérience des passagers, en réduisant les délais de traitement et en fluidifiant les formalités à l’arrivée comme au départ. Pour la police des frontières également, ce nouvel outil constitue un gain opérationnel considérable.

Son directeur, le commissaire divisionnaire de police Bénéwendé Sankara, a noté qu’au-delà des performances techniques, www.fichedevoyage.gov.bf va améliorer profondément leur action quotidienne. « Elle permettra de fluidifier les contrôles, de réduire les délais de traitement et d’améliorer la qualité du service offert aux usagers. Le voyageur y gagne en rapidité, et l’agent en efficacité », a-t-il apprécié. En outre, a ajouté le directeur de la police des frontières, la centralisation des données ouvre de nouvelles perspectives en matière de renseignement. Elle permettra, a-t-il relevé, une meilleure lecture des mouvements, une détection plus rapide des anomalies, une identification des profils à risque et un renforcement de la coordination entre les services. Le commissaire Sankara a affirmé l’engagement de la direction des frontières à s’approprier pleinement cet outil, à en faire un instrument de travail rigoureux et à l’exploiter avec professionnalisme et un sens élevé de responsabilité.

Nadège YAMEOGO

Le paradoxe des droits de l’Homme

Dans un récent rapport rendu public sur la situation des droits humains au Burkina Faso, l’ONG Human Rights Watch impute la responsabilité de massacres, viols, pillages, tueries et crimes aux Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi qu’aux Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP). Comme il fallait s’y attendre, le gouvernement burkinabè a vigoureusement démenti ce qu’il qualifie de « tissu de conjectures et d’allégations infondées … d’une soi-disant ONG totalement déconnectée des réalités du terrain ».

Au-delà de la méthodologie et des approximations que lui reproche l’Exécutif, ce rapport relance le débat de la lecture et de l’interprétation des réalités intérieures par des acteurs extérieurs qui ignorent parfois, ou le feignent, les contextes de ces genres de crise. En effet, depuis maintenant une décennie, il est une évidence que plusieurs centaines de Burkinabè ont perdu la vie du fait du terrorisme avec à la clé, des récoltes incendiées, des centres de santé et des écoles détruits. Violentés et traumatisés, les « rescapés » ont été contraints de tout abandonner pour trouver refuge dans des zones plus sûres. Avec patriotisme, des Burkinabè se sont mobilisés en s’enrôlant comme VDP aux côtés des FDS pour défendre leurs terres et les libérer des mains de groupes terroristes qui devenaient de plus en plus équipés avec des renseignements d’une précision qui trahit le soutien dont ils bénéficient.

D’autres encore ont choisi de contribuer en nature et en espèce (Fonds de soutien patriotique) pour financer cette guerre. Et ce, parce qu’ils sont convaincus que malgré les condamnations et déclarations de principes, les sommets sous régionaux et internationaux, personne ne viendra les sortir de ce gouffre aux relents dominateurs. Au résultat, les forces combattantes ont repris du poil de la bête en mettant en déroute les forces du mal dans plusieurs localités (plus de 74% du territoire reconquis), en consolidant ces zones et en réinstallant les populations déplacées. Ce rapport de Human Right Watch vient donc remettre en cause la lutte existentielle de tout un peuple au prix du sacrifice suprême afin de redonner à des milliers de Burkinabè la dignité perdue et à un Etat qui était menacé jusque dans ses fondements, son intégrité territoriale.

C’est alors à se demander si combattre des terroristes qui s’attaquent à des populations civiles, enrôlent des enfants dans leurs rangs, enlèvent et violent des femmes, est une violation des droits de l’Homme. Neutraliser des sans foi ni loi qui détruisent des écoles et incendient des centres de santé, privant ainsi des milliers d’enfants et des millions de populations de leurs droits fondamentaux à l’éducation et à la santé, est-il attentatoire aux droits humains ? Dans son universalité, la question des droits humains et de leur respect doit d’abord se cerner sous le prisme de la protection des droits fondamentaux des populations civiles, notamment les droits à la vie, à l’intégrité physique, à l’éducation, à l’eau potable, à l’alimentation et à la santé.

Et, c’est le combat quotidien des forces combattantes depuis 2025. Lors de son interview du 1er avril 2026 avec la presse nationale et internationale, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, l’a clairement signifié : la question des droits humains ne peut être dissociée du contexte sécuritaire. Mieux, combattre le terrorisme, rouvrir les écoles, sécuriser les populations et garantir l’accès à l’eau ou à l’alimentation relèvent pleinement de la promotion des droits humains. A cela s’ajoute le fait que les groupes armés utilisent souvent des équipements militaires burkinabè pour commettre leurs forfaits en les filmant et les diffusant pour jeter l’opprobre sur les forces combattantes. Le capitaine Traoré l’a d’ailleurs relevé, les éventuelles bavures des FDS et VDP font l’objet de procédures disciplinaires et de sanctions, preuve de la responsabilité de l’Etat. Dans le contexte qui est celui des pays du Sahel, la question des droits humains mérite donc une approche contextualisée qui gagnerait à intégrer la complexité de la crise marquée par une guerre asymétrique et des complicités internes et des soutiens extérieures.

Jean-Marie TOE

Une bagarre de dolo conduit un sexagénaire en cellule

F.B a comparu en audience criminelle devant le TGI de Dédougou, le mardi 31 mars 2026. Il est accusé de tentative de meurtre contre la personne de K.F. Les faits, commis à Kari, localité de la commune de Dédougou, remontent au 13 avril 2025. Tout est parti d’une altercation née d’une mésentente autour de la distribution de dolo à l’occasion d’une cérémonie rituelle entre l’accusé, âgé de 62 ans, et sa victime, un trentenaire. Ce jour-là, la victime a confié qu’elle avait reçu l’autorisation d’un autre vieux pour servir le dolo à l’assistance. Mais l’accusé n’a pas vu ce geste d’un bon œil. Il a expliqué que (…)

Retrouvez Au coin du palais sur https://www.sidwaya.info/numerique/

Yacouba BELEM

Sommet One Health à Lyon : l’Afrique plaide pour une action collective renforcée

0

À quelques jours du Sommet One Health prévu le 7 avril 2026 à Lyon, plus de 200 acteurs africains se sont réunis en webinaire le 3 avril, à l’initiative de Galien Africa. Objectif : harmoniser les positions du continent et formuler des recommandations fortes pour une mise en œuvre efficace de l’approche One Health.

Experts de la santé humaine, animale et environnementale, représentants d’institutions publiques, chercheurs, membres de la société civile, médias et jeunes leaders ont pris part à cette rencontre stratégique. Tous ont souligné une réalité désormais incontestable : les crises sanitaires, climatiques, environnementales et alimentaires sont étroitement liées et nécessitent des réponses intégrées.

Les participants ont insisté sur le rôle central que doit jouer l’Afrique dans la construction d’un modèle mondial de santé durable, équitable et résilient. Fort de ses expériences, de ses innovations locales et de ses dynamiques communautaires, le continent entend peser davantage dans les décisions globales.

S’inscrivant dans la continuité de la Déclaration de Lyon de novembre 2025 et du Forum One Sustainable Health for All, les participants ont adopté une nouvelle déclaration appelant à une transition vers une action collective renforcée. Ils ont notamment rappelé que la sécurité sanitaire mondiale repose sur des approches multisectorielles, dans un contexte marqué par les effets aggravants du changement climatique, la dégradation des ressources naturelles et la perte de biodiversité.

La question de la souveraineté sanitaire a été placée au cœur des priorités africaines. Les participants ont plaidé pour un renforcement de la production locale, notamment dans les domaines pharmaceutique et vaccinal, ainsi que pour une meilleure valorisation des innovations africaines adaptées aux réalités du terrain.

Parmi les recommandations clés figurent l’institutionnalisation durable de l’approche One Health, la mise en place de systèmes d’alerte précoce intégrés, l’investissement dans les données et les technologies géospatiales, ainsi que le renforcement du capital humain. Les intervenants ont également insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les acteurs et d’une implication accrue des communautés locales, en particulier des jeunes et des femmes.

Le rôle stratégique de la société civile et des médias a été fortement souligné, notamment en matière de sensibilisation et de diffusion des connaissances scientifiques. Par ailleurs, les participants ont appelé à un leadership africain plus affirmé dans la gouvernance sanitaire mondiale, à travers une coopération continentale renforcée.

Au terme des échanges, un appel à l’action a été lancé pour transformer ces engagements en mesures concrètes, financées et mesurables. L’approche One Health est ainsi présentée comme un levier essentiel pour renforcer la souveraineté sanitaire, promouvoir le développement durable, améliorer la résilience climatique et garantir une meilleure équité en santé.

En adoptant cette déclaration, les participants réaffirment leur engagement en faveur d’un avenir plus sûr et plus durable, tout en annonçant leur volonté de contribuer activement aux travaux du Sommet One Health de Lyon 2026.

Source : Déclaration

Éducation aux médias et au numérique : un projet novateur présenté au Premier ministre

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a accordé, ce mercredi 08 avril 2026, une audience à une délégation du Conseil supérieur de la communication (CSC) et de l’Association des blogueurs du Burkina (ABB). Conduite par le président du CSC, Louis Modeste Ouédraogo, la délégation a présenté le projet d’intégration de l’éducation aux médias, à l’information et aux réseaux sociaux (EMIRS) dans les curricula de formation et les programmes scolaires au Burkina Faso.

‎‎Portée par l’ABB et placée sous le leadership institutionnel du CSC, cette initiative stratégique ambitionne de doter les jeunes générations des compétences nécessaires pour un usage responsable et éclairé des outils de communication modernes.

‎‎À l’issue de l’audience, le président du CSC, Louis Modeste Ouédraogo, a souligné que l’objectif de ce projet est d’agir à la base, surtout chez les jeunes, en renforçant leur esprit critique, face aux enjeux liés à la désinformation et aux contenus numériques.

‎ »Nous avons conçu ce projet, en tenant compte de la volonté des autorités de promouvoir la transformation numérique. Il s’agit, pour nous, d’apporter une contribution complémentaire aux initiatives déjà engagées, en mettant l’accent sur le changement des comportements à la base »,a-t-il ajouté.

‎‎Le Premier ministre a salué la pertinence de ce projet qui s’inscrit en droite ligne de la vision gouvernementale qui accorde une place importante au numérique dans le système scolaire.

‎Il a également réaffirmé l’engagement du Gouvernement à accompagner toutes les actions qui contribuent à l’éducation citoyenne.

‎‎ « L’espace numérique peut être une arme de destruction massive. Dans le contexte burkinabè, il y a une guerre informationnelle qui se mène à coup de fausses informations. C’est un combat permanent. De la même manière que le soldat défend le pays, il faut faire pareil sur l’espace numérique », a-t-il expliqué.

‎Le Chef du Gouvernement a également encouragé le CSC et l’ABB à élargir et finaliser leur approche, en étroite collaboration avec les ministères en charge de l’éducation et de la transition digitale, ainsi que l’ensemble des parties prenantes, afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse et efficace.

‎ »Il ne faut pas exclure les adultes. Il faut continuer la sensibilisation, en évitant les approches magistrales, à travers, par exemple, l’élaboration de modules simples et accessibles en français et dans nos langues nationales », a-t-il conseillé.

‎Cette rencontre illustre la volonté des autorités de promouvoir une société mieux informée, consciente des responsabilités qu’impliquent l’usage des médias et des réseaux sociaux, ainsi que des enjeux liés à la communication digitale.

‎DCRP/Primature

 

 

Deyong Zhao, ambassadeur de Chine au Burkina Faso: « La Chine soutient fermement les efforts du Burkina Faso pour préserver sa souveraineté nationale »

Depuis 2018, la Chine et le Burkina Faso entretiennent mutuellement des relations bénéfiques aux deux pays. Dans cette interview qu’il nous a accordée le 1er avril 2026 à Ouagadougou, l’ambassadeur de Chine au Burkina Faso, Deyong Zhao, revient sur le dynamisme de cette coopération, les grandes orientations issues des Deux Sessions en Chine et leurs implications pour les partenaires africains comme le Burkina Faso, la guerre au Moyen-Orient …

Sidwaya : La coopération entre le Burkina Faso et la Chine connaît une dynamique soutenue ces dernières années. Comment appréciez-vous aujourd’hui l’état des relations sino-burkinabè, notamment en lien avec les priorités des autorités actuelles ?

Deyong Zhao : Depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Burkina Faso en 2018, les relations bilatérales ont maintenu une excellente dynamique. Sous la direction stratégique de leurs chefs d’Etat, la Chine et le Burkina Faso ont établi en
2024 un partenariat stratégique qui a permis d’approfondir sans cesse la confiance politique mutuelle et d’étendre la coopération pragmatique dans tous les domaines, apportant des avantages concrets aux peuples des deux pays.

L’achèvement réussi du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Pala, l’avancement régulier des projets d’infrastructures, les échanges économiques et commerciaux toujours plus intenses, les premiers résultats obtenus dans la culture du riz hybride, l’acheminement en temps voulu de l’aide alimentaire, l’extension continue des formations de personnel
et l’élargissement des échanges entre les peuples, voilà autant d’avancées qui contribuent activement à la mise en œuvre des six initiatives présidentielles, à la promotion du développement endogène et à la réalisation de l’autosuffisance et de l’indépendance du Burkina Faso.

La Chine soutient fermement les efforts du Burkina Faso pour préserver sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale, tandis que le Burkina Faso respecte strictement le principe d’une seule Chine et apporte un soutien précieux à la Chine sur la question de
Taiwan. Dans les enceintes multilatérales telles que les Nations unies, les deux pays
entretiennent une coopération étroite afin de défendre ensemble la souveraineté, l’indépendance et l’égalité, de préserver le multilatéralisme et les intérêts communs des pays en développement, de promouvoir le développement pacifique et la coopération gagnant-gagnant, et de s’opposer aux pratiques unilatérales et
hégémoniques.

A l’avenir, la Chine entend renforcer davantage la coordination stratégique avec le Burkina Faso, mettre activement en œuvre les acquis du sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), continuer à exploiter le potentiel de coopération,
enrichir le partenariat stratégique et créer un environnement propice au
développement durable, sain et stable des relations bilatérales.

S : Les Deux Sessions en Chine constituent un moment clé de la vie politique et économique de votre pays. Quelles sont les grandes orientations issues de ces rencontres et leurs implications pour les partenaires africains comme le Burkina
Faso ?

D. Z : Il y a quelques jours, la quatrième session de la 14e Assemblée populaire
nationale et la quatrième session du 14e Comité national de la Conférence
consultative politique du peuple chinois (les « deux sessions ») se sont achevées
à Beijing. Elles ont examiné et adopté le programme du 15e Plan quinquennal
(2026-2030) pour le développement économique et social, qui définit la
feuille de route du développement de la Chine pour les cinq prochaines années.

Le programme du 15e Plan quinquennal, axé sur la promotion d’un développement de haute qualité, précise 20 indicateurs couvrant cinq domaines : développement économique,
innovation, bien-être social, transition verte, ainsi que sécurité. Il prévoit
également 16 missions stratégiques majeures concernant notamment le développement industriel, l’innovation scientifique et technologique, le marché intérieur, afin de jeter une base solide pour la réalisation, à l’horizon 2035, de la modernisation socialiste fondamentale de la Chine.

Guidé par les « Deux Objectifs centenaires » et sous la direction forte du Parti communiste chinois, la Chine a successivement mis en œuvre quatorze plans quinquennaux, poursuivant avec constance une vision cohérente, et a ainsi ouvert une voie de modernisation à la chinoise. Parallèlement, fidèle au principe « parvenir au développement
en aidant les autres à se développer », la Chine œuvre pour une ouverture de haut niveau et met en œuvre l’Initiative pour le développement mondial, apportant sa force, sa sagesse et ses solutions en vue d’un développement partagé dans le monde.

Au cours des cinq dernières années, la Chine a appliqué le nouveau concept de développement et s’est efforcée de construire progressivement un nouveau paradigme de développement. Elle a enregistré une croissance annuelle moyenne de 5,4 % et contribué pour environ 30 % à la croissance économique mondiale. Ses réalisations ont largement bénéficié à la population, permettant la sortie de la pauvreté de 800 millions de personnes, soit plus de 70 % de la réduction mondiale de la pauvreté sur la même période.

Le programme du 15e Plan quinquennal, axé sur la montée en gamme de la consommation, l’innovation et le développement durable, prévoit d’élargir l’accès au marché, notamment dans les services, et d’étendre l’ouverture dans des secteurs
tels que les télécommunications à valeur ajoutée, la biotechnologie et les hôpitaux à capitaux entièrement étrangers, tout en élargissant progressivement l’ouverture dans le domaine du numérique.

Le plan encourage l’augmentation des importations, œuvre pour un commerce
plus équilibré, met en œuvre une politique de zéro droit de douane sur l’ensemble des
importations en provenance d’Afrique, élargit la coopération en matière d’investissements bilatéraux, garantit un traitement national aux entreprises étrangères et libère davantage le potentiel immense du marché chinois fort de 1,4 milliard d’habitants. Le programme du 15e Plan quinquennal est un plan conçu pour créer et partager de nouvelles opportunités avec tous les pays du monde, et il apportera sans nul doute une énergie positive à un monde en pleine mutation.

La Chine est disposée à renforcer l’arrimage stratégique entre le programme du 15e Plan quinquennal et le Plan national de développement (PND) 2026-2030 RELANCE du Burkina
Faso, à promouvoir de manière globale la coopération pragmatique dans tous les domaines, à soutenir les efforts d’industrialisation et de développement autonome du Burkina Faso, et à approfondir continuellement les relations bilatérales afin d’ouvrir un avenir commun plus prometteur pour les deux pays.

S : La Chine joue un rôle de plus en plus important sur la scène internationale.
Comment votre pays perçoit-il aujourd’hui les grands enjeux de la gouvernance mondiale, notamment en matière de paix et de sécurité ?

D. Z : Actuellement, les changements inédits depuis un siècle s’opèrent en s’accélérant, marqués par des turbulences régionales fréquentes, une croissance économique entravée, un recul du droit international, et un déficit croissant de gouvernance. Dans ce contexte, la Chine participe activement, avec un sens élevé des responsabilités, à la réforme et à la
construction de la gouvernance mondiale. En 2022, le Président Xi Jinping a lancé l’Initiative pour la sécurité mondiale, qui préconise une vision de sécurité commune, intégrée, coopérative et durable. Elle trace une voie pour combler le déficit de paix et répondre aux défis sécuritaires mondiaux. La sécurité de chaque pays est étroitement liée à celle des autres : seul un esprit de solidarité permet de surmonter les risques et les défis.

La recherche de « sécurité absolue » ou « exclusive » par n’importe quel pays est vouée à l’échec. Il faut dépasser la mentalité de guerre froide, respecter et garantir la sécurité de chaque État, remplacer la confrontation par le dialogue, la coercition par la consultation, les alliances exclusives par des partenariats ouverts, et la logique du jeu à somme nulle par celle du gagnant-gagnant, afin de réaliser une paix et une sécurité durables.

La sécurité est la condition préalable au développement. La Chine suit de près l’évolution de la situation sécuritaire dans le Sahel et reste prête à soutenir les pays et les organisations régionales dans leurs efforts en faveur de la paix et de la sécurité.
En 2025, le Président Xi Jinping a présenté l’Initiative pour la gouvernance mondiale, qui met en avant des principes clés : égalité souveraine, état de droit international, multilatéralisme, primauté du peuple et actions concrètes. L’Initiative vise à bâtir
un système de gouvernance mondiale plus juste et raisonnable et à promouvoir une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.

Elle préconise de renforcer la représentativité et la voix des pays en développement, rejette les pratiques consistant pour les grands à intimider les petits, et insiste sur l’application uniforme des règles internationales, en refusant l’imposition aux autres des
règles particulières d’un petit nombre de pays. Elle appelle à combler rapidement
le fossé Nord-Sud et à mieux protéger les intérêts communs de tous les pays.

Cette Initiative répond non seulement à la question de l’orientation future de la
gouvernance mondiale, mais propose également une feuille de route claire et
faisable, favorable à la défense des droits et intérêts légitimes des pays du Sud
global.

La Chine est disposée à travailler avec les pays du Sud global, dont le Burkina
Faso, sous l’égide de l’Initiative pour la sécurité mondiale et de l’Initiative pour
la gouvernance mondiale, pour relever ensemble les défis mondiaux, bâtir un
monde ouvert, inclusif, beau et propre marqué par la paix durable, la sécurité
universelle et la prospérité partagée, et faire de notre planète un endroit où il fait
meilleur vivre.

S : La guerre au Moyen-Orient suscite de vives inquiétudes à l’échelle
internationale. Quelle est la position de la Chine face à cette crise et quelles initiatives soutient-elle pour favoriser un retour à la paix ?

D. Z : Le conflit en Iran se poursuit depuis plus d’un mois, et ses conséquences ne
cessent de s’étendre, portant gravement atteinte à la paix et à la stabilité
régionales et mondiales. Il perturbe de plus en plus l’approvisionnement énergétique mondial, la fluidité des chaînes d’approvisionnement et de production, ainsi que le développement de l’économie mondiale.

Afin de promouvoir le dialogue et de contribuer à l’apaisement de la situation,
la Chine a, depuis le 28 février, échangé des vues avec une dizaine de pays
concernant la situation, s’employant à favoriser la désescalade. L’Envoyé spécial du gouvernement chinois pour les questions du Moyen-Orient, Zhai Jun, a récemment effectué une tournée dans plusieurs pays de la région pour mener des efforts de dialogue et de médiation sur la situation régionale. La Chine souligne que la force ne fait pas le droit et que le monde ne doit pas retourner à la loi de la jungle. La souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran comme de tous les pays du Golfe persique doivent être respectées. Les grandes puissances doivent jouer un rôle constructif, user de leur influence avec bienveillance, défendre l’équité et la justice, et apporter davantage d’énergie positive à la paix et au développement au Moyen-Orient.

Le 31 mars, à Beijing, le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, a rencontré le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Ishaq Dar. Les deux parties ont présenté une initiative en cinq points visant à rétablir la paix et la stabilité dans la région du Golfe et du Moyen-Orient, à savoir : la cessation immédiate des hostilités, le lancement rapide de pourparlers de paix, la garantie de la sécurité des cibles non militaires, la garantie de la sécurité des voies de navigation, et la garantie de la primauté de la Charte des Nations unies. La Chine est disposée à œuvrer de concert avec tous les pays et organisations internationales, y compris le Burkina Faso, afin de favoriser l’émergence d’un consensus plus large au sein de la communauté internationale et de mobiliser des efforts conjoints plus vigoureux, dans le but de contribuer à apaiser les tensions actuelles et à rétablir au plus vite la paix et la stabilité dans la région du Golfe et au Moyen-Orient.

S : Dans un monde marqué par des tensions géopolitiques croissantes, quel
message la Chine souhaite-t-elle adresser au Burkina Faso et, plus largement, aux pays africains en matière de coopération, de solidarité et de développement partagé
?

D. Z : Cette année marque le 70ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. La Chine, plus grand pays en développement, et l’Afrique, le continent regroupant le plus de pays en développement, constituent le pilier
du Sud global. Plus l’environnement international est complexe et incertain,
plus la Chine et l’Afrique doivent renforcer leur unité, rester maîtres de leur destin,
se tenir du bon côté de l’histoire, s’efforcer de donner l’orientation à notre
époque, et faire face aux incertitudes de l’environnement international grâce à la
stabilité et à la solidité des relations sino-africaines.

Les nouveaux progrès accomplis dans le développement de l’Afrique sont une
source de satisfaction, tandis que le vaste marché chinois continuera d’offrir
des opportunités élargies au continent africain. Les principes de « sincérité,
résultats effectifs, amitié et bonne foi » proposée par le Président Xi Jinping
reste les principes directeurs de la coopération sino-africaine ; la sincérité
et l’égalité en sont le trait fondamental.

La Chine accueille avec ouverture les pays africains, y compris le Burkina Faso,
pour qu’ils saisissent les opportunités offertes par le développement chinois. La
coopération de la Chine et l’Afrique suit le principe qu’aucun pays ne doit être laissé
de côté. Nous appelons également la communauté internationale à accorder
une attention accrue à l’Afrique et à renforcer son engagement.

Au Sommet de Beijing du FOCAC en 2024, les relations sino-africaines ont été
rehaussées à une communauté d’avenir partagée Chine-Afrique de tout temps
à l’ère nouvelle, ouvrant une nouvelle étape pour l’amitié et la coopération
sino-africaines. Le Président Xi Jinping a proposé que la Chine et l’Afrique
travaillent ensemble pour faire avancer la modernisation caractérisée par six
traits distinctifs et mettent en œuvre les « Dix Actions de partenariat sur la
modernisation ». La Chine est prête à travailler avec les pays africains, dont le
Burkina Faso, pour faire progresser la mise en œuvre des acquis du Sommet,
avancer dans la même direction avec solidarité, et donner un nouvel élan
à la modernisation du Sud global, contribuant davantage à la construction
d’une communauté d’avenir partagée pour l’humanité.

S : S’agissant de la mise en œuvre du traitement à zéro droit de douane pour les
pays africains, l’un des acquis du Sommet de Beijing du FOCAC, l’ambassadeur
présente les progrès accomplis.

D. Z : Le traitement à zéro droit de douane pour l’Afrique constitue une mesure majeure prise par la Chine pour mettre en œuvre les acquis du Sommet de Beijing du FOCAC en 2024 et pour élargir de manière proactive son ouverture unilatérale. Elle illustre
pleinement la mise en pratique par la Chine de sa politique envers l’Afrique
fondée sur les principes de « sincérité, résultats effectifs, amitié et bonne foi » et de recherche du plus grand bien et des intérêts partagés pour les relations sino-africaines. Ce traitement injectera une forte dynamique de développement aux pays africains, dont le Burkina Faso, et témoigne de la volonté ferme de la Chine de marcher aux côtés de l’Afrique et de promouvoir ensemble la modernisation.

La Chine est prête à travailler avec le Burkina Faso pour la signature de l’Accord de partenariat économique pour le développement partagé (CADEPA), afin d’élargir l’accès des produits de qualité burkinabè au marché chinois et de faire du vaste marché chinois une opportunité encore plus grande pour le développement du Burkina Faso. Nous espérons que les deux parties renforceront le dialogue et la coordination politiques, exploiteront pleinement les opportunités offertes par le régime de zéro droit de douane et encourageront davantage d’entreprises chinoises à investir et à se développer au Burkina Faso.

Nous souhaitons également que la partie burkinabè offre un environnement d’affaires sûr, stable et amical aux entreprises chinoises présentes dans le pays pour leurs
activités, leur coopération technique et la formation de personnel, afin d’améliorer
conjointement les capacités industrielles et manufacturières du Burkina Faso,
d’accroître ses exportations vers la Chine et de mieux répondre aux aspirations des
deux peuples en matière de bien-être.

S : En début d’année, l’ambassade a organisé un point de presse sur l’« Année
des échanges humains et culturels sino-africains ». L’ambassadeur présente les
progrès accomplis ainsi que les nouveaux projets et programmes prévus dans ce
domaine

D. Z : L’année 2026 a été désignée par les dirigeants chinois et africains comme l’« Année sino-africaine des échanges humains et culturels », et marque également le 70ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. Tout au long de l’année, les deux parties organiseront près de 600 activités d’échanges humains et culturels autour du thème « Consolider l’amitié de tout temps et poursuivre le rêve commun de modernisation », mobilisant les forces de la jeunesse, des milieux culturel, médiatique et d’autres, et couvrant tous les aspects des interactions sino-africaines.

Au Burkina Faso, l’émission spéciale  « La Chine et le Burkina Faso fêtent ensemble
le Nouvel An Chinois », coproduite par l’ambassade et BF1 dans le cadre de
l’« Année sino-africaine des échanges humains et culturels », a dépassé le million de téléspectateurs. La chanson en Mooré interprétée avec émotion par un jeune Chinois a particulièrement attiré l’attention des internautes, conduisant un nombre croissant de Burkinabè à s’intéresser à la Chine.

L’ambassade a également organisé, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, une réception cinéma rendant hommage au rôle unique joué par les femmes dans les échanges humains et culturels sino-africains.

Dans l’avenir, l’ambassade organisera le Mois culturel sino-burkinabè, la
Semaine du film chinois, des séances d’information sur les études en Chine,
ainsi qu’un concours d’innovation et d’entrepreneuriat. Nous invitons
chaleureusement les amis burkinabè de tous horizons à y participer activement.
Nous espérons également que les autorités compétentes du Burkina Faso
renforceront la coordination avec nous afin de consolider davantage les
liens humains entre les deux pays, d’approfondir le consensus stratégique
et de donner encore plus de vitalité à la communauté d’avenir partagé Chine￾Afrique de la nouvelle ère.

Interview réalisée par la rédaction

15 jours pour changer mon musée national et ses alentours: le ministre Gilbert Ouédraogo encourage les initiateurs

Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Gilbert Ouédraogo s’est rendu au Musée national, le mardi 7 avril 2026 pour encourager les initiateurs de l’opération 15 jours pour changer mon musée national et ses alentours.

Lancés le 2 avril dernier, les travaux de « l’opération 15 jours pour changer mon musée national et ses alentours » se poursuivent. Mardi 7 avril 2026, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Gilbert Ouédraogo s’y est rendu pour encourager les initiateurs. Il a participé à une opération de nettoyage et de plantation d’arbres. Il a également donné un coup de pinceau sur un des bâtiments en rénovation.

« Je suis venu traduire ma reconnaissance aux équipes et initiateurs qui sont à l’œuvre pour rendre le musée plus attractif, en même temps apporter ma pierre à l’édification de ce patrimoine burkinabè », a expliqué le ministre chargé de la Culture. Car, a-t-il dit, il est nécessaire de créer un cadre approprié pour permettre à tous les promoteurs culturels de pouvoir déployer leurs activités. « Nous ne sommes pas dans une dynamique qui consiste à rester dans les bureaux et à indiquer le travail à faire. Nous voulons être des acteurs sur le terrain, accompagner tous nos partenaires afin que toutes les initiatives puissent connaître un véritable succès », a-t-il déclaré. Le ministre Ouédraogo s’est dit fier de cette opération qui se mène à quelques jours du lancement du mois du patrimoine burkinabè (18 avril au 18 mai 2026).

Il a rappelé que le musée national est aujourd’hui l’un des sites majeurs dans la ville de Ouagadougou qui accueille chaque année des milliers de visiteurs. A titre d’exemple, en 2024, ce sont 40 000 visiteurs qui y ont été enregistrés. « En 2025, grâce aux multiples actions qui ont été menées, la direction générale du musée, du gouvernement mais aussi par le chef de l’Etat, qui lui-même est venu ici le 15 mai 2024, le nombre de visiteurs est passé à 100 000 », a-t-il poursuivi.

Le président de l’association des amis du musée national, Sayouba Sawadogo, a dit sa joie de recevoir le premier responsable du département en charge de la culture. Selon lui, cette visite va susciter plus d’engagement au sein de son association. Il a rappelé que l’opération en cours vise à embellir le musée national et accroître son attractivité. En traduisant sa reconnaissance à l’agence Faso Mêbo et aux nombreux donateurs, il a appelé les bonnes volontés à soutenir son initiative en vue de promouvoir le patrimoine culturel burkinabè.

Avant de quitter la cour du musée national, le ministre chargé de la Culture est allé féliciter les travailleurs de Faso Mêbo qui sont sur le terrain pour des travaux. L’exposition « le conseil des ministres » de l’artiste récupérateur Sahab Kouanda a reçu les encouragements de l’hôte du jour.

Adama SEDGO