Sectoriel éducation et formation: le plan Relance 2026-2030 en réflexion

La revue annuelle du cadre sectoriel de dialogue « éducation et formation », s’est tenue, le mardi 10 mars 2026, à Ouagadougou.

Le projet du plan sectoriel de développement de l’éducation et de la formation 2026-2028 élaboré en vue d’opérationnaliser le niveau du secteur de l’éducation et de la formation rentre dans la mise en œuvre du plan Relance 2026-2030. Dans la validation de ce projet, les membres du cadre sectoriel de dialogue et partenaires du ministère de l’Enseignement de base de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, de concert avec le ministère en charge de l’Enseignement supérieur, de la Formation professionnelle et de celui de la Jeunesse et de l’Emploi ont tenu une session de validation, mardi 10 mars 2026, à Ouagadougou.

Le ministre chargé de l’Enseignement de base, Sosthène Dingara, par ailleurs président du cadre sectoriel du dialogue éducation et formation, a signifié que la revue sectorielle constitue un moment privilégié de dialogue, de concertation et de redevabilité. « Elle nous offre l’opportunité de dresser le bilan des actions menées, d’identifier les défis et de convenir des orientations stratégiques pour améliorer la qualité, l’équité et la pertinence de notre système éducatif et de formation », a-t-il expliqué. Il a noté que le Plan d’action sectoriel de développement de l’Education et de la formation (PASD-EF) 2026-2028 constitue l’outil opérationnel de mise en œuvre du plan relance 2026-2030 dans son secteur de planification. Pour lui, l’objectif global visé est de contribuer à la réalisation du plan relance à travers la programmation et l’exécution d’actions prioritaires du secteur.

Un taux d’exécution physique de 93,19%

Le ministre a déclaré que les documents soumis aux échanges visent à évaluer les acquis de la période 2021- 2025, à analyser les progrès réalisés et à mettre en lumière les défis qui persistent pour envisager une mise en œuvre cohérente et efficace du plan relance 2026-2030. M. Dingara, en termes de bilan, a rappelé qu’au 31 décembre 2025, un taux moyen d’exécution physique du CSD-EF de 93,19% pour un taux d’exécution financière de 88,24% ont été enregistré. A la même période en 2024, ces taux étaient respectivement de 78,85% et de 89,98%.

Par ailleurs, il a relevé des acquis majeurs sur la période 2021-2025 par les quatre ministères membres du CSD-EF. Il s’agit, entre autres, de la dotation en kits scolaires à 564 800 élèves des zones des déplacées internes, de l’ouverture de 700 nouvelles structures préscolaires. A ces chiffres, il a également ajouté l’immersion patriotique de 95,52% des admis au baccalauréat, la sensibilisation de 59 681 jeunes sur l’engagement patriotique et la participation citoyenne. Aussi, la formation de 7 341 Personnes déplacées internes (PDI), veuves des Forces de défense et de sécurité (FDS) à des métiers. Le ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, Moumini Zoungrana a notifié que les perspectives permettront de mettre l’accent sur l’insertion professionnelle des jeunes.

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE (Collaborateur)

Protection des réfugiés au Burkina: le Président de l’ALT échange avec une délégation du Haut-commissariat des Nations unies

Le Président de l’Assemblé législative de Transition, Ousmane Bougouma, a reçu, en audience, lundi 9 mars 2026, à Ouagadougou, une délégation du Haut-commissariat des Nations unies composée du haut-commissaire assistante en charge de la protection, Ruven Menkdiwela, et du directeur régional du Haut-commissariat pour le refugiés (HCR) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Abdouraouf Gnon-Kondé.

Le Haut-commissariat des Nations unies veut renforcer sa collaboration avec les autorités du Burkina en vue de la réussite de sa mission de protection des réfugiés. Dans cette dynamique, une délégation de la structure est allée échanger avec le Président de l’Assemblée législative de Transition, Ousmane Bougouma, au cours d’une audience, lundi 9 mars 2026, à Ouagadougou. La délégation était composée du haut-commissaire assistante en charge de la protection, Ruven Menkdiwela et du directeur régional du HCR pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Abdouraouf Gnon-Kondé.

Le haut-commissaire assistante en charge de la protection, Ruven Menkdiwela, a indiqué que les échanges avec le chef du Parlement burkinabè ont porté sur l’importance du travail parlementaire dans la protection des réfugiés, les Personnes déplacés internes (PDI), les apatrides et les communautés hôtes qui, a-t-elle soutenu, bénéficie d’une même protection législative à travers les lois adoptées. « C’était une occasion pour remercier Son Excellence de tout le travail qui a été fait, de l’importance que met l’Assemblée législative pour la protection des gens qui en ont besoin dans le pays, notamment les enfants et les femmes.

Nous avons eu une discussion très constructive et on a pu vraiment constater l’étroite collaboration entre notre bureau et l’Assemblée législative de Transition », a déclaré, Ruven Menkdiwela. Elle a ensuite encouragé le Parlement à poursuivre dans sa dynamique pour une bonne protection de l’enfance et de la femme, victimes le plus souvent de violence basée sur le genre.

Pour ce qui est du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, son directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Abdouraouf Gnon-Kondé, a expliqué qu’il travaille suivant des priorités qui sont basées sur celles nationales essentiellement, conformément à la question de protection et d’assistance mais également à la recherche de solutions pour les personnes en situation de déplacement forcé. « L’autre axe de notre travail, c’est l’aspect juridique.

Cet aspect juridique consiste à travailler aux côtés des autorités et de l’Assemblée législative pour le renforcement de l’environnement de protection à travers le cadre juridique », a-t-il ajouté. En perspectives, Abdouraouf Gnon-Kondé a souligné qu’il s’agit, entre autres, de pouvoir continuer le travail avec les différentes commissions pour avancer dans le processus de la convention de Kampala, de continuer de soutenir l’Etat sur les initiatives en lien avec la résilience, l’inclusion socio-économique des personnes déplacées pour l’atteinte effective des objectifs de développement durable.

Soumaïla BONKOUNGOU
Astride OUEDRAOGO

 

Lutte contre la fraude : 3 255 pagnes frauduleux 8-Mars saisis

Le ministère de l’Economie et des Finances, à travers la Coordination nationale de lutte contre la fraude, a remis une saisie de pagnes frauduleux 8-Mars au ministère de la Famille et de la Solidarité, le lundi 9 mars 2026, à Ouagadougou.

La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) en tant que force protectrice du citoyen et de l’Economie nationale, a une fois de plus fait une saisie de produits frauduleux. Il s’agit de 3 255 pagnes 8-Mars saisis lors des opérations terrains dans la ville de Bobo-Dioulasso, d’une valeur estimée à plus de 3 500 000 F CFA. Ces pagnes frauduleux ont été remis aux autorités compétentes du Burkina, le lundi 9 mars 2026, à Ouagadougou.

Contrairement à l’option de l’incinération et de la destruction des pagnes, le ministère de l’Economie et des Finances a estimé, compte tenu du contexte, que ces pagnes peuvent être utiles aux femmes vulnérables et déplacées internes. C’est pourquoi, le ministre, Aboubakar Nacanabo a décidé de remettre ces pagnes au ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kabré, au profit des personnes vulnérables.

Le Coordonnateur national de lutte contre la fraude, Mohamadi Compaoré, a présenté et situé le contexte dans lequel, la saisie a été faite. En effet, l’Etat a pris des mesures pour promouvoir l’économie nationale et permettre aux braves femmes tisseuses de se faire de bonnes économies. Mais, il a déploré qu’il y a des individus qui se sont soustraits à cette loi pour aller à l’étranger fabriquer et imprimer ces pagnes qui reviennent inonder le marché burkinabè.

Tout en dévoilant que ces pagnes sont désormais la propriété de l’Etat, il a rassuré qu’ils seront reversés à une cause noble. Il a signalé que 1085 pagnes ont été envoyés dans la région du Kadiogo et le reste, dans le Guiriko. Le ministre Nacanabo a affirmé que cette saisie est un message assez clair à tous ceux qui s’adonnent à cette pratique pour leur dire que le ton sera encore plus ferme.

Plus rien ne sera comme avant pour les fraudeurs

Car, malgré les efforts qui sont faits sur le terrain, la fraude continue d’avoir la peau dure. « Au niveau de nos équipes, nous allons durcir la manière de sanctionner. Nous avons pris la décision de ne plus cacher le visage des fraudeurs, leur visage sera connu de tous », a-t-il déclaré. La question des droits de l’Homme ne sied pas à la personne qui a fait la fraude. Il faut que le peuple le reconnaisse, a renchéri, Aboubakar Nacanabo.

A cela, il a ajouté que dorénavant, lorsque la marchandise frauduleuse est saisie, le camion qui a servi de transport est automatiquement confisqué. « Cela doit amener les fraudeurs à comprendre que plus rien ne sera comme avant pour ne pas qu’ils s’adonnent toujours à ces mauvaises pratiques », a-t-il confié.

La ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel, Passowendé Pélagie Kabré, a remercié son collègue chargé de l’Economie pour la remise des pagnes qui va contribuer à la prise en charge des personnes qui en ont le plus besoin. Tout en félicitant la CNLF, elle a indiqué que la saisie a une double importance. « Elle va permettre de protéger nos braves tisseuses produisant des pagnes 8-Mars au quotidien de pouvoir les mettre à la disposition des Burkinabè, mais aussi de redonner du sourire à ces gens qui ont tout perdu », a-t-elle signifié.

Il s’agit des personnes déplacées internes qui se sont retournées dans leurs localités d’origine, ainsi que des cibles traditionnelles que sont les veuves, les orphelins et les personnes victimes des catastrophes naturelles.

 

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE
(Collaborateur)

 

Fête nationale de la République du Ghana: les premiers responsables du ministère des Affaires étrangères prennent part

Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré et le ministre délégué, Bêbgnasgan Stella Eldine Kabré ont pris part, le vendredi 6 mars dernier, aux côtés de la communauté ghanéenne résidant au Burkina Faso, à la célébration du 69e anniversaire de l’indépendance de la République du Ghana.

Placé sur le thème: « Construire la prospérité, restaurer l’histoire », le 69e anniversaire de l’indépendance du Ghana a été le lieu de se remémorer l’histoire et le parcours de ce pays, l’un des premiers à accéder à l’indépendance le 6 mars 1957, afin de mieux se projeter sur le chemin de la construction, selon l’ambassadeur Kenneth Akibaté. Pour lui, « le Burkina Faso et le Ghana partage plus qu’une frontière commune, mais une histoire marquée par une culture, une langue et des échanges commerciaux sur plusieurs générations ».

La cérémonie a donc été un moment de fraternité pour consolider les relations de coopération et d’amitié entre les deux pays. Pour le chef de la diplomatie burkinabè, le Burkina Faso et le Ghana partagent six décennies de relations de voisinage exemplaires, bâties sur le respect mutuel, la solidarité et tournées vers des résultats concrets, au bénéfice des deux peuples. Karamko Jean Marie Traoré, a par ailleurs salué la tenue récemment de la 13e commission mixte de coopération, marquée par la signature de sept instruments juridiques et réhaussée par la présence du ministre ghanéen chargé des Affaires étrangères.

Exprimant les félicitations du peuple burkinabè au peuple frère du Ghana, le ministre des Affaires étrangères a salué un peuple ghanéen « courageux, discipliné, profondément attaché à ses valeurs, qui a su transformer les défis en opportunité et la vision en moteur de développement ». Cette célébration rappelle, selon lui, « le chemin remarquable parcouru par le Ghana depuis son accession à la souveraineté jusqu’à son affirmation comme un acteur majeur de notre sous-région et une référence en Afrique ».

Au cours de la cérémonie, l’ambassadeur Kenneth Akibaté a témoigné la solidarité des autorités ghanéennes aux autorités burkinabè engagées dans la lutte contre le terrorisme, tout en reconnaissant l’interdépendance de la sécurité entre les pays voisins. La célébration du 69e anniversaire de l’indépendance du Ghana par l’ambassade de ce pays à Ouagadougou, a aussi été marquée par un don de cinq tonnes de ciment à l’Agence Faso Mêbo et la pose de pavés sur le boulevard Thomas-Sankara.

 

DCRP/MAE

 

Suudu Andal Sport : le premier acte du programme assuré

L’ambassadeur pour le sport, Charles Kaboré, a lancé, le vendredi 5 mars 2026, à Ouagadougou, son programme de formation Suudu Andal Sport. Cela à travers une première session consacrée au marketing sportif qui a réuni une soixantaine de participants.

Lancé officiellement, le mardi 17 février 2026, lors d’un point de presse, le programme Suudu Andal Sport de l’ambassadeur pour le sport, Charles Kaboré, est désormais une réalité depuis le 5 mars dernier. Cela à travers la première formation en marketing sportif de 48 heures au profit de 60 participants représentant des fédérations sportives, d’anciens sportifs et d’autres acteurs du mouvement sportif national. Sous l’égide d’experts nationaux, Dr Jérémie Nion et Sylvain Zingué Ouattara, les participants ont renforcé leurs compétences à travers des modules tels que les outils de marketing digital du sport, la construction d’une stratégie marketing du sport, la place du marketing dans l’écosystème sportif burkinabè, les bases du marketing dans le monde, etc.

Pour le porteur du programme, Charles Kaboré, cette initiative vise à accompagner les fédérations sportives et les acteurs sportifs du pays en renforçant leurs capacités en marketing et en gestion du sport. L’objectif, selon lui, est de contribuer au développement, à l’autonomisation et à la professionnalisation du sport burkinabè. « Elle répond à un besoin réel : celui d’outiller nos acteurs afin qu’ils puissent s’adapter aux exigences croissantes du sport moderne, tant sur les plans organisationnel, économique que communicationnel », a justifié l’ambassadeur pour le sport, Charles Kaboré. Saluant l’importance de cette formation, le ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Pikbougoum, a déclaré qu’elle est à la fois pertinente et stratégique.

« Elle répond à une nécessité réelle, celle de doter nos fédérations sportives et les acteurs du secteur d’outils modernes capables de renforcer leur autonomie, d’améliorer leur gouvernance et d’accroître leur attractivité auprès des partenaires », a-t-elle indiqué. Après cette formation, d’autres sont au programme « noble » de l’ambassadeur pour le sport, Charles Kaboré.

 

Yves OUEDRAOGO

Affaire « Magistrats et autres »: les 7 condamnés et le parquet font appel du jugement de Koupéla

Les sept condamnés dans l’affaire Medah Aniatisa Urbain et neuf autres ont interjeté appel de la décision rendue par la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Koupéla le 24 février 2026, tout comme le parquet, qui conteste certaines peines jugées insuffisantes ainsi que les relaxes prononcées, a appris vendredi l’AIB.

Les sept prévenus condamnés dans cette affaire ont relevé appel le jour même du prononcé du jugement, selon une source judiciaire jointe par l’AIB. En rappel, sur les dix personnes poursuivies dans ce dossier, seules trois ont été relaxées, notamment le procureur général Jean-Jacques Ouédraogo, le douanier Seydou Traoré et l’avocat Arnaud Sampébré. De son côté, le ministère public a également interjeté appel quelques jours après la décision du Tribunal. Cet appel porte à la fois sur les peines prononcées et sur les relaxes prononcées en faveur des trois prévenus.

Le parquet estime en effet que les sanctions prononcées ne sont pas conformes à la gravité des faits reprochés. En rappel, lors de ses réquisitions, le ministère public avait requis des peines d’au moins douze mois de prison ferme contre les prévenus. Or, dans son jugement, le Tribunal a prononcé des peines de quinze mois d’emprisonnement, dont deux mois ferme, contre certains prévenus. A travers cet appel, le ministère public souhaite que la Cour d’appel reconnaisse la culpabilité de l’ensemble des prévenus poursuivis et prononce des peines plus sévères contre ceux reconnus coupables. Les débats devraient ainsi se poursuivre devant la Cour d’appel de Fada N’Gourma dans les prochains jours.

Agence d’information du Burkina

 

Sénégal : l’amitié à l’épreuve du pouvoir

L’amitié de longue date entre le Président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko, survivra-t-elle à la politique ? Si les deux hommes, martyrisés sous le régime de Macky Sall, ont affiché une unité sans faille au début de leur accession au pouvoir en mars 2024, ils étalent à présent leurs divergences sur la place publique. Le premier couac est intervenu en novembre 2025, au sujet du choix de la personnalité pour conduire le chantier de restructuration de la coalition « Diomaye Président » qui a porté le duo au pouvoir.

Désigné pour mener à bien cette mission, Aïda Mbodj, surnommé « la maman de Sonko », pour sa proximité avec le leader du parti, Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF), a été remerciée par le chef de l’Etat et remplacée par l’ex-Premier ministre, Aminata Touré. Sonko s’est vivement démarqué du choix de cette personnalité, dont il ne partage pas les valeurs et principes. Aussi, le PASTEF avait-il désavoué l’acte du Président Faye, estimant qu’il n’a pas les prérogatives pour démettre Aïda Mbodj de ses fonctions. Foi de Sonko, l’exercice du pouvoir doit s’organiser autour du PASTEF, le parti majoritaire et locomotive de la coalition présidentielle, pas autrement.

Ayant pesé de tout son poids pour imposer la candidature à succès de Faye, la sienne étant compromise par des affaires judiciaires, Sonko apparait en faiseur de roi et entend visiblement avoir une mainmise sur l’appareil d’Etat. Cette posture gêne-t-il le chef de l’Etat, au point de l’amener à vouloir s’affranchir de son ami et mentor politique ? Des officines tapis dans l’ombre travailleraient-elles à éloigner Faye de Sonko et du PASTEF ? En politique, tout est possible.

Si le président sénégalais écarte toute trahison envers son ami et frère Sonko, il vient de poser un autre acte à polémique. Faye a présidé, le samedi 7 mars dernier, la première Assemblée générale (AG) de sa coalition « Diomaye Président ». Il a tout l’air, que cette entité se positionne désormais comme une altérative au PASTEF. Le chef de l’Etat veut-il véritablement tourner le dos à Sonko, à qui il a promis passer la main en 2029, pour rester aux commandes du pays ?
En tous les cas, l’ambiance entre les deux têtes de l’Exécutif sénégalais ne semble plus au beau fixe.

Une semaine avant la tenue de l’AG de la coalition « Diomaye Président », Sonko a menacé de retirer le PASTEF du gouvernement et de retourner dans l’opposition, si le chef de l’Etat ne respecte pas la vision commune. Si ce scénario venait à se produire, le pays va sombrer dans une grave crise politique, tant on connait la popularité et l’estime des Sénégalais pour Sonko. En réalité, des divergences idéologiques minent la relation des deux dirigeants. Le Président Faye ne veut pas opérer une rupture totale, comme l’entend Sonko, un panafricaniste de gauche assumé.

En l’espèce, il refuse de pratiquer une « justice des vainqueurs », assimilable aux poursuites judiciaires engagées contre des dignitaires du régime Sall et une politique souverainiste vis-à-vis des Occidentaux. Les divergences semblent profondes, mais Faye et Sonko peuvent encore travailler à sauver leur relation qui bat de l’aile. Leur combat pour l’alternance, leurs déboires judiciaires et leur accession au pouvoir, quelques jours après être sortis de prison, regorgent de plein d’enseignements, que des intérêts égoïstes ne sauraient occulter.

Le PASTEF a pris le pouvoir en vendant aux Sénégalais, un programme de gouvernance, qu’il doit honorer pour garantir sa réputation et assurer sa survie. Le parti présidentiel doit tenir promesse vis-à-vis des électeurs, qui lui ont confié la destinée du Sénégal, dans l’espoir d’un véritable changement. Faye et Sonko, au-delà des ambitions les animant individuellement, en portent l’entière responsabilité…

Kader Patrick KARANTAO

 

Démocratie populaire intégrale en Chine : Participation citoyenne et bien-être de tous

L’Assemblée populaire nationale (APN) et la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) (Deux Sessions) sont réunies à Pékin en Chine pour délibérer sur les affaires d’État et sur la feuille de route annuelle du gouvernement. Les Deux Sessions politiques annuelles incarnent l’expression de la démocratie populaire intégrale en Chine. Elles sont un moment de dialogue national inclusif par les biais des députés à l’APN et des membres de la CCPPC. Les aspirations du peuple, les réformes et la modernisation chinoise sont largement abordées au cours de rendez-vous politique annuel. Mais, au-delà des Deux Sessions, comment la démocratie populaire intégrale est-elle vécue au quotidien en Chine ? Quel est le degré de participation citoyenne dans ce processus démocratique ? Quels sont ses principes fondamentaux ?

La démocratie populaire intégrale est un concept central de la politique démocratique socialiste aux caractéristiques chinoises. Elle pose le principe que la démocratie ne se limite pas aux élections, mais imprègne l’intégralité du processus de la gouvernance nationale et de la vie sociale. Elle se traduit dans la réalité en termes d’inclusion citoyenne, d’initiatives mises en œuvre pour développer la nation et favoriser le bien-être du peuple dans son ensemble. La démocratie populaire intégrale recèle quatre dimensions principales qui lui donnent contenu et sens.

La première dimension est relative à une participation démocratique sur l’ensemble de la chaîne. Plus qu’une démocratie « ponctuelle », la démocratie populaire intégrale est une chaîne complète qui englobe les élections, les consultations, les prises de décision, la gestion et le contrôle démocratiques. De manière concrète, cela signifie que le peuple a non seulement le droit d’élire ses représentants, mais aussi celui d’exprimer continuellement son opinion avant et après l’élaboration des politiques. Par exemple, lors de la consultation publique sur les projets de loi ou de la mise en place de points de contact législatifs locaux, les citoyens ordinaires peuvent directement participer au processus législatif. La participation citoyenne est permanente à travers des canaux qui permettent la prise en compte des avis.

La deuxième dimension se rapporte à une couverture institutionnelle tous azimuts. Cela se matérialise à travers une série de dispositifs institutionnels. Il s’agit du système de l’Assemblée populaire qui garantit au peuple l’exercice de son pouvoir par le biais des assemblées populaires. Il y a également le système de coopération multipartite et de consultation politique dirigé par le Parti communiste chinois (PCC). Celui-ci prend appui sur la « démocratie consultative » pour mener de vastes consultations avant la prise de décision et pendant sa mise en œuvre afin de rechercher le plus grand consensus. Enfin, il y a le système d’autonomie de masse au niveau de la base. Ce niveau concerne les comités de villageois, ceux de résidents et les assemblées des représentants des travailleurs qui permettent au peuple d’exercer directement ses droits démocratiques dans les affaires de sa vie quotidienne.

La troisième dimension est inhérente à la participation la plus large des citoyens. Elle permet aux personnes de différents niveaux et de différents secteurs d’activités de participer aux prises de décision. Des grandes orientations politiques nationales aux questions plus spécifiques de la vie quotidienne comme le tri des déchets ou la gestion des places de stationnement dans un quartier, elle cherche à trouver le plus grand dénominateur commun de la volonté populaire. Sa caractéristique réside dans son volet démarche et inclusion, c’est-à-dire que la démocratie imprègne tout le processus, de la proposition des sujets au retour des résultats.

Quant à la quatrième dimension, elle concerne les réalisations démocratiques substantielles. La démocratie populaire intégrale insiste sur l' »efficacité » de la démocratie, autrement dit qu’il ne s’agit pas seulement de résoudre le problème de « qui gouvernera », mais plus encore de répondre à la question de savoir « comment mieux gouverner ». Elle vise à transformer la démocratie en une efficacité de la gouvernance, afin que les décisions reflètent véritablement la volonté du peuple et que leur mise en œuvre soit assurée par un contrôle démocratique.

En clair, la démocratie populaire intégrale est un exercice plein et permanent de la volonté populaire. Les citoyens, en plus d’élire leurs représentants, ont voix au chapitre et participent de manière active à la vie de la société. À titre illustratif, lors de l’élaboration du 14ᵉ plan quinquennal, le PCC a mené, pour la première fois de son histoire, une consultation en ligne. Parmi les millions de suggestions reçues, un internaute avait proposé un système d’entraide aux personnes âgées dans les zones rurales densément peuplées. Cette suggestion a été intégrée au 14ᵉ plan quinquennal et est devenue une mesure concrète du plan.

Dans le même registre, en 2025, la quatrième session plénière du XXᵉ Comité central du PCC a examiné et adopté les « Propositions du Comité central du Parti communiste chinois sur l’élaboration du 15ᵉ plan quinquennal de développement économique et social ». De mai à juin en 2025, une consultation en ligne, menée pour élaborer ce plan, a permis de recueillir plus de trois millions de suggestions d’internautes. Cela traduit avec éloquence l’expression de la démocratie participative à tous les niveaux.

La démocratie populaire intégrale est un processus de mobilisation générale de tous les Chinois dans un élan de consensus et de solidarité. Une nation qui avance est une nation qui privilégie le dialogue inclusif et qui est à l’écoute de toutes les sensibilités. Pour consolider la stabilité institutionnelle, l’unité nationale et l’engagement autour de la modernisation chinoise, le peuple exerce pleinement ses droits à travers les élections, les consultations et les prises de décision. En d’autres termes, l’aspiration à une vie meilleure pour tous est un principe fondamental que défend la démocratie populaire intégrale.

Synthèse de Nadège YAMEOGO

Source : CGTN Français

 

Chine : Wang Yi répond à la presse au sujet de la diplomatie de Chef d’État

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a tenu une conférence de presse dimanche en marge de la 4e session de la 14e Assemblée populaire nationale (APN) pour répondre à des questions des journalistes.

Au sujet de la diplomatie de Chef d’État

Wang Yi : Au cours de l’année écoulée, la diplomatie de Chef d’État a inauguré une nouvelle pratique du dialogue et de la coordination entre grands pays, consolidé la nouvelle dynamique du bon voisinage, donné une nouvelle impulsion à la solidarité du Sud global, fait retentir une nouvelle fois le message de la défense de la paix et de la justice et marqué de grands moments historiques.

Sous le pilotage du Président Xi Jinping et avec son engagement personnel, la diplomatie chinoise apporte à ce monde en turbulences la stabilité et la certitude les plus précieuses et est un pilier irremplaçable dans ce monde instable.

Les initiatives et visions importantes avancées par le Président Xi Jinping illustrent sa clairvoyance stratégique et son engagement pour le bien de tous, indiquant la bonne orientation à suivre à notre monde en transformations inédites.

La diplomatie de Chef d’État permettra de promouvoir un développement encore meilleur des relations entre la Chine et le reste du monde et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité, de sorte que la nation chinoise apporte une nouvelle contribution à la paix et au développement dans le monde. (Photo : Xinhua)

Synthèse de Nadège YAMEOGO

Source : CGTN Français

Mise en œuvre du 15ᵉ plan quinquennal de la Chine : La performance de gouvernance, l’atout principal

Le Parti communiste chinois (PCC) balise le terrain pour une mise en œuvre efficiente du 15ᵉ plan quinquennal de développement national. Les équipes dirigeantes, des provinces jusqu’aux cantons, en passant par les villes et les districts, vont connaître un renouvellement progressif. Il importe que ces équipes s’imprègnent conséquemment des responsabilités qu’elles seront appelées à assumer. Sur cette lancée, la Direction générale du Comité central du PCC a publié une circulaire pour lancer une campagne à l’échelle du Parti afin de guider les membres du PCC, en particulier les cadres, à acquérir et à mettre en pratique une vision juste des performances politiques. Ladite notice stipule explicitement la conduite à tenir : « Nous devons partir des conditions réelles et agir conformément aux lois objectives, afin d’apporter des avantages tangibles au peuple à travers un travail concret ».

L’esprit de cette disposition suppose que les performances politiques doivent être en phase avec la réalité du terrain et avoir une priorité centrée sur le peuple. Le secrétaire général du Comité central du PCC, Xi Jinping, a rappelé qu’une conception correcte de la réussite politique exige que l’on s’appuie sur la réalité et que l’on agisse conformément aux lois objectives. « Grâce à une prise de décision scientifique et à un travail assidu et acharné, nous devons faire des réalisations qui résistent à l’épreuve de la pratique et de l’histoire, qui profitent véritablement au peuple et qui gagnent sa reconnaissance », a-t-il précisé.

Les réalisations politiques, loin d’être une course aux résultats immédiats ou un trompe-l’œil, sont une démarche structurée inspirée des réalités concrètes de terrain. Autrement dit, c’est en fonction des priorités de développement que présentent une province, une région, un district ou un canton dans lequel les projets doivent être implémentés. Une connaissance de la réalité et des priorités de chaque zone est un préalable pour des performances politiques abouties. En clair, sans une feuille de route qui recèle tous les contours inhérents aux initiatives de développement, les résultats seront en deçà des attentes.

Comment une telle vision peut-elle être effective sur le terrain ? Il apparaît de toute évidence que le sens de responsabilité et d’engagement des cadres du Parti est une exigence de premier ordre. Il importe que chaque responsable de premier ou de second rang réfléchisse au sens de son engagement politique, aux efforts qu’il est prêt à consentir et à l’empreinte qu’il entend laisser à la postérité. Un camion en bon état, plein de carburant et sur une bonne route ne saurait arriver à la bonne destination sans un bon conducteur. C’est donc un impératif pour les cadres du Parti d’incarner la vision afin qu’elle se traduise en termes de résultats concrets sur le terrain. Une vision mal appropriée va nécessairement conduire à des échecs et à des mécontentements.

Le service au peuple doit être la véritable boussole du leader. Comme l’a si bien dit le secrétaire général, « l’immortalité dans l’histoire n’a aucun lien intrinsèque avec le rang officiel, mais plutôt avec les actes accomplis ». En réalité, ce sont les leaders qui contribuent de manière significative à l’amélioration de la vie des gens incarnent le sens du devoir et du service à la nation. Les ambitions personnelles sont incompatibles avec l’engagement au service de l’intérêt général.

L’autre exigence qui importe dans la réalisation de la vision se rapporte à la finalité des résultats. À qui les résultats de l’initiative sont-ils destinés ? De quelle nature sont-ils ? Et, comment ont-ils été créés ? La réponse à ces questions, que l’on doit avoir à l’esprit, est la priorité de départ, c’est-à-dire la primauté du peuple. Les performances politiques doivent nécessairement épouser les intérêts du peuple, dans l’immédiat comme sur le long terme, sinon elles ne seraient que vains efforts. Leur objectif final est de favoriser la prospérité nationale et le bien-être populaire.

Sans une véritable connaissance du terrain, il serait impossible de réaliser des performances pertinentes. Connaître le terrain suppose que l’on prenne contact avec le peuple à la base, que l’on touche du doigt ses réalités, que l’on puisse cerner le contexte global des préoccupations afin de procéder à une évaluation minutieuse de la situation.

Le processus de développement implique à la fois un engagement personnel sans faille et une connaissance de la réalité. Les expériences d’autrefois du secrétaire général Xi Jinping à Zhengding, au Fujian, au Zhejiang et à Shanghai illustrent à propos cela. En effet, dans chaque localité où il a été amené à assumer des responsabilités, il a proposé un modèle de développement adapté.

De nos jours, si la Chine est citée en exemple dans la lutte contre la pauvreté, cela n’est pas fortuit. Elle a su saisir ses causes profondes avant d’appliquer les solutions idoines. En un mot, les performances politiques se réalisent sans improvisation et sans calculs égoïstes. Le concept de performance de gouvernance consiste fondamentalement à choisir entre le long terme et l’immédiat, entre le tout et la partie. Ce modèle devrait inspirer les pays en développement si leur volonté est de véritablement œuvrer pour le bien-être de leurs populations. Dans la mise en œuvre de son 15e plan quinquennal de développement national, la Chine a pris le pari de miser une fois de plus sur la performance de gouvernance.

Karim BADOLO

CGTN Français