Guerre au Moyen-Orient: le ministre des Affaires étrangères s’imprègne de la situation des compatriotes dans les pays du Golfe

Le ministre des Affaires étrangères, entouré de ses proches collaborateurs, a présidé dans l’après-midi, du mardi 10 mars 2026, une rencontre par visioconférence avec les chefs des Missions diplomatiques et Postes consulaires du Burkina Faso installés dans les pays du Golfe.

Il s’agit notamment des représentations diplomatiques en République islamique d’Iran, au Qatar, aux Emirats arabes unis, au Royaume d’Arabie saoudite, en Türkiye et au Koweit. Cette rencontre tenue sous les orientations du président du Faso et la coordination du Premier ministre, avait pour objectif de faire le point de la situation actuelle dans les juridictions diplomatiques touchées par la crise en Iran. Il s’agissait de s’enquérir de la situation des ressortissants burkinabè dans ces pays affectés par la guerre, d’échanger sur les dispositions prises dans chaque juridiction et de donner des orientations pour assurer la continuité des activités des MDPC et garantir la sécurité des ressortissants.

Des échanges, il ressort que dans l’ensemble, la situation des juridictions diplomatiques et des ressortissants est bien suivie avec une concertation régulière avec les pays accréditaires. Dès les premières alertes, des dispositions ont été prises par les ambassades à Téhéran et à Ankara, avec le soutien des Etats accréditaires et des autorités nationales pour garantir la sécurité des ressortissants burkinabè dans les zones de conflits. Malgré la coupure de l’internet dans certaines zones, des mécanismes de communications ont été mis en place par les représentations diplomatiques burkinabè, pour régulièrement informer les compatriotes sur la conduite à tenir et sur les consignes de sécurité édictées par les pays d’accueil.

Après avoir pris connaissance de la situation, le ministre des Affaires étrangères a instruit les ambassadeurs et Consuls généraux d’exprimer le soutien et la compassion du gouvernement aux membres de leurs juridictions. « A vos communautés, montrez qu’elles ne sont pas oubliées et qu’elles sont au cœur de nos préoccupations en cette période difficile », a souligné Karamoko Jean Marie Traoré. Saluant la disponibilité des pays d’accueil qui ont pris des mesures pour rassurer les communautés étrangères, le ministre Traoré et la ministre déléguée ont félicité les chefs des Missions diplomatiques et Postes consulaires, pour la diligence et l’engagement dans la gestion de leurs juridictions et des compatriotes durant cette période difficile.

Ils les ont encouragés à maintenir l’élan, tout en faisant preuve de prudence et de respect des consignes sécuritaires édictées par les autorités de leurs pays d’accueil. Le ministre des Affaires étrangères a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de maintenir et de renforcer la proximité et la communication avec les compatriotes, en les invitant à toujours aller aux sources officielles pour les besoins d’informations, notamment sur le respect des consignes sécuritaires. Au terme de la rencontre, le chef de la diplomatie burkinabè a émis le vœu, que toutes les parties prenantes de ce conflit puissent revenir autour de la table de négociations pour un retour rapide à la paix.

DCRP/MAE

 

 

Filière lait au Burkina: le ministre Sombié réceptionne 710 vaches de races performantes

Le ministre d’Etat, ministre chargé des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a receptionné et lancé l’opération de diffusion de 710 vaches brésiliennes gestantes de races performantes , le mercredi 11 mars 2026, à Loumbila. Cette initiative vise à renforcer le potentiel génétique du cheptel national et à réduire les importations de produits laitiers, estimées à près de 20 milliards F CFA par an.

Le Burkina Faso veut désormais compter davantage sur sa propre production laitière. A cet effet, les autorités ont importé du Brésil, un lot de vaches gestantes de races performantes. Ces bêtes ont été réceptionnées, mercredi 11 mars 2026, à Loumbila, par le ministre d’Etat, ministre chargé des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, qui les a, par la même occasion, remises aux bénéficiaires. Au total, il s’agit de 710 vaches de cinq races reconnues pour leurs performances laitières et leur adaptabilité aux conditions climatiques. Ce sont 30 têtes de la Holstein, 430 de la Girolando, 100 de la Guzerat, 50 de la Gir et 100 de la Nelore.

Arrivées au Burkina Faso, le 24 février 2026, ces vaches ont été placées en quarantaine durant deux semaines afin de garantir leur état sanitaire et leur capacité d’adaptation. Selon le directeur général du Centre de promotion de l’aviculture et de multiplication des animaux performants (CPAMAP), Ardjouma Sirima, cette phase d’observation a permis de vérifier la conformité des documents sanitaires délivrés au Brésil et de suivre l’adaptation des animaux à leur nouvel environnement.

« Les animaux ont été observés pendant toute la période de quarantaine, notamment en ce qui concerne leur état sanitaire, leur adaptation et leur appétence pour les aliments disponibles localement. Nous avons effectué des prélèvements pour nous assurer que les rapports sanitaires fournis par le Brésil correspondent à la réalité », a-t-il expliqué.

Les races sélectionnées présentent des performances laitières importantes. Selon M. Sirima, ces vaches peuvent produire entre 15 et 40 litres de lait par jour, selon les conditions d’élevage et d’alimentation.

Pour le ministre d’Etat Ismaël Sombié, cette initiative constitue un levier pour renforcer la souveraineté alimentaire du Burkina Faso et réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations de produits laitiers. «Nous voulons réduire notre dépendance vis-à-vis de l’importation des produits laitiers qui s’élève autour de 20 milliards F CFA par an. C’est une sortie importante de devises », a-t-il indiqué.

Selon les projections du ministère, la première année devrait permettre d’atteindre une production d’environ 1,2 million de litres de lait. A l’horizon de 5 ans, cette production pourrait être multipliée par trois grâce à l’amélioration génétique du cheptel.

Le ministre Sombié a également rappelé que cette initiative s’inscrit dans un dispositif plus large de structuration de la filière bétail-lait-viande. En amont, plusieurs infrastructures ont été mises en place pour soutenir la production.

« Nous avons pris toutes les dispositions structurelles nécessaires, notamment avec la création d’unités de production d’aliments pour bétail comme Faso Guulgo, d’unités de transformation de lait comme Faso Kossam, ainsi que des laboratoires pour le diagnostic et la santé animale. Une centrale d’achat de médicaments vétérinaires a également été mise en place », a-t-il expliqué. Selon lui, cette architecture a pour seul but de permettre aux éleveurs de mieux prendre en charge les animaux.

Le commandant Sombié a appelé les bénéficiaires à prendre soin de ces animaux qu’il a qualifiés de « vaches de haute gamme ». Il a insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux en matière d’alimentation, de conditions d’élevage et de soins vétérinaires. « Quand on achète un véhicule à 20 millions F CFA, on ne l’entretient pas comme un véhicule à un million. Considérez ces animaux comme des animaux de haute gamme, de luxe qui vous sont mis à disposition à prix subventionné. Il faut les entretenir avec sérieux », a-t-il exhorté.

Booster la production laitière

Le ministre d’Etat chargé des Ressources animales et halieutiques, Ismaël Sombié : « nous voulons réduire notre dépendance vis-à-vis de l’importation des produits laitiers ».

Du côté des producteurs, l’initiative est saluée comme une opportunité majeure pour développer la production laitière nationale. Le président de l’interprofession des producteurs de lait, Kisswensida Nour Al-Ayatt Ouédraogo, a exprimé sa gratitude aux autorités burkinabè « Depuis une vingtaine d’années, nous cherchions à acquérir des animaux performants. Plusieurs producteurs ont tenté d’en importer, mais les coûts étaient très élevés. Aujourd’hui , c’est du concret », a-t-il déclaré.

Selon lui, les producteurs disposent déjà d’une capacité de collecte estimée à environ 4 millions de litres de lait par an, ce qui laisse entrevoir de fortes perspectives de croissance.

« Nous allons prouver que nous sommes capables de produire en quantité et en qualité. C’est aussi une question de souveraineté. Vu le besoin en matière de quantité de lait, dans les unités de transformation, cette initiative va booster la production laitière. Ce sont des animaux déjà gestants. Nous verrons leur potentiel dans les mois à venir. », a-t-il affirmé.

Les bénéficiaires directs partagent cet enthousiasme. Eleveuse, Aïssata Naon, a expliqué que l’arrivée de ces vaches performantes devrait permettre d’augmenter significativement sa production.

« Nous produisions environ 100 litres de lait par jour. Avec ces nouvelles vaches, nous espérons atteindre entre 200 et 300 litres par jour », a-t-elle indiqué.

La présente opération s’inscrit également dans le cadre du renforcement de la coopération entre le Burkina Faso et le Brésil. Selon la ministre conseillère, Cláudia Assaf, chargée d’Affaires de l’ambassade du Brésil au Burkina Faso, le projet découle de la participation du Burkina au deuxième dialogue Brésil-Afrique tenu en mai 2025. «Cette initiative concrétise un partenariat visant à améliorer la qualité du cheptel bovin et la production de lait au Burkina Faso. Nous espérons qu’elle ouvrira la voie à d’autres collaborations au service de la prospérité et du développement du pays », a-t-elle souligné.

Pour les autorités burkinabè, cette première phase pourrait être suivie d’autres opérations dans les mois à venir, avec l’ambition de faire de l’élevage un moteur majeur de développement économique et de sécurité alimentaire au Burkina Faso.

Djakaridia SIRIBIE 

Action humanitaire: le HCR salue l’approche du Gouvernement burkinabè

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mercredi 11 mars 2026 à Ouagadougou, une délégation du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). La délégation était conduite par la Haute Commissaire assistante chargée de la protection, Mme Ruven Menikdiwela. Les échanges ont porté sur les actions menées par le HCR en appui aux efforts du Gouvernement burkinabè.

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‎Le Premier ministre a salué l’engagement du HCR aux côtés du Gouvernement en faveur des populations affectées par la crise humanitaire. Il a toutefois souligné que la vision du Gouvernement est d’aller au-delà de la logique d’assistance pour privilégier des actions de relèvement et d’autonomisation des populations concernées.
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‎« Nous ne nous inscrivons pas dans une logique d’assistance permanente. Notre ambition est d’accompagner les populations vers l’autonomie et la reconstruction de leurs moyens d’existence », a-t-il déclaré.
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‎Le Chef du Gouvernement a, à cette occasion, invité le HCR ainsi que l’ensemble des partenaires humanitaires à s’inscrire dans cette dynamique et à se conformer aux nouvelles réformes engagées pour assainir le secteur de l’humanitaire.
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‎« Nous ne sommes pas dans une politique de tyrannie contre les ONG, mais nous restons fermes sur le principe de transparence dans les activités des partenaires », a-t-il insisté.


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‎À l’issue de l’audience, Mme Ruven Menikdiwela a indiqué que cette rencontre a constitué une occasion importante pour réaffirmer l’engagement du HCR à aligner ses programmes sur les priorités définies par le Gouvernement burkinabè.
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‎Elle a également évoqué sa récente visite dans la ville de Kaya, où elle a pu constater les initiatives économiques portées par des femmes déplacées internes, notamment dans les activités commerciales et la vente de produits à travers des plateformes numériques.
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‎« C’est vraiment impressionnant de voir la détermination et la résilience des personnes que nous avons rencontrées. Elles ont une volonté absolue de reconstruire leur vie là où elles se trouvent », a-t-elle souligné.
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‎Pour l’avenir, le HCR entend poursuivre et renforcer ses programmes au Burkina Faso, avec un accent particulier sur l’autonomie économique, sociale et juridique des personnes déplacées, des réfugiés et des communautés hôtes, afin de favoriser une reconstruction durable des moyens de subsistance.
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‎𝐃𝐂𝐑𝐏/𝐏𝐫𝐢𝐦𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞

Reconquête du territoire : des PDI retournées sur le front de la souveraineté alimentaire dans les Koulsé

A la faveur de la mise en œuvre de l’Offensive agropastorale et halieutique, la campagne sèche 2025-2026 s’annonce prometteuse dans la région des Koulsé. Majoritairement, des Personnes déplacées internes (PDI) retournées dans leurs villages d’origine, les producteurs ont emblavé 250 hectares de pomme de terre et 30 hectares de blé, avec une production attendue de 7 500 tonnes de tubercules comestibles et 75 à 90 tonnes
de blé. Du 10 au 15 février 2026, Sidwaya est allé à la rencontre des PDI retournées des communes de Kaya, Mané et Barsalogho et engagées sur le front de l’atteinte de la souveraineté alimentaire.

Kuilbo (nom d’emprunt). Village résilient de la commune de Kaya ! Cette bourgade est une référence en matière de production de la pomme de terre. Une nouvelle journée pleine d’espoir vient de se lever sur le périmètre maraicher de la localité. 10h46mn. En cette matinée du dimanche 15 février 2026, le soleil commence à distiller ses rayons sur les 200 hectares (ha) de pomme de terre emblavés pour cette campagne sèche. Selon le chef de Zone d’appui technique (ZAT) de la commune de Kaya, B.S., le rendement attendu varie entre 6 000 à 7 000 tonnes (t), soit 30 à 35 t par ha.

Nous sommes sur le site de trois ha de pomme de terre d’une association exploité par 30 femmes constituées de populations-hôtes et de Personnes déplacées internes (PDI). Un vent frais vacille, dans tous les sens, les feuilles des cultures en phase de maturité. Coup d’essai, coup de maître, après 90 jours de durs labeurs. Pendant que les adolescents, daba en main, déterrent les tubercules comestibles, les femmes s’attèlent à leur ramassage pour les stocker sous un hangar, sous l’œil vigilant des hommes. La joie se lit sur tous les visages. L’espoir renaît ! C’est une reconstruction d’une vie socioéconomique longtemps éprouvée par la crise sécuritaire. Le relèvement bat son plein dans ce hameau malmené, à maintes reprises, par des incursions des « gens de la brousse ».

Voile solidement noué à la tête, filiforme, teint noir, daba en main, la présidente de l’association, H.S., annonce que sa structure associative espère moissonner 35 t/ha. « La faim est derrière nous ! », lance-t-elle, avec un sourire aux lèvres. Selon la multipare (6 enfants), le chiffre d’affaires peut atteindre 5 millions F CFA.
Dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique, ces braves femmes ont reçu du soutien du Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel (PCRSS) qui leur a offert gracieusement 5 sacs de 100 kg de semences de pomme de terre et 30 sacs de 50 kg d’engrais, selon M.O., mère de sept enfants et PDI retournée depuis l’installation de la saison humide.

A l’écouter, la culture de la pomme de terre permet d’assurer la ration alimentaire de leurs familles, d’honorer la scolarité, les soins et l’habillement de leurs progénitures. Discrète, R.S, 60 ans, ajoute que les pourront reconstituer leurs cheptels emportés par les forces du mal avec les revenus de leurs cultures. Elle a aussi été contrainte de trouver refuge à Kaya durant quelques temps avant de regagner son village d’origine l’année dernière, suite au travail titanesque des forces combattantes.

Grâce à ces cultures de contre-saison, ces entrepreneuses agricoles participent désormais aux charges familiales. « Nous résolvons les dépenses familiales pouvant aller à 10 000 F CFA sans l’intervention de nos maris … », se réjouit la sexagénaire R.S. Selon la présidente de l’ANK, les cultures de rente leur épargnent de l’oisiveté durant la campagne sèche tout en contribuant au développement de l’économie locale.

Vers un champ-école de blé

Avec 250 ha emblavés, 7 500 t de pomme de terre sont attendues pour
cette campagne sèche dans la région.

Selon la cheffe de l’Unité d’animation technique (UAT), S.K., quatre variétés de pomme de terre sont produites sur le site de Kuilbo, à savoir les variétés Elbeida (150 ha), Spunta (30 ha), Nadia (10 ha) et Panini (4 ha). Dans le cadre de la mise en œuvre de l’OAH, poursuit-elle, le PCRSS a offert gracieusement aux producteurs 32 t d’engrais NPK, 15,7 t d’urée et de 1,5 t de semences de pomme de terre. L’Etat les a aussi soutenus à coût subventionné de 7 t de pomme de terre à raison de 35 000 F CFA le kit de 100 kg) et 7 t d’engrais au prix de 12 000 F CFA le sac de 50 kg pour les petits producteurs et 15 000 F CFA le sac pour les grands producteurs.

A écouter le chef ZAT, B.S., pour cette campagne sèche, au total 205 ha de pomme de terre sont produits dans cinq localités de la commune de Kaya dont 200 ha à Kuilbo et 2,5 ha à Zoro (nom d’emprunt). A Zoro, des PDI retournées excellent dans la production du blé. Reconquise et consolidée depuis 3 ans par les forces combattantes, cette bourgade est une référence en matière de production des cultures maraichères grâce à un lac de la province de Sandbondtenga (Kaya). Nous sommes sur le site de blé de trois ha exploités par 52 femmes dont sept PDI résidant à Kaya. 10h11mn.

En cette matinée du mercredi 11 février 2026, nous assistons à une visite commentée organisée au profit des élèves de l’école primaire publique de Zoro rouverte. Après une brève présentation du blé, sous un tamarinier, les écoliers envahissent le champ de cette culture autrefois considérée comme inconvenable au Burkina. Objectif : découvrir le « boulgour » longtemps consommé dans les cantines scolaires. Au tour d’une parcelle, le chef de l’UAT du village, M.S., dirige les échanges. Avez-vous déjà vu le blé ? « Non, si ce n’est pas aujourd’hui », réplique la majorité des visiteurs.

Quelle est son utilité ? « Pour manger : préparer la bouillie, faire la farine de gâteau, pain, biscuit, spaghetti … », se précipitent-ils de répondre. Plusieurs questions ont été posées au chef UAT. Dans son développement, il signifie que le blé a un cycle de 90 jours de production et est cultivé en saison sèche et en période de fraicheur (novembre). Selon le technicien, un ha de blé nécessite 3 sacs de 50 kg d’urée, 6 sacs de 50 kg de NPK et un sac de 100 kg de semences. Le blé demande moins d’eau (une fois tous les quatre jours) et est récolté par fauche.

Répondant à une préoccupation sur le fait que le blé est inconvenable au Burkina, sa réponse est sans équivoque : « Vous êtes témoins maintenant ? On peut bel et bien cultiver le blé partout au Burkina ». Emerveillés, les apprenants promettent de mettre en place un champ-école de blé pour alimenter leur cantine scolaire. Pour le directeur de l’école de Zoro, P.R., cette immersion vise à amener les élèves à manipuler, palper et regarder, afin que cela puisse les marquer. « C’est du concret », insiste-t-il.

Le site de blé, un lieu de tourisme

Le propriétaire terrain et VDP de Baga, E.S, exhorte les paysans
à accorder leurs terres aux autorités pour une mise à l’échelle
de la production du blé.

En phase de maturité, la variété de blé expérimenté est KANZ, avec un rendement attendu de 3,5 t par ha, foi de M.S. A.S., présidente des productrices, PDI retournée depuis deux ans, après plusieurs mois de refuge à Kaya, dispose d’une parcelle de blé. Elle espère récolter deux sacs de 100 kg. Pour elle, les bénéfices liés à la vente de ces récoltes serviront à relancer son élevage de petits ruminants. MA.S., 40 ans, PDI retournée depuis la saison humide précédente après un an « d’exil » à Kaya, possède, elle aussi, une parcelle de blé.

La mère de trois enfants compte récolter au moins deux sacs de 100 kg. « Nous avons perdu toutes nos économies dans notre déplacement forcé. Cette culture pourra nous relancer », estime-t-elle. Mère de sept enfants, 48 ans, S.M. est aussi une PDI retournée depuis trois années dans son village natal après huit mois de déplacement forcé à Kaya. Pour elle, l’expérimentation du blé a permis de déconstruire la vieille mentalité de 60 ans qui soutenait que cette culture est inconvenable au Burkina, pays sahélien.

La confiance placée aux autorités a été le catalyseur pour expérimenter le blé dans leur contrée. Leur site suscite la curiosité des citadins. « Notre site est un lieu de tourisme. Nous recevons chaque jour des gens qui viennent visiter et prendre des photos. Nous allons pérenniser cette culture », promet la présidente A.S. Et au technicien d’ajouter : « Notre site est devenu un cas d’école. Cela nous fait plaisir ».

Après ce coup d’essai réussi, ces productrices ambitionnent emblaver tout le site d’une superficie de 31 ha pour la production du blé, la campagne prochaine. Pour la culture du blé, elles reconnaissent avoir bénéficié de deux sacs de 100 kg de semences (gratuit) et dix sacs de 50 kg d’engrais à prix subventionné (12 000 F/sac). Dans la commune de Kaya, 4 ha ont été consacrés à la production du blé répartis entre quatre localités. A Sigou (nom d’emprunt), commune de Mané, 98 femmes forcent l’admiration. Dans l’un des périmètres, épaulées par deux hommes pour l’irrigation, elles expérimentent le blé sur une superficie de 2 ha. Elles constituent un consortium de trois coopératives.

« Le début n’a été pas facile. Chef de canton, naaba S.D s’est résolument impliqué pour convaincre les femmes. Il a même mobilisé la veille citoyenne pour aménager le site en une journée pour permettre les semis. Lorsque les animaux détruisaient le blé, il a remobilisé la veille citoyenne (Wayignan) pour dresser des barricades de fortune », témoigne le chef ZAT de Mané, S.K. Semées le 20 novembre, les cultures sont en phase d’épiaison et de maturité. Le rendement attendu de 2 t par ha.

9h42mn. Jeudi 12 février 2026. Dabas, tubes PVC de 100m3, « T » et coudes en main, une dizaine de femmes s’attèlent à l’irrigation des parcelles de blé. Dans une ambiance bon-enfant, ces entrepreneuses agricoles tissent des liens de solidarité et de fraternité autour de ce site. Elles voient déjà la culture du blé comme une aubaine pour la reconstruction de leur vie socioéconomique fragilisée par la crise sécuritaire.

Souveraineté alimentaire

Teint bronzé, voile bleu-fleuri solidement noué sur la tête et couvrant tout le corps, M.W., 60 ans, présidente des femmes, affirme que leur site est devenu un cas d’école. Le 4 février dernier, une visite commentée au profit de plus de 2 000 apprenants a eu lieu sur le site en présence du haut-commissaire de la province de Sandbondtenga, Idrissa Gamsonré. PDI retournée après un séjour à Yabo, la multipare M.W. soutient que le blé est plus facile à cultiver que le riz, car il exige moins d’engrais et d’eau. Les productrices de Sigou, elles aussi, envisagent exploiter tout leur site d’une superficie de 31 ha la campagne prochaine.

« Une vingtaine de femmes ont manifesté leur intention de nous rejoindre … », confirme-t-elle. Croix au cou, teint noir et filiforme, K.O., PDI retournée, manifeste sa joie d’avoir appris une nouvelle technique culturale. « Nos récoltes serviront à nourrir nos enfants », estime la ressortissante de Bokin. H.SO., 40 ans, déclare que la production du blé permettra d’assurer une bonne ration alimentaire. Mère de quatre enfants, elle envisage donc emblaver trois ha de blé la campagne prochaine pour garantir l’autosuffisance alimentaire à sa famille.

Les femmes ont bénéficié de deux grandes motopompes (de 150 tubes PVC de 100-150cm3), d’intrants agricoles et de labour gratuit de leur site. Selon le technicien, pour

La PDI retournée, MA.S. : « la culture du blé permettra de relancer nos
économies locales ».

cette campagne sèche, dans la commune de Mané, 2 ha de blé ont été cultivés, avec un rendement de 4 t et 3 ha de pomme de terre dont la production peut atteindre 35 t par ha.
A Baga (nom d’emprunt), un village de la commune de Barsalogho, des PDI retournées depuis janvier 2025, après trois ans de déplacement forcé, réalisent des exploits dans la production de blé. 90 productrices dont 50 hôtes et 40 PDI exploitent trois sites de blé d’une superficie globale de 8 ha. 10h11mn. Vendredi 13 février 2026.

Nous sommes sur le site de 4 ha d’une des coopératives des femmes. La présidente des femmes, SA.O, 57 ans, s’attache au désherbage des cultures en phase de maturité. Ici, les séances de sensibilisation sur la vision du gouvernement dans le cadre de l’OAH pour une souveraineté alimentaire ont facilité l’adhésion pour l’expérimentation du blé. Pour la mère de quatre enfants, la culture du blé est une opportunité pour nourrir leurs enfants, alimenter leur cantine endogène, assurer les frais de scolarité et même payer des ustensiles de cuisine, parce qu’elles ont tout perdu dans le déplacement forcé.

Lors de la saison humide, ces PDI retournées ont produits du maïs sur ces sites.
A côté des sites de blé, les productrices mènent des cultures maraîchères. PDI réinstallée, 40 ans, mère de quatre enfants, F.S. pense que ces initiatives de productions agricoles leur permettent d’être plus résilientes et de sortir dans l’assistanat permanent. Sous l’égide des autorités communales, les élèves de Barsalogho ont effectué une visite commentée sur les sites de blé de Baga, le 7 février dernier. Sur le site d’une coopérative, 35 PDI retournées exploitent trois ha. Là, le blé de couleur jaunâtre est complètement mur après 82 jours de travail d’arrache-pied.

Les productrices n’attendent que le « OK » du chef ZAT de la commune, T.S., pour le faucher. Le rendement attendu sur les 8 hectares est d’environ 16 t. Un véritable business pour ces retournées qui ont tout perdu.
Agée de 57 ans, multipare (5 enfants), PDI retournée, HA.S. remercie l’armée pour leur réinstallation et les soutiens aux activités agricoles. Le chef VDP de Baga, S.S. salue le courage et la détermination des productrices pour ce pari gagné. De ce fait, il dit pouvoir mobiliser un millier de producteurs pour exploiter tout le périmètre (31ha) pour produire du blé la saison prochaine. A écouter le technicien Sawadogo, les productrices ont bénéficié gratuitement de 800 kg de semences de blé et 24 sacs de 50 kg d’urée et 48 sacs de 50 kg de NPK au prix subventionné de 12 000 F le sac d’engrais sans oublier le labour gratuit de leurs sites. De son avis, la production de la pomme de terre est prévue pour la saison prochaine.

Des aliments riches

Selon le nutritionniste, Tenwendé Sawadogo, en service à la direction régionale de la Santé des Koulsé, le blé fait partie des céréales les plus consommés par les Burkinabè sous forme de pains, pâtes alimentaires, couscous, beignets, galettes ou gâteaux. Alors qu’il est principalement importé, avec environ 315 000 t consommées par an, dont 95% proviennent de la France et de la Russie. C’est pourquoi, soutient le spécialiste, le gouvernement burkinabé a lancé l’OAH pour relancer la production locale de blé, avec un objectif de 24 031 t pour la campagne sèche 2025-2026. De son avis, cette initiative vise à réduire la dépendance aux importations, à renforcer la souveraineté alimentaire et à limiter la vulnérabilité aux crises des prix internationaux.

En matière de nutrition, poursuit le nutritionniste, le grain de blé est principalement constitué de sucre sous forme d’amidon, de protéines, des fibres, de vitamine B, du fer, du magnésium et du phosphore. « Il est un véhicule privilégié pour la fortification alimentaire, afin de lutter contre les carences en micronutriments chez les enfants et femmes enceintes », enseigne-t-il. A ses dires, la stimulation de la production locale du blé améliorera l’accès à une céréale riche et transformable localement, réduisant considérablement les risques de malnutrition aiguë dans les zones vulnérables ou à fort défi sécuritaire. La pomme
de terre longtemps considérée comme un aliment de luxe est devenue un aliment de base grâce à sa forte productivité dans le cadre de l’OAH, contribuant ainsi à lutter contre la malnutrition, selon le nutritionniste. « Elle est un aliment riche en sucre complexe, vitamine C, potassium, acides aminés et fibres, aidant à combattre l’anémie qui constitue un problème de santé publique au Burkina », félicite-t-il.

En somme, la leçon apprise dans cette aventure de production de blé, foi des techniciens en agriculture des Koulsé, c’est qu’il faut toujours essayer. Eu égard à la réussite de cette production expérimentale de blé, les productrices des communes de Kaya, Mané et Barsalogho sollicitent de l’Etat et de ses partenaires, la clôture des sites de production avec des grillages, la réhabilitation des systèmes d’irrigation des bas-fonds, la réalisation des forages à hauts débits d’eau sur les sites de production et la formation des paysans sur les techniques de production de nouvelles cultures dites inconvenables au Burkina. Quant aux techniciens, ils plaident pour le renouvellement du matériel roulant (moto), l’électrification de certains services communaux en charge de l’agriculture, le recyclage et la formation des techniciens en agriculture et la revue à la hausse des frais de carburant pour un suivi optimum des producteurs.

 

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com


 

Période verte !

La ville de Kaya est actuellement inondée par des produits issus de la culture maraîchère telles que la tomate, l’oignon, le chou, le haricot vert, la carotte, la salade, l’ail, le gombo, la pomme de terre, la pastèque, le maïs frais, etc. Produits par les PDI retournées des villages reconquis, ces fruits et légumes permettent d’améliorer en qualité et en quantité le panier de la ménagère contribuant ainsi à la sécurité alimentaire.

La reconquête en marche

De sources concordantes, actuellement, plus de 126 villages ont été réinstallés et
stabilisés dans les communes de Barsalogho, Kaya, Mané et Pissila pour un total de plus de 150 villages réinstallés. La reprise en main de ces localités et axes favorise la relance des activités agropastorales pour une souveraineté alimentaire.

E.S.


 

Ragnimsom Birba, directeur régional de l’agriculture des Koulsé

« Avec l’offensive agropastorale, les producteurs développent des initiatives endogènes »

Dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique (OAH), pour cette campagne sèche, quelles superficies ont été emblavées pour la production du blé et de la pomme de terre ?

Pour cette campagne sèche, dans la région des Koulsé, nous avons emblavé 30 ha de blé et 250 ha de pomme de terre.

 

Les producteurs ont-ils bénéficié de soutiens en intrants agricoles ?

Dans le cadre de l’OAH et pour cette campagne sèche, des producteurs, prioritairement, des PDI-retournées ont bénéficié d’un soutien gratuit de 30 sacs de 100kg de semences de blé. Une vingtaine de tonnes de semences de pomme de terre ont été mises à la disposition par l’Etat et ses partenaires. Ils ont reçu plus de 1 800 t d’engrais NPK et urée à prix subventionné de 1200 F/sac). Pour la production du blé, les producteurs ont reçu plus de 400 tubes PVC, huit motopompes et des semoirs manuels. Le labour à prix subventionné a concerné près de 100 ha sur les sites maraîchers des Koulsé. Avec le soutien des partenaires, les populations ont reçu gratuitement plus de 1 000 t d’intrants.

Quel rendement peut-on attendre de la pomme de terre et du blé ?

Pour le blé, nous attendons un rendement moyen entre 75 à 90 t sur les 30 ha, soit 2,5 à 3 t à l’hectare. Pour la pomme de terre, nous attendons plus 7 500 t sur les 250 ha emblavés, soit plus 30t à l’hectare, avec un objectif de 10 000 t de pomme de terre pour la région. Les producteurs de blé mènent la culture maraîchère et nous attendons plus 15 000 t de tomate et 30 000 t d’oignon pour cette campagne sèche.

Comment avez-vous pu convaincre les populations à produire le blé ?

Nous avons mené des séances de sensibilisation pour leur expliquer la vision des plus hautes autorités pour l’atteinte de la souveraineté alimentaire. L’objectif de l’OAH est de les faire comprendre que c’est possible de produire le blé au Burkina Faso. Il s’agit de briser cette barrière pour les mettre en confiance psychologiquement afin d’expérimenter le blé. Nous remercions certains leaders communautaires, notamment des chefs coutumiers qui se sont fortement impliqués dans la dynamique.

Comment faire pour atteindre les objectifs de l’OAH ?

Pour les populations retournées, nombreux sont celles qui ont perdu leurs matériels d’irrigation ou leurs moyens d’existence. Si l’Etat et ses partenaires pouvaient les soutenir avec des intrants agricoles. Dans l’un des villages, notre ministère installe des chambres froides pour conserver la pomme de terre. Un appui conséquent dans ce volet de la conservation pouvait augmenter la plus-value au moment des ventes. Comme le blé est une culture appétissante pour les animaux, il a été affecté par la divagation des animaux. Les producteurs ont besoin d’un appui en grillage pour la sécurisation de leurs sites, car avec la réussite de ce coup d’essai, des superficies plus vastes seront emblavées l’année prochaine par les producteurs.

Interview réalisée par
Emil SEGDA

Rupture collective de jeûne et de carême: communion fraternelle aux Editions Sidwaya

La direction générale des Editions Sidwaya a organisé, une rupture commune de jeûne et de carême, le mardi 10 mars 2026, à son siège à Ouagadougou. L’éclat de la cérémonie a été rehaussée par la présence du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.

Depuis 7 ans, a direction générale des Editions Sidwaya organise chaque année une rupture collective de jeûne et de carême. Cette année, la tradition a été respectée. En effet, l’institution a partagé un repas collectif avec son personnel et des commerçants riverains dans la soirée du mardi 10 mars 2026 à Ouagadougou. La cérémonie, cette année s’est déroulée en présence du ministre de la Communication, de la Culture,
des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. Selon la directrice générale des Editions Sidwaya, Assétou Badoh, l’objectif premier c’est de renforcer la cohésion au sein de l’entreprise, les liens de confraternité et le vivre-ensemble avec le voisinage.
« Nous voulons transmettre un message d’unité aux travailleurs.

Quelle que soit notre religion, nous devons nous accepter mutuellement afin que chacun puisse exprimer librement sa foi.
Nous voulons que chacun puisse porter l’entreprise et le Burkina dans ses prières pour le retour de la paix », a-t-elle soutenu. Cette rupture collective a été saluée par le ministre chargé de la Communication.

Il a, à l’occasion, félicité la direction générale pour l’initiative qui renforce
le vivre-ensemble. Le ministre Ouédraogo a en outre invité les agents de la « Maison commune » à cultiver davantage cette cohésion sociale en leur sein et avec les voisins que sont les commerçants du grand marché Rood-Wooko.

Des partenaires apportent leur soutien

« Nous devons travailler à nous accepter et à ne jamais laisser l’adversaire surfer sur la fibre religieuse et ethnique », a insisté le ministre chargé de la Communication.
La cérémonie a connu la participation des partenaires de Sidwaya tels que Friedland Campina (avec ses produits Bonnet rouge), Nutri Fort Industries, Sodibo, Malia et Thé Chaya.

L’assistant marketing à Friedland Campina, Lacina Tou s’est dit ravi que sa structure soit associée à cette cérémonie. Il a aussi rassuré que ce partenariat va se poursuivre. Le directeur général de Nutri Fort Industries, Hamadou Paré, quant à lui, a expliqué que le contexte actuel du Burkina Faso nécessite que ses filles et fils soient unis.
C’est ce qui l’a motivé, a-t-il justifié, à accompagner cette activité où les musulmans et les chrétiens se retrouvent pour une rupture commune.

« C’est un moment très important pour notre pays parce que ce sont ces genres d’actions qui vont renforcer la cohésion sociale », a-t-il assuré. M. Paré a par ailleurs confié que Nutri Fort Industries est spécialisé dans la transformation des céréales locales telles que le maïs, le petit-mil, le riz, en produits sains et nutritifs accessibles à l’ensemble de la population.
L’entreprise Chaya, propose aussi des produits tels que le thé, le riz, la mayonnaise, la moutarde et bien d’autres à la population.

Adoul Rahim Ouédraogo, agent commerciale au sein de l’entreprise a remercié Sidwaya pour ce partenariat qui permet de mieux faire connaitre les produits Chaya. Le directeur commercial et Marketing des Editions Sidwaya, Moussa Congo a exprimé sa gratitude aux partenaires qui accompagnent le « journal de tous les Burkinabè » chaque année. Cela témoigne de la confiance que ces structures placent en Sidwaya, a-t-il déclaré.

 Abdoulaye BALBONE


 

Satisfecit des participants

Diane Alassane Diané, agent à l’imprimerie : « C’est une très bonne initiative »

C’est une très bonne initiative. C’est louable de faire la rupture de jeûne et du carême en communion. C’est très intéressant et comme c’est un mois béni, cela fait du bien. Nous remercions les premiers responsables de Sidwaya pour l’initiative. Nous prions que cela puisse se répéter chaque année. Je souhaite que Dieu nous donne une longue vie et qu’il accepte nos prières.

Siri Diakalia, conseiller technique de la directrice générale des Editions Sidwaya : « C’est toujours une source de bénédictions »

C’est une très bonne initiative, la rupture collective de jeûne et de carême. C’est un regroupement qui fédère les esprits pour des lendemains meilleurs. Ce genre de regroupement “accouche” toujours de bonnes choses. Nous n’en avons pas l’idée, mais c’est toujours une source de bénédictions pour des lendemains meilleurs. Ce que je souhaite, c’est que Sidwaya aille de mieux en mieux, en ce qui concerne ses indicateurs de performance et son aura envers le public du Burkina Faso et du monde entier.
Plein succès à la Maison commune, et que la paix règne au Burkina Faso.

Alida Isabelle Ouédraogo, agent au service commercial et marketing : « Cette rupture commune permet de renforcer le vivre-ensemble »

La rupture collective est une bonne initiative parce qu’elle permet d’abord de resserrer les liens. Le fait que les gens se regroupent et mangent ensemble,ça resserre les liens entre travailleurs et surtout avec les voisins commerçants qui s’associent chaque année à l’initiative.

Korotimi Sérémé, agent au secrétariat général des rédactions : « Il n’y a pas
de différenciation entre chrétiens et musulmans »

C’est une très bonne idée de faire une rupture collective de jeûne et de carême pour les musulmans et les chrétiens. Cela permet de promouvoir la cohésion entre les travailleurs.
Vous voyez vous-même l’ambiance qui existe entre les travailleurs en ce moment. Il n’y a pas de différenciation entre chrétiens et musulmans et je souhaite que cela puisse
se reproduire l’année prochaine dans la bonne santé et dans la joie.

Gemilatou Traoré, secrétaire de la direction commerciale et marketing de Sidwaya : « Nous saluons les efforts consentis par les responsables »

Nous saluons cette rupture collective qui, depuis bientôt 7 ans, est devenue une tradition dans notre Maison commune. Une tradition une fois de plus respectée par les responsables que nous saluons au passage.
Nous prions que Dieu nous garde tous en bonne santé. Qu’il y ait la paix et la cohésion sociale dans notre pays. Nous prions également pour la santé et la prospérité de notre Maison commune. Avec la coïncidence entre le jeûne musulman et le carême des catholiques, c’est pour nous un moment d’encourager toutes les structures qui œuvrent pour ce moment de partage.

Karamoko Ouattara, directeur financier et comptable des Editions Sidwaya : « La rupture collective est déjà une bonne chose parce qu’on recherche la cohésion et le pays en a besoin »

Quand on voit le personnel qui se retrouve avec les voisins pour communier ensemble, c’est très bien. C’est une période où, qu’on soit catholique ou musulman, on se retrouve pour pouvoir communier et prier ensemble pour la paix au Burkina Faso. Les gens sont dans la joie et quand vous les regardez, il n’y a pas de différenciation. Nous sommes tous là. Il y a des musulmans et des chrétiens. J’ai vecu la rupture collective aujourd’hui. C’est vraiment un fait marquant qui permet à toute la communauté de se réjouir, de prier ensemble pour la paix pour notre pays. Je souhaite aussi que les autres structures qui n’ont jamais vécu ce fait marquant, qu’elles puissent emboîter le pas de Sidwaya pour que la prière commune de tous les Burkinabè soit plus forte pour que la paix revienne au Burkina Faso.

 

A.B.
A.N.

Gestion des réfugiés au Burkina Faso: le HCR salue les efforts du gouvernement

Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, entouré de ses collaborateurs et des représentants de départements ministériels concernés par la gestion des réfugiés a eu une séance de travail dans l’après-midi du 9 mars 2026, avec une délégation du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), conduite par Ruvendrini Menikdiwela, assistante du Haut-commissaire chargée de la protection.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une visite de travail que la responsable onusienne effectue au Burkina Faso, pour s’imprégner des conditions de vie des réfugiés résidant sur le sol burkinabè et des personnes déplacées internes. Pour madame Ruvendrini Menikdiwela, cette première visite au Burkina Faso vise aussi à reconnaitre et à saluer les énormes efforts consentis par le gouvernement burkinabè pour assurer une hospitalité légendaire et l’asile aux personnes contraintes au déplacement. « Ce qui m’a plus impressionné dès le début, c’est le fait que les réfugiés soient assimilés aux communautés hôtes dès leur arrivée sur le sol burkinabè. Ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres pays d’asile, dans d’autres régions qui sont économiquement parlant, beaucoup plus avantageux que la région du Sahel», a laissé entendre l’émissaire du HCR.

Mieux comprendre la situation du pays

Tout en félicitant le gouvernement et le peuple burkinabè pour avoir facilité l’intégration des personnes déplacées, l’assistante du Haut-commissaire a, par ailleurs, réaffirmé l’engagement de son organisation à soutenir la politique humanitaire du Pays des Hommes intègres. Une politique qui prend en compte, les réfugiés, les PDI, les personnes retournées dans leurs localités d’origine et les communautés locales, en mettant l’accent sur leur réintégration et le vivre-ensemble. La partie burkinabè par la voix du ministre des Affaires étrangères, a salué cette visite terrain de l’émissaire du HCR, qui permet au partenaire de mieux comprendre non seulement la situation du pays loin du discours de dénigrement véhiculé sur les réseaux sociaux, mais surtout de comprendre la vision du Burkina Faso sur la gestion de ces personnes vulnérables.

Pour Karamoko Jean Marie Traoré, il s’agit de sortir ces couches sociales de l’assistanat permanent, en mettant à leur disposition les moyens qui leur permettront de se prendre en charge et de contribuer ainsi au développement des localités qui les accueillent. « On est dans une dynamique où on essaie de dissocier le faciès toujours problématique du réfugié pour essayer de le valoriser davantage en tant qu’acteur, en tant que potentiel contributeur au développement et non comme une charge supplémentaire », a signifié le ministre Traoré à la délégation du Système des Nations unies. Cette vision du gouvernement burkinabè a également été saluée à sa juste valeur par la cheffe de la délégation du HCR. Au cours de la rencontre, un bref exposé de la situation sécuritaire et humanitaire du pays a été fait par les représentants des départements techniques, notamment les ministères en charge de l’action humanitaire, de la justice et de la sécurité. Les défis à relever en matière de mobilisation des financements pour soutenir les politiques de relèvement des réfugiés et des PDI retournées, ont également été évoqués au cours des échanges.

DCRP/MAE

Coopération bilatérale: le Premier ministre échange avec l’ambassadeur du Maroc

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a accordé, ce mardi 10 mars 2026, une audience à l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Burkina Faso, Youssef Slaoui. Le chef du gouvernement et le diplomate marocain ont échangé sur les axes prioritaires de la coopération bilatérale entre les deux pays.
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‎Le Burkina Faso et le Maroc partagent une vision commune fondée sur une coopération Sud-Sud mutuellement bénéfique, agissante et solidaire. Cette coopération bilatérale a connu un agenda particulièrement riche en 2025, marqué notamment par la tenue, le 8 décembre 2025, de la 5e Commission mixte entre le Burkina Faso et le Maroc. Cette session a coïncidé avec la célébration du 60e anniversaire du rétablissement des relations diplomatiques entre les deux Nations.

«Cette commission mixte a été l’occasion de célébrer l’amitié et la fraternité entre nos deux pays. Nous avons signé 14 accords portant sur des secteurs prioritaires, notamment l’agriculture, la formation professionnelle, le commerce et la sécurité. Nous veillerons à la mise en œuvre de l’ensemble de ces accords à travers des projets concrets bénéfiques pour les populations », a souligné le diplomate marocain Youssef Slaoui, à l’issue de l’audience. Dans la dynamique du renforcement de cette coopération, le diplomate marocain a également annoncé la mise en œuvre d’une feuille de route ambitieuse pour l’année 2026.

« J’exprime encore une fois, notre disponibilité à accompagner tous les efforts déployés dans le pays. Nous voulons aller de l’avant avec notre coopération et notre partenariat stratégique, sous le leadership de Sa Majesté le roi du Maroc et du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré », a indiqué l’ambassadeur marocain. Cette audience illustre la volonté de Ouagadougou et de Rabat de bâtir un partenariat pragmatique, respectueux et tourné vers l’avenir, porteur de progrès et de prospérité pour les peuples burkinabè et marocain.
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DCRP/Primature

 

Secteur « gouvernance administrative et locale » : 81,95% de réalisation physique en 2025

Le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, a présidé la première session de la revue annuelle 2026 de la politique nationale de développement du secteur « gouvernance administrative et locale », le mardi 10 mars 2026, à Ouagadougou.

Les acteurs du cadre sectoriel de dialogue « gouvernance administrative et locale » veulent faire le bilan des actions menées de 2021 à 2025 et valider la programmation des actions futures. A cet effet, ils se sont réunis en session ordinaire, mardi 10 mars 2026, à Ouagadougou. Cette première rencontre de l’année a été présidée par le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré. Elle a connu la participation de cinq départements ministériels comprenant le cadre sectoriel de dialogue « gouvernance administrative et locale ». Il s’agit du ministère des Serviteurs du Peuple, de l’Economie et des Finances, des Affaires étrangères, de la Communication et de l’Administration territoriale. Le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, a confié que le secteur « gouvernance administrative et locale » a contribué à la mise en œuvre de la politique nationale de développement à travers deux piliers.

Ce sont, a-t-il cité, le pilier 3 : « refonder l’Etat et améliorer la gouvernance » et le pilier 4 : « œuvrer à la réconciliation nationale et à la cohésion sociale ».
Il a aussi soutenu que le secteur affiche au 31 décembre 2025, un taux de réalisation physique des actions de 81,95% et un taux d’exécution financière de 70,72%. De son avis, les acquis enregistrés par le secteur sont, entre autres, l’adoption de la loi sur la chefferie traditionnelle, la réalisation de 275 films documentaires. Le ministre a félicité les acteurs du secteur pour cette performance fort appréciable, en dépit d’un contexte sécuritaire difficile.

Adoption d’un nouveau plan

Afin d’offrir au contribuable burkinabè, un service public de qualité et une meilleure vie, le secteur « gouvernances administrative et locale » a adopté un nouveau référentiel de développement pour le Burkina baptisé : « Plan relance ». Ce plan sera mis en œuvre sur la période 2026-2030. Pour le ministre Traoré, cette rencontre offre l’occasion de valider la programmation des actions prioritaires du secteur de gouvernance sur la période 2026-2028.

Comme perspectives, a-t-il poursuivi, le cadre sectoriel vise l’atteinte de deux piliers du « Plan relance » 2026-2030, à savoir le pilier 1 : « consolider la sécurité, la cohésion sociale et la paix » et le pilier 2 : « renforcer l’Etat et améliorer la gouvernance ». Il a exhorté les acteurs à examiner minutieusement les documents soumis à leur appréciation afin de mettre à la disposition du secteur, les documents de qualité susceptibles de booster la
performance du secteur. Par ailleurs, le ministre a invité les acteurs du secteur à plus de résilience et d’effort pour la réalisation des actions programmées dans le
« Plan relance ». Il a traduit sa profonde gratitude aux membres du secrétariat technique et des groupes thématiques du secteur pour la production des différents documents.

Abdoulaye BALBONE
Patricia TAONSGO
(Stagiaire)

Exportation des ânes : le ministère des Ressources animales met en garde

Le ministre chargé des Ressources animales veut mieux protéger l’espèce asine au Burkina. C’est en effet, la substance d’un communiqué du département parvenu à Kantigui. Le texte porte à la connaissance de l’opinion publique que « certains pays limitrophes du Burkina Faso ont récemment mis en service des abattoirs dédiés aux ânes, alors même qu’ils ne disposent pas de ressources asines significatives ». « Cette situation est (…)

Retrouvez On murmure sur https://www.sidwaya.info/numerique/

Kantigui
kantigui2000@gmail.com
(+226) 25 31 22 89

Gouvernance économique: un taux de réalisation de 79% enregistré de 2021-2025

Le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a présidé la première revue annuelle de l’année 2026, du Cadre sectoriel de dialogue (CSD), le mardi 10 mars 2026, à Ouagadougou.

La première revue annuelle de l’année du Cadre sectoriel de dialogue (CSD)
« Gouvernance économique » s’est tenue à Ouagadougou, le mardi 10 mars 2026, à Ouagadougou. Ce cadre d’échanges a permis de faire le bilan des actions menées sur la période 2021-2025 et de proposer des perspectives pour le plan d’actions sectoriel 2026-2030. A cette occasion, le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a annoncé un taux global de réalisation de 79 % des activités programmées au cours des cinq dernières années, malgré un contexte national marqué par des défis sécuritaires, humanitaires et économiques.

Selon le ministre, ce résultat traduit la résilience du peuple burkinabè et l’engagement des acteurs publics dans la conduite des politiques économiques. Il a notamment mis en avant les performances enregistrées dans la mobilisation des ressources internes. Sur une prévision d’environ 12 000 milliards F CFA sur la période 2021-2025, les recettes mobilisées ont dépassé 13 000 milliards F CFA. A cela s’ajoutent près de 500 milliards F CFA collectés entre 2023 et 2025 au profit du Fonds de soutien patriotique (FSP).

Le chef du département de l’Economie et des Finances a également cité parmi les résultats majeurs la sortie du Burkina Faso de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Une avancée qui, selon lui, renforce la crédibilité financière du pays et témoigne du sérieux des réformes engagées en matière de gouvernance économique et de lutte contre les flux financiers illicites.

La revue a réuni les acteurs des 14 secteurs de planification relevant de six
ministères intervenant dans le domaine de la gouvernance économique. Elle a permis d’évaluer les progrès réalisés, mais aussi d’identifier les priorités pour les cinq prochaines années.

7,8 milliards F CFA de financements aux PME

Il a également relevé les efforts en faveur du développement inclusif, avec notamment 7,8 milliards F CFA de financements accordés aux PME/PMI, 4,5 milliards de crédits octroyés à 364 coopératives de jeunes et de femmes, ainsi que plus de 12000 projets soutenus. Par ailleurs, la numérisation de plus de 1,6 million de plans cadastraux et l’identification de plus de 2 millions de propriétaires à travers le système eCadastre constituent, selon lui, des avancées majeures vers une gestion foncière moderne.

Pour la période 2026-2030, le ministre a insisté sur la nécessité de refonder l’Etat et de renforcer la gouvernance économique à travers la mobilisation accrue des ressources internes, l’amélioration de la performance de la dépense publique, la modernisation de la gestion foncière, la digitalisation des outils administratifs et l’intensification de la lutte contre la fraude.

Le ministre a, par ailleurs, relevé que plusieurs indicateurs macroéconomiques demeurent encourageants, notamment un taux de croissance supérieur à 6 %, un excédent de la balance commerciale de plus de 2 000 milliards F CFA, un taux d’inflation en baisse et une pression fiscale avoisinant 18 %. Toutefois, il a insisté sur la nécessité de traduire ces performances économiques en améliorations concrètes des conditions de vie des populations, en particulier pour les couches les plus vulnérables.

Enfin, le ministre a invité les participants à faire de cette session un cadre de réflexion et de décisions courageuses pour bâtir une économie plus solide et un Etat souverain au service du Burkina Faso.

Mahamadi SEBOGO
Ahmed Abdoul Aziz NEBIE
(Stagiaire)