2e session des assises criminelles au TGI de Fada N’Gourma :L’affaire « détournement massif d’engrais en 2024 » inscrite au rôle

La chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma tient, du 30 mars au 8 avril 2026, sa deuxième session spéciale. Au menu, huit dossiers dont l’affaire très attendue du « détournement massif d’engrais en 2024 », un scandale qui avait fortement défrayé la chronique et suscité une vive indignation au sein de la population.

 Dans les jours à venir, les présumés auteurs du détournement massif d’engrais en 2024, à Fada N’Gourma, connaitront leur sort. Au nombre de 18, ils comparaîtront devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma, à l’occasion de la deuxième session des assises criminelles de la juridiction qui se tient du 30 mars au 8 avril 2026, pour répondre d’une série d’infractions liée à l’appropriation frauduleuse et à la vente d’engrais initialement destinés à la campagne agricole 2022-2023.

Parmi eux, figurent dix agents de la direction régionale en charge de l’Agriculture, dont le directeur régional et le directeur provincial en fonction au moment des faits, ainsi que huit commerçants. Selon le procureur du Faso près le TGI de Fada N’Gourma, Salam Ouédraogo, l’enquête a permis de comprendre comment des intrants officiellement destinés à soutenir la production agropastorale se sont retrouvés dans des boutiques du grand marché de Fada N’Gourma.

Le procureur du Faso près le TGI de Fada N’Gourma, Salam Ouédraogo (milieu), a invité la population à suivre les audiences, rappelant leur rôle pédagogique.

« Nous avons ouvert une enquête qui nous a permis d’interpeller une vingtaine de personnes, dont plusieurs responsables techniques. Les intrants saisis ont été récupérés et remis au ministère en charge de l’Agriculture », a-t-il indiqué. Pour le parquet, cette affaire est d’une gravité particulière au regard du contexte national. « Au moment où les Burkinabè se battent pour l’autosuffisance alimentaire, il est inadmissible et incompréhensible que des agents censés accompagner les producteurs leur causent un tel tort. Cela pose un réel problème de déontologie et de probité », a-t-il déploré.

« Des peines minimales de 11 ans d’emprisonnement »

Poursuivis pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, concussion, faux et usage de faux en écriture publique et conflit d’intérêt, les prévenus encourent, selon le procureur Ouédraogo, des peines minimales de 11 ans d’emprisonnement, pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité.

 

 

Durant dix jours, plusieurs accusés vont comparaitre devant les juges pour répondre des faits qui leur sont reprochés…

Outre ce dossier emblématique, sept autres affaires seront examinées durant cette session spéciale. Elles portent notamment sur des faits de meurtre, d’assassinat, de complicité d’assassinat, de viol, d’association de malfaiteurs et de grand banditisme.

…assistés par leurs conseils, mobilisés pour assurer leur défense…

Au regard de la singularité et de la récurrence de certaines infractions, le procureur du Faso a invité la population à suivre les audiences, rappelant leur rôle pédagogique. « On ne finit jamais d’apprendre. Chaque procès est un lieu d’apprentissage.

…sous le regard attentif du greffe, garant du bon déroulement de la procédure.

Cela permet de tirer des leçons sur des actes que certains considèrent comme banals alors qu’ils sont sévèrement réprimés par la loi pénale », a-t-il souligné. En plus des deux sessions criminelles spéciales de l’année, la première ayant eu lieu du 16 au 20 mars 2026, la juridiction tient, deux fois par mois, des audiences criminelles ordinaires.

Joanny SOW

Procès Amidou Tiegnan acte II : 11 ans ferme pour Yaké Camille Yé et 5 ans pour Laure Zongo

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Le Tribunal de grande instance Ouaga I a livré, le vendredi 27 mars 2026, son verdict dans l’affaire Yé Yaké Camille et 7 autres prévenus. L’accusé principal, l’ancien DAF du ministère en charge de l’action humanitaire, Yaké Camille Yé, écope une peine d’emprisonnement de 11 ans ferme. L’ex-ministre, Laure Zongo, est aussi condamnée à 5 ans ferme.

Le verdict du Tribunal de grande instance Ouaga I dans l’affaire Yaké Camille Yé et 7 autres prévenus est tombé le vendredi 27 mars 2026. En effet, sur les 8 accusés, 4 ont été déclarés coupables des faits qui leurs sont reprochés. Le principal accusé, Yaké Camille Yé, a été reconnu coupable des faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiments de capitaux. Il écope la plus lourde peine, 11 ans de prison et une amende de plus de 462 millions FCFA le tout ferme.

L’ex-ministre chargée de l’action humanitaire au moment des faits, Laure Zongo est aussi reconnue coupable des faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiments de capitaux. Par conséquent, elle est condamnée à 5 ans et une amende de 10 millions FCFA le tout ferme. L’accusé Issiaka Sangaré est quant à lui reconnu coupable des faits de complicité de détournement de deniers publics et est condamné à 5 ans et une amende de plus de 67 millions FCFA, le tout ferme. Le 4e prévenu à être déclaré coupable des faits de détournements de deniers publics est Pasco Bila.  Comme sanction, il écope de 15 mois d’emprisonnement assorti de sursis et une amende ferme de 5 millions FCFA.

Les prévenus Lydie Bonkoungou, Kouka Dimanche Yaméogo et l’ancien DAF, Billy Zongo sont acquittés au bénéficice du doute sur les faits de complicité de détournement de deniers publics et pour infraction non constituée pour les faits de complicité de blanchiment de capitaux.

En outre, dans son verdict, le Tribunal a déclaré fondée la constitution de partie civile du Réseau national de lutte anti-corruption (RENLAC) et de l’Etat. Par conséquent, il a condamné solidairement Yaké Camille Yé, Laure Zongo, Issiaka Sangaré et Pasco Bila à payer la somme de 5 FCFA symbolique au RENLAC.

Les biens des condamnés confisqués

…4 accusés sur les 8 prévenus.

Ces derniers sont aussi condamnés solidairement à payer la somme de 10 millions FCFA à l’Etat à titre de réparation du préjudice. Issiaka Sangaré a été solidairement condamné à payer plus de 22 millions FCFA avec Amidou Tiegnan à l’Etat à titre de réparation du préjudice. Enfin, Yaké Camille Yé, Laure Zongo et Pasco Bila ont été respectivement condamnés à payer plus de 63 millions FCFA, 35 millions FCFA et 10 millions FCFA à l’Etat à titre de réparation du préjudice.

Le Tribunal a par ailleurs ordonné la confiscation des biens de Yaké Camille Yé et Laure Zongo à concurrence des montants des amendes et des condamnations civiles prononcées contre eux. Il a enfin fait savoir aux prévenus qu’ils ont 10 jours pour interjeter appel s’ils ne sont pas satisfaits du verdict.

L’Agent judiciaire de l’Etat, Karfa Gnanou a confié que le verdict va dans le sens de la préservation de l’intérêt de l’Etat. « Nous sommes satisfaits de la décision rendue par le tribunal », a-t-il déclaré. Le parquet a aussi accueilli favorablement le verdict. « Nos réquisitions ont été à quelques exceptions respectées. Nous sommes satisfaits de la décision », a déclaré le 1er Substitut du procureur près du TGI Ouaga I, Idrissa Serge Tapsoba. Toutefois, il a laissé entendre que le ministère public avisera sur ses positions qui n’ont pas été suivies par le Tribunal. Il s’agit notamment de la relaxe des prévenus Lydie Bonkoungou et Kouka Dimanche Yaméogo. Le parquet avait plaidé qu’ils soient maintenus dans les liens de la prévention.

Me Seydou Roger Yamba, l’avocat de l’ancien DAF, Billy Zongo a dit être entièrement satisfait du dénouement du procès. « C’est avec satisfaction que nous accueillons la décision rendue par le Tribunal car elle était ma position depuis le départ. J’avais même émis le souhait que mon client n’arrive pas au jugement parce que ce n’était que sur la foi d’un témoignage empreint de contradictions que M. Zongo a été conduit devant le Tribunal », a-t-il soutenu. Après les débats, a-t-il poursuivi, le parquet avait aussi requis sa relaxe pour infraction non constituée et c’est ce qui a été fait.

Abdoulaye BALBONE

Charte de la Révolution: l’Assemblée législative de transition devient Assemblée législative du peuple

L’Assemblée législative du peuple a adopté à l’unanimité le projet de loi portant charte de la Révolution, au cours d’une séance plénière le vendredi 27 mars 2026, à Ouagadougou. 

La Charte de la transition n’est plus en vigueur au Burkina. Elle a été remplacée par la Charte de la Révolution adoptée par les députés de l’Assemblée législative du peuple (ALP), le vendredi 27 mars 2026 à Ouagadougou, lors d’une séance plénière. Pour le ministre de la Justice Edasso Rodrigue Bayala, ce changement était opportun afin de doter le Burkina Faso d’un texte institutionnel solide prenant en compte les réformes politiques, administratives et institutionnelles entreprises afin de mieux préserver les intérêts vitaux de la Nation et répondre aux aspirations profondes du peuple burkinabè.

Il a fait cas notamment de la dissolution des parties et formations politiques qui implique la suppression de la composante « parties et mouvements politiques » au sein de l’organe législatif. La nouvelle loi consacre ainsi la réaffectation de ces sièges afin de préserver l’équilibre institutionnel et d’éviter une réduction significative du nombre de membres de l’Assemblée.

Edasso Rodrigue Bayala a également mentionné la réorganisation territoriale intervenue ayant consacré la création de quatre nouvelles régions. A l’entendre, cela nécessite la prise en compte de leurs représentants dans la composante des personnalités désignées par les forces vives des régions au sein de la Représentation nationale. En outre, a poursuivi le ministre de la Justice, la proclamation de la Révolution progressiste populaire (RPP) acte une nouvelle orientation politique fondée notamment sur les valeurs de défense de la patrie, d’engagement patriotique populaire et de rupture avec les modèles politiques impérialistes et néocoloniaux.

Ainsi, la Charte de la Révolution entérine la RPP dans le dispositif institutionnel. Au nombre des autres innovations apportées par la nouvelle loi, Edasso Rodrigue Bayala a cité le changement de l’appellation du Gouvernement de la Transition et de l’Assemblée législative de transition respectivement par « Gouvernement du peuple » et « Assemblée législative du peuple ». Les députés sont convaincus que l’adoption de la Charte de la Révolution permettra de doter le Burkina Faso d’un cadre institutionnel solide encadrant la conduite de la transition dans le contexte de la RPP, tout en assurant la cohérence normative et la stabilité institutionnelle. Ils ont donc, à l’unanimité des 70 votants, donner leur accord pour son adoption.

Nadège YAMEOGO

Système collecte de données statistiques: le ministère en charge de la communication explore les pistes de renforcement du dispositif

Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et Tourisme a organisé le vendredi 27 mars 2026 à Ouagadougou son conseil d’administration du secteur ministériel de l’année 2026. Cette première session ordinaire de l’année est placée sur le thème « Renforcement du dispositif de collecte et de traitement de données statistiques : Quelle synergie entre le niveau central et le niveau déconcentré ».

Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et Tourisme (MCCAT) veut renforcer son dispositif de traitement des données statistiques pour améliorer sa performance. C’est pourquoi, il a tenu sa première session ordinaire de l’année du Conseil d’administration du secteur ministériel sur le thème « Renforcement du dispositif de collecte et de traitement de données statistiques : Quelle synergie entre le niveau central et le niveau déconcentré » le vendredi 27 mars 2026 à Ouagadougou. Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a confié que la mise à disposition régulière des données statistiques exhaustives et qualitatives sur les résultats des interventions reste un défi commun à l’ensemble des structures du MCCAT. Il a fondé l’espoir que les échanges issus de la présentation du thème central du CASEM de l’année 2026 permettent de trouver des solutions idoines pour relever ces défis.

Selon le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCCAT), Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, le 1er CASEM de l’année revêt aussi une importance capitale, car il a pour objectif principal l’examen et l’adoption du rapport d’activités de l’année 2025, du rapport de performance 2025 des structures ainsi que la validation du programme d’activités pour l’année 2026. « C’est un exercice de redevabilité et de planification rigoureuse qui doit nous permettre de mesurer le chemin parcouru et de tracer, avec précision, les sillons de nos succès futurs », a-t-il indiqué.

A l’en croire, l’analyse des performances au cours de l’année 2025 révèle des acquis consolidés malgré un contexte national marqué par des défis multiples. « Ces résultats qui témoignent de l’engagement des acteurs, se déclinent notamment à travers le rayonnement de nos événements majeurs culturels avec l’exécution réussie du FESPACO, du SITHO, des GALIAN, des UACO, de la Nuit des Lompolo et de la FILO, la protection et la promotion de notre identité culturelle : marquée par la IIIe édition du « mois de patrimoines culturels », la promotion de la gastronomie nationale, la relance des séries télévisuelles et le vernissage d’expositions muséales majeures », a-t-il expliqué.

Même si ces résultats sont très encourageants, le ministre Ouédraogo a fait savoir que les orientations actuelles portées vers un développement endogène et souverain du Burkina imposent une quête permanente d’amélioration. A cet effet, a-t-il poursuivi, il faut renforcer la synergie d’actions entre les structures et assurer un suivi-évaluation rigoureux pour que chaque action initiée et réalisée soit en cohérence avec les objectifs du programme annuel de performance des programmes budgétaires du MCCAT et contribue significativement à la mise en œuvre du Plan relance 2026-2030.

Valentin KABORE

(Collaborateur)

UEMOA: une croissance de 6,7 % et une inflation de 0 % en 2025

La situation économique de l’UEMOA reste globalement encourageante en dépit d’un contexte international marqué par de fortes incertitudes. C’est le constat dressé par la première session ordinaire de l’année 2026 du Conseil des ministres de l’Economie et des Finances de l’Union qui se tient, ce 27 mars 2026, sous la présidence du ministre Aboubakar Nacanabo.

L’année 2025 confirme la résilience des économies de l’Union, avec un taux de croissance de 6,7 % en hausse par rapport à 6,2 % en 2024. Cette dynamique est portée par la bonne tenue des industries extractives, le dynamisme du secteur des services et les résultats satisfaisants de la campagne agricole 2025-2026. Autre indicateur majeur, la maîtrise de l’inflation qui ressort à 0 % en 2025, contre 3,5 % l’année précédente. Cette baisse significative s’explique notamment par la détente des prix internationaux des produits alimentaires et énergétiques, ainsi que par une amélioration de l’offre céréalière sur les marchés locaux, contribuant ainsi à stabiliser le pouvoir d’achat.

Dans le même temps, le financement de l’économie progresse avec une hausse des crédits bancaires de 5,6 %, contre 4,5 % en 2024, traduisant un accompagnement accru des activités économiques par le secteur financier. A l’échelle mondiale, la croissance reste stable à 3,3 % en 2025, tandis que l’inflation recule à 4,1 %, signe d’un certain apaisement des tensions économiques. Toutefois, les perspectives pour 2026 demeurent fragiles, en raison de risques liés aux tensions géopolitiques, aux défis sécuritaires dans la région et aux effets du changement climatique. Dans ce contexte, les ministres de l’Union insistent sur la nécessité de renforcer l’intégration régionale, d’harmoniser les politiques économiques et d’accélérer les réformes structurelles. L’objectif est de consolider les acquis et bâtir une économie plus robuste, inclusive et capable de faire face aux chocs futurs.

DCRP/MEF

Gestion participative des aires protégées: satisfécit général après plus de 5 ans de mise en œuvre du Projet WAKANDA

Le projet WAKANDA, intitulé : « Gestion participative du développement durable en périphérie des aires protégées du paysage PONASI (Pô-Nazinga-Sissili) », a officiellement clôturé ses activités, le vendredi 27 mars 2026, à Pô, dans la province du Nahouri, région du Nazinon.

L’heure est à la clôture des activités au projet Gestion participative du développement durable en périphérie des aires protégées du paysage PONASI (Pô-Nazinga-Sissili). Débuté en septembre 2020, ce projet dénommé WAKANDA et mis en œuvre depuis plus de cinq ans, est arrivé à son terme. La cérémonie marquant la fin du programme a eu lieu, vendredi 27 mars 2026, à Pô, dans la province du Nahouri, région du Nazinon, sous la présidence de la Secrétaire générale régionale (SGR), Abibata Bamouni. L’événement a connu une forte mobilisation des populations bénéficiaires qui ont fait plusieurs témoignages sur les réalisations et les bienfaits du programme.

Adiguipiou Fidèle Yogo, un bénéficiaire du projet venu du village de Bétaré, a exprimé sa satisfaction quant aux actions du projet qui sont profitables aux paysans et adaptées aux besoins réels des populations. « Ce projet a déjà produit des résultats concrets sur le terrain. Je l’admire pour sa flexibilité », s’est-il réjoui. Le chef de canton de Guiaro, Sa Majesté Poanari, a, à son tour, témoigné sa reconnaissance aux initiateurs du projet pour avoir réalisé des sites maraîchers au profit des communautés de sa localité. Il a aussi salué la construction des Centres populaires de loisirs (CPL) dans plusieurs villages de Guiaro. Le chef coutumier a également pris l’engagement de veiller à la préservation des acquis du programme.

Pour le représentant Pays de l’ONG Nitidae au Burkina Faso, Koffi Michael Yaméogo, le projet avait pour objectif d’améliorer l’organisation villageoise et développer une économie endogène durable et inclusif pour une meilleure cohésion sociale, une préservation de l’environnement et une résilience accrue aux changements climatiques dans le paysage PONASI. Selon lui, si le programme a produit des résultats, c’est parce qu’il a su écouter les réalités du terrain, les attentes des communautés, les orientations des autorités et s’adapter. M. Yaméogo a rappelé que certaines actions menées par le projet n’étaient pas prévues au départ mais elles sont nées, a-t-il poursuivi, des besoins, des priorités et des réalités des communautés bénéficiaires.  C’est ce qui, à son avis, fait la force de ce programme. Le représentant Pays de l’ONG Nitidae au Burkina Faso a relevé que la durabilité des actifs de WAKANDA a été pensée autour de quatre piliers. Il a cité notamment, l’encrage institutionnel et l’implication des autorités, la responsabilisation des acteurs locaux et le renforcement des capacités locales.

« Des réalisations à plusieurs niveaux »

La chargée de projet WAKANDA à l’ONG Nitidae au Burkina Faso, Adeline Dorothée Kando, abordant les réalisations du programme, a cité la mise en place des pépinières villageoises, la production et la mise en terre de plusieurs plants. Pour lui, plus de 200 hectares de sites agroforestiers individuels ont été créés et des forages avec des installations solaires ont été réalisés au profit de plus de 1 000 bénéficiaires dont 95% de femmes. Mme Kando a aussi fait savoir que WAKANDA a permis de bâtir deux centres de traitement des noix dans les villages de Bétaré et de Kollo et de renforcer les capacités des collectivités et des productrices.

Selon elle, au plan des activités socio-culturelles, le programme a réalisé 17 CPL dans ses zones d’intervention. La chargée de projet WAKANDA a ajouté l’organisation de trois tournois de football pour promouvoir la cohésion sociale, l’appui à la campagne contre le paludisme dans les différents Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) et la construction de deux logements au profit de l’école primaire de Kana. Selon elle, le projet a eu comme impact global, l’autonomie des femmes, l’organisation des communautés, la sécurité des revenus et un dialogue renforcé entre acteurs.

La SGR du Nazinon, Abibata Bamouni, a salué la capacité du projet à évoluer, à s’adapter et à intégrer les préoccupations exprimées par les acteurs locaux. Selon elle, les résultats obtenus par le programme dans les domaines de l’agroforesterie, du maraîchage et du développement des Activités génératrices de revenus, contribuent directement à l’ambition nationale du pays qui est de renforcer la souveraineté alimentaire et de promouvoir un développement fondé sur la valorisation des potentialités locales, conformément à la vision du gouvernement.

WAKANDA est un projet mis en œuvre par l’ONG Nitidae en partenariat avec NATURAMA et CREDE, avec l’appui financier de l’Union européenne. Il intervient dans 23 villages de quatre communes périphériques du complexe PONASI à savoir Guiaro, Pô, Bieha et Sapouy.

Noufou SAWADOGO

Promotion de l’intégration sous régionale: le ministère des Affaires étrangères fait une mise à niveau des acteurs

Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a présidé la cérémonie d’ouverture du séminaire de mise à niveau sur la dynamique de l’intégration sous régionale, vendredi 27 mars 2026, à Ouagadougou.

Le ministère des Affaires étrangères entend renforcer les capacités des acteurs sur la dynamique de l’intégration régionale. Il a donc organisé un séminaire de mise à niveau sur la dynamique de l’intégration sous régionale, vendredi 27 mars 2026, à Ouagadougou. C’est le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, qui a présidé la cérémonie d’ouverture. Le séminaire de mise à niveau a été initié au profit des écoles de formation professionnelle, des organes de presse et des organisations de la société civile.

Ces participants ont suivi des communications sur l’avenir de l’intégration africaine dans un contexte de redéfinition des équilibres géostratégiques, le rôle et la place de la jeunesse dans la promotion de l’intégration africaine. Des communications sur le processus de contrôle et de veille de l’intégration africaine et l’impact des réseaux sociaux sur la promotion de l’intégration sous régionale leur ont été présentées aussi. Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a souligné que les thématiques qui ont été abordées au cours du séminaire, traduisent la complexité et la richesse de la dynamique d’intégration régionale. Il a rappelé que le Burkina Faso aux cotés du Mali et du Niger s’est engagé à créer la Confédération de l’Alliance des Etats du sahel pour redéfinir son propre modèle d’intégration fondé sur les réalités, les priorités et intérêts communs.

Une unification réelle dans l’AES

 « L’AES incarne notre volonté de bâtir un espace de coopération authentique centré sur les peuples sans complexe », a-t-il signifié.  Le ministre des Affaires étrangères a ajouté que l’intégration régionale est une sauce composée des ingrédients bien connus, tels que les communautés, la synergie, la mutualité, le partage et la communication. Il a demandé aux jeunes de ne pas être de simples supporters face aux défis, mais des bâtisseurs de l’intégration. « Il s’agit de vous voir pleinement outillés, engagés et responsabilisés afin de jouer au sein de vos structures respectives, un rôle actif de sensibilisation de mobilisation et d’action », a-t-il affirmé. Le président de la Commission nationale de l’AES, Bassolma Bazié, a donné une communication sur le modèle endogène de construction d’une intégration réelle de la Confédération des Etats du Sahel. Il a fait la genèse de la gouvernance, les idées prônées et la vision de l’AES dans l’intégration sous régionale.

Wanlé Gérard COULIBALY

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE

    (Collaborateur)

Sécurité nationale: 2 090 nouveaux policiers s’engagent à « Servir le peuple»

Ce vendredi 27 mars 2026, l’avenue Hama Arba Diallo, a servi de cadre à la cérémonie officielle de fin de formation de la 55e promotion de l’Ecole nationale de police (ENP). L’événement a été présidé par le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire de police, Mahamadou Sana, en présence des membres du gouvernement, de la hiérarchie policière ainsi que des familles des promus.

Au total, 2 090 nouveaux policiers intègrent désormais les rangs des forces de sécurité pour renforcer le dispositif national. Cette promotion est composée de 1 991 sous-officiers de la Police nationale et de 99 agents des Polices municipales issus de 18 communes du Burkina Faso. La promotion porte desormais le nom « Servir le peuple». Ce nom de baptême, qui servira de guide moral tout au long de leur carrière, s’inscrit en droite ligne avec la vision des plus hautes autorités du Burkina Faso. Dans son allocution, le ministre de la Sécurité a tenu à rappeler aux nouveaux policiers, la noblesse de leur mission dans un contexte national marqué par la Révolution progressiste populaire (RPP).

Il les a invités à faire preuve de discipline, de courage et d’un engagement sans faille au service de la Nation. « Vous entrez aujourd’hui dans une institution républicaine dont la mission première est de protéger les populations, leurs biens et de garantir l’ordre public. Dans le contexte actuel de notre pays, votre rôle est déterminant. Vous devez être des remparts contre les menaces qui pèsent sur notre Nation, des acteurs de proximité rassurants pour les populations et des modèles d’engagement patriotique au service du peuple », a-t-il déclaré. Le ministre a également insisté sur les valeurs cardinales qui doivent guider l’action des nouveaux agents.

« Le sens du devoir, la loyauté, l’intégrité, la discipline et le respect des droits des citoyens doivent constituer le socle de votre engagement professionnel. Vous devez incarner une police républicaine, proche des populations, professionnelle et résolument engagée dans la reconquête de notre territoire et la restauration de la paix », a-t-il ajouté. Le directeur général de l’ENP, le commissaire divisionnaire de police Abdoulaye Belem, a pour sa part ,mis en exergue la qualité de la formation dispensée, fondée sur l’approche par compétences et l’approche par situations, rendant ces agents immédiatement opérationnels.

Les stagiaires ont ainsi été formés à travers des modules spécialisés, notamment en intervention, en sûreté de l’Etat et en sécurité publique. Le parrain de la promotion, le contrôleur général de police à la retraite, Rasmané Ouangrawa, a été salué pour son parcours exemplaire et son engagement constant au service de la Nation. La cérémonie a été ponctuée par plusieurs temps forts, dont le carrousel, des démonstrations de gestes et techniques professionnelles d’intervention, une plantation d’arbre, la signature du livre d’or et une photo de famille. Fidèles à la devise de l’école, « Bien apprendre pour mieux protéger », ces nouveaux policiers s’engagent désormais à défendre la Patrie avec honneur, dignité et loyauté.

DCRP_MSECU

Révolution Progressiste Populaire: le congrès des anciens acteurs de la Révolution prévu, du 15 au 17 mai 2026

Le secrétaire général du Comité international Mémorial Thomas Sankara, Luc Damiba, était face à la presse, samedi 28 mars 2026, à Ouagadougou, pour annoncer le congrès révolutionnaire prévu se dérouler, du 15 au 17 mai 2026.

Le Comité international Mémorial Thomas Sankara a annoncé, le samedi 28 mars 2026, lors d’une conférence de presse, la tenue d’un congrès des anciens révolutionnaires, du 15 au 17 mai 2026. Cette rencontre va réunir les anciens pionniers, délégués CDR, Sofa, membres du Conseil national de la Révolution d’août 1983 ainsi que les gouvernements révolutionnaires. Il est placé sur le thème « Comment semer l’esprit de la Révolution au sein de la jeunesse et des peuples de la Confédération de l’AES ».

L’objectif de ce rassemblement selon les acteurs est de réactiver les valeurs d’audace, de discipline et de patriotisme qui ont fait la force de la RDP de 1983 à 1987 à la nouvelle génération. Les inscriptions sont ouvertes et se poursuivent jusqu’au 3 mai 2026 avec des contributions militantes de plus ou moins 15 000 FCFA. Le secrétaire général du CIMTS, Luc Damiba, a affirmé devant les journalistes que ce congrès n’est pas un simple pèlerinage nostalgique ni une commémoration passive mais plutôt un acte politique majeur visant à raviver la flamme de l’engagement, de l’intégrité et de souveraineté au service de la Révolution.

Conditions de participation

M. Damiba a également déclaré que la RPP est le prolongement de la RDP et que la proclamation de la RPP le 1er avril 2025 a mis le peuple en l’an V de la Révolution sankariste. Il a aussi salué le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré qui a bien voulu accepter de remette le pays sur les rails de la Révolution. Le SG du

CIMTS a lancé un appel à l’endroit de tous les anciens acteurs de la RDP tels que les pionniers, CDR, SOFA, UFB, UNAB, BPV, la jeunesse de l’AES et des régions du pays qui sont des soutiens fervents de la RPP et les sankaristes à se mobiliser. Il a souhaité également que par la solidarité, les participants puissent parrainer d’autres camarades qui n’ont pas des ressources nécessaires. M. Damiba a annoncé qu’une cérémonie militaire d’hommage au Président Thomas Sankara aura lieu, le jeudi 2 avril 2026, à partir de 14h, suivi d’une marche en soutien à la RPP et à l’AES.

Wanlé Gérard COULIBALY

Célestine KINI

(Stagiaire)

La Révolution en marche

A l’unanimité des 70 votants, les députés de l’Assemblée législative de Transition (ALT) ont adopté, le vendredi 27 mars 2026, la loi portant Charte de la Révolution. Par ce vote sans équivoque, les représentants du peuple ont apporté une pierre supplémentaire à l’édifice de la marche du Burkina Faso vers une refondation profonde de l’Etat et de ses institutions, inscrivant le pays dans une dynamique révolutionnaire assumée et structurée.

La nouvelle Charte de la Révolution se substitue ainsi à celle de la Transition, adoptée le 14 octobre 2022 et révisée le 25 mai 2024. Elle intègre les évolutions intervenues dans la conduite de l’Etat, notamment la dissolution des partis politiques et la nécessité d’adapter l’architecture institutionnelle aux exigences du moment.

Parmi les innovations majeures, l’on note la consécration juridique de la Révolution progressiste populaire (RPP), l’affirmation des valeurs de patriotisme, de souveraineté nationale et de défense de la patrie, ainsi que la réorganisation de l’organe législatif, désormais débarrassé de la composante « politique » pour prendre en compte les quatre nouvelles régions administratives.

La Charte introduit également une nouvelle dénomination des institutions, avec notamment l’Assemblée législative du peuple, traduisant ainsi une volonté d’ancrer davantage l’action publique dans les aspirations profondes des Burkinabè.

Concrètement, cette adoption constitue la suite logique de la proclamation, le 1er avril 2025, de la RPP par le Chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré. En effet, la Charte, tout comme l’Assemblée et le gouvernement, se voit désormais imprégnée d’une orientation résolument révolutionnaire. Cette dynamique se manifeste déjà dans la dénomination de certains départements ministériels, à l’image des ministères de la Construction de la patrie et des Serviteurs du peuple, qui traduisent une nouvelle philosophie de gouvernance fondée sur l’engagement, le sacrifice et la proximité avec les citoyens.

Mais une révolution ne saurait être uniquement institutionnelle. Elle appelle une adhésion populaire sincère et un véritable changement de mentalités. C’est dire qu’il revient à chaque Burkinabè de s’inscrire pleinement dans cette dynamique nouvelle. Abandonner les anciennes habitudes, parfois contraires à l’intérêt général, devient une exigence, tandis que la discipline, le patriotisme, la responsabilité et l’engagement citoyen s’imposent comme des devoirs.

Le Burkina Faso a amorcé, depuis peu, un tournant historique dans sa marche vers une souveraineté véritable et un développement endogène partagé. Certes, la Charte de la Révolution trace la voie, mais sa réussite dépendra de l’engagement collectif. Soutenir les actions entreprises, accompagner les réformes en cours et œuvrer à l’unité nationale sont autant de chantiers qui appellent à l’action. Car la Révolution commence d’abord dans les comportements et les actes de tous les jours.

Par Assetou BADOH