Cour des comptes : un espace dédié aux enfants du personnel inauguré

La Cour des comptes du Burkina a mis en service un espace pour les enfants du personnel, ce mardi 24 mars 2026, à Ouagadougou.

L’amélioration des conditions de travail de ses agents, en particulier des femmes tient à cœur à la Cour des comptes. C’est pourquoi, elle a inauguré un espace dédié spécialement aux enfants du personnel, mardi 24 mars 2026, à Ouagadougou.  Pour le président de la cour des comptes, Latin Poda, les femmes font face à beaucoup de réalités au travail.  Il a cité la présence des nourrissons dans les bureaux, des difficultés à gérer simultanément les obligations professionnelles et parentales.

Selon lui, la création de cet espace pour enfants, portée par la cellule genre de la cour, s’inscrit pleinement dans les priorités actuelles du gouvernement. Ces priorités, a-t-il souligné, sont entre autres, la promotion de l’égalité de chances entre les femmes et les hommes et la valorisation de la famille comme socle de cohésion sociale. L’installation de ces espaces répond à un besoin d’améliorer la performance au travail et la promotion du leadership féminin. Il a rappelé que cette inauguration intervient dans un contexte marqué par la célébration de la journée internationale des droits de la femme célébrée le 8 mars.

Quant au coordonnateur de la cellule genre de la Cour des comptes, Alphonse Naré, il a remercié les membres du bureau de l’institution pour la concrétisation de cette initiative. « La cellule genre par ma voix, vous traduit toute sa reconnaissance. Nous sommes persuadés qu’avec vous, la promotion du genre ne sera plus un défi à la Cour des comptes, mais plutôt un acquis », a-t-il dit.

La cérémonie d’inauguration a été placée sous la présidence de la ministre de la Famille et de la Solidarité nationale. Elle était représentée par Benjamin Ouédraogo. Il a estimé que l’initiative de la Cour des comptes va inspirer d’autres institutions publiques et privées à l’accompagnement des enfants de leurs travailleurs.

Adama SEDGO

Patricia TAONSGO

(Stagiaire)

Assemblée générale de Voix de Femmes : bilan satisfaisant et perspectives ambitieuses

L’ONG Voix de Femmes a tenu le 24 mars 2026, son assemblée générale annuelle, réunissant ses membres autour de l’examen et de la validation des rapports d’activités et financier de l’année 2025. Cette rencontre statutaire a permis de faire le point sur les actions menées et de dégager les perspectives pour les années à venir.

Les membres de l’ONG Voix de Femmes se sont reunis le mardi 24 mars 2026. C’était à l’occasion de leur Assemblée générale annuelle consacrée à l’examen et la validation des rapports d’activités et financier de l’année 2025.

Mariam Lamizana(milieu), Présidente de l’ONG Voix de Femmes « Une femme non indépendante sur le plan économique ne peut être épanouie ».

Selon la présidente de l’organisation, Mariam Lamizana, les rapports, une fois amendés et validés, feront l’objet d’un document définitif mis à la disposition des partenaires techniques et financiers ainsi que du grand public. Elle a salué les acquis enregistrés en 2025, notamment la forte visibilité de l’ONG grâce à l’organisation d’activités de communication et à l’élaboration d’une brochure informative.

Parmi les grandes satisfactions de l’année écoulée figure également la célébration du 25e anniversaire de Voix de Femmes, un événement marquant qui a mobilisé membres fondateurs et partenaires. Pour la première vice-présidente du conseil d’administration, Victoria Kibora Ouédraogo, cette commémoration témoigne de la résilience et de l’engagement de l’organisation au service des femmes.

Pour Victoria Kibora Ouédraogo, première vice-présidente du conseil d’administration, cette commémoration témoigne de la résilience et de l’engagement de l’organisation au service des femmes.

L’ONG poursuit également la mise en œuvre de plusieurs projets axés sur l’autonomisation économique des femmes. « Une femme non indépendante sur le plan économique ne peut être épanouie », a rappelé Mariam Lamizana. À cela s’ajoutent des actions continues de lutte contre les mutilations génitales féminines, ainsi que l’exploration de nouveaux axes d’intervention comme le contentieux stratégique.

Pour l’année 2026, l’organisation entend assurer la continuité de ses actions, tout en respectant ses obligations statutaires. Plusieurs projets sont en cours, tandis que d’autres arrivent à terme. De nouvelles opportunités de partenariats et des candidatures à des appels à projets sont également en préparation.

Au regard des résultats enregistrés en 2025, les responsables de Voix de Femmes se disent globalement satisfaits. Les activités prévues ont été réalisées et les bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction quant aux services offerts. L’ONG réaffirme ainsi sa volonté de poursuivre ses efforts en faveur du bien-être et de l’épanouissement des femmes.

Hubert Bado

𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐜𝐚𝐧𝐜𝐞𝐫 𝐚𝐮 𝐁𝐮𝐫𝐤𝐢𝐧𝐚 𝐅𝐚𝐬𝐨 : 𝐜𝐚𝐩 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐜𝐨𝐧𝐠𝐫𝐞̀𝐬 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐜𝐚𝐧𝐜𝐞́𝐫𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mardi 24 mars 2026 à Ouagadougou, une délégation de responsables de sociétés savantes engagées dans la lutte contre le cancer au Burkina Faso. Conduite par le Pr Nayi Zongo, président de la Société burkinabè de prévention et de chirurgie des cancers (SOBUPCCAN), la délégation comprenait également des membres de la Société burkinabè de radiothérapie oncologique (SOBURO). Les échanges ont porté sur l’état de la lutte contre le cancer au Burkina Faso ainsi que sur l’organisation du tout premier congrès national de cancérologie.

‎‎Au cours de l’audience, la délégation a exprimé au Premier ministre sa satisfaction pour les multiples efforts entrepris par le Gouvernement en faveur de l’accès des populations aux soins. Parmi les acquis majeurs, le Pr Nayi Zongo a cité la gratuité du dépistage, notamment des cancers féminins, renforcée par le déploiement de cliniques mobiles, ainsi que l’accès désormais effectif à la radiothérapie pour les patients burkinabè. À cela s’ajoutent les subventions pour les examens diagnostiques, ainsi que des investissements conséquents dans les infrastructures et les équipements de pointe.

‎‎À l’issue de la rencontre, le Pr Nayi Zongo, s’exprimant au nom des deux sociétés savantes, a salué l’opportunité d’échanger avec le Premier ministre. « Nous avons présenté nos sociétés savantes, fait le point de la lutte contre le cancer au Burkina Faso et exprimé notre souhait d’organiser le premier congrès national de cancérologie. Nous souhaitons que Son Excellence Monsieur le Premier ministre en soit le patron, afin de donner tout son sens à cet événement historique », a-t-il indiqué.

‎‎Le Premier ministre a rassuré la délégation de la poursuite des efforts du Gouvernement pour l’amélioration continue du plateau technique et du renforcement des compétences afin d’assurer aux populations une meilleure prise en charge sanitaire. Il a également salué l’esprit de collégialité entre les sociétés savantes et exprimé sa satisfaction pour la tenue du congrès.

‎Placée sous le thème « Souveraineté sanitaire et lutte contre le cancer dans un contexte de défi sécuritaire et humanitaire », cette rencontre scientifique vise à réunir l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre le cancer. Selon le Pr Zongo, l’objectif de cet évènement est d’harmoniser les approches et de renforcer les efforts déjà engagés par les pouvoirs publics. Ce congrès devrait également contribuer à améliorer la qualité du diagnostic et de la prise en charge des cancers, dans l’optique de réduire significativement la mortalité liée à cette maladie.

‎‎Faisant le point de la situation nationale, il a relevé des avancées notables enregistrées ces dernières années. Grâce aux actions conjuguées du Gouvernement et des spécialistes, le cancer est aujourd’hui mieux connu des populations, avec des progrès significatifs en matière de prévention et de traitement. Malgré ces avancées, des défis subsistent. Il s’agit notamment du renforcement de la formation des spécialistes afin de couvrir l’ensemble des régions sanitaires du pays, ainsi que de l’amélioration de l’accessibilité des équipements de prise en charge dans toutes les zones sanitaires.

‎‎Cette audience traduit ainsi la volonté des acteurs de la santé de fédérer les énergies autour d’une réponse nationale plus efficace contre le cancer, en phase avec les ambitions de souveraineté sanitaire du Burkina Faso.

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‎𝐃𝐂𝐑𝐏/𝐏𝐫𝐢𝐦𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞

 

Burkina Faso/Étalons A : le sélectionneur national des Étalons, Amir Abdou, a tenu à marquer son terrain, à travers une série de messages très claire, à l’occasion de la conférence de presse organisée le lundi 23 mars 2026, à Ouagadougou

Nous vous proposons quelques déclarations du sélectionneur national des Étalons, Amir Abdou :

  • « Le fonctionnement ici (Burkina Faso ndlr), il y a des fois où je ne prends pas un joueur parce que c’est le cousin de tel, son agent c’est l’agent de l’autre, il est sorti de mon académie, pourquoi il n’a pas été pris ? Moi je ne marche pas comme ça. Moi je n’ai pas d’amis. Moi je suis dans l’aspect où j’essaie d’être directif, je n’écoute rien, je n’écoute personne. Et sachez une chose, que vous pouvez m’approcher ou quoi que ce soit, je vais être poli avec vous. Mais ça s’arrête là. »

  • « Je ne suis pas là pour plaire aux gens. Je suis là pour travailler et personne ne peut influencer mes choix ; ni le président de la Fédération, ni le chargé à la Communication. Je ne convoque pas un joueur parce que son agent m’a appelé. L’équipe nationale se mérite ».

  • « Je vais essayer d’être droit. Si le joueur ne correspond pas au profil que je voulais, il repartira en club. Il ne faudra pas qu’il m’appelle pour me dire : coach, je n’ai pas été pris. Tu n’as pas été pris parce que tu n’as pas été bon ».

  • « On vient en sélection pour servir un drapeau, une patrie et des supporters, ce qui exige un sacrifice, de l’ego ».

  • « Il devrait avoir 26 joueurs, mais Faad Sana est parti avec le Togo, devrai. Il nous avait donné son accord, mais au dernier moment, il a changé de cap. Il a choisi de prendre la nationalité de sa mère, je lui souhaite bon vent ».

  • « J’ai parlé avec Ismaëlo Ganiou. Il m’a fait part des problématiques qu’il y a eues. Je lui ai dit que je passerais le voir à Lens. C’est un joueur qui, malheureusement, a choisi l’équipe de France U23. Je le respecte. Il n’est pas exclu qu’il puisse revenir avec la sélection. On va essayer de se voir à Lens, pour voir s’il y a une possibilité de retour. Je vais essayer de tout mettre en œuvre de façon à le faire revenir ici au pays. Ça ne va pas être facile, mais j’ai des arguments pour le faire revenir ».

  • « Je sais qu’il y a des journalistes à moitié « agents de joueurs ». Je vous dis la vérité. Je ne suis pas là pour faire plaisir aux gens. J’ai ma responsabilité. Je suis le sélectionneur, le dernier mot me revient ».

Propos recueillis par Sidwaya sport.

Gestion des carrières au ministère en charge de l’enseignement secondaire: près de 89% des dossiers déjà traités.

Le ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique a animé une conférence de presse sur la gestion de carrière de ses agents, lundi 23 mars 2026, à Ouagadougou. 

Le ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique enregistre des avancées significatives dans la gestion des carrières des agents du département, avec 30 360 dossiers traités sur 34 161, soit un taux d’exécution de 88,87% à la date du 21 mars 2026. C’est ce qui ressort de la conférence de presse, animée le lundi 23 mars 2026, à Ouagadougou par le ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle, Moumouni Zoungrana.

Face aux journalistes, le ministre chargé de l’Enseignement secondaire a indiqué que la gestion des dossiers du personnel constitue « le socle de la crédibilité de l’administration » et un élément clé dans la garantie des droits des agents. Il a assuré que son département, malgré un contexte marqué par des contraintes budgétaires et un déficit en ressources humaines spécialisées, a engagé des actions structurantes pour améliorer le traitement des dossiers et renforcer la transparence des procédures. Le ministre a expliqué avoir entamé des cadres de concertation, d’écoute et de dialogue, à travers plusieurs régions, afin de faire un diagnostic pour relever les défis majeurs du ministère, dès sa prise de fonction le 14 janvier 2026. De son avis, ces consultations ont permis d’identifier trois priorités majeures, notamment les équipements, le fonctionnement des services et la gestion des carrières.

S’agissant spécifiquement des carrières, un chronogramme de traitement des dossiers a été établi accompagné d’un outil de communication, notamment une application « DRH-MESFPT », afin de permettre aux agents de suivre de près l’évolution de leurs carrières. Cette plateforme qui combine réseaux sociaux et messagerie instantanée, a poursuivi M. Zoungrana enregistre déjà plusieurs milliers de documents administratifs en moins d’un mois d’expérimentation.

Assurer l’équité et la justice

Il a précisé que d’autres mesures ont été prises, à savoir l’ouverture d’un service solde propre au ministère, ainsi que la formation prochaine des responsables régionaux des ressources humaines pour rapprocher les services des usagers et désengorger le niveau central. Une opération dite « caisse vide » est également prévue pour apurer les dossiers restants d’ici fin avril 2026, a-t-il assuré.   

Le ministre Zoungrana a insisté aussi sur la nécessité d’assurer l’équité et la justice dans le traitement des dossiers. Il a instruit de prendre en compte les préoccupations spécifiques de certains corps, comme ceux des administrateurs des lycées et collèges, les agents de la vie scolaire et certains enseignants.

Tout en saluant l’accompagnement des autorités nationales et la solidarité gouvernementale, Moumouni Zoungrana a exprimé sa reconnaissance aux acteurs de l’éducation, en particulier ceux exerçant dans les zones à défi sécuritaire, pour leur engagement en faveur de la continuité du service éducatif.  il a appelé à la mobilisation collective, à la discipline et à l’intégrité pour bâtir une administration performante et une école capable de répondre aux enjeux de développement du Burkina Faso.

Répondant aux questions, Moumouni Zoungrana, a expliqué que l’application DRH-MESFPT vise à faciliter la gestion des dossiers administratifs des agents sans nécessiter obligatoirement une connexion internet, afin de réduire les difficultés autrefois vécues, notamment en zones rurales. Le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre les réformes dans la transparence, en restant à l’écoute des acteurs et en améliorant progressivement les conditions de travail, en matière d’équipements.    

Abdoulaye BALBONE

Ahmed Abdoul Aziz HEBIE

(Stagiaire)

Haïti : un combat difficile

En première ligne dans la lutte contre la violence des gangs en Haïti, la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMS), lancée en 2024 sous l’égide de l’ONU, n’exerce pas dans sa plénitude. Alors qu’elle est censée être composée de 2500 hommes, cette force comprend actuellement 1000 policiers kényans et des soldats jamaïcains. Cet effectif est loin de peser dans la balance face à des gangs puissants, qui contrôlent une grande partie de la capitale, Port-au-Prince. Si les promesses d’appui ne manquent pas, la MMS n’a pas encore tous les moyens humains et financiers, pour prétendre atteindre efficacement ses objectifs.

Des pays comme le Bénin, le Bangladesh et le Tchad ont annoncé un déploiement d’hommes qui tardent à voir le jour. Certes, le Tchad a confirmé son intention d’envoyer 800 hommes à Haiti d’ici juin 2026, mais encore faut-il voir l’effectivité de ce renfort pour apprécier.  S’il est le bienvenu, ce soutien tchadien ne suffira pas à combler les besoins d’effectifs. Il faut d’ailleurs craindre un recul total de la MMS, dans la mesure où le Kenya, qui assure actuellement la direction, envisage son retrait progressif. Cette mission d’appui à la sécurité, appelée à être remplacée par une brigade anti-gang, ne semble pas être promise à un bel avenir, malgré son importance. On se demande alors, pourquoi la communauté internationale a porté cette imitative à bout de bras, sans que les moyens pour son opérationnalisation complète ne suivent.

Dès sa création, la MMS a apporté une lueur d’espoir aux Haïtiens, qui n’en peuvent plus de subir la loi des groupes armés, mais  vu son évolution, il y a de quoi tempérer les ardeurs. La persistance de la violence des gangs exige pourtant d’énormes efforts et c’est en cela, que l’apport de la MMS parait déterminant. Le développement socioéconomique de ce pays des Caraïbes est compromis par les groupes armés, qui tuent, pillent et rackettent à tout va.  La sécurité s’est particulièrement dégradée, depuis juillet 2021, avec l’assassinat du Président Jovenel Moïse dans sa résidence privée. Plus de 15 000 morts ont été enregistrés depuis 2022, tandis que le nombre de déplacés a dépassé largement un million, de nos jours.  Haïti n‘est pas un havre de paix, alors que ses autorités entendent organiser des élections, cette année.

On pensait que l’aide de la communauté internationale allait permettre à ce pays de sortir du cycle infernal de la violence, mais c’est loin d’être le cas. La lutte contre l’insécurité demeure le plus gros défi de Haïti, qui semble condamner à occuper la Une de l’actualité, chaque fois, avec les violences des gangs, dont les accointances avec les hommes politiques n‘est manifestement pas une vue de l’esprit. Si le soutien de la communauté internationale est nécessaire, à ce stade de la situation, les Haïtiens sont les seuls à devoir trouver la solution à ce problème handicapant. Les autorités de l’île doivent œuvrer à asseoir un Etat plus fort, débarrassé de pratiques parfois mafieuses et propices à l’essor des gangs, et une société plus juste et saine.  Sans quoi, la violence ne fera que s’enraciner davantage, malgré les sacrifices consentis pour la contenir.  Haïti mérite mieux.  Haïti doit se réveiller et changer sa mauvaise réputation engendrée par les basses besognes des gangs.     

Kader Patrick KARANTAO

  

Transformation digitale et communications électroniques: un résultat jugé satisfaisant de plus de 85% pour 2025

Le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a tenu sa première session ordinaire du Conseil d’administration du secteur ministériel, lundi 23 mars 2026, à Ouagadougou.

Le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques veut évaluer les progrès réalisés, au cours de l’année 2025. Pour ce faire, les premiers responsables du département et des structures rattachées se sont réunis, lundi 23 mars 2026, à Ouagadougou pour faire le point de la mise en œuvre du plan de travail annuel arrêté au 31 décembre 2025. Selon la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo, l’année 2025 a été marquée par une amélioration significative de l’accès aux services numériques sur le territoire.

En effet, plus de 400 nouvelles localités ont été connectées pour la première fois, bénéficiant désormais de services de téléphonie et d’internet. Il s’agit pour elle, cette avancée s’inscrit dans la dynamique de réduction de la fracture numérique, notamment dans les zones dites « blanches ». Dans cette même logique, un projet ambitieux, a poursuivi la ministre, a été lancé pour assurer la couverture de 750 nouvelles localités supplémentaires, renforçant ainsi l’engagement des autorités à étendre l’accès aux communications électroniques. Parmi les réalisations majeures, figure l’achèvement de deux « Datacenter ».

Ces infrastructures stratégiques, pour elle, permettent désormais d’héberger les plateformes et les données sur le territoire national. Au-delà de ces chiffres, plusieurs acquis majeurs témoignent des avancées significatives enregistrées au cours de l’année 2025. Pour la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo, la consolidation du réseau informatique de l’administration s’est poursuivie avec l’interconnexion d’environ 100 nouveaux bâtiments administratifs. « Au cours de l’année 2025, 68 nouvelles procédures ont été engagées dans ce processus. A ce jour, 146 procédures sont déjà disponibles en ligne, permettant aux usagers d’accéder à des services publics à distance », a-t-elle soutenu.

La première responsable chargée des Communications électroniques a ajouté que plus de 270 procédures sont actuellement en cours de digitalisation. Dans le domaine de l’inclusion numérique et financière, la signature du contrat-plan entre l’Etat et la Poste a permis de repositionner la Poste-Burkina Faso comme un acteur majeur. Ce partenariat prévoit la mise en place de 20 « maisons du citoyen », destinées à offrir un accès aux services numériques, notamment dans les zones rurales. La ministre chargée de la Transition digitale a également relevé que l’année 2025 a été marquée par l’organisation réussie de la 20e édition de la Semaine du numérique, un événement majeur qui a mobilisé de nombreux acteurs du secteur. A la date du 31 décembre 2025, s’est-elle réjouie, le bilan global affiche un taux d’exécution de plus de 85 %, un résultat jugé satisfaisant.

Des insuffisances à corriger pour mieux avancer

Malgré ces avancées, certaines insuffisances ont été relevées. Cette session ordinaire, selon la ministre Aminata Zerbo, vise à les analyser en profondeur afin d’en tirer des leçons et d’améliorer la mise en œuvre des activités futures. Pour l’année 2026, elle a rappelé que l’objectif principal est de consolider les acquis tout en intensifiant les efforts pour la mise en œuvre des 12 chantiers majeurs de la transformation digitale à l’horizon 2030. Au nombre des projets phares figure la mise en place du système d’identification unique électronique des personnes, avec le lancement du processus d’enrôlement.

« Ce chantier avait connu des difficultés en 2025 en raison d’un appel d’offres infructueux. Toutefois, le processus de recrutement du prestataire est désormais en cours, laissant entrevoir une avancée significative dès 2026 », a-t-elle expliqué. Les efforts de couverture du territoire vont se poursuivre avec la concrétisation du projet concernant les 750 localités déjà identifiées en 2025. Pour la ministre, un second lot de 750 nouvelles localités sera lancé. Afin de doter l’administration d’une infrastructure moderne et performante, elle a annoncé que le gouvernement prévoit la construction d’un nouveau réseau.

Les études sont déjà en cours pour permettre le lancement des travaux dès 2026, avec l’objectif de soutenir efficacement la transformation digitale et la modernisation de l’Etat. Au regard des chantiers en cours et des défis à relever, la ministre Aminata Zerbo a lancé un appel à la mobilisation à l’ensemble des équipes impliquées. Car, a-t-elle souligné, les résultats obtenus en 2025 sont encourageants, mais les ambitions pour 2026 exigent un engagement accru afin d’atteindre les objectifs fixés.

Oumarou RABO

Institut supérieur de management de Koudougou: les relations internationales et la RPP au menu d’une conférence publique

L’Institut supérieur de management de Koudougou (ISMK) a organisé, le samedi 21 mars 2026, à Koudougou, une conférence publique sur le thème : « Relations internationales et Révolution progressiste populaire : Quel apport de la Présidence burkinabè à la Confédération des Etats du Sahel ? ».

Les relations internationales constituent un enjeu majeur pour les Etats du Sahel qui sont engagés dans une dynamique de rupture et de diversification de leurs partenariats dans leur politique de souveraineté. C’est dans cette dynamique que l’Institut supérieur de management de Koudougou a organisé, le samedi 21 mars 2026, à Koudougou, une conférence publique sur le thème : « Relations internationales et Révolution progressiste populaire : quel apport de la Présidence burkinabè à la Confédération des Etats du Sahel ? ». Dans sa communication, le conférencier, Dr Poussi Sawadogo, a décliné le thème sous trois axes, à savoir : comprendre les relations internationales, la Révolution progressiste populaire (RPP) pour un nouveau Burkina et la Présidence burkinabè dans la Confédération des Etats du Sahel en contexte de RPP pour une influence géopolitique sahélienne en Afrique et dans le monde.

S’agissant du premier point, le conférencier a souligné que le monde actuel est caractérisé par le réalisme politique, marqué par un jeu de rapports de force et d’intérêt. A l’écouter, l’Afrique reste une proie pour les prédateurs occidentaux, d’où la nécessité d’opérer une rupture dans les politiques de gouvernance. « Pour arriver à cela, il faut un Burkinabè nouveau et c’est pour ce changement que le chef de l’Etat a enclenché la RPP dans notre pays », a-t-il dit. Sur la question du nouveau Burkina, Dr Sawadogo a montré que le Burkina Faso est résolument engagé sur tous les plans à travers ses projets majeurs dans plusieurs secteurs, notamment les Initiatives présidentielles telles que Faso Mêbo, les chantiers miniers, les VDP et bien d’autres.

« Transformation géopolitique »

Enfin, pour l’influence géopolitique sahélienne, elle peut être constatée, d’après le conférencier, sur la défense et la sécurité avec la force unifiée dans la lutte contre le terrorisme, sur le développement avec la création d’une banque confédérale et la libre circulation des biens, sur la diplomatie avec la diversification des partenaires et la mise en place de médias régionaux. Selon la directrice générale de l’ISMK, Franceline Tiemtoré, l’ISMK entend contribuer dans ce contexte de profonde mutation à travers son Master en relations internationales en formant une nouvelle génération de cadres, aptes à analyser les enjeux globaux et à décrypter les mécanismes de la coopération internationale. «

L’organisation de cette conférence répond à une ambition claire : offrir un cadre d’échanges et de réflexions permettant à chaque étudiant, enseignant et professionnel de mieux appréhender les dynamiques internationales et régionales pour mieux mesurer le rôle que nous pouvons jouer individuellement et collectivement dans le développement de notre pays », a-t-elle fait savoir. Le patron de la cérémonie, le gouverneur de la région du Nando, Adama Jean Yves Béré, a salué l’Institut pour avoir initié un cadre de réflexion sur une question stratégique qu’est le rôle de la Présidence du Faso dans la Confédération des Etats du Sahel.

Il a ajouté que dans notre contexte marqué par des transformations géopolitiques et sécuritaires dans notre sous-région, il est essentiel que les institutions d’enseignement supérieur participent activement à la réflexion collective. « Les défis auxquels nous faisons face ne sont pas seulement d’ordre militaire, économique et politique, ils relèvent aussi de la recherche scientifique », a souligné M. Béré. De l’avis du représentant du chargé de missions de la Présidence du Faso dans la région du Nando, Moïse Kiendrebeogo, par ailleurs, président de la cérémonie, cette initiative doit inspirer les autres universités à emboîter le pas. « C’est l’arme intellectuelle qui permettra de décoloniser les mentalités », a-t-il ajouté.

Beyon Romain NEBIE

Didier OUEDRAOGO

(Stagiaire)

Légende :

1-Le gouverneur de la région de Nando, Adama Jean Yves Béré, a salué l’Institut pour avoir initié un cadre de réflexion sur une question stratégique qui est le rôle de la Présidence du Faso dans la Confédération des Etats du Sahel.

2-Le conférencier, Dr Poussi Sawadogo: « pour arriver à cela, il faut un Burkinabè nouveau et c’est pour ce changement que le chef de l’Etat a enclenché la RPP dans notre pays ».

3-La directrice générale de l’ISMK, Franceline Tiemtoré, l’ISMK entend contribuer dans ce contexte de profonde mutation à travers son Master en relations internationales.

4- Plusieurs personnalités locales ainsi que les étudiants étaient mobilisés pour la conférence.

Voir ph dossier RPP………Mac Lazare

Coopération multilatérale: l’UICN veut aligner ses interventions au Burkina sur les priorités nationales

Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré et le ministre délégué, Bêbgnasgnan Stella Eldine Kabré ont reçu en audience, le jeudi 19 mars dernier, le directeur régional du Programme Afrique centrale et occidentale de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), Pr Aimé Joseph Nianogo.

Il s’agit d’une visite de courtoisie au chef de la diplomatie burkinabè pour réaffirmer l’engagement de l’Organisation internationale à accompagner les actions de développement impulsées par les autorités nationales.

A l’occasion, le directeur régional de l’UICN dit avoir pris connaissance des nouvelles orientations du gouvernement, ce qui permettra d’aligner les interventions de l’organisation sur le plan national de développement, en matière de protection de l’environnement, de préservation de la biodiversité et de résilience face aux changements climatiques, avec pour priorité le bien-être des communautés bénéficiaires. « Notre rôle c’est de nous rapprocher des communautés. Il est nécessaire de nous enquérir des priorités avec les structures gouvernementales et les services techniques, pour pouvoir adapter nos actions. Si celles-ci correspondent aux orientations gouvernementales nous aurons de l’appui pour leur mise en œuvre », a-t-il expliqué.

Le ministre des Affaires étrangères a dit son appréciation du travail mené par l’UICN dans le domaine de l’environnement, tout en saluant la proximité de l’Organisation avec les acteurs gouvernementaux et les communautés. Pour Karamoko Jean Marie Traoré, il y a un grand potentiel dans le secteur de l’environnement qui mérite d’être davantage valorisé à travers tous les maillons de la chaîne. Il a par conséquent encouragé l’UICN à œuvrer dans ce sens, tout en mettant l’accent sur les capacités endogènes.

Du reste, le chef de la diplomatie burkinabè a marqué la disponibilité des acteurs de son département, à avoir une collaboration plus renforcée avec les structures gouvernementales et les organisations telles que l’UICN, dans le sens de relever les défis dans le domaine de l’environnement. Présente au Burkina Faso depuis une trentaine d’années, l’Union internationale pour la conservation de la nature intervient aux côtés du gouvernement pour la protection de l’environnement, la conservation de la biodiversité et la promotion du développement durable et équitable. L’IUCN intervient notamment dans plusieurs régions du pays, en soutenant les activités socioéconomiques des paysans telles que le financement du maraîchage et l’organisation des foires pour l’écoulement des spéculations des bénéficiaires dont 80% sont des femmes.

DCRP/MAE

Dr Daniel Valea : « L’usage excessif des antibiotiques constitue un facteur majeur de la résistance antimicrobienne »

Dr Daniel Valea est chercheur à l’Unité de recherche clinique de Nanoro (URCN). Problème de santé publique majeur, il nous révèle dans cette interview accordée à Sidwaya, les causes, conséquences…de la Résistance antimicrobienne (RAM). Egalement, le chercheur nous parle des conclusions de son étude sur la RAM et des solutions pour y remédier.

Sidwaya(S) : Qu’entend-on par résistance antimicrobienne ?

Daniel Valea (D.V) : La Résistance antimicrobienne (RAM) est le phénomène par lequel des microorganismes (bactéries, virus, champignons ou parasites) ne répondent plus aux médicaments auxquels ils étaient auparavant sensibles. Cela rend les infections plus difficiles, voire impossibles à traiter, augmentant ainsi la propagation des maladies, leur gravité et le risque de décès. Lorsque la Résistance aux antimicrobiens (RAM) désigne spécifiquement la résistance des bactéries aux antibiotiques, on parle de résistance aux antibiotiques.

S : Qu’est ce qui peut expliquer la survenue de cette résistance aux antimicrobiens ?

D.V : La résistance trouve son origine dans des mutations chromosomiques, résultant d’erreurs spontanées lors de la réplication de l’ADN. Toutefois, la pression sélective exercée par l’usage inapproprié et excessif des antibiotiques favorise fortement la sélection de ces souches résistantes, conduisant à leur prédominance. Par ailleurs, le matériel génétique conférant la résistance peut être transmis d’une bactérie mère à une bactérie fille, un mécanisme qualifié de transmission verticale. Cette transmission peut également être horizontale, par transfert direct de matériel génétique d’une bactérie résistante vers une autre, indépendamment de tout lien de parenté entre les deux

S : Chez l’Homme quelles peuvent être les causes de cette capacité des microbes à résister aux médicaments censés les tuer ou les contrôler ?

D.V : Comme déjà mentionné dans notre réponse précédente, l’usage inapproprié et excessif des antibiotiques constituent un facteur majeur, mais les mauvaises conditions d’hygiène jouent également un rôle déterminant dans la transmission des bactéries résistantes.

Ce point mérite une attention particulière, car en l’absence de conditions d’hygiène adéquates, une personne peut être colonisée ou infectée par une bactérie résistante, même sans avoir jamais pris d’antibiotiques. Ce qui fait que la lutte contre la résistance antimicrobienne doit donc être envisagée davantage à l’échelle communautaire qu’individuelle.

S : La résistance antimicrobienne est -elle grave pour la santé humaine et pourquoi ?

D.V : Oui, c’est l’une des plus grandes menaces pour la santé publique mondiale. Par exemple en 2021, la RAM bactérienne a été associée à environ 4,71 millions de décès dans le monde. Elle entraîne une augmentation des coûts de santé et une mortalité élevée due à l’échec des traitements standards.

S : De façon générale quelle est la situation au Burkina Faso ?

D.V : Il faut noter qu’il y a eu une croissance des infections dues aux bactéries résistantes ces dix dernières années. Cela a été observé dans le district sanitaire de Nanoro, mais aussi à travers les chiffres rapportés par les hôpitaux des grandes villes telles que Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

S : Vous et votre équipe de l’Unité de recherche clinique de Nanoro (URCN) aviez mené une étude sur la résistance antimicrobienne en rural au Burkina précisément à Nanoro. Pourquoi cette localité ?

D.V : Il convient de souligner que le contexte rural a été très peu exploré dans ce type d’études, ce qui a motivé le choix du site de Nanoro. Par ailleurs, les plateformes mises à disposition par l’unité de recherche clinique nous ont permis d’atteindre les objectifs escomptés, notamment grâce à une base d’échantillonnage exhaustive pour la sélection aléatoire des participants via son système de surveillance démographique et de santé, un laboratoire de microbiologie disposant d’une équipe expérimentée dans ce type de travaux, ainsi qu’une équipe pluridisciplinaire composée d’épidémiologistes, de biologistes et de spécialistes des sciences sociales.

S : Quelle a été la période de l’étude et personnes concernées (nombre, âge, sexe) ?

D.V : L’étude a été conduite entre mai 2021 et mai 2022 et a porté sur des personnes de tous âges, sans distinction de sexe.

S : Quelles sont les conclusions auxquelles vous êtes parvenus au terme de vos recherches ?

D.V : Une forte prévalence (plus de 61 %) de la colonisation par des bactéries résistantes (Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae productrices de bêta-lactamases à spectre étendu) a été observée. Cette colonisation est significativement plus élevée lorsque les conditions d’hygiène ne sont pas réunies. Elle constitue ainsi un important réservoir favorisant les infections acquises dans la communauté par des souches bactériennes d’emblée résistantes, donc difficiles à traiter. L’ampleur de ce réservoir pourrait expliquer l’augmentation observée au cours des dix dernières années de ce type d’infections.

S : Selon vos résultats, 61 % des personnes portent ces bactéries résistantes. Qu’est ce qui peut expliquer cette proportion aussi élevée ?

D.V : L’utilisation excessive et inappropriée des antibiotiques a favorisé la sélection de ces souches bactériennes résistantes (Cette utilisation inadaptée des antibiotiques a été mise en évidence dans une autre étude que nous avions menée dans la même zone de Nanoro https://academic.oup.com/jac/article/79/10/2534/7720778?login=false. A cette utilisation inappropriée se sont ajoutées des conditions d’hygiène insuffisantes qui ont facilité la transmission et conduit à la forte prévalence de colonisation que nous observons.

S : Selon l’étude, ce niveau est trois fois plus élevé que celui qui avait été observé, il y a dix ans à Bobo-Dioulasso et bien plus élevé qu’en Europe. Comment est-on arrivé à cette situation ?

D.V : En Europe, les taux relativement faibles (3,7 % à 7,3 %) pourraient s’expliquer par une réglementation stricte de l’utilisation des antibiotiques ainsi que par de meilleures infrastructures d’assainissement. Dans nos contextes, le problème est d’origine multifactorielle et associe l’augmentation de l’usage des antibiotiques, facilitée par leur vente libre sans prescription préalable, le manque d’outils d’aide au diagnostic pour optimiser la prescription dans les centres de santé, ainsi que les conditions d’hygiène prévalentes.

S : Aussi, selon l’étude, plus de 65 % de ces bactéries sont également résistantes même à la ciprofloxacine, réduisant davantage les options thérapeutiques par voie orale de certaines pathologies assez courantes comme les infections urinaires. Pourquoi, cette résistance à ce médicament et la difficulté de traiter les infections urinaires ?

D.V : Les gènes de résistance aux bêta-lactamines que nous avons identifié étaient presque tous portés par des plasmides (qui sont de petites molécules d’ADN circulaire). Le plus souvent, ces plasmides qui portent ces gènes de résistance au bêta-lactamines portent concomitamment d’autres gènes de résistance, comme ceux de la résistance aux fluoroquinolones (les fluoroquinolones sont considérées comme les antibiotiques de choix pour le traitement des infections urinaires). Cette co-localisation confère aux bactéries une capacité de multirésistance, c’est-à-dire une résistance simultanée à plusieurs classes d’antibiotiques, limitant ainsi considérablement les options thérapeutiques disponibles.

S : Outres les infections urinaires, quelles sont les autres pathologies dont les options thérapeutiques sont-elles réduites par ces bactéries ?

D.V : Outre les infections urinaires, on retrouve également les infections du tractus digestif et les sepsis. Il convient de souligner que Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae figurent parmi les principales causes de sepsis et de mortalité associée à la résistance aux antimicrobiens.

S : Peut-on dire que ces résultats de Nanoro reflètent la réalité de cette résistance aux antimicrobiens dans plusieurs localités du pays ?

D.V : Nous pensons que les comportements de recours aux soins entraînant la prise d’antibiotiques, ainsi que les conditions et pratiques d’hygiène, peuvent légèrement différer entre les milieux urbain et rural. Cependant, l’assainissement légèrement meilleur en milieu urbain pourrait être compensé par une utilisation plus élevée des antibiotiques (plus grande disponibilité des points de vente favorisant l’automédication, une pression de demande d’antibiotique plus forte des patients sur les professionnels de santé, …) Ce qui pourrait expliquer que des taux similaires soient observés si une étude comparative était menée.

S : Selon l’étude, toujours plus de 6 personnes sur 10, pourtant en bonne santé, portent dans leur intestin des bactéries très résistantes aux antibiotiques. Au regard de ce résultat, chaque citoyen bien qu’étant dans des localités diverses ne doit-il pas craindre pour sa santé ?

D.V : Comme indiqué précédemment, les contextes sont globalement similaires dans les zones rurales du Burkina Faso et présentent quelques différences en milieu urbain, sans toutefois exclure une probabilité élevée de colonisation dans ces environnements également. Il apparaît donc nécessaire d’adopter des comportements responsables afin de limiter la propagation et de réduire l’ampleur de ce réservoir.

S : Au regard de ces chiffres alarmants, doit-on se méfier ou modérer la prise des antibiotiques dans les traitements médicamenteux ?

D.V : Absolument. Il est essentiel de réduire la pression de sélection, d’une part en limitant l’automédication et, d’autre part, en améliorant les outils diagnostiques dans nos centres de santé. Cela permettra de mieux distinguer les infections d’origine bactérienne probable de celles qui ne le sont pas, conduisant ainsi à une prescription plus optimale par les agents de santé.

S : Alors qu’est-ce que l’étude recommande pour éviter cette résistance et préserver davantage la santé humaine ?

D.V : Pour éviter cette résistance, il faut réglementer strictement la vente des antibiotiques, ce qui réduira considérablement l’automédication. Il faut doter nos centres de santé d’outils d’aide au diagnostic et former nos agents de santé au diagnostic différentiel (distinguer virus et bactéries) pour éviter les prescriptions non nécessaires. Il faut améliorer l’hygiène et l’assainissement et mettre en place une surveillance régulière afin de suivre l’évolution de la résistance aux antimicrobiens au sein de la communauté et des établissements de santé. Cette surveillance permettrait d’orienter des interventions rapides et ciblées pour en limiter la propagation.

S : Un message à la population pour éviter les conséquences néfastes de cette résistance antimicrobienne pour la santé humaine ?

D.V : Il convient de noter que les personnes colonisées sont plus susceptibles de développer des infections dues à ces bactéries résistantes que celles qui ne le sont pas. Afin de prévenir cette colonisation, il est essentiel d’adopter des comportements responsables, tant en matière d’utilisation des antibiotiques que de pratiques d’hygiène, comme indiqué précédemment.

Interview réalisée par Abdel Aziz NABALOUM

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